Numéro 2 - 2e trimestre 2004


LA FRANCOPHONIE ET L’EUROPE - PERSPECTIVES ET RISQUES D’UN ELARGISSEMENT. 

L’entrée de dix nouveaux pays dans l’Union européenne confirme l’importance du modèle de diversité culturelle.

A l’occasion de l’élargissement de l’Union européenne, Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), s’est réjoui du renforcement de la Francophonie européenne qui accueille, sur les dix pays entrants, cinq membres de l’OIF.

Depuis le 1er mai, l’OIF compte donc huit membres au sein de l’Union européenne : la Belgique, le Grand-duché du Luxembourg, la France, la Lituanie, la Pologne, la Slovaquie, la Slovénie et la République Tchèque. « La Francophonie déploie, depuis longtemps, des efforts importants pour promouvoir le français dans les organisations internationales, que ce soit à l’ONU comme à l’Union européenne. Nous avons d’ailleurs fait de ce projet de promotion du français sur la scène européenne l’une de nos priorités majeures pour les années à venir » déclare Abdou Diouf qui déclarait par ailleurs que « L’usage effectif du français à l’Union européenne et dans ses Institutions devient pour nous une priorité qui doit nous conduire à défendre et à promouvoir plus vigoureusement le multilinguisme et la diversité culturelle ».

En janvier 2002, la Francophonie a mis en place, par l’intermédiaire de son opérateur principal, l’Agence intergouvernementale, un « plan pluriannuel d’action pour le français en préparation de l’élargissement de l’Union européenne », de concert avec la Communauté française de Belgique, le Grand-duché de Luxembourg et la France. Ce projet a notamment pour objectifs de promouvoir l’usage de la langue française au sein des Institutions européennes et a permis, chaque année, à plus de 5 000 fonctionnaires, diplomates ou journalistes de suivre des formations en français.

Au-delà de l’enjeu linguistique, le Secrétaire général rappelle l’importance du dossier de la diversité culturelle et linguistique pour l’avenir de l’Europe. « C’est aussi, dans la reconstruction en cours de ce continent de référence pour le monde entier, une chance historique de faire prévaloir le modèle de diversité culturelle que nous revendiquons. L’Union européenne s’est fondée sur des valeurs qu’elle a en commun avec la Francophonie. Il y a là une proximité de vue évidente avec notre Organisation et son engagement pour le partage des cultures et la promotion de la diversité culturelle. Aujourd’hui, abandonner le plurilinguisme, signifierait, pour l’Union européenne, s’éloigner encore un peu des peuples et augmenter la fracture démocratique ». L’Organisation internationale de la Francophonie compte sur 56 Etats et gouvernements membres, 24 parmi les pays les moins avancés (PMA) ; la Lituanie, la Pologne, la République Tchèque, la Slovaquie et la Slovénie ont tous les cinq le statut d’observateur auprès de l’Organisation internationale de la Francophonie.  OIF

 

Le français en danger - Colonisation linguistique.

Depuis le 1er mai, les opérateurs de la centrale téléphonique de la Commission européenne ont reçu instruction de répondre uniquement en anglais.

Jusqu’ici, et depuis la fondation des institutions européennes, on répondait en français par respect au pays d’accueil et on passait à une autre langue dès que l’interlocuteur en faisait sentir le besoin.

La mesure de passer à l’anglais ne se justifie pas, elle encourage le monolinguisme, elle discrimine les pays latins qui se trouvent généralement plus à leur aise en français, notamment au téléphone, et, de plus, elle constitue une entorse au niveau des relations avec les citoyens belges et, d’une manière générale, avec les pays d’accueil. En fait, l’usage du français trouvait sa justification dans le fait qu’il est la langue véhiculaire de Bruxelles, pour l’anglais, il n’y a aucune justification, se ce n’est que cet orgasme d’assujettissement dont nous sommes l’objet.

