Recommandations et faits sur le SIDA

Classification des stades de l'infection

Le système immunitaire

De l'infection à VIH au Sida

Statistiques des cas dans le monde

Transmission et protection

Les maladies opportunistes

VIH et Sida

Comprendre les actions du VIH

Les traitements du VIH

Si vous ne désirez vous renseigner que sur un point précis, voici le sommaire détaillé :

1/ Les six faits principaux se rapportant au sida

2/ Deux règles d'or pour se protéger du sida

3/ Les "portes d'entrée" du virus du sida

4/ Les rapports sexuels et les risques

5/ La pilule et les spermicides ne protègent pas du sida

6/ Le Safer Sex : le sexe à moindre risque

7/ Les préservatifs

8/ Avoir un nouveau partenaire

9/ Parler de sexualité

10/ L'injection de drogue par voie intraveineuse

11/ La prostitution

12/ Le tourisme sexuel

13/ La notion de groupes à risque

14/ S'informer et se faire conseiller : le test HIV

15/ Que signifie le résultat d'analyse "séropositif" ?

16/ Les personnes séropositives ont besoin de notre solidarité

17/ Que signifie un résultat de test négatif ?

18/ Que signifie un résultat positif "douteux" du test du sida ?

19/ Ce qui est sans danger dans la vie quotidienne

20/ Le domaine médical

 


1/ Les six faits principaux se rapportant au sida

 

1. Le sida est une maladie transmissible.

2. Le sida est à ce jour incurable. On ne peut pour l'instant que le mettre "en attente", grâce aux trithérapies (voir plus bas) par exemple.

3. Le sida est provoqué par le virus VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine).

4. Le virus VIH est transmis principalement par :

les rapports sexuels non-protégés avec une personne infectée

l'injection de drogue au moyen de seringues ou d'aiguilles déjà utilisées ou appartenant à quelqu'un d'autre déjà infecté.

Rapports hétéro ou homosexuels

Injection contaminée

 

5. Après avoir été contaminées par le virus VIH, la plupart des personnes restent pendant plusieurs années sans symptômes (asymptomatiques).

6. De ce fait (puisqu'elles sont asymptomatiques), les personnes porteuses du virus VIH peuvent propager la maladie sans le savoir.

TOP


2/ Deux règles d'or pour se protéger du sida

 

- Pas de rapports sexuels sans préservatif (sauf s'il s'agit d'une relation de fidélité réciproque entre deux partenaires dont aucun n'est séropositif ni ne consomme de drogues).

- Pas d'injection de drogue (ou du moins pas d'utilisation de seringues et d'aiguilles déjà utilisées ou appartenant à quelqu'un d'autre).

TOP


3/ Les "portes d'entrée" du virus du sida

 

Les contacts sexuels (ce sujet sera développé plus précisément ci-après) :

Pour qu'il y ait une éventuelle contamination, il faut à la fois que :

- un des partenaire soit porteur du virus

- des liquides corporels infectés (SPERME, SECRÉTIONS VAGINALES, SANG [même des règles]), entrent en contact avec les muqueuses des organes génitaux (PÉNIS, VAGIN), de la BOUCHE, ou du RECTUM (ANUS), où pénètrent dans la PEAU BLESSÉE.

 

L'injection de drogue avec des seringues usagées :

L'injection de drogues ou de médicaments par voie intraveineuse est très dangereuse lorsqu'elle a lieu au moyen de seringues ou d'aiguilles ayant déjà servi. En effet, ces ustensiles sont toujours souillés par des résidus sanguins parfois invisibles à l'oeil nu. C'est par eux que le VIH pénètre directement dans le circuit sanguin.

La grossesse de femmes séropositives :

Le VIH peut se transmettre de la mère infectée à l'enfant lors de la conception, durant la grossesse ou à l'accouchement. Si une future mère, n'ayant eu auparavant aucun contact avec le virus, s'expose durant sa grossesse à un risque d'infection VIH, il y a également danger de transmission du virus de la mère au bébé. Les enfants nés de mères infectées ne sont cependant pas tous contaminés (environ 8% le sont). Il est à noter que l'allaitement présente également un risque de contamination pour le bébé.

Don de sang, transfusion sanguine :

Dans la plupart des autres pays occidentaux, depuis 1985, tous les dons de sang sont soumis au test de dépistage du VIH. Toutefois, comme ce test n'est pas concluant au cours des premières semaines qui suivent l'infection, il subsiste un risque infime de contamination par transfusion sanguine. Les personnes s'étant exposées à un risque de contamination ne doivent donc en aucun cas donner de sang.

TOP


4/ Les rapports sexuels et les risques

La transmission sexuelle reste le mode le plus fréquent de contamination et concerne les homosexuels, les hétérosexuels et les bisexuels. Il est à noter que le nombre de partenaires augmente ce risque de contamination.

Lors de rapports sexuels avec pénétration vaginale ou anale, il y a contact intime entre les muqueuses du pénis et celles du vagin ou du rectum (anus). A travers ces muqueuses peuvent se transmettre des agents pathogènes (virus, microbes...), y compris le VIH. Il est à remarquer qu'une muqueuse enflammées ou blessée et encore plus absorbante qu'une muqueuse saine.

