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Question du Sénateur J. Malcorps le 14/11/02 et réponse du ministre F Vandenbroucke
M.
Johan Malcorps (AGALEV).
- En Belgique, le nombre de patients souffrant du SFC est estimé à 30.000.
Ces dernières années, le ministre a élaboré une série de mesures positives
pour les patients souffrant du SFC. C'est ainsi qu'ils peuvent s'adresser
à un centre de référence, bénéficier des avantages du maximum à facturer
et accéder au travail autorisé.
Les patients souffrant du SFC et leurs associations attirent l'attention
sur une série de problèmes pratiques auxquels bon nombre d'entre eux sont
confrontés.
Depuis le 1er avril dernier, le SFC a été reconnu par l'INAMI :
dorénavant, certains examens et traitements peuvent être remboursés. La
reconnaissance a coïncidé avec l'ouverture, à Pellenberg, du premier
centre de référence universitaire pour patients souffrant du SFC. Des
centres ont également été ouverts à Anvers et à Gand et d'autres seront
ouverts prochainement à l'UCL et à la VUB. Le centre de l'AZ VUB
s'occupera essentiellement des enfants et des adolescents de moins de 18
ans souffrant du SFC.
Pour être admis dans un centre, les patients doivent satisfaire à une
série de critères : asthénie depuis plus de six mois sans raison apparente
et souffrir, depuis au moins quatre mois, de maux de gorge, de tuméfaction
des glandes, de maux de tête, de troubles de la mémorisation et de la
concentration, de douleurs articulaires et musculaires. En outre, les
patients doivent être adressés, par le biais d'un formulaire standard, à
un centre de référence par leur médecin généraliste. Mais de nombreux
médecins généralistes méconnaissent encore le SFC. Certains refusent de
fixer le diagnostic du SFC parce qu'ils n'y croient pas alors que l'OMS a
établi des critères pour le diagnostic du SFC et que le SFC est maintenant
reconnu officiellement en tant que maladie dans notre pays.
Un diagnostic définitif peut être fixé dans un centre, d'abord par un
médecin spécialiste en médecine interne et, ensuite, par une équipe
multidisciplinaire qui fera des propositions de traitement et de
revalidation. C'est une piètre consolation pour les nombreuses personnes
pour lesquelles un diagnostic de SFC est fixé depuis de nombreuses années.
Entre-temps, 300 à 400 patients ont été transférés au centre de Pellenberg.
Pour 50 d'entre eux, un programme de revalidation a déjà été mis sur pied.
Les autres sont inscrits sur une liste d'attente. À l'heure actuelle, il
faut attendre cinq mois pour obtenir un rendez-vous. On s'attend à ce que
les listes d'attente s'allongent rapidement, même après l'ouverture des
nouveaux centres.
Cette situation soulève un autre problème. En effet, seuls les patients
traités dans un centre peuvent bénéficier d'un remboursement et d'une
indemnisation de la mutuelle.
En outre, d'importantes questions subsistent en ce qui concerne le
traitement dispensé dans ces centres de référence qui ne jurent que par la
thérapie comportementale cognitive et par la kinésithérapie.
Force est de constater qu'il existe deux écoles, tant dans le monde
scientifique que dans celui des patients souffrant du SFC et de leurs
associations : l'école psychosociale de Leuven et l'école physiobiologique
de Bruxelles. De nombreux patients souffrant du SFC sont convaincus qu'une
approche psychologique ne suffit pas à contrôler la maladie.
Dans la commission Environnement et Santé du Parlement flamand, le
professeur De Meirleir a prouvé l'interaction des infections, du stress et
de l'exposition à des produits nocifs issus de l'environnement, comme
cause du SFC. Le lien est surtout indéniable dans le cas d'exposition à
l'agent durcisseur du bois PCP.
Pour autant que l'on sache, aucun des cinq centres de référence ne
privilégie réellement l'approche physiobiologique.
Cela incite de nombreux patients souffrant du SFC et leurs associations à
penser que leur problème n'est pas pris au sérieux.
En outre, on a l'impression que seuls sont admis les patients souffrant
d'une variante légère du SFC. Les cas sévères ou les malades chroniques
qu'une combinaison d'exercices et de thérapie comportementale ne peuvent
soulager seraient abandonnés à leur sort. Pour les malades chroniques qui
sont alités, le problème est d'avoir la force de se rendre dans ces
centres de référence par leurs propres moyens.
Cette discussion n'est pas limitée à quelques patients ou groupes
d'intérêts de patients en Flandre. Elle est menée au niveau mondial. Aux
Pays-Bas par exemple, les deux plus grandes organisations défendant les
intérêts des patients souffrant du SFC s'inscrivent en faux contre l'avis
adressé par le « College voor Zorgverzekeringen » au ministre et qui ne
recommande que la thérapie comportementale cognitive pour les patients
souffrant du SFC.
On peut se demander s'il est rationnel que les pouvoirs publics ne
tiennent compte que d'une seule école scientifique. Un certain pluralisme
en ce qui concerne les méthodes de traitement devrait prévaloir puisqu'il
semble que le débat scientifique sur la ou les causes du SFC est loin
d'être terminé.
De tels problèmes sont liés à l'application du maximum à facturer. Il y a
en effet une controverse en ce qui concerne certains médicaments qui sont
ou seront produits pour le SFC. L'assurance maladie ne rembourse pas ces
médicaments expérimentaux si bien qu'ils sont totalement exclus du maximum
à facturer. Il en va de même de la reconnaissance des examens et des
traitements. Les nouvelles indemnisations des patients souffrant du SFC
concernent le traitement dispensé dans les centres de référence proprement
dits ou la gymnastique médicale, limitée à 60 séances de kinésithérapie
par an pour lesquelles le centre doit fournir une attestation.
Le plus gros problème se situe naturellement au niveau du médecin contrôle
qui doit juger de l'incapacité de travail des patients souffrant du SFC.
Face à l'incompréhension qui existe encore dans le monde médical à l'égard
du SFC, on peut craindre certaines décisions arbitraires. Les patients
souffrant du SFC doivent parfois obtenir gain de cause devant le tribunal
du travail. Il n'est toujours pas question des formations en SFC qui
allaient être organisées à l'intention des médecins contrôles.
C'est une bonne chose que les patients souffrant du SFC et bénéficiant
d'une allocation de maladie puissent encore effectuer un travail autorisé.
Pour bon nombre d'entre eux, il est important qu'ils puissent rester
partiellement actifs. Mais ici aussi, la compréhension du médecin conseil
est prépondérante.