La Commission, si elle veut rester crédible auprès des citoyens européens, doit mettre un terme à la colonisation linguistique et culturelle de l’Europe qui devient de plus en plus accablante et intolérable.  Anna Maria CAMPOGRANDE

 
Au lendemain des élections du 13 juin, un appel pour les langues de l’Europe sera présenté aux responsables européens.  À ce jour, il a été signé par 31 associations allemandes, belges, italiennes et françaises, et 404 personnes. Un appel à signatures est lancé.

Appel pour les langues de l’Europe.

Les institutions de l’Union européenne, en donnant la préférence à l’anglais pour en faire pratiquement la langue unique de l’Europe, violent les traités européens.

Le choix de l’anglais comme langue dominatrice procure des avantages massifs, d’ordre économique et politique, aux citoyens de l’UE dont il est la langue maternelle. Les citoyens de l’UE qui ont d’autres langues maternelles que l’anglais deviennent des étrangers dans l’Union et prennent de moins en moins part à la démocratie de l’Union.    Les langues européennes autres que la langue dominatrice perdent de plus en plus de leur importance culturelle ; l’identité culturelle des pays où elles sont pratiquées est dangereusement lésée.    L’Union européenne perdra son droit à l’existence si elle n’arrête pas l’évolution actuelle vers 1’unilinguisme, et si elle ne revient pas à la pluralité linguistique. C’est pourquoi nous appelons les citoyens des pays non anglophones à mettre en œuvre toute leur influence politique afin de lutter contre l’évolution de l’Europe vers l’unilinguisme. Nous lançons donc un appel à tous les Européens épris de liberté et soucieux de préserver leur identité et les valeurs portées par leur langue pour qu’ils exigent du Parlement européen, du Conseil de l’Union et de la Commission européenne

La primauté, pour la question linguistique en Europe, de sa dimension politique, sur tout autre aspect technique ou financier.

Le respect de la diversité linguistique et culturelle de l’Europe, sans laquelle celle-ci perdrait elle-même son identité.

Un régime linguistique explicite des institutions européennes choisi selon des règles transparentes et démocratiques et soumis à un véritable débat public.

L’adoption d’une politique linguistique fondée sur le principe d’égalité des citoyens et, par conséquent, d’égalité de leurs langues et cultures respectives. Comité de coordination pour la démocratie linguistique en Europe.   Marceau Déchamps

  

Pour signer cet appel, contacter Guillemette Mouren-Verret (secrétaire générale de Défense de la langue française) : 87, boulevard Saint-Michel, 75005 Paris. Courriel : g.mouren@noos.fr

  

Ne touchez pas à l’emploi des langues au Parlement européen !

Les traités européens actuellement en vigueur reconnaissent neuf langues officielles (français, néerlandais, allemand, espagnol, italien, grec, danois, suédois, finlandais), ce qui implique de lourds travaux en matière de traduction mais garantit à la presque totalité des citoyens et des citoyennes de l’Union Européenne l’accès à presque tous les documents de celle-ci (l’Irlande a spontanément décidé de renoncer à l’emploi de sa langue nationale, le gaélique).

Cette situation contraste avec la situation de l’Organisation des Nations Unies, qui compte plus de deux cents Etats membres mais ne pratique que cinq langues officielles (anglais, chinois, espagnol, français et russe).

En négociant dix traités d’adhésion avec dix Etats candidats, la Commission Européenne a, pratiquement sans consultation, reconnu l’usage de dix nouvelles langues officielles: hongrois, polonais, tchèque, slovaque, slovène, les trois langues baltes, le maltais (à peine parlé par 400 000 personnes dans le monde) et le turc (qui est l’une des langues officielles de Chypre).

Jean-Maurice DEHOUSSE, député socialiste belge, a mis la Commission en garde contre ce qu’il considérait comme une imprudence, en annonçant une augmentation démesurée des frais de traduction, et en dénonçant l’injustice commise envers des langues dites régionales—comme le catalan, parlé par plus de six millions de personnes—mais qui n’ont pas droit de cité dans la construction européenne.

