Peruwelzbar

La Baronnie de Peruwelz

 1.         Situation géographique de la seigneurie

 Localité de la province de Hainaut  située sur la route N 60 Condé -Leuze  à proximité de la ville de Condé, à la frontière franco-belge.
La ville de Péruwelz  n'est pas à confondre avec la commune de Perwez dans le Brabant  wallon et Perwez se trouvant en province de Namur .

2.         Etymologie – Toponymie du lieu

Petra (881), Petroe Boseroe (1040), Petrewez (1183), Mons  Petrorus (1185), Piereweiz (1186), Pierwez (1191), Perues (1201), Peyveves (1262), Pierwees (1285), Peruwelz.            
Péruwelz viendrait de Peru-Weis = Pierre-eau.
           
Le nom de Péruwelz (Pereweis) est cité dans une archive de 1026.

3.         Armes des premiers seigneurs



 


      Les armes de Baudouin de Péruwelz  étaient en 1285 : "Echiqueté d'or et de gueules de six tires et six points"

  


        Actuellement, la ville de Péruwelz
 a comme armoiries : échiqueté d'argent et de sable de cinq tires et quatre points"
         (A.R. du 8 octobre 1888)

 

4.         Cri d’arme : d'après le comte de Saint-Genois ce cri était : Perwez

5.         Généalogie succincte des seigneurs de la localité

Plusieurs auteurs ont fait un amalgame des seigneurs de Péruwelz  avec ceux de Perwez, d'autant plus qu'il s'agissait parfois d'un même patronyme mais issu d'une branche latérale comme pour les Berlaymont .

Pour le temporel, Péruwelz  ressortait de la châtellenie d'Ath  et pour le spirituel du décanat de Saint-Brice à Tournai . En 1005, l'autel de l'église de Péruwelz est confié à l'abbaye d'Aubechies  et lors de la réunion de l'abbaye d'Aubechies et de Saint-Ghislain , cet autel est dirigé vers Saint-Ghislain. Au début du XIIe siècle, la terre de Péruwez est tenue par la seigneurie d'Antoing .

En 1172, un Nicolas de Pierewees accompagne le comte de Hainaut  Baudouin V lors d'un conflit avec le duc de Lemborch  (Limbourg ).

D'après le comte de Saint-Genois, en 1263, un Godfroid de Pereweis, sire de Grimberge , est cité dans un parchemin de Henri, évêque de Liège , mais il est probable qu'il s'agit de Perwez en Brabant  et non de Péruwelz . Joseph de Saint-Genois mentionne des seigneurs de Perewelz ou Perewes qui sont cités dans des actes que nous reprenons ci-dessous en n'étant pas certain s'il s'agit de Péruwelz-en-Hainaut .

1288 : Godefroid de Perewelz est cité dans un acte de 1291. Godefroid de Bialfort , seigneur de Perewes, est mentionné dans un parchemin de Thibaut, abbé de Saint-Hubert .

1292 : un certain Nicolas de Peruwelz paeticipe à la troisième croisade avec ses deux fils et meure lors de cette expédition.

1292 : Arnould de Pierrewes est présent lors de la rédaction d'un mandement de l'empereur germanique Adolphe aux prévôts, communautés et villes.

1293 : Godefroi de Perouwes figure comme témoin dans un acte reprenant la liste des personnages qui doivent faire hommage au seigneur de Mirewart  (probablement dans le Namurois ).

1299 : lettre de Ode, dame de Pereweis et de Bruech  (?), au comte de Flandre  lui demandant de faire hommage à son fils Jean, comte de Namur , des terres d'Oukeghem à la mort d'Alix, demoiselle de Pereweis, sa sœur.

En 1308, Bauduins (Baudouin), sire de Piérewelz, chevalier, et son épouse Yzabiaus dou Rues (Roeulx ), créent l'hôpital des pauvres à Péruwelz .

La généalogie est plus suivie lorsque les Berlaymont  deviennent seigneur de Péruwelz , mais souvent avec de nombreuses divergences entre les différents auteurs.

D'après Baudouin d'Avesnes , le mariage, vers le milieu du XIIIe siècle, de la fille de Jean d'Aulnoy  avec Gilles III de Chin  et de Berlaymont  fait passer l'office de boutiller dans la famille de celle-ci. Gilles III est encore cité en 1255.

Après 1301-1302, l'office de boutiller appartient aux Berlaimont -Péruwelz .

Un Allard de Péruwelz  épouse, en 1308, Béatrice de Trazegnies  qui décède en 1349 et est inhumée à Herlaimont .

Gilles V de Chin , seigneur de Berlaymont , Avoué de Busignies , est l'époux d'Isabeau de Perewees qui est encore en vie en 1346.

