Numéro 1 - 1e trimestre 2004
 

L’OIFet les Comores

Abdou Diouf, Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a participé à une réunion tenue sous l’égide de la Troïka de l’Union africaine sur la crise comorienne, et salué la signature, le soir même, à Moroni, par le Président de l’Union des Comores et les Présidents des trois îles autonomes, d’un accord sur les dispositions transitoires aux Comores. La veille, les 56 ministres francophones réunis à Paris avaient adopté une résolution « appelant les parties comoriennes à régler par le dialogue les conflits qui les divisent ». S’inscrivant dans le cadre de la mise en œuvre globale des dispositions prévues par l’Accord de Fomboni, signé en 2001, l’accord prévoit la tenue d’élections législatives pour l’Assemblée de l’Union et celles des îles autonomes, dans un délai de quatre mois.

L’Organisation internationale de la Francophonie (OIF)  s’est fortement mobilisée pendant trois ans autour de la crise comorienne : elle a d’abord initié et accompagné le processus de réconciliation, avec les autres Facilitateurs, jusqu’à la signature de l’Accord de Fomboni. Elle a ensuite apporté son soutien au fonctionnement des Organes prévus pour sa mise en œuvre, a ouvert un bureau de représentation à Moroni pour le suivi de la transition, a déployé une assistance électorale à l’occasion des scrutins de 2001 et 2002 et a participé à l’élaboration des avant projets de Lois organiques qui seront soumis, pour examen et adoption, à la future Assemblée nationale. Enfin, la Francophonie a réuni, à deux reprises à Paris les différentes parties comoriennes pour tenter de surmonter les difficultés persistantes que rencontrait le processus de réconciliation aux Comores.  Communiqué

Diversité culturelle et Francophonie

Première session plénière pour les trente-sept personnalités internationales désignées pour former le Haut Conseil de la Francophonie : responsables politiques, universitaires, écrivains, artistes, journalistes et spécialistes des médias, juristes, économistes ou entrepreneurs, ces personnalités sont originaires de pays francophones mais aussi du Brésil, d’Italie, du Japon, du Portugal, de la Russie, etc.

Cette première réunion de travail, organisée à Paris les 19 et 20 janvier, a porté sur le thème « Diversité culturelle et Francophonie, dans l’espace francophone et à l’échelle mondiale ». La Francophonie est, en effet, fortement impliquée dans le projet de Convention sur la diversité culturelle en préparation à l’UNESCO, Convention qui aura des répercussions majeures sur le développement des industries liées à la culture.

Les travaux de cette première session du Haut conseil ont surtout porté sur les divers aspects de la Diversité culturelle : rôle du français et des langues nationales, renforcement des relations avec les grandes aires linguistiques, nouvelles technologies, médias et communication, éducation et alphabétisation, problématique des religions et de la laïcité.

Les membres du Conseil, connus pour être des figures indépendantes, attachées au rayonnement de la langue française, ont une double vocation de veilleurs et d’éveilleurs. Laboratoire d’idées, le Haut Conseil a, en effet, pour rôle de nourrir, par ses débats, ses avis et recommandations adoptés par consensus, l’élaboration des politiques francophones communes. Observatoire de la Francophonie, il a également pour mission de publier, tous les deux ans, un rapport sur la Francophonie dans le monde, et de centrer ses travaux notamment sur les évolutions linguistiques au sein des Etats et gouvernements, et sur la place du français dans les organisations internationales.

Le Haut Conseil se réunit au moins une fois l’an en session plénière sur convocation du Secrétaire général de la Francophonie qui en assure la présidence. D’autres réunions pourront se tenir en cours d’année. Les membres sont nommés à titre individuel pour un mandat de quatre ans, renouvelable une fois.  Communiqué

Enseignement du français

Plus de 300 professeurs de français en Afrique non francophone ont été formés au cours de l’année 2003 au Centre international de recherche et d’études de langues à Lomé (Togo), géré en partenariat avec l’Agence intergouvernementale de la Francophonie. Provenant du Nigeria et du Ghana, deux pays d’Afrique anglophone où la demande d’apprentissage du français est en progression constante, ces enseignants du secondaire et du supérieur ont suivi des cours intensifs de perfectionnement.  Communiqué

