Oscar et la dame rose d'Eric-Emmanuel Schmitt (éd. Albin Michel, 2002) est un des livres les plus appréciés des élèves; son seul concurrent est l'histoire d'un autre petit garçon plein d'humour, Le petit Nicolas de Sempé et Goscinny (qui, lui, date pourtant déjà de 1960…)

Voici le début de l'histoire :

« Cher Dieu,
Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause de mes études, j’avais pas le temps.
Je te préviens tout de suite: j’ai horreur d’écrire. Faut vraiment que je sois obligé. Parce qu’écrire c’est guirlande, pompon, risette, ruban, et cetera.  Ecrire, c’est rien qu’un mensonge qui enjolive. Un truc d’adultes.
La preuve ? Tiens, prends le début de ma lettre: « Je m’appelle Oscar, j’ai dix ans, j’ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j’ai grillé les poissons rouges) et c’est la première lettre que je t’envoie parce que jusqu’ici, à cause de mes études, j’avais pas le temps », j’aurais pu aussi bien mettre: « On m’appelle Crâne d’Oeuf, j’ai l’air d’avoir sept ans, je vis à l’hôpital à cause de mon cancer et je ne t’ai jamais adressé la parole parce que je crois même pas que tu existes. »
Seulement si j’écris ça, ça la fout mal, tu vas moins t’intéresser à moi. Or j’ai besoin que tu t’intéresses.
Ça m’arrangerait même que tu aies le temps de me rendre deux ou trois services. […] Mamie-Rose, je te la présente pas, Dieu, c’est une bonne copine à toi, vu que c’est elle qui m’a dit de t’écrire. Le problème, c’est qu’il n’y a que moi qui l’appelle Mamie-Rose. Donc faut que tu fasses un effort pour voir de qui je parle : parmi les dames en blouse rose qui viennent de l’extérieur passer du temps avec les enfants malades, c’est la plus vieille de toutes.» 

Cette année aussi, une vingtaine d'élèves de 4 Eco et 4 Lat ont choisi de lire l'histoire émouvante d'Oscar. Ils ont quelques questions pour l'auteur, Eric-Emmanuel Schmitt :
Beaucoup se demandent si l'auteur a vécu quelque chose de comparable, s'il s'est inspiré de sa propre expérience avec la maladie. Anne-Lise formule cette question ainsi : Vous vous êtes basé sur une histoire vraie ? ou est-ce que c'est avant tout une "leçon de morale" ?

Voici ce qu'Eric-Emmanuel Schmitt y répond dans une interview :
"C’est sans doute le plus autobiographique de mes textes. J’ai lu toute cette histoire dans des yeux que j’aimais. Et j’ai moi-même été Oscar, l’enfant à qui l’on ne parle plus parce que son état de santé fait peur, l’enfant qui souffre du silence de ses proches, du silence du ciel, des questions laissées sans réponses, mais qui demeure habité par la joie infinie de vivre."

Peut-être pourrions-nous essayer de poser celles-ci à l'auteur lui-même par le biais de son site:
Eva
: Vous croyez en Dieu ? Vous lui écrivez aussi des lettres ?
Sophie
: Pourquoi avoir justement choisi un garçon de dix ans ?
Andrew
: Que se passe-t-il avec les lettres d'Oscar une fois qu'il les a écrites ? Le livre ne le dit pas.
Sander
: Pourquoi avoir choisi de ne pas terminer le livre d'une manière triste ? C'est bizarre.

Ils ont bien compris !

Linde : A la chapelle, Mamie-Rose explique à Oscar que la souffrance mentale est une chose qu'on choisit et qu'elle n'est donc pas inévitable.
Sophie
: Ses parents lui apportent toujours des cadeaux, comme ça ils ont de quoi parler et s'occuper, ils passent le temps à lire les règles du jeu ou les modes d'emploi.
Anne-Lise
: Ses parents ont un certain malaise, ils n'osent pas aborder le sujet de la mort avec Oscar. A la fin, c'est Oscar qui fait disparaître ce malaise en leur disant : "J'avais oublié que vous alliez aussi mourir un jour."
Aaron
: Elle lui dit que chaque jour c'est comme dix ans, ainsi il va mourir adulte et très vieux. Et il aura tout vécu, la crise d'adolescence etc.
Hendrik
: Mamie-Rose invente ses histoires de catcheuses pour lui apprendre quelques règles de vie et lui donner certains conseils.
Eva
: L'humour fait oublier la gravité des maladies.
Judy
: L'humour, le monde à l'envers : c'est Oscar qui donne des conseils à son docteur, il lui dit de se reposer, de ne pas laisser son sommeil pour lui…
Linde
: C'est comme si Oscar avait choisi de mourir quand il est seul, que ses parents ne le voient pas.

