Cahier Didactique
Chine - Les villages hakkas
et
Les Galeries royales Saint-Hubert
« Le plus ancien passage couvert d'Europe et un des endroits les plus fréquentés de Bruxelles : les galeries Saint-Hubert. »
FICHE TECHNIQUE
Les Galeries Royales Saint-Hubert
France - 26'– 2008
Réalisateur
: Marc-Henri Wajnberg
Scénario : Marc-Henri Wajnberg & Rogier
van Eck
Image : Michel Baudour, Richard Wandel, Louis-Philippe
Capelle, Jéremy Rozen
Montage : Paul-Jean Vranken, Hélène de
Mongeot
Son : Damien Defays, Uriel Morgenstern
Monsieur Kaléidoscope est conçu et interprété par Marc-Henri Wajnberg
Distribution internationale :
Wajnbrosse
Productions
Production : ARTE France, Panic Productions,
Wajnbrosse Productions
Avec l’aide de : Centre National de la
Cinématographie (CNC), Ministère de la Communauté Française de
Belgique et des Télédistributeurs Wallons Programme MEDIA de
l'Union Européenne PROCIREP
LE FILM
1830, la Belgique à peine indépendante se cherche une image à donner d’elle même. De grands travaux d’embellissement sont entrepris à Bruxelles pour se mettre au niveau des principales capitales européennes. En 1838, des spéculateurs soutiennent un projet de construction d’une galerie monumentale au cœur insalubre de la ville, à deux pas de la Grande Place. Témoin de l’avènement d’une nouvelle classe sociale affairiste, une bourgeoisie à la fois libérale et traditionnelle, alliant esprit conservateur et goût du progrès, le projet des Galeries Royales Saint-Hubert a résisté au temps. Aujourd’hui, ce lieu prestigieux mêle espace public (commerces, cafés et lieux culturels) et espace privé (46 appartements) et comporte trois passages couverts : la Galerie du Roi, la Galerie de la Reine et le Passage du Prince qui rejoignent les rues affairées du centre ville par trois portiques. Véritable ville dans la ville, les galeries contribuent depuis leur récente restauration à la revitalisation du centre de la capitale. Elles sont un des lieux les plus prisés des bruxellois et des touristes.
LES GALERIES - HISTOIRE
C'est en 1836 que le jeune architecte Jean-Pierre Cluysenaer, né aux Pays-Bas en 1811, conçoit le projet de construire une galerie couverte de plus de 200 mètres de long qui relierait directement le Marché aux Herbes à la Montagne aux Herbes Potagères, en supprimant un dédale de venelles sordides et mal famées où les bourgeois n'osaient guère s'aventurer.
Le 22 février 1845, le Conseil Communal présidé par le bourgmestre Wyns de Raucourt adopte à une large majorité le projet. Dès le 3 avril, un arrêté royal autorise les travaux, trois mois avant la constitution de la "Société des Galeries Saint-Hubert", dans laquelle on retrouve le concepteur du projet associé au banquier Jean-André De Mot, le père du futur bourgmestre de Bruxelles Emile De Mot.
Les formalités administratives et financières nécessaires pour procéder aux nombreuses expropriations vont durer neuf ans, et la construction proprement dite dix-huit mois. Les expropriations provoqueront des récriminations et même quelques drames. Une vieille demoiselle d'origine aisée qui habitait la Maison des Orfèvres, située à l'emplacement de l'actuelle entrée côté Marché aux Herbes, mourut de saisissement et de fureur lorsque l'huissier vint lui annoncer la prochaine démolition de sa maison, dont seule subsiste aujourd'hui l'ancienne devise : "Omnibus Omnia" (tout pour tous). Et le sieur Paneel, barbier de son état, refusa obstinément de partir et préféra se trancher la gorge avec son rasoir lorsque les deux maisons contiguës à la sienne furent abattues.
