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Le Texas en 1845 : Castro-ville
colonie
Fondée par Henry Castro, le 1er Septembre 1844, sur
la rivière Médina,
24 milles ouest de San-Antonio de Bexar
La calomnie est un ver qui s'attache aux bons fruits.
Plutarque
Anvers. - Imprimerie de J.-E. Buschmann
(1ère partie)
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Henry Castro
1786-1865
Pendant son séjour en Belgique en
1845, Henri Castro essaya de renflouer ses finances pour continuer son
projet de colonisation au Texas.
Dès le 16 avril, comme la
législation d'alors l'exigeait, il avait introduit, auprès du Ministère
Belge des Affaires Etrangères, une demande de transformer sa
société de Colonisation en Société Anonyme, pour étendre sa colonie
de 700000 acres concédés par le TEXAS en 1842.
Dans sa demande, il se réfère
à ses amis d'Anvers, F. Decock et F. Bishop qui peuvent lui apporter les
capitaux indispensables, mais à la condition que cette Société Anonyme
puisse être créée.
Henry Castro
avait fait publier à Anvers le pamphlet ci-contre.
Ce
document, rédigé en deux langues (Français et Allemand) était en annexe
d'une lettre qu'il adressa au Ministre de l'intérieur. Cette lettre
"confidentielle" est également reproduite ici.
(voir troisième partie). Il
tentait, de cette façon, d'intéresser le gouvernement
belge à ses projets de colonisation.
Mais
cette offre arrivait à un très mauvais moment, après deux échecs de
colonisation belge au Guatemala et au Brésil (société pour la
colonisation du territoire de Ste Catherine). Des
craintes furent exprimées par le Ministre des Affaires Étrangères et le
Ministre de l'Intérieur car Henry Castro était toujours sous l'
accusation de fraude et
d'escroquerie en France et, de façon plus générale :
" l'autorisation de créer une société dont le but est ' l'exportation d'hommes
' entraînerait une grave responsabilité
morale pour le gouvernement et devrait à tout le moins être garantie par
le dépôt d'une caution "considérable" destinée, au
besoin, à porter secours aux colons". En
août 1845, Castro gagna son procès et, cet obstacle levé, redemanda
l'autorisation de constituer sa Société Anonyme.
Les premiers Statuts
avaient dû être amendés à la demande des Affaires Étrangères. Mais,
à la lecture des textes amendés, de nouvelles objections sont alors soulevées :
-la concession n'a été prolongée que pour deux ans, et expire dans 17
mois, faut t-il créer une telle société pour si peu de temps?
- l'acte de concession se réfère à une clause de déchéance et à des
actes non connus du Ministère
- sur les 640 arpents concédés par famille, 320 seront gardés par
Castro
-l'arrêt de la cour de Strasbourg, bien qu'infirmatif de l'escroquerie
Feuleman, reste extrêmement défavorable à Castro.
L'opinion
générale au sein du gouvernement resta donc extrêmement défavorable,
et le 9 septembre 1845, la proposition d'Henri Castro de créer une
société anonyme de droit belge fut rejetée.
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INTRODUCTION.
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La puissance des faits accomplis dissipe de vaines déclamations,
quelque soit leur auteur, comme le vent dissipe la fumée. Les
calomniateurs, les hypocrites et les lâches, traqués et conduits à la
barre du tribunal de l'opinion publique, subissent, alors que ces faits
sont constatés, le supplice de l'éclatante lumière de la vérité.
Cette lumière les brûle, en même temps qu'elle éclaire le glorieux
triomphe de celui qu'ils voulaient assassiner dans les ténèbres.
Par son annexion à l'union américaine, le Texas ne peut être
considéré aujourd'hui, que comme un nouvel état, jouissant des mêmes
lois, droits, privilèges et protection , que les autres provinces des
États-Unis.
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NOTE ANALYTIQUE
Sur la situation actuelle du Texas, sous le rapport Civil,
Politique , Agricole et Commercial.
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Voici ce qui a été accompli sous l'administration du général
Houston.
L'Hono. Anson Jones, président de la République en ce moment,
agissait alors comme Secrétaire d'État.
