Numéro 4 - 4e trimestre 2003


Culture:


Le Festival du Film Francophone de Namur 2003: un excellent millésime!


La 18ème édition du FIFF (Festival International du Film Francophone) a présenté de nombreuses productions intéressantes et plusieurs films remarquables! Et, comme d¹habitude, dans ce climat de simplicité et bon enfant, qui est d¹une part, loin des paillettes et de l¹agitation frénétique d¹autres festivals tels que Cannes, et qui, d¹autre part, permet à chacun de voir tous les films pendant la semaine du festival pour la modique somme de dix euros.

La cérémonie de remise des Bayards d¹Or a eu lieu le 3 octobre en présence notamment du président d¹honneur Gérard Corbiau, de Jean-Louis Close, président, Dominique Jamar, directrice générale, Nicole Gilet, directrice des programmes ainsi que de nombreux invités, dont Jean-Claude Brialy, Philippe Volter, Andrej Zulawski...sans oublier Olivier Strebelle, créateur de la sculpture du fameux Bayard.
Le Bayard d¹Or du meilleur film est allé à ³la Grande Séduction² de Jean-François Pouliot (Québec).Celui de la meilleure comédienne a été décerné, à juste titre, à Rokhya Niang qui y tient un rôle superbe dans Madame Brouette, de Moussa Sene Absa (Sénégal/Québec) C¹est également un film québécois ³20h17, rue Darling² qui voit son acteur Luc Picard recevoir le Bayard du meilleur comédien. Quant au Bayard d¹Or du meilleur scénario, il a été attribué à ³Les Yeux Secs² de Narjiss Nejjar (Maroc), un film à voir dès que vous pouvez!
Une mention spéciale du Jury parfaitement méritée a été obtenue par ³Le Silence de la Forêt² (Cameroun/ Rép. Centrafricaine/Gabon). A voir également!
Le film de clôture ³le Tango des Rashevski² de Sam Gabarski (France/Belgique/ Luxembourg) est une autre production excellente (scénario de Philippe Blasband, dialogues et jeu des acteurs enthousiasmants).
Enfin, le prix du public de la Ville de Namur a été décerné à une oeuvre forte ³Le Soleil Assassiné² (Algérie/France/Belgique) de Abdelkrim Bahloul qui est l¹histoire vraie du poète français (pied noir) Jean Sénac, qui a choisi de rester en Algérie pour initier des jeunes à la littérature et au théâtre en langue française, un combat qui déclenchera son assassinat. Le rôle du poète martyr est admirablement interprèté par Charles Berling. Et n¹oublions pas ³la Petite Lili², de Claude Miller qui devait ouvrir le festival. La distribution y est un régal: notamment, aux côtés de l¹interprète du rôle-titre Ludivine Sagnier, Nicole Garcia, Bernard Giraudeau, ...sans oublier le toujours excellent Jean-Pierre Marielle!
On ne peut hélàs citer tous les films remarquables de cette très féconde 18ème édition. Nous voudrions parler par exemple de ³St Germain ou la négociation², de Gérard Corbiau, avec notamment une interprétation superbe de Jean-Rochefort en ambassadeur de France chargé de négocier avec les protestants, et aussi de Marie-Christine Barrault en Catherine de Médicis. Ou, encore de ³L¹Outremangeur² de Thierry Binisti où on assiste à un duo surprenant entre la très bonne comédienne Rachida Brakni et un étonnant Eric Cantona (l¹outremangeur). On y retrouve aussi Richard Bohringer. Très humain! Quand ces oeuvres de vrai cinéma passeront, espérons-le, dans les salles, courrez les voir plutôt que les navets à effets spéciaux et sons assourdissants, mais champions du ³box office², que les distributeurs parviennent malheureusement à imposer à un certain public cruellement dépourvu de culture et de sens critique. Et, bien sûr,dans le registre très humain et comique à la fois, il y a ³Père et Fils² de Michel Boujenah , où entre autres, Philippe Noiret campe un personnage savoureux.
Par ailleurs, si le FIFF est une intéressante vitrine du cinéma francophone et un lieu de découvertes inestimable - combien de films de grande qualité n¹auraient pas l¹occasion d¹être connus sans ce festival? - il s¹attache aussi précisément à promouvoir et diffuser ce cinéma qui est souvent jugé pas assez commercial par le monde de la distribution. Or, le FIFF invite chaque année des acheteurs étrangers et des distributeurs belges, en vue d¹augmenter les chances de ces oeuvres d¹être diffusées en salles.
Les années précédentes, 3 ou 4 films étaient achetés en moyenne, à la suite du Festival. Depuis 2002, on est passé à 17 films achetés par les distributeurs; et 14 films ont déjà été achetés, quelques semaines après l¹édition 2003 du festival !
Il ne faut donc pas abandonner -grâce à des manifestations comme le FIFF - l¹espoir de voir aussi, dans les salles grand public, passer certaines oeuvres qui méritent de s¹appeler du cinéma. Théo LOIR


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