Le sperme de l'homme infecté peut contenir des cellules touchées par le VIH. C'est à travers la muqueuse vaginale ou rectale que ces cellules malades passeront dans le sang de sa (son) partenaire. Il est à noter qu'il est fortement déconseillé d'avoir du sperme dans la bouche, et surtout de l'avaler, le risque de contamination n'étant pas nul par cette voie-là.

Précisons que chez les homosexuels, la sodomie constitue pour le partenaire passif la pratique sexuelle ayant le plus fort risque de contamination. De plus, une étude récente a montré que la transmission du VIH chez les hétérosexuels était plus fréquente à l'occasion de rapports anaux (42%) qu'à l'occasion de rapports vaginaux (30%).

Lorsque la femme est infectée, des cellules porteuses du virus peuvent se trouver dans ses sécrétions vaginales, dans le sang de ses règles ou encore provenir de minuscules lésions de sa muqueuse vaginale. Dans ces conditions, elles sont transmissibles à l'homme par les muqueuses du pénis, voir par celles de la bouche, lorsque ces dernières sont abîmées (gencives saignant après le brossage de dents p.ex). Le risque de transmission par contact entre bouche et sécrétions vaginales est cependant estimé très faible.

Il est à noter que le sang des règles peut présenter une forte concentration de virus VIH (en cas de contamination bien évidement). Lors d'une masturbation pendant la menstruation, les mains présentant une plaie ouverte doivent être recouvertes d'un gant de caoutchouc par exemple.

La salive est sans danger (elle contient d'ailleurs des substances ayant une légère activité anti-VIH).

Lors de rapports sexuels, la transmission du VIH peut donc avoir lieu aussi bien de l'homme à la femme que dans le sens inverse, et dans les rapports homosexuels, d'un homme à un autre, ou d'une femme à une autre. Les préservatifs sont faits pour l'empêcher.

TOP


5/ La pilule et les spermicides ne protègent pas du sida

 

La pilule prévient une grossesse non désirée mais ne préserve pas du sida (il en est de même pour la "pilule du lendemain"). En revanche, les préservatifs protègent de la grossesse comme du VIH, ainsi que d'autres maladies sexuellement transmissibles.

Certains préservatifs sont recouverts d'un produit spermicide, c'est-à-dire d'une préparation qui tue les spermatozoïdes. A elles seules, ces substances n'offrent cependant aucune sécurité contre le sida.

La stérilisation de l'homme ou de la femme, le stérilet ou encore le diaphragme ne peuvent eux non plus empêcher une infection.

TOP


6/ Le Safer Sex : le sexe à moindre risque

 

Pratiquer le safer sex, cela veut dire que ni le SPERME, ni les SECRÉTIONS VAGINALES et le SANG ne doivent pénétrer dans le corps du partenaire.

Donc :

- vous vous abstenez de toute pénétration lors des rapports sexuels, ou

- vous utilisez un préservatif

- vous renoncez au cunnilingus

- vous ne prenez pas de sperme dans la bouche et vous n'en avalez pas

Les accessoires érotiques (godemichés, vibromasseurs...) ne sont employés ou prêtés qu'après nettoyage à l'aide d'alcool à 70 degrés. Si cela s'avère impossible, recouvrez-les de préservatifs avant de les mettre en contact avec les muqueuses de votre partenaire.

 

Le safer sex peut être une façon de plus de vivre sa sexualité :

A première vue il est restrictif, mais :

- il protège d'une infection, ce qui donne un sentiment de sécurité

- il conjugue la sexualité au respect de l'autre, à beaucoup de tendresse et de fantaisie : baisers, caresses, étreintes...

- il incite à découvrir son propre corps et celui de son partenaire

- il permet de se sentir bien le lendemain, sans soucis ni remords après coup.

TOP


7/ Les préservatifs

Les préservatifs : toujours avec !

C'est clair : seul celui qui a un préservatif sur soi peut l'utiliser. Celui qui compte sur l'autre pour ça va peut-être se retrouver démuni au moment fatidique. Donc, achetez vos préservatifs à temps et rangez-les à l'abri de tout dommage. A plus forte raison, en voyage : à l'étranger, on ne trouve pas toujours des préservatifs de qualité suffisante !

 

Des préservatifs pour femmes

Aujourd'hui, il existe des préservatifs pour femmes. Ils revêtent l'intérieur du vagin et sont maintenus par un anneau souple pour ne pas glisser.

L'avantage, c'est que la femme n'est plus dépendante du bon vouloir de son partenaire, ni de sa dextérité dans l'usage du préservatif.

Les préservatifs et les règles...

Pendant la menstruation, les femmes sont en général plus sensibles aux agents pathogènes (virus) : l'utérus est légèrement ouvert, et la muqueuse peut être irritée, ce qui augmente le risque d'infection par le VIH.

Si une femmes est infectée et a ses règles, elle présente un risque élevé pour son partenaire.

Les préservatifs, l'embarras du choix

Il y en a pour tous les goûts : colorés ou nature, avec ou sans lubrifiant, avec réservoir ou pointus, inodores ou parfumé, etc... Essayez !

