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DOSSIER PÉDAGOGIQUE

L'atelier de dessin animé et de cinéma d'animation Zorobabel est né en avril 1994. Il regroupe des auteurs-cinéastes qui ont étendu leur savoir-faire technique et créatif à un projet pédagogique. Au cours de stages et d'ateliers, Zorobabel s'est efforcé de toucher les publics les plus divers et notamment ceux qui n'ont pas toujours l'occasion d'accéder à la culture, faute de moyens  où en raison d'un milieu moins réceptif.  Au-delà de l'aspect cinématographique, les animateurs-cinéaste sont estimé nécessaire de susciter un ouverture culturelle et socialechez les participants : la culture audiovisuelle est dit-on fort présente à l'heure actuelle, elle pourrait être un biais pour mener une forme d'éducation (sans nécessairement tomber dans la démagogie).

 Pour parvenir à toucher le plus grand nombre, l'atelier a multiplié les partenariats et les collaborations : avec le parascolaire et les plaines de jeux (CEMO asbl), une académie (Académie des Beaux-Arts Jean-Jacques Gaillard),les centres culturels (Foyer Culturel d'Evere, Centre Culturel Jacques Franck, ...), les écoles (Athénée Royal de Schaerbeek, Decroly, ZEP de
Forest et Saint-Gilles, ...), un atelier pour handicapés (Le Silex),
ou les associations (Le Douzerome, Le Crac, La Maison des Enfants, le Centre de Formation des Animateurs, l'Agence de Prévention du Sida, un atelier de musique, Spoutnik, Le Monde au bout des doigts, le NADI, le GSARA, le Collectif Alpha...).
 Dans un premier temps, nous tentons de désamorcer une technique qui pourrait sembler  inaccessible. À travers la pratique des jeux optiques ou les exemples techniques, les mécanismes du mouvement sont progressivement assimilés.
Cet apprentissage révèle les aspects factices du discours cinématographique : les pièges de la fictionnalisation peuvent être déjoués, de même que les idées parfois simplistes véhiculées par des films dont nous sommes les consommateurs passifs. Connaître les coulisses et les ficelles d'une fiction ou d'un reportage permet de poser un regard moins dupe. Il ne s'agit pas de démystifier complètement l'aspect magique de la fiction mais de proposer au jeune spectateur de garder la bonne distance, celle où l'on se laisse prendre en connaissance de cause.  Nous osons espérer que cet esprit critique s'exercera au-delà du seul champ de l'audiovisuel.

 

La technique de l'animation est une discipline qui requiert une certaine patience et une maîtrise de soi. Des notions comme le mouvement image par image, le scénario, le cadrage, le timing, etc. impliquent une capacité d'abstraction . Une telle activité nécessite un travail en équipe: les énergies sont canalisées vers un but commun, les tensions éventuelles et l'esprit de compétition sont surmontés au profit d'une motivation mutuelle et d'une solidarité indispensable au but que l'on s'est fixé.Un des paris a consisté à mélanger des milieux culturels et des classes sociales fort divers au sein d'un même atelier. L'expérience nous a montré qu'au-delà de tensions que nous ne pouvons pas nier, ce mélange réussit à écarter certains préjugés et n'entrave pas la réalisation d'un projet commun.

 Le cinéma d'animation est une discipline polyvalente. Il recouvre un ensemble d'activités qui vont des techniques d'ordre plastique en 2D ou en 3D (peinture, modelage, maquette, scénographie, collage,...) aux techniques cinématographiques (scénarisation, découpage, story-board, dialogues, mise en scène, éclairage, tournage, montage, sonorisation,...) en passant par toutes les activités qui gravitent autour de la réalisation du film.

Le mode de fonctionnement le plus courant à l'atelier est "la contrainte". C'est une proposition de départ,
une règle du jeu préalable.
Cette condition initiale se révèle en réalité plus stimulante qu'astreignante.
La contrainte peut-être d'ordre plastique :

à partir d'objets de récupération
ou d'objets domestiques, ou à partir de végétaux ou dans une technique déterminée (collages, animation 3D, structure biplane...).  Elle peut être d'ordre narratif : à partir d'une chanson, d'un conte, d'une fable ou d'une bande-son préalable,...

