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Bien qu'elle présente certains risques, la pratique du deux-roues, en ville ou sur route, n'est pas si dangereuse que certains voudraient bien nous le laisser croire.

Deux périodes sont toutefois particulièrement critiques : les six premiers mois de pratique, où l'on maîtrise encore mal son véhicule, et les six mois suivants, où l'on a tendance à outrepasser les règles fondamentales de sécurité, tout grisé que l'on est par la confiance qui s'installe. Voici un petit rappel de ces 10 règles d'or.
(Source Via Michelin)

1) Protégez-vous !

Dès que les températures se font plus clémentes, il est sacrément tentant de rouler sans l'accoutrement que l'on supportait sans problème en hiver, et de négliger gants, blouson protecteur et autre pantalon résistant. Pourtant, le bitume est tout aussi abrasif, qu'il fasse 0 ou 25 °C. Une petite chute à 20 km/h n'aura que peu de conséquences si vous êtes protégé par une paire de gants et une veste solide (munie, dans l'idéal, de protections aux coudes, épaules et dans le dos).
En revanche, un tel incident aura des conséquences beaucoup plus fâcheuses si c'est votre épiderme qui est chargé des relations rapprochées avec la "grosse râpe"... Pas besoin de vous faire un dessin !
Par conséquent, même par forte chaleur, nous vous invitons à porter systématiquement une paire de gants en cuir, une veste résistante, une paire de chaussures solides, montantes de préférence, et un pantalon. C'est peut-être moins séduisant qu'une petite jupe ou un t-shirt qui dévoile vos bras musclés, mais n'oubliez pas que l'on ne choisit jamais le moment où l'on va tomber.
Enfin, attachez TOUJOURS la jugulaire de votre casque et ajustez-la précisément : sans cela, un casque ne sert strictement à rien !

2) Apprenez à freiner

Une récente enquête européenne portant sur les causes d'accidents des deux-roues révèle que 41 % des pertes de contrôle ont lieu lors des phases de freinage d'urgence. En effet, une roue avant qui dérape sous l'effet d'un freinage trop brutal, et c'est la chute quasiment assurée !
Il est donc essentiel de vous entraîner à maîtriser votre système de freinage, sur un parking désert par exemple, ou lors de stage dans une moto-école. Freinez toujours des deux roues, selon une répartition d'environ 60 % de la puissance à l'avant et 40 % à l'arrière.
Deux doigts, que l'on gardera en permanence sur le levier de frein avant pour gagner de précieuses secondes en cas d'urgence, suffisent presque toujours à freiner suffisamment fort, et permettent de doser plus finement la force de freinage, afin d'éviter le tant redouté blocage de la roue avant. Les débutants pourront s'orienter de préférence vers les scooters dotés d'un système de freinage intégral ou/et de l'ABS.

3) Restez méfiants

Partez du principe que les automobilistes ne vous voient pas. Si ce n'est heureusement pas toujours le cas, il faut savoir que de nombreux accidents ont pour origine une manœuvre d'un automobiliste qui n'avait tout bonnement pas vu le deux-roues qu'il vient de percuter.
Seule solution : ne jamais se dire qu'une voiture vous a pris en compte avant d'effectuer une manœuvre, mais, au contraire, toujours rester sur ses gardes pour réagir efficacement si tel n'était pas le cas. Et n'hésitez pas à manifester votre présence par un appel de phare ou un petit coup de klaxon.

4) Ne croyez que ce que vous voyez

Le fait pour un conducteur de négliger une obstruction visuelle est la cause d'un accident sur quatre impliquant un deux-roues*.
Concrètement, l'obstruction est souvent le fait d'un gros véhicule, un bus par exemple, qui dissimule une information primordiale, comme une priorité à droite, un feu tricolore ou un piéton qui traverse. Dès que l'horizon n'est plus "lisible", coupez les gaz et restez sur la défensive jusqu'à ce que l'info qui vous manque soit disponible.
Même principe lorsque vous remontez une file de voiture : pensez toujours qu'un piéton peut surgir devant la camionnette que vous vous apprêtez à dépasser.