Où en est le fonctionnement des centres de référence ? Quand seront-ils
réellement actifs ? Le budget d'un million et demi d'euros que vous avez
libéré est-il suffisant ? Combien traite-t-on de patients souffrant du SFC
? Combien de patients sont-ils déjà inscrits sur d'éventuelles listes
d'attente ? Quel calendrier a-t-on prévu pour assurer à tous les patients
souffrant du SFC une prise en charge et un traitement adaptés ?
D'après vos services, quel est le nombre de patients souffrant du SFC en
Belgique, en Flandre, à Bruxelles et en Wallonie ? Combien de patients
souffrant du SFC reçoivent une allocation de maladie pendant une longue
période et à combien se monte cette allocation en moyenne ? Êtes-vous
partisan de l'appréciation de l'incapacité de travail d'après le modèle
néerlandais ?
Quelles initiatives sont prises par les services de l'INAMI pour étudier
plus en détail les médicaments, les examens et les traitements spécifiques
au SFC et pour décider de leur efficacité, de leur sécurité et de
l'opportunité de leur remboursement ? Dans quelle mesure tiendra-t-on
compte des incertitudes scientifiques existantes ou même des divergences
d'opinion ?
Avez-vous une idée du nombre de patients souffrant du SFC qui peuvent
reprendre le travail à temps partiel avec maintien d'une partie de leur
allocation de maladie, cela avec l'accord préalable de leur médecin
conseil ?
L'Institut économique et social de la VU d'Amsterdam estime que la maladie
du SFC coûte entre 560 et 1,34 millions de florins par an à la société
néerlandaise, principalement du fait que le patient disparaît du monde
productif. De telles estimations ont-elles déjà été réalisées pour
l'économie belge ? Si non, ne serait-il pas opportun de les réaliser ?
De quelle manière organisera-t-on ultérieurement la concertation avec
toutes les associations de patients souffrant du SFC ?
M.
Frank Vandenbroucke,
ministre des Affaires sociales et des Pensions. - L'estimation de 30.000
patients souffrant du SFC est nouvelle pour moi. Jusqu'à présent on
parlait de 15 à 20.000 personnes. Ce chiffre est sans doute basé sur une
récente estimation réalisée aux Pays-Bas. Les estimations sur la
prévalence du SFC divergent dans la plupart des pays. Est-il primordial de
connaître le chiffre exact ? Il est évident qu'un nombre important de
personnes sont atteintes par ce syndrome.
En ce qui concerne la remarque relative aux médecins généralistes, mes
informations sont également tout à fait différentes. Beaucoup de médecins
généralistes se réjouissent de pouvoir adresser leurs patients souffrant
du SFC à un centre spécialisé pour un diagnostic et une proposition de
traitement. L'utilisation d'un formulaire standard dans lequel le
généraliste se prononce sur la présence de critères annalistiques du SFC
permet une procédure de renvoi plus adéquate en ce sens que le généraliste
peut déjà indiquer aux patients qu'ils ne satisfont pas aux critères du
SFC ou, en raison d'une affection somatique ou psychiatrique
sous-jacentes, qu'ils répondent à un critère d'exclusion. Le médecin
généraliste doit occuper une place centrale dans la prise en charge des
patients souffrant du SFC comme le précise clairement la convention INAMI
relative au SFC.
En tant que ministre des Affaires sociales, je n'ai pas à me prononcer
dans la discussion scientifique relative au traitement des patients
souffrant du SFC. Les différentes mouvances auxquelles vous faites
allusion me semblent dépassées à ce point de vue et totalement
contre-productives pour les patients. Une seule question importe : pour
quels traitements existe-t-il actuellement suffisamment de preuves
scientifiques fournies par des études cliniques de haute qualité ? À cet
égard, il serait intéressant de s'aligner sur quelques revues
systématiques et rapports internationaux. Je propose de ne pas passer en
revue ici ces rapports internationaux qui sont très nuancés quant aux
différents traitements existants, mais de vous les procurer.
D'importantes questions subsistent sur le SFC. D'après ce que me disent
les experts et d'après les informations scientifiques disponibles, il n'y
aurait actuellement aucun traitement curatif mais bien certaines formes de
traitement qui, sur la base de plusieurs études cliniques, vaudraient la
peine d'être testés.
Le collège des médecins-directeurs de l'INAMI s'est inspiré d'un rapport
du Conseil supérieur d'hygiène belge et des publications scientifiques
actuellement disponibles pour son projet de convention du centre de
référence pour patients souffrant du SFC. Simultanément à l'ouverture des
centres de référence, on a également créé un Conseil au sein duquel
siègent plusieurs experts en SFC relevant de plusieurs disciplines.
L'année dernière, de nouveaux rapports scientifiques ont été publiés et
j'apprends que le Conseil supérieur d'hygiène néerlandais prépare
actuellement un rapport. Je n'ai pas l'impression que les points de vue
scientifiques du collège soient en contradiction avec les rapports
internationaux.
Si cela devait être le cas, le ministre de la Santé et moi-même
n'hésiterions pas à demander à ces instances d'examiner ces points de vues
et de rendre un avis en la matière.
Je voudrais donc apporter une correction : l'État ne favorise pas du tout
l'une ou l'autre école mais bien une approche étayée autant que possible
du point de vue scientifique. Un certain pluralisme des méthodes de
traitement ne me pose aucun problème en soi, partant du principe qu'il est
fait référence à des études cliniques de qualité qui ont donné des
résultats positifs pour une partie des patients et qui ne leur ont causé
aucun préjudice. Je ne comprends pas très bien à quels produits M.
Malcorps fait allusion lorsqu'il parle de remboursement de médicaments qui
sont ou seront produits pour le SFC.
Il y a deux possibilités. Soit il s'agit de médicaments dont l'efficacité
est prouvée par des études cliniques randomisées et, dans ce cas, je
suppose que le fabricant déposerait une demande de remboursement au niveau
européen ou au niveau belge. Comme vous le savez, dans le cadre de la
nouvelle politique en matière de médicaments, j'ai veillé à ce que le
dossier d'un nouveau médicament soit traité dans les 180 jours. D'après
mes informations, aucun dossier de ce type n'a encore été introduit auprès
de la commission de remboursement des médicaments. Soit il s'agit d'une
étude scientifique sur les effets d'un médicament expérimental. Dans ce
cas, l'assurance maladie n'intervient effectivement pas.