Le Conseil des Ministres n’en a pas moins approuvé à l’unanimité les propositions de la Commission, et le Parlement Européen n’a pas tardé à faire de même.

Bien avant cette approbation, du reste, voici deux ans environ, le Collège des Questeurs, qui règle l’administration du Parlement Européen, a annoncé qu’il se faisait fort d’assurer toutes les traductions dans toutes les langues officielles.

Jean-Maurice DEHOUSSE a renouvelé ses craintes à cette occasion: à nouveau, elles n’ont trouvé aucun écho.

Toute une série de modifications coûteuses ont été décidées, notamment pour établir de nouvelles cabines de traduction.

Voici deux mois, pourtant, les services du Parlement ont déclaré se heurter à « une impossibilité matérielle totale », qui se manifeste notamment par l’absence de traducteurs au départ du maltais ou vers cette langue.

C’est alors que, sournoisement, des documents sont apparus pour remettre en cause l’usage non pas du maltais mais de toutes les langues officielles et glisser vers des décisions anonymes et non transparentes de restriction linguistique.

Comme c’est souvent le cas, les pressions internes ont débordé sur la rédaction d’un rapport parlementaire, dont la responsabilité a été assumée par le parlementaire radical italien Gianfranco DELL’ALBA.

Jean-Maurice DEHOUSSE a aussitôt réagi et a déposé des amendements à ce rapport en exigeant le respect du traité et la transparence absolue dans les décisions dites techniques concernant l’organisation interne du Parlement. Ces amendements ont été déposés non pas à titre personnel mais au nom des deux délégations socialistes belges, celle du PS Wallonie-Bruxelles et celle du SP-A. Aussitôt; ils ont reçu l’appui de la délégation socialiste française, pendant que du côté conservateur le député espagnol GIL-ROBLES déposait des amendements moins complets mais allant dans le même sens. Sur cette base, un compromis a été trouvé en Commission des Affaires Constitutionnelles et un texte recueillant l’approbation générale a été soumis à la séance plénière.

Pendant le déroulement de la session de Strasbourg, les services ont fait pression pour que le compromis soit remis en cause, ce qui a été fermement refusé par Jean-Maurice DEHOUSSE au nom du groupe Socialiste ainsi que par le groupe Conservateur (P.P.E.).

Une précision utile a été apportée en séance au nom du rapporteur et a été acceptée par tous les Groupes. Le Parlement s’est donc exprimé à l’unanimité ou presque. Jean-Maurice DEHOUSSE s’est réjoui de ce vote en rappelant que le Règlement d’Ordre Intérieur ne pouvait déroger aux traités de base, et que le multilinguisme—sauf à faire l’objet d’une révision des traités—ne pouvait être remis en cause à la sauvette.  Communiqué

 

Former pour se défendre

Initiation au français pour les fonctionnaires européens des nouveaux membres de l’UE

La France offrira plusieurs milliers de stages d’initiation au français à des représentants des dix nouveaux pays membres de l’Union européenne, a indiqué le ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie, Pierre-André Wiltzer. Pour rapple, les dix nouveaux membres de l’UE sont Chypre, l’Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Slovénie.

Ces stages sont destinés à des diplomates, experts, enseignants, fonctionnaires ou journalistes appelés à travailler dans les instances européennes après l’adhésion formelle de leurs pays le 1er mai. Ils sont aussi offerts à deux pays candidats: Bulgarie et Roumanie. Les premiers auront lieu cet été pour les collaborateurs des nouveaux commissaires européens.

