Cahier Didactique

 

 Géricault, La beauté du désastre - Le radeau de la Méduse

et



Antoine Wiertz - Pensées et visions d'une tête coupée

"Je veux consacrer ma vie à décrire l'impossible beauté. Je veux que les spectateurs se trouvent mal devant mes tableaux, que d'autres se prennent par les cheveux, ne sachant comment exprimer leur saisissement, que les jeunes femmes s'évanouissent, que les enfants s'enfuient en jetant des cris de frayeur".

A.Wiertz

FICHE TECHNIQUE
Pensées et visions d'une tête coupée
BELGIQUE - 26' -1991
Réalisation : Olivier Smolders
Assistant : Frédéric Roullier
Voix : Alexandre Von Sivers
Images : Walther Van Den Ende
Son : Pierre Mertens
Montage : Philippe Bourgueil
Musique originale : Philippe Marion, Peter Swennen
Production : Rémi Hatzfeld et Richard Guerry
Coproduction : Les Films du Scarabée - Les Films de la Boissière et le Centre du Film sur l'Art, avec l'aide de la Communauté française de Belgique et du Centre National de la Cinématographie.

 

Prix de l'Obstination, Festival International de Bruxelles, 1992

Prix du Jury des Jeunes, Festival de Clermont Ferrand, 1992

Mention Spéciale, Festival Tous Courts d'Aix-en-Provence, 1991

Mention de qualité attribuée par le C.N.C.

 

LE FILM

Le film sur l'art est un "mauvais genre" ou du moins un genre difficile.

Comment éviter le didactisme d'un livre ou les digressions étrangères à l'artiste. C'est-à-dire l'éternel problème du sujet et de la perte du sujet, de la confrontation du peintre et du cinéaste. Olivier Smolders a un univers fort et singulier. Wiertz est un savant mélange "de génie et de sottise". Deux mondes de fantasmes additionnels qui amènent une rencontre où la transgression de l'un rejoint la folie de l'autre. Wiertz était un peintre mais aussi un homme qui écrivait, qui vitupérait. Ses tableaux et ses propos sont l'axe du film et nous entrons dans leur gigantisme, leur démence, leur violence : sujets kitsch, lutte contre la peinture en tant que matériau qui trahit, vision tumultueuse du monde. Le cinéaste, au macroscopique des toiles et de leur sujet, a opposé le microscopique de la visite guidée faite par et pour "les personnes de petite taille". A l'univers de Wiertz, il a confronté le sien tout aussi fort : à la "Belle Rosine" répond une fillette impubère; aux côtés de la mort des titans, des suicidés, des innocents, des condamnés à mort, il met en parallèle l'égorgement d'un cochon, l'arrachement d'un cœur ou le paradis perdu avec serpent au rendez-vous. Il a fait un film dérangeant, d'une violence intelligente qui évidemment amène toutes les bonnes et les mauvaises questions du cinéma. La première, comment gérer l'adhésion ou le rejet du spectateur, son inconfort ou sa fascination ? Ensuite, le heurt de deux dramaturgies, la sienne et celle de Wiertz. Enfin et surtout la mise en place de deux cadres - les tableaux et ce qu'il fait du récit des tableaux - de deux espaces - celui du musée/atelier et le sien, celui d'une fiction approximative -, du noir et de la couleur, du portrait et de l'autoportrait. Entre le peintre et le cinéaste, c'est un bras de fer d'images et de sons où le spectateur est mis K.O. Le gagnant est le cinéma.

Jacqueline Aubenas, in Catalogue du Centre du Film sur l'Art

Quelques mots du film :

"Cette peinture est l'oeuvre d'un dément ou d'un imposteur. Les plaisanteries macabres de Monsieur Wiertz n'amusent que lui."

Jérôme Tonnerre

"Monsieur Wiertz est de ceux qui croient la provocation suffisante à prouver le génie. Pourtant, il ne sait pas dessiner, et sa bêtise est aussi grande que ses colosses."

Charles Baudelaire

"Les critiques d'art sont des ânes. Pour le prouver, j'ai envoyé anonymement deux toiles au Grand Concours d'Art de Paris. Elles ont été refusées. L'une d'elle était un authentique Rubens. La critique en matière d'art est impossible."

