Numéro 4 - 4e trimestre 2003


International:

Le Roi Albert II et la reine Paola au Centre Wallonie Bruxelles de Paris

Au cours d'une visite d'Etat en France qui, fin octobre dernier, les a menés à Paris et à Lille, les souverains belges ont certes été reçus à l'Elysée et à Matignon, mais ils se sont aussi autorisé une visite moins protocolaire au Centre culturel de la Communauté française

La capitale parisienne avait pris les couleurs rouge-jaune-noir, le temps d'accueillir, fin octobre dernier et pour la première fois depuis l'accession au trône d'Albert II, le couple royal qui s'est accordé une pause culturelle belgo-belge, en venant au Centre Wallonie Bruxelles de Paris. Une pause, somme toute, éloignée des considérations politiques échangées par Jacques Chirac, lors de la réception à l'Elysée et par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, lors de la réception à Matignon. Rappelant qu'il y a, entre la Belgique et la France, convergence de vue sur la construction européenne, le président de la République française a notamment mis en exergue le rôle joué par la Belgique et ses hommes politiques, lors de la crise irakienne. " Pour vous et nous, il n'y a pas d'alternative aux Nations Unies. Elles seules assurent la participation de tous à la gestion des affaires du monde. Elles seules garantissent la légitimité et la démocratie, tout particulièrement lorsqu'il s'agit de décider du recours à la force et d'édicter des normes universelles ", a dit Jacques Chirac, rappelant la bonne entente franco-belge sur bien des dossiers.
La réception au Centre Wallonie Bruxelles qui se situe en face du centre Georges Pompidou, de l'autre côté de la piazza Beaubourg, se voulait évidemment culturelle. Accueillis par Marc Kohen, le directeur du Centre, entourés par Hervé Hasquin, ministre-président de la Communauté française, Louis Michel, vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Christian Dupont, ministre de la Culture de la Communauté française ainsi que par Jean-Jacques Aillagon, ministre français de la Culture et de la Communication, le roi et la reine se sont immergés, un long moment, dans le petit monde des artistes qui vivent à Paris ou qui - à l'instar de Philippe Geluck, le père du Chat - font le voyage en Thalys pour se produire dans la ville-lumière. Le Centre culturel de la Communauté française avait, en effet, choisi de réunir bon nombre de créateurs belges de France, quelques-uns participant à une table-ronde animée par Christine Ockrent. Paraphrasant Montesquieu, la journaliste d'origine belge leur avait demandé de répondre à une simple question : " Comment peut-on être artistes belges à Paris ? " De la chanteuse Annie Cordy à l'écrivain Dominique Rolin, du dessinateur Philippe Geluck au peintre Michel Folon, de la comédienne Alexandra Vandernoot au musicien Serge Dorny, sans oublier le plasticien Patrick Corillon, le cuisinier étoilé Yvan Zaplatilek ou Jozef Deleu, longtemps animateur de la revue " Septentrion " et qui " habite à douze mètres de la France ", tous ont expliqué que leur venue en France avait été motivée par le désir de réussir, de s'imposer dans leur métier. Installés temporairement ou provisoirement, ils évoquent cependant leur pays de naissance avec nostalgie, pointant le surréalisme belge, la Côte et les forêts ardennaises, le waterzooï et les spéculoos, ce que l'écrivain Patrick Roegiers appelle " Le Mal du pays ", titre de son dernier ouvrage.
Pour Michel Folon, quitter la Belgique a été pénible. Mais la France a reconnu l'artiste. " Je suis parti sans rien et, trente ans plus tard, je revenais avec 500 toiles que j'ai offertes à la Belgique ", explique le peintre, ému. " Je suis heureux à Lyon, mais quand j'ai un coup de cafard, je rentre humer l'air de Coxyde et de Saint-Idesbald ", assure Serge Dorny, directeur de l'opéra de Lyon. Publiée chez Gallimard, l'écrivain Dominique Rolin, qui porte fièrement ses 93 ans, précise que ses rêves sont belges. " La France est mon pays, mais la Belgique est ma patrie ", insiste, pour sa part, la comédienne Alexandra Vandernoot. Philippe Geluck, lui, vit en Belgique et, dit-il, " descend " à Paris où il alterne émissions de radio (celles de Laurent Ruquier sur Europe 1) et de télévision (" Vivement dimanche " de Michel Drucker). En outre, jusqu'au début 2004, il " passe " à l'exposition qu'il a montée, fin octobre, à l'Ecole nationale des Beaux-Arts où il a reçu le titre de chevalier des Arts et des Lettres des mains de Jean-Jacques Aillagon.
" Ni Belge, ni français " mais un heureux cocktail des deux nationalités. " C'est là ma source de création " juge Patrick Corillon, tandis qu'Yvan Zaplatilek qui a ouvert un restaurant à Paris, il y a plus de vingt ans, trouve sa source d'inspiration culinaire en Belgique et à Bruxelles. Et cela plaît aux Français qui se montrent, par ailleurs, toujours fans d'Annie Cordy. La chanteuse, qui " rêve en belge " ne cesse de se produire, avec succès, sur les scènes parisiennes….
Le roi a apprécié ce petit tour d'horizon, se réservant la dernière question. A Christine Ockrent, il a demandé de raconter " son histoire de belge ". Si elle est venue très jeune à Paris, la journaliste, qui a mené toute sa carrière en France, continue de soigner sa " belgophilie ". Cet après-midi-là, au Centre Wallonie Bruxelles, visiblement, personne n'avait trouvé d'antidote à cette maladie... Christine Simon- à Paris