Cette initiative entre dans le cadre de la défense du plurilinguisme au sein de l’UE, a souligné M. Wiltzer lors d’une conférence de presse : « Dans un monde menacé par l’uniformisation des langues, des modes de pensée et des styles de vie, le français offre plus que jamais une alternative ».  AFP

  

Le CGRI, instrument de la Communauté Wallonie+Bruxelles pour la promotion du français à l’étranger

Notre Communauté « française » est perçue avant tout au travers de sa langue. Notre langue représente donc le « produit d’appel », qui crée la complicité et prépare le terrain à d’autres coopérations. La promotion à l’étranger de la langue française et des lettres françaises de Belgique est l’une des missions essentielles confiées au Commissariat Général aux Relations Internationales. Elle détermine les différentes actions du CGRI. Ainsi, par exemple, sa participation aux instances de la Francophonie a-t-elle pour objectif et pour effet de renforcer la présence du français dans le monde. De même, dans la coopération interuniversitaire, une attention particulière est accordée à la langue et à la littérature. Cette coopération peut viser également la création de filières francophones, par exemple dans les Pays d’Europe centrale et orientale (PECO). Ainsi, à Sofia, le CGRI participe à l’Institut francophone d’administration et de gestion (IFAG) en partenariat avec l’agence universitaire de la Francophonie, en mettant à la disposition de cet organisme un collaborateur. L’institut forme des cadres francophones pour plusieurs pays d’Europe centrale et orientale, et tout particulièrement pour la Bulgarie où la Belgique est le second investisseur après l’Allemagne. C’est parmi les diplômés de l’Institut que l’AWEX a recruté sa représentante en Bulgarie. Par ailleurs, la DRI offre des bourses de stages à des étudiants de l’IFAG dans les entreprises wallonnes. Bel exemple de complémentarité entre l’action linguistique et la promotion économique !

De plus, lorsque le CGRI veille à ce que le français soit utilisé dans les instances et activités internationales, il s’agit là aussi d’une entreprise (non chiffrable) de promotion de notre langue.

 

L’avenir se joue en europe

Comme la France, le CGRI a fait le constat que l’avenir du français se jouait en Europe, c’est-à-dire dans les institutions de l’Union européenne et dans les pays non francophones d’Europe. Le sort de notre langue est donc lié à celui du plurilinguisme européen.

Au départ de ces constats et de ces principes, le CGRI a conçu et mis en oeuvre divers programmes en direction de divers publics cibles. Avec les gouvernements français et luxembourgeois ainsi que l’AIF, a été mis au point un « Plan pluriannuel d’action pour la promotion du français dans les institutions européennes »

 

Public cible: les milieux européens à Bruxelles

Le CGRI contribue au fonctionnement du Centre européen de langue française de Bruxelles (CELF), en partenariat avec l’Alliance française de Bruxelles et la Commission communautaire française. Au cœur du quartier européen, il s’agit d’offrir aux milieux européens non seulement des cours de langue personnalisés mais aussi une documentation sur la Communauté française, sur la Wallonie et sur les réalités francophones de Bruxelles.

Pour mieux faire connaître les réalités francophones de Bruxelles, le CGRI a produit une exposition pédagogique itinérante intitulée « Bruxelles, 1000 ans de rayonnement de la culture française ».

 

Public cible: les cadres et diplomates des pays membres de l’Union ou candidats à l’adhésion

Stages Europe et Francophonie : le CGRI a proposé à ses partenaires français, luxembourgeois et à l’Agence de la Francophonie de mener une action conjointe de promotion des trois villes sièges des institutions européennes (Bruxelles, Strasbourg, Luxembourg), de leurs réalités francophones ainsi que de la place du français dans les institutions communautaires. Cette initiative a pris la forme de stages destinés aux hauts fonctionnaires des pays candidats à l’adhésion. Le volet bruxellois a permis aux hauts diplomates de ces pays de découvrir les réalités culturelles de Bruxelles et de Wallonie, le fonctionnement interne des Représentations permanentes et du Comité des représentants permanents auprès de l’Union Européenne (COREPER), l’emploi des langues dans les institutions européennes, l’expérience de la Région Wallonne quant aux recours aux Fonds structurels ainsi que de prendre la mesure du partenariat UE-pays d’Afrique-Caraïbes-Pacifique (ACP).