Il faut toutefois tenir compte de trois choses :

1) Seuls les préservatifs munis d'un label de qualité offrent la sécurité nécessaire

2) Les préservatifs de qualité sont munis d'une date d'échéance. Si cette échéance est dépassée, jetez le préservatif à la poubelle (pas dans les WC).

3) Méfiez-vous des préservatifs fantaisie (décorés, profilés...) : moins résistants, ils sont à déconseiller.

 

Les préservatifs, essayez-les !

Avec un préservatif, l'amour reste l'amour, à une différence près. Et avec un peu de routine, c'est plus facile. Les bienfaits du préservatif ne sont plus à démontrer. Les préservatif libèrent de la peur d'une infection, ils donnent un sentiment de sécurité. Et en les essayant ensemble, le désir, la familiarité et le plaisir augmentent.

OUI ! Les préservatifs de bonne qualité utilisés correctement empêchent la contamination !

 

Les préservatifs :

- protègent des maladies transmissibles et d'une grossesse non désirée

- ne présentent aucun effet secondaire (sauf en cas d'allergie au latex)

- constituent une assurance-vie à un prix imbattable

Les bons préservatifs (porteurs du label de qualité "ok" par exemple) représentent certainement la protection la plus sûre lors de rapports sexuels, pour autant qu'on respecte les trois règles fondamentales suivantes :

1. Les préservatifs sont indispensables dès que le pénis pénètre dans le vagin, l'anus ou la bouche.

2. Les préservatifs ne protègent que si on les utilisent toujours dans ces situations, sans exception aucune.

3. Les préservatifs ne protègent que si on les emploie correctement (explications ci-dessous).

 

Mode d'emploi (préservatif masculin) :

N'utiliser que des préservatifs dont on sent bien le coussinet d'air en palpant l'emballage intact. Attention à la date d'échéance inscrite sur l'emballage.

Ne pas ouvrir l'emballages avec un objet pointu ou tranchant (ciseaux, couteau) et veiller à ne pas endommager la membrane extramince du préservatif en la sortant de son emballage, avec les ongles ou une bague par exemple. Ne pas étirer inutilement le préservatif, ni le gonfler comme un ballon.

Ne dérouler le préservatif sur le pénis que lorsque celui-ci est en érection, mais en tout cas avant la première pénétration.

Mise en place : retirez la peau du gland; pincer entre le pouce et l'index l'extrémité du préservatif afin d'y laisser suffisamment de place pour le sperme; dérouler entièrement le préservatif (l'anneau doit être tourné vers l'extérieur) sur le membre sec, et veiller à l'absence de bulles d'air. Si cela n'a pas marché, recommencez avec un autre préservatif.

Choisir de préférence des préservatifs avec réservoir. N'utiliser que des lubrifiants solubles à l'eau, donc non gras. Les crèmes grasses et les huiles (vaseline par exemple) endommagent le latex, qui perd ainsi de sa faculté protectrice. On trouve des préparations adéquates en pharmacie et en droguerie, de même que des préservatifs prélubrifiés. Les bons lubrifiants ne sont pas bon marché, mais pour votre propre sécurité, vous avez intérêt à ne pas lésiner sur la quantité et à lubrifier aussi bien le préservatif que le vagin (ou le rectum) de votre partenaire. Les ovules ou les crèmes servant à traiter des mycoses ou autres maladies des organes génitaux peuvent eux aussi réduire la solidité du préservatif.

Important : après l'éjaculation, retirer le pénis avant que l'érection n'ait cessé, et pour que le préservatif ne glisse pas, retenez-le à la base. Faites attention à ce que le sperme ne s'écoule pas. Puis nettoyez votre pénis pour qu'il ne reste plus de sperme.

N'utiliser un préservatif qu'une seule fois. Jeter les préservatifs usagé dans la poubelle et non pas dans les WC, car ils ne sont pas détruits dans les stations d'épuration.

Il est à noter que si un rapport sexuel est suivi d'un deuxième, ce dernier devra être précédé d'une toilette intime des deux partenaires, et un autre préservatif devra être utilisé.

A noter aussi que lors d'une "partouze" (ébats sexuels à plus de deux personnes), il est impératif de changer de préservatif à chaque nouvelle (nouveau) partenaire ! Et effet, des résidus (de liquide vaginale par exemple) se déposent lors de chaque nouveau rapport, et risquent de contaminer les autres partenaires.

Un préservatif cède, que faire ?

Disons-le clairement : aucun moyen contraceptif ne garantit une sécurité absolue.

Alors imaginons qu'un préservatif cède : surtout ne paniquez pas ! Agissez !

Si vous pensez que le risque de contamination est important, le mieux est de se rendre rapidement (dans les 24 heures) dans un hôpital, afin que des "premiers soins" puissent vous être administrés. Ces "premiers soins", des médicaments, peuvent parfois limiter les risques de contamination.

Rappelons que le sperme sur la peau (non blessée) est sans danger et n'exige pas de désinfection.

Les objections les plus souvent formulées à l'encontre du préservatif...

"Avec ce machin, fini l'ambiance ! Juste quand ça commence à chauffer, il faut s'arrêter et se débattre avec ce truc..."

Faire l'amour n'est pas une prouesse sportive. Pourquoi se presser ? Si vous intégrez le préservatif dès le début des ébats, il ne jouera plus le trouble-fête. Et en essayant ensemble, le plaisir, la confiance et la familiarité augmentent.

