Historique

Il est généralement admis que sainte Waudru naquit au château de Coulsore, vers 612.

Mariée très jeune à Madelgaire, l'un des "leute" (qui signifie "gens") du roi Dagobert 1er, fils de Clotaire 1er, qui règna de 629 à 639 (et qui, contrairement à la chanson, n'était pas si bon).

Waudru est la fille de Walbert et Bertille.

De l'union Madelgaire et Waudru sont nés deux fils, Laudry et Dentelin, ainsi que deux filles, Aldetrude et Madelberte ou Maldeberte.

Les époux ayant résolu de se consacrer à Dieu, Madelgaire, mieux connu sous le nom de Vincent, fonde une abbaye à Haumont et ensuite un monastère à Soignies.  Après le retrait de son mari, Waudru se réfugie à Coulsore mais ses filles entrent au monastère de leur tante Aldegonde à Maubeuge.

Lors d'une partie de chasse le long de la Haine, le roi Dagobert rencontre Ghislain, le futur saint, et lui donne des terres situées au lieu dit Ursidongus (cité de l'ours) ainsi que d'autres domaines dont la villa d'Hornu.

Après un entretien avec saint Ghislain qui est son confesseur, Waudru choisit un endroit dit Castrilocus pour construire un ermitage et donne naissance à la future ville de Mons.

Plus tard, Sigebert, roi d'Austrie, confirme cet établissement et Waudru ainsi que ses religieuses adoptent la règle de saint Benoît.  Waudru fonde une chapelle dédiée à saint Pierre et des prébendes pour les religieux bénédictins au service du monastère.  Elle fonde également la chapelle de saint Germain.  En mourant, la fondatrice laisse des biens importants dont : Castrilocus (Mons), Frameries, Jemappes, Quaregnon, Quévy, Braine-le-Château, Castre, Hal, Hérines.

Sa cousine Aye, épouse du seigneur Hydulphe, prend sa succession.  Elle donne Cuesmes, Nimy et Maisières au couvent.

En 816, Louis le Débonnaire veut imposer de nouvelles règles qui ne sont pas admises par les religieuses.  Le pape Pascal leur ordonne de se réunir à Nivelles et de conférer un accord avec Walcaud, évêque de Liège, mais les religieuses n'acceptent pas les conditions imposées.

Les abbesses du chapitre de sainte Waudru étaient élues par la communauté et présentées à l'empereur des Romains pour confirmer l'investiture.

Le comte de Hainaut, qui était d'abord avoué de l'église, s'oppose, à l'occasion du décès d'une abbesse, à la nomination d'une nouvelle supérieure et se déclare abbé héréditaire laïc, non pas par dévotion mais pour récolter les dîmes du chapitre (de même que par après les ducs de Bourgogne, Charles-Quint, les rois d'Espagne et Marie-Louise d'Autriche).

Un comte de Hainaut a même voulu chasser les chanoinesses pour les remplacer par des clercs, mais il mourut avant d'avoir réalisé son méfait.  Plus tard, un accord est conclu entre le chapitre et le comte en titre.

La dotation de l'église ne fait que croître avec l'apport des mairies de Maffles, Bouvignies, Hamme, Hofstade, Raisme, Boussu, Ville-sur-Haine, etc.

Un adoucissement s'introduit dans le genre de vie des religieuses qui en 1171-1185 se nomment encore moniales pour devenir, en 1192, chanoinesses (canonica) et, dès 1201, demoiselles (dominae).  Leur sécularisation complète s'accomplit au cours du XIIIe siècle.

Pour réduire le nombre de postulantes, le comte de Hainaut, Fernand et son épouse Jeanne, décident, en 1214, de ne conférer que trente prébendes de dames (dominarum) et à des filles de chevaliers, de naissance légitime et possédant huit et plus tard seize quartiers de noblesse.

C'est à l'abbé laïc qu'appartient le droit de nommer les trente chanoinesses et les dix chanoines.

La première dignité du chapitre était celle de prévôté dont la fonction était de récolter les dîmes des divers domaines, et de gérer les finances de la corporation.  En tant qu'abbés, les comtes de Hainaut ont fini par imposer un clerc en tant que prévôt, de manière à avoir la main-mise sur l'avoir des chanoinesses.

En remplacement des abbesses et des doyennes qui ne peuvent plus être nommées, le chapitre nomme quatre chanoinesses qui, chaque année et à tour de rôle, assurent la direction de la communauté en tant que bâtonnières ou aînées.

Bien qu'ayant échappé aux pillages des Normands, le monastère a subi les méfaits de la guerre.  En 956, le château de Mons et le monastère de Sainte-Waudru sont incendiés par Rodulphe, agissant pour le roi Lothaire, et à la demande de la reine Geberge qui avait été lésée par le comte Regnier II.  En 956, l'évêque Notger envahit le Hainaut.  En 1078, Thierri d'Avesnes usant de représailles envers la comtesse Richilde, dévaste ses terres et met le feu aux monastères de Mons et de Maubeuge.  En 1112 et 1152, des incendies dévastent le monastère.

Le béguinage de Cantimpret était sous la direction de l'église Sainte-Waudru et se trouvait sur le territoire de Cuesmes.  En 1295, Jean d'Avesnes incorpore le béguinage de Cantimpret dans l'enceinte de Mons. 

En avril 1786, l'empereur Joseph II réforme le chapitre et stipule que les chanoinesses ne seraient pas reçues avant l'âge de 18 ans et devaient être sans fortune.  Elles devaient également porter des robes noires et se réunir dans une seule maison.  A la mort de Joseph II, l'ancien ordre est reconstitué en décembre 1789.

En novembre 1792, les révolutionnaires français envahissent la Belgique et exigent une somme de 18.140 livres aux chanoinesses à titre d'impôt.  Le 27 mars 1793, lors de la victoire de l'armée autrichienne, les chanoinesses retrouvent leur statut mais en juin 1794, après la bataille de Fleurus gagnée par les français, le chapitre cesse d'exister.

Après le rétablissement du culte lors du règne de Napoléon 1er, quelques chanoinesses reviennent à Mons, entre autre Henriette-Bernardine-Josèphe, comtesse de Spangen, qui meurt en sa demeure de la rue des Telliers n° 2 à Mons le 15 août 1855, à l'âge de 85 ans.  Elle était la dernière survivante du chapitre.

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