BARBENCON

La pairie de Barbençon

1         Situation géographique de la seigneurie

Dans le Hainaut, du canton et à 1 lieue au S-E de Beaumont, sur la nationale 40, entre Beaumont et Philippeville, autrefois comprise dans la prévôté de Maubeuge.

           Fiefs de la pairie

Boussu-lez-Walcourt, Erpion, Renlies, Vergnies et Barbençon.
Les seigneurs de Barbençon possédaient, outre les terres de Jeumont, celles de La Buissière, Merbes-le-Château, Erquelinnes, Solre-sur-Sambre, Solre-le-Château, Villers-sire-Nicole, Marpent, etc…

 2.        Etymologie

La forme « Barbenzon » sous laquelle le nom de cette localité est cité en 868 dans le polyptique de Lobbes rmi les possessions de celle-ci « in pago Sambriensi » est un diminutif de « Brabant » employé comme nom commun avec la signification de « terre en friche ». 

On retrouve dans les textes plusieurs orthographes : Barbançon, Barbençon, Barbenson, Barbenchon, Barbenzon.

 3.       Armes des premiers seigneurs

           

Nicholes, sire de Barbenchon et Jean, sire de Barbenchon avaient, respectivement en 1246 et en 1263, un écu « d’argent à 3 lions de gueules, armés, lampassés et couronnés d’or ».

 

 4.       Cri d’armes

Barbençon       (Réf : Comte J. de Saint Genois – Armoiries et cris du comté de Hainaut)

 5.         La pairie de Barbençon

5-1       La maison de Barbençon

La maison de Barbençon jouissait déjà au XIIIè siècle d’un certain prestige parmi la noblesse hainuyère.
A l’origine, simple seigneurie à bannière appartenant à une famille qui portait son nom, elle devint une des douze pairies du comté de Hainaut.

Elle passa dans la maison de Ligne, Michel de Ligne devint baron de Barbençon au XVè siècle, et  accéda au titre de principauté en l’an 1613 (1614).Ce titre fut octroyé à Albert de Ligne-Arenberg, décédé en 1674, époux de Anne de Barbençon, vicomtesse d’Ave, fils de Robert de Ligne, baron de Barbençon et de Claude, comtesse de Rhin et de Salm,  par les Archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs des Pays-Bas. Il était donc le petit-fils de Jean de Ligne et de Marguerite de la Marck, comtesse d’Arenberg.La Maison de Barbençon s’éteignit faute de postérité mâle, mais le titre passa dans les familles de Ligne, d’Arenberg, de Wignacourt et d’Anneux. Guillaume de Ligne était baron de Barbençon par héritage de sa grand-mère Eustache de Barbençon qui avait épousé Jean de Ligne (+ en 1492).

 5-2       Généalogie succincte des seigneurs de Barbençon

Isaac de Barbençon -Vinchant fait descendre les seigneurs de Barbençon de Baudouin de Jérusalem, comte de Hainaut, par le mariage de Isaac de Barbençon, qui vivait en 1110, avec Mahaut de Rumigny, fille de Hugues et petite-fille de Baudouin.Ysaac de Barbençon était pair de la châtellenie de Mons  sous le comte de Hainaut Baudouin IV (°1120 -+1171).
Vinchant renseigne ensuite trois Nicolas de Barbençon ;

Nicolas, époux de Jolente de Saint-Aubert, fille de Gilles, sénéchal du Hainaut  et de Berthe de Bouchain, fille de Godefroid, châtelain de Valenciennes,

Nicolas, époux de Marie, fille du comte de Monfort,

Nicolas, époux d’Isabelle ou Elisabeth de Soissons , sœur de Jean, comte de Soissons.

Or, dans les annales du cercle archéologique de Mons , tome XXII – 1890, on trouve :
« Nicolas de Barbençon ,gendre de gilles de Saint-Aubert , jura la charte de 1200. Il fonda l’abbaye de la Thure  en 1243-1256. Il avait épousé Isabelle de Soissons  et fut père de Jean.

Il n’y aurait donc pas trois mais deux Nicolas. Nous opterons pour cette dernière hypothèse.

Nicolas Ier de Barbenson , sire de ce lieu et de la Buichière, épousa Marie, fille du comte de Montfort .
La 5ème fille de Alise de Haynaut  et du seigneur de Ruminy espousa messire Isaac de Barbençon duquel elle eut Nicolas, seigneur de Barbançon  (+/- 1100) (Vinchant – Tome II p 241-242)

 1167 Le comte Bauduin IV ratifie l’accord passé entre l’abbaye d’Haumont, d’une part, et Gossun , avoué de Louvroil, assisté de Béatrix sa mère et tutrice, d’autre part, au sujet de l’alleu de Louvroil. Signataire comme témoin : Nicholai de Barbechon.

