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Eglise (Catholique romaine) et Héraldique

Les armoiries ecclésiastiques

Elles tirent leur particularité dans le fait que l’Eglise permet à tous, qu’ils soient d’humble origine ou issus de familles titrées, d’accéder à des fonctions nécessitant l’usage d’armoiries.
Il en résulte que si certains papes ont porté leur blason familial (Pie IX, Léon XIII, Benoît XV…), d’autres l’ont librement choisi (Paul VI a choisi des armes parlantes : le mont de six coupeaux rappelle son patronyme Montini). Il y eut même des « emprunts » : ainsi l’écu à six boules des Médicis de Florence fut porté par Pie IV (avec autorisation), issu d’une famille Medici de Milan sans lien avec celle de Florence.
Certains papes ont inclus dans leur blason un rappel des armoiries de la congrégation dont ils sont issus (Clément XIV, franciscain, Pie VII, bénédictin, François 1er, Jésuite….).
Mais si les armes intérieures relèvent d’un choix personnel, il n’en est pas de même des armes extérieures. Les « ornements de dignité » sont strictement codifiés. Ils ne sont pas transmissibles.

Les ornements de dignité

Bien que le bouclier soit le support des armoiries ecclésiastiques, le heaume n’y figure jamais, vu son caractère guerrier. On trouve par contre le chapeau de prêtre, la crosse et la croix. La tiare est réservée au pape.

Le chapeau : plat, à larges bords, d’où pend de chaque côté une cordelière entrelacée en losange et supportant des houppes (fiocchi). La couleur du chapeau, des cordelières et le nombre de glands précisent le rang dans la hiérarchie ecclésiastique.

La crosse : Crosse en pal derrière l’écu, tournée vers le dehors : évêque. Dextre : abbé régulier. Senestre : abbesse.

Evêque

Abbé régulier

Abbesse

La croix de procession : presque toujours d’or et tréflée, elle se caractérise par le nombre de traverses :
Trois : pape
Deux : primatie
Une

Croix de procession papale

 

Croix de procession d'archevêque, primat et de patriarche

Croix de procession d'évêque

 

La tiare : le pape est le seul dignitaire de l’Eglise qui arbore une couronne (tiare ou triregnum). Elle indique donc son rang.
Ovoïde, argent, cerclée de trois couronnes d’or, elle est placée au-dessus de l’écu.

Les clés de Saint-Pierre : l’écu papal est posé sur les clés de Saint-Pierre: Deux clés en sautoir, l’une d’or (en bande), l’autre d’argent (en barre),
une ceinture de gueules passée dans les anneaux. Elle symbolise le pouvoir de lier et délier donné par le Christ (juridiction).

Velum (panisellus) : voile accroché à la crosse chez les abbés et prélats de rang inférieur aux évêques.

Certains usages héraldiques ecclésiastiques ont été modifiés par l’instruction « Ut sive sollicite » du 31 mars 1969. En conséquence, les descriptions ci-dessous sont à titre indicatif.

Pape : écu surmonté de la tiare posé sur les clés de Saint Pierre. Le tout brochant sur une croix de procession d’or à 3 traverses

Cardinaux : écu surmonté d’un chapeau de gueules à cordelières du même. 15 houppes (1, 2, 3, 4 et 5) de chaque côté. Écu brochant sur une croix processionnelle d’or, à une traverse, en pal.

Archevêques : chapeau et cordelières de sinople. 10 houppes (1, 2, 3 et 4) de sinople. Croix simple en pal.
N.B. quand ils sont aussi cardinaux, ils prennent la couleur gueules.

Primats : la croix simple est remplacée par une croix à double traverse.

Evêques : chapeau et cordelières de sinople. 10 houppes (1, 2, 3 et 4) du même (autrefois : 6). Une mitre de front posée sur l’angle dextre de l’écu. Une crosse, en pal derrière l’écu, à senestre, tournée vers senestre.

Abbés commandataires : chapeau et cordelières de sable. Trois houppes de sable (1 et 2). Mitre posée à l’angle dextre, un peu tournée vers dextre. Crosse en pal derrière l’écu, à senestre, tournée vers l’intérieur de l’écu.

Abbesses : écu en losange posé sur une crosse en pal, tournée vers l’extérieur. Chapelet autour de l’écu.

Curé : chapeau et cordelières de sable. Une houppe.


Les Etats de l’Eglise

La partie centrale de l’Italie fut sous la domination des papes de 756 à 1870.

En 756, Pépin le Bref fait don à « Saint-Pierre » de territoires conquis sur les Lombards. Il crée ainsi la puissance temporelle des papes qui atteint son apogée sous Jules II.
Après diverses vicissitudes, les Etats sont progressivement amputés, ainsi en 1860 des Romagne, Marche et Ombrie au profit du royaume d’Italie. Ils sont ensuite annexés totalement à l’exception de la Cité du Vatican dont la " loi des garanties " (1871) reconnaît la possession au pape en toute souveraineté.
Les « accords de Latran » (1929) reconnaissent (entre autre) la plénitude de la souveraineté papale sur l’Etat Cité du Vatican.

Armoiries du Saint-Siège et de l’Etat de la Cité du Vatican :

Lecture : "De gueules à deux clés en sautoir, celle en bande d’argent et celle en barre d’or, nouées d’un cordon de gueules (ou d’azur) passé dans les anneaux », surmonté d’une tiare d’argent cerclée de 3 couronnes d’or, supportant une croisette du même, d’où part de chaque côté un ruban d’argent orné d’une croix pattée d’or et qui s’enroule autour des anneaux"

 

 

 

Clés :
Or : pouvoir sur le royaume des cieux.
Argent : autorité spirituelle de la papauté sur terre.
Anneaux en bas : les clés sont entre les mains du vicaire du Christ.
Cordons et rubans : liens entre les deux pouvoirs.

(http://www.vatican.va/news_services/press/documentazione/documents/)

Drapeau de l’Etat Cité du Vatican

Lecture héraldique : "Parti. 1. Hampe d’or ; 2. D’argent aux clés de Saint-Pierre surmontées de la tiare papale"

 

 

 

(http://www.vatican.va/news_services/press/documentazione/documents/sp_ss_scv/insigne/sp_ss_scv_stemma-bandiera-sigillo_fr.html)

Les armoiries des papes à partir d’ Innocent III (1198-1216)

Le Grand Schisme d’Occident et les antipapes 1378-1411

Armoiries de certains ordres hospitaliers

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