Une étude de ce type est financée par le fabricant du médicament. S'il
s'agit d'un patient souffrant du SFC qui participe à une étude
scientifique, celui-ci doit être clairement informé des risques et effets
secondaires éventuels du traitement et, ensuite, donner son accord. Du
point de vue éthique, il est inacceptable qu'un patient doive payer pour
participer à une expérimentation ! En Belgique également, l'industrie
pharmacologique renvoie à ce sujet à son code de déontologie.
Vous faites aussi peut-être référence à certains produits commerciaux qui
sont vendus très cher à des patients souffrant du SFC - on trouve
d'ailleurs nombre de ces produits sur internet - en leur promettant qu'il
s'agit de remèdes miracle mais sans que l'efficacité et, plus grave
encore, la sécurité desdits produits ait été démontrée.
Il est très souvent difficile, pour un médecin du travail, de se prononcer
sur une incapacité de travail due au SFC. Les rapports médicaux des
spécialistes, par exemple ceux d'un centre de référence, peuvent
constituer une aide. J'ajoute immédiatement que, lors de l'examen du
médecin du travail, aucune maladie ou cause sous-jacente ne doit être
découverte et qu'à cet effet, aucune « reconnaissance » du SFC par l'INAMI
n'est nécessaire, ce qui engendre souvent des malentendus. L'ouverture de
centres de référence du SFC constituent une preuve de l'attention
grandissante qu'accordent les pouvoirs publics et l'INAMI au SFC mais il
ne revient pas à l'INAMI de « reconnaître » une maladie. C'est en premier
lieu une responsabilité du monde médical.
L'INAMI a reçu la candidature des cinq centres suivants : l'UZ Gent,
l'hôpital des enfants de l'AZ VUB, l'UZ Leuven, l'UZ Antwerpen et les
cliniques de l'UCL. Pour les quatre premiers, la convention de
revalidation a été immédiatement approuvée par le Comité de l'assurance.
Entre-temps, ces centres sont devenus entièrement opérationnels. Il a
fallu un certain temps avant que l'UCL satisfasse aux exigences
administratives reprises dans la convention mais celle-ci sera bientôt
soumise à l'approbation du Comité. Puisque la majorité des centres n'ont
entamé leurs activités que voici quelques mois seulement, il est trop tôt
pour apporter une réponse précise à vos autres questions. Sur le plan du
contenu, le collège des médecins-directeurs est responsable des
conventions de revalidation avec les centres de référence mais, lors du
développement du concept, j'ai veillé à ce que ceci soit lié à un
enregistrement obligatoire et rigoureux des symptômes, des résultats des
examens et du traitement de chaque patient. Ceci implique que la situation
du patient soit suivie grâce à plusieurs instruments d'enregistrement
validés. L'INAMI contrôle minutieusement cette obligation
d'enregistrement. Après un an de fonctionnement, une première analyse,
notamment des résultats des centres, sera possible. Elle nous permettra de
vérifier si l'organisation des centres de référence du SFC est
rationnelle. On pourra alors déterminer le nombre de patients chez
lesquels la revalidation a un effet bénéfique sur les symptômes, sur la
qualité de vie et sur la réintégration sociale et professionnelle. Sur la
base de cette évaluation, nous pourrons décider si le système doit être
étendu et donc si d'autres investissements publics sont justifiés.
Les listes d'attente montrent en partie le besoin réel de diagnostic et de
thérapie pour les patients donnant des signes du SFC. Durant les premiers
mois, il est apparu qu'avant l'été, seul un des centres respectait les
exigences d'organisation multidisciplinaire et pouvait conclure une
convention avec l'INAMI. Maintenant que les autres centres sont dans les
starting blocks, la pression sur les centres sera plus uniforme. J'ai
également appris que, durant les mois qui ont précédé le lancement, on a
fait attendre des patients qui étaient suivis pour SFC afin de pouvoir les
inclure dans la convention, ce qui a également engendré du retard pour les
nouveaux patients souffrant du SFC.
J'en viens à votre deuxième question. L'INAMI a tenu compte du rapport du
Conseil supérieur d'hygiène et des publications scientifiques
internationales. Il ressort de celles-ci que le nombre total de patients
souffrant du SFC en Belgique est compris entre 15.000 et 20.000. Certains
d'entre eux souffrent du SFC depuis longtemps et ont déjà participé à une
revalidation. La plupart des centres s'occupaient déjà de ce syndrome
avant l'introduction de la convention. Chez certains autres patients, le
diagnostic du SFC ne sera jamais fixé parce qu'ils se plaignent aussi
d'autres symptômes. En ce qui concerne les patients souffrant du SFC et
percevant une allocation, j'ai demandé au service compétent de l'INAMI de
vérifier, en concertation avec les mutualités, si l'on peut répondre à
cette demande. Pour l'instant, il n'existe aucune statistique concernant
la maladie précise dont souffrent les personnes en incapacité de travail.
Les statistiques disponibles sont limitées à une répartition parmi
quelques-uns des groupes les plus importants de maladies connues. Je suis
bien entendu partisan d'un traitement aussi objectif que possible de
l'incapacité de travail. Je pense même que les instances de contrôle comme
l'INAMI et les mutualités sont également demanderesses en la matière. Mais
il faut dès lors rechercher l'instrument spécifique qui doit être utilisé
à cet effet.
J'ai déjà partiellement répondu à votre troisième question. Tout comme
pour d'autres médicaments, on doit apporter la preuve de l'efficacité et
de la sécurité des remèdes permettant éventuellement de soigner le SFC. Ce
n'est alors que l'on pourra décider de l'opportunité d'un remboursement.
Je ne vois pas pourquoi on devrait faire une exception pour le SFC. Étant
donné que les patients souffrant de ce syndrome sont nombreux et puisque
le SFC ne peut être considéré comme une maladie pouvant mettre en danger
la vie du patient, le pharmacologue qui teste le médicament doit démontrer
son efficacité et sa sécurité.
Les patients concernés doivent être protégés contre certaines pratiques
malhonnêtes leur offrant de faux espoirs, leur faisant courir un risque et
les privant d'un bon diagnostic et d'un accompagnement adapté. Un
traitement particulier des éventuels médicaments contre le SFC serait
également inéquitable vis-à-vis des personnes qui souffrent d'une maladie
grave ou chronique pour laquelle un nouveau remède est développé.
En réponse à votre quatrième question, je ferai référence à ma réponse à
votre deuxième question. J'ajouterai que ma réforme du « travail autorisé
» est actuellement examinée par les services de l'INAMI, en vue d'une
évaluation au cours du printemps 2003.
La cinquième question contient une suggestion intéressante. Il me semble
en effet indiqué d'effectuer, à l'avenir, davantage d'études en Belgique.