 Nicolas de Barbençon accompagne le comte de Hainaut , Baudouin V, en 1172 lors de la bataille contre le duc de Limbourg .

 En 1180, Nicolas de Barbençon est témoin lors de la donation de Guillaume, abbé de Saint Denis à Lille , à Baudouin, comte de Hainaut  et à Marguerite, sa femme, de tous les bois de Solesmes .

 En 1183, durant l’octave de la feste des trois saints Roys, grands préparatifs de guerre se faisant en la ville de Mons  par le comte Bauduin, contre Godefroy, duc de Brabant  ; audit Mons se rendirent lors chez ledit comte pour lui donner secours … Nicolas de    Barbençon  (Vinchant Tome II p 266-267)

 Nicolas II, sire de Barbenson et de la Buichière, eut pour femme Jolente de Saint-Aubert , fille de Gilles, sénéchal du Hainaut, et de Berthe de Bouchain, fille de Godefroid, châtelain de Valenciennes .

Reiffenberg, dans son « Histoire du Hainaut - tome I, page 205 » écrit :

« Baudouin III mourut en 1120. Sa veuve se remaria à un de ses vassaux, Godefroid II de Bouchain, châtelain de Valenciennes, petit-fils du célèbre Anselme, mort à la croisade. Elle en eut Godefroid III et une fille appelée Berthe, mariée d’abord au comte de Duras, ensuite à Gilles de Saint-Aubert, sénéchal héréditaire de Hainaut.

On peut donc logiquement penser que Berthe de Bouchain  soit née après 1120 et que sa fille, Jolente de Saint-Aubert  soit née, elle, vers les années 1240 et ait épousé Nicolas de Barbençon  après les années 1250.

Dans les annales du centre archéologique de Mons - tome XXII, on trouve : Nicolas de Barbençon, gendre de Gilles de Saint-Aubert (donc époux de Jolente de Saint-Aubert) jura la charte de 1200. Il fonda l’abbaye de la Thure en 1243-1256(voir ci-après). Il avait épousé) Isabelle de Soissons et fut père de Jean.

On peut donc dire que Nicolas II, sire de Barbanson et de la Buichière, épousa en secondes noces Isabelle ou Elisabeth de Soissons, sœur de Jean, comte de Soissons, seigneur de Chimay.

1195 Bauduin, comte de Hainaut  et marquis de Namur, reconnaît que l’abbaye d’Haumont  possède les bois situés à Harbenchons et Erfrenval. Témoin : Nicholaus de Barbencione

1199 le 27 juin Charte de Bauduin, comte de Flandre  et de Hainaut. Témoin ; Nicholai de Barbentione.

Le comte Bauduin, ayant par vœux entrepris solennellement la croisade, assembla en la ville de Mons  les états de son pays de Haynaut , à l’effet de mettre bon ordre à la police dudit pays.

Le 26 du mois de juin 1200, en ladite ville de Mons, furent présents plusieurs nobles qui approuvèrent et reçurent les dites nouvelles lois et coutumes par appension de leur seel (scel) et signature de leur main. Ces nobles furent …Nicolas de Barbençon (Vinchant)

« Le seigneur Bauduin, comte de Flandre et de Hainaut, et ses hommes nobles et autres chevaliers, jurèrent sur les choses saintes d’observer pleinement toutes ces lois ; dont Nicolas de Barbenson . L’an 1200, le cinq des calendes d’août.

1211 Charte par laquelle Gilles, seigneur de Barbençon, fait connaître que Bauduin de Boussoit a, de son consentement, donné à l’abbaye d’Alne (Aulne) la dîme qu’il possédait à Solre-saint-Géry. Témoin ; Egiduis de Barbenceon.

1217 Elisabeth de Merbes, épouse de Gilles de Barbençon, donne à l’abbaye d’Alne sa maison de Donstiennes (Gilles et Nicolas ne seraient qu’une même personne)

1220 le 16 décembre, charte d’Eustache de Roeulx. Témoin ; Egiduis de Barbencione.

 Au mois de mars 1243 (1244 n.st.), Nicolas II établit à Marpent quatre religieuses qu’il fit venir de l’abbaye de Prémi, près de Cambrai. Il leur accorda des terres dépendantes de sa maison de Jeumont, la moitié de la dîme et les biens de sa grange à Villers-sire-Nicole.

Douze ans plus tard, à Pâques 1256, cette abbaye fut transférée à Solre-sur-Sambre, où elle prit le nom d’abbaye de la Thure, du nom de la rivière sur les bords de laquelle elle était bâtie.Une fille de Nicolas en fut abbesse de 1271 au 20 novembre 1300, date de sa mort.

