Les Cocotiers de Saly sarl (dont je suis
cogérant avec mon épouse Béatrice, mon frère Henri et son épouse Ninette) a un
contrat de location de l’hôtel avec la SCI « Les Cocotiers » (appartenant
à Cheikh Sydia Sakho de Dakar - le vieux). Le contrat actuellement en vigueur a
été conclu pour la période du 1er mars 2006 au 28 février 2009 sur
la base d’un loyer qui a été renégocié à la baisse par rapport au loyer
(exagérément élevé) qui avait négocié avec Sakho pour le premier contrat d’un
an (du 1er mars 2005 au 28 février 2006).
A
l’époque où le nouveau contrat a été
négocié,(avril/mai – signé le 1/6/2006),
nous nous posions de sérieuses
questions sur la possibilité de poursuivre
l’activité de l’hôtel (nous avions
eu plusieurs réunions avec les chefs de service pour trouver des
solutions et
évoqué en réunion plénière avec le
personnel l’éventualité de déposer le
bilan). Dans ces circonstances, Sakho avait accepté une
réduction du montant du
loyer (avec cependant une augmentation annuelle de 10% pour compenser
rapidement la baisse consentie).
Avec cet aménagement du loyer et une activité
qui commençait à augmenter, nous pouvions enfin espérer nous en sortir si bien
qu’en mars 2007, nous étions très optimistes sur nos chances de réussite (au
point que nous avions investi dans le salon du tourisme de Goteborg, en Suède,
pour développer cette clientèle qui semblait prometteuse après l’expérience
positive de Go International malgré la faillite de ce dernier qui nous a laissé
une ardoise de près de 12 millions).
De son côté, Sakho ayant été informé que
l’hôtel recevait beaucoup de clients et en a déduit de façon assez simpliste
que l’hôtel devait gagner beaucoup d’argent (nouveau T.O. : – Soleil d’Afrique
– dès juillet 2006, colonies de vacances BST, CBAO, GMD en juillet et août
2006).
Il a donc décidé de revenir sur les termes de l’accord que nous venions
de conclure et d’exiger que ma société lui verse chaque mois le même montant
que lors premier contrat !!!
Non seulement, c’était contraire à ce que nous
venions de négocier, mais en plus, il était économiquement impossible de
continuer à payer un tel montant avec les recettes que l’hôtel générait.
Hélas, il n’a plus rien voulu entendre
(communications exclusivement par l’intermédiaire de son avocat) et s’est
contenté de dire qui si nous refusions de payer, il saurait trouver les moyens
de nous y contraindre (ancien directeur de la BCAO, il pouvait compter sur de
nombreuses relations).
A partir de novembre 2006, il a déclencher sa
machine de guerre en me harcelant pour faire pression sur moi. Il a même eu le
culot de déposer plainte contre moi pour escroquerie !!! (cela ne l’a pas
dérangé de déposer plainte avec un dossier complètement vide, et, étrangement,
cela n’a pas dérangé non plus les diverses autorités, à commencer par le
Procureur de Thiès de l’époque, de donner suite à sa plainte avec un dossier
complètement vide,). J’ai été successivement convoqué chez le Procureur de
Thiès, à la gendarmerie de Saly et au commissariat de M’bour en l’espace de 2
mois.
En février, il a même tenté, avec le concours
du Commissaire Yague de Mbour et du Procureur de Thiès, de me faire incarcérer
(mais sans succès), profitant du fait que je n’étais pas parfaitement en ordre
en matière de carte de résident. Cependant, je restais confiant dans la justice
sénégalaise et, certain de mon bon droit, faisait face à ces tracasseries avec
philosophie.
Tout cela était sans compter sur les relations
de Sakho et sa capacité à « convaincre » les personnes qu’il faut pour obtenir ce qu’il
veut.
Le 30 mars 2007, le juge d’instruction Bodian me faisait comparaître devant lui (en dépit d’un dossier toujours aussi vide), m’inculpait pour escroquerie et me plaçait sur le champs en détention préventive dans l’attente du jugement. (Il est bon de savoir que ce juge Bodian a été relevé de ses fonctions de premier juge d’instruction de Thiès, affecté à Dakar et qu’il fait actuellement l’objet d’une enquête par l’Inspection Générale de l’Administration Judiciaire).
Durant cette période de détention, toute ma
famille a été forcée de fuir le Sénégal craignant de subir le même sort que moi
(incarcération arbitraire). Il faut savoir que durant ma détention, Sakho a
tenté à plusieurs reprises de me faire signer des documents en me promettant de
retirer sa plainte en échange de reconnaissances de dettes. Il était donc
indispensable que ma famille parte sans quoi, ils auraient pu servir d’otages
et à ce moment, je pense que j’aurais cédé à ses exigences.
Mon fils Michael qui me secondait à l’hôtel,
particulièrement après mon incarcération, (ainsi que sa femme Ngoné,
Sénégalaise et leur fils, Khalifa Ababacar), a également dû fuir le Sénégal
(par la Gambie) après avoir reçu une convocation de la police de Mbour (le
commissaire Yague encore une fois) pour des motifs (renseignements pris) tout à
fait farfelus et non fondés ! Michael était persuadé (et moi aussi) qu’une
fois au poste de police, il n’en ressortirait plus.