Médias

« Médias pour la paix en Afrique centrale », est le thème du séminaire qui a réuni du 19 au 27 janvier à Bujumbura (Burundi) une quarantaine de journalistes de radio travaillant dans les zones de conflit, notamment en Centrafrique, au Burundi, en République démocratique du Congo et au Rwanda. Organisée par l’Institut Panos Paris en partenariat avec l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, cette rencontre a été l’occasion de discussions et d’échanges instructifs entre journalistes de terrain souffrant souvent de l’isolement dans lequel les contraignent l’insécurité et la complexité des événements qu’ils doivent couvrir.  Communiqué

Coopération économique

Un cours de politique commerciale à l’intention d’une quarantaine de cadres de la fonction publique et du secteur privé de six pays francophones membres de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) s’est déroulé du 26 janvier au 6 février à Libreville (Gabon). Organisée en partenariat avec l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, dans le cadre de son projet pour le renforcement de l’expertise francophone en négociations d’accords commerciaux multilatéraux, cette formation a porté notamment sur l’Afrique dans la mondialisation, les intégrations régionales, les négociations commerciales entre l’Europe et les pays ACP et l’accord de partenariat CEMAC-UE.  Communiqué

Coopération parlementaire

La section française de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) qui a tenu son Assemblée générale le 4 février au siège de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie. A cette occasion, elle a auditionné l’Administrateur général de l’Agence, M. Roger Dehaybe, qui a présenté les grandes lignes de la programmation 2004-2005. La trentaine de parlementaires français participant à cette réunion ont souligné le renforcement constant de la coopération entre l’APF et l’Agence notamment pour les initiatives politiques et diplomatiques, le renforcement des capacités des parlements et les activités spécifiques tel le Parlement francophone des Jeunes et le réseau des femmes parlementaires.  Communiqué

Instances de la Francophonie

Le budget et la programmation 2004 – 2005 de l’Agence ont été adoptés par la Conférence ministérielle de la Francophonie, réunie les 18 et 19 décembre 2003 à Paris, qui a salué le renforcement de l’approche stratégique et la prise en compte effective de la dimension régionale dans cette nouvelle programmation. Les 50 ministres des États et gouvernements membres de l’Agence ont également salué la grande qualité du travail réalisé durant le dernier biennum (2002-2003) et réaffirmé la priorité qu’ils accordent à l’éducation de base en augmentant son budget de 75%.  Communiqué

Solidarité et développement

Une banque d’expertise francophone vient d’être mise en place et en ligne par l’Agence sur le site portail http://expertise.francophonie.org/ dans le but de mobiliser la meilleure expertise au service du développement. Consultants et experts francophones du monde entier - individus, organisations publiques, associations et ONG, bureaux d’études ou sociétés de conseil - dont les activités et les domaines de compétence ont un rapport direct avec les questions du développement des pays du Sud et avec les domaines d’intervention de l’Agence, peuvent s’inscrire dans cette base de données destinée à faciliter le recrutement de l’expertise. Utilisée, dans un premier temps par l’Agence, pour la mise en œuvre de ses programmes, la banque appuiera aussi les partenaires institutionnels de l’Agence (opérateurs de la Francophonie, organisations internationales et régionales, États et gouvernements membres…) à la recherche d’une expertise diversifiée et de qualité.  Communiqué

Société de l’information

La participation au Sommet mondial sur la société de l’information, dont la première phase s’est déroulée du 10 au 12 décembre à Genève, a été l’occasion, pour la Francophonie de mesurer l’adéquation de sa contribution adoptée à la Conférence ministérielle sur la société de l’information (Rabat, septembre 2003) avec les préoccupations de la communauté internationale, notamment sur les questions de la diversité culturelle, du rôle des médias et de la bonne gouvernance. L’Agence qui s’est mobilisée pour la préparation de ce grand rendez-vous international a organisé à Genève un débat sur « le choix des logiciels libres : contrainte ou solution » et animé un stand d’exposition présentant ses actions dans le domaine des technologies de l’information et de la communication.  Communiqué

Médias

Une radio SEFOR a été créée sur la chaîne 2 de la Radio-Télévision du Mali à l’issue de la 13e édition du SEFOR (séminaire de formation pour les professionnels des radios et télévisions francophones publiques) qui s’est tenue du 28 novembre au 3 décembre 2003 au Palais des congrès de Bamako (Mali) sous la présidence du premier ministre malien Ahmed Mohamed Ag Hamani. Organisé conjointement par l’Agence et par le Conseil international des radios télévisions d’expression française (CIRTEF), le séminaire avait pour thème cette année «le rôle déterminant des médias dans la promotion de la diversité culturelle ».  Communiqué