Les phrases les plus significatives du livre :

Loïc : "Tu ne vas pas trouver les mots vie, foi, mort et Dieu dans un dictionnaire médical. Tu dois chercher ces mots dans un dictionnaire de philosophie : il y a plusieurs explications, il n'y a pas d'explication."
Judy
: "Ma maladie, ça fait partie de moi. Ils n'ont pas à se comporter différemment parce que je suis malade."
Femke
: "Ou alors ils ne peuvent aimer qu'un Oscar en bonne santé ?" C'est une question à Mamie-Rose. Oscar pense que ses parents ne l'aiment pas parce qu'il est malade mais ils ont seulement peur de sa maladie. C'est un problème pour Oscar, mais aussi pour les parents.
Eva
: pour moi, la première phrase d'un livre est la plus importante. Ici, elle m'a tout de suite fait aimer le livre : " Cher Dieu, je m'appelle Oscar, j'ai dix ans, j'ai foutu le feu au chat, au chien, à la maison (je crois même que j'ai grillé les poissons rouges) et c'est la première fois que je t'écris parce que jusqu'ici, à cause de mes études, j'ai pas eu le temps."
Elke
: "Seul Dieu a le droit de me réveiller." C'est la dernière phrase du livre et je la trouve très belle et émouvante.
Sander
: "Seul Dieu a le droit de me réveiller." Il voulait toujours que Dieu lui rende visite pour lui donner de la force pour mourir et Il pouvait venir n'importe quand.
Hendrik
: "J'ai compris que tu étais là. Que tu me disais ton secret : regarde chaque jour le monde comme si c'était la première fois." Il a compris que Dieu est invisible mais qu'il est quand même là.
Anne-Lise
: "Il n'y a que les questions sans intérêt qui ont une réponse définitive." Oscar demande à Mamie-Rose pourquoi les questions autour des mots vie, mort, foi, Dieu n'ont pas de réponses précises. Il y a toujours un 'peut-être', un certain mystère. Comme dit Mamie-Rose : "Les questions les plus intéressantes restent des questions."

Et pour terminer, l'avant-dernière lettre d'Oscar :

"Aujourd’hui j’ai cent ans. Comme Mamie-Rose. Je dors beaucoup mais je me sens bien.
J’ai essayé d’expliquer à mes parents que la vie, c’était un drôle de cadeau : on croit avoir reçu la vie éternelle. Après, on le sous-estime, on le trouve pourri, trop court, on serait presque prêt à le jeter. Enfin, on se rend compte que ce n’était pas un cadeau, mais juste un prêt. Alors on essaie de le mériter. Moi qui ai cent ans, je sais de quoi je parle. Plus on vieillit, plus faut faire preuve de goût pour apprécier la vie. On doit devenir raffiné, artiste. N’importe quel crétin peut jouir de la vie à dix ou à vingt ans, mais à cent, quand on ne peut plus bouger, faut user de son intelligence.
Je ne sais pas si je les ai bien convaincus.
Visite-les. Finis le travail. Moi je fatigue un peu.

À demain, bisous,
Oscar."

Si d'autres lecteurs ont encore envie d'ajouter quelque chose ou de réagir, qu'ils n'hésitent surtout pas à rejoindre la grande famille des fans d'Oscar

moniquecarlier@skynet.be

Petit bilan de juin 2004 : C’est bien… (26/06/04)

Inspiré de "C’est bien... " de Philippe Delerm :

C’est bien les exposés bien faits et que tout le monde écoute avec intérêt.
C’est bien le bruit de la pluie quand il fait bon en classe.
C’est bien le verre d’eau pendant la pause.
C’est bien la dictée, la phrase qui s’élève et les pièges dans lesquels on ne tombe pas.