Formation linguistique des cadres et diplomates : le CGRI a suscité l’organisation, par diverses universités, de stages de perfectionnement linguistique (ou de contenu) à destination de cadres administratifs ou de diplomates. Les stagiaires accueillis reçoivent des bourses dans le cadre bilatéral. Sont particulièrement visés les nouveaux et futurs Etats membres de l’Union européenne ou certains Etats ayant signé des accords d’association avec l’Union européenne. La Communauté Wallonie+Bruxelles contribue par ailleurs au volet linguistique des programmes nationaux de préparation de la fonction publique à l’adhésion (ex: ESTONIE).

 

Public cible: les interprètes

En relation avec le SCIC (Service commun d’interprétariat de conférences de

l’UE) et les écoles d’interprétariat de France et de Wallonie+Bruxelles, le CGRI a mis au point une stratégie de soutien au perfectionnement des interprètes des pays candidats ayant choisi le français comme langue cible. Il s’agit de favoriser la formation accélérée de nouveaux interprètes et leur mise à niveau aux normes du SCIC. L’enjeu est rien moins que le français comme langue relais dans les services d’interprétariat.

Là où elles n’existent pas encore: aider à la création de filières d’interprétation vers le français. Ce volet (le plus lourd) prend la forme d’une collaboration des Ecoles d’interprétariat françaises et de la Communauté Wallonie+Bruxelles et de l’introduction de projets dans le cadre des programmes Erasmus et Tacis. Le financement provient essentiellement de l’Union européenne, mais les accords bilatéraux peuvent jouer un rôle d’amorce et de complément.

Soutenir les filières existantes par l’envoi de lecteurs, l’accueil de formateurs d’interprètes de ces pays et le soutien aux contacts directs entre Ecoles d’interprétariat, l’organisation de stages multilatéraux pour formateurs d’interprètes des PECQ (notamment au CELF).

Enfin, dans le but de faire accéder les candidats interprètes aux standards du SCIC des stages intensifs de « retour vers le français » sont organisés pour des interprètes en activité .

 

Public-cible: les gouvernements des pays partenaires

L’objectif est ici de renforcer le statut légal du français dans les Etats non francophones, en particulier la place du français comme langue étrangère enseignée. Le diagnostic est clair: lorsque le système d’enseignement n’impose qu’une seule langue étrangère, l’anglais est choisi préférentiellement. Lorsque deux langues sont obligatoires, le français est choisi préférentiellement avec l’anglais dans plusieurs pays importants. Enfin, un des buts est de conforter ou d’améliorer le statut de la diffusion de TV5 dans le pays considéré.

 

Public cible: les enseignants de français

Diverses collaborations sont offertes par le CGRI à des professeurs de français langue étrangère dans le cadre des relations bilatérales. On citera principalement : plusieurs formules de stages de perfectionnement en Communauté française pour des professeurs de français langue étrangère ; l’envoi d’enseignants de la Communauté française aux journées nationales de recyclage de professeurs de français ; les bourses d’été linguistiques offertes dans le cadre d’un grand nombre d’accords bilatéraux ; le soutien aux associations nationales de professeurs de français. Les formes en sont diverses: participation aux revues nationales, collaboration des lecteurs, organisation de concours, envoi de livres. La fédération belge des professeurs de français est le plus souvent partenaire dans ces contacts. Le CGRI soutient également la Fédération internationale des professeurs de français.

Côté lecture, des programmes de diffusion du livre, principalement à destination des bibliothèques universitaires: présences dans les foires du livre; offre de bibliothèques d’ouvrages juridiques en français; envoi gratuit de livres de littérature et de sciences humaines.

On ajoutera que lorsqu’elle contribue au renforcement du système éducatif dans plusieurs pays de la Francophonie ayant à gérer un bilinguisme avec une langue locale (ex :Maghreb, Afrique Sud-saharienne), la Communauté française de Belgique renforce les positions du français).