5) Inter-files : courtoisie de rigueur !

La circulation entre les files de voitures n'est qu'une tolérance, pas un droit, a fortiori lorsqu'elles roulent au pas sur les périphériques et les voies rapides. Les automobilistes sont de plus en plus compréhensifs à notre égard. Par conséquent, soyez-le aussi vis-à-vis d'eux lorsqu'ils ne s'écartent pas pour vous laisser passer et n'hésitez pas à les remercier de la main ou du pied lorsqu'ils vous facilitent le passage.
Inutile aussi de rester en plein phare : vous gêneriez tout le monde et ne seriez pas forcément plus visible d'un automobiliste ébloui. En revanche, un appel de phare ou un petit coup de klaxon pour signaler votre présence s'avère parfois judicieux.
Lorsque vous circulez entre les files, adoptez une vitesse modérée, pas plus de 20 km/h de plus que les voitures, et restez sur le qui-vive : vous n'êtes pas censés vous trouver là et les automobilistes ne sont pas censés vous prendre en compte. Attention aussi aux portières qui s'ouvrent dans les embouteillages...

6) Lorsque le sol est mouillé

L'adhérence sur une chaussée détrempée n'est pas si mauvaise qu'on pourrait le croire, sauf lorsqu'il n'a pas plu depuis longtemps et que toute la crasse accumulée se mélange à l'eau pour former une pellicule très grasse et glissante. D'une manière générale, sous la pluie, les bandes blanches (passages piétons ou autres) représentent un risque de glissade réel en virage ou au freinage. Abordez-les avec beaucoup de circonspection, sans trop pencher votre deux-roues.

7) Attention aux piétons !

Lorsque vous remontez une file de voiture à l'arrêt, méfiez-vous des piétons qui traversent bille-en-tête, persuadés que si les voitures ne bougent plus, la voie est libre. Si l'on perçoit assez bien un adulte s'avançant au milieu des voitures, il en va autrement s'il passe devant une camionnette, ou si c'est un enfant qui traverse.

8) Roulez décalé

D'une manière générale, évitez de rouler juste derrière le véhicule qui vous précède. Si celui-ci pile, il y a des "chances" que vous ne finissiez sur son toit. En plus de conserver en permanence une distance de sécurité suffisante, veillez à rouler légèrement décalé, de préférence dans l'axe du rétroviseur côté conducteur. Ainsi vous aurez toujours l'opportunité d'esquiver, plutôt que de tenter un freinage aléatoire.

9) Pare-brise

Si vous optez pour un pare-brise de grande taille en option, veillez à choisir un modèle dont la hauteur vous permet de voir au-dessus du plexiglas. Dans le cas contraire, vous risquez de ne plus rien voir du tout à la première pluie qui se déposera sur la surface forcément un peu sale et grasse de votre pare-brise. Ajoutez à cela la diffraction des phares des véhicules venant en sens inverse sur les gouttelettes, et vous pouvez être contraint de rouler avec la tête décalée pour savoir où vous posez vos roues !

10) Angle mort

Comme sur une voiture, les rétroviseurs d'un deux-roues comportent toujours un angle mort qu'il faut absolument prendre en compte lorsque l'on change de direction. Concrètement, il s'agit de toujours tourner la tête sur le côté afin de vérifier, de visu, qu'il n'y a personne (voiture, mais aussi deux-roues) qui se trouve à vos côtés


À vous de comprendre...

Aussi profitable qu'il puisse être pour ceux qui n'ont jamais conduit de deux-roues, l'énoncé de ces règles isolées de la pratique a ses limites.
En effet, ce n'est qu'au fur et à mesure de votre expérience que vous forgerez vos propres réflexes, souvent fondés sur de petites erreurs sans conséquence, mais dont vous mesurerez sans doute l'importance de ne plus les reproduire.
C'est pour cela que la première année de pratique doit être envisagée comme une période d'apprentissage, pendant laquelle vous vous ménagerez une marge de sécurité particulièrement importante, afin de pouvoir réagir opportunément aux situations piégeuses que vous ne manquerez pas de rencontrer.

Bonne route et prudence !