"Faire l'amour avec un préservatif, c'est comme se baigner avec une combinaison de plongeur"

D'accord, les premiers préservatifs étaient en effet assez épais. Mais aujourd'hui, ils sont à la fois très solides et très fins. Le plaisir demeure entier !

"Le préservatif ? Mais c'est comme si tout était joué d'avance !"

En effet, cela peut être ressenti comme un réel problème. Si on a des préservatifs sur soi, on passe pour avoir des mœurs légères, si on n'en a pas, on est irresponsable ! Mais le sida n'est pas une affaire de morale : le sida commande bon sens et clairvoyance. Avoir des préservatifs sur soi, c'est faire preuve de sens des responsabilités et d'honnêteté.

"Mais je t'aime..."

Le virus s'en fout !

 

Mode d'emploi (préservatif féminin) :

Il existe maintenant des préservatifs féminins qui commencent à être utilisés. C'est un sac en plastique fin, avec aux deux bouts un anneau déformable (un anneau plus petit du côté interne qui sera introduit dans le vagin et un anneau plus large qui reste à l'extérieur du vagin).

L'anneau interne est pincé pour lui donner une forme allongée. Il est introduit dans le vagin.

L'index est introduit dans le préservatif afin de bien pousser le préservatif dans le vagin et caler l'anneau interne contre le col de l'utérus.

Il est important de n'utiliser ce préservatif qu'une seule fois. Il faut le jeter après usage comme pour les préservatifs masculins.

TOP


8/ Avoir un nouveau partenaire

 

Toute nouvelle rencontre implique des inconnues, notamment en ce qui concerne le passé du nouvel ami, de la nouvelle amie. Qu'il s'agisse des antécédents de leurs partenaires sexuels ou d'éventuels contacts avec le monde de la drogue, on ne peut exclure l'existence d'une "chaîne de contamination" si l'une de ces personne était séropositive ou l'une des seringues contaminées.

C'est-à-dire qu'on entre en contact indirect avec les anciens partenaires sexuels de la nouvelle relation. L'emploi de préservatifs s'impose donc lors de nouveaux rapports sexuels. Lorsque les risques antérieurs d'infection sont peu clairs, il y a avantage à demander conseil à un médecin pour savoir s'il convient de faire un test de dépistage du sida.

Une aventure sexuelle peut se produire sous l'influence de l'alcool qui rend non seulement euphorique, mais également insouciant. En oubliant de se protéger, les partenaires augmentent le risque de contamination par le virus du sida.

TOP


9/ Parler de sexualité

 

Peut-être qu'au début d'une nouvelle relation, il ne vous sera pas facile de parler de sexualité, de vos désirs, de vos peurs, de sécurité et de safer sex avec votre partenaire. Mais la discussion est le fondement même de la confiance. Prenez votre temps. Même si vous avez peur qu'une telle discussion soit gênante, il est bien plus probable que votre partenaire vous comprenne bien.

Parlez-en ensemble !

Choisissez le bon moment : en plein ébat amoureux, vous n'aurez plus le temps ni l'envie d'en parler. C'est avant qu'il faut le faire.

Prenez l'initiative, même s'il vous semble difficile de proposer la pratique du safer sex ou du préservatif. Votre partenaire partage peut-être vos réticences et il se trouvera soulagé de vous voir prendre l'initiative.

Ne tournez pas autour de pot. Essayez d'aller droit au but : "j'ai une capote sur moi et j'aimerais qu'on l'utilise" !

Cela vous regarde tous les deux. Il n'est pas forcément indiqué de se renseigner sur le passé sexuel de votre partenaire ! Il est par contre vital de se protéger mutuellement. Non par esprit de méfiance, mais par simple respect mutuel.

Et si c'est vraiment trop difficile et que vous ne parvenez pas à en parler ? Alors n'en parlez pas, mais utilisez un préservatif et pratiquez le safer sex !

TOP


10/ L'injection de drogue par voie intraveineuse

 

Les consommateurs de drogue utilisant des seringues ayant déjà servi s'exposent à un risque très élevé de contamination par le VIH. Lors d'injections de drogues par voie intraveineuse, le virus du sida et d'autres agents pathogènes (par exemple celui de l'hépatite) risquent de passer dans le sang lorsque les seringues ou les aiguilles ont déjà été utilisées par d'autres personnes. D'infimes résidus de sang infectés par le VIH suffisent à contaminer la personne réceptrice.

Les toxicomanes (ainsi que les personnes qui veulent essayer de se shooter pour en voir l'effet) peuvent se protéger du VIH en n'utilisant, quelles que soient les circonstances, que des seringues et des aiguilles neuves et stériles !

Cette règle est simple, mais son application est parfois difficile, les seringues stériles faisant souvent défaut. En état de manque, les toxicomanes ont tendance à oublier les mesures de prudence, et n'hésitent pas à utiliser la première seringue venue. Il va de soi que les consommateurs de drogue devraient toujours utiliser un préservatif dans leurs rapports sexuels, autant pour se protéger eux-mêmes, que pour protéger leur partenaire.

