Patronymie

Sources

1. Woordenboek van de Familienamen in België en Noord-Frankrijk
Dr Frans Debrabandere
L.J. Veen / Het Taalfonds
Uitgeverij L.J. Veen , Amsterdam / Antwerpen 1993/2003

2. Un nouveau traité sur les noms de famille belges
J. Herbillon
Bulletin de la Société Royale "Le Vieux Liège" 1954-1987

3. Noms de famille du Brabant Wallon
Didier Belin
"Le Folklore Brabançon"
Septembre 1990 n°267 et suivants

4. Origine des noms de famille en Belgique
Albert Carnoy UCL
Edit. Universitas 1953
Consultable : Biblio UCL 801.313.2 (493)

5. Dictionnaire des noms de famille en Belgique romane et dans les régions limitrophes
Jules Herbillon et Jean Germain, avec la collaboration de Frans Debrabandere et Jean-Marie Pierret
Edit. Crédit Communal 1996

0. Origines diverses - Notes personnelles de Raymond Herbigniaux


Noms

Remarque : Les chiffres qui précèdent les explications font référence aux sources ci-dessus

BAR

1.
Variantes : Bar, Barre, Bart, Bard
Toponyme Bar, Barre (France)
Patronyme, forme contractée d'un prénom germanique terminé par -bert ou -bard.
Barre, ou barrière, ou retranchement (cf Delbarre).

3.
Toponyme : Bar (France)
Wallon liégeois "bår" = faux plancher qui supporte les gerbes au-dessus de l'aire, gerbier.
Wallon namurois "Bâr" pour "Bârbe" : prénom Barbe (latin Barbara = étrangère).
n.b. : Ste Barbe patronne des houilleurs(et des artilleurs)
Anthroponyme germanique "bara" ou viel haut allemand "bar" = homme; ou francique "baro" = fonctionnaire royal au-dessous du comte, chargé de percevoir les amendes (a donné en français: "baron").

CRAVILLON

1.
Variante : Cravillion
Dérivé du wallon crawille (ou grawille) = crochet, tisonnier
Référence :
* 14e s. Gérard Cravelhon (Liège)

DEWIT

1.
Variantes : Witte, de Witte, Dewitte, Wit, de Wit, With, de With, Witt, de Witt, Switten
Sobriquet de quelqu'un qui a les cheveux blancs ou blonds, ou le teint pâle.
Référence :
* 1248 Balduini dicti Albi (dit “le blanc”)

0.
Delwitte (altération wallonne)
DeWitt, DeWith (altérations USA)
Noms équivalents dans diverses langues : Leblanc, Blanc (Fr); Weiss (D); White (GB); Blanco (E); Branco (P); Bianco, Bianchi (I)

HERBIGNIAUX

1.
Variantes : Herbillon, Harbion, Herbi(g)n(i)au(x), -eau(x) Herbign(i)at, Herbinia(t), (+ Horbinot ? voir ci-après sous 0.3)
Patronyme dérivé du prénom Herbert.
Références :
* 1245 Herbillons, li fils Jehan de Mers (Cartulaire de l'Abbaye d'Orval, par H. Goffinet, Bruxelles 1879)
* 1267 Herbertus dictus l'Erbillon (St Quentin; cité par M.Th. Morlet 'Les noms de personnes en Haute Picardie aux 13e, 14e et 15e siècles', Amiens 1967)
* 1406 Lorin Herbinet (Laon)

4.
Dérivé de "Hari-bert", prince Mérovingien dont le nom signifierait "qui brille dans ses troupes".
Donne Herbrecht, Herbert...etc, et Herbet, Herbin, Herbiniat (ces dernières versions sont essentiellement d'origine carolorégienne ou namuroise).

0.1
Variantes relevées dans divers documents : Herbigna, Herbignau, Herbignaut, Herbignia, Herbigneau, Herbigniau, Herbina, Herbinau, Herbinaut, Herbineau, Herbineaut, Herbineaux, Herbiniau, Herbinne.

0.2
Correspondance toponymique (en France, relevée par R.Herbigniaux) :
- Herbignies (F 59, arrondissement de Cambrai), à 4 km à l'est de le Quesnoy
- Herbigny "Justine-Herbigny" (F 08, arrondissement de Rethel), à 10 km au nord-ouest de Rethel, sur la D11
- Herbinghen (F 62, arrondissement de Calais), à 20 km au sud de Calais, sur la D224
- Herbignac (F 44, arrondissement de Saint-Nazaire), 3400 hab., à 30 km au nord-ouest de Saint-Nazaire, sur la D774
La terminaison en -ignies ou -igny est probablement d’origine franque. Lors de leur migration vers l’ouest, les Francs Saliens de Clodion, après avoir pris Tournai et Bavai vers 440, se sont fixés dans la région du haut Escaut, où on constate une densité assez élevée de toponymes se terminant en -ignies, -igny ou -ignée (également en -chies). Ils ont pour équivalents, dans les régions flamandes : -inge, -inghe, -inghem, -inghen etc. Ces terminaisons désignaient une ferme ou une propriété d’une personne ou d’un clan, dont le nom précède. Dans les cas ci-dessus cités il pourrait donc s’agir de la propriété d’un certain “Herbert”. En ce qui concerne Herbinghen, cette localité est située dans une région qui faisait partie de la Flandre, d’où la terminaison en -inghen.
Quant à Herbignac, il faut remarquer que la terminaison en -ac est rare dans cette région, alors qu’elle est plus répandue dans le Bordelais, le Périgord et l’ancienne Gascogne, où elle pourrait aussi être d’origine franque, avec une signification similaire. Selon Claude Barret (<claude.barret@wanadoo.fr> 25/03/99) ce suffixe -ac a également valeur d’appartenance, et viendrait du latin -acum, qui lui-même serait d’origine celtique -acos, presque toujours accolé à un nom de personne (ex.: Aurillac = domaine d’Aurelius)

0.3
Un extrait d’acte du greffe scabinal de Corbais (AGR n°GSN 377/4) cite un patronyme Horbinot :
* 1472 Géry de Horbinot, Heno de Horbinot (Walhain, Corbais).
Il n'est toutefois pas sûr que ce patronyme fasse partie du même groupe.

