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Murs de pierre,
et toits de lauzes
à Bergue Inférieur |
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Comme Granile (un peu plus en amont, dans la commune de Tende), ces deux
hameaux auraient été créés au Xe s. par des paysans de Saorge recherchant des
terres cultivables et/ou voulant se rapprocher des zones de pâturages et de passage des
troupeaux, comme en témoignent les vastières de Causéga, des enclos de pierres sèches
situés sur la draille du col de Raus, une des principales routes de transhumance entre les
vallées de la Roya et la Vésubie. Ne recherchant pas le commerce, les habitants de ces
hameaux évitaient la proximité des grands chemins sources de dangers : invasions
soldatesques, brigandage, épidémies... Et en effet, en cette époque incertaine, la
principale voie d'accès au Piémont correspondait au "sentier valléen"
d'aujourd'hui, situé de l'autre côté de la Roya...
La vie se déroulait donc en quasi autarcie, les relations avec le monde
extérieur se limitaient aux impératifs de la vie quotidienne ou basés sur les activités
pastorales : achat de sel, vente de fromages, de laine et de viande...
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Balcons en fer à
Berghe Supérieur
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Sur Internet, j'ai lu que "ces deux hameaux ont été rattachés à Fontan
en 1870"... Mauvaise expression !
Jadis, ces hameaux dépendaient de Saorge. De Saorge qui était justement
situé sur la route du Piémont. Mais la création d'une nouvelle voie dans les gorges de la
Roya va signer le déclin de Saorge au profit de Fontan, une nouvelle ville-étape
construite exprès le long de la route en 1616. Son essor est tel, que Fontan va se séparer
de Saorge en 1870, entraînant avec lui les deux hameaux de Berghe.
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La place de l'école
à Berghe Supérieur |
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Visite du hameau en
compagnie du matou local |
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Et de son église
récemment restaurée |
Alors que Fontan est étalé le long de la route, à fond de vallée, les
hameaux de Berghe sont accrochés à flanc de montagne. Ils sont bien agglomérés, étagés
sur des versants aménagés et cultivés, bien exposés au sud et bien protégés des vents
froids du nord. Ils ont pu jusqu'à présent résister assez bien au mitage (clin d'œil
grinçant à la maison actuellement en construction en contre-bas de Berghe Supérieur...).
Petite curiosité, Berghe Supérieur (altitude 790 m) est plus bas que
Berghe Inférieur (863 m) !... Mais il est plus en amont par rapport à la vallée
de la Roya...
Berghe s'écrit avec un h... depuis le cadastre napoléonien* !... Alors
que la carte IGN actuelle persiste à écrire "Bergue" avec un "u"...
Quant-aux vieilles cartes IGM, elles indiquaient "Berghe Supérieur", et, pour le
petit frère inférieur, "Le Petit Bergou"... C'est mignon, mais pas très
sérieux !...
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Berghe, Bergue, Bergou, voire Bergoun ?...
Et pourquoi pas Bergues ?!...
Serions-nous chez les Ch'tis ? |
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Extrait de la carte IGM 1932
au temps du "Petit Bergou"... |
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Col. O. Koot |
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Consultez le cadastre napoléonien sur le site du Conseil
général des Alpes-Maritimes :
• http://www.cg06.fr |
D'après une étude ethnologique de 1865*, donc écrite au lendemain du
rattachement du Comté de Nice à la France (et donc de la moyenne Roya) :
 « Les deux hameaux de
Bergue sont composés de populations très pauvres à moitié sauvages par leurs mœurs. Ils
vivent principalement de châtaignes. Beaucoup d'entre eux sont bergers. Bergue était un
repaire de brigands. Il contenait une grande partie de ces Barbesi** qui infestaient encore
la route de Nice à Turin pendant la campagne d'Italie. Le plus grand de ces deux hameaux
est adossé au grand rocher à pic dit la Traya. Plusieurs soldats français attirés dans
des guet-apens ont été précipités du haut de ce rocher par les gens du pays. Les deux
hameaux réunis ont environ 990 habitants. On y trouverait 15 ânes et 2000 brebis. ».
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Les barbets étaient à l'origine des miliciens volontaires
armés par les Sardes. Après le traité de 1796, on désigne sous ce nom les brigands
de grands chemins, souvent originaires des lieux et qui furent plus de 4000 à se
terrer dans la Vésubie et la Roya. |
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