À cette occasion, on peut prendre en compte les évaluations qui sont
réalisées dans d'autres pays, comme les Pays-Bas et le Royaume-Uni.
J'en viens à votre dernière question. Les associations de patients
souffrant du SFC sont toujours les bienvenues à mon cabinet et auprès des
instances compétentes de l'INAMI. Récemment, mes collaborateurs ont eu des
contacts avec l'association CVS/ME de Mme Vertommen.
Je reste particulièrement attentif à l'impact qu'une maladie chronique
comme le SFC a sur la qualité de vie et sur la possibilité de participer à
des activités sociales normales. Les moyens disponibles de
l'assurance-maladie doivent être octroyés aussi efficacement que possible.
Mais la Belgique n'est pas seule. La plupart des pays occidentaux sont
confrontés à ce problème. J'ai transmis la question et ma réponse à mon
collègue Tavernier, ministre de la Santé publique. J'espère que les
centres de référence et les instances compétentes de la Santé publique et
de l'INAMI suivront attentivement l'évolution scientifique et informeront
le public et les médecins.
M.
Johan Malcorps (AGALEV).
- Je ne pense pas que le ministre s'occupe mal de cette question. Il a
lancé une véritable politique de lutte contre le SFC. Les patients et les
associations de patients s'en réjouissent. Puisque de nombreux patients
sont concernés, nous devons attendre et observer l'évolution des listes
d'attente.
Je ne demande aucun traitement de faveur. Tous les examens et tous les
médicaments doivent être soumis à un screening complet. J'ai
cependant l'impression que certains groupes qui s'occupent de manière
totalement désintéressée de ce problème, ne reçoivent que peu d'attention.
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Rapport de consensusdes sous-groupes "thérapies" et "diagnostic" du
syndrome de la fatigue chronique
MINISTÈRE DES AFFAIRES SOCIALES,DE LA SANTÉ PUBLIQUEET DE L’ENVIRONNEMENT |
CONSEIL SUPÉRIEUR D’HYGIÈNE SOUS-SECTION I.2“ ASPECTS PSYCHOSOCIAUX DES MALADIES |
Dans le premier trimestre de l’année 1999, un groupe de travail d’experts sur le Syndrome de la Fatigue Chronique s’est constitué au sein du Conseil Supérieur d’Hygiène, dans sa section 1 Maladies de Civilisation (Président : Prof. I. PELC). La nomination du Professeur B. FISCHLER comme Président de la sous-section 1.2 Facteurs Psycho-sociaux des affections somatiques a favorisé une redynamisation des préoccupations déjà anciennes du Ministère des Affaires Sociales, de la Santé et de l’Environnement concernant le Syndrome de la Fatigue Chronique.
Trois lignes directrices ont été tracées ;
∑ Le soutien à un débat élargi entre experts devant aboutir à une forme de reconnaissance médicale et juridique du syndrome dont les contours seraient à préciser
∑ L’élaboration d’une page web, dont le rôle serait, notamment, de fournir des informations destinées aux praticiens
∑ Permettre la récolte et la structuration de toutes les informations concernant le syndrome.
Dans un premier temps, parallèlement au travail de réflexion au sein de ses différents sous-groupes, les experts se sont axés sur la définition des problèmes médicaux, sociaux et juridiques des patients atteints du syndrome de la fatigue chronique et ont formulé des propositions et recommandations, qui ont fait l’objet d’un précédent rapport. Les experts insistent sur le fait que si le dépistage et le traitement de la fatigue chronique sont spécifiques à ce syndrome, par contre les problèmes sociaux, économiques et juridiques rencontrés par les patients atteints de maladie chronique sont similaires.
Actuellement le groupe d’experts “ Syndrome de la Fatigue Chronique ” du Conseil Supérieur d’Hygiène s’est attaché à obtenir, malgré leurs divergences un consensus sur le diagnostic et la thérapie de ce syndrome. Ces divergences reflètent la complexité de diagnostic et de traitement de ce syndrome et ne sont pas des obstacles à la définition d’un diagnostic et d’un traitement de la maladie. Au contraire, elles permettent aux experts, au-delà de leurs oppositions, d’aboutir à toute une série de démarches dans le diagnostic et le traitement de la maladie sur lesquelles ils sont tous d’accord.
Il s’agit donc d’un document de synthèse qui reprend les éléments pour lesquels il y a consensus entre experts. Le présent document s’attache donc spécifiquement à la question du diagnostique et de la thérapie et rend compte des éléments sur lesquels il y a consensus entre experts.
I. Rapport de synthèse du sous-groupe “ diagnostique ” du Syndrome de la Fatigue Chronique
Texte de B. VELKENIERS, P. LINKOWSKI, G. MOORKENS, G. VERDONK, et J. STERNON
I. Préambule.
Le syndrome de fatigue chronique (SFC) est défini par le C.D.C. comme un groupe de symptômes, traduisant un épuisement physique et mental persistant plus de six mois. Aucun symptôme rencontré n’est spécifique, et quelques-uns - dyssomnie, difficulté mnésique et de concentration, myalgie et fatigue - sont fréquents dans la dépression.
Il est dès lors logique de se demander ‘s il n’existe pas dans cette pathologie des marqueurs biologiques objectifs, permettant de la distinguer d’autres affections associées à de l’épuisement chronique. L’association du syndrome de SFC avec des stigmates immunologiques d’infection virale ainsi qu’avec des désordres somatiques et de dépression majeure ont amené au développement de paradigmes, qui continuent d’être des sujets âprement débattus. D’un côté nous trouvons un modèle de “dysfonctionnement immunitaire” dans lequel le syndrome est considéré comme l’expression d’une réponse antivirale anormale, qui a amené à une dérégulation de la production de cytokines. A l’opposé, le modèle “cognitif comportemental” postule que les patients attribuent leur fatigue chronique à une cause physique et sont persuadés que leur état s’aggravera avec l’exercice. Quelques uns des symptômes du SFC par ex.; atteinte des capacités mnésiques, sommeil non réparateur et fatigue suggèrent une atteinte du système nerveux central. D’autres symptômes par ex. myalgies, arthralgies, céphalées, douleur pharyngée et malaises post-exercices peuvent refléter un abaissement du seuil central de perception de la douleur ou une pathologie extra-cérébrale. Cependant aucune de ces hypothèses n’est a l’heure actuelle soutenue par un niveau de preuve suffisant.