Un fils, Nicolas de Barbençon, devint seigneur de Villers et débuta une nouvelle lignée avec de nouvelles armes. Il épousa Alexandrine de Boussoy. C’est lui qui donna son nom à Villers-sire-Nicole.

En 1244, Nicolas de Barbençon est présent lors d’un jugement de Henri de Luxembourg, avoué d’Arras, par lequel les terres de Crevecoeur et d’Asleux sont données à Thomas, comte, et à Jeanne, comtesse de Flandre et de Hainaut.

1249    Nicolas de Barbenchon et Elisabeth, son épouse, accordent à perpétuité, à l’abbaye d’Alne, le droit de faire paître ses troupeaux sur les prés communs de Barbençon, de Vergnies et de Jetafol. Les abbés de Lobbes et de Foigny, présents à la rédaction de cet acte, y apposèrent leurs sceaux.

(n° 132, folio 60, Nicholaus de Barbenchon, de pascuis terre suc. 1249)

Jeanne I de Barbençon, fille de Nicolas II,  + 20 novembre 1300

Jean Ier, sire de Barbençon, de la Buissière, Jeumont, pair du Hainaut, épousa Marie d’Antoing, fille de Hugues, seigneur dudit lieu.

Son nom, Jehan, sire de Barbençon, figure au bas d’un acte d’adhéritance de Jean II, comte de Hainaut, qui fut fet et donnés à Bavay au mois de julé l’an de grâce 1292.

Il eut un fils, Nicolas de Barbençon qui continue la lignée des seigneurs de Jeumont, mort en 1316.

Jehan de Barbanson  participe au Tournoi de Compiègne de 1238.

Jean, sire de Barbençon est cité en 1287 lors d’un projet de lettre de Baudouin d’Avesnes, sire de Beaumont, pour respecter une sentence de l’Evêque de Liège, au sujet d’un différent entre les comtes de Flandre et de Hainaut, au sujet d’Alost, Grammont, etc…

Un Jean de Barbençon est cité en 1290 dans une lettre de Jean d’Avesnes, affirmant qu’il respecte les privilèges de la ville de Valenciennes.

Jean de Barbençon, fils de Jean et Aline, scelle une charte de 1294 de Jean d’Avesnes, au sujet de dons de bois au profit de l’abbaye de Bonne-Espérance .

Jean de Barbançon, nommé dans une charte de 1295, était fils de Nicolas et d’Isabelle de Soissons.

Jean de Barbençon et son Frère Huon sont cités dans un acte de 1302.

Le 19 du mois de may 1305, Guillaume, comte de Hainaut, prit à femme Jenne de Valois, fille aisnée de Charles, comte de Valois et de Marguerite d’Anjou . A ce traité de mariage se constituèrent pleiges et cautions ;…Jean, seigneur de Barbençon

( Il est difficile de séparer les événements vécus par Jean 1er et Jean II).

Guillaume ou Jean II de Barbenson, de la Buissière, pair du Hainaut, épousa Isabelle d’Argies, fille du seigneur d’Argies, mort en 1351.

Dans les textes, on ne trouve pas mention d’un Guillaume, par contre en regard des dates, il est vraisemblable qu’il ait signé du nom de Jean.

1288 Jehan, fils aîné de Jehan, seigneur de Barbenchon .

Alix, veuve du comte Jean I d’Avesnes (+ 1257), remet entre les mains de l’abbé d’Alne, un larron pris à Angleson-Spine, de par le dit abbé, et que Jean, fils du seigneur de Barbenchon, prétendait justicier.

Jean de Barbençon est cité en 1310 lors du testament fait par Philippine, veuve de Jean, comte de Hainaut.

Jean, fils aîné du sire de Barbençon, est présent en 1311 lors du règlement du différent entre le chapitre de Cambrai et Jean d’Avesnes, comte de Hainaut.

Le 13 du mois d’août 1313, fut mis hors de l’ancien vase, ou repositoire, le corps de Sainte Waltrude, et remis en un autre par Jean, abbé de Lobbes. Cette translation fut faite en présence de ;…Jean, seigneur de Barbençon, Huge de Barbençon, chevalier…(Vinchant tome III,page 91)

1322 et 1323, Jean de Barbenchon assiste au traité entre Jean, duc de Brabant, et Guillaume, comte de Hainaut, concernant le mariage de leurs enfants, Jeanne fille du duc et Guillaume fils du comte de Hainaut.

