Breeding Working and Sporting German Shepherd Dogs

 

 

Jan Galant 

Caroline Van Tuykom

Winkelstraat 33 -  B-8550

Zwevegem België

0032 (0) 56 75 44 04

 

 
 
 
 

           

in Loving Memory

Vox vom Banholz

20/03/97 - 29/07/09

SchH3 - HD/A

Chiens de Patroulle Policier Fédéral

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Police dog

My eyes are your eyes,

to watch & protect you and yours.

  

My ears are your ears,

to hear and detect evil minds in the dark.

  

My nose is your nose,

to scent the invaders of your domain.

  

And so you may live,

my life is also yours.

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Ce 29 juillet 2009, Vox est décédé d'un carcinome pulmonaire. Son vétérinaire et moi avons du prendre la douloureuse décision de le laisser partir.

Il était mon plus vieil ami et fut un partenaire de travail efficace et irréprochable.

Avec lui, c'est toute une époque qui disparaît, faite d'entraînements et de concours, de kilomètres, et de rêves plein la tête, de complicité et de reconnaissance mutuelle...C'est aussi la fin de ma "vieille" génération.

Vox von Banholz, je l'avais acheté, au départ, parce que j'avais besoin d'un nouveau chien de service. Il était grand, fortement charpenté et imposait le respect.
Je suis tombée directement sous le charme de ses couleurs si chaudes et foncées et son énorme tête où deux yeux sombres brillaient de toutes les promesses et de tous les espoirs. C'est la chaleur, le désir de plaire et de bien faire, la franchise et la véritable bonté qui caractériseront Vox durant toute sa vie. Mon coup de foudre ne m'avait pas trompé!

Vox le bon, Vox le brave, si brave que je l'emmenai dès le lendemain au club pour le faire tester par "mon" homme d'attaque. Son mordant était époustoufflant: une morsure pleine et une pression incroyable dont le champion du monde Emiel Dilen devait dire: "Je ne connais qu'un seul chien en Belgique qui possède une pression pareille, c'est Tom van 't Leefdaalhof et encore, Vox, lui maintient cette même pression d'une façon constante durant toute la morsure."

Néanmoins, je destinais Vox à devenir mon collègue de travail et caressais le rêve qu'il pourrait, à la fois, être chien de service et chien de concours. Il aimait tellement le mordant qu'aucune espèce de menace, aucun modèle de costume de protection, aucun obstacle, ni aucune maladresse des hommes d'attaque nettement moins qualifiés à la police, n'influençaient sa prise. Tant qu'il savait que c'était "autorisé", Vox y allait et de tout son coeur et de toute sa gueule, au bras, à la jambe, dans le dos, avec ou sans costume, avec ou sans action, peu lui importait.

Un petit tour d'accoutumance dans le métro vinrent calmer mes ambitions. Dans l'escalator, Vox se pinça sévèrement 3 doigts. Le premier antibiotique inefficace faillit faire tourner les choses au drame car les doigts virèrent au noir.
Heureusement, le changement de médicaments amena rapidement la guérison. Mais j'ai eu tellement peur que je décidai prudemment de réserver mon déjà si précieux Vox uniquement pour le sport.

D'où direction le club et le terrain d'entraînement.
Je fus séduite par la marche au pied de Vox qui "dansait" joyeusement l'épaule contre mon genou, ses yeux gourmands rivés dans les miens. Voilà qui venait contredire les propos de son ancien conducteur. "Il n'est pas assez dur pour moi." Il s'acquitta des positions en mouvement tout aussi honorablement bien que je pouvais déceler dans les chauds yeux marrons quelques lueurs d'incertitude.
Plus j'avançais dans le programme et plus Vox semblait se décomposer.
J'arrivai ainsi devant la planche de saut d'un mètre mais Vox n'était plus "avec moi". Il serpentait, mal à l'aise, n'osant rompre la marche au pied mais ne pensant qu'à trouver une porte de sortie. N'y tenant plus, quand nous fûmes arrivés devant le saut, il prit la fuite, ventre à terre pour trouver refuge dans ma camionnette où j'allai le repêcher sans mot dire pour terminer le programme, le félicitant chaudement pour chaque réussite sans parvenir lui ôter son malaise.

