De Braine-le-Comte à Uccle par les GR121, 12 et 512

Octobre 2001

Au moment ou j'écris ces lignes, je ne me souviens plus exactement de la date. C'était en octobre 2001, un lundi je crois. La SNCB avait annoncé une grève générale pour toute la journée. Mon épouse aurait pu me conduire jusque Uccle d'ou j'aurais pris le tram et le métro jusqu'à mon lieu de travail. Au lieu de celà, je décide de prendre congé, et de faire le trajet reliant Braine-le-Comte et Uccle à pied. J'emprunterais pour celà le GR 12, et pour éviter le traffic de la chaussée de Bruxelles, c'est mon épouse qui me conduira à la limite d'Hennuyères, à l'heure de son départ au travail.

trajet (88K)

Le départ (6:50)

Comme prévu, mon épouse me dépose au croisement de la chaussée de Bruxelles avec la rue du Flament. Il fait encore nuit et je m'enfonce dans le petite rue, a peine éclairée. J'aime déjà. Plus j'avance, et plus les lumières et les bruits de la chaussée s'estompent, mais sans complètement disparaitre. Vu le parcours que j'emprunte et la densité du réseau routier dans cette zone, je crois que je les entendrais tout au long de la journee, a moi donc d'en faire abstraction. Doucement, je vois la masse sombre du bois de la Houssière contrastant dans le paysage champêtre s'approcher de moi jusqu'à m'engloutir. A ce moment, ce sont tous mes sens qui s'éveillent. Le noir se faisant soudainement plus profond, le vue s'éguise afin de déceler la moindre lueur traversant le feuillage. L'ouie, dans ce silence relatif, tente de capter le moindre bruit: le craquement d'une brindille sous les pas d'un rongeur, l'envol d'un oiseau surpris par ma présence, le choc des feuilles tombant sur le sol, le vent dans les branches. Et puis, toutes ces odeurs qui viennent titiller mon odorat. Ce fut d'abord des odeurs emplies de souvenirs d'enfance aux abords de la ferme à l'orée du bois. Ensuite, toute une palette de parfums automnaux émanant de l'umus humide, des fougères, des champignons, des hêtres et des pins.

Le chemin de virginal (7:40)

Le jour approche à grands pas. Je distingue beaucoup mieux ce qui m'entoure, et en même temps, j'ai l'impression que les bruits et les odeurs s'évanouissent. Est-ce seulement une impression ou la réalité? Difficile de savoir. Et puis voilà, activé probablement par la marche, un besoin naturel se fait pressant. Je dépose donc mon sac et une petite "commission" au pied d'un arbre. Je repars ensuite, allégé, en ayant veillé à laisser le moins de traces possibles de mon passage. Je me sens même particulièrement léger et doute que ce soit dû uniquement à mon soulagement intestinal. En effet, mon sac est resté au pied de l'arbre!

Virginal, quartier des Bruyères (8:00)

A la sortie du bois de la Houssière, je traverse le quartier de Bruyère Jonas avant de bifurquer sur la gauche vers une petite extensions du bois. Il y a ici une plaine agrémentée de quelques bancs et jeux pour enfants. Je m'assied pour écouter le chant des oiseaux qui se sont enfin réveillés. C'est magnifique! Magnifique aussi est le paysage qui m'entoure. Il est aux couleurs de l'automne naissant que le soleil a peine levé me permet de distinguer. Pas encore très ocre et brun, mais plus tout a fait vert non plus. Indéfinissable, mais beau!

Virginal (8:30)

matin
A la sortie du bois de Virginal

Je ne m'attarde tout de même pas trop et reprend ma route à travers le bois. Mais mes sens ne sont décidément pas encore libres de pouvoir se reposer (et je ne m'en plaindrai pas). Une partie du bois est plantée de peupliers, et en cette saison, c'est fou l'odeur caractéristique qu'ils peuvent dégager. C'est tout simplement grisant et je respire profondément tous ces parfums. Ensuite, c'est un véritable feu d'artifice de formes et de couleurs que me dévoilent une multitude de champignons de toutes sortes. C'est incroyable la quantité qu'il y a ici.

En sortant du bois, la vue est d'une profondeur exceptionnelle et on a peine à croire qu'on soit si proche de la capitale. En traversant Virginal c'est le réseau de sentier qui m'impressionne. Il y en a partout et dans tous les sens. Le plus étonnant est encore leur entretien, tant on imagine mal que des gens puissent encore les utiliser à notre époque...et pourtant. Je m'achète de quoi manger à la superette. A la sortie du village, je caresse un chat de 18 ans (c'est sa propriétaire qui me l'a dis) qui me le rend bien en me lèchant le bras. Je quitte le village, encore par un petit sentier, le bras enduit de bave de vieux chat.

