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Les documents qui vont suivre, sont pour la
plupart incomplets, ayant été abîmés par le temps.
L'humidité a
rongé l'extrémité des pages et le contenu de nombreuses lettres ne peut
être que deviné. Leur état de dégradation
très avancé semble remonter à très longtemps.
Une tentative de
conservation, remontant aussi à de nombreuses années semble avoir
stoppé cette dégradation mais, hélas, de nombreux passages sont perdus
a tout jamais. D'autres documents sont manquants, ayant été
transmis au Ministre de l'Intérieur, à l'origine du projet, sans que
copie n'en ai été conservée aux A.M.A.E.
Malgré cela, on peut se faire une bonne idée de l'histoire de cette
colonisation en lisant les quelques documents qui sont parvenu jusqu'à
nous. Les
parties manquantes, dans les pages qui suivent,
seront indiquées par le signe suivant [...] et,
malgré leur destruction partielle, le sens général de ces lettres et
rapports reste assez clair.
Les propositions de Mr de Theux, reprises
par le nouveaux gouvernement, se concrétisèrent avec l'arrivée du Sieur
Beleke, recommandé par Beaulieu et avec la lettre qu'il envoya au
gouvernement belge .
7 july 1848
Respected Sir,
I arrived some weeks ago, from the United States of N. A. with dispatches for Berlin and with letters to the Chevalier Clemson, chargé d'affaire in Brussels.
However, the principal object of my mission, is to request the European governments, to send their emigrants to St Mary's Colony, in Elk County, Pennsylvania, and thus, by limited efforts, extend far and wide, the flourishing settlement.
Although St Mary's Colony, was founded only a few years ago, it contains, at present, 2600 inhabitants, - two churches - two excellent schools for boys, and one for girls, under the direction of religious sisters. There are grist and saw mills. On very extensive saw mill, being furnished with a planning machine and a lath cutting apparatus, has cost about 7000 Dollars. There are many extensive ironwork in the neighborhood where the poor workmen earn about one dollar per day. Next year St Marystown, which has already attracted great many highly respectable families from Philadelphia, Baltimore etc. will be made the County town. Several other towns with churches
and schools are now about being established [...]
Pennsylvania takes a great interest in the [...]
Colony and has done everything to promote its [...]
of the healthy climate, with correspond to that of [...]
of the productive soil of the coal mines and mineral[...]
many other advantage, a particular account is given [...]
enclosed printed prospectus. The Right Rev. Dr O' C[...]
Bishop of Pittsburgh, who is well acquainted with[...]
has honored me with a letter in which he [...]
Colony deserves the preference before others, in [...]
as spiritual point of view. Some years ago [...]
Van Der Straeten published an interesting account of [...]
but, at that time, it was aw yet in its infancy, and [...]
conditions which existed at that time have been [ ne away soi ]
at present, the land is sold in Vi Simple i. e. without [...]
conditions except those about which the purchaser and the [...]
agree. In all parts of Germany which I have visited[...]
the greatest interest is evinced for this colony. In build towns[...]
a society is about being formed to buy land and[...]
build towns for emigrants.[...]
The Chevalier Beaulieu, regarding the overgreat population[...]
of Belgium, entertains the sanguine expectations that[...]
his government may take part in the flourishing [...]
St Mary's; and for that purpose, he has entrusted [...]
care letters to the Belgi[...]
me to confer upon the subject with your excellency[...]
and to present all the necessary documents.
Although, in small lots, the land sell for $ 4-20 Dollars,[...]
according to its distance from the town, the proprietors, very[...]
desirous to name a settlement of the pious, industrious and[...]
good Belgians, they have legally authorized me, to offer[...]
to this governement 10,000 - 50,000 acres of the best land,[...]
at the very low prize of 2 dollars per acre; and at the[...]
same time, they oblige themselves to provide the Belgian[...]
settlers with churches, schools and clergymen.
I take the liberty to say, on my own accord should[...]
this government allow 4 dollars per acre, I believe[...]
the proprietors would not only forward 100 Belgian[...]
families from New York to St Mary's Colony; but[...]
also build a town of 100 blockhouses with[...]
good churches and schools, provide Belgian[...]
clergymen and teachers and give a sufficient [...]
quantity of land for the future support of the school[...]
and churches, and, in addition to this, I think, the[...]
proprietors would also clear, for every family,[...]
3 - 4 acres of land, saw them with rye and[...]
wheat and plant for them corn and potatoes.
I think, it would be adviseable, to send the Belgians[...]
in different parties, at different times, in order[...]
that those who have arrived at the colony, may[...]
be employed for those who are to follow; in this[...]
manner would the money[...]
sent by the government, chiefly come into the hand[...]
[...] emigrants. After, in the manner co
[...]
families have been well settled, the government may send any[...]
number of poor families without additional aid. Although by such[...]
improvements the value of land would rise, the proprietors will[...]
now sell any number of acres, which the government[...]
may now wish to buy for any after period, at 1 1/4 dollars per acre, which is[...]
the prize of the American government.
It may be, that the proprietors will do still more than I[...]
have said; for, I am certain, they will bring any sacr[ifice][...]
to ogbtain settlers from Belgium, and they will suit the[mselves][...]
to the views and wishes of this government.[...]