TOP


11/ La prostitution

 

Tout rapport sexuel dans un contexte de prostitution implique l'usage du préservatif. Ceci dans le seul but de se protéger mutuellement des maladies sexuellement transmissibles et du sida. Aujourd'hui, les prostituées professionnelles exigent l'usage du préservatif, notamment pour se protéger elles-mêmes. Cela, leurs clients devraient l'accepter, dans leur propre intérêt.

Lorsqu'elles ont un besoin urgent d'argent pour satisfaire leur besoin, les prostituées toxicomanes, hommes et femmes, sont parfois prêtes à travailler sans préservatifs, pour plus d'argent, à la demande de leurs clients. Mais c'est chez elles que l'infection par le VIH est la plus répandue, parce qu'elles ont souvent partagé leurs seringues avec d'autres usagers. Le risque d'infection est donc grand pour leurs clients s'ils renoncent à la protection offerte par le préservatif.

Les prostitué(e)s qui restent intraitables sur l'emploi du préservatif agissent non seulement dans leur propre intérêt, mais encore dans celui de leurs clients et des éventuelles tierces personnes qui auront à leur tour des relations sexuelles avec ces clients.

TOP


12/ Le tourisme sexuel

 

Les pays dits en voie de développement exercent une attirance exotique sur les touristes occidentaux des deux sexes. Dans certains États où les conditions médicales et d'hygiène laissent à désirer, la progression du nombre de personnes séropositives ou malades du sida prend alors des proportions alarmantes. Le safer sex, notamment l'usage systématique du préservatif, est alors fortement recommandé.

De plus, il est conseillé aux personnes se rendant dans certains pays étrangers, de contracter une assurance leur permettant un rapatriement rapide en cas d'accident grave, afin qu'aucune transfusion de sang ne leur soit délivrée sur place (sauf bien sûr si la transfusion est vitale et urgente).

Lors de voyages, les préservatifs font partie des bagages !

TOP


13/ La notion de groupes à risque

 

La notion de "groupes à risque" n'est plus utilisées par les spécialistes. On ne doit donc utiliser que des notions de situations ou de comportements à risques. Cela permet d'éviter toute connotation d'exclusion et surtout cela correspond plus à la réalité. En effet, au début de l'épidémie mondiale de Sida, le VIH a surtout touché les homosexuels puis les toxicomanes. Actuellement, les hétérosexuels ne sont plus épargnés et on assiste actuellement en Europe à une explosion des cas de personnes contaminées par un rapport sexuel avec un toxicomane ou un ancien toxicomane.

TOP


14/ S'informer et se faire conseiller : le test HIV

 

Bien des hommes et des femmes, jeunes ou adultes, sont inquiets et insécurisés en se rappelant leurs expériences sexuelles passées. A ceux d'entre eux qui ne peuvent exclure avec certitude toute éventualité de contamination, un test permet de faire le point à ce sujet. Mais avant de se soumettre à un test de dépistage, il est indiqué de se faire conseiller par un médecin ou une autre personne compétente.

Le test des anticorps anti-VIH est une méthode permettant d'apporter indirectement la preuve de l'infection par le VIH. Il met en évidence les anticorps qui se forment dans le sang d'une personne contaminée, 3 mois après l'infection.

Un test de dépistage des anticorps anti-VIH n'est donc valable que si le dernier risque pris (rapport sexuel, injection de drogue...) remonte à 3 MOIS au moins avant le test.

L'entretien préalable au test

Une règle est valable dans tous les cas : parler d'abord, tester ensuite. En effet, seul un entretien avec des spécialistes (en cabinet médical, dans un centre de consultation sida ou lors d'une consultation spécialisée dans un hôpital) permet de clarifier si un test est recommandé ou non.

Remarque : Exigez d'apprendre le résultat du test lors d'un entretien personnel, et non par téléphone !

Dans certaines circonstances, les situations suivantes justifient un test :

Vous avez eu, depuis 1979, des rapports sexuels à risque (par exemple avec un partenaire séropositif connu), ou vous vous êtes injecté de la drogue avec des seringues ayant déjà servi.

Vous avez subi, avant 1985, un ou plusieurs traitements avec des produits à base de sang conservé.

Vous avez de sérieuses craintes de vous être exposé à un risque d'infection datant d'au moins 3 mois. Comme ce n'est qu'après ce délai que se forment les anticorps, il est absurde de répéter le test toutes les semaines ou chaque mois.

Vous avez fait la connaissance d'un nouveau ou d'une nouvelle partenaire, vous lui êtes resté fidèle pendant 3 mois au moins (vous avez évidement employé des capotes) et, à l'avenir, vous désirez avoir avec lui (elle) des rapports sexuels sans préservatifs. Il est alors indiqué de vous soumettre tous deux au test de dépistage et de rester ensuite fidèles l'un à l'autre.

Tout test de dépistage implique pour commencer un stress...

Il faut attendre le résultat dans l'incertitude, et cela est souvent très pénible. Même lorsque le résultat du test est bon (pas de séropositivité), il n'est pas un passeport permettant de faire dorénavant n'importe quoi. Pour être en sécurité, il convient de se protéger à l'avenir de manière systématique, en adoptant un comportement responsable face aux risques.

TOP


15/ Que signifie le résultat d'analyse "séropositif" ?

