IN MEMORIAM Antoine Slaby 05/01/1928 - 06/02/2017
Antoine Slaby qui vient de décéder ce 6 février dernier à l’âge de 89 ans a été une figure marquante du jeu de dames en Belgique et, tout spécialement au cours de la période 1950 – 1980, période pendant laquelle il s’est révélé comme un des joueurs de dames les plus forts de Belgique.
Entré très tôt au Damier Mosan de Liège, il s’est rapidement imposé comme un des ténors du club wallon, un club qui, avec des joueurs comme Léon Vaessen, Joseph Demesmaker, Jean Croteux et Paul Deguée notamment, dominait alors le jeu de dames en Belgique. Les qualités de stratège d’Antoine Slaby, sa profonde connaissance de la théorie alliée à un sens aigu de la combinaison, le tout couronné par un calme souvent imperturbable, en firent très vite un adversaire redoutable pour les joueurs précités et le désignèrent d’office, à l’aube de chaque nouvelle saison comme un candidat potentiel au titre de champion du club, un titre qu’il remporta d’ailleurs méritoirement à plusieurs reprises et ce, en dépit de la très forte opposition de l’époque.
Sur sa lancée, Antoine Slaby ne tarda pas à se distinguer également sur le plan national. Pour sa première participation au championnat de Belgique, c’était alors en 1950, il réussit l’exploit de se classer en quatrième position, derrière son collègue de club Léon Vaessen, suivi du redoutable joueur anversois Oscar Verpoest ainsi que du Président liégeois Jean Croteux. Par la suite, si ses résultats apparaissaient davantage en dents de scie, on notera quand même une très honorable 5e place à l’issue des championnats 1952, 1953, 1959, 1964, 1968 et 1972. Mais ses prestations les plus convaincantes au niveau national, il les livra lors des championnats 1961, 1962, 1970 et 1971 où il s’empara de la troisième place mais surtout dans les années 1960 et 1963 où il conquit de haute lutte le titre de vice-champion de Belgique, derrière l’inamovible Hugo Verpoest lequel, avec son frère Oscar, dominait alors outrageusement le jeu de dames en Belgique. On signalera encore au passage deux très jolies quatrièmes places lors des championnats nationaux 1973 et 1974 qui est aussi l’année de sa dernière participation.

La réputation du joueur liégeois ne tarda pas à franchir les frontières de notre petit pays et Antoine Slaby, dont les prestations en Belgique lui ont par ailleurs valu le titre envié de maître national, fut logiquement invité à prendre part à des tournois à l’étranger. C’est ainsi qu’on le retrouve, au début des années 60, au tournoi Bols d’Amsterdam où, malgré une très forte opposition (il termina à l’avant-dernière place du classement), il réussit quand même à prendre 11 points, ce qui, pour une première participation à une compétition hors frontières et compte-tenu de la valeur des adversaires, pouvait être considéré comme un résultat tout à fait satisfaisant. Le maître liégeois sera notamment encore invité à participer, en 1963, à la seconde édition du très réputé tournoi Brinta à Hoogezand-Sappemeer, dans le nord de la Hollande où, outre son compatriote Maurice Verleene, il aura notamment comme opposants le Français Michel Hisard, les Sénégalais Kouaté et Baba Sy mais surtout le grand maître international hollandais Piet Roozenburg.
Enfin, s’il fallait encore retenir quelque chose du parcours international du joueur liégeois, on mettra en exergue sa participation en 1970 au Challenge Mondial de Monaco, où il réussit l’exploit de tenir tête au grand maître international I. Kouperman, un des meilleurs joueurs du monde avec lequel il partagea méritoirement l’enjeu à l’issue d’une partie extrêmement disputée.
On signalera encore que le maître liégeois terminera sa carrière active en participant à quatre reprises, entre 1986 et1992, au championnat national par correspondance. Il finira successivement à la 3e place (deux fois), à la seconde place puis enfin, son moins bon résultat, à la quatrième place du tournoi lors de l’édition 1992-1993. Et on notera enfin, preuve de la difficulté de s’imposer face à un tel adversaire, que, sur la soixantaine de parties disputées dans le cadre de ces championnats d’un type un peu particulier, Slaby n’a connu la défaite qu’à trois reprises seulement.
Pour l’avoir souvent rencontré et côtoyé, nous dirons que Slaby n’était certainement pas un joueur aventureux ou spectaculaire. Mais ses connaissances théoriques, son sens tactique très développé et la manière prudente qu’il avait d’avancer ses pions en ayant soin d’avoir toujours une possibilité de repli, le tout auréolé d’un calme imperturbable quelles que soient les circonstances, en ont fait un adversaire redoutable qui s’avérait toujours extrêmement difficile à battre. Et, last but not least, tout ceux qui l’ont connu se souviendront de lui comme une personne extrêmement courtoise, qui s‘efforçait d’être au mieux avec tous ses adversaires et qui se montrait constamment soucieuse d’éviter toute situation conflictuelle avec eux. - A. Nonym

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