If this governement should buy land inconditionally,[...]
authorized to sell any number of acres; but if[...]
governement should buy the land conditionally at 4[...]
I would also contract, but the consent of the proprietors[...]
is required.[...]
To carry out the views of the government on the subject[...]
I offer my services; and humbly ask for an [...]
audience.
With Sentiments of high regard, I'm
Your Excellency
humble servant
C. J. Beleke
Professor of ??? St Mary
Suite à l'audience accordée à Beleke ce même mois de juillet 1848 et devant l'intérêt porté par le
Ministre de l'Intérieur qui pense qu'un projet d'envoyer les pauvres de nos régions vers les Etats-Unis serait une bonne chose, le
Ministre des Affaires Etrangères émet quelques
réserves : il trouve que la proposition est coûteuse et qu'elle ne résout pas le problème du paupérisme.
Il
doute que le colon ait la force et le courage nécessaires pour surmonter les difficultés qui se présentent toujours les premières années. Il doute
aussi que les gens que l'on a en vue d'envoyer en Pennsylvanie remplissent ces conditions. Il conclut qu'il vaudrait mieux passer par une Compagnie
privée qui se chargerait d'exécuter ce contrat que de passer directement par le gouvernement.
Concrètement, il faut d'abord s'assurer de la qualité des terres proposée et demande est faite à Beaulieu de donner des renseignements exacts sur l'établissement qui existe déjà.
Entre-temps, une convention provisoire sera signée avec Beleke pour l'achat de 10,000 acres de terres destinées à un essai d'émigration flamande. La convention ne sera définitive que si la fertilité, la bonne situation des terres et la salubrité de la colonie auront été reconnus.
Les
vérifications doivent être faites pour le 1er octobre 1848. L'enquête
sur place à Sainte Marie étant confiée à
- Auguste Moxhet : consul général de Belgique à New-York
- Victor DeHam : chef du bureau des Flandres au département de l'Intérieur.
Avant
son départ, Victor DeHam s'adresse au Père Heilig de l'ordre des
Rédemptoriste, demandant des précisions sur la propriété des terres de
la colonie de Sainte Marie :
Bruxelles, 18 août
1848,
C'est avec une
profonde reconnaissance que j'ai reçu, avec votre honorée du 14 de ce
mois, la lettre de recommandation que vous avez bien voulu m'adresser pour
le Père Supérieur de votre Ordre en Amérique. Je sens tout le prix de
cette marque d'estime de votre part et je me sens très fortifié par
l'approbation que vous donnez à nos projets d'émigration. Il est
toutefois un passage de votre lettre sur lequel j'espère que vous ne
verrez aucun inconvénient à me donner quelques explications. Ce désir
de ma part a uniquement pour but de bien éclairer le terrain sur lequel
nous allons marcher.
Je lis dans votre
lettre que vous recommandez à votre ordre en Amérique de m'aider et de
me faire faciliter la mission dont je suis chargé, d'autant plus que les
droits de votre colonie à Ste Marie, dites vous, seront toujours
respectés et garantis.
Il est très
important pour moi et pour l'administration, mon révérend Père, que
nous connaissions toute la signification des mots que je viens de
souligner.
Nous avons traité
avec Messieurs Benzinger, Eschbach et Stokes pour l'achat conditionnel
d'une certaine quantité de terrains à Ste Marie. Ces messieurs ne
sont-ils pas les véritables propriétaires ? quels sont les droits de
votre ordre, qui seront, dites-vous, toujours respectés et garantis ?. La
Congrégation a-t-elle à Ste Marie des droits ou des pouvoirs autres que
ceux qui découlent naturellement de sa mission religieuse ? Vous appelez
la colonie de Ste Marie votre colonie. Est-ce une expression
indifférente, sans signification rigoureuse ou absolue ou a-t-elle une
portée réelle ?
Pardonnez moi, mon
très Révérend Père, toutes ces questions. Veuillez bien croire
qu'elles ne procèdent pas d'une curiosité vaine, mais qu'elles me sont
inspirées par le simple désir de rendre service à la cause de
l'émigration. Je suis d'ailleurs personnellement plein d'une vive
sympathie pour la Congrégation du très St Rédempteur.
Daignez agréer,
mon très révérend Père, l'hommage du respect très profond, etc.
P.S. Quittant
Bruxelles mercredi prochain, il me serait très agréable de recevoir une
réponse avant ce moment.
Au
1er octobre, sans nouvelle des enquêteurs, le baron d'D'Hoppschmidt, en
accord avec les propriétaires des terres : Mathias Renzinger et John
Eschbach de Baltimore et William A. Stokes de Sainte Marie, reportent la décision
au 1er avril 1849.
Entretemps , le10 octobre 1848, de retour à
New York, Moxhet et DeHam font parvenir leurs rapports. Pour Moxhet, les
conclusions sont défavorables(original de son rapport envoyé au Ministre
de l’Intérieur :lettre du 3 novembre 1848), alors que DeHam revient en
Belgique plein d'optimiste sur la faisabilité de l'affaire.
Note
: Aucun de ces deux rapports ne se trouve dans le dossier 2025 des A.MA.E.
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