Le SFC touche tous les groupes socio-économiques, raciaux et ethniques. Son coût en termes d’incapacité de travail, de procédures diagnostiques, thérapeutiques et d’hospitalisation est considérable. Il n’en existe à ce jour aucun marqueur clinique ou biochimique, ni aucun traitement curatif. Le corps médical est parfois sceptique, souvent mal informé et toujours insatisfait sur les plans diagnostique (diagnostic d’exclusion) et thérapeutique. Malgré l’hétérogénéité des présentations cliniques, ce diagnostic peut cependant être évoqué grâce à la conjonction de critères révélés par une anamnèse rigoureuse et orientée par un examen clinique complet et des examens complémentaires réfléchis, réalisés en plusieurs étapes. Quoi qu’il en soit, la stratégie diagnostique se doit dans un premier temps d’exclure une pathologie organique (évidente ou silencieuse) ou neuropsychiatrique et puis de conforter le diagnostic de SFC. Il est hautement souhaitable de poser le diagnostic de manière précoce, ceci pour éviter le passage à la chronicité avec risques d’une lourde invalidité.
II. Prise en charge diagnostique du médecin de 1ière ligne .
1ère ligne : Anamnèse complète et orientée comportant
· l’évaluation précise de l’état d’épuisement physique
(perte d’énergie, de force musculaire)
- durée (> 6 mois en cas de SFC)
- sévérité selon le degré d’incapacité de réaliser des activités quotidiennes par rapport au passé récent
- effets du sommeil, non réparateur
- effets des efforts physiques, très mal supportés
· l’évaluation précise de l’état d’épuisement mental et de troubles comportementaux
- absence de motivation
- perte de dynamisme
- pertes de mémoire et de concentration
- répercussion sur les activités professionnelles, sociales, familiales et éducatives
- confusion, irritabilité, dépression, idées suicidaires
- troubles de sommeil, hypersomnie, insomnie
· l’écoute
- des plaintes d’accompagnement
syndrome polyalgique : myalgies, arthralgies, céphalées
subfébrilité - troubles digestifs (épigastralgies, côlon spastique)
plaintes urinaires (en cas d’une éventuelle sclérose en plaques)
- des éventuels facteurs déclenchants
· les antécédents de pathologies infectieuses, virales ou bactériennes hépatite B et/ou C
infection HIV-MNI-pharyngite “virale” - CMV
Borreliose (Lyme disease)
Brucellose - toxoplasmose
· une enquête médicamenteuse
· une enquête toxicologique : alcool, drogues, tabac
· l’anamnèse familiale
2ème ligne : Examen clinique
1. Recherche de signes de focalisation et/ou d’atteinte parenchymateuse orientant vers une pathologie organique déficitaire (neurologique/locomotrice), infectieuse, parenchymateuse, endocrinienne, toxique.
2. Recherche de signes suggestifs de SFC
° des adénopathies cervicales antérieures et axillaires
° une pharyngite non exsudative
° des points douloureux (tender points)
3 Test cognitif (MMS) : exclusion d’une maladie d’Alzheimer débutante
3ème ligne : Examens complémentaires raisonnés en 3 temps selon le profil du patient et la fréquence relative des pathologies pour s’autoriser l’exclusion de pathologies organiques
1. Biologie clinique : Examen hématologique complet
Ferritine
Créatinine
Ionogramme (y compris Ca - P - Mg)
Glycémie
Enzymes hépatiques
Protéinogramme
CRP et FAN
TSH, cortisolurie/24 h
Sérologies infectieuses : hépatites B et C, syphilis
Borrelia, Ricketsia, Chlamydia (si suspicion clinique)
2. Images : une RX du thorax
un ECG et si anomalies une échocardiographie
une échographie abdominale in tot
PS. : La place en clinique du RNAse L - assay de l’immunophénotypage et du PCR est actuellement indéterminée. Ces techniques doivent être considérées comme des outils réservés à la recherche.
3. Examens polysomnographiques et neuro-psychiatriques:
3.1. Les syndromes primaires et/ou secondaires psychiatriques doivent être considéres et traités, sans exclure la poursuite de l’investigation diagnostique qui devra être réalisée en fonction des éléments de l’anamnèse complète et orientée.
Objectifs : exclure troubles primaires et chroniques du sommeil, dépression majeure, schizophrénie, pathologie factice, troubles psychopathologues et autres.
3.2. Neuro-imageries: la recherche de l'utilité de la neuro-imagerie sophistiquée pour le diagnostic du CFS est actuellement en pleine expansion: RMN, positron emission tomography (PET) et single proton emission computed tomography (SPECT).
Le SPECT génère beaucoup d'intérêt, car il pourrait démontrer certains changements au niveau du système central. Cependant la signification des changements observés par SPECT reste encore largement inexpliquée.
Cette technique (coûteuse) ne confirme pas par ailleurs le diagnostic spécifique du SFC.
La justification de l’imagerie cérébrale à ce jour: l'exclusion de la sclérose en plaques en cas de suspicion clinique
References récentes (> 1997)
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II. Rapport de synthèse du groupe de travail “thérapie”
Ce rapport établit la distinction entre
1. Les modalités thérapeutiques dont les résultats ont été révélés par le biais d’études outcome dans des publications scientifiques spécialisées.
2. Les recommandations thérapeutiques que les participants s’estiment en mesure de formuler, tout en se basant sur leur propre expérience clinique, et pour lesquelles un consensus a pu être obtenu.
II. 1. RESULTATS SCIENTIFIQUES
Jusqu’à présent les stratégies suivantes ont déjà été contrôlées :
- traitement aux acides gras (efamol) (Behan et al, 1990) ;
- traitement au magnésium (Cox et al, 1991) ;
- traitement aux ampligen (Strayer et al, 1994) ;
- thérapie cognitivo-comportementale (Sharpe et al, 1996 ; Deale et al, 1997, Chalder et al, 1997) ;
- rééducation physique progressive (Fulcher & White, 1997 ; Wearden et al, 1998) ;
- traitement à l’hydrocortisone (Cleare et al, 1999) ;
- traitement avec antidépresseurs (Wearden et al, 1998).
Remarques :
- Dans certaines études les sujets d’expérience n’étaient pas randomisés (l’étude aux ampligen de Strayer et al, 1994) ;
- Les études de Sharpe et al (1996) et Deale et al (1997) sur la thérapie cognito-comportementale et l’étude de Fulcher & White en Wareden et al (1998) sur la rééducation physique étaient randomisées.
- Aucunes des études susmentionnées ne peuvent donner de réponse définitive en ce qui concerne des effets positifs à long terme
- Les résultats des études conrôlées (Lloyd et al, 1993 ; McKenzie et al, 1998 ; Vercoulen et al, 1996) en ce qui concerne la thérapie cognito-comportementale, le traitement aux cortisones et le traitement avec anti-dépresseurs, ont également donné des résultats négatifs.