C’est bien la confiance.
C’est bien l’élève qui emploie un subjonctif.
C’est bien quand ils imitent l’accent de Paris-eu, la tour Eiffel-eu elle est pas belle-eu
C’est bien un sourire complice.
C’est bien un fou rire partagé.
C’est bien le match profs-élèves et le tournoi de foot du 3e trimestre.
C’est bien les photocopies toutes chaudes.
C’est bien un(e) collègue qui est un(e) ami(e).
C’est bien l’émotion de « Demain dès l’aube... » 
C’est bien d’avoir sa classe.
C’est bien Montesquieu et l’Esprit des Lois : « Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu … »
C’est bien quand tout le monde a son GPT.
C’est bien quand tout le monde a préparé ses exercices.
C’est bien un tableau propre.
C’est bien une belle histoire comme Oscar et la dame rose
C’est bien un gentil courrier dans mon casier.
C’est bien d’être à son bureau et de contempler ses troupes.
C’est bien quand le rang est complet et qu’on dit « On y va ».
C’est bien tous ces accords qu’on voit et qu’on fait.
C’est bien de pouvoir se faire plaisir aussi avec une belle chanson.
C’est bien les anciens élèves et les retrouvailles.
C’est bien un beau classeur.
C’est bien une belle écriture.
C’est bien, quand ça sonne, d’entendre « déjà ? »
C’est bien d’avoir un(e) nouveau(-elle) collègue plein(e) d’entrain et d’idées.
C’est bien, l’émotion partagée de la dernière classe.
C’est bien la fin des corrections, la fin d’un paquet de copies...
C’est bien les vacances.
C’est bien le malaise de la séparation le jour de la sortie des classes.
C’est bien quand ils ne savent pas qu’on les regarde et qu’on observe leurs traits d’enfants.
C’est bien quand ils discutent sur le « Dormeur du val » dans le couloir le jour de l’examen oral.
C’est bien quand ils demandent un dictionnaire.
C’est bien quand la 4e latine se dépêche de finir pour avoir une chanson avant la sonnerie.
C’est bien quand ils sont heureux qu’on les complimente sur leur nouvelle coupe de cheveux.
C’est bien quand ils vous prêtent un livre que vous ne connaissez pas, c’est bien les élèves qui font découvrir des livres
C’est bien quand ils se marrent en conjuguant certains verbes…
C’est bien quand ils remarquent que vous avez l’air pas bien quand aucun collègue n’a rien vu.
C’est bien quand il fait beau et sec le jour de l’exercice incendie.
C’est bien quand tout le monde s’est fait beau le jour de la photo de classe.
C’est bien le silence après un beau poème.
C’est bien le participe passé du verbe avoir qui s’accorde en genre et en nombre avec le COD s’il est devant le verbe.
C’est bien aussi de faire la fête avec des tas de gens qui ne sont pas profs !
C’est bien de dire des bêtises grâce à son ordinateur !
Mais c’est pas bien, d’écrire bêtement des bêtises au lieu de corriger des tas de copies qui s’entassent !
C’est bien le chasseur sachant chasser sans les chemises sèches de l’archiduchesse quand Serge exige des excuses
C’est bien les dessins des élèves.
C’est bien les élèves qui ont tellement aimé un livre qu’ils le font lire à la famille.
C’est bien de voir les collines de Renaix par la fenêtre de la classe.
C’est bien les perles des élèves ;-)
C’est bien les réussites après l’effort.
C’est bien de leur mettre de bonnes notes.
C’est bien d’être prof ! C’est bien ...
C’est bien de se sentir inutile quand toute la classe travaille.
C’est bien quand on vous dit : je vous ai vue au marché samedi.
C’est bien quand ils n’utilisent pas de copions à l’interro.
C’est bien les amours débutantes …
C’est bien les cadets qui nous racontent la nouvelle vie des aînés qu’on a eus en classe avant.
C’est bien les collègues qui partent en retraite et qui n’oublient pas d’offrir un pot.
C’est bien quand les examens sont enfin prêts à être photocopiés.
C’est bien les bonjours échangés le matin quand on pénètre dans la cour de l’école.
C’est bien celui qui se demande si ça s’emploie, dans la vraie vie, des mots comme ça.
C’est bien celui qui arrive à caser un mot fraîchement appris.
C’est bien l’élève qui se souvient même (!) d’un truc qu’on a appris l’année d’avant.
C’est bien de jouer avec la poésie.
C’est bien d’acheter son nouvel agenda.
C’est bien de croire à la prochaine année scolaire...
C’est bien les élèves polis qui disent « merci » quand on leur distribue une photocopie, qui disent « bonjour » et « au revoir » et « bon week-end »
C’est bien de leur lire un truc qui les faire rire.
C’est bien quand le débat se poursuit après la fin du cours.
C’est bien quand ils vous disent : "Madame, vous avez lu ça,... vous avez vu ça... ?"
C’est bien de "se prendre la honte" devant ses élèves en glissant sur des feuilles de platane mouillées (ou sur le verglas !)
C’est bien quand ils sont assis, qu’on leur dit "Bonjour" et qu’ils répondent tous.
C’est bien l’élève qui en soutien vient vous montrer une copie en disant « vous voyez, j’ai progressé ! » 
C’est bien l’élève qui - pris dans le feu de l’action - se met tout d’un coup à vous tutoyer sans le faire exprès.
C’est bien de voir des profs heureux.
C’est bien de ne jamais s’arrêter.
C’est bien de « positiver » en salle des profs !
C’est bien les anciens élèves qui reviennent pour nous encourager !
C’est bien l’angoisse du premier jour de classe.
C’est bien quand on leur dit "Merci pour cette année"
C’est bien quand on se trompe et qu’un élève le fait remarquer.
C’est bien de plaisanter avec les élèves et avec les collègues.
C’est bien quand ils s’exclament "Regardez, c’est moi qui ai fait ça !" devant leur travail à l’écran.
C’est bien leur faire l’hexagone au tableau… ou même toute l’Europe, l’Amérique, l’Afrique et l’Asie en quelques traits à la craie (« Vous voyez ? ça c’est l’Amérique du Sud et les bateaux viennent d’ici, de Dakar, au Sénégal »
C’est bien quand ils sont contents d’avoir compris les consignes à l’interro et qu’ils disent « ah ! oui »