Antoine Wiertz

"Un art qui se vend est un art de prostitution"

Antoine Wiertz

"Mon art n'est pas de nature politique, mais philosophique. Il ne veut servir aucune révolution. Il est La Révolution."

Antoine Wiertz 

L'ARTISTE

Antoine Wiertz (1806-1865)

Peintre belge né à Dinant. De tempérament fougueux et romantique, admirateur passionné de Rubens, il est l'auteur de vastes compositions visionnaires et paradoxalement académiques, réunies à Bruxelles dans un musée qui porte son nom. André Moereman écrit : "Wiertz est un cas. Un cas difficile, un cas complexe, un cas épineux. On l'a appelé "le désespoir des critiques", "le cauchemar des historiens". De même, il a fait grincer des dents les esthètes et donné libre cours aux élucubrations des exégètes symbolisants, freudiens, démonologistes et autres".

 

La chronique de l'Université, UCL - Mars 2002.

   Antoine Wiertz et la "Fantasy". Un rapport possible ? 

Nul n'ignore que le Symbolisme du XIXe siècle résulte pour partie des acquis préraphaélites et romantiques, assimilés dans une sensibilité plastique particulière. Le phénomène romantique, combiné à l'historicisme, caractérise bien le XIXe siècle, époque "néo" par excellence (néo-classicisme, néo-baroque, néo-renaissance, néo-gothique, néo-roman, etc.). Les vestiges du passé, qu'ils soient matériels ou littéraires, sont alors actualisés, réinterprétés, reconstitués pour correspondre aux phantasmes contemporains. 

L'on connaît à Bruxelles les travaux de "restauration" de l'Hôtel de ville ou, plus révélateurs encore, de l'église Notre-Dame du Sablon. Des quartiers entiers sont urbanisés à la mode "néo". En matière littéraire et musicale, l'on remet au goût du jour les chansons de geste médiévales, les légendes celtiques et germaniques (Till Uylenspiegel, adapté par Charles De Coster, Parcifal de Wagner, la Symphonie fantastique de Berlioz, etc.).

En peinture, la même tendance est observable. Certains romantiques ressuscitent la "furia" baroque (cf. Géricault, Delacroix), appliquée de manière préférentielle, mais non exclusive, à une "Antiquité" - Moyen âge y compris - fantasque ou idéalisée. Le goût de l'exotisme moyen- ou extrême-oriental y compte pour beaucoup.

Plus symboliste que romantique

Antoine Wiertz (Dinant 1806-Ixelles 1865) occupe une place particulière parmi les romantiques belges. Lui-même se revendique de Rubens, son maître, idéal à égaler et, si possible, à surpasser. D'entrée de jeu, il affiche l'intention de figurer au panthéon de la peinture occidentale, mais n'y réussit que partiellement. Son oeuvre n'atteint pas la notoriété de la production d'artistes tels que Delvaux ou Magritte, sauf dans le cénacle des spécialistes. Le Musée Wiertz- l'ancien atelier du peintre, rue Vauthier à Ixelles- demeure assez confidentiel pour le public.

Si l'oeuvre de Wiertz répond effectivement aux caractéristiques romantiques, l'on considère généralement qu'il préfigure ou appartient déjà au courant symboliste.(...) L'Outrage d'une femme belge concrétise de façon explicite et brutale le phantasme que l'on retrouve chez les Symbolistes : la femme, certes séduisante, mais létale pour qui aurait la malencontreuse idée de se l'approprier indûment. La tuerie, exposée sans fard (contrairement au Suicide, 1854), est prise sur le vif, alors que les artistes privilégient d'ordinaire une représentation "adoucie", juste avant ou immédiatement après la mise à mort. Notons que ce genre de scène sans concession n'est pas une innovation de Wiertz ; le thème de Judith et Holopherne, traité par nombre d'artistes, y est propice.

Des thèmes inquiétants traversant les siècles 

Wiertz manifeste une volonté d'interpeller, voire choquer le spectateur. À côté de toiles à prétention religieuse ou sociale (l'Enfant brûlé, 1849), il exploite avec prédilection les sujets morbides ou sataniques, ne différant pas beaucoup en cela de Rops et, d'une certaine façon, de Moreau. En 1824- à 18 ans- il donnait déjà le ton avec la Tête de mort. Tout aussi macabre, l'Inhumation prématurée, inspirée d'Edgar Poe, illustre la crainte largement répandue, et entretenue par des récits d'épouvante, d'être enterré vif par erreur pour se réanimer ensuite- mais un peu tard- dans le cercueil. Situation délicate s'il en est. 

