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SURDOUÉ - DOUÉ - TALENTUEUX - PRÉCOCE.

TENTONS D'Y VOIR PLUS CLAIR.

    Autant de termes qui peuvent qualifier l'enfant d'intelligence supérieure à la moyenne. En effet, la terminologie utilisée pour désigner ces enfants varie selon l'époque, l'humeur du moment, les pensées de ceux qui en parlent.

    Nous allons tenter de passer en revue les différentes définitions proposées par les auteurs avant de nous concentrer sur le sujet.

    « Si l'on commence à s'intéresser « scientifiquement » au sujet dans les années 50, si l'on attribue au psychiatre J. de Ajuriaguerra, l'emploi initial du mot « surdoué », c'est Remy Chauvin qui, en 1975, en a le premier promu l'usage dans le grand public. Le terme fut repris en 1981 par Jean-Charles TERRASSIER dans : « Les enfants surdoués ou la précocité embarrassante ».( Cité dans Arielle Adda :Le livre de l'enfant doué. Ed. SOLAR. 1999...)

    Le petit Larousse illustré précise : « Surdoué » : se dit d'une personne, et spécialement d'un enfant, dont les capacités intellectuelles, évaluées par des tests, sont très supérieures à la moyenne.

    Aussi, actuellement aux USA, sont considérés comme surdoués, les enfants ayant des dispositions particulières dans un ou plusieurs des domaines suivants

1. Capacités intellectuelles générales.

2. Aptitudes scolaires spécifiques.

3. Pensées créatives.

4. Arts visuels ou d'expression.

5. Qualités de leader.

6. Capacités psychomotrices. (Cité dans J. Ch.Terrassier : Les enfants surdoués ou la précocité embarrassante. Ed. ESF 1981)

    Dans le présent ouvrage, nous nous limiterons aux enfants ayant des dispositions particulières au niveau des capacités intellectuelles générales.

    Pour Paul Merchat et Philippe Chamont, il semble que le mot « surdoué » réponde de plus en plus à une recherche inconsciente du « sur‑être » que chacun voudrait plus ou moins devenir suivant la moindre ou plus grande acceptation qu'il a de soi‑même et de son sort.

    Jean-Charles Terrassier, nous donne une définition pragmatique et utilitaire. Pour lui, l'enfant surdoué est essentiellement caractérisé par la grande précocité de son développement intellectuel. Bien entendu, cette précocité est évaluée par référence au rythme moyen de développement de l'ensemble des enfants, rythme qui a d'ailleurs contribué à déterminer le cursus scolaire proposé à tous les enfants, mais nous aborderons ce sujet un peu plus tard.

    Qu'entendons-nous par précoce? D'après le petit Larousse illustré : « vient du latin «pracox» qui est mûre avant le temps normal ou habituel; enfant précoce : enfant dont le développement physique ou intellectuel correspond à un âge supérieur ». Évidemment, « précoce » se dit aussi de personnes dont le développement physique est très rapide ou dont l'instinct sexuel s'est éveillé très tôt.

   Pour P. Merchat et Ph. Chamont, étant donné les qualités du mot « précoce », son origine, sa signification dans la langue française, il n'y a pas de raison de ne pas l'utiliser pour désigner les êtres humains qui nous préoccupent, accompagné du nom correspondant «précocité»

    J.-Ch. Terrassier trouve que le terme de « précoce » est plus adapté que « surdoué » car il gomme la nécessité de la performance d'enfants dont on attend que l'exploit.

    L'enfant intellectuellement précoce n'est pas un enfant prodige. Il possède un esprit vif, très curieux et mobile, des aptitudes de logique et de synthèse plus développées que la norme de son groupe d'âge.

    Par contre, pour Arielle ADDA, le terme précoce, fausse totalement la compréhension de cette intelligence particulièrement développée. Car pour elle, quand un enfant ainsi qualifié amorce une chute dans ses résultats scolaires, il ne tarde pas à penser que sa précocité touche à sa fin et qu'il va, désormais, se retrouver parmi les élèves moyens, avant de finir en queue de classe, puisque son seuil de maturité atteint, il va stagner, piétiner, plafonner et finalement reculer, tandis que ses camarades poursuivront leur progression modeste mais régulière. Elle en donne pour preuve ces remarques d'adolescents qui avaient été identifiés comme « précoces » et qui se retrouvent en situation d'échec : « Jusqu'à quel âge est-on précoce? ». Elle qualifie donc ce terme de pervers, nocif, voire destructeur pour certains, parce qu'il fait croire à ces enfants trop sensibles, ne sachant comment acquérir une efficace maîtrise de leur don, que leur privilège cessera un jour : ils vivent donc dans l'attente anxieuse du moment où tout va basculer.

    Resterait alors le terme de « doué », plus flou, permettant d'inclure une plus grande diversité de dons, il est souvent confondu avec le talent. Il ôte sa spécificité au seul don intellectuel, il le banalise, il le rend plus acceptable.

    Pour F. GAGNE, la douance (Néologisme québécois destiné à traduire le terme anglais giftedness, cité par F. GAGNE dans Apprentissage et socialisation, Vol 6, n° 3, sept 1983, p 146‑159.) est une compétence exceptionnelle dans un ou plusieurs domaines d'habileté, tandis que le talent se définit comme une performance exceptionnelle dans un ou plusieurs champs de l'activité humaine. La motivation est l'un des principaux catalyseurs de l'actualisation de dons exceptionnels en talents exceptionnels avec la famille, l'école, la personnalité de l'enfant.

    Mais, le don intellectuel n'apparaît pas d'une manière aussi évidente que le don artistique (peinture, musique), sportif... , c'est peut-être pourquoi sans doute, il est encore souvent nié.

    Quoiqu'il en soit, que l'on préfère doué, précoce, surdoué, prodige ou génial, qu'importe après tout : le don ne se suffit pas à lui-même; il faut de l'énergie et de la persévérance pour le faire fructifier. Peut-être vaut-il mieux mettre de côté toutes ces nuances de langage pour rester attentif au principal, c'est-à-dire à l'évolution, au développement, aux souffrances de ces enfants et respecter leur différence!