Numéro 2 - 2e trimestre 2004


Perspectives asiatiques.

La Francophonie a perdu beaucoup de terrain en Asie du sud-est depuis la fin de la période coloniale mais traverse une période de reconquête, a estimé mardi le secrétaire général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), Abdou Diouf en visite à Hanoi. « La langue française a perdu du terrain depuis la période de la colonisation. Nous sommes à l’ère de la reconquête », a-t-il déclaré dans un entretien avec l’AFP.  Le secrétaire général a insisté sur l’aspect politique et économique de la francophonie, longtemps positionnée par opposition à l’anglais et aujourd’hui cherchant à asseoir son statut de « seconde langue universelle ». « Il y a la langue, il y a la diversité culturelle, il y a l’aspect politique de la francophonie. Mais il y a surtout l’aspect solidarité et développement économique », a insisté Abdou Diouf.  AFP

 

En quatre ans de mandat, Zénon KOWAL, ambassadeur de facto, a largement promu la Francophonie au Vietnam

Ukrainien d’origine, Belge pour le passeport, Wallon, Bruxellois et francophone de cœur, Zénon Kowal est représentant de la Communauté Wallonie-Bruxelles et de la Région wallonne à Hanoi depuis septembre 2000. Il achèvera donc son mandat – un véritable poste d’ambassadeur de la Francophonie – en septembre prochain.

Le gouvernement vietnamien n’a pas attendu cette échéance pour lui témoigner toute sa reconnaissance pour l’œuvre accomplie dans le premier pays de la francophonie en Asie, lui ayant décerné il y a quelques mois la « médaille de la culture du Vietnam », une distinction honorifique très prisée dans le landerneau politique et social de ce pays  devenu « un tigre émergent ».

Depuis moins de quatre ans, Kowal a été  de tous les coups qui ont marqué la nouvelle prise de conscience du Vietnam de son intégration dans le monde francophone, et en particulier lorsque les initiatives venaient de Belgique : visites princières, visites ministérielles fédérales (Flahaut, Michel), régionales et communautaires, sommets francophones, opérations ONG, universités, etc. Son action a été déterminante dans le cadre du programme des écoles bilingues (vietnamien-français) et de l’installation des enseignants sélectionnés par l’A.P.E.F.E., l’institution belge qui promeut l’enseignement en français à l’étranger, ainsi que des programmes de coopération universitaires : programmes de formation à la maîtrise de gestion des affaires à Hanoi et Hô-Chiminhville avec l’Institut Solvay de Bruxelles, échanges d’étudiants et de professeurs avec une dizaine d’universités et d’écoles supérieures belges francophones, installation d’un centre Wallonie-Bruxelles à l’Université des Langues Etrangères de Hanoi, coopération interuniversitaire muséale (Mariemont-Hanoi), promotion des lettres, du cinéma et de la musique de Belgique francophone, etc C’est ainsi qu’il a permis au cinéaste Luc Dardenne de dispenser un cours pour l’Association des cinéastes vietnamiens, qu’il a lancé au Vietnam un festival européen de la musique de jazz, invité nos écrivains aux « journées de la Francophonie » organisées en mars à Hanoi, distribué de la littérature scientifique en français dans les universités, administrations et entreprises du Vietnam. Disciplines de prédilections : droit, culture, économie, enseignement, tourisme, environnement, médecine, recherche scientifique.

Lui-même a été conseiller pour le « comité des frontières », un organisme vietnamien qui  promeut la résolution pacifique des conflits de frontière maritimes et terrestres. Pour l’anecdote on mentionnera le litige sur la souveraineté des îles Spratley à 500 km au sud-est des côtes du Vietnam : ces îles sont revendiquées par six Etats dont certains occupent militairement quelques uns des ces rochers perdus en mer. Sagement, le Vietnam a décidé d’y marquer son territoire simplement en organisant des croisières écologistes vers certaines des îles revendiquées.