C'est bien de m'avoir lue jusqu'au bout ;-)
C'est bien de réagir !

  moniquecarlier@skynet.be

Tentative d’inventaire à la Prévert 
des candidats à l’examen oral de français en juin 2003

Du côté des garçons, il y a …   Du côté des filles, il y a …   Du côté des profs, il y a ... (10/09/03)

Du côté des garçons, il y a …

… celui qui parle en mâchant un chewing-gum (et m’envoie des bouffées de chlorophylle à la figure)

… celui qui se gratte constamment les jambes (il était venu en bermuda)

… celui qui pousse de gros soupirs entre ses phrases (il avait étudié son vocabulaire jusqu’à minuit et voilà que je l’interroge sur la poésie)

… celui qui est écroulé sur sa chaise (et de temps en temps ses pieds rencontrent les miens)

… celui qui n’arrête pas de bâiller (comme je m’en inquiète, il me dit qu’il ne se couche jamais avant une heure du matin)

… celui qui murmure si bas que je dois tout le temps lui demander de répéter

… celui qui parle si fort que ceux qui attendent dans le couloir peuvent parfaitement suivre

… celui qui regarde « discrètement » sa montre (alors que j’étais plutôt en avance sur l’horaire)

… celui qui fait la grimace en voyant ses questions et qui me dit tout de go qu’il n’aime pas la littérature

… celui qui transpire tellement que les gouttes de sueur tombent sur sa feuille

… celui qui se met à lire silencieusement tout le poème avant de répondre

… celui qui préférerait utiliser ses propres photocopies des textes (ben tiens ! et il insiste !)

… celui qui laisse passer un grand moment de silence avant de répondre et finit par me dire : « Attendez, ça va venir… »

… celui qui renifle toutes les 10 secondes puis me demande si je n’ai pas de mouchoir

… celui qui lit sa question puis me demande : « Qu’est-ce que vous voulez que je fasse ? » (ben, répondre ?