Je décidai donc d'évaluer son niveau de pistage.
La piste tracée, j'y amenai mon nouveau compagnon.
En vue du piquet de départ, Vox s'excita, pressé de commencer et je me sentis soulagée. Allons, bon, là, il ne semblait pas y avoir de "compte en retard".
Mon soulagement devait être de courte durée !
Après avoir fort honorablement pris l'odeur au piquet et suivi les premiers mètres du tracé, Vox commença à s'en écarter. Aussi je m'arrêtai sans mot dire, le retenant légèrement sur la longe pour ne pas le laisser nous embarquer dans l'erreur.
Malheur m'en prit ! La réaction de Vox fut aussi spectaculaire que disproportionnée: il se jeta sur le dos en proie à une immense panique, dans une tentative d'apaisement désespérée.

Je décidai donc de reprendre toute l'obéissance et le pistage à zéro comme avec un puppy. Et lentement et patiemment, je gagnai la confiance de Vox.
Et nous avons joué quelques beaux concours. Vox m'a valu mes plus belles félicitations, celles du champion du monde Frans Hannes (qui avait très bien connu Vox jeune, et les dégâts que lui avait infligés son ex-conducteur), et celles d'un juge allemand sur ma façon de communiquer avec mon chien lors d'un passage en obéissance plutôt "raté", Vox étant tombé de la palissade dans un effort désespéré de la franchir au retour alors que mon bloc était tombé trop prêt.
Comme le chien avait jusque là beaucoup d'allant, le juge n'avait pas jugé nécessaire de m'avertir, l'estimant fort capable de la franchir sans élan. Evidemment, il ne connaissait pas le passif de Vox... Ce "ratage" suffit à faire ressurgir sa hantise d'être durement corrigé. Et Vox, incertain, n'osait plus retenter le saut ni revenir. Je décidai donc d'apaiser mon chien, en lui affirmant que ce n'était rien et de le rappeler joyeusement, sacrifiant le saut, l'espoir d'une bonne cotation et je terminai le programme plutôt comme un entraînement, bien décidée à réaffirmer et à prouver à mon Vox que quoi qu'il se passe, il restait mon ami. Je dus sans doute déployer tout mon savoir-faire, et la chute de Vox devait lui avoir valu la sympathie du public car nous fûmes fort applaudis et le juge fut fort impressionné par ma prestation.

Il ne parvint toutefois jamais à surmonter mon stress lors des "grands concours". Ceci dit, moi non plus, aussi j'aurais été mal placée pour lui en vouloir.

Un CAC où Vox, en proie à ses anciens démons, refusa de démarrer en piste, j'ai pleuré un bon coup et j'ai décidé simplement qu'on continuerait tous les deux à bien s'amuser dans des épreuves qui ne lui occasionnaient aucun stress.
Plus d'enjeu, plus rien à prouver, Vox gagna encore en confiance et oublia peu à peu ses anciennes blessures.

La récompense vint quelques années plus tard.
Kiro, le chien de service qui prit à l'époque la place de Vox, fut écarté du service pour un problème cardiaque et une non-union du processus anconé qui lui occasionnait une forte boiterie. J'avais besoin d'un chien pour passer l'examen fédéral d'instructeur après la fusion des polices.
Et ce fut Vox, sans aucun entraînement, qui le passa haut la patte, se tirant comme un chef, d'exercices qu'il n'avait jamais effectué auparavant comme une attaque interrompue, des fouilles de bâtiment... Je pense que les examinateurs se souviendront longtemps des qualités d'un bon berger allemand (et de la puissance de sa morsure)

Cette excellente et étonnante prestation valut à Vox d'assurer le relais entre Kiro et Dingo et d'être dans les tout premiers chiens policier agréés officiellement sur le nouveau programme fédéral pour les chiens de patrouille.
Et il me prouva bien des fois qu'il était digne de remplir cette mission et il m'a appris bien des leçons !

Il me reste cependant une dernière leçon à apprendre, ô combien cruelle, c'est celle d'apprendre à vivre sans toi, mon bon chien, de ne plus te voir te précipiter dans "ton" canapé juste à côté du mien à chaque fois que je prenais place dans le mien et de me tendre, l'une après l'autre, tes deux pattes avant pour d'interminables séances de gratouilles. Je t'aime Vox et tu laisseras une empreinte indélébile dans ma vie. Tu vas beaucoup me manquer

Marie-France Paoloni