AIGUEBELLE (aqua bella)
![]() |
Les armes se lisent : "D'azur à une crosse fichée d'or posée en pal accompagnée de deux fleurs de lis du même". Heraldus dit : Idem |
Notre-Dame d'Aiguebelle (1137), fille de Cîteaux, a été
fondée par l'abbé de Morimond et est érigée dans
la Drôme provençale à 20 km au sud-est de Montélimar.
Elle fut restaurée par Dom Lestrange en 1816.
En 1137, Gontrand Loup, seigneur de Rochefort, cède ce vallon solitaire,
où l'eau se trouve en abondance, et le monastère voit le jour
sous le pape Innocent II et le roi de France, Louis le Gros. Le duc de Bourgogne,
à l'arrivée des moines, leur fait don d'une vigne à Meursault.
Ils seront à l'origine du développement qualitatif des vins de
Bourgogne dont le fleuron est le Clos Vougeot. Ils sont aussi fermiers et forestiers.
Au 15e siècle, un litige éclate entre le baron Gaucher, la commune
de Grignan d'une part, et l'abbé d'Aiguebelle d'autre part. L'affaire
se termina par l'implantation de nombreuses limites en pierre portant d'un côté
les armes du baron, et de l'autre, en haut, celles du roi à "deux
fleurs de lis" et en bas, celles de l'abbé "à la crosse
abbatiale".
Au 16e siècle, le roi de France instaure le système de la commende,
qui consiste en la nomination des abbés par le pouvoir politique. Dès
lors des laïques reçoivent le titre d’abbé et disposent
des revenus de l’abbaye
En 1574, a lieu la première destruction du monastère par les Huguenots.
A la Révolution, les moines sont expulsés et les bâtiments
mis en vente.
Le monastère fut restauré en 1816. En 1847, deux cents moines vivent à Aiguebelle. L'abbaye fonde de nombreuses maisons-filles : Staouli (Algérie), Sainte-Marie du Désert (Toulouse), Notre-Dame des Dombes (Lyon), Notre-Dame d'Acey (Besançon), Notre-Dame de Bonnecombe (Rodez), Notre-Dame du Calvaire (Canada), Notre-Dame de l'Atlas (Algérie), Notre-Dame Grandselve (Cameroun).
Vu le nombre de moines, les ressources agricoles s'avérèrent insuffisantes. Ils créèrent une verrerie, la distillation de plantes médicinales et une fabrique de chocolat très réputée, qui disparaît en 1977. L'abbaye propose aujourd'hui des produits régionaux et monastiques (baumes, senteurs, crèmes, boissons, etc.).
Le réfectoire est un joyau, l'un des plus beaux de toutes les abbayes
cisterciennes.
A la Grande Guerre, le maréchal Joffre déclarait "Aiguebelle
est une oasis dans le tourment et le brouhaha du monde. On essaie d'y vivre
la vie des mains, la vie de l'esprit, la vie du cœur, la vie de l'âme
…".
Retour sommaire
Retour page d'accueil