INGHELBRECHT

1. & 5.
Variantes : Inglebert, Ingelbrecht, Engelbrecht, -bracht, Engelbregt, Ingelbert(s), Engelbert(s), -bertz, Engelberg, Englebert, Anglebert, Inglebert
Patronyme germanique “angil-behrta” ou “ingil-behrt”, nom de peuple (les Angles, originaires de l’actuel Schleswig, qui colonisèrent le centre et le nord de l’Angleterre au 5ème siècle, après le départ des dernières légions romaines, et à laquelle ils donnèrent son nom; cf “Anglo-Saxons”)
Synonyme de “brillant”.
Références :
* 1034 Ingelbertus de Petengem
* 1123 Ingelbertus de Munte
* 1268 Marotam Ingelberti Cane (Ieper)
* 1290 Inghelbert de Ramersdorp,frère de la Diechsce maison (Ieper)
* 1296 Engelbertus (Val-Dieu)
* 1382 doir Gillis Ingelbrechts (Zulte)
* 1440 Ingelbert (Jauche)
* 1484 Pierre Englebert (Tongeren)
* 1524 Engelbert (Stavelot-Malmédy)
N.B. doir : équivalent probable de “douaire” c.à.d. la part de ses biens que l’époux destine à sa femme dans le cas où il décéderait avant elle; il s’agissait sans doute ici d’un acte décrivant le contenu du douaire, à la suite du décès de ce Gillis Ingelbrechts.

NOLLET

1.
Variantes : Nolet, Nolette, Nollé, Nolle, Nollee, Noulet, Noullet, Noulez, Noullez, Noulette, Denolet, Denollet, Denoulet, Desnoulet, Desnoulez.
Patronyme dérivé du prénom germanique Arnol(d) ou Ernol (Arnoud, Arnaud).
Référence :
* 1307 Arnus Nolet
* 1368 Jehan Nolet (Kortrijk)

PERNIAUX

1.
Variantes : Perneel, Pernel, Permel, Preneel, Perinaud, Per(r)enoud, Perniaux, Prenau, Pornel, Pérénia (variante namuroise), Pirnay (variante liégeoise)
Patronyme roman Pernel (de Perrinel), diminutif du prénom Pierre ou Perre (cf Perrin), ou Péronel, diminutif en -on -el (cf Pernelle).
Références :
* 1381 Jacobi Pernels, et le même en 1388 Jacobi Perneels (Fr. Debrabandere 'Studie van de persoonsnamen in de kasselrij Kortrijk 1350-1400', Handzame 1970)
* 14e s. Pierre dit Pireneas de Moumelette ( A. Body 'Etude sur les noms de famille du pays de Liège', Liège 1880)
* 1422 Johan Pirneau de Grivegnée (id)

0.1
"Perrenot" serait-il une autre variante ? Référence (notée par R.Herbigniaux) :
Marguerite de Parme, demi-soeur de Philippe II, était la fille naturelle de Charles-Quint et de Johanna van der Gheenst, fille d'un tapissier d'Audenaerde. Veuve à 15 ans d'Alexandre de Médicis elle avait épousé Octave Farnèse (dont le grand-père était le pape Paul III ) et faite Duchesse de Parme.
Philippe II, rentré en Espagne en 1559, la nomma "Lieutenante - Gouvernante des Pays-Bas". Elle devait toutefois obéir aux ordres que la “Consulta” recevait directement d'Espagne. Le président de cette “Consulta” était Antoine de Perrenot de Granvelle (1517 - 1586) originaire de Franche-Comté. Il ne laissa pas de bons souvenirs dans nos contrées, sa politique ayant entraîné le soulèvement des Gueux en 1563.
Archevêque de Malines en 1560, puis cardinal en 1561, Antoine de Perrenot était aussi membre du Conseil d'Etat des Pays-Bas, dans lequel siégeaient le Comte Lamoral d'Egmont et le Prince Guillaume d'Orange (Guillaume le Taciturne).

0.2
D'une source concernant la Suisse Romande :
Perrenoud - Anciennement Pernod, Perrenod. Dérivé neuchâtelois de Perrin, ancienne forme du prénom Pierre (latin Petrus, de petra, la pierre). Nombreuses branches : Perrenoud-dit-Martel, Perrenoud-André, Grandguillaume-Perrenoud ou Grand-Guillaume-Perrenoud, Grandjean-Perrenoud-Comtesse. Les Pernod qui ont exporté la fabrication d'absinthe du Val-de-Travers dans le Jura français descendent des Perrenoud, de même que les Perrenod émigrés aux Etats-Unis. Autres formes : Pernot, Pernoud, Pernoux, Pernaux.