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A. De l'époque biblique jusqu'en 1910.

B. De 1910 à 1950 : période de la mesure de l'intelligence.

C. De 1950 jusqu'à nos jours aux USA et en FRANCE.
        Aux Etats-Unis
        En France

 

De tout temps, il a été question de la sélection et de l'éducation des élèves les plus doués. On retrouve déjà des traces de cette tradition dans la Bible, dans les cités grecques et latines, où l'on visait à former une élite.

Nous survolerons donc, en premier lieu, la période d'histoire qui s'étend de l'époque biblique jusqu'en 1910, ensuite celle qui va de 1910 jusqu'en 1950 (qui donne naissance à diverses formes de mesure de l'intelligence à l'aide de tests); celle qui va de 1950 jusqu'en 1970; et enfin celle de 1970 jusqu'à nos jours.

A. De l'époque biblique jusqu'en 1910.

L'organisation d'une certaine forme de programme de formation pour les enfants doués remonte à très loin dans l'histoire.

La première trace d'un tel programme se trouve sans doute dans la Bible
« Nabuchodonosor, roi de Babylone, commanda à son chef des eunuques d'amener quelques enfants hébreux des plus prometteurs pour qu'ils soient éduqués dans son palais. Ceux-ci devaient être : « ... sans tares, de belle apparence, instruits en toute sagesse, savants en science et subtils en savoir, aptes à se tenir à la cour du roi... » (la Bible, chap. 1, verset 3) ».(Apprentissage et socialisation, Vol 6, n° 3, sept 1983, p 138.)

L'un des plus grands défenseurs de l'éducation des élèves doués fut sans aucun doute Platon. Tout est centré, pour lui, sur l'organisation de la cité idéale. « La cité idéale ne peut être organisée et dirigée que par des hommes parfaits, extraits peu à peu de la masse par une sélection progressive de l'élite formée au pur exercice de la raison ».

Pour les peuples de l'Antiquité, les dieux usaient de leurs pouvoirs à leur gré : ils pouvaient distribuer les dons selon leur bon plaisir, sans souci d'égalité; il était donc tout à fait normal que l'intelligence ne soit pas également répartie, et personne n'aurait songé à s'en offusquer.

« Les romains pensaient ainsi que l'enfant doué était un vieillard ayant l'apparence d'un enfant, mystérieuse alchimie sans doute opérée par un dieu qui voulait s'amuser, ou bien installer sur terre un allié susceptible de le seconder dans ses desseins à venir ». (Arielle Adda. « Le livre de l'enfant doué ». Ed. SOLAR 1998.)

L'intelligence, à cette époque, renferme d'emblée un élément divin, un peu magique, que nul ne songe à contester.
« Au XVe siècle, un sultan turc, Mehmet le conquérant fonda une école au sérail, où l'on plaçait les enfants les plus beaux, les plus forts, les plus intelligents, que des dépisteurs spéciaux ramenaient de tout l'empire. Le but de l'école était de : « (...) créer de beaux esprits dans des corps endurcis ». Ils étaient promus ensuite aux plus hautes charges ». (Apprentissage et socialisation, Vol 6, n° 3, sept 1983, p 138. )
Créer des instituts ou des écoles pour former la classe dirigeante à toujours été. pour la Chine un devoir relevant d'une fort longue tradition. Il y a 3000 ans déjà, à l'époque Shang, il y avait en Chine des écoles nationales pour les élèves les plus talentueux. II y eu également le Collège impérial, école supérieure, qui formait les lettrés de la classe dominante. Mais le Collège impérial s'effaça peu à peu et ferma ses portes de façon définitive en 1900.
On peut remarquer que jusqu'ici le terme de doué, talentueux... est associé à la notion de pouvoir et que ce n'est pas l'épanouissement et le bonheur de l'enfant qui prime.

Un des défenseurs des droits de l'enfant doué et talentueux fut Thomas Jefferson, un président des Etats-Unis. Il proposa de grouper chaque année « les meilleurs génies » de l'Etat dans une école spéciale.

Dès 1867, William HARRIS, surintendant des écoles publiques de Saint Louis (Missouri) organisa un programme dit d'accélération. Il s'agit d'un système permettant de faire une évaluation de la progression des enfants précoces et de procéder à leur placement dans une classe correspondant à leur véritable niveau scolaire.

En 1899, à Santa Barbara, on préfère avoir recours à la méthode dite d'enrichissement : les élèves ne prennent pas d'avance mais ils approfondissent les programmes officiels.

En 1901, la première véritable école pour enfants doués et talentueux est fondée à Worchester (Massachusetts). Dans cette école spéciale, on a recours simultanément à l'approfondissement et à l'accélération.

B. De 1910 à 1950 : période de la mesure de l'intelligence.

Pendant que l'implantation des classes spéciales pour les enfants doués progresse lentement, la découverte des tests pour mesurer l'intelligence va se répandre dans le monde entier.