 

Public cible : les étudiants de français langue étrangère

Le CGRI a mis en place différents programmes d’envoi d’enseignants de français à l’étranger, soit un total de quelque 150 postes, pour les pays du Nord. Il s’agit soit de lecteurs dans l’enseignement supérieur (Europe occidentale, Europe centrale et orientale, Israël), soit de professeurs en lycées bilingues (Europe centrale et orientale), soit d’assistants de langue dans le secondaire (Europe occidentale), soit encore d’instituteurs maternels, primaires ou de régents en Louisiane.

Pour les pays du Sud, l’envoi des formateurs s’effectue par l’Association pour le promotion de l’Education et de la Formation à l’étranger (APEFE) : il s’agit  essentiellement du programme de classes bilingues au Vietnam ou de l’appui à l’enseignement ; du soutien aux filières de traduction /interprétariat (Palestine).

Les accords bilatéraux offrent aux étudiants étrangers des bourses d’été pour perfectionner leur connaissance du français. Le CGRI diffuse un répertoire des cours de français en Communauté française intitulé « Wallonie-Bruxelles -Cap Nord de la Francophonie -Apprendre le français en Communauté française de Belgique ».

Le CGRI assure, avec les milieux professionnels et en concertation avec l’AWEX, la présence de la Communauté française à un certain nombre de Salons et marchés du livre.

Dans plusieurs de ces salons, à connotation littéraire, le CGRI envoie des écrivains et un stand de promotion littéraire.

Dans plusieurs programmes bilatéraux, l’expertise de la Communauté française de Belgique est demandée pour renforcer l’enseignement du français (outre les pays déjà cités, des pays du Maghreb, RD Congo, Russie...).

Le français: langue de modernité

Outre le soutien à la coopération scientifique en général, le CGRI apporte son appui aux filières francophones dans les secteurs de l’économie (non seulement en Europe mais aussi au Vietnam), de l’informatique (Vietnam), des sciences sociales et politiques, du droit, du tourisme, du journalisme etc.

Le CGRI favorise l’ouverture de Centres d’études Wallonie+Bruxelles au sein d’universités partenaires: il s’agit d’assurer en français l’information sur les réalités de la Communauté Wallonie+Bruxelles et de ses Régions (ex: Aachen, Prague, Bologne, Pecs, Bucarest, Hanoi, etc. Enfin, l’envoi de CD de chanson à des radios étrangères (dans le cadre de Francophonie diffusion), vise à présenter la chanson contemporaine de Wallonie+Bruxelles; en partenariat avec l’Agence Internationale de la Francophonie (AIF), plusieurs coopérations bilatérales renforcent l’action des Centres de lecture et d’animation culturelle (les « CLAC » ) ou d’initiatives telles que les « Maisons de TV5 » (Burkina Faso)  Communiqué

 

Demain, d’autres membres

UE et OIF : candidature croate

Le président croate Stipe Mesic a déclaré, après un entretien avec son homologue français Jacques Chirac, qu’il espérait avoir « l’appui de la France » à l’adhésion de son pays à l’Union européenne. « L’adhésion de la Croatie peut aider à pacifier toute la région » a-t-il précisé. La Croatie, qui a déposé en février sa candidature à l’UE, souhaite obtenir en juin le statut de candidat et adhérer à l’Union à l’horizon 2007, avec la Bulgarie et la Roumanie.

Jacques Chirac a affirmé que Paris et Berlin avaient « émis un avis de principe favorable » à la candidature croate, « en attendant le rapport de la Commission » dans ce dossier. Le président croate a d’autre part assuré que Jacques Chirac avait appuyé la demande d’adhésion de la Croatie à l’Organisation internationale de la Francophonie. Alors que les échanges commerciaux franco-croates connaissent une très forte progression (+ 40% en 2002), M. Mesic a indiqué que le président français lui avait fait part du souhait des entrepreneurs français de voir la bureaucratie croate assouplie et simplifiée afin de favoriser les investissements. Une délégation du Medef se rendra en Croatie en juillet.  AFP

 