1° La paix conclue avec toutes les peuplades indiennes;
2° L'équilibre dans les finances et les recettes excédant les
dépenses;
3° Le crédit au pair et la circulation de rot et de l'argent établie
à l'exclusion de tout papier monnaie 1;
4° Les banques proscrites;
5° Le domaine public, évalué à plus de 150 millions d'acres de
terre, appliqué au paiement de la dette publique s'élevant à 10 m. de
dollars. Cette garantie est dix fois suffisante dans l'état normal, où
va se trouver le pays par l'annexion;
6° La constitution et la forme du gouvernement, établi à l'époque
de l'indépendance, sauvegardée contre toute commotion civile;
7° L'anéantissement des maraudeurs, ainsi que des prétendus
volontaires, obtenu par un système de prudence et de bonne
administration, sans l'intervention d'aucune force matérielle;
8° La grande famille de l'union américaine, ouvrant ses bras pour
recevoir dans son sein ceux qu'à juste titre elle peut appeler ses dignes
enfants. Ce grand événement n'est que la conséquence de ce qui vient
d'être exprimé et n'aurait pas eu lieu sans ces favorables précédents.
D'après cette courte exposition, le pays semble placé sur une
locomotive à haute pression, marchant dix lieues à l'heure et parcourant
ainsi pendant ses neuf années d'existence, le cercle que nos économistes
d'Europe lui avaient probablement tracé pour une carrière de cinquante
années.
Ainsi que toutes les créations américaines, le Texas, et ses
destinées aujourd'hui fixées par son association à l'union américaine,
étonnera l'Europe; je dis étonnera l'Europe, dans ce sens que, malgré
ses efforts, le vieux monde semble rester stationnaire:, en comparaison de
l'impulsion du nouveau. Ceux qui ont vu et qui peuvent comparer me
comprendront. Quant à ceux qui prétendent apprécier de leur cabinet ce
qui se passe aujourd'hui sur le globe, ils me font l'effet d'aveugles qui
voudraient juger les couleurs.
Le progrès en tout genre est tellement rapide en Amérique, qu'il ne
peut être comparé qu'à une étoile qui file.
L'homme qui a concouru d'une manière si glorieuse à placer le pays de
son adoption au rang des nations, par son génie, occupera le. premier
rang dans l'histoire de l'Amérique septentrionale. Elle dira, que le
général Houston, à la tête d'une population de commerçants et
d'agriculteurs, ne comptant pas plus de trois mille. hommes capables de
porter les armes, sans argent, sans matériel de guerre, a conquis
l'indépendance du Texas, sur une nation de dix millions d'hommes. Qu'il
a, pendant neuf années, maintenu cette indépendance par la force des
armes, sans dissentions(sic) civiles ni politiques. Qu'il a également par
sa prudence, obtenu la reconnaissance de la nouvelle république, par les
Etats-Unis, la France et l'Angleterre; qu'enfin, fort de son exemple, de
ses institutions libres, du courage de ses fiers habitants, le pays est en
paix , à l'extérieur comme à l'intérieur. La population s'accroit,
l'agriculture prospère, le commerce grandit. Rien ne saurait mieux prouver la
vérité de ces faits, que la production du coton, estimée cette année
à cent mille balles, et le revenu de la douane de Galveston, dont la
recette s'est élevée à 190,000 P., en présence de toutes les dépenses
gouvernementales additionnées au chiffre de 440,000 P. seulement.
Malgré le triomphe de sa bataille de San-Jacinto, où toute l'armée
mexicaine, commandée par St.-Anna en personne, a été anéantie,
St.-Anna lui-même fait prisonnier, on ne sait si le général Houston
n'est pas plus grand pendant la paix, qu'à l'époque de la guerre. Dans
tous les cas, le courage et la prudence s'associent chez lui, de manière
à produire un homme très remarquable, même comme orateur, car il
possède le don de la parole à un haut degré.
La guerre du Texas a produit des faits d'armes d'un rare héroïsme.
Ils seront inscrits à côté des plus célèbres de l'antiquité comme
des temps modernes.
FONDATION DE CASTROVILLE.
Pièces officielles
Dont le dépôt est fait chez M. Jaussand , notaire à Paris.
RAPPORT à l'honorable ANSON JONES,
Secrétaire d'Etat de la République du Texas.
Monsieur,
Après avoir terminé mes nombreux, difficiles et dispendieux
préparatifs, j'ai pu quitter San-Antonio le 1er septembre, précédé par
un nombreux convoi, pour me rendre avec une partie de mes colons
disponibles, sur les bords de la Medina, 25 milles Ouest de San-Antonio
même.
Arrivés le 2 , nous avons établi le camp et dans 24 heures chacun
avait dans le fourré du bois, sur le bord de l'eau, une cabane de
feuillage comfortable(sic).