Sur le plan touristique, il a conseillé aux autorités locales … non pas des coopérations lourdes pour investir dans des hôtels-tours mais de formations pour promouvoir le tourisme chez l’habitant ou via de toute petites structures. Il a invité en mars dernier des experts belges au colloque sur la préservation du patrimoine architectural de Hanoi (sauvegarder les vieux quartiers au nord-est du lac de l’Epée Restituée), établi des collaborations dans le cadre de la lutte contre l’érosion des rives fluviales, etc. Des secteurs bien techniques, direz-vous ? Oui, mais où le transfert de technologies et des formations se fait exclusivement en français.

Et cerise sur le gâteau, Zénon Kowal terminera son mandat par un grand colloque sur « les échanges et la diversité culturelle dans le cadre de la mondialisation, qui se tiendra en collaboration avec le ministère vietnamien de la culture et de l’information ainsi qu’avec le Fonds culturel Asie-Europe, à Hanoi du 17 au 19 septembre 2004.

Il aura aussi eu la satisfaction de voir se concrétiser avant son retour un vieux rêve de tous les Francophiles du Vietnam : la diffusion 24 heures sur 24 de VTV5, l’antenne vietnamienne de TV5 retransmise gratuitement sur le câble … en symbiose avec l’heure locale. Et le quotidien francophone « Le Courrier du Vietnam » détaillera chaque jour le programme de cette station qui, comme on sait, diffuse aussi les journaux télévisés de la RTBF.  André BUYSE

 

SIDA: mobilisation de parlementaires francophones à Bruxelles

La section belge du réseau de lutte contre le sida de l’assemblée internationale des parlementaires de la Francophonie a organisé à Bruxelles une réunion de mobilisation des coordonnateurs européens du réseau. Ceux-ci s’y étaient jusqu’ici montrés fort discrets depuis sa mise en place en octobre 2001 à Niamey.

Ce réseau se veut être un lieu de confrontation et de circulation des idées et des stratégies, de promotion d’actions et de veille des politiques sanitaires des gouvernements.

Pour Paul Galand (Ecolo), cheville ouvrière et coordinateur de l’ensemble des parlementaires francophones de Belgique, la lutte contre le sida comporte de nombreux enjeux politiques parmi lesquels l’importance des fonds à affecter à la lutte, la question de l’accès aux soins, l’éducation, le secret médical, la lutte contre la discrimination des malades, etc.

L’objectif des échanges parlementaires est de permettre à chaque pays d’organiser de manière la plus performante possible la lutte contre la pandémie.

La deuxième réunion des coordinateurs du réseau parlementaire de lutte contre le VIH/sida de l’assemblée parlementaire de la francophonie s’est tenue à Yaoundé les 1er et 2 octobre 2003. Hormis un passage de la représentante de la France, le coordinateur belge fut le seul représentant de la section Nord.

La réunion organisée mercredi dans les locaux du parlement bruxellois, à l’invitation de la Commission Communautaire française de Bruxelles, a permis la participation active ou la contribution écrite de la France, de la Suisse, du Luxembourg, de la Géorgie, de Monaco, de la Macédoine, de la vallée d’Aoste. Des représentants africains du Niger, du Maroc, du Cameroun et du Gabon y assistaient également.

A court terme, le défi premier du réseau international des parlementaires francophones est de constituer une banque de données des initiatives prises dans chacun des pays membres.

En Belgique, le parlement de la Communauté française a adopté mardi une proposition de résolution visant à organiser chaque année, à l’occasion de la Journée mondiale du sida, le 1er décembre, une rencontre des parlementaires francophones belges sur ce thème.

Quelque 40 millions de personnes sont séropositives dans le monde.  Selon ONUSIDA, rien qu’en Afrique subsaharienne, 29,4 millions de personnes sont infectées par le virus.

En Europe, celui-ci frappe essentiellement à l’est où la propagation prend des proportions qu’ONUSIDA juge dramatiques. En Belgique, on dénombre quelque 13.000 personnes infectées.  Belga

 

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