Condebar
1. Situation géographique
En France , dans le département du Nord, au confluent de la
Haine et de l'Escaut , à proximité de la frontière belge,
au nord de Valenciennes . La baronnie de Condé -sur-Escaut n'est pas à
confondre avec les autres localités du nom de Condé existant en
France, tels que : Condé-sur-Moselle, Condé-sur-Noireau (Calvados),
Condé-sur-Seuille (Basse Normandie).
2. Etymologie- toponymie de la
localité
Condé viendrait de Condatum. Quant à la localité
toute proche - Escautpont- l'origine de son est à rechercher dans Pons-Scaldis
- (pont de l'Escaut ) est
3. Armes des premiers
seigneurs
|
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Selon les
héraldistes, la famille de Condé
ou Condet
porte : "d'or à
la fasce de gueules" ce sont les armoiries actuelles de la
ville de Condé- sur- Escaut. Voir
contributions extérieures
|
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La localité toute proche de Escautpont porte dans ses
armoiries "d'or à la fasce de
gueules chargée d'une divise vivrée du champ". On peut
faire l'hypothèse que la divise vivrée est une brisure. |
Eugène Sol, ce sont les barons de
Condé
de la localité
de Montataire
(département
de l'Oise) qui, se disant descendants de Jacques de Condé (1261), ont
fait établir leur généalogie par Vitton de Saint-Allais
et ont adopté un écu à la fasce de gueules. Selon le même
auteur, les Condé-Bailleul
et Moriamez
n'ont jamais
porté l'écu à la fasce de gueules.
 |
Il existe un sceau de Nicolas
II de Condet
, dit de Bailleul
, qui est appendu à des chartes
de 1278 et 1282 et conservé aux Archives de la Chambre des Comptes
de Lille
et dont l'écu
est "de vair renversé ou versé
en chevron de trois pièces à deux chevrons brochants de gueules" |
 |
Quant aux Avesnes, ils ont vraisemblablement fait usage
de leurs armes "bandé d'or et de gueules de six pièces"
|
4.
Cris d'arme : Condet et Chastillon
5.
Généalogie succincte des
premiers seigneurs de la localité
Remarque
préliminaire
La terre de Condé était
partagée dès le XIIe siècle (8 août 1114)
entre deux seigneuries.
La première seigneurie dite de Bailleul
ou du "propriétaire",
se trouvait dans le Vieux-Condé
(Viès-Condet
).
L'autre seigneurie située
sur l'autre rive de l'Escaut appartenait
aux Avesnes et
dite seigneurie "gagère" ou seigneurie "don Chastiel de Condet
" (du château de
Condé ) et appelée aujourd'hui
"château". La baronnie est donc
partagée en deux parties avec une généalogie
distincte pour chaque seigneurie.
5.1.
Seigneurie
de Morialmez-Bailleul dite du propriétaire
Les Normands ont occupé
Condé de
882 à 884. Au Xe siècle, le
comte de Hainaut devient
le protecteur des abbayes et des domaines. Il se fait
représenter par un avoué (employé).
Le château fort est occupé dès la fin du Xe
siècle par des représentants du comte qui prennent le nom
de châtelain. On ne connaît pas les noms des premiers
seigneurs et la généalogie de la première
seigneurie, dite de Bailleul -Moriamez , débute vers 1114.
L'église
Saint-Barthélemy à Liège a
été fondée en 1010 par Godescale, seigneur de
Morialmé et
prévôt de Saint-Lambert. En
1021, il est élu évêque de Liège. Godescale
est le premier seigneur connu du nom de Morialmé.
Un Arnould III de Florennes a
épousé Yvette N. et devient ainsi seigneur de
Morialmé en 1087.
Un Héribaud
de Condet est
cité vers 1114 et semble être le premier possesseur des
terres de Condé dite de Bailleul .
En 1117, Pierre de
Condé accompagne
le seigneur de Trazegnies en
croisade pour combattre les infidèles à Tripoli.
Un Roger de Condé (°1120-
† 1171) est cité comme l'époux d'Alix ou Alice de Mons
, une fille de Gossuin et
de Béatrice de Rumignez ou Rumigny .
En 1140,
une charte cite Robert de Condé comme étant possesseur
d'un château sur une rive de l'Escaut (vieux
Condé) et Nicolas le Beau seigneur d'Avesnes , son ennemi, comme possesseur
d'un château sur l'autre rive.