Wiertz ne dédaignait pas en effet de s'inspirer d'écrits contemporains; il illustra notamment Quasimodo en référence à Victor Hugo. La Jeune sorcière (1857) fait appel au répertoire surnaturel profondément enraciné dans la conscience occidentale et qui resurgit massivement dans la Fantasy. La sorcellerie y est omniprésente, sous des formes variées, qu'il s'agisse de sorciers / sorcières stricto sensu, de créatures animées par un maléfice supérieur, ou d'endroits maudits. Wiertz développe le contraste entre l'initiatrice, d'une laideur repoussante, et sa jeune élève chez qui l'on ne soupçonnerait pas le mal a priori. Toutefois, celle-ci n'en adopte pas moins une position suggestive, révélatrice soit d'une candeur juvénile intacte, soit d'une innocence déjà perdue.(...) 

Dans Le Miroir du Diable (1856), le Malin entre lui-même en scène. Il se cache derrière le miroir dans lequel s'admire une jeune femme ; personnification de l'orgueil, ou association entre la femme archétypale et le Mal ? L'accouplement rituel- explicite ou suggéré- entre la sorcière et le Malin est parfois représenté dans l'illustration fantastique actuelle. Rops n'aurait pas renié ce registre iconographique.

Il se dégage de l'œuvre de Wiertz un rapport incontestablement conflictuel avec la femme, rarement représentée à son avantage même si elle jouit souvent d'une beauté classique. Ainsi, Faim, Folie, Crime (1853) met en scène une misérable que la faim et la misère transforment en ogresse. La confrontation- ou l'union complice ?- entre la femme dans toute sa splendeur et la mort culminait déjà dans Deux jeunes filles ou La belle Rosine (1847). On peut n'y voir qu'une simple résurgence du thème de la Vanité, exploité abondamment au XVIe siècle, mais étant donné le contexte de la production de Wiertz, un second niveau de lecture semble devoir s'imposer. 

La Fantasy fait, elle aussi, coexister de jolies jeunes femmes et des squelettes ; soit elles les combattent, soit elles les suscitent ou s'en font des alliés. Les deux dernières possibilités entretiennent l'ambiguïté présente non seulement chez Wiertz, mais aussi chez Rops. 

Ce rapport indéfinissable vie / mort apparaît contre nature, puisque la femme est par définition celle qui engendre la vie. Toutefois, la permanence du phantasme de la femme-guerrière, femme-menace, femme-tueuse se retrouve dans trop d'oeuvres d'art ou de mythes (les Amazones déjà décrites par Homère, ou Athéna, la déesse guerrière du panthéon grec) que pour se réduire à la production mentale d'un esprit déréglé. On pourrait s'interroger- et d'aucuns l'ont fait avant nous- sur la raison anthropologique profonde du choix d'une femme pour symboliser la guerre. Peut-être s'agit-il de la transposition poussée à l'extrême- une sorte de catharsis- d'un conflit constitutif du rapport entre les sexes qui doit être sublimé.

Si d'un point de vue formel, Wiertz anticipe d'une certaine façon la Fantasy, ses intentions immédiates en diffèrent évidemment. Nonobstant l'évolution stylistique, ces productions artistiques s'inscrivent dans un contexte historique radicalement différent, qui empêche de les identifier l'une à l'autre. Néanmoins, il nous paraît que Wiertz partage avec le Symbolisme et la Fantasy une préoccupation fondamentale sur la nature des rapports entre l'homme et la femme. 

Cette difficulté n'est d'ailleurs propre ni à la Fantasy, ni au Symbolisme ni au Romantisme, car elle est de toujours. Néanmoins, elle semble se manifester davantage à certaines époques. En ce sens, la Fantasy ne rejoint-elle pas l'esprit "néo" du XIXe siècle, en récupérant et adaptant aux exigences modernes l'héritage culturel ancien ? Une relecture de l'histoire de l'art sous cet angle livrerait sans doute d'intéressants résultats.

