De Manage à l'Abbaye d'Aulne par le GR12

Le 27 décembre 2000

Péparatifs

Une irrésitible envie de marcher me traverse le corps. Le parcours est déjà décidé: le GR12 de Manage jusque l'Abbaye d'Aulne. Il ne me reste plus qu'à décider la date pour cette découverte. Ca y est... Mon choix est fait... Ce sera le 27 décembre. Le 26 aurait été un peu trop proche du jour du Noel, mais le 27, un mercredi où je suis en congé, est parfait. De plus, la météo prévoit de la neige, et j'adorerait pouvoir marcher et admirer des paysages enneigés.

Trajet

Le jour J : 27 décembre 2000, 6h00.

Monsieur météo ne s'est pas trompé, il a bel et bien neigé mardi et une belle petite couche s'est accumulée. Par contre, dans la nuit, il a plu et au matin, la température est redescendue. Ce qui a donné lieu à la formation de verglas très glissant. Il me semble aussi que tout n'a pas fondu, mais l'obscurité m'empêche de me rendre compte exactement de ce que me réserve le paysage.

Je regarnis mon sac de quelques tartines étant donné que le brave compagnon canin de mon épouse s'est fait un plaisir de déguster mes sandwiches pendant la nuit. Je chausse mes chaussures de marche, enfile mon pantalon et un gros pull et me coiffe de mon inséparable chapeau. Me voilà prêt pour le départ.

A la gare, je demande un aller pour Manage et un retour de Landelies. L'employée ne connaissait même pas cette destination. C'est dir s'il y a peu de gens qui s'y rendent. Heureusement l'informatique est venue à son secours pour imprimer mes billets. Il y a peu de monde à cette heure-ci dans le train pourtant si bondé en temps normal. Il y a juste une demoiselle qui ose à peine regarder dans ma direction. Est-ce que je fais si peur que ça dans mon accoutrement?

7h50 : Gare de Manage

J'arpente les ruelles qui s'éveillent lentement sous le chant de quelques oiseaux. Je suis rarement venu à Manage, mais je reconnais quand même certains endroits le long du chemin menant à la rue Bellecourt, mon point de rencontre avec le GR12

8h42 : Le Bois des Maîtres

Le jour s'est levé et la grisaille est au rendez-vous. Il fait froid et l'air est chargé d'humidité, laissant au dessus du sol une brume tenace. Malgrès celà, je suis heureux. Sans doute le plaisir de la marche, mais aussi parce que mon voeux s'est exaucé: La neige a tenu, et c'est magnifique. Le sentier traverse des prés valonnés et rejoint La Hestre en se faufilant derrière les maisons.

9h12 : La drève de Mariemont

Dreve de Mariemont
La drève de Mariemont

Je longe l'impessionnante drève de Mariemont bordée de ses deux rangées de hêtres. Une variante du sentier passe par le parc en un détour d'environ une heure. Bien que celui-ci soit très beau, je n'y pénètre pas et continue mon chemin vers la gare en empruntant la route longeant le mur d'enceinte. Cette route est en réparation et il m'est difficile de marcher parmis les gravats et la boue sans risquer de ma faire percuter par les voitures.

9h23 : La voie ferrée

Juste devant la gare désafectée, j'emprunte un sentier suivant le tracé d'une ancienne voie ferrée ayant servi au temps des charbonnages. maintenant, il n'est plus qu'une longue et large bande noire et plate sinuant au travers d'une forêt enneigée. J'y assiste au spectacle étrange d'un noisetier fleuri couvert de neige. Vestige de vie dans ce monde paraissant si mort.

9h35 : Gare de L'olive

Après l'ancienne gare, je passe le "plan incliné" (un sentier rectiligne en pente forte) en imaginant le travail pénible que devaient exécuter les moines et soeurs qui vivaient ici autrefois. Tout au bout, j'admire une jolie maison au toit de chaume, bien singulière en cet endroit. Je passe ensuite une "aire artisanale et de service"... Un zoning quoi! Je contourne le teril en longeant sa base et en profite pour laisser vaquer mon esprit vers ce passé de la révolution industriell. Je pense a tout ce qu'elle nous a apporté, mais aussi ce qu'elle nous a enlevé.

10h30 : Le trieux

Trieux
Trieux

J'arrive au "Trieux" par un parcours traversant un bois et longeant un sentier minier. Je ne m'imaginais pas que la égion puisse être encore si imprégnée de ces charbonnages. Je traverse ensuite Carnière par son dédale de petits sentiers passant derrière et entre les maisons. C'est génial!

11h00 : Collarmont

Je fais une pause sous un abri ou est disposée une table et un banc.L'endroit est déal pour observer la vallée de la Haine. Tout semble si gris. Ces chemins, ces terrils, ces villages, beignés dans cette brume froide et persistante.

Je ne m'attarde pas car ce sommet est balayé par un vend froid qui me glace jusque les os. Plus bas, après avoir passé le petit pont sur la Haine, je pénètre dans le bois des vallées. Il y a ici une chapelle dont le toit est en éparation. Je salue l'ardoisier ainsi que deux sympatiques passants qui profitent de cette matinée enneigée pour promener leur chien.

12h00 : Les Trieux de Piéton

Le sentier continue sa route parmis les champs jusqu'aux Trieux de Piéton que j'ateint vers midi. Un homme balayant le pas de sa porte me demande ou je compte aller comme ça. Il se souvient d'un groupe de hollandais qui rejoignaient Paris en venant d'Amsterdam. Aujourd'hui, je me contenterais de l'abbaye d'Aulne.

Il me devient difficile à présent de détailler le reste du parcours. Ayant égaré mon crayon, il m'était devenu impossible de prendre des notes. Je me souviens tout de même avoir été impessionné à l'approche du chateau de la Marche avec ses qutre tours lugubres se dessinant dans le brouillard. Je me souviens aussi de mon dîner pris à proximité de ce chateaà l'orée du bois de la Marche.

Chateau de la Marche
Château de la marche

Ensuite, et petit à petit, le paysage s'est complètement transformé en passant du monde industriel et gris du charbon à celui plus verdoyant de l'agriculture et de l'élevage. Le passage à proximité de Leernes et surtout Landelies était particulièrement agréable, contrastant de beauté et de couleurs par rapport au pays gris que je venais de traverser

15h00 : l'Abbaye

L'approche de l'abbaye fut encore plus agréable et étrange. Il semble subsister éternellement une emprinte de paix et de sérénité autour de ces vieux édifices religieux . La forêt même semble encore abriter cette force spirituelle

Je fus par contre un peu déçu par les abords immédiats de la ruine. C'est un lieu beaucoup trop touristique et remuant dans cet écrin de calme et de quiétude. Je contemble ces vielles pierres et jette un dernier regard vers la forêt endormie, l'écoulement lent de la Sambre et la splendeur de la vallée.

Abbaye d'Aulne
L'Abbaye d'Aulne

Je ne m'attarde malheureusement pas, et longe la rivière pour rejoindre la gare de Landelies. Il est passé 16 heures, et le soir approche déjà.

Conclusion

Ce n'est donc pas une randonnée impressionnante par ses paysages et ses difficultés, mais elle vaut certainement la peine d'être parcourue rien que pour son aspect historique

Gauthier De Geest, décembre 2000, modifié le 23 mars 2005