Egide de Condet accompagne
le comte de Hainaut Baudouin
V, vers 1172, lors d'un conflit avec le duc de Limbourg .
En 1197, Nicolas 1er
de Condé est
témoin d'une traité de paix entre Jean, seigneur d'Irlande
, et Baudouin, comte de
Flandre et
de Hainaut , son cousin. Il est
également témoin, en 1209, d'un accord entre Hugues,
évêque de Liège , et Philippe, comte de Namur
, au sujet du fief du
château de "Sanson". Nicolas 1er est également
cité en 1212 dans un acte concernant un échange de terres
de La Roche et
Durbuy .
Nicolas 1er et son
frère Gérard de Condé sont
cités dans un acte du comte de Namur en
1211 ainsi que dans un autre acte de 1213 concernant un accord entre le
seigneur de Bioul et
le comte de Namur. Nicolas 1er signe en 1200 la charte du
comté de Hainaut . Nicolas 1er de
Condé est le fils de Roger († 1218) et Alix, fille de Gossuin de
Mons , elle-même petite-fille
de Baudouin de Jérusalem , comte de Hainaut. Il
épouse Isabelle, fille héritière d'Arnoul, sire de
Bailleul et
de Moriamez .
Après la mort de Nicolas 1er,
Isabelle se remarie en 1230 à Robert de Béthune et
est la mère de Mahaut de Béthune épouse de Guy de
Dampierre , comte de Flandre . De quel Arnoul, père
d'Isabelle, s'agit-il ? Nous n'avons pu
recueillir aucune information à ce sujet. On cite deux
frères de Nicolas 1er de Condé :
Godefroid, évêque de Cambrai , et Gautier, trésorier
de la même église. On cite
également que Jacques 1er de Condé et de
Fontaine , sire de Bailleul et
Morialmé , comme ayant
épousé, vers 1200, une fille d'Eustache III du Roeulx
dit
Canivet, et de Béatrice, fille de Baudouin, châtelain de
Tournai .
La sœur de Jacques de
Condé , Isabeau, épouse en 1245
Enguerrand II († 1265) seigneur de Fiennes , Twiguy et
Rumingen .Jacobus de Balliolo (Jacques
II) de Condé, chevalier, fils de Nicolas 1er et
d'Isabelle de Bailleul et
de Morialmé , devient seigneur de
Condé en 1235.
Nicolas II († 1293) est l'époux de
Catherine de Carenci , héritière de
"Caieu ". Il est cité dans
plusieurs actes en 1267, 1272, 1282, 1287, 1288 et 1290.
Le couple a plusieurs enfants, dont : Guillaume 1er
ou Willaume et Henri. Henri de Condé
est
cité en 1287 dans un acte de protestation de Guy, comte de
Flandre , envers Jean,
évêque de "Tusculum" et légat du Saint-Siège
qui l'a excommunié. Quant à
Guillaume ou Willaume, il reconnaît en 1295 que Guy, comte de
Flandre, lui a payé tout ce qu'il devait à son
père Nicolas II.
Guillaume de Condé
, fils de Nicolas II,
épouse Mahaut de Rosoit . Il
est seigneur de Condé, Morialmez , Beloeil , Ellignies , Stambruges , Ghlin et
pair de Namur . Le couple a comme fils Jean 1er
qui épouse Marguerite de Luxembourg (dont
on parlera plus loin).
Leur fille, Jeanne († 1325),
devient l'épouse, en 1306, de Fastré de Ligne
(†
1337), maréchal de Hainaut . Fastré épouse en
secondes noces, Marguerite de Gavre , fille du seigneur
d'Hérimez . Il
assiste au tournoi de Mons en
1310. La baronnie de Condé "en
partie" entre donc dans la famille de Ligne. Le premier couple a douze
enfants mais, comme on le verra plus loin, les décès
successifs des enfants et petits-enfants de Fastré ne laisseront
comme seule héritière de toutes les terres de
Condé, Bailleul et
Morialmez que
Catherine, chanoinesse de Maubeuge et
fille de Fastré.