Christian Bodiaux

POUR EN SAVOIR PLUS

A lire

F.C. Legrand et A.A. Moereman, Antoine Wiertz, Paris-Bruxelles, 1974



Géricault, La beauté du désastre - Le radeau de la Méduse

"Géricault peignit le naufrage de la France, ce radeau sans espoir, où elle flottait, faisant signe aux vagues, au vide, ne voyant nul secours ... C'est la France elle-même, c'est notre société tout entière qu'il embarqua sur ce radeau de la Méduse... Image si cruellement vraie que l'original refusa de se reconnaître."

Michelet

FICHE TECHNIQUE
Géricault - La beauté du désastre
FRANCE - 29' - 2001
Réalisation : Alain Jaubert
Scénario : Alain Jaubert
Voix : Marcel Cuvelier
Éditeur : Editions Montparnasse
Distribution : Arcadès Collection
Production : Arte France / Palette Production / Musée du Louvre

Palettes : une série de films consacrés aux grands tableaux de l'histoire de la peinture. Grâce aux plus récentes techniques de l'animation vidéo, les secrets des images sont racontés comme autant d'aventures dans le plaisir de la découverte.

LE FILM

L'un des plus grands tableaux du Louvre (près de cinq mètres sur sept) et aussi l'un des plus fameux (il est entré dans les collections dès la mort de l'artiste). Encensé par les uns, honni par les autres, cette œuvre inclassable, surprenante, agresse et dérange encore aujourd'hui.

Le film est le fidèle récit de l'histoire de ce tableau qui fit scandale au Salon de 1819 où il était exposé sous le titre Scène de naufrage. Scandale politique : le naufrage en juillet 1816 sur le banc d'Arguin, au large de la Mauritanie, de la frégate La Méduse qui emportait au Sénégal le gouverneur et ses fonctionnaires, fut l'objet de vifs débats et la censure empêcha même les journalistes de publier les détails de l'affaire. Scandale esthétique aussi : les spectateurs furent dans leur majorité déconcertés par les tonalités brunâtres et le violent clair-obscur qui juraient avec les coloris vifs de la peinture néo-classique alors à la mode. Gericault travailla à ce thème avec acharnement, dessinant d'innombrables esquisses, préparant plusieurs ébauches de grande taille, et peignant les portraits des principaux protagonistes. Il alla même jusqu'à emprunter des fragments anatomiques, bras, pieds, têtes de décapités pour mieux saisir les images de la mort. Son atelier, transformé en morgue puante, a frappé ses contemporains.

Une trentaine d'œuvres, toutes très impressionnantes, entourent donc ce tableau d'une force terrible, l'un de ceux qui laissent une marque indélébile dans la mémoire du spectateur. La toile elle-même est marquée d'une sorte de fatalité : pour obtenir une belle qualité de bruns, Gericault utilisa abondamment le bitume, à l'époque très prisé des peintres. On a découvert depuis que ce produit ne séchait jamais tout à fait et qu'il s'assombrissait avec le temps. En 1859, pour conserver le souvenir des couleurs du tableau, une copie grandeur nature fut exécutée. Elle se trouve aujourd'hui au musée d'Amiens. Le fait divers aux résonnances macabres, l'épopée de la réalisation de la toile géante, la personnalité du peintre, les nombreuses images condensées en une seule toile, les mésaventures de la couche picturale qui continue à tuer lentement son tableau, autant d'éléments d'une enquête où les instruments vidéographiques servent un scénario passionnant.

L'ARTISTE

Théodore Géricault par lui-même.

Né le 26 septembre 1791 à Rouen, mort à Paris le 26 janvier 1824, Théodore Géricault issu d'une famille bourgeoise royaliste, suit ses parents qui s'installent à Paris en 1796. Là, il entre au lycée, mais les études ne l'intéressent guère ; il n'a que deux passions : l'art et le cheval. Sa mère meurt en 1808, et grâce à son héritage, le jeune Théodore, entre dans l'atelier de Carle Vernet (1758-1836) peintre spécialisé dans l'étude des chevaux.

Il se lie avec le fils du maître, Horace Vernet. En 1810, il quitte l'atelier pour se joindre à celui de Pierre-Narcisse Guérin, maître de l'école néo-classique, puis rejoint l'école des Beaux-arts de Paris en 1811.

Il présente une peinture équestre qui fait sensation au Salon de 1812, et y remporte une médaille. Mais le Salon suivant ne lui apporte que déceptions : ses œuvres passent inaperçues.