Aide à la presse

Six entreprises de presse du Sud obtiennent un soutien de l’Agence pour un montant global de 75 787 euros qui leur permettront de mettre en œuvre leurs projets de développement interne. La dernière commission de sélection du Fonds de soutien à la presse francophone du Sud a retenu les requêtes présentées par Le Républicain (Bénin), L’Evènement et Le Journal du Jeudi (Burkina Faso), Le Patriote (Côte d’Ivoire), New Magazine (Madagascar) et Nouvel Horizon (Sénégal). Ces journaux pourront, grâce à cette contribution, acquérir du matériel informatique pré-presse, des instruments de reportage, équiper leur rédaction, développer un site Internet ou un système de gestion informatisé de leur documentation.  Communiqué

Le français en Europe

34 journalistes francophones de radios et télévision de 9 pays d’Europe centrale et orientale candidats à l’Union européenne (Bulgarie, Chypre, Hongrie, Lituanie, Malte, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, République Tchèque) ont suivi du 4 au 7 décembre à Budapest (Hongrie) un stage sur le thème : « Comment traiter l’information européenne dans les médias audiovisuels ? ». Organisé par l’Agence en partenariat avec le Ministère français des Affaires étrangères, dans le cadre du « Plan pluriannuel d’action pour le français en préparation de l’élargissement de l’Union européenne », ce séminaire professionnel était animé par deux formateurs de l’École supérieure de journalisme de Lille (France) ainsi qu’un expert de l’Agence.  Communiqué

Enseignement du français

Le français est un enjeu majeur pour les pays arabes francophones, tel est le premier constat issu de la réunion régionale, organisée par l’Agence à Beyrouth (Liban) du 9 au 11 décembre sur l’état de l’enseignement du français dans six pays d’Afrique du Nord et du Moyen Orient (Algérie, Égypte, Liban, Maroc, Mauritanie, Tunisie). La quarantaine d’enseignants, d’experts et de responsables de l’éducation nationale des pays concernés participant à cette rencontre ont souligné que le développement de l’enseignement du français et en français dans les systèmes éducatifs, notamment dans les contextes scolaires bilingues, est un moyen d’ouverture sur le monde et d’accès à un savoir différencié.  Communiqué

Édition

Le Prix Alioune Diop pour l’édition en Afrique, organisé chaque année par l’Agence en partenariat avec la Direction du livre du Sénégal, pour favoriser la création littéraire et éditoriale dans l’espace francophone, a été décerné aux éditions marocaines Tarik (1er prix) et aux Nouvelles éditions ivoiriennes (2e prix). Le Jury, réuni à l’occasion de la Foire internationale du livre de Dakar (Fildak, 4 au 9 décembre) a effectué son choix parmi 25 candidatures en provenance de 9 pays.  Communiqué

Jeunesse

57 nouveaux titres pour la jeunesse, représentant une production d’environ 300 000 livres ont été retenus par le comité de sélection du Fonds de soutien à l’édition pour la jeunesse de l’Agence qui s’est réuni à l’occasion de la Fildak. Présentés par 22 maisons d’édition de différents pays francophones, ces ouvrages devront être publiés avant la fin de l’année 2004. Depuis 2001, l’Agence a attribué, au titre de ce fonds, une enveloppe globale de 850 000 euros qui a permis la création de 200 nouveaux titres de littérature pour les jeunes, ce qui représente une production totale de près d’un million de livres publiés par une cinquantaine d’éditeurs francophones.  Communiqué

Arts Plastiques

16 jeunes artistes venus de dix pays d’Afrique centrale se sont retrouvés à Kinshasa (RDC) du 19 au 21 novembre pour un séminaire organisé par l’Agence en collaboration avec le Centre Wallonie-Bruxelles et le Centre culturel français de Kinshasa pour des « Echanges d’expériences artistiques dans le domaine de l’art contemporain ». Inaugurée par Mme Pierrette Gene, ministre de la Culture et des Arts de la République démocratique du Congo, cette rencontre visait à aider les jeunes créateurs, notamment pour l’accès aux manifestations culturelles internationales et promouvoir la diversité culturelle.  Communiqué

Lecture publique

Les coordonnateurs des Centres de lecture et d’animation (Clac) se sont retrouvés, à l’initiative de l’Agence, à Mbodiene (Sénégal) du 8 au 18 décembre pour une formation aux nouvelles techniques d’animation et de gestion et pour mesurer l’évolution de la fréquentation et de l’implication des autorités locales et nationales. Les 203 Clac installés dans 17 pays francophones du Sud sont organisés en 21 réseaux qui relèvent chacun d’un coordonnateur.  Communiqué

TV5 au Maghreb

La chaîne francophone internationale TV5 (câble et satellite) est regardée par près de 8 millions de téléspectateurs chaque jour au Maghreb, selon une étude publiée mercredi par la chaîne et réalisée en novembre par Oxford Research International.