Pour résumer ces
successions très compliquées nous avons :
- Michel 1er († 1345) succède
à son père Fastré
-
son fils Michel II († 1387) succède
à Michel 1er
-
Guillaume 1er,
époux de Berthe de Schleyden , succède à son neveu Michel
II
- le
fils de Guillaume 1er, Guillaume II, meurt en 1381 avant son père
-
le troisième
fils de Fastré, Nicolas, époux de Simone de Melun
décède en 1377 à
la bataille de Cocherel-sur-Eure
-
son frère
Robert est chanoine de Cambrai et meurt en
1372
-
le
cinquième fils de Fastré, Jean, décède en
1352 célibataire
-
Fastré
a également six filles dont Jeanne ou Anne († 1364) qui épouse
Jean de La Hamaide et Renaix
et qui ont au moins un fils Thierry que l'on
retrouvera plus loin. (B)
Une autre branche de
la famille hérite de Condé , il s'agit de Robert,
fils de Jean de Condé (A) etd'Isabeau de Hénin († 1307)
et qui épouse, en secondes noces, une Marie de Luxembourg
. Quant à Robert,
fils de Jean, il devient le mari d'Isabeau de Fontaine , dame de Morialmez et
de Condé en premières noces et, en secondes noces,
l'époux d'Isabelle de Coucy . Leur fils Jean, né du
deuxième lit, devient seigneur de Condé, Bailleul et
Morialmez.
Jean de Condé épouse une autre Marie de
Luxembourg , une fille de Guy de
Luxembourg, comte de Ligny et Saint-Pol et
de Mahaut de Châtillon . En
secondes noces, Marie devient la femme de Simon, comte de Salm . Le
couple Jean et Marie n'ont pas d'enfant.
Finalement c'est Catherine,
fille de Fastré, qui hérite de tous les biens de Jean de
Condé . Elle est chanoinesse et
à sa mort en 1397, elle lègue ses biens à ses
trois neveux : Jean de Ligne , fils de Guillaume 1er,
reçoit les terres de Beloeil ; Michel, troisième fils
de Guillaume 1er, hérite de Stambruges .
Thierry (B) de La Hamaide
, fils de Jean et Anne de
Ligne , hérite des terres de
Condé et
de Moriamez ou
Morialmez .
Le fils de Thierry,
également prénommé Jean, seigneur de
Condé , de La Hamaide et
de Renaix est
tué à la bataille d'Azincourt en
1415. Son épouse, dame de Jausse
ou
Jauche , de Gomignies et de Beuvrage
décède
en 1417.
C'est Jean de La
Hamaide qui
a reconstruit le château de Condé (dit
du propriétaire) en 141 et que l'on
peut encore voir dans le Vieux-Condé.
En 1467, on cite un Hernoul
de la Hamyde comme étant seigneur de Condé.
Vers
1485, une descendante des La Hamaide , Isabeau de La Hamaide , épouse Jean d'Oetingen
et
leur fille Elisabeth devient l'épouse de Guillaume, baron de
Roghendorf , en 1526.
Les deux
seigneuries de Condé sont
réunies par mariage dans la famille de Lalaing puis
dans celle de Croÿ -Solre jusqu'en
1806.
5.2.
Seigneurie
dite "dou Chastel de Condet" ou du Château de Condé
Gossuin d'Oisy , dit le Borgne, hérite
des biens de Thierry d'Avesnes dont
Condé .
C'est Nicolas de Namur qui
fonde le castrum de Condé (château
fort) sur un site marécageux, au confluent de l'Escaut et
de la Haine , entre 1149 et 1170
année de sa mort.
En 1174, le comte Baudouin V de
Hainaut s'empare
du château mais le restitue à Jacques 1er
d'Avesnes en
1176. Jacques 1er
décède en 1191.Il est l'époux de Adelvie de Guise
. Au
retour d'une bataille contre le duc Henri III de Limbourg , le comte Baudouin V se trouve
confronté à la révolte de Jacques d'Avesnes
à la suite de l'assassinat de Gautier de Fontaine (probablement
Limont-Fontaine) en 1183 et commandité par Philippe d'Alsace.
Jacques 1er d'Avesnes
prend
le parti du comte de Flandre
contre son suzerain le comte Baudouin V.
En 1184, Baudouin s'empare à nouveau du château.
Sous la pression du roi de France
, Philippe-Auguste,
Baudouin V doit restituer le château de Condé à
Jacques d'Avesnes qui
meurt lors de la troisième croisade en 1191.