En 1814, il suit le roi Louis XVIII en fuite à Gand. Après avoir échoué au concours du Prix de Rome en 1816, il voyage en Italie, découvre les peintres de la Renaissance italienne, Michel-Ange, Raphaël et le peintre flamand Rubens.

De retour à Paris, il s'installe rue des Martyrs, près de son ami Horace Vernet, et prépare une œuvre monumentale : Le radeau de la Méduse, qui sera présentée au Salon de 1819. L'œuvre montre avec réalisme, particulièrement dans l'expression de l'agonie, les survivants du naufrage du navire La Méduse entassés sur un radeau. Bien que controversée, cette toile remporte un grand succès et Géricault obtient une nouvelle médaille.

D'avril 1820 à novembre 1821, Géricault organise une exposition itinérante en Angleterre, en compagnie de son ami Charlet, un lithographe qui l'initiera à cette technique. En Grande-Bretagne, il pratique l'équitation et prend pour thème essentiel le cheval. Il peint les courses de chevaux (le derby d'Epsom - 1821) et fait de nombreux dessins et lithographies d'une puissance extraordinaire évoquant le dur labeur du cheval au travail ainsi que les scènes de la vie quotidienne. La peinture anglaise l'inspire beaucoup.

En novembre 1821, il rend visite au peintre Jacques-Louis David en exil à Bruxelles. Il rentre à Paris en décembre 1821. Entre 1822 et 1823, Géricault mène une vie désordonnée, dépense de grosses sommes d'argent pour entretenir plusieurs chevaux. Parallèlement à cette vie, son art s'oriente vers les peintures évoquant la souffrance et la mort. Après des visites à la Salpetrière, il peint une série de dix portraits d'aliénés mentaux. Cinq toiles subsistent actuellement, comme la monomane du jeu, le kleptomane ou la monomane de l'envie. Ces toiles marquent l'intérêt de l'époque pour l'expression des névroses.

Peu de temps après son retour d'Angleterre, il fait une chute de cheval qui entraîne de graves lésions à la colonne vertébrale : il s'alite en février 1823 et ne se relèvera jamais.

Il meurt le 26 janvier 1824, laissant inachevés de grands projets, restés à l'état d'esquisses, traitant de l'abolition de l'esclavage, l'Inquisition et la traite des Noirs.

Ayant peu exposé de son vivant, Théodore Géricault laisse une oeuvre malheureusement dispersée, mais riche et variée, témoignant de sa quête de l'humain. Ses oeuvres les plus troublantes sont des études sur des têtes de suppliciés (Stockholm), des fragments de membres humains (Musée de Montpellier). Géricault introduit dans la peinture le mouvement, la couleur, et les thèmes réalistes qui permettent de parler, à partir de Delacroix, son héritier spirituel, d'une nouvelle école : le romantisme.

Ses principales œuvres

* Officier de Chasseurs à cheval, Louvre, Paris

*Courses de chevaux, plusieurs versions dispersées dans les musées de Paris, Rouen, Lille, Baltimore, et dans des collections particulières

* Le Radeau de la Méduse, Louvre, Paris

* Le derby d'Epsom, Louvre, Paris

En Belgique

* L'épave, Musée des Beaux-Arts, Bruxelles

* Alexandre 1er et son Etat-Major, Musée des Beaux-Arts, Bruxelles

* Série des fous (dispersés dans les musées du Louvre, de Lyon, de Gand et dans des collections particulières)

POUR EN SAVOIR PLUS

A lire

C. Clément, Géricault. Etude biographique et critique avec catalogue raisonné de l'oeuvre, Laget, Paris, 1879 (réimpr. augmentée en 1973)

L. Delteil, Le Peintre graveur illustré, tome XVIII : Théodore Géricault, Delteil, Paris, 1924

K. Berger, Géricault et son oeuvre, Grasset, Paris, 1954

M. Gobin, Géricault (1791-1824) dans la collection d'un amateur, Quatre-Chemins-Editart, Paris, 1958

D. Aimé-Azam, La passion de Géricault, Fayard, Paris, 1970

D. Aimé-Azam, Géricault. L'énigme du peintre de la Méduse, Perrin, Paris, 1983

Cahier didactique réalisé par Sarah Pialeprat

Accueil |