L’audience cumulée quotidienne de TV5 a ainsi enregistré « une progression de 163% en deux ans » au Maghreb, a indiqué la chaîne dans un communiqué, soulignant qu’elle jouit d’ »une forte notoriété » dans cette région. Les téléspectateurs du Maghreb, qui voient TV5 comme une « chaîne culturelle et ouverte sur le monde », préfèrent regarder ses programmes d’information et ses documentaires, avant le cinéma, les fictions et les programmes de divertissement, a indiqué TV5. L’audience cumulée quotidienne de TV5 est de 5.416.710 téléspectateurs au Maroc, 1.821.615 en Algérie et 623.049 en Tunisie, « loin devant BBC World, CNN International et Euronews », selon cette étude. « Au Maroc, l’audience exceptionnelle de TV5 en fait la première chaîne francophone devant les chaînes françaises » TF1, France 2, France 3 et France 5, ainsi que devant la chaîne franco-allemande Arte, a relevé TV5. Dans le monde, la chaîne francophone est créditée d’une audience quotidienne cumulée de 23 millions de téléspectateurs, selon le communiqué.  AFP citée par TV5

Chirac et les Hongrois

Le président Jacques Chirac se déclare favorable à « l’implantation d’une université francophone » en Hongrie, « rassemblant toutes nos énergies et ouverte aux réalités européennes », dans une interview publiée par le quotidien hongrois Nepszabadsag et rendue publique par l’Elysée. « La culture est un enjeu décisif pour l’Europe », dit Jacques Chirac, qui effectue lundi et mardi une visite officielle en Hongrie. « Je sais pouvoir compter sur la Hongrie comme partenaire actif, dans l’Union européenne et dans les instances internationales, pour défendre la diversité culturelle et linguistique et promouvoir la spécificité des produits et des biens culturels ». « La Hongrie comme la France sont des terres de savoir. Leurs universités comptent parmi les plus anciennes d’Europe. Dans un pays épris de culture, où nous voyons avec plaisir que la langue française tient toute sa place et est considérée comme une langue d’excellence, il est normal que nous travaillions à l’implantation d’une université francophone, rassemblant toutes nos énergies et ouverte aux réalités européennes », ajoute Jacques Chirac. Le président français assure également que « la France soutiendra chaleureusement », lors du sommet de la Francophonie à Ouagadougou en novembre « la demande de la Hongrie d’être admise, comme observateur au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie ».  AFP

Chirac et Israël

Le président Jacques Chirac a déclaré qu’il était « tout à fait favorable » à l’admission d’Israël au sein de la Francophonie, tout en reconnaissant que, « dans l’état actuel des choses », il n’y a « pas de possibilité de surmonter » le « veto » de certains pays membres. Le président français a indiqué que la question serait à nouveau évoquée lors du prochain sommet de la Francophonie à Ouagadougou, en novembre. Jacques Chirac a toutefois souligné que « le pacte initial » entre les Etats-membres « prévoit que chaque pays a un droit de veto pour l’élargissement ». « C’est ça notre problème. Je souhaite naturellement qu’Israël entre », a-t-il dit en faisant valoir que les Français ne sont « pas les responsables, les chefs de la Francophonie », « une association démocratique gérée à partir de ses statuts par ses propres responsables ». « Dans l’état actuel des choses, juridiquement, à partir du moment où il y a une opposition, il n’y a pas de possibilité de la surmonter », a conclu le président français. Selon son entourage, Jacques Chirac souhaite qu’ »un consensus se crée pour permettre dès que possible l’admission d’Israël ». En attendant cette admission, il souhaite que se développent « des liens entre institutions israéliennes et réseaux francophones, notamment dans le domaine universitaire, dans celui des entreprises ou des collectivités territoriales ». L’admission d’Israël - où le français est parlé par un million d’habitants - au sein de la Francophonie se heurte à la vive opposition de pays membres notamment du Liban qui, en 2002, a accueilli le IXe sommet de la Francophonie.  AFP