Leur fils, Jean 1er de Berlaimont , seigneur de Floyon , Perwez (probablement Péruwelz ), Glaison , Berbançon, épouse en 1358 Alix d'Esterpy  ou Strépy , dame de Ville , d'Hautrage  et de Pommeroeil . En 1419, le seigneur de Berlaymont  et de Péruwelz  (probablement Jean 1er), bouteiller de Hainaut , propose une nouvelle loi aux jurés et échevins de sa seigneurie.  En 1477, le château de Péruwelz est incendié par les troupes bourguignonnes.

Une autre source cite un Gilles de Berlaimont , de Hierges , de Péruwelz , de Beauraing  qui épouse Marie de Ligne , dame de Lens , fille de Jean, baron de Ligne, seigneur de Beloeil  et d'Eustache de Barbançon , sa première femme. De ce mariage est né un Lancelot, seigneur de Berlaimont et de Hierges, qui décède à Cambrai  en 1484.

A la mort de Jean 1er, c'est son frère Gilles qui hérite des propriétés de Berlaimont . Il épouse, en premières noces, Marie de Dalmatie et, en secondes noces, Catherine de Coimbre .

De sa première épouse il n'a qu'une fille, Gillette, qui hérite de Berlaimont , Perwelz et Hierges  et qui ne donne pas de descendance à son mari Louis Rollin .

C'est Charles de Berlaimont , son cousin, qui hérite de Péruwelz . Il est le premier comte de cette localité et le célèbre conseiller de Marguerite de Parme . Charles de Berlaimont, seigneur de Péruwez, est cité dans une charte de 1547.

Florent de Berlaymont , fils de Charles, seigneur de Floyon , de Hierges , de Hautpenne , de Péruwelz , de Beauraing , etc., hérite de ces seigneuries à la mort de ses frères. Il participe à la bataille de Ruremonde  en 1572 où il est fait prisonnier et n'est libéré qu'en 1577. Sa première épouse est Hélène de Melun . Il épouse, en secondes noces, Marguerite, comtesse de Lalaing  (=1650), qui fonde, en 1626, l'ordre des chanoinesses régulières à Bruxelles  mieux connues sous le nom de chanoinesses de Berlaymont.

En 1626, au décès de Florent de Berlaymont , sa fille unique Marie-Marguerite, comtesse de Lalaing , épouse Louis d'Egmont , duc de Gueldre .

En 1641, Ambroise de Croÿ , comte de Solre , achète le château de Péruwelz  qu'il transforme.

En 1799, le château et les dépendances deviennent biens nationaux et sont vendus aux enchères à Charles-Joseph Messine qui revend le tout trente-neuf ans plus tard à Emmanuel-Maximilien de Croÿ-Solre. 

6.                  Office d'échanson ou de Boutillier ou encore Boutelier

Il s'agit d'un office héréditaire dont le création doit, selon Gislebert de Mons , chroniqueur de la fin du XIIIe siècle, être attribué à la comtesse Richilde de Hainaut  et à son fils Baudouin 1er.  Cet office est lié à la possession d'un fief qui pour la fonction de boutillier est Péruwelz .

Si pendant la période carolingienne il s'agissait d'un esclave qui veillait aux boissons destinées au seigneur, (le risque d'empoisonnement a toujours existé), cette fonction est devenue symbolique au Moyen-Age. Elle reste toutefois convoitée car le boutillier, personnage proche du comte de Hainaut,  était investi de grands pouvoirs.

Ensuite, le titre de grand boutillier s'est confondu avec la noblesse mais il reste néanmoins toujours recherché.
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Alquier G. : les grandes charges de Hainaut - Revue du Nord - T.XXI - 1935
Armorial des Pays-Bas, France et Italie - Manuscrit n° 19194 - Bibliothèque royale de Belgique
Arnould Maurice : Album de Croÿ - Les offices héréditaires du comté de Hainaut - p.17
Crédit Communal de Belgique - T.II - Wallonie, p. 1179
Goethals F.D. : dictionnaire généalogique et héraldique
Poncelet : sceaux et armoiries du Hainaut - p.375
Saint-Genois (comte Joseph de) : armoiries et cris d'armes du comté de Hainaut
Saint-Genois (comte Joseph de) : Monuments anciens pour servir l'histoire du comté de Hainaut -T.1 et T.2,
pp.139,1067, 1547, 1612
Servais Max : armorial des provinces et communes de Belgique - Crédit Communal de Belgique - 1955
Seyn Eugène (de) : Dictionnaire historique et géographique des communes belges, p. 1058
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Goethals F.D. : Dictionnaire généalogique et héraldique - T.1 p. 278 - T.II, p. 268 -T.III, p.166 - T.IV, p.710
Crédit Communal de Belgique - T.II - Wallonie, p. 1179
Saint-Genois (comte Joseph de) : Monuments anciens pour servir l'histoire du comté de Hainaut
Vanderkindere L. : La chronique de Gislebert de Mons - 1904

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