De Marche en Famenne à Rochefort par le GR577

le 6 juillet 2001

Préparatifs

Nous sommes le 6 juillet 2001. La date est fixée depuis quelques jours : Je suis en congé, mais pas encore parti pour la Suisse. Je vais me faire une petite promenade dans les magnifiques paysages de Famenne. Ca me fera une bonne "mise en jambes" avant la montagne. Je choisis pour mon itinéraire, de suivre le GR577 de Marche en Famenne à Rochefort.

Trajet

6h30 : Le départ

Le matin, en me levant, je constate que la pluie est tombée durant la nuit, mais elle s'est arrêtée maintenant. Les prévisions météo indiquent un risque d'orage, mais un temps généralement sec. Je prend donc la voiture en direction de Rochefort et arrive à destination une bonne heure plus tard. Il y avait juste quelques travaux sur le viaduc de Rhisnes, mais à part ça, le trajet s'est bien passé.

Je me dirige alors vers Jemelles, toujours en auto, pour vérifier l'horaire des trains. Le prochain pour Marche est à 10 heures 25, ce qui me fait deux bonnes heures d'attente. Comme l'arrivée de ma randonnée se fera à Rochefort, je retourne donc y déposer la voiture et reviendrai à pieds jusque la gare.

Sur la route (a peine 5 Km) je prends une auto-stoppeuse se plaignant du manque de bus. Elle me conseille d'emprunter l'ancienne voie du tram pour mon retour à Jemelles.

8h30 : La voie du tram

C'est en effet un sentier fort agréable. Rectiligne , au fond de sa valée, il se déroule dans un écrin de fleurs et de verdure, la nature reprenant ses droits sur le béton. L'humidité de la nuit, chauffée par la douceur matinale exhulte une multitude de parfums que j'inspire profondément. Au bout de la voie, je fais un petit détours par le sentier "aux chavées" pour passer le temps avant de rejoindre la gare.

10h00 : En voiture... pour Marche

Il est maintenant 10 heures et j'attend patiemment la train en discutant avec la vieille dame à côté de moi, dont le petit chien ne cesse de renifler mes pieds. Il est vrai que mes chaussures sentent un peu le poisson depuis ma dernière partie de pêche en mer. J'apprends alors que le vieil autorail stationné sur la première voie est justement celui pour Marche. Un peu avant le départ, une demoiselle me demande : "Excuséééée moi, est-ce bien le train pour Liéééééch?" Quel accent extraordinaire! Je lui répond en cachant mal mon amusement que j'espère aussi que c'est bien celui-ci et qu'il s'arrêtera à Marche.

10h35 : Entrons dans la Famenne

Famenne
La famenne

Marche, enfin, je peux commencer pour de bon ma randonnée. Je cherche le GR et en profite pour déguster un petit pain au chocolat. Je n'ai pas pu résister à l'odeur alléchante sortant d'une patisserie.

Au delà de la grand-route, juste après un quartier résidentiel, se présente enfin "La Famenne". Le temps est magnifique. Le ciel d'un bleu parfait est juste ponctué au loin de quelques cumulus blancs. Le soleil est radieux. Le panorama aussi est grandiose, fait de prairies et de bois à perte de vue sur un terrain ondulé. Et sous mes pieds s'étendent des chemins de vieux cailloux bordés de fleurs de toutes sortes. J'en profite pleinement durant une bonne heure de plaisir intense sous la cadance de mes pas.

12h00 : Il est l'heure de dîner

Je m'arrête près d'une chapelle à la sortie de Haye. Il y a un petit banc et le point de vue y est exceptionnel. Je déballe mon camembert (Il est tiède et commence à se déplacer tout seul; excellent!) et le mange sur un bout de pain tout en contemplant le paysage. Je reste ensuite quelques minutes en contemplation devant le magnifique spectacle d'un écureuil jouant entre les arbres.

Je ne m'attarde pas ici ! Je suis juste à côté d'une habitation ou un chien ne cesse d'aboyer et celà m'agace.Je rapars sans attendre de digérer et m'arrêterais plus loin.

