Certains membres de la maison de Crohin ont assuré une fonction officielle à Mons au cours des XVe, XVIe et XVIIe siècles. Dans les cartulaires du comté de Hainaut, Léon Devillers cite les personnalités suivantes :
1. Henriet Crohin
Le 9 juillet 1404 à Mons, lettre de Guillaume de Bavière concernant une rente de 100 couronnes d'or achetées par Henriet Crohin "qui doit être employée au service du Prince et du pays" (cartulaires – T.III – p.239).
2. Robert Crohin
Robert Crohin est cité comme receveur de Hainaut (1) dans une lettre de Guillaume de Bavière du 21 mai 1404 : il cède une grange près de l'église Saint-Germain à la ville de Mons. Robert ou Gobert est également cité dans le relevé d'un compte de la recette générale de Hainaut, le 1er septembre 1405. (Cartulaires - T. III, p. 232), dans une lettre de Paris de Jean, duc de Bourgogne, du 1er mars 1409. Ce prince accorde une aide de 220.000 écus d'or de France à son beau-frère Guillaume, comte de Hainaut, somme provenant des impôts levés sur la principauté de Liège. Cette somme a été remise à Robert "Croyn" alias Robert Crohin , receveur du Hainaut de 1402 à 1405 ainsi qu'en 1407. (Cartulaires T.III, p. 362)
3. Gobert Crohin
Lettre de Jean de Ligne et de Bailleul, du 22 février 1408, par laquelle il reconnaît avoir reçu de Gobert Crohin, changeur de Mons (2), de la part de Jean Bregnier, receveur de la terre du Roeulx, la somme de 75 livres. (Cartulaires - T.II, p. 452).
Le 10 avril 1415 à Mons, Gobert Crohin est désigné comme parchon (3) de Querighonde, fille de feu Jean Trichart. (Cartulaires - T.IV, p. 33).
Le 27 août 1420 à Mons, Gobert Crohin et Jehan Grumial, changeurs, remboursent 150 francs à Jehan de la Planche, pour prêt que celui-ci avait consenti à Guillaume de Bavière, comte de Hainaut. On cite également un certain Henry Crohin dans ce document. (Cartulaires - T. IV, p. 243).
Sous la rubrique "cotisations" des différentes villes du Hainaut du 29 décembre 1424, on indique que Gobert Crohin fait parvenir 80.000 couronnes accordées au duc de Gloucester pour le paiement des soldats (saudoyers) stationnés dans le Hainaut. (Cartulaires - T.IV, p. 497).
Le 10 décembre 1425, paiement par Gobert Crohin de 23 livres, 6 sols, 3 deniers tournois, pour l'entretien de prisonniers à Mons. (Cartulaire - T.IV, p. 527).
Paiement de 20 couronnes par Gobert Crohin à Piérart Crohin, homme de fief de Hainaut, et Agnès Festielle, sa femme, ainsi que 10 couronnes à Hanette Puch, la fille de Katherine Crohin, la deuxième femme de Jehan Puch, qui possédait l'établissement du "Heaume". (Le "Heaume" était une hôtellerie située dans l'ancienne rue de la Triperie à Mons au n° 7 qui s'appelle actuellement la rue de la Coupe) (Cartulaires - T.IV, p. 706).
Dans un cartulaire du 23 avril 1419, Gobert Crohin est cité comme échevin de Mons (T.I, p. 194).
Le 23 juillet 1425, de Vertain, bailli de Hainaut, confirme la nomination de huit échevins dont Gobert Crohin. (Cartulaires T.III, p. 487).
4. Pièrars (Pierre) Crohin
Est cité comme homme de fief de Hainaut dans un document du 30 janvier 1423. (Cartulaires - T.IV, p. 325).
Marie Joye, veuve de Robert Crohin, donne 12 couronnes à ses fils Pièrars Crohin et Colin Crohin. (Cartulaires - T. IV, p. 707).
5. Jean Crohin
Jean Crohin, échevin de Mons, est signalé dans une lettre au duc de Brabant, datée du 4 juin 1422. Le même Jean Crohin, échevin de Mons et "maistre en ars" est présent lors de la prestation de serment du duc Philippe de Bourgogne à Mons, le 23 juin 1427 (Cartulaires - T. IV, P; 305 et 607).
Lettre du 8 novembre 1429 de Edmond de Dynter confirmant la confiscation, par le duc Jean de Brabant, des rentes payées par Jehan Crohin au duc de Gloucester qui est son ennemi. (Cartulaires - T.V, p. 100).
6. Les Crohin, échevins de Mons (4)
Gobert Crohin : en 1417, 1418, 1425
Pièrars Crohin : en 1422
Jean Crohin : de 1429 à 1458 (a été nommé 10 fois échevin)
Philippe Crohin : en 1555
Jean de Crohin, seigneur d'Asquillies : en 1604, 1605
Ferry de Crohin, seigneur de Larcam : 1596 à 1598 et de 1601 à 1602 (et maître
d'artillerie en 1601)
7. Les Crohin, seigneurs de Saint-Symphorien
La seigneurie laïque, occupant Saint-Symphorien en même temps que les Dames d'Epinlieu, est un fief de la seigneurie d'Havré. Celle-ci appartenait depuis le XVIe siècle à la famille de Crohin. On peut citer :
1°) Georges de Crohin, époux de Walbrud de Barbançon, dont la fille, Walbrud de Crohin, dame de Saint-Symphorien, épousa Christophe Van den Heyden vers 1508 (5) ;
2°) Godefroid de Crohin, écuyer, frère de Georges - 1562 ;
3°) Jean de Crohin, écuyer, seigneur de Saint-Symphorien, docteur en droit et frère de Philippe. Le 3 décembre 1591, Jean de Crohin instaura la confrérie des archers de Saint-Sébastien à Saint-Symphorien. Celle-ci existe encore aujourd'hui.
Après 1656, la seigneurie de Saint-Symphorien est relévée par Jean de Boussie ou Bousies.
Armes de la famille Crohin
| "D'azur au chevron d'or accompagné de 3 épis du même" |
Devise : "Soyez à mon ardent désir" (6)
Pierre Crohin, échevin de Mons en 1422, avait comme sceau une dame tenant un écu au chevron chargé d'une étoile à 5 rais (6)
Dans une charte du 14 janvier 1425, le sceau de Gobert Crohin, appendu au document, représente une dame tenant un écu penché et qui porte un chevron accompagné de 3 épis. (7)
(1) Receveur : personne chargée de percevoir les recettes,
d'exécuter les dépenses et de dresser les comptes
(2) Changeur : banquier, agent de change, personne assermentée de l'Administration
de Monnaie et contrôlé par le bailli
(3) Parchon ou parchonnier : qui partage, qui prend part, coresponsable, cohéritier,
associé
(4) Gille-Joseph de Boussu : Histoire de la ville de Mons ancienne et nouvelle
(5) Le Parchemin n° 319 – janvier-février 1999, p. 33
(6) Cl. R. Paternostre de Maisieu : tablettes de Hainaut, T.IV.
(7) L. Devillers : Cartulaires du comté de Hainaut, T.IV, p. 327 et T.V, p.
407.
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