 

D'ordre thématique : la grimace, le sport, le look, l'architecture, la télévision, le Sida, les engins volants, les contes cruels, ... Ou encore l'atelier peut s'insérer dans un stage de musique où les enfants réalisent un film tout en en répétant la musique. Ce principe de contrainte a aussi prouvé son efficacité dans le cadre de stages où le temps était imparti. ,Il permet de rapidement mettre une équipe d'accord sur le point de départ d'un projet et de démarrer très vite. Autre avantage, le jeu de la contrainte permet parfois de ne pas tomber dans des idées trop immédiates au début de la création d'un film.  Il  nous permet de réaliser ce film comme on n'aurait pas imaginer le faire a priori. Cela nous évite de tomber dans certains clichés. Les stéréotypes demeurent mais dans un contexte inhabituel.

Bien entendu, la contrainte suppose quelques aménagements : il n'y a pas de consigne rigide. Elle comporte des exceptions. Parfois, on passe à côté d'elle. Un projet s'est vu ainsi modifié progressivement et de façon improvisée de telle manière que le thème initial a disparu à l'arrivée. Mais, peu importe, sans cette contrainte, le projet n'aurait pas emprunté de telles voies. En réalité, c'est dans l'interprétation et le dépassement de cette proposition de départ que la créativité des enfants se fait sentir, et même dans les éventuels entorses à la règle.
Ce qui caractérise spécifiquement le cinéma d'animation par rapport aux différentes disciplines audiovisuelles et en particulier par rapport au cinéma "en prise de vue réelle", c'est son aspect analytique. Tous les paramètres de l'image et du son sont obligatoirement pris en compte dans les moindres détails, ce qui n'est pas systématique dans le cinéma 'live" et encore moins en situation de reportage : depuis le mobilier d'une maquette aux bruitages d'une scène en passant par la disposition de l'éclairage, avec d'éventuels filtres de couleur, les mimiques d'un personnage, sa voix, ses attitudes, sa nonchalance ou sa nervosité, le temps de l'action, à l'image près, l'ordre des scènes ,etc... Cette occasion qui nous est donnée d'avoir une telle maîtrise, presque magique, sur un univers de fiction est une alternative à l'impuissance que nous avons à appréhender un monde qui nous échappe.

En recréant un microcosme personnel, c'est toute une vision du monde que l'on construit, révélatrice de la réalité qui nous entoure et révélatrice de nous-même dans la foulée.
En inventant un personnage, l'enfant se projette dans sa création

mais conserve toute la distance nécessaire pour pouvoir lui faire

subir tout ce qui lui passe par la tête.

Malgré les conditions pas toujours aisées dans lesquelles nous travaillons (avec des moyens précaires et avec un public pas toujours motivé a priori), une certaine qualité ressort des films fabriqués en stage ou en atelier. La finalité et la qualité du film ne sont pas une nécessité absolue eu égard aux visées pédagogiques abordées précédemment, elles sont un corollaire facultatif à l'épanouissement du participant. Mais généralement, au moment où le film est terminé, les moins motivés ont abandonné leurs réticences depuis longtemps en voyant le projet évoluer : en fait, en voyant les premiers rushes.

La réussite du film est un stimulant et un gage de la cohésion de l'équipe. Elle garantit un avenir au film : il mènera une vie propre après l'atelier et assurera un feed-back et une reconnaissance aux réalisateurs. Un produit fini est déjà une gratification en soi
mais quand ils voient leur film projeté ou diffusé en public, la valorisation est d'autant plus grande (particulièrement pour certains jeunes, chez qui les situations d'échec dans la société leur sont familières).
 Dans cette perspective de diffusion, l'atelier monte des expositions au cours de diverses manifestations : journées des associations " Au Centre des Cultures" à Saint-Gilles, expos de fin d'année à l'atelier, fête Été-Jeunes, Bruxelles en couleur, Journées du Patrimoine, Parcours d'Artiste, exposition "Valise" des Centres Créatifs, etc... Enfin, les films sont montrés au cours de divers festivals et autres manifestations culturelles. Certains films ont été primés.

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Avec l'aide de la Communauté Française-secteur CEC et de la Commission Communautaire Française.