Partenariat RFO - AUF

Le Réseau France Outre-Mer (RFO, radio et télévision) et l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) ont signé jeudi un accord de partenariat pour « rapprocher ces deux  opérateurs clefs dans les relations entre les pays de la francophonie ».    Ce partenariat « permettra de montrer que la langue française est un vecteur de développement des connaissances scientifiques », ont estimé RFO et l’AUF dans un communiqué commun. RFO, par le biais de ses antennes de radio et de télévision, fera connaître les actions de l’AUF, ont-ils ajouté. Fondée à Montréal en 1961, l’AUF est une association présente dans 35 pays et réunissant 470 établissements d’enseignement supérieur et de recherche. L’AUF « soutient la coopération et la solidarité entre les institutions universitaires de langue française dans les pays francophones du monde entier » et « contribue également au développement de l’enseignement supérieur et de la recherche dans les pays émergents ».  AFP

Chirac et l’économie

Jacques Chirac a appelé les pays francophones à devenir des modèles de confiance dans l’entreprise et de dynamisme et à se mobiliser davantage pour la place du français dans la vie économique internationale.  « Il est temps qu’à leur tour les pays francophones deviennent des modèles de confiance dans l’entreprise et de dynamisme dans la création de richesse », a déclaré le chef de l’Etat à l’occasion de la XIXe conférence ministérielle de la Francophonie, à Paris. « C’est ainsi qu’ils pourront atteindre ce taux de croissance annuel de 7%, qui leur permettra de faire reculer de façon décisive la grande pauvreté », a-t-il ajouté par allusion aux études montrant que certains pays du Sud devaient dépasser 6% de croissance pour sortir de l’exclusion.  Jacques Chirac a souligné que la francophonie regroupait quelques nations parmi les plus riches du monde, « décidées à accroître leur effort d’aide publique au développement », des pays en transition, en Europe centrale et orientale, mais aussi. « des pays du Sud, dont les peuples vivent dans la précarité ». « Un thème préoccupant doit nous mobiliser davantage : celui du fait francophone dans la vie économique internationale », a ajouté le président de la République. Il a estimé que la tendance était « de plus en plus à l’anglais » pour la langue de travail dans les entreprises transnationales, l’établissement de normes comptables ou la protection intellectuelle ou industrielle. « Nous devons réagir, encourager des réalisations et eiller, comme nous l’avons fait à Genève, à la présence du français dans la société de l’information, inciter nos entreprises à travailler et communiquer aussi en français », a-t-il dit. Après son allocution devant les membres de la Conférence ministérielle, à l’Elysée, Jacques Chirac a remis leur distinction aux lauréats du Prix de la francophonie économique. Il s’agit du Libanais Armand Pharès, président du Rassemblement de dirigeants et chefs d’entreprises libanais (RDCL), et du Béninois Boni Yayi, président de la Banque ouest africaine de développement (BOAD) notamment.  AFP

Cinéma

Le fonds de l'Agence internationale de la francophonie (AIF) va allouer 775.000 euros pour soutenir 24 productions cinématographiques des pays du sud, a indiqué Jean-Claude CREPEAU, directeur du département Cinéma et Médias de l'AIF, à Djibouti. La commission d'attribution des subventions de l'AIF, qui compte également des directeurs de programmes ou des réalisateurs du Centre international des radios et télévisions francophones (CIRTF), a examiné quelque 80 dossiers ou projets de films, courts ou longs métrages, séries télévisées, documentaires", a-t-il expliqué, sans plus de détails sur les bénéficiaires de l'aide de l'AIF. « Nous établirons dans une semaine la liste des projets de productions qui ont eu l'aval de la commission technique et artistique », a-t-il ajouté. L'AIF a également reçu de nombreuses demandes de subventions pour la finition ou l'achèvement de productions audiovisuelles. "Beaucoup tentent d'être présents au prochain festival du cinéma africain de Ougadougou, le Fespaco", a-t-il souligné.  AFP