Un des quatre fils de Jacques 1er
d'Avesnes , Walter II (†
1247), devient seigneur de Condé et
épouse Marguerite, comtesse de Blois , veuve de Hugues d'Oisy , châtelain de Cambrai
, fille de Thibeau de
Champagne et
Alix de France , fille de Louis VII.
Leur fille Marie († 1241)
épouse, en 1225, Hugues V de Châtillon
, deuxième fils de
Gautier, comte de Saint-Pol .
La seigneurie de Condé
dite
"du château" entre à ce moment dans la famille
Châtillon .
Leur fils aîné, Jean de Châtillon , époux de Alix de
Bretagne , fille de Jean dit "le Roux",
est mêlé aux péripéties de Marguerite,
comtesse de Flandre et
de Hainaut , et ses enfants du premier lit
les Avesnes . Jean de Châtillon
cède à son frère Guy, les seigneuries de Leuze
, Condé et
Escanaffe .
Guy († 1289) est l'époux de
Mahauld de Brabant .
Il donne à son
frère Jacques 1er de Saint-Pol
les
seigneuries de Leuze et
Condé en
1296. Celui-ci épouse Catherine de
Condé, fille de Nicolas II de Condé et de Bailleul
, dit du
propriétaire, et de Catherine de Cayaux ou Caieu . Jacques
meurt à la bataille de Courtrai en 1302. La
veuve de Jacques "Jakemes" de Saint-Pol et Châtillon est
la douairière des terres de Condé en 1302.
Sa fille Jeanne (†
1371) épouse Jacques de Bourbon , comte de la Marche , vers 1340.
Leur fils, Jean 1er,
épouse Catherine de Vendôme qui
est à l'origine des Bourbon -Vendôme.
Une descendante de la famille,
Eléonore de Bourbon -Vendôme , épouse le comte
d'Armagnac qui
concède Condé en
1488 à Antoine de Croÿ .
Condé retourne aux
Bourbon en 1503 mais
Louis II de Bourbon, duc de Montpensier par
sa mère, aliène sa terre de Condé à Charles-Quint
en 1529 pour 9639 écus d'or afin de contribuer à la rançon
de son oncle le roi François 1er, fait prisonnier à
la bataille de Pavie en 1525. C'est pourquoi la
seigneurie du Château est parfois appelée "seigneurie gagère".
L'empereur Charles-Quint cède Condé
à son
grand écuyer Guillaume de Roghendorf dont
l'épouse Elisabeth d'Oetingen est dame de
Condé-Bailleul.
En 1560, Marie de Montmorency
, sœur du comte de Hornes et
veuve du comte de Lalaing , achète la seigneurie de Condé
.
En 1608, Condé entre par alliance
dans la famille de Croÿ jusqu'en 1806.
Ce château est appelé l'arsenal
après sa cession à Louis XIV par le prince de Solre en 1692.
Pour terminer on peut se poser la question
de savoir si les princes de Condé tirent leur
origine de la ville de Condé-sur-Escaut ? En vérité, les Bourbon n'ont été
propriétaires d'une partie de Condé que pendant environ 40 ans
et ont dû y renoncer en 1529 (Charles-Quint).Cela n'a pas empêché
le roi de France , Henri
II, d'ériger Condé en principauté en 1557 en faveur de
Louis de Bourbon-Vendôme . Le titre de "prince de Condé"
a été porté jusqu'en 1830 alors que depuis 1529, les Bourbon
ne possédaient plus cette terre.
___________________________________________________________________________________________________________
Annales de la Société Archéologique de Namur ) T.XIX
- 1881-1892
Bouchy de Lesdain, L. : Héraldique des Provinces du Nord - 1999 - n°
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Bulletin de la Commission historique du département du Nord - T.V
Châteaux - Chevaliers du Comté de Hainaut - Ed. Crédit
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Chenaye (de la) : Dictionnaire de la noblesse française - p 598
Delame, René : Condé-sur-Escaut - Valenciennes 1927
Leuridan, Th. : Armorial du Nord
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Reiffenberg (Baron de) : Monuments I pour servir d'histoire des Provinces de
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Saint-Genois (François-Joseph, comte de) : Monuments anciens pour
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Saint-Genois (comte Joseph de) : Armoiries et cris d'armes du comté de
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Soil, Eugène : Cercle archéologique et historique de Tournai,
pp. 319, 320 et 321
Vanderkindere Léon : La chronique de Gislebert de Mons
Vinchant Fr. : Histoire du comté de Hainaut
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