Sakho avait atteint son premier objectif :
priver l’hôtel de Direction.
Durant ma détention, nous avons tant bien que
mal tenté de maintenir la poursuite de l’activité de l’hôtel, grâce au
dévouement de la majorité du personnel qui a été exemplaire (à l’exception
cependant de quelques brebis galeuses).
Durant cette période, Sakho a continué de
s’acharner contre nous, en cherchant à asphyxier la société et la contraindre à
déposer son bilan. C’est ainsi que:
Le 16 mai 2007, après l’intervention de
Monsieur l’Ambassadeur de Belgique à Dakar et de mon avocat, Maître Macodou
Ndour, la Chambre des Mises en Accusation de Dakar, statuant en appel sur ma
demande de libération provisoire, constatant que le dossier sur base duquel
j’avais été incarcéré était totalement vide (tout au plus, cela relevait-il
d’une juridiction civile pour désaccord sur le montant du loyer), a ordonné ma
remise en liberté immédiate, après 48 jours d’incarcération injustifiée, en me
rétablissant dans l’intégralité de mes droits tels qu’ils étaient avant le 30
mars 2007, infirmant ainsi la décision prise par le juge BODIAN, qui s’était
opposé à ma libération provisoire.
A ma sortie de prison, j’étais toujours
confiant que nous pourrions nous faire rendre justice et qu’avec mon retour aux
commandes, nous pourrions redresser encore la réputation et l’activité de
l’hôtel.
Cependant, le jour même de ma sortie, j’ai été
accueilli à mon arrivée à l’hôtel par Amhed, le fils de Sakho, qui a armé et
pointé sur moi un pistolet automatique (alors que j’étais entouré par une
dizaine de membres du personnel et même certains clients) en exigeant que je
quitte les lieux. C’est grâce à l’intervention courageuse et déterminée du
responsable de la sécurité de l’hôtel, Monsieur Abdulaye Gueye, de la société
ASA, qu’un drame a été évité.
Le
plus grave, c’est que le Commandant Seck de
la Gendarmerie de Saly, au lieu de faire respecter mes droits et garder
Amhed
Sakho en garde à vue, s’est
délibérément rangé du côté de
l’agresseur et m’a
fait expulsé de l’hôtel, où j’habitais,
bafouant complètement mes droits. Le
Procureur de Thiès, immédiatement informé de ce
qui se passait, n’a pas jugé
utile d’intervenir auprès de la gendarmerie pour
qu’ils fassent leur travail
(Il faut remarquer que le vieux Sakho a des contacts directs avec le
ministre
de l’intérieur et le ministre de la Justice !).
Franchement, c’est à ce moment que j’ai réalisé
que c’était peut être la fin de mon temps au Sénégal. Face au comportement
révoltant et incompréhensible de cet officier de gendarmerie et de sa
hiérarchie , j’ai mesuré l’étendue de l’influence de Sakho. J’ai pris peur
devant de telle pratiques « mafieuses » et décidé de quitter le
Sénégal au plus vite.
En
effet, malgré toute l’envie que j’avais de
poursuivre ce pourquoi nous avions tous travaillé dur pendant
plus de 2 ans (y
compris et surtout, la cause qui au départ, nous avait
amené au Sénégal :
améliorer le sort des enfants de la rue et des talibés au
travers de notre
association : SOSEMS), je ne me sentais pas le droit de prendre le
risque
de faire une veuve, 4 orphelins et priver à jamais mes 9 petits
enfants de
grand père. C’était aller trop loin. J’ai
donc quitté précipitamment le Sénégal
le 20 mai (soit 4 jours après ma libération) pour me
mettre hors de portée de
Sakho et de ses comparses.
Après mon départ, l’hôtel a continué de
fonctionner, grâce au personnel placé sous la direction de 3 collaborateurs de
confiance, en dépit d’énormes difficultés sur place. Le travail de dénigrement
de Sakho auprès des Tours Operateurs et le rôle malsain joué par AFS, le
représentant local du TO Promoséjours , a conduit, mi juillet, a l’interruption
des relations avec ce dernier (qui n’a toujours pas réglé sa dernière facture
relative aux prestations de juin/juillet).
Parallèlement, Amhed Sakho, le fils, occupait
l’hôtel avec une bande de complices et rackettait impunément la société en
exigeant de se faire remettre par le responsable de la réception, 1/3 des
recettes de l’hôtel, menaçant de fermer l’hôtel et de priver l’ensemble du
personnel de travail. Vu les relations « particulières » entretenues
par Sakho avec le Commandant Seck, il était bien entendu complètement inutile
de s’adresser à la gendarmerie pour qu’elle fasse respecter la loi !
Début septembre, plus aucun client n’osait se
risquer à venir aux Cocotiers et nous avons dû renvoyer chez eux l’ensemble du
personnel.
Au même moment, Sakho obtenait une ordonnance
d’expulsion du Tribunal des Référés de Dakar, arguant des loyers non payés en
retard alors qu’à la date du 31/8/2007,
sa SCI devait toujours plus de 3 millions de cfa à la sarl Les Cocotiers
de Saly !!!
Nous continuerons à tout mettre en œuvre pour
faire valoir nos droits, et gardons l’espoir de voir la justice rendue par les
autorités sénégalaises.
Raymond DONEUX
Co-gérant « Les Cocotiers de Saly »
sarl