Numéro 2 - 2e trimestre 2003


Culture:


BRUXELLES RETROUVE UN FESTIVAL DU FILM.

Le Festival du Film Européen -1ère édition- s'est tenu à Bruxelles du 25 avril au 3 mai 2003 dans le bâtiment mythique " Flagey ", l'ancienne maison de la radio- télévision belge restaurée en un beau lieu de spectacles.

Disons immédiatement qu'il ne s'agit pas de la reprise du festival du film international de Bruxelles interrompu depuis sa dernière édition en 2001, mais bien d'un tout nouveau festival, puisque dans un autre esprit et avec une nouvelle formule. Et, surtout de nouveaux objectifs. Il s'agit cette fois d'une compétition et d'une sélection limitée à la production européenne. Selon son directeur Dominique Janne, ce festival sera " une tête chercheuse des jeunes talents européens, en axant sa programmation exclusivement sur les premières et deuxièmes oeuvres ". Donc, une rampe de lancement pour les jeunes réalisateurs européens. L'accent jeune est d'ailleurs une caractéristique prioritaire de ce festival, de l'emblème omniprésent - l'enfant autoritaire pointant un index dominateur - jusqu'à la tenue ado branchée -chemise obligatoirement hors du pantalon - en passant, plus sérieusement, par la nature des films projetés. D'autre part, dans la programmation, les organisateurs ont préféré la qualité à la quantité: seulement 25 longs métrages et 6 courts.

Palmarès.
Le prix Iris du meilleur film a été attribué au long métrage hongrois " Pleasant days " de Kornèl Mondruczo et le prix spécial du jury au film britannique de Penny Woolcock " The Death of Klinghofer ". Nous l'aurions plutôt décerné à " En territoire indien ", long métrage franco-belge de Lionnel Epp. Signalons aussi les qualités du film de clôture qui n'était pas en compétition " Il est plus facile pour un chameau... " de Valérie Bruni Tedeschi, aussi de " l'Ange de l'épaule droite " du cinéaste tadjik Djamshed Usmanov, ou encore du film islandais de Dagur Kari, " Noi Albinoi ".
Plusieurs réalisateurs, acteurs,et actrices étaient présents. On pouvait les rencontrer notamment , en salle, après la projection de leur film ou au bar du festival. Quant au nombre de spectateurs pendant la durée de l'événement, il a dépassé les 11.OOO.
Lors de la conférence de presse à l'occasion de la sortie du livre " Visages du cinéma européen " dont (je cite), le " chef d'orchestre " est Fabian Maray (éditions Luc Pire). L'ouvrage présentant le portrait de 20 cinéastes européens d'aujourd'hui met l'accent sur l'unité, la diversité ainsi que sur la défense de la cinématographie européenne face à l'industrie américaine du film. L'un des 2 préfaceurs, le ministre des arts, des lettres et de l'audiovisuel Richard Miller était présent. L'autre étant Wim Wenders en sa qualité de président de l'Académie du film européen. M. Miller a estimé que dans l'Europe unie, le cinéma devait refléter l'Europe des diversités.
Enfin, la participation de la Communauté (de langue) française de Belgique et de la COCOF a constitué la présence francophone dans ce festival qui doit maintenant trouver son rythme de croisière. Rendez-vous donc en 2004 !
Théo LOIR



A LIÈGE, EN AUTOMNE, UNE GRANDE EXPOSITION AUGUSTE MAMBOUR " MAÎTRE MIROIR "


Auguste MAMBOUR : La broyeuse de manioc - 1923
Collections du Musée de l'Art Wallon - © Sabam Belgique 2003


Avec cette intuition géniale, cet perspicacité viscérale qui est la leur, les Congolais l'avaient surnommé " Bwana-kico " c'est-à-dire : " l'homme qui reproduit les objet avec ses yeux ". Cela se passait en en 1923, lors d'un séjour de six mois que fit l'artiste liégeois au Congo.

Comme d'autres, avant et après lui, il se laissera " prendre " par l'Afrique noire, envoûter pourrait-on dire, un peu comme les amants de Carmen succombaient au charme indéfinissable de l'étrange bohémienne.
Avec cette " écriture " très particulière qui lui est propre, Mambour a rendu toute la dimension charnelle, la lumière de ces Vénus d'ébène, mais sans ostentation, sans appuyer le trait, les rendant presque transparentes, anonymes et pourtant intensément présentes et vraies.
Il n'hésite pas, d'ailleurs, avec audace, à les placer sur un fond de paysage liégeois, dans un parti-pris d'anachronisme qui provoque un choc presque " psychédélique ". Belle confrontation du monde sage et ordonné avec la spontanéité triomphante de l'Afrique.
Mais il n'y aura pas que les " négresses " de Mambour aux cimaises de la Salle Saint-Georges, on y verra des toiles, celles d' "avant " et d' " après " - Congo, en tout une centaine d'œuvres qui feront revivre le monde de Mambour dans toutes ses expressions.
A ses côtés, les organisateurs ont réuni trois autres artistes liégeois, que l'Afrique noire a, eux aussi, marqués profondément : on y verra des sculptures d'Arthur Dupagne, et des toiles d'André Hallet et Paul Daxhelet.
Ce sera un beau voyage, et nous gageons qu'il attirera, comme Hans le joueur de flûte, tous ceux-là qui rêvent encore de l'Afrique et de la Beauté. o Marie-Madeleine ARNOLD

Liège, Salle Saint-Georges, en Féronstrée, au 86, du 5 septembre au 19 octobre 2003 - Infos : Tél : 04/221.93.25 - fax : 04/221.26.16 - info@lesmuseesdeliege.be - http//www.liege.be