En effet, en 1904, Binet invente le test d'intelligence. Mais, Terman, en 1916 à l'université Stanford, révise et adapte le test de Binet pour lui permettre d'évaluer l'âge mental et le quotient intellectuel de chaque enfant examiné individuellement. Ainsi, les commissions scolaires de différentes villes américaines sélectionnent les enfants doués et leur offrent des programmes spéciaux.

«Pendant ce temps, en Allemagne, on accorde la gratuité scolaire aux enfants doués et talentueux; cependant, on ne leur fournit pas les méthodes d'enseignement adaptées à leurs besoins. Pour sa part, Hitler, avant la deuxième guerre mondiale, stipule que l'éducation des jeunes allemands d'intelligence supérieure doit servir les intérêts de la nation! ». (Apprentissage et socialisation, Vol. 6, sept. 1983, p. 139.)

De 1940 à 1950, l'intérêt pour les enfants doués et talentueux étudiant dans les écoles publiques se trouve à son plus bas niveau : moins de 1 % de la population scolaire identifiée comme douée jouit de classes spéciales.

Nous pouvons constater que jusqu'au milieu du siècle, en Amérique comme en Europe, il n'y a pas de consensus général concernant l'éducation des élèves intellectuellement doués.

C. De 1950 jusqu'à nos jours aux USA et en FRANCE.

Aux Etats-Unis

Nul doute que le lancement du premier « Spoutnik » par l'URSS provoqua une remise en question chez les scientifiques américains. Les divers états réagirent alors en ordre dispersé, presque la moitié d'entre eux restant cependant confinée dans la passivité. La Californie qui a toujours joué un rôle pilote en ce domaine, fit passer entre 1951 et 1970, le nombre des enfants surdoués aidés par des mesures éducatives spéciales de 3 5 000 à 112 000.

Devant ces disparités, le congrès américain demanda, en 1970, un inventaire national des initiatives prises par les différents Etats. Ce rapport, rédigé par S. MARLAND, commissaire à l'éducation, fut présenté au Sénat en 1972. L'année suivante, fut créé l'Office National pour enfants doués et talentueux au sein du ministère de l'Education, pour coordonner et stimuler l'effet national.

En 1976, l'Office National pour les enfants doués et talentueux vérifie les progrès depuis la publication du rapport MARLAND; de nouveaux programmes d'éducation ont fait leur apparition, beaucoup plus d'enfants doués sont en mesure d'être identifiés et de recevoir une instruction appropriée. Mais malgré ce progrès, l'enquête démontre qu'on est encore loin de rencontrer les besoins éducatifs des élèves doués et talentueux. Pour combler ces lacunes, les USA dépensèrent en 1978, 8 millions de dollars au niveau des Etats de l'Union pour l'éducation des surdoués et ils vont subventionner des projets de recherche sur les enfants doués et talentueux : en 1977, 55 projets reçoivent des fonds spéciaux, en 1980, plus de 100 projets ont droit à une telle aide.

En France

Malgré Alfred Binet qui, en 1905, évoquait ces écoliers « trop intelligents », qui ne profitaient pas de l'enseignement et qui risquaient de se perdre dans l'école telle qu'elle leur était imposée et Edouard Clarapède qui, en 1920, s'insurgeait contre l'école qui ne voulait répondre qu'aux besoins de l'élève moyen et qui malmenait les autres, il n'y eu aucune conséquence sur le plan des études et des réalisations pédagogiques pour ces enfants en France.

Dans les vingt années qui suivirent les années 50, seuls quelques psychiatres écrivirent de rares articles sur les enfants « surdoués » tels Lebovici, Kohler et Maer, Ajuriaguerra. C'est dans ce contexte, où il semblait que les enfants surdoués relevaient davantage des psychiatres que des pédagogues ou des psychologues, que J. Ch. Terrassier, en 1971, fonda l'Association Nationale pour les Enfants Surdoués (ANEPS), dont l'objectif est de favoriser une meilleure connaissance de l'enfant « surdoué » et de ses besoins, aussi bien par le grand public que par les enseignants et au sein même du Ministère de l'Education.

En 1978 eu lieu le premier congrès national pour les enfants surdoués, congrès qui s'est tenu à Nice. A cette date fut également créé à Paris le centre de loisirs pour enfants doués, jeunes vocations artistiques, littéraires et scientifiques. La voie a été ouverte par Remy Chauvin en 1975 avec son livre « les surdoués ». Mais c'est Jean-Charles Terrassier qui donna véritablement l'impulsion créatrice et mena un inlassable combat face à la remarquable inertie de l'Education Nationale.

Actuellement, les médias, qui ont longtemps évité la question, s'y intéressent, sensibilisant peu à peu l'opinion : de fait, on ne peut plus dire, sans mauvaise foi, qu'on n'a jamais entendu parler des enfants doués.