 

"Résultat du test de dépistage : séropositif". Nombreux sont ceux et celles qui d'abord n'y croient pas, qui pensent qu'il s'agit d'une erreur. Puis, la plupart des personnes concernées traversent une crise grave. Elles sont désespérées, tristes, abattues, craignent la maladie, l'agonie et la mort.

Vient s'y ajouter la peur d'être abandonnées par leurs proches et leurs amis, d'être rejetées par la société, d'être victimes de toutes sortes de discriminations.

Dans cette situation, les personnes séropositives ont surtout besoin de vrais amis. Il leur faut l'appui de gens qui les comprennent et les aident à assumer et à surmonter le choc. Ensuite, la vie continue. En effet, une personne séropositive ne se sent pas malade et elle ne l'est effectivement pas. Quand le sida va-t-il se déclarer et quelle sera l'évolution de cette maladie ? La réponse à ces deux questions ne dépend pas que du destin, mais aussi dans une large mesure de la manière dont la personne séropositive vivra, c'est-à-dire aménagera et organisera son existence. Les proches, les amis et des spécialistes peuvent l'aider dans ses efforts pour vivre sainement. Le cercle des personnes et des organisations qui s'occupent des problèmes des séropositifs ne cesse de s'étendre.

La personne concernée trouvera soutien et compréhension auprès d'une "antenne locale" ou régionale d'aide contre le sida.

Responsabilité envers soi-même et envers les autres

Toute personne séropositive est infectieuse et peut transmettre le VIH à d'autres personnes, notamment lors de chaque rapport sexuel sans protection. Il faut donc, dès le moment où l'on se sait infecté :

- informer le ou la partenaire avec lequel (laquelle) on entretient des relations sexuelles.

- n'avoir des rapports sexuels qu'avec préservatif, ou trouver son plaisir dans les baiser, les caresses et les attouchements.

Étant donné qu'une période d'une durée souvent inconnue s'écoule entre le moment de l'infection et celui du test de dépistage, il n'est pas exclu qu'on ait contaminé d'autres personnes durant ce laps de temps. Lorsqu'on connaît ces personnes, l'attitude responsable et loyale consiste à les avertir. Dans ce cas, un médecin de confiance peut être très utile.

La personne séropositive devrait aussi mettre au courant le personnel médical et médico-dentaire qui lui prodigue des soins. Car, lors de traitement, on évite des risques inutiles pour le patient si on sait qu'il est séropositif. En outre, de nombreux membres du corps médical se sont penchés sur la problématique du sida. Le personnel médical est du reste lié par le secret médical. Il peut être utile d'informer un petit nombre de personnes de toute confiance dans un cercle restreint d'amis, car il importe de pouvoir dialoguer avec des personnes compréhensives.

Celui ou celle qui perd son emploi ou son logement à cause de sa séropositivité ou qui subit d'autres discriminations a le droit et les moyens de se défendre contre ces injustices !

Un point important : renforcer le système immunitaire

Le sida est une maladie du système immunitaire. Ce système complexe de défense de l'organisme humain réagit de manière très sensible à de nombreuses influences de l'extérieur (environnement) et de l'intérieur (métabolisme, psychisme). Tout ce qui contribue à renforcer ce système prolonge très probablement la période exempte de symptômes et améliore la qualité de vie même au-delà de l'apparition des premiers signes du sida.

Pour renforcer le système immunitaire, voici les principaux atouts :

- peu de stress, nourriture saine et variée, ni drogue ni tabac, faible consommation d'alcool.

- il vaut du reste la peine de se faire conseiller individuellement par des personnes compétentes.

Éviter les grossesses

Bien que chacun soit libre de ses choix, les hommes séropositifs devraient s'abstenir de procréer. De leur côté, les femmes séropositives devraient renoncer à la grossesse. Dans un cas comme dans l'autre, il y a un danger de transmission du VIH, non seulement au partenaire, mais encore à l'enfant. On estime aujourd'hui qu'une transmission survient dans environ 8% des grossesses (grâce aux progrès de la médecine, des traitements peuvent être administrés à la mère et à l'enfant, avant et après l'accouchement). Lors de don de sperme, même une insémination artificielle peut véhiculer le virus. Il ne faut donc accepter que le sperme d'un donneur dûment testé. Il est à noter que l'allaitement présente également un risque de contamination.

De plus, ce phénomène étant trop récent, personne ne connaît encore les possibles effets secondaires des trithérapies (Rétrovir...) sur les enfants nés d'une mère sous traitement.

TOP


16/ Les personnes séropositives ont besoin de notre solidarité

La solidarité protège les personnes séropositives de la solitude et du désespoir.

Elle contribue aussi à ce que les gens parlent plus ouvertement de ce qui les préserve du sida.

Les temps où le sida n'était qu'une menace abstraite sont révolus. La plupart des personnes séropositives se sont infectées il y a plusieurs années. Le nombre de ceux qui tombent malades va encore augmenter et, bientôt, bon nombre d'entre nous connaîtront personnellement une personne séropositive ou malade du sida dans leur entourage. Il nous faut donc vaincre nos préjugés vis-à-vis des personnes infectées.