En 1335, Jean de Barbençon est témoin d’un acte rédigé par Gérard, dit Sauffes d’Ayne, écuyer, bailli de Hainaut, seigneur de Beaumont.

En 1350, Jean de Barbençon et Renaut de Barbençon, son cousin, scellent un acte de Jeanne de Hainaut, comtesse de Blois, de Namur et dame d’Avesnes.

Michel de Barbençon, frère de Guillaume/Jean, est témoin en 1347, lors de la rédaction d’un parchemin de Guillaume, comte de Hainaut , à tous les abbés, prévôts, nobles hommes, etc … qu’ils doivent le secourir dans le besoin d’argent qu’il a.

Jean, seigneur de Barbenson, de la Buissière et de Merle épousa Yolande de Gavre, dite de Lens.

Jean de Barbençon, seigneur de Solre, l’an 1352 (d’argent à 3 lions de gueules, armés, lampassés et couronnés d’or) – Vinchant Tome VI.

Parchemin de 1353 de Renaut de Barbençon, frère de Jean, chanoine de Liège, qui est l’un des exécuteurs du testament de Jean de Barbençon, seigneur de Solre. Etaient également présents : Henri de Barbençon, sire de Haussi, héritier de Jean de Barbençon son frère.

Jehan de Barbenchon est présent en 1357 lors du règlement du différent entre le comte de Flandre et le duc de Brabant.

Jean de Barbençon et Yolande de Gavre eurent trois filles, savoir ;

a) Jeanne de Barbençon, mariée à Robert de Béthune, vicomte de Meaux, sans génération.

b) Eustache, dame héritière de Barbençon, la Buissière, Merle, etc… femme de Jean, baron de Ligne. Ce fut par ce mariage que la terre de Barbençon entra dans la maison de Ligne. Jean de Ligne mourut en 1443.

c) Jolente de Barbençon, dame de Montigny et Saint Christophe, alliée à Othon de Lalain, grand bailli du Hainaut.


5-3       La maison de Ligne
 
C’est donc en l’absence d’héritier mâle et par le mariage d’Eustache, dame héritière de Barbençon, avec Jean, baron de Ligne , que la terre de Barbençon passa dans la maison de Ligne et y resta jusqu’en 1693.
 
La seigneurie de Barbençon accéda au titre de principauté en l’an 1613 (1614).

Ce titre fut octroyé à Albert de Ligne-Arenberg, décédé en 1674, époux de Anne de Barbençon, vicomtesse d’Ave, fils de Robert de Ligne, baron de Barbençon et de Claude, comtesse de Rhin et de Salm,  par les Archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs des Pays-Bas. Il était donc le petit-fils de Jean de Ligne et de Marguerite de la Marck, comtesse d’Arenberg.

Octave de Ligne-Arenberg, prince de Barbençon, fut tué, en 1693, à la bataille de Neerwinden et, comme il ne laissait pas de postérité mâle, la maison de Barbençon s’éteignit par sa mort et le titre passa dans les familles d’Arenberg, de Wignacourt et d’Anneux.

Le titre de prince de Barbençon est aujourd’hui porté par un noble espagnol, le Duc de Fernan Nunez, châtelain de Dave (Namur) à la suite de diverses alliances matrimoniales et d’héritages familiaux ayant pour origine la souche Ligne-Barbençon dont il est question plus haut.

C’est donc en l’absence d’héritier mâle et par le mariage d’Eustache, dame héritière de Barbençon, avec Jean, baron de Ligne, que la terre de Barbençon passa dans la maison de Ligne et y resta jusqu’en 1693.

La seigneurie de Barbençon accéda au titre de principauté en l’an 1613 (1614).

Ce titre fut octroyé à Albert de Ligne-Arenberg, décédé en 1674, époux de Anne de Barbençon, vicomtesse d’Ave, fils de Robert de Ligne, baron de Barbençon et de Claude, comtesse de Rhin et de Salm,  par les Archiducs Albert et Isabelle, gouverneurs des Pays-Bas. Il était donc le petit-fils de Jean de Ligne et de Marguerite de la Marck, comtesse d’Arenberg.

Octave de Ligne-Arenberg, prince de Barbençon, fut tué, en 1693, à la bataille de Neerwinden et, comme il ne laissait pas de postérité mâle, la maison de Barbençon s’éteignit par sa mort et le titre passa dans les familles d’Arenberg, de Wignacourt  et d’Anneux.

Le titre de prince de Barbençon est aujourd’hui porté par un noble espagnol, le Duc de Fernan Nunez, châtelain de Dave (Namur) à la suite de diverses alliances matrimoniales et d’héritages familiaux ayant pour origine la souche
Ligne -Barbençon dont il est question plus haut.

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