La population de Piène-Haute est en émoi depuis quelques semaines, suite à l'annonce d'un projet de création d'un « centre d'enfouissement technique de déchets » (CET) à proximité de ce village de la moyenne Roya, dépendant de la commune de Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes). |
Une association s'est mobilisée et nous avons reçu un de ses membres, M. Michel TRIMAILLE, qui nous a remis quelques informations utiles à la rédaction de cet article. Cette association, « Les amis de Piène », est présidée par M. Guido APROSIO, secondé par un vice-président, M. Jean-Laurent COTTA. LE PROJET Le SIVOM du canton de Breil-sur-Roya, présidé par le conseiller général du canton, M. Gilbert MARY, est à la recherche depuis plusieurs années d'une solution pour le traitement des ordures ménagères, dont le coût est de plus en plus élevé. Les habitants font d'ailleurs souvent le reproche de l'augmentation importante du poste « traitement des ordures » sur leur feuille d'impôts locaux. Une étude a donc été lancée pour examiner diverses solutions. L'une d'elles envisage la création d'un syndicat mixte chargé de cette question. La société Sita-Suez, sollicitée, a établi un document étudiant
la faisabilité de la création d'une décharge à Piène-Haute. Initialement, il était
question de trouver un lieu pour aménager un CET(décharge) voué à absorber uniquement les
déchets de la Roya (soit chaque année 30.000 t de déchets ménagers et 20.000 t
de déchets d'entreprises et bâtiments). |
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Très rapidement, il est apparu que ce projet n'était pas viable en l'état et qu'il convenait d'envisager de créer une structure plus importante. Ainsi est apparue l'idée de créer à Piène-Haute une décharge destinée à recevoir les déchets de tout l'Est du département des Alpes-Maritimes, en s'associant avec la communauté d'agglomération de la Riviera française. La zone proposée se situe sur un terrain partiellement communal, le long de la piste agricole de Piène au col de Brouis, à hauteur du col de Paula. Une surface d'environ 51 hectares y serait comblée par des déchets ultimes d'un volume d'environ 50.000 tonnes par an. Or, le seuil de rentabilité annoncé pour un site de ce type se situe plutôt autour du chiffre de 100.000 t. D'autre part, la durée d'activité du site serait de 30 ans, ce qui ne manque pas d'inquiéter les habitants de Piène-Haute... UN C.E.T. C'EST QUOI ? C'est le nouveau nom donné à ce que l'on appelait autrefois une
décharge, sachant que ces « centres d'enfouissement technique d'ordures
ménagères » ou « centres de stockage de déchets ultimes » sont
considérés comme non dangereux et n'ont plus rien à voir, visuellement, avec les décharges
à ciel ouvert que nous avons connu il y a 20 ou 30 ans. Comme le document ci-joint l'indique,
le fond de la zone de stockage est recouvert d'une couche d'argile et d'un isolant, tandis
qu'au dessus du stockage, fermé et recouvert de terre végétale, une torchère brûle les
gaz de fermentation. Un système de pompage récupère les écoulements, qui sont pompés dans
des camions et retraités dans d'autres sites. |
BRÛLER OU STOCKER... IL FAUT CHOISIR ! La société moderne produit des montagnes de déchets, qu'il faut bien traiter. Certains pensent qu'il faut les stocker, dans l'attente de trouver des solutions pour leur traitement. Dans certains pays, comme en Suisse ou dans les pays scandinaves, on trie, on traite et on brûle les déchets ménagers. Les incinérateurs des anciennes générations produisaient des fumées très toxiques. Les sociétés qui traitent les déchets, souvent de groupes multinationaux, sont toutes à la recherche d'une solution idéale. C'est certainement un défi majeur auquel notre société est confrontée... En Suède, par exemple, une société transforme les déchets ménagers en gaz méthane, ensuite utilisé comme carburant par les transports urbains ou pour le chauffage des immeubles. Des solutions novatrices sont expérimentées dans le monde entier,