La première pierre fut posée à l'aide d'une truelle en argent par le Roi Léopold Ier, accompagné de ses deux fils, alors que la construction de l'ouvrage était déjà fort avancée. C'est au terme de la réunion du Conseil de la Société tenue le 4 décembre 1846 que l'on adopta les dénominations des trois parties du nouveau passage en hommage à la famille royale : la Galerie du Roi à l'est de la rue des Bouchers, la Galerie de la Reine à l'ouest, et la Galerie des Princes, longue de 54 mètres, qui relie la Galerie du Roi à la rue des Dominicains. L'ensemble, dénommé initialement "Passage Saint-Hubert" reçu en octobre 1965 son nom actuel "Galeries Royales Saint-Hubert".
Leur nom collectif provient de l'ancienne rue Saint-Hubert, qui reliait en arc de cercle le Marché aux Herbes à la rue des Bouchers. Cette rue de deux mètres de large existait déjà au XIIIème siècle, mais était appelée "Bogart" ou "Bomgaard", c'est-à-dire rue du Verger. On l'a aussi nommée par la suite "Spiegelstreetken" (ruelle du Miroir). Le nom de Saint-Hubert apparaît en 1685 (St Huybrechtsstraet), à cause d'un cabaret à l'enseigne de ce Saint, très fréquenté par les "échoppiers" du Marché aux Herbes tout proche. Sous le régime français, ce fut la rue du Chasseur.
Au milieu du siècle passé, les Galeries Saint-Hubert étaient tout à la fois les plus longues, les plus hautes (8 mètres), les mieux ornementées et les plus lumineuses du monde, grâce à l'immense verrière de deux cent mètres de long. Elles connurent dès leur inauguration un succès et une animation considérables, qui ne firent que s'amplifier à mesure que s'y ouvraient de luxueux magasins spécialisés. Les terrasses "extérieures" des cafés, pâtisseries et salons de glaces y attirèrent un public huppé, qui y oubliait l'espace de quelques heures les rigueurs du climat belge.
Au fil des années, le Passage Saint-Hubert devint un centre littéraire, où l'on pouvait rencontrer au Café de la Renaissance (l'actuelle Taverne du Passage), siège du Cercle Artistique et Littéraire, des écrivains aussi célèbres que Baudelaire, Alexandre Dumas, Victor Hugo, Apollinaire ou Verlaine. Aujourd'hui encore, les Galeries constituent un important centre commercial de luxe, dans ce cadre désuet qui a récemment fait l'objet d'une restauration minutieuse.
Parmi les nombreux magasins remarquables qu'elle a abrité, citons au numéro 23 de la Galerie de la Reine une confiserie où s'installa dès 1857 Jean Neuhaus, d'origine suisse. Il confectionnait à l'époque surtout des bonbons pour la toux, des guimauves et des réglisses pour les maux d'estomac. Son fils Frédéric imagina des friandises telles que les chocolats fourrés à la vanille. En 1912, Jean Neuhaus, troisième du nom innova en mettant au point des chocolats fourrés de fruits, de pâtes de noix pilées, de crèmes variées et même de liqueurs. Il nomma cela des "pralines", parce que leur forme rappelait les noix grillées et enrobées de sucre du marquis de Praslin. Et un beau jour, sa femme, lasse de servir les pralines dans un cornet de papier, imagina de les ranger précautionneusement dans une petite boîte de carton, que l'on appela "ballotin".
Le numéro 31 est occupé depuis le début du siècle par la célèbre maroquinerie Delvaux, qui n'a pas cessé de créer depuis lors des modèles toujours plus raffinés de valises, coffres, serviettes, sacoches, ainsi que divers objets en cuir.
Du côté de la Galerie du Roi, au numéro 7, prospérait à la Belle Époque le journal "La Chronique". C'est dans une salle de ce journal, au premier étage, qu'eut lieu le 1er mars 1896, soit quelques semaines seulement après celles de Paris, la première séance publique en Belgique du Cinématographe Lumière. On put y voir notamment "L'Arroseur arrosé", "Le Repas de Bébé" et "Le Train entrant en Gare".