Pour l’accueil

La Francophonie, présente sur les cinq continents, souhaite que ses membres se montrent "plus audacieux et plus courageux pour favoriser la circulation des personnes et améliorer l'accueil des jeunes, des étudiants, des enseignants, des chercheurs, des artistes, des créateurs, des entrepreneurs". Ce voeu a été formulé à Paris au terme de deux jours de débats, par Abdou Diouf, le secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), qui regroupe plus de 500 millions de personnes et représente plus du quart des Etats membres de l'ONU. Le chercheur français Dominique Wolton, qui a fait la synthèse des travaux du Conseil Consultatif de l'OIF, une de ses instances, a indiqué que cette volonté concernait essentiellement les visas et  les bourses universitaires.    Abdou Diouf a par ailleurs indiqué que les participants à cette réunion avaient longuement évoqué le projet de convention internationale promouvant la diversité culturelle. L'élaboration de cette convention sous l'égide de l'UNESCO, à laquelle la Francophonie s'est ralliée en 2002, a, selon l'ancien président sénégalais, fait "l'objet d'une action énergique de la Francophonie" et abouti à l'adoption par la conférence générale de l'UNESCO, fin 2003, "d'une décision favorable". Les 37 membres du Conseil consultatif de la Francophonie, qui regroupe des personnalités originaires de pays francophones, mais aussi du Brésil, d'Italie, du Japon, du Portugal, de Russie, notamment, ont tenu à Paris leur première réunion de travail depuis sa création en 2001. Siègent notamment à ce Conseil les anciens présidents roumain Emil Constantinescu et malien Alpha Oumar Konaré, le secrétaire général de l'Organisation de la Conférence Islamique (OCI), Abdelouahed Belkeziz, l'ancien directeur du Fonds Monétaire International (FMI) Michel Camdessus et l'ancien secrétaire général de l'ONU Boutros Boutros Ghali.  AFP

Chirac diversité et terrorisme

Jacques Chirac a appelé mardi à faire de la francophonie l'un des espaces du dialogue des cultures, face à la menace du terrorisme et au risque d'un choc des civilisations. « Le monde contemporain est marqué par le terrorisme, par la montée du ressentiment entre les peuples. Même si j'en perçois le danger, je récuse la fatalité d'un choc des civilisations. Je crois qu'il existe un antidote à ce poison: le dialogue des cultures », a dit le chef de l'Etat, qui s'exprimait lors d'une réception organisée à l'Elysée pour la première session, à Paris, du conseil consultatif de la francophonie. « Nous francophones, issus de tous les continents et de civilisations variées, nous devons le pratiquer davantage entre nous, multiplier les échanges avec les grandes aires culturelles du monde, trouver des instruments efficaces pour préserver la diversité des langues et des cultures », a-t-il ajouté. « La diversité s'épanouira d'autant mieux que nous saurons défendre l'universalité des droits de l'homme » a insisté Jacques Chirac. « Fiers de leurs valeurs, de la liberté conquise par leurs peuples, de la démocratie qu'ils s'attachent à construire, les francophones doivent parler d'une voix forte de ce qui forme le coeur de leur patrimoine commun », a-t-il poursuivi, évoquant « la question brûlante de la solidarité internationale ».  AFP

Commission politique de l'APF

Droits de l'Homme, démocratie et développement ont été évoqués par la commission politique de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) qui a tenu ses travaux à Nouakchott. (Mauritanie). La commission a étudié la situation en Haïti, en Centrafrique, en Guinée, au Congo, entre autres pays, a précisé son président M. Cazenave au cours d'une conférence de presse, assurant que son organisation s'investissait pour que la situation se normalise dans l'espace francophone. Selon lui, en Afrique, « il y a lieu d'être optimiste » s'agissant de l'évolution de la démocratie et des droits de l'Homme. L'APF, a-t-il dit, est convaincue qu'il n'y a pas de fatalité et qu'il est nécessaire de mobiliser les énergies pour accompagner cette évolution. A propos de la Côte d'Ivoire, M. Cazenave a estimé qu'il n'y avait "pas d'alternative" à l'application des accords de paix de Marcoussis. Il a lancé un appel à toutes les parties "qui traînent encore les pieds" à se mobiliser pour parvenir à la paix. « Nous sommes moins inquiets aujourd'hui, en raison de l'engagement de l'ONU qui a décidé d'envoyer des Casques bleus en Côte d'Ivoire, mais nous sommes impatients de voir tous ces efforts aboutir aux objectifs tracés par Marcoussis » a-t-il ajouté. Une cinquantaine de délégations de pays membres ont participé à cette réunion.  AFP

 

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