L'écluse (9:00)

Le village est suivi d'un agréable passage à travers les champs sur une crête, avec à ma droite les papeteries de Virginal, et à ma gauche les forges de Clabecq. Ce sentier me conduit jusqu'au canal Bruxelles-Charleroi à proximité d'une écluse. Je m'assied au bord de l'eau pour grignoter une pomme et boire un coup. Le soleil montre ses rayons entre les branches d'un arbre majestueux sur la rive opposée. Je quitte cet endroit pour rejoindre le vestige de l'ancien canal. C'est vraiment agréable que de traverser ce petit écrain de nature préservée. J'y surprend un héron trop occupé à scrutter la surface de l'eau que pour me voir approcher. Je tente une photo, mais au moment fatidique, il s'envole me laissant l'air idiot avec mon appareil chargé entre les mains. Contraint de quitter cet endroit, je poursuis ma route jusqu'au centre de Ittres. Je traverse pour celà un bois de parcelles privées, entrecoupés d'une multitude de voies d'accès, avec à chaque fois des clôtures et des panneaux interdisant le passage. Ca finit par devenir énervant et regreter un pays tel que la Suisse ou ce genre de situation est tout simplement impossible.

L'église d'Ittre (9:45)

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L'église de Ittre.

Je suis souvent passé en voiture par ici, et je n'avais jamais vu cette eglise. Il est pourtant difficile de la rater, mais son aspect caractéristique ne m'avait jamais frappé. Aujourd'hui, j'ai bien le temps de la contempler. Et j'en profite pour y entrer. L'intérieur est encore plus surprenant que l'extérieur. C'est très coloré et "joyeux" contrairement à beaucoup d'églises. Je trouve aussi cocasses tout ces sièges dans la salle qui sembles dédiés à des personnes particulières avec leurs petits coussins personnalisés.

Dans les prés

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La campagne au dela de Ittre.

Une bannane, un peu d'eau, et on repart. Je quitte Ittre pour entrer dans une vaste zone champêtre. C'est magnifique, calme, et très chaud pour la saison. Et puis, cette sensation de sécheresse m'est revenue telle que l'année précédente au même endroit, et ou j'ai commencé à souffrir de déshydratation. J'étais donc passé par ici, mais dans un tel état que je ne m'en souvenais presque plus. Aujourd'hui, je peux en profiter pleinement.

Le bois du Chapitre (10:40)

Je me suis assis sur un petit banc au lieu nommé "les huit drèves". Je les compte mais n'en trouve que six. Les pins planté ici dégagent une forte odeur de résine de leurs épines chauffées au soleil. Je savoure! Je continue ensuite vers Braine-le-Chateau et contemple son pilori. Quand on sait à quoi ça servait, ça fait froid dans le dos. Heureusement, les temps ont bien changés. Passage ensuite devant le moulin Banal, derrière le chateau et au dessus de l'autoroute à l'entrée du Hallerbos.

Le Hallerbos (11:40)

Le début rectiligne sur un chemin asphalté est monotonne et peu amusant. Ensuite, je décide de "couper" vers les Sept Fontaines en suivant les petits sentiers. J'ai eu du mal à les trouver, mais qu'est-ce que je me suis amusé. Le bois est dense, le sentiers à peine visibles, et toutes les odeurs et couleurs de l'automne se libèrent pour mon plus grand plaisir. Je retrouve finalement le chemin de Colipain.

Les Sept Fontaines (13:00)

Le chemin de Colipain est fait de vraiment très vieux cailloux tout cabossés. Même à pied, c'est difficile et douloureux. Je remarque que d'après le guide, il me reste près de 3:30 heures pour arriver jusque Uccles. Je n'ai donc plus vraiment de temps à perdre et décide de presser le pas. Je prend tout de même le temps de dîner et de soulager mes pieds.

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Quelques vache à proximité de Dworp.

Viens ensuite le passage de "Steenput". Je me souviens m'être arrêté ici l'an dernier et avoir trouvé l'endroit plaisant. Il était à ce moment là inondé de chants d'oiseaux. Automne oblige, ce n'est plus le cas aujourd'hui, mais je retrouve de bons souvenirs. Je quitte à nouveau le GR en suivant un moment sa variante pour contourner le village de Dworp, et gagner une bonne demie heure. Je retrouve le GR sur un sentier champêtre vraiment pittoresque. Comme pour Virginal, on a peine à croire que ce sentier soit tant utilisé (j'y croise tout de même un cycliste et un piéton!). Le temps est magnifique, et malgré mon horaire serré, je profite un instant du soleil en compagnie de quelques vaches.

Chateau de Beersel (15:10)

Arrivé à Beersel, je vais voir son chateau. Certes impressionnant, mais dégageant une incroyable sensation de tristesse. Ensuite, le sentier ziguezague par dessus et par dessous la voie ferée pour s'insinuer entre les vergers. Encore une fois, je m'étonne de l'existance de ces sentiers qui font le bonheur des marcheurs, mais je suis sur que même certains habitants du coin ne soupçonnent même pas leur existance.

C'est ainsi que je pénètre dans Uccle et quitte définitivement le calme de la campagne. Ici, c'est la ville! Certes encore très verte et aérée, mais la ville tout de même avec son animation, son traffic, ses bruits et ses odeurs qui me font revenir bien vite à la triste réalité de ma vie quotidienne. Je passe la gare, longe une longue rue commerçante pour rejoindre l'hôtel de ville d'Uccle et le point de randez-vous ou m'attend mon épouse qui vient de terminer sa journée.

Conclusion

Génial. Tant de verdure et de petits sentiers si près de la capitale.

Gauthier De Geest, octobre 2001, modifié le 17 mars 2005