PERSEIGNE (Sarthe)
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Les armes se lisent : "d'azur à trois fleurs de lis d'or accompagnées en chef d'une croisette* du même, à la bordure de gueules chargée de huit besants d'or"(armes de la famille d'Alençon). Heraldus dit : Idem |
Forêt située entre Mamers et Alençon dans la Sarthe, aux confins du Perche et de la Champagne.
Au XIIe siècle, Guillaume III Talvas fonda cette abbaye dans le Saosnois.**
Il concède, au pied de la forêt de Perseigne, un lieu convenable
pour en assurer la subsistance et l'avenir; il s'adjoint comme donataires ses
deux fils Guy et Jean. Il y abandonne aussi plusieurs de ses biens. Suivirent
de nombreuses donations par de seigneurs. Sous Charles V, vers 1364, l'abbaye
fut complètement incendiée; puis, sous Jean IV d'Harcourt, baron
de Saosnois, allié de Charles le Mauvais, l'abbaye, l'église et
les maisons furent pillées et détruites, les moines expulsés.
L'abbaye fut mise en commende dans la seconde moitié du XVIe siècle.
Cette mise en commende hâta sa décadence.
L'intervention, au 17ème siècle, des Religieux de l'abbaye Notre-Dame
de Prières, en Bretagne, rétablit l'ancienne austérité.
C'est durant cette période que l'abbé de Rancé, célèbre
réformateur de la Trappe, y fit son noviciat.
A la Révolution, Perseigne fut sacrifiée à la fureur du
peuple attisée par la conduite malheureuse et scandaleuse de certains
moines qui donna raison aux attaques portées contre les ordres monastiques.
Le dernier acquéreur des restes de l'abbaye en perdit la possession au
cours d’une partie de cartes dont les ruines étaient l'enjeu.
*La croisette est la brisure voulue par l’abbaye.
**Saosnois : lové dans la première courbe de la Sarthe, adossé
aux collines du Perche, ouvert sur la plaine normande et
Mancelle (Le Mans)