- En ce qui concerne la fibromyalgie, tant des résultats positifs que négatifs ont été révélés par le biais de thérapie cognitivo-comportementale (Goldenberg et al, 1994 ; Vlaeyen et al, 1996) ; de rééducation physique progressive (Wigers et al, 1996 ; Burckhardt et al, 1994) ; et d’antidépresseurs (Goldenberg et al, 1996 ; Norregaard et al, 1995).
2. RECOMMANDATIONS THERAPEUTIQUES
1) Il n’est pas nécessaire d’attendre une meilleure compréhension de la pathophysiologie du SFC, ni d’attendre une définition précise de sous-groupe éventuels pour pouvoir dès lors aider les patients touchés.
2) En ce moment, cette aide peut être optimalisée en plaçant le patient dans une perspective biopsychosociale et en organisant l’aide d’une façon pluridisciplinaire tout en adaptant les objectifs d’une façon réaliste aux possibilités et aux limites de chaque patient.
3) Selon les règles actuellement en vigueur de « evidence base medicine », une thérapie ne peut être considérée qu’efficace lorsqu’un minimum de deux trials cliniques randomisés se sont révélés positifs. En ce moment (janvier 2000), ce n’est le cas que pour la thérapie cognito-comportementale et la rééducation physique.
4) Outre
les stratégies thérapeutiques susmentionnées où les effets (à court et
moyen terme) ont été démontrés, il existe certaines méthodes de
traitement qui se sont avérées utiles dans la clinique pratique : la
psycho-éducation, le traitement de la comorbidité psychiatrique (e.a.
avec
anti-dépresseurs) et divers autre types de psychothérapie verbale et non
verbale (oui ou non intégrées dans un paquet de traitement
pluridisciplinaire).
5) Le médecin de famille est indiqué comme thérapeute pour les patients qui – p.ex. après avoir souffert d’une infection virale – se trouvent dans un état subchronique. Le risque d’une évolution vers la chronicité peut être limité par le biais d’une recherche somatique, une brève enquête psychosociale (p.ex. afin de tracer des attributions de dysfonctionnement ou de déceler le fait que l’on ait pas fait face au problème d’une façon adéquate ou encore afin de tracer un risque de séquelles psychiatriques) et par le biais d’informations utiles et d’avis (e.a. en ce qui concerne l’importance de reprendre progressivement une activité)
6) Les patients avec des plaintes de fatigue et de maux persistants accompagnés d’une comorbidité psychiatrique ou des plaintes qui cadrent dans un grave antécédent de traumatisme psychique prononcé ou de troubles de personnalité, doivent être encouragés à chercher de l’aide psychiatrique.
7) Les patients bloqués dans des spirales physiques et psychosociale descendantes avec comme conséquences une grave invalidité et un comportement maladif chronique (p.ex. à cause de troubles du sommeil, de dépressions secondaires et d’anxiété, déconditionnement physique progressif, complications professionnelles et médico-légales …) peuvent être aidés dans un centre spécialisé avec une approche pluridisciplinaire.
8) Le corps médical et les média doivent être tenus au courant des possibilités thérapeutiques susmentionnées. Un jugement ou des suggestions relatifs à un pronostic «catastrophique» du SFC peuvent occasionner des dommages considérables pour le patient et sont à éviter.
9) Il est nécessaire d’attacher plus d’attention à la prévention du SFC, tant chez les adultes que chez les enfants (e.a. sur le plan de troubles chroniques du sommeil. Dès lors, il s’avère nécessaire de renseigner les médecins et de leur offrir une formation continue.
10) La Sécurité sociale a pour tâche de libérer suffisamment de moyens financiers pour les centres qui se spécialisent dans les stratégies thérapeutiques susnommées et orientées vers la revalidation. En outre, il faudrait mettre des « incentives » à la disposition des patients SFC qui sont prêts à s’y engager.
REFERENCES
Wessely S, Hotopf M, Sharpe M. Chronic Fatigue and its Syndromes. Oxford
University Press, Oxford, 1998.
-Barsky AJ, Borus JF. Functional somatic syndromes. Annals of Internal Medicine, 1999; 130: 910-921.
-Neerinckx E. Multidimensional Analysis of Chronic Fatigue and Fibromyalgia
Syndrome. PhD Thesis. Faculteit Lichamelijke Opleiding en Kinesitherapie, KU
Leuven, 1999.
B. Van Houdenhove (rapporteur)
III. Annexes
ANNEXE 1 : Structure des groupes de travail
ANNEXE 2 : Liste des participants
ANNEXE 1 : STRUCTURE DES GROUPES DE TRAVAIL
En février 1999, sous la présidence du Professeur B. FISCHLER, un groupe d’experts se penche sur le syndrome de la fatigue chronique, au Conseil Supérieur d’Hygiène du Ministère des Affaires Sociales, de la Santé Publique.
Cinq sous-groupes de travail ont été mis en place.
1. Sous-groupe “ diagnostic et outils de diagnostic”
Président : M. STERNON
Membres : BOBBAERS, DE BEKKER, FISCHLER, LAMBRECHT, LINKOWSKI, MICHIELSEN, MOORKENS, VELKENIERS, VERDONCK
Il est chargé de proposer des critères standardisés devant permettre un diagnostic de la maladie y compris les examens complémentaires requis.
2. Sous-groupe “ Thérapie ”
Président : M. VAN HOUDENHOVE
Membres : DE BEKKER, DE GUCHT, DE MEIRLEIR, DE VOGHEL, EYSKENS, FISCHLER, KERKHOFS, VAN MOFFAERT, VAN DUYSE, VAN THYNEN, WYNANTS
Il est chargé d’évaluer les moyens thérapeutiques actuels et de proposer le schéma de traitement le plus approprié.
3. Sous-groupe “ Statut administratif, aspects médico-sociaux, impact économique ”
Président : M. MASQUELIER
Membres : DE MOL, FISCHLER, NOMMENS, STUER, VAN DE WYNGAERT, VAN LOON
Il est chargé d’évaluer la stratégie de la prise en charge des malades SFC, les coûts liés au diagnostic, au traitement, à la prise en charge sociale, aux soins psychologiques, à la revalidation, à la recherche des éléments manquants essentiels.
4. Sous-groupe “ Recherche ”
Président : M. DUPREZ
Membres : DE GUCHT, GERITS, DIERICKX, FISCHLER, MARIMAN, NEIRINCKX, KITTEL, VAN OYEN
Il est chargé de proposer les recherches nécessaires pour une meilleure compréhension du problème (par exemple les études épidémiologiques à mener, …)
5. Sous-groupe “ Formation-information ”
Dans une première phase, le Dr. DESANTOINE est chargé de faire un inventaire des communications qui se font sur le site internet.
