L'abbaye des moniales cisterciennes d'Epinlieu a été fondée le 29 octobre 1216 grâce à l'intervention de Jeanne, comtesse de Flandre et de Hainaut, mais surtout avec l'aide financière de Béatrice de Lens, fille d'Eustache et d'Elisabeth de Merbes. Elle en devint d'ailleurs la première abbesse (1).
Le monastère d'Epinlieu occupait une superficie importante au-delà de la porte du Parc à Mons, à proximité de l'actuel pont du chemin de fer dit de Ghlin, en bordure de la Haine. On a eu tort de donner le nom d'Epinlieu à un quartier aménagé en bordure du bois d'Havré et qui n'a rien à voir avec le monastère. Plus tard, Epinlieu devint une riche abbaye de filles nobles. Etant très proche des remparts de Mons, l'abbaye a beaucoup souffert des sièges successifs de la ville. En 1678, le duc de Villa Hermosa, gouverneur militaire de la ville, démolit complètement les bâtiments dans la crainte qu'ils ne servent de fortification aux ennemis en cas de siège. Depuis cette période, les religieuses se retirèrent dans leur refuge de Mons situé rue des cinq visages à l'hôtel des Croÿ, princes de Chimay. A la suppression de cet ordre en 1796, le bâtiment accueille un musée et la bibliothèque municipale puis il fut démoli en partie. Ce qui subsiste du refuge fut longtemps occupé par l'Académie des Beaux-Arts et ensuite une école technique féminine (2)
Dans une charte de 1244, conservée aux archives de l'Etat à Mons, on peut lire que Rasse ou Rasson de Gavre, seigneur de Chièvres, époux de Idon de Chièvre, fit donation annuellement à l'église Sainte Marie d'Epinlieu d'un muid de blé pour l'entretien de deux lampes que l'on tenait allumées dans celle-ci. La seigneurie de Sassines à Saint-Symphorien appartenait par indivision à l'abbaye d'Epinlieu et au seigneur Piéron de la Vallée, seigneur du lieu. En 1363, un litige est porté devant les hommes de fief de Mons au sujet d'un différend entre le frère Nicolle de Fretemoule, commandeur de l'hôpital Saint-Jean de Jérusalem à Piéton et Saint-Symphorien d'une part, et l'Abbaye d'Epinlieu et Marie, veuve de Piéron de la Vallée d'autre part. Le litige concernait une maison, une chapelle, des jardins et pâtures et les dîmes de la paroisse.
Actes du cartulaire de l'Abbaye d'Epinlieu CXXIII
" 1271. Donnée en l'an del incarnation Notre seigneur Jésus-Christ mil deux cens et soixante onze, el mois de juin. Appointement entre la maison de l'hôpital de Jérusalem à Saint-Symphorien et l'abbaye d'Epinlieu au sujet de la dîme due par cette abbaye à la dite maison, sur un manoir et ses dépendances contenant neuf bonniers (3) et un journel (4) de terre en une pièce, qu'elle a acheté de Baudouin de sars et autres à SaintSSymphorien, dîme dont elle est déclarée exempte, moyennant une rente annuelle de 15 rasières de grains, moitié blé, moitié avoine, à la mesure de Mons, à payer à cette maison, à la Noël et sous réserve du droit de personnat qui appartient à celle-ci. Le curé de Saint-Symphorien recevra sur cette rente une demi-rasière de blé, à raison de la dîme qu'il levait sur le jardin du manoir de l'Abbaye. Cet acte n'enlève pas à la maison de l'Hôpital, ses droits de dîme sur les autres terres que l'Abbaye d'Epinlieu possède à Saint-Symphorien " (5)Armes de l'Abbaye d'Epinlieu
| D'or à trois églantines, tigées et feuillées de sinople posées 1,2, les deux posées en fasce à dextre et senestre (6) |
Il existe d'autres représentations des armes d'Epinlieu : sur le sceau de l'échevinage de Saint-Symphorien, les armes d'Epinlieu sont :
| De .... à la crosse en pal, accompagnée à dextre d'une églantine en bande et à senestre d'une églantine en barre. |
Dans l'église de Saint-Symphorien, un tableau de 1767 représente
trois religieuses d'Epinlieu contemplant une apparition de la vierge avec l'enfant
Jésus et le diable qui fuit à cette approche.
A la partie inférieure du tableau, les armoiries de l'abbaye sont représentées
par 3 églantines.
| Si l'on s'inspire de la planche de l'Album de Croÿ dédiée à l'Abbaye d'Epinlieu, il faudrait voir les trois églantines sur une tige unique |
Références
(1) Annales du cercle archéologique de Mons – T. 94-1990
(2) Mons, chronique des rues et maisons par l'association des Montois Cayaux
et amis de Marcel Gillis, p. 135.
(3) Un bonnier : environ 87 ares ou 432 verges pour Mons, valeur très variable
(4) Journel ou journal : environ 22 ares, valeur très variable
(5) Registre aux Vidimus aux archives de l'Etat de Mons - section judiciaire
(6) Album de Croÿ - T. IV - Comté de Hainaut I - planche 28 - Crédit communal
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