L'isolement ne se justifie pas

Les poignées de mains, les embrassades, les baisers et d'autres contacts physique amicaux ou marques d'affection sont absolument sans risque ! Il en va de même pour la vie en commun en se servant de la même vaisselle, des mêmes linges, etc. Il n'y a donc aucune raison d'éviter les relations quotidiennes ordinaires.

TOP


17/ Que signifie un résultat de test négatif ?

 

Un test négatif n'a a priori pas besoin d'être confirmé par un second test. Mais comme toujours, on ne peut pas affirmer à 100% l'absence de contamination. Il peut arriver en effet, dans de très rares cas, que l'apparition des anticorps se fasse au-delà des trois mois suivant la contamination.

En raison de la gravité du pronostic vital que fait peser cette infection et en raison de son caractère hautement épidémique (plus de 20 millions de personnes ont été contaminées et 4,5 millions de cas de Sida ont été répertoriés depuis le début de l'épidémie), on ne peut donc pas affirmer, sous couvert des statistiques, qu'un test négatif élimine totalement le risque d'avoir été contaminé. On ne peut donc que recommander de refaire le test quelques mois plus tard, mais uniquement si la personne a été mise en situation évidente de risque d'avoir été contaminé !

TOP


18/ Que signifie un résultat positif "douteux" du test du sida ?

 

Il est à signaler que la vaccination anti-grippale peut interférer avec le résultat du test HIV. En effet, une étude a montré qu'environ 1% des personnes vaccinées pendant l'hiver 1991 avaient eu un faux résultat positif sur les tests pour le VIH et pour le virus de l'hépatite C. Cette fausse séropositivité se maintient pendant 2 à 5 mois et parfois plus, et persiste beaucoup plus longtemps pour le virus de l'hépatite C.

TOP


19/ Ce qui est sans danger dans la vie quotidienne

 

Contacts physiques de peau à peau : serrer la main, prendre dans ses bras, embrasser, etc.

Toucher des objets dans les cabines téléphoniques, les logements et les locaux (poignées de portes, etc.) et toucher des pièces de monnaie, des billets...

Fréquentation des toilettes publiques, des piscines, des douches publiques ou communes, des saunas...

Utilisation commune de vaisselle, couverts, services, verres, literie...

Boire et manger dans la même vaisselle (p.ex une en mangeant une fondue)...

Toux, éternuements, contacts directs avec les larmes et la salive.

Attouchements intimes : flirt, baiser sur la bouche, caresses des organes sexuels avec les mains (petting).

Masturbation.

Traitements médicaux à l'hôpital, chez le médecin, le dentiste et dans toutes les situations thérapeutiques au cours desquelles les règles d'hygiène habituelles sont observées.

Massages, gymnastique corrective, salons de beauté, de coiffure, acupuncture, percement du lobe des oreilles et autres manipulations faites par des spécialistes, avec les règles d'hygiène usuelle.

Don du sang.

Griffure et morsures d'animaux domestiques.

Piqûres d'insectes.

Prise en charge des personnes séropositives ou malade du sida.

TOP


20/ Le domaine médical...

 

Les trithérapies...

On appelle trithérapie un traitement qui se fonde sur l'association de plusieurs types de médicaments, appartenant à deux groupes principaux : les inhibiteurs de la transcriptase inverse, et les inhibiteurs de protéase. Par leur action, ces substances entravent la réplication du virus.

Comme ces substances ont des effets encore assez peu connus, et qu'elles ne sont pas toujours bien tolérées par les patients, on tente plusieurs associations entre les médicaments disponibles. En général on en prescrit trois, d'où le terme de trithérapie. Dans certains cas, deux médicaments suffisent (bithérapie). A ceux-ci s'ajoutent des antibiotiques, tant que les défenses immunitaires n'ont pas atteint un certain seuil.

La durée du traitement n'est à ce jour pas connue. Il pourrait toutefois durer plusieurs années. Le coût d'une trithérapie est de quelque 12.500 (euros) par an, y compris la surveillance médicale.

Le traitement est très astreignant. On a certes déjà diminué le nombre des comprimés à prendre chaque jour, mais il reste tout de même une bonne quinzaine de (grosses) pilules à avaler, à des moments très précis, pour les cas les plus simples. Cela peut parfois être pire...

Seule la perspective de s'en sortir conduit les malades à s'y plier, malgré le dégoût qu'inspirent souvent ces pilules et leurs effets secondaires : elles sont dures à avaler dans tous les sens du terme. Plusieurs fois par jour, elles rappellent au malade que son corps héberge un hôte impitoyable, qui profitera de la moindre faille, d'un découragement, d'un oubli, pour tenter de l'anéantir.

Il faut dire aussi que, parfois, cet effort est vain : chez certains patients, et notamment chez ceux qui ont déjà essayé toutes sortes de médications, ces thérapies ne produisent pas d'effets. On meurt donc encore du sida.

L'avis d'un médecin-chef de l'unité sida à l'Hôpital cantonal de Genève (Suisse) :

On parle déjà de la fin du sida. Que faut-il en penser ?

"On manque de recul, et nous ne savons pas si ces médicaments vont garder leur efficacité. Mais je suis optimiste pour les gens qui sont séropositifs mais non malades. De plus en plus de travaux montrent que quand le virus disparaît du sang, il disparaît aussi ailleurs, par exemple dans les ganglions et les sécrétions génitales : ça, c'est encourageant".