13h10 : Rencontre d'un Humain

Humain
L'église d'Humain

Voici l'église de Humain. C'est un très beau village, et son église, romanne je suppose est aussi admirable. Le beau temps ne me quitte pas et je fais une petite halte pour me rafraîchir. Le sentier que je viens de parcourir n'avait rien d'intéressant, bien au contraire. Trois quarts d'heure de taillis infestés de mouchettes avec un champ de vision nul ! Heureusement, le village que l'on découvre au bout en vaut le détour.

14h15 : Falaën

Contrairement à celle de Humain, l'église de Falaën n'offre plus au regard que quelques ruines. Il ne reste ici qu'un mémorial et des murets de 1m de haut traçant les fondations de l'édifice. A l'entrée du domaine, un écriteau indique :

Memorial
Les ruines de Falaën

Les ruines de Falaën.
Ce site est formé par les vestiges de l'encienne église du village disparu de Fallaën non loin d'Havrenne. Elle a été construite en moellons calcaire par les villageois. On suppose qu'elle a été érigée vers l'an 800, à une époque ou le culte de St Rémy était bien présent dans nos régions. En tout cas, nous sommes sûrs qu'il existait au moins une chapelle à cet endroit en 910 et elle est citée officielement dans les documents de la paroisse de Behogne vers 1220. Initialement propriété de l'abbé de St Hubert, elle entre en possession du seigneur de Rochefort en 1229, soit 1 an auparavant la création de l'a'baye de St Rémy que nous connaissons toujours à Rohefort à l'h'ure actuelle. Vers 1464, les moniales sont remplacées par des moines. En 1660, la chapelle occupée par des brigands, est rasée sur ordre de l'archidiacre de Famenne pour éviter que ces malfrats ne perpétuent leurs méfaits. En 1979, les moines entreprennent de fouiller le site. Ils découvrent rapidement les fondations de ce batiment religieux ainsi que 45 squelettes ensevelis dans le sol.
Racines : 084/37 83 87
084/22 37 33
Ecole communale de Harvenne
Classe unique
Année 1999-2000

A l'intérieur des murs, une pierre indique :

Tout commence ici
Par une chapelle romanne dédiée à St Rémy
Le sanctuaire donne son nom au val boisé ou naît en 1230 une abbaye Cistercienne
Pillée et dévastée la chapelle est rasée en 1660
En 1997 les moines de St Rémy mettent au jour les vestiges du batiment
En 1980 on réalise ce mémorial d'un long passé

15h00 : L'abbaye de St Rémy

Ruisseau
Le ruisseau près de l'abbaye

Je ne fais que longer le domaine de l'abbaye, bordé d'une haute haie ne donnant pas de vision sur l'intérieur. Le ciel se couvre peu à peu et devient lourd. Les orages risquent d'éclater ce soir. Mais pour le moment, les éclaircies sont encore larges et le soleil inonde la campagne. En passant un captage dans un bois, un souffle d'air me raffraichit soudainement. Il y a une galerie fermée d'une lourde grille d'ou sort un fillet d'eau. Il se dégage de ce trou une incroyable fraicheur.

15h30 : La drève

Rochefort est a présent en vue, mais encore à bonne distance. Je profite quelques instants du calme d'un banc au bord de la drève. Au bout de quelques minutes, je reprend la marche pour ma dernière "ligne droite"

C'est alors que je longe la reserve naturelle. C'est incroyable le nombre de papillons que j'ai croisé sur ce chemin. C'est certainement lié à la proximité de la réserve, et je regrette que tous les endroits de campagne ou de forêt ne soient pas comme celui-ci. J'ai même pu observer un grand mars changeant. Quelle merveille!

15h15 : Rochefort

Rochefort
Rochefort

Me voici les pieds dans le Lomme. Malgré la chaleur, l'eau est tout de même froide, mais apporte beaucoup de bienfaits à mes pieds. Je m'achète des trapistes de Rochefort et retourne à l'auto pour rentrer. Je pense qu'il est plus prudent, pour la route, de ne pas les boire ici.

Gauthier De Geest, Juillet 2001, modifié le 23 mars 2005