La vie culturelle était également présente dans les Galeries, où se trouve toujours au numéro 32 de la Galerie du Roi le Théâtre des Galeries Saint-Hubert, conçu par Jean-Pierre Cluysenaer lui-même et inauguré le 7 juin 1847. Il était au départ destiné à la comédie, au drame et au vaudeville. Le Conseil Communal de Bruxelles avait en effet interdit qu'on y chante ou qu'on y joue de la musique, pour ne pas concurrencer le Théâtre Royal de la Monnaie.
Le premier spectacle donné dans la nouvelle salle fut une "fantasmagorie", suivi d'une sorte de revue. En 1849, il change de nom et devient le troisième "Théâtre Royal" de Bruxelles, après ceux de la Monnaie et du Parc. A partir de 1860, on l'autorisa à jouer des opérettes et des revues à grand orchestre. Commença alors une longue ère de revues - avec ou sans musique - qui faisaient courir tout Bruxelles.
En 1951, la salle devenue vétuste et ne répondant plus aux nouvelles normes de sécurité fut entièrement démolie. Une nouvelle salle plus grande vit rapidement le jour, avec deux vastes balcons de face aux lieu des quatre étroites galeries périphériques précédentes. De nos jours encore, le Théâtre Royal des Galeries connaît un succès constant, et sa fameuse "Revue" attire toujours la grande foule.
La Galerie de la Reine abrite également au numéro 15 un théâtre de 750 places, le "Vaudeville", inauguré en 1884. A cet endroit se trouvait à l'origine un marché au fleurs couvert, auquel succéda rapidement un café-concert appelé tour à tour "Casino Saint-Hubert", puis "Bouffes-Bruxellois". Cette salle qui fut le berceau de la revue bruxelloise connu ses plus belles années entre 1947 et 1970. Elle fut par la suite convertie en club privé.
Le Vaudeville a récemment été entièrement restauré et a retrouvé sa fonction première de théâtre en même temps que sa splendeur d'origine. Il est également utilisé comme salle de réception.
PAROLES ET TEMOIGNAGES
Depuis un an, j'habite Londres avec le sieur Verlaine. Nous faisions des correspondances pour les journaux et donnions des leçons de français. Sa société était devenue impossible, et j'avais manifesté le désir de retourner à Paris. Il y a quatre jours, il m'a quitté pour venir à Bruxelles et m'a envoyé un télégramme pour venir le rejoindre. Je suis arrivé depuis deux jours, et suis allé me loger avec lui et sa mère, rue des Brasseurs, no 1. Je manifestais toujours le désir de retourner à Paris. Il me répondait : « Oui, pars, et tu verras ! »
Ce matin, il est allé acheter un révolver au passage des Galeries Saint-Hubert, qu'il m'a montré à son retour, vers midi. Nous sommes allés ensuite à la Maison des Brasseurs, Grand'Place, où nous avons continué à causer de mon départ. Rentrés au logement vers deux heures, il a fermé la porte à clef, s'est assis devant ; puis, armant son révolver, il en a tiré deux coups en disant : « Tiens ! Je t'apprendrai à vouloir partir ! »
Déclaration d'Arthur Rimbaud à la police le 10 juillet 1873
POUR EN SAVOIR PLUS
Galeries SAINT-HUBERT, sous la direction de Guy Conde-Reis, coll. histoire et restauration, éd. Service des Monuments et des Sites de la région de Bruxelles-Capitale, Bruxelles, 1998.
Galeries Saint-Hubert, in Le Passage. Un type architectural du XIXe siècle., J.F Geist, Pierre Mardaga éd., Liège, 1989, pp. 178-191.
Les Galeries Saint-Hubert, in Une famille d'artistes, Les Cluysenaar., F. Cluysenaar, M. Weissenbruch, Bruxelles 1928, pp. 29-50
Les Galeries Saint-Hubert, reine des passages, in 1847-1947, F. Servais, Commémoration du Centenaire, juin 1947.
Chine – Les villages hakkas

Montagnes et paysages improbables, douceur subtropicale de la côte, architecture insolite des villages hakkas. La province du Fujian regroupe à elle seule des merveilles uniques en leur genre...