Le 3, les charpentiers se mirent à construire un bâtiment en planches
que j'avais eu soin d'apporter sur des charrettes et dès le 4, j'avais un
magasin renfermant les provisions à couvert, deux chambres habitables et
un hangar en succession offrant un abri temporaire.
Dès le 4 même, des ouvriers mexicains mêlés avec la majorité des
colons se mirent à fabriquer des Adobes (Briques en terre séchées au
soleil) afin de créer les matériaux propres à bâtir les maisons, dont
la dimensions a été arrêtée à 32 pieds de front sur 16 de large.
Le 9, on construisit un hangar pour abriter la Garde de nuit.
Le 10, un hangar commun de 120 pieds de long sur 20 de large fut mis
en construction; il sera terminé le 25, ce qui mettra tout le monde à
l'abri en cas de pluie, au moyen d'une couverture de joncs.
Le 10, un petit jardin fut créé, entouré, mis en culture, et
ensemencé le 14 de plusieurs sortes de végétaux.
Cet élan est un heureux résultat du parti que j'ai dû prendre de
transporter, à mes frais, sur les lieux tous les colons disposés à me
suivre et de les nourrir pendant les travaux de construction de leurs
maisons, comme aussi d'assurer aux nécessiteux des moyens d'existence
jusqu'à la récolte prochaine, ainsi que de leur prêter des boeufs, des
vaches, des charrues, des charrettes, tous les instruments de travail et
des semences.
Monseigneur l'Évêque Odin et I'Abbé Ogé sont venus poser la
première pierre de l'église placée sous l'invocation de St. Louis.
Le 12, l'élection de deux juges de paix et d'un constable ont eu lieu
conformément aux instructions du Grand juge du comté et ainsi une
administration civile se trouve régulièrement organisée.
Des chasseurs de profession soldés par moi pourvoient la colonie de
tout le gibier et de la venaison qu'elle peut consommer.
M. James, arpenteur-adjoint du comté, travaille depuis le 4 à
l'arpentage, qui marche rapidement au moyen d'aides suffisants.
Les calculs les plus probables permettent de compter que, pour octobre,
toutes les maisons seront construites à l'aide des colons de toutes
professions qui m'entourent.
De nouveaux arrivants grossissent les rangs chaque jour. Je suis,
informé que les plus éloignés se mettent en mouvement pour venir me
rejoindre. Ayant importé sept cents émigrants sur sept navires, je dois
compter sur la majorité de ce nombre. Ce concours, joint aux départs de
nouveaux émigrants qui ont dû partir le 1er septembre pour se succéder
jusqu'en mars, doivent former dans moins de six mois un établissement
solide dans le pays du monde le plus riche d'espérances.
Les drapaux(sic) Français et Texien couvrent la pièce de canon, que
votre excellence a bien voulu me confier. Elle ne serait pas une vaine
parade, croyez-le bien,; si les ennemis du pays venaient nous attaquer,
nous saurions défendre notre nouvelle patrie d'adoption avec la même
générosité dont elle a fait preuve en nous recevant dans son sein.
Notre origine est une garantie de courage et de fidélité. C'est un
héritage que nous sommes fiers de léguer à nos enfants.
Voilà où j'en suis après 15 jours d'exécution, préparée par trois
années de sacrifices et de travaux.
J'espère que ma prochaine communication contribuera à tenir vivant,
l'intérêt que vous portez à ma glorieuse entreprise et que vous
continuerez à la protéger avec cet ardent patriotisme qui distingue
votre administration.
J'ai l'honneur d'être,
Votre très-humble serviteur,
H. CASTRO.
Procès-verbal de la prise de possession de la concession faite
par le gouvernement Texien à M. H. Castro, dans le
comté de Bexar.
Nous soussignés, colons engagés en France par M. H. Castro pour partager les avantages de la concession mentionnée ci-dessus, dans les limites assignées par le gouvernement Texien, et exprimées dans un contrat passé entre nous et le dit Castro, déclarons
:
Que ledit H. Castro nous ayant réunis à San-Antonio de Bexar, s'est mis à notre tète pour nous conduire sur les terres qui nous sont assignées; qu'en conséquence nous avons quitté San-Antonio le
1er septembre pour nous rendre sur la rivière Medina, vingt-cinq milles ouest de San-Antonio, où nous sommes arrivés le
2.