dont certaines seront opérationnelles dans peu de temps. Est-il donc bien utile de
précipiter le choix dans notre vallée ? Ce qui est certain, c'est que demain il faudra
trier, trier et encore trier nos déchets pour qu'ils puissent être recyclés, le plus
efficacement et le plus économiquement possible... |
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RADIO TROTTOIR Nous avons rassemblé ici quelques réflexions d'habitants de la vallée de la Roya, relatives au projet de décharge de Piène, que nous avons entendues au fil des semaines. Voici les plus significatives, qui nous semblent résumer les opinions contrastées sur cette question délicate : - « Nos ordures et déblais, il faut bien en faire quelque chose pourquoi vouloir les refiler aux autres ? La solution de Piène ne me semble pas si mauvaise ». (Un entrepreneur de la vallée). - « Les ordures du Mentonnais, pourquoi les mettre à Piène ? Ne pourrait-on pas les enfouir dans les beaux quartiers du Cap-Martin ? ». (Un Breillois en colère). - « Je viens 10 ou 12 fois par an randonner sur les sentiers de la Roya, où je me retrouve au cœur d'une nature encore sauvage. Cette région est le poumon de la Riviera, il faut la préserver dans l'intérêt de tous ». (Un Mentonnais amoureux de la Roya). - « Tous les habitants de la zone de Vintimille, et même ceux de Menton et de Monaco, boivent l'eau de la Bévéra captée en Italie. Comment peut-on imaginer mettre en place juste au-dessus de cette rivière, un stockage de déchets de toutes sortes qui, un jour, même dans 50 ans, viendront polluer l'eau bue par des centaines de milliers de personnes ? ». (Un habitant de Vintimille). LA DÉCISION FINALE REVIENDRA AUX ÉLUS L'avenir de la décharge de Piène est maintenant entre les mains des élus. Le terrain choisi étant communal, nous avons donc interrogé M. Joseph Ghilardi, maire de Breil. Il nous a clairement fait part de son opposition à ce projet, comme il l'a écrit et signalé à de nombreuses autres personnes et lors de réunions publiques. M. Gilbert Mary, conseiller général du canton, a affirmé dans son bulletin d'information de décembre 2006 qu'il ne ferait rien si la population de Piène s'y oppose. La population est donc pour l'instant rassurée. Mais les années passent et les élus d'aujourd'hui ne seront peut-être plus là dans 10 ans, alors que la pression des administrations pour trouver une destination aux déchets du département sera de plus en plus grande. Parlons donc sans risque que la question de la décharge de Piène sera, durant de nombreuses années encore, au cœur du débat local ! Et tout peut aller très vite car lorsque les procédures sont
engagées, la durée nécessaire aux démarches administratives, préalables à l'obtention
des autorisations préfectorales, est assez courte. Il est de l'ordre d'à peine un peu plus
d'une année dont à peine 2 mois d'enquête publique. Les populations concernées ont donc
très peu de temps pour réagir. |
- Le Haut-Pays, www.cabri.fr |
![]() "Un petit coin de paradis au bord de la crise de nerf. La promesse de voir apparaître un centre d'enfouissement des déchets au cœur de ce paysage idyllique révolte les habitants de Breil-sur-Roya. L'incompréhension est d'autant plus forte que la commune se trouve aux portes du Mercantour. - « Venir mettre un enfouisseur dans un endroit de nature préservée, c'est une aberration ! ». (Un habitant de Piène-Haute). - « Je trouve que notre village est magnifique et je ne comprends pas ». (Une habitante de Piène-Haute). "Cette résistance dépasse les frontières. Les voisins transalpins du petit village d'Olivetta [situé juste en aval du site en question] ne veulent pas non plus en entendre parler. Avec une telle opposition, le projet de centre d'enfouissement pourrait tout simplement finir enterré." Espérons-le et restons vigilants !...
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