Vu de Bulgarie : Journalistes et diplomates discutent de l'information européenne

Le lundi 10 novembre à l'Institut français de Sofia s'est tenue une réunion de la Section bulgare de l'Union internationale de la Presse francophone (U.P.F.) au cours de laquelle Mme Maya Vassileva, journaliste au journal "Dvevnik", et M. Petko Azmanov, journaliste à l'Agence de Presse bulgare (BTA), ont présenté leurs impressions en tant que participants à un séminaire sur le thème " L'information européenne dans les médias " qui s'est tenu à Ljubljana, Slovénie, du 15 au 20 octobre 2003. Les participants bulgares ont été choisis par l'ambassade de France à Sofia.
A la réunion ont participé des diplomates des ambassades de France et de Belgique, de l'Institut français de Sofia et des journalistes de différents médias bulgares.
Mme Maya Vassileva a mentionné les thèmes abordés lors du séminaire à Ljubljana: l'approche française aux actualités européennes en comparaison avec les autres pays, les difficultés des journalistes qui traitent les problèmes européens à présenter aux lecteurs les atouts de l'élargissement à un langage compréhensible.
M. Petko Azmanov a parlé de l'expérience française dans l'approche du thème sur l'UE qui était présentée à Ljubljana par deux intervenants français.
Apres les interventions des deux journalistes bulgares qui ont remercié l'Agence internationale de la Francophonie d'avoir si bien organisé le séminaire en Slovénie. une discussion a eu lieu sur le thème des informations sur l'UE dans les medias.
M. François-Xavier Tilliette, Premier secrétaire à l'Ambassade de France en Bulgarie, a partagé l'opinion que même si le thème soit bien couvert dans l'ensemble par les médias bulgares ce qui manque un peu non seulement en Bulgarie mais aussi bien dans les autres pays, ce sont des articles de fond qui présentent quels sont les enjeux de l'adhésion d'un pays à l'UE.
Mme Rossitza Nikolova, journaliste au quotidien "Novinar" a fait une distinction entre la couverture institutionnelle de l'actualité européenne et celle du quotidien. A son avis dans la presse locale en France on pourrait trouver des articles qui montrent ce que c'est pour une personne de vivre dans l'Europe élargie
M. Marc Verheyleweghen , Premier secrétaire à l'Ambassade de Belgique en Bulgarie, a insisté sur la complexité du processus d'intégration. Il a remarqué qu'en lisant les journaux il apprécie l'ancrage dans le concret, mais il aimerait bien y retrouver aussi la vision des résultats de l'intégration à long terme. Il y a peu d'articles qui expliquent les bases de l'UE, les quatre libertés de circulation au sein de l'UE etc. Les journaux devraient expliquer d'une manière compréhensible la partie théorique de l'intégration européenne.
Melle Maria Dimitrova, journaliste à la Radio nationale bulgare, a approuvé qu'il serait intéressant de voir la répercussion du processus d'élargissement sur la vie de chacun d'entre nous mais on a peu de connaissances dans ce domaine-là. Il faut trouver des sources d'informations qui pourraient aider les journalistes à expliquer qu'est ce que représente l'UE au quotidien.
M. Milan Milanov, ex-rédacteur en chef de la revue "Europa 2000", a remarqué qu'il ne faut pas attendre que quelqu'un vienne de Bruxelles pour nous expliquer comment l'élargissement va se référer sur notre vie privée. C'est aux journalistes d'apprendre, d'avoir la compétence nécessaire, d'aller explorer. Bien sûr ce n'est pas toujours facile mais il faut faire des efforts.
Les journalistes ont parlé de la présentation dans les médias des programmes de l'UE auxquels les Bulgares peuvent participer. On s'aperçoit que même des personnes qui vivent dans les villages commencent à s'intéresser à ces programmes et à monter des projets. Peu à peu à travers les programmes de l'UE les gens commencent à comprendre que l'UE signifie quelque chose et ça concerne chacun d'entre nous. Guerguina DVORETZKA - Journaliste a la Radio nationale bulgare et présidente de la Section bulgare de l'U.P.F.



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