Du côté des filles, il y a …

… celle qui n’arrête pas de se mettre une mèche derrière l’oreille (qui retombe aussitôt)

… celle qui commence à répondre puis s’arrête et me regarde intensément pour essayer de voir à ma tête si elle est ‘dans le bon’

… celle à qui je dois préciser deux fois qu’il faut répondre en français !

… celle qui fait un grand « pfouhhh » après avoir répondu à la première question (et qui refait un grand « pfouhhh » après avoir répondu à la deuxième question…)

… celle qui arrive en top moulant à fines bretelles (il faisait très chaud, n’est-ce pas, au local 104)

… celle que j’aide un peu et puis qui me dit : « Ah oui, ça je le savais ! » de son air le plus convaincan

Du côté des profs, il y a ...

les gentils
qui aident quand on ne sait pas quoi dire
qui font oui de la tête quand c’est bon et non avec le doigt quand c’est mauvais
qui donnent des tuyaux (ou même carrément la réponse)
qui racontent des blagues entre deux questions
qui bavardent plus que vous
qui vous regardent et vous écoutent avec beaucoup d’admiration et vous disent tout le temps que vous êtes en train de faire un bon examen
et qui à la fin de l’examen vous demandent combien vous voulez (ben, 90% ça ira)
les méchants
que votre prononciation fait rigoler
qui donnent l’impression de ne pas s’intéresser à ce qu’on raconte et qui regardent par la fenêtre
qui interrompent tout le temps, nous coupent la parole et ne nous laissent pas terminer
qui donnent un tas de boulot mais ne demandent qu’à peine un dixième de la matière
qui disent que c’était très bien et finalement on n’a que 60%
qui ne sont jamais contents de notre réponse et demandent des choses qu’on n’a pas vues en classe
qui nous regardent dans les yeux (comme si on était des criminels) jusqu’à ce qu’on dise « je ne sais pas 
les vrais sadiques 
qui sont de meilleure humeur que d’habitude et vous interrogent jusqu’à ce qu’il y ait une question à laquelle vous n’avez pas de réponse
les nerveux
qui n’arrêtent pas de cliquer ou de tapoter avec leur stylo
qui tripotent leurs vêtements ou leurs ongles
qui se grattent la barbe, tapent du doigt, jouent avec leurs lunettes
qui sont encore beaucoup plus stressés que nous et laissent tomber leurs affaires
les distraits
qui sont tout le temps en train de ranger des papiers
qui s’intéressent plus à leurs feuilles qu’à vous
qui demandent de répéter plusieurs fois la même réponse
qui arrivent en retard à l’examen
qui semblent avoir oublié qu’il s’agit d’un examen et que vous n’êtes pas venu pour causer
les sérieux
qui vous regardent avec une tête comme s’il y avait un mort dans la famille
qui vous regardent dans les yeux et demandent d’être encore plus précis
qui écrivent une bible de ce que vous dites et faites
les méfiants
qui te demandent si tu as étudié la matière (ben, c’est évident)
ou les naïfs qui te demandent si la matière t’intéresse (bien sûr !)
qui te fixent les doigts quand tu tires une carte (comme si tu allais faire un tour de magie)
ceux qui visiblement préféreraient être ailleurs
qui s’affalent sur leur chaise comme pour une séance de bronzage (à l’aise Blaise)
qui nettoient leur classe ou leurs armoires pour les vacances (je dois continuer ou pas ?)
qui grignotent du chocolat et sirotent du café (sans rien nous proposer)
qui se promènent dans leur classe pendant qu’on parle
qui sortent pendant qu’on se prépare et vont bavarder avec un collègue
qui entament la conversation avec l’élève qui se prépare (puisque celui qui est interrogé ne sait pas répondre)
qui se mettent à raconter des anecdotes qu’ils ont vécues (au lieu de nous laisser finir de répondre)
qui soupirent et vous regardent avec pitié quand vous récitez un poème
bref, personne n’est parfait, voyez par exemple
ceux qui fument à l’examen
ceux qui vous donnent une deuxième douche avec leur salive ou vous envoient des restes de leur petit déjeuner dans la figure
ceux qui avaient eu tellement de travail pour préparer leurs questions qu’ils n’avaient pas eu le temps de se brosser les dents

envie de réagir?

  moniquecarlier@skynet.be