FICHE TECHNIQUE
Chine : Les villages hakkas
France – 26' – 2003
Réalisateur
: Gerry Meaudre
Scénario : Gerry Meaudre
Monsieur
Kaléidoscope est conçu et interprété par Marc-Henri
Wajnberg
Image : Michel Baudour
Montage : Michèle Maquet
Son
: Jean-Jacques Quinet
Production : ARTE France, Panic Productions,
Wajnbrosse Productions
Avec l’aide de : Centre National de la
Cinématographie (CNC), Ministère de la Communauté Française de
Belgique et des Télédistributeurs Wallons
LE FILM
Situées au milieu des collines plantées de théiers du Fujian, les maisons Hakkas, hautes, fortifiées, souvent rondes, parfois carrées, constituent l’habitat traditionnel des Hakkas depuis le XVIIe siècle. Regards sur le cadre de vie de ces fermiers, détenteurs de traditions originales et millénaires. Dans leurs maisons, peuvent cohabiter jusqu'à 400 personnes issues de la même branche familiale ! L’ensemble représente un modèle social et architectural unique au monde qui risque de disparaître à jamais.
LES VILLAGES HAKKAS
Les Hakkas sont un groupe ethnique vivant dans la province du Fujian dans le sud-est de la Chine. Une des grandes particularités de cette ethnie est son architecture tout à fait unique faite d'étranges maisons circulaires que l'on appelle Tulou.
Un Tulou est une habitation collective ayant une forme circulaire ou carrée, et pouvant accueillir plusieurs centaines de personnes. La plus ancienne maison Hakka date de plus de 600 ans.
Les Hakkas, minorités longtemps opprimées en Chine, ont bâti ces maisons insolites, à structure défensive, sur le modèle des forteresses. L'unique porte d'entrée, épaisse de plusieurs mètres, leur permettait de lutter de façon efficace contre les envahisseurs et de tenir un état de siège dans ces maisons-villages.
Les maisons rondes de 4 étages mesurent plus de 10m de haut (les plus grandes font près de 20 m) et ont un diamètre pouvant atteindre 77 mètres. Grâce à l’épaisseur de leur murs de 1,5 m, fait de terre battue séchée et de briques, il y fait frais en été et doux en hiver.
Les Tulous sont centrés sur une cour, pourvue ou non de bâtiments, véritable place de village et lieu de rencontre pour leurs habitants qui pouvaient y vivre en autarcie pendant plusieurs mois.
Les fenêtres des maisons Hakka qui donnent sur l’extérieur sont petites afin d’éviter toute intrusion. Chaque famille occupe une unité verticale. Cuisine et salle de bains sont au rez-de-chaussée, l’entrepôt au premier étage, les chambres à coucher aux deuxième et troisième étages. Les deux étages du cercle extérieur comprennent 30 à 50 chambres destinées à l’accueil des invités.
Au centre du Tulou se trouve la salle ancestrale, lieu public où la centaine d’habitants de la maison célèbre les mariages ou organise les funérailles…. Tout est fait en sorte que les résidents de la communauté Hakka ne sortent pratiquement jamais.
Les Tulous ont été classées en 2008 au patrimoine mondial par l'UNESCO. Encore peu connus à l'extérieur de la Chine ces habitations insolites attirent de plus en plus de touristes chinois.
Près
de 400 maisons forteresses subsistent encore aujourd'hui. Il est donc
tout à fait possible d'emprunter des routes en dehors des sentiers
battus, au milieu des vergers et d'une flore subtropicale, et de
partir à la découverte de Tulous habités et peu visités. Une
région chinoise à ne pas manquer pour tous ceux qui s'intéressent
aux minorités ethniques et insolites de la Chine.
POUR EN SAVOIR PLUS
A lire
L'histoire secrète du Hakkas : la révolution chinoise comme entreprise de Hakka par Mary S. Erbaugh, Chine trimestrielle, décembre 1992.