Numéro 1 - 1e trimestre 2005


DIOUF - ROGGE : le français et les jeux.


C'était une première : la visite du Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) au siège du Comité international olympique (CIO) à Lausanne (Suisse).

" Les Jeux Olympiques constituent une vitrine mondiale pour la langue française. La Francophonie souhaite pleinement valoriser cet immense potentiel et mobiliser, dans la perspective des échéances olympiques de Turin en 2006 et de Pékin en 2008, tous ses Etats membres et les différentes institutions concernées, en particulier les instances olympiques " .a déclaré Abdou Diouf, Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à l'issue d'une rencontre ce jeudi 10 mars avec Jacques Rogge, Président du Comité International Olympique (CIO) à Lausanne (Suisse).

A l'issue de leur réunion de travail, ils ont réitéré l'attachement du CIO et de l'OIF à la langue française et à sa place au sein du Mouvement olympique et lors de la célébration des Jeux Olympiques. Ils sont en outre convenus que les deux organisations continueront d'entretenir des relations de travail régulières en vue d'échanger leurs expériences sur des sujets d'intérêt commun.

Le Comité International Olympique collabore déjà avec la Francophonie puisque la Direction de la Solidarité Olympique est fortement impliquée dans la préparation des Ve Jeux de la Francophonie, qui auront lieu du 7 au 17 décembre 2005 à Niamey (Niger).

La Francophonie et le Mouvement olympique partagent un certain nombre de valeurs essentielles comme le rapprochement des peuples par le dialogue des cultures et des civilisations, la défense de la diversité culturelle et linguistique, le sport au service du développement harmonieux de l'homme, la promotion de l'échange, de la fraternité et de la solidarité entre les peuples et la langue française, qui est langue officielle des deux organisations.

Pour rappel, le 15 juillet 2004, Abdou Diouf avait désigné Hervé Bourges, président de l'Union internationale de la presse francophone, en tant que " Grand témoin francophone " aux Jeux Olympiques d'Athènes et lui avait demandé un rapport détaillé sur la place du français, que l'article 24 de la Charte olympique définit comme langue officielle du Mouvement olympique aux côtés de l'anglais. C'est la première fois que l'OIF désignait un grand témoin francophone à l'occasion de la tenue des Jeux Olympiques. La Francophonie entend poursuivre cette action et désigner un Grand Témoin pour les Jeux de Turin, en février 2006, tout en participant au financement d'actions pour valoriser la présence du français aux prochains Jeux Olympiques d'hiver. Communiqué

Le rapport du Grand Témoin francophone aux Jeux Olympiques d'Athènes est disponible à l'adresse suivante : http://www.francophonie.org/publications/jo/


Le Président reçoit et défend la Francophonie.


Jacques Chirac a reçu fin janvier le Haut Conseil de la Francophonie devant lequel il a fait valoir que défendre la culture francophone c'était défendre " une certaine idée de l'homme et une certaine exigence pour notre monde ".


" La francophonie avance. En moins de 10 ans, elle s'est imposée dans les enceintes internationales comme un acteur du nécessaire dialogue entre les peuples et entre les cultures ", a déclaré le président de la République.
" En moins d'une décennie, nous francophones, avons pris conscience de cette force qui pouvait être la nôtre si nous savions organiser, fédérer en une institution agissante et représentative le lien qui nous unit ", a-t-il ajouté. La francophonie a " entrepris de conjurer la menace d'un choc des civilisations et des cultures, en offrant au monde l'exemple de la diversité ", a fait valoir Jacques Chirac.

" La francophonie a montré qu'elle formait une grande famille démocratique au sein de laquelle chacun a sa place et joue son rôle, à égalité avec les autres ", a-t-il dit. " En défendant et en promouvant cette culture que nous avons en partage, nous défendons une certaine idée de l'homme et une certaine exigence pour notre monde ". Le secrétaire général de l'organisation internationale de la francophonie (OIF), l'ancien chef d'Etat sénégalais Abdou Diouf, et son prédécesseur, l'Egyptien Boutros Boutros-Ghali, président du haut conseil de la francophonie, étaient présents à cette réception, ainsi que le ministre de la culture Renaud Donnedieu de Vabres, celui de la coopération et de la francophonie Xavier Darcos et les écrivains Denis Tillinac et Erik Orsenna. AFP


Le rapport du Haut Conseil de la Francophonie
La Francophonie dans le monde 2004 - 2005


A l'occasion de la Journée internationale de la Francophonie célébrée chaque année le 20 mars, le Haut Conseil de la Francophonie (HCF) publie, aux éditions Larousse, un ouvrage sur la situation de la langue française dans le monde et sur la variété des réalités francophones, dans les cinq domaines suivants : l'enseignement et la diversité linguistique ; la culture et la création ; les médias et la communication ; l'économie et la solidarité, la politique et la démocratie.

