
Sylvestre, Blanchard... viennent automatiquement au devant de la mémoire lorsqu'il s'agit d'évoquer la lutherie pratiquée à Lyon. Dans un livre, richement illustré de photos en couleurs, le maître-luthier lyonnais Jean- Frédéric Schmitt propose de découvrir la lutherie lyonnaise mais en se limitant aux caractéristiques des instruments du 19e siècle. L'auteur veut aussi permettre de retrouver les influences de maître à élève.
Si les deux luthiers du 19e siècle font figure de proue dans la pratique de cet art, Jean-Frédéric Schmitt fait remarquer que la lutherie à Lyon connaissait déjà une activité dès la Renaissance avec Tieffenbrucker. Il débute donc son ouvrage en situant brièvement la lutherie lyonnaise dans son contexte historique.
Ainsi évoque-t-il François 1er qui, fasciné par le foisonnement artistique en Italie, invite des architectes et des artistes italiens. Gaspard Duiffoprugcar, "inventeur" du violon, et une dizaine d'autres luthiers, originaires pour la plupart du Tyrol s'installent, dans le courant du 16e siècle, à Lyon. Il note le passage, au 17e siècle, de Mériotte et Pommier dans un Lyon où la bourgeoisie s'est appauvrie. A cette époque, on ne compte que 46 luthiers en France contre 400 en Italie...
Ce n'est qu'après la Révolution de 1789 mais surtout le Consulat et l'Empire que Lyon se reconstitue une économie et que se consolident des fortunes. On se soucie aussi, à ce moment, d'arts et de lettres ! Apparaissent alors des luthiers qui vont travailler dans la même direction que leurs maîtres parisiens : Pierre Sylvestre (élève de Lupot), Paul Blanchard (élève de Vuillaume).
A l'instar de Paris, l'essor économique va favoriser le développement d'une
facture quantitativement importante et pour satisfaire la clientèle, les
luthiers lyonnais vont se faire aider de leurs confrères de Mirecourt. 
Vient le 20e siècle pour lequel Jean-Frédéric Schmitt relève, "en réaction à cette production importante de la fin du 19e siècle, une lutherie artistique, très personnalisée, fabriquée par des luthiers indépendants qui ne subissent aucune influence d'école" : Blanchard, Résuche, Lorange, Boulangeot, Coné...
Jean-Frédéric Schmitt évoque dans son livre,
illustrant par la photo leur travail : Pommier, Pierre et Hippolyte Sylvestre,
Pichon, Hippolyte Chrétien, Paul-François Blanchard et ses élèves,
Louis-Nicolas Vissenaire et ses deux fils, Elophe Poirson, Paul-Victor Lorange,
Charles Résuche, Emile Boulangeot, Georges et Robert Coné.