Créé en 2009
Etude des dalles funéraires
et des taulets de la collégiale
Sainte-Waudru de Mons (Belgique)
INTRODUCTION
L'inhumation dans les églises remonte
au haut Moyen Âge.
Réservée, à l'origine, au haut clergé, elle fut
ensuite accordée aux nobles assumant le financement de l'édifice
religieux. Puis des paroissiens, bienfaiteurs de l'église, obtinrent
la possibilité d'y avoir une tombe familiale. La sépulture dans
l'église progressa particulièrement dans la première
moitié du XVIIème siècle. On s’efforçait
d’obtenir un endroit où la dalle funéraire pourrait être
mise en évidence où elle serait vue de tous. Pour les moins
nantis, l’inhumation au cimetière entourant l'église paroissiale
était gratuite. Là aussi, on recherchait les meilleures places
: elles se situaient contre l'église et près de la croix, présence
obligatoire au milieu du champ des morts.
Des voix s’élevèrent contre la pratique des enterrements
dans l’église. Deux arguments importants furent avancés
:
- le dallage dans l'église était sans cesse démonté
et remis inégalement
- le manque d’hygiène évident d’une telle pratique
en raison de la putréfaction des corps dans un endroit clos, à
telle enseigne que l’on était parfois obligé de brûler
de la résine et du soufre avant les offices pour dissiper les odeurs.
A la fin du XVIIIe siècle, les villes se développèrent
d’avantage. Différentes épidémies sévirent
et force fut de constater que les inhumations dans les églises et à
l’intérieur des villes ne servaient pas la prévention
des maladies.
Le décret de l’Empereur Joseph II d’Autriche du 26 juin
1784 interdit d’inhumer dans les églises et dans les villes et
ordonna la suppression des cimetières dans l’enceinte des agglomérations.
Toutefois, cette décision fut mal perçue et guère appliquée.
Il fallut attendre le 12 juin 1804 pour qu’un décret de Napoléon
fixa des règles plus strictes qui furent enfin progressivement respectées.
La mode et l’évolution des techniques de façonnage des
dalles funéraires constituent de nos jours un repère pour dater
approximativement la période de l’ensevelissement des défunts
lorsque leurs épitaphes ont été effacés par les
outrages du temps. En ce qui concerne la matière première utilisée,
le Hainaut et certaines régions limitrophes ont fait un large usage
de la pierre calcaire appelée erronément « pierre bleue
» ou « petit granit ». Il s’agit en réalité
d’une pierre calcaire de la période carbonifère, étage
du dinantien (environ 360 millions d’années). Plusieurs carrières
de ce type de pierre ont été ou sont encore exploitées
dans les régions de Soignies, Neufvilles, Ecaussinnes et Maffle.
En dépit, par ailleurs, du burinage de certaines armoiries et du dépavage
de dalles funéraires pendant la période de la Révolution
française (dévastations toutefois limitées grâce
à l’intervention de dignitaires issus du nouveau régime),
les nombreuses dalles funéraires subsistantes, bien que souvent déplacées
et réutilisées pour réparer le dallage défectueux
de la collégiale, nous offrent un véritable livre ouvert de
généalogie et d’héraldique traitant de personnages
ayant exercé un rôle déterminant dans l’entité
de Mons (échevins, juristes, seigneurs locaux, bourgeois, militaires,
etc.).
On pourrait s’étonner du nombre limité de dalles relatives
aux chanoinesses pourtant nombreuses sous l’ancien Régime. Il
ne faut pas perdre de vue que ces dames étaient issues de la haute
noblesse et quittaient souvent l’ordre pour se marier. De ce fait leur
dépouille était généralement déposée
dans la crypte familiale. Les chanoinesses qui en formulaient la demande pouvaient
également être inhumées, en toute simplicité, dans
l’encloître.
L’étude montre également que les blasons ne se limitaient
pas aux personnages illustres mais que de nombreuses familles plus modestes
portaient également des armes.
Le Cercle HERALDUS de Mons a procédé à un relevé minutieux des dalles funéraires et taulets encore visibles actuellement dans la collégiale (laquelle fut, à cette fin, divisée en 80 sections) et a complété et commenté le texte des inscriptions y figurant (partiellement voire totalement effacé) avec l’aide d’auteurs des XVIIIe et XIXe siècles tels que Léopold Devillers, Jean-Baptiste Laisne et Jean-Baptiste Leclercqz. Plus de 300 photographies furent réalisées. Cette étude fera l’objet d’une prochaine publication.
Remarques
Dans son recueil d’épitaphes de la collégiale
Sainte Waudru, Léopold Devillers a noté des épitaphes qui
ne sont plus lisibles actuellement ou qui ont été enlevées
et qu’il a extrait de différents recueils.
Nous avons tenté de situer ces dalles et inscriptions
le plus exactement possible compte tenu des indications très vagues figurant
dans le livre de Devillers concernant les inscriptions sépulcrales des
églises de la ville de Mons.
Par ailleurs, certaines inscriptions figuraient sur des
piliers de la collégiale mais nous ignorons s’il s’agit de
panneaux ou de lames de cuivre.
Ce relevé a été effectué durant l'année 2008