ANNEXE 2 LISTE DES PARTICIPANTS
Président : Prof.B. FISCHLER
Prof. H. BOBBAERS
Prof. D. CLEMENT
Dr . Ph. CORTEN
Prof. J.M.CRIELAARD
Prof. K. DE MEILEIR
Dr. D.DESANTOINE
Dr. V. DE GUCHT
DR. J. DE MOL
Mr. G. DEVLEESCHOUWER
Dr. J.C.DEVOGHEL
Dr. L. DE WILDE
Prof. R. DIERCKX
Dr. P. DONCEEL
Mr. J. DUCOBU
Prof.D. DUPREZ
Dr. DYS
Mr. J. EYSKENS
Prof. B. FISCHLER
Dr.P. GERITS
Prof. HOFMAN
Mr. M. KERKHOFS
Dr. L. LAMBRECHT
Dr B. LEROY
Mr.P. LINKOWSKI
Mr.A. MARIMAN
Dr. E. MASQUELIER
Prof. W. MICHIELSEN
Dr G. MOORKENS
Mr. M. MOUTSCHEN
Dr. E. NEERINCKX
Prof. Isidore PELC
Prof. R. POIRIER
Mme M. POOT
Mme. P. STEINBERG
Prof. J. STERNON
Dr H. STUER
Drs V. DE GUCHT
Dr. M. VANDE WIJNGAERT
Dr. A. VAN DUYSE
Prof. B. VAN HOUDENHOVE
Dr. K. VAN LAERE
Mr T. VAN LOON
Prof. M. VAN MOFFAERT
Dr. H. VAN OYEN
Dr. S. VANTHUYNE
Prof. B. VELKENIERS
Prof. G. VERDONK
Dr. J. VERSYPT
Dr . D. VOGELAERS
Dr H. WYNANTS
Commission des Affaires Sociales; questions réponses (16/06/02)
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Concerne : 30.000 citoyens qui attendent de leurs élus qu’ils prennent leurs responsabilités pour faire enfin bouger les choses !!!
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les chefs de groupe
Monsieur le Président de la Chambre
Ce 11 mai, journée internationale SFC/EM j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle.
La bonne nouvelle est que les patients EM/SFC ne sont pas différents des personnes en bonne santé. La mauvaise nouvelle est que les patients EM/SFC ne sont pas différents des personnes en bonne santé.
Il y a un an deux associations de patients et des particuliers ont créé la plate-forme SFC. Un an plus tard les disputes, le besoin de prestige et la conviction d’être celui qui a raison ont fait éclater cette unanimité. Etre malade est déjà bien assez. Mais si à côté de cela on peut trouver l’énergie pour ce genre de bêtises, la preuve est faite que les personnes souffrant de SFC/EM ne sont pas différentes des scientifiques et médecins qui les soignent et les accompagnent.
Mesdames et Messieurs les parlementaires, vous voudrez bien cependant reconnaître l’EM/SFC. Un patient EM/SFC ne risque pas seulement de tomber dans un vide social, économique et financier, le plus gros point noir est l'incompréhension à laquelle il est confronté. Et cette incompréhension est en premier et de la façon le plus douloureuse par le manque de compétences sur tous les fronts.
Pourtant l’Organisation Mondiale de la Santé a bien défini les critères de base pour le diagnostic du SFC/EM. La Belgique a également décidé de prendre ces critères comme standard. Pourtant la maladie est encore souvent non-reconnue par le monde médical belge. La conséquence est que les patients restent souvent inutilement dans une lourde incertitude ou qu’un diagnostic erroné est posé avec toutes les suites que cela peut entraîner.. Certains généralistes refusent même de poser le diagnostic car ils ne « croient pas » à l’EM/SFC. Cela ne se passe pas beaucoup mieux auprès des spécialistes. Pour ce qui est connaître la maladie, les possibilités de traitements et de revalidation pour les patients, le constat des choses auprès du monde médical est lui aussi très triste et décevant.
Le Ministre aux affaires sociales Frank Vandenbroucke a, cela est exact, donné le coup d’envoi à la mise en place de centres universitaires de références ; un de ceux-ci fonctionne (KU Leuven) . Mais l’approche de traitement qui y est appliquée est restrictive, unilatérale et inaccessible pour le plus grand nombre des patients.
Le professeur Roeland Lysens, chef de service clinique en médecine clinique et revalidation,, dit très clairement dans LE FLAIR ce que cela signifie pour les patients : "Seuls les patients qui seront traités dans ces centres pourront espérer le remboursement de leurs soins et le versement d’indemnités. Pour être admis dans un centre, le patient devra répondre à un certain nombre de critères. D’abord il devra « être fatigué » depuis au moins six mois sans raison médicale connue. Deuxièmement quatre au moins des symptômes cités ci-dessous devront être présents : maux de gorge, ganglions gonflés, maux de tête, dysfonctionnement de la mémoire et de la concentration, plaintes au niveau des articulations et myalgies. Pour terminer le patient devra être adressé au centre par une lettre standard complétée par son médecin traitant. ». Mais que faire lorsque votre généraliste ne vous reconnaît pas comme patient EM/SFC parce qu’il nie l’existence de l’EM/SFC ?
Le « Gasthuisberg » est le premier centre a avoir été mis en place. A terme des centres SFC devraient être implantés à Anvers, Bruxelles, Gand et un en Wallonie. Chaque centre pourra traiter cent patients par an…..
Un grand nombre de personnes ne pourront donc pas « prendre le train » ! Selon le même Professeur Lysens, qui a par ailleurs déclaré lors d’une commission de l’INAMI que les patients avaient pour le moins droit au versement d’indemnités, il y a dans notre pays de dix à quinze mille patients (beaucoup plus selon d’autres sources scientifiques).Seuls les patients présentant de bonnes chances de revalidation seront pris en compte pour le programme de traitement. « Cela heurte de plein fouet mais c’est la dure réalité » dit Lysens, et cette réalité s’exerce aux dépens de nombreux patients…Ce qui signifie, et cela nous le savons de par l’expérience de patients aux Pays-Bas (Nimègue): seuls les patients légèrement atteints sont pris en compte pour ce traitement basé sur la psychothérapie. Les patients plus lourdement handicapés par la maladie ne recevront pas leur chance.
