Bernissart est un lieu connu des paléontologues
du monde entier. Histoire d'une découverte....
Ces
ossements, vieux de 125 millions d'années, étaient remplis de pyrite,
un minéral de couleur jaune, assez souvent confondu avec l'or par les non-spécialistes,
ce qui explique cette méprise.
Un poisson d'avril ?
Le directeur de
la mine, G. Fagès, pensa que ce pouvait-être des ossements et non du bois pétrifié.
On fit appel au célèbre ingénieur des mines L.F. Cornet qui, craignant un "poisson
d'avril" ne vint sur place que le 8 du mois ! Le Musée de Bruxelles fut
averti par télégramme le 12 avril. Divers fragments furent remontés à la surface,
où - hélas - ils se fendaient et tombaient presque en morceaux. Une mine...d'Iguanodons
Toutes les autorisations obtenues,
les travaux purent commencer. C'est L. De Pauw qui dirigea les premières fouilles,
assisté de 9 mineurs. Ils travaillaient au fond de cinq heures et demi à midi
et demi. On établissait un plan, puis on enrobait les morceaux dans le plâtre. Les fossiles remontés
- plus de six cents blocs, d'un poids total
de 130 tonnes - allaient maintenant devoir
être assemblés à Bruxelles. Christian Moriamé
Dernière modification :28 nov. 2000
En effet, c'est dans cette ancienne petite ville minière
située à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Mons (province de Hainaut,
Belgique) très près de la frontière française, que fut mis à jour ce site exceptionnel
où l'on trouva près d'une trentaine d'Iguanodons !
Le préparateur du Musée de Bruxelles L. De Pauw arrivé
lui aussi sur les lieux connaissait un procédé spécial pour conserver ces os
et proposa d'organiser les fouilles à condition que les fossiles soient
offerts au musée de Bruxelles.
Les habitants de Bernissart se sentirent spoliés par cette décision, mais il
faut bien reconnaître que les moyens mis en oeuvre pour la conservation de ces
squelettes dépassaient les capacités financières de la commune. Une chanson
en patois wallon " La
complainte de l'Iguanodon " retrace avec humour ces péripéties....

Chaque
squelette était divisé en plusieurs blocs numérotés.
Le
22 octobre 1878, suite à des mouvements de terrain, l'eau envahit la galerie
et l'on dut abandonner provisoirement les fouilles. On avait extrait cinq squelettes.
Les fouilles reprirent en mai 1879. Les squelettes
de quatorze Iguanodons, deux crocodiles et deux tortues étaient mis à jour !
En 1881, une nouvelle galerie horizontale fut creusée
à -356 mètres en travers du " cran ". Trois squelettes y furent
trouvés. Trois mètres plus bas, les mineurs retrouvèrent le terrain
houiller, il était dès lors inutile de continuer les fouilles.
Les allemands tentèrent en 1916
de reprendre les fouilles pour leur Musée de Berlin, ils mirent en demeure la
direction de la mine de creuser une nouvelle galerie à l'endroit de la découverte
des premiers Iguanodons. Les travaux furent très lents, entrecoupés de nombreuses
"pannes" provoquées par nos mineurs qui n'aimaient pas travailler
pour l'occupant. Ils n'aboutirent jamais.... Fin
1918 l'occupant quittait notre pays sans emporter un seul fragment d'Iguanodon.
Après la première guerre, on envisagea
de reprendre les fouilles, mais les coûts estimés - un million de francs de
l'époque - firent abandonner cette idée. Le plan fut définitivement "mis
aux oubliettes" en 1921.
Définitivement ? Voire... il n'y a pas très
longtemps, plusieurs projets en vue de retrouver d'autres squelettes virent
le jour. Mais ceci fera l'objet d'un autre article.