Dans cette édition inédite, le lecteur apprendra notamment que 175 millions de francophones sont répartis dans le monde, avec, par rapport à l'année précédente, une hausse du nombre de locuteurs capables de faire face aux situations de communication courante en français, autour de 115 millions, et une baisse du nombre de locuteurs ayant une compétence en français plus limitée, autour de 60 millions. Le nombre de francophones est en augmentation d'une façon générale en Afrique subsaharienne et dans l'océan Indien, avec des situations sensiblement différentes suivant les pays. Il est, en revanche, en baisse dans la Caraïbe et, notamment, à Haïti.

Après l'anglais, l'arabe, l'espagnol et le portugais, l'allemand et le russe constituent des espaces linguistiques avec lesquels la Francophonie met en place une coopération, notamment dans le domaine universitaire.

L'enseignement du français progresse sur le continent africain et au Moyen-Orient, mais stagne dans les autres régions du monde. L'estimation du nombre d'apprenants de et en français au niveau scolaire et universitaire fait apparaître les chiffres suivants :18 018 000 en Afrique du Nord et Moyen-Orient, 33 398 000 en Afrique subsaharienne et océan Indien, 8 490 000 en Amérique et Caraïbe, 2 020 000 en Asie et Océanie, 27 708 000 en Europe, soit un total de 89 634 000 (ils étaient 81 669 900 en 1998). C'est en Afrique subsaharienne et dans l'océan Indien que le taux est le plus élevé (38%).

La production de films en français dans les pays membres en 2002-2003 était de : 3 au Cameroun, 5 au Canada-Nouveau-Brunswick, 46 au Canada-Québec, 1 en Centrafrique, 35 en Communauté française de Belgique, 10 au Congo, 5 en Guinée, 3 au Mali, 10 à Madagascar, 1 au Niger, 5 au Sénégal et plus de 210 en France.

TV5, deuxième réseau mondial de télévision après MTV et devant CNN, est reçue 24h sur 24h dans 202 pays et territoires, et touche 165 millions de foyers ; CFI fournit 6 000 heures de programmes à une centaine de chaînes dans 84 pays. Radio France Internationale (RFI), avec ses 40 millions d'auditeurs, est la 3e radio mondiale après BBC World et Voice of America. L'Agence France Presse vient également au 3e rang mondial, après Associated Press et Reuters.

Sur Internet, si l'anglais reste la première langue utilisée, la progression des autres langues, y compris des langues nationales africaines, est indéniable, jusque dans le domaine du commerce électronique, dont les effets restent cependant limités au Sud. AFP


Francophonie et affaires : la rencontre de Rabat.


C'est le Premier ministre marocain Driss Jettou qui a présidé l'ouverture des " Rencontres de la francophonie économique de Rabat ", organisées à la mi-mars sous l'égide du Forum francophone des Affaires (FFA) dans la capitale marocaine. Le Forum francophone des affaires, reconnu par le Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement francophones, a pour mission d'encourager le dialogue entre les partenaires sociaux et l'entreprise, et d'améliorer la compétitivité des économies des pays membres.

Lors de la séance d'ouverture, le FFA a annoncé l'élection du roi Mohammed VI du Maroc " Homme de l'année économique francophone " pour " les réformes qu'il a initiées ". M. Jettou a cité de nombreux projets d'infrastructure en cours de réalisation au Maroc, notamment le projet du nouveau port de Tanger dans le nord. Il a également exposé les grandes lignes de la politique de libéralisation économique suivie dans le royaume.

" Le Maroc a fait aboutir de nombreux accords de libre échange avec l'Union Européenne, la Turquie, les Etats-Unis d'Amérique et (...) avec des pays arabes du sud de la Méditerranée ", a par ailleurs rappelé M. Jettou. L'objectif, a-t-il dit, est " d'ériger le Maroc en plate-forme régionale d'investissement, de production et d'échanges, attractive et performante, au carrefour de l'Europe, de l'espace maghrébin et méditerranéen et de l'Afrique sub-saharienne ".

Deux tables rondes sur l'investissement étranger au Maroc ont été tenues pour examiner les moyens de développer les investissements et de nouer des partenariats d'acteurs économiques francophones avec les entreprises marocaines. Le ministre français des PME, Christian Jacob, qui participait à ces Rencontres, s'est félicité de " l'intensité des relations commerciales, industrielles, financières et des actions de coopération " entre son pays et le Maroc - pays où sont recensées près de 500 filiales de sociétés françaises, a-t-il indiqué. " La France reste ainsi de loin le premier partenaire commercial du Maroc avec près de 26% des échanges extérieurs marocains, le premier investisseur étranger, avec 43% des flux d'investissements directs étrangers ", a ajouté M. Jacob. AFP



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