Nous déclarons qu'indépendamment de notre contrat de concession et sans y être obligé, ledit Castro nous a fait les avantages ci-après,
pour nous faciliter notre prompt établissement:
1°. Quarante acres de terre à lui appartenant sur la rivière Medina;
2°. Des moyens de transport et notre nourriture assurée jusqu'au moment où. nos maisons seront bâties;
3°. Des boeufs et des charrues jusqu'à la récolte prochaine;
4°. Du maïs et du lard qu'il prête jusqu'à la récolte prochaine;
5°. Des vaches pour en avoir le lait.
Nous déclarons que le sieur John James, arpenteur adjoint du comté de Bexar, nous a accompagnés pour mesurer nos terres.
Nous déclarons que depuis dix jours, que nous sommes rendus à notre destination, nos travaux ont été assez rapidement conduits par une bonne direction, pour nous promettre sous sept ou huit semaines un abri convenable pour nous et nos familles.
Nous sommes satisfaits par l',expérience que nous avons acquise que le climat du comté de Bexar est des plus salubres, que les eaux y sont délicieuses et la terre d'une grande fertilité. Telles sont les conditions sous les auspices desquelles nous nous établissons et qui forment la base de nos espérances.
Nous avons unanimement résolu d'appeler la ville, que nous créons, CASTROVILLE.
Castroville , ce 12 septembre,
1844.
(24 Milles Ouest de San-Antonio).
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J. B. LECOMTE |
J. HAGUELIN |
|
GENTILS |
J. DUCHER |
| FRELETTIERE |
XAVIER YOUNG |
| J. BOURGEOIS |
BADER |
| L. HUTH |
BARTH |
| CH. GOUBAUD |
BARTZ |
| FAWIE |
JOSEPH LUDWIG |
| RESEC, père |
ZACHARII STEPHAN |
| FORGEAUX |
JEAN ZURCHER |
| BERILEAU |
ULRICH ERATH |
| CHAPON |
LÉONARD HANS |
| MACLE |
ANTOINE GESELL |
| LÉOPOLD MENETRIERI |
ANTOINE HABY |
| THÉOPHILE MERCIER |
NICOLAS HABY |
| ANT. GOLLY |
JOSEPH OERTEL |
| J. B. ISLONG |
GEORGE SIMON |
| SCHNEIDER |
JOSEPH BURREL |
| GRAF |
JOSEPH WEBER |
| HALLER |
ANTOINE RHIN |
| HAAS |
L. BURREL |
| MONTEL |
JOSEPH HABY |
| GASPARD |
J. M. SCHZENBACH |
| SPANI |
J. J. MARC |
| OVIDE RESEC |
MATHIEU WEBER |
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Certificat du sieur John James,
Arpenteur adjoint du comté de Bexar.
Nous soussigné, arpenteur juré, adjoint du comté de Bexar, déclare avoir arpenté les terres assignées aux individus qui ont signé le présent procès-verbal. Cet arpentage a été fait conformément aux prescriptions du contrat de concession, passé à Austin le 15 février 1842, entre le gouvernement et M. Henri Castro.
(Signé) JOHN JAMES,
arpenteur adjoint du comté de Bexar.
Légalisation de la signature du sieur John James, par le grand
Juge du Comté de Bexar.
Certificat de monseigneur l'évêque de
Claudiopolis.
Je soussigné, évêque de Claudiopolis, affirme, pour servir à qui de droit, qu'à l'invitation de M. Henri Castro, concessionnaire de terres dans le comté de Bexar, je me suis transporté avec M. l'abbé Ogé, prêtre de mon diocèse, sur la rivière Medina, vingt-cinq milles ouest de San-Antonio de Bexar, à l'effet de poser la première pierre d'une église catholique, qui doit faire partie du premier établissement du dit M. Castro, et que nous avons placé sous l'invocation de St. Louis. Nous avons vu sur les lieux
bon nombre de colons, occupés à construire leurs habitations, et en voie de progrès pour former des établissements solides et permanents.
En foi de quoi, je signe et appose mon sceau au présent.
(Signé) ODIN,
évêque de Claudiapolis, etc. etc.
Castroville, ce septembre 1844.
Vu pour la légalisation de la signature de monseigneur Odin,
évêque de Claudiopolis, etc.
Sceau du
vice-consulat de
France à S. A. de B. |
(Signé) T. GUILBEAU FILS
Agent consulaire de France,
à San-Antonio de Bexar.
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Vu à la Chancellerie de la légation de France à Galveston pour légalisation
de M. T. Guilbeau, agent consulaire de France à San-Antonio de.Bexar.
Sceau.
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