Raffarin « optimiste » sur l’entrée de la Roumanie dans l’UE

Lors d’un entretien avec son homologue roumain Adrian Nastase, le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin s’est dit « optimiste » sur l’entrée de la Roumanie dans l’Union européenne en 2007 : « Nous sommes optimistes parce qu’il y a une véritable volonté d’intégrer l’UE », a-t-il dit lors d’un point de presse à l’issue de l’entretien. « Nous voyons les efforts qui sont faits par le gouvernement roumain pour préparer cette adhésion. Nous travaillons ensemble sur le plan juridique, administratif pour essayer de tenir ces échéances », a-t-il ajouté. M. Raffarin s’est aussi félicité que des ateliers de coopération décentralisée - entre collectivités locales françaises et roumaines - soient prévus à l’automne 2004 en Roumanie. M. Nastase a « espéré » pouvoir organiser une année culturelle de la Roumanie en France en 2006 à l’occasion du sommet sur la Francophonie. Il a rappelé la coopération commerciale en plein développement entre les deux pays, notamment avec les projets du constructeur automobile français Renault en Roumanie. La compagnie aérienne nationale roumaine Tarom a aussi signé un contrat ferme pour l’achat de quatre monocouloirs Airbus A318 à l’occasion de sa visite. Le contrat, qui finalise une commande annoncée en 2003, s’élève à 160 millions de dollars.  AFP


Paix et stabilité en Europe : le principal enjeu

L’unification de l’Europe vise à assurer la paix et la stabilité politique sur tout le continent ; une prospérité accrue des citoyens européens, par l’extension du modèle socio-économique européen et de la zone euro – 500 millions d’Européens possèderont à terme la même monnaie – tout en respectant l’environnement ; le progrès de la démocratie, par le respect de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui s’articule autour des principes de dignité, d’égalité, de solidarité et de justice ; le renforcement du rôle international de l’Europe, notamment dans le domaine commercial .

En outre, la formation d’une Europe élargie constitue un enrichissement culturel : le 5ème élargissement rassemblera une trentaine de pays, de la mer Baltique à la Méditerranée et de l’Atlantique à la mer Noire. Autant de cultures à découvrir et plus de vingt langues parlées. Les chances offertes à tous pour étudier, travailler, résider et entreprendre dans toute l’Europe s’en trouveront accrues. L’enjeu est, ici, de sauvegarder cette diversité culturelle.

Pour garantir que l’élargissement ne s’effectue pas au détriment de l’édifice économique et social réalisé pendant les quarante premières années de la construction européenne, l’Union a, durant les négociations avec les pays candidats, insisté sur l’importance de la libéralisation des secteurs économiques et agricoles ; la réforme de la justice et de la police, et la lutte contre la corruption ; l’application des règles de sécurité agroalimentaire ; la lutte contre la criminalité organisée, économique et financière, contre le trafic de stupéfiants, contre la traite des femmes et pour le respect des droits des enfants ; le respect des droits des minorités ; l’amélioration de la protection de l’environnement, et surtout de la gestion des déchets, ainsi que de la sécurité des centrales nucléaires.

Le quasi-doublement du nombre d’Etats, aux situations économiques variées, soit plus de 100 millions nouveaux habitants, pratiquant 10 nouvelles langues, va demander aux quinze Etats-membres actuels certains efforts, notamment financiers.

 

Le coût de l’élargissement

Pour la période 2000-2003, la Commission européenne a affecté 13,2 milliards d’euros aux dépenses de préadhésion. Pour la période 2004-2006, plus de 41 milliards seront dégagés (40,8 pour les nouveaux Etats membres: subventions agricoles, aides régionales et d’infrastructure, sécurité nucléaire, administration publique et protection des frontières ; 540 millions pour tous les Etats : recherche, culture et éducation).
Dès leur adhésion, les nouveaux Etats membres versent 15 milliards d’euros au budget de l’UE. Tous les fonds prévus n’étant pas utilisés, la Commission européenne a donc calculé que le coût budgétaire net de cet élargissement pour la période allant jusqu’à 2006 ne devrait pas dépasser 10 milliards d’euros.  


Documentation UE.

 

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