Le « Gasthuisberg » à Louvain ne travaillera pas autrement. Ceux qui étaient déjà traités et refusent de suivre l’approche de la KUL,c’est à dire une thérapie cognito-comportementale (CGT) associée à de la kinésithérapie, sera tout simplement exclu : CGT et kinésithérapie ne guérissent cependant pas l’EM/SFC. Lysens précise que si au départ 10% à 15% retrouvent leur état de santé antérieur, que pour 50% on arrive à leur rendre une vie « normale » et que le traitement est inefficace pour 35% des patients, les recherches menées à l’étranger par d’anciens partisans de la CGT démontre que le plus souvent il y a rechute et que cette rechute entraîne une aggravation des symptômes qui accablaient le patient avant le traitement. La CGT aide dans les cas de dépression. L’EM/SFC n’est pas une dépression...
Mesdames et Messieurs les parlementaires les personnes qui souffrent de l’EM/SFC sont presque toujours confrontés à des problèmes financiers.. Beaucoup de patients sont exclus arbitrairement par l’INAMI du droit à leurs indemnités acquises par leur travail et n’entrent d’ailleurs pas plus en ligne de compte pour d’autres pour d’autres indemnités. Puisque l’EM/SFC n’est pas reconnu comme maladie, le paiement du salaire ou revenu de remplacement est interrompu après un an. Mais l’on demande aux patients de se recycler et de s’adresser à l’Office national de l’Emploi ou au CPAS. Mais en quoi doit se recycler une infirmière indépendante quyi s’obstine à travailler à temps partiel pour arriver à joindre les deux bouts ? En quoi doit se recycler le PDG d’une banque internationale s’il est atteint de l’EM/SFC ? En quoi doit se recycler un médecin spécialiste ? En quoi doit se recycler une hôtesse d’accueil ? Vu le travail et le temps de travail que peut offrir un patient EM/SFC cela n’arrive pas souvent. Ces patients sont obligés de recourir au Tribunal du Travail pour tout simplement faire reconnaître leurs droits. Quelle perte de temps et d’argent !
Les assureurs privés eux aussi refusent de payer les indemnités, soit parce que selon eux la maladie est « psychologique », ou alors parce que les patients auraient agi avec une connaissance préalable de leur état ! Le patient est à nouveau obligé de s’adresser au tribunal pour une longue et souvent douloureuse procédure. Une guerre d’usure menée, et trop souvent gagnée, par la plupart des grands groupes financiers qui se trouvent derrière les compagnies d’assurances. Fortis, Mercator, les AP, DKV, et d’autres utilisent cette fâcheuse technique du cas par cas.
Suite à tous ces problèmes et aux réactions de l’entourage beaucoup de patients EM/SFC tombent dans un isolement grave.
Il n’y a donc pas grand chose de changé ! Le but du ministre Frank Vandenbroucke,
1,5 millions d’euros ont été débloqués, était de pousser la recherche fondamentale à propos des causes et traitements de l’EM/SFC par le biais des centres de références.
Nous savons maintenant qu’à Louvain, sous la direction des professeurs Boudewijn Van Houdenhove et Roeland Lysens, ce sera la vieille « CGT-thérapie » qui sera de mise comme c’était le cas dans le passé à la clinique du Pellenberg.
A L’Université d’Anvers où le prochain centre doit être créé, le professeur Greta Moorkens envoie ses patients à un kinésithérapeute privé qui commence le traitement par la vente d’un coussin de sa propre conception. Le poste pour un psychologue universitaire en charge d’appliquer la CGT ne sera mis en place que dans quelques jours.
Le centre de Gand n’a pas encore commencé à travailler.
La VUB, où le professeur Kenny De Meirleir s’acharne depuis des années à faire de la recherche fondamentale pour définir les causes de la maladie, a décidé, suite à des avis divergents à l’intérieur de l’hôpital, de créer un centre pour enfants malades de l’EM/SFC en se « passant » de son expérience…
Pour ce qui est de la clinique d’Yvoir on en est au stade de la réflexion.
Il découle de ceci que la recherche scientifique à propos de l’EM/SFC a été jusqu’à ce jour menée de manière restrictive et le plus souvent unilatérale. Ces recherches n’ont pas ( !) permis d’en arriver à un traitement pratique et effectif de la maladie. Il faut donc essayer et chercher. Une très large recherche scientifique à propos de s causes de la maladie et la recherche d’une meilleure méthode de traitement des patients est indispensable pour répondre pour répondre à leurs attentes et solutionner les problèmes qu’ils rencontrent.
Mesdames et Messieurs les Parlementaires je voudrais profiter de cette occasion pour m’adresser aux scientifiques qui du haut de leur conviction qu’ils ont raison et sont détenteurs de « la » solution font plus que du tort à la recherche à propos de la maladie et des possibilités de traitement de celle-ci.
Ces dernières années les patients ont du constater avec étonnement et contrariété d’une école à l’autre, l’école bio psychosociale de Louvain et l’école somatique de Bruxelles n’avaient même pas été capable d’entamer un dialogue. La saine émulation scientifique a dégénéré en une concurrence dans laquelle les joueurs n’hésitent pas à utiliser des tactiques douteuses et et ,pour ainsi dire, des attitudes de bagarreurs du samedi soir ! On ne craint pas d’utiliser tant la calomnie que le refus des évidences, le mensonge scientifique et les « non-dit ». Tout ceci occasionne des surcoûts aux universités dont l’argent vient des caisses du gouvernement et donc de la poche des contribuables. Les critiques ne peuvent être adressées qu’aux université qui sont responsables de leur propre budget. Il serait peut-être utile que le fond spécial du Ministre Vandenbroucke soit utilisé à de meilleures fins.
Cette guerre scientifique ne peut plus continuer sur notre dos. Dans ce combat les patients servent d’armes et de munitions, ils sont les victimes, ils sont usés jusqu’à la corde, exploités et pour finir abandonnés dans le fossé. Les dommages moraux, physique et ppychique que cette guerre cause sont autrement que el prestige et les profits financiers que peuvent en tirer messieurs les savants.
Comme les autorités universitaires ne semblent pas en mesure , d’en arriver à une coopération raisonnable et que el ministre des affaires sociales refuse d’en tirer les conclusions évidentes , il ne nous reste qu’une solution, nous adresser vous les Parlementaires qui nous représentez.
C’est ce que nous faisons aujourd’hui. Nous demandons la création d’une commission d’enquête. Il en va ici de l’utilisation des impôts et , surtout, de la santé de vos électeurs. Vous devez maintenant prendre vos responsabilités.
Au nom de l’association EM et de la Plate-forme SFC,
Marc van Impe
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