Peut-on, aujourd'hui, donner des perspectives encourageants à des gens qui viennent d'être infectés ?

"On peut dire que 80 à 90% des personnes qui supportent ces médicaments n'ont plus de virus dans le sang. Cet état de fait est maintenu si on continue à les prendre. A cet égard, nous avons un suivi de deux ans. Tant qu'il n'y a pas de multiplication virale, on peut espérer que l'immunodéficience ne va pas progresser".

Peut-on espérer un retour à la même espérance de vie qu'avant l'infection ?

"Oui".

Pour les gens qui ont la maladie, quels sont les résultats ?

"On arrive aussi à de bons résultats, de l'ordre de 60%. Mais les gens vivent plus longtemps et dans de meilleures conditions, parce qu'on peut mieux traiter les complications du sida".

On ne parle plus beaucoup des vaccins. Qu'en est-il ?

"Les traitements antiviraux existent et fonctionnent, le vaccin n'existe pas et donc ne marche pas ! Cela ne veut pas dire que le vaccin n'est pas important. Sans vaccin, il n'y a pas de victoire à long terme sur le sida, au niveau mondial."

TOP

La nouvelle "arme"...

 

Un groupe de chercheurs de l'Université de Genève a joué un rôle déterminant dans la découverte d'une nouvelle substance active contre le VIH. Testée à ce jour uniquement en éprouvette, elle empêche l'infection des cellules par le VIH.

Le développement de la nouvelle substance, appelée "AOP-Rantes", est le fruit d'une étroite collaboration internationale et... du hasard. Car, à l'origine, elle avait été conçue pour inhiber des inflammations, l'asthme par exemple. L'intérêt de l'AOP-Rantes contre le sida est apparu il y a une année, lorsque des scientifiques américains découvraient la porte d'entrée du virus VIH dans la cellule, une protéine présente à la surface des globules blancs. Or, comme l'ont prouvé des londoniens, le produit découvert à Genève désactive cette même protéine : la serrure est fermée, le virus ne peut pénétrer dans le globule pour s'y reproduire.

La découverte genevoise est un pas de plus vers la compréhension des mécanismes de l'infection des cellules par le virus. Elle pourrait aussi, à terme, déboucher sur une nouvelle génération de médicaments anti-sida : des produits qui agiraient avant même que les cellules soient infectées par le VIH.

Car aujourd'hui, les deux catégories d'antiviraux disponibles agissent lorsque le virus a déjà gagné l'intérieur des cellules. Associés en trithérapie, ils parviennent à diminuer considérablement la charge virale des patients, jusqu'à la rendre indétectable. Mais, déjà, le virus a trouvé le moyen de résister à certains de ces médicaments. De plus, la trithérapie est un traitement extrêmement lourd : les patients doivent avaler jusqu'à vingt comprimés par jour et subissent des effets secondaires parfois redoutables. Toute nouvelle piste pour inventer des molécules originales contre le rusé virus est donc à explorer.

Mais, comme toujours, il faudra patienter quelques années. L'AOP-Rantes n'a été testé qu'en éprouvette. Agira-t-il une fois plongé dans un organisme entier ? D'autre part, les chercheurs ne savent absolument rien de son éventuelle toxicité. On est ainsi encore loin des premiers testes cliniques sur des patients !

TOP


L'hépatite C...

 

Dans le cas de personnes ayant reçu des transfusions, même il y a plus de 15 ans, on conseille d'associer au test VIH celui de l'hépatite C. L'ampleur de cette nouvelle épidémie vient d'être confirmée récemment. Ce virus se transmet par le sang (des antécédents d'hépatite B ou d'autres MST favoriseraient la contamination) mais aussi à un moindre degré, semble-t-il, par les rapports sexuels. La transmission pendant la grossesse est incertaine. Elle serait plus probable durant l'accouchement quand la mère est aussi infectée par le VIH. La transmission "intra-familiale" serait possible (rasoir, coupe-ongles, etc.). Ce virus évolue de façon asymptomatiques pendant plusieurs années comme le VIH, et dans 20% des cas est responsable à distance de cancers et de cirrhoses du foie.

Ce test doit être conseillé, avec celui du VIH, aussi dans le cas de toxicomanes et des personnes ayant la notion d'antécédent ancien ou actuel de toxicomanie de leur partenaire. Si les toxicomanes sont infectés par le virus du Sida dans 20 à 30% des cas, ils le sont dans plus de 80% des cas par le virus de l'hépatite C.

Indépendamment du VIH, le test de l'hépatite C doit donc être réalisé en cas d'antécédent de transfusion, d'antécédent de toxicomanie intraveineuse, chez les personnes de l'entourage familial d'un sujet atteint d'hépatite C, d'antécédent d'intervention chirurgicale, d'altération inexpliquées de l'état général ou d'asthénie persistante, et au 8ème mois de grossesse chez les femmes à risque, afin de réduire au maximum les risques de contamination lors de l'allaitement.

Le dépistage des formes évolutives est d'autant plus important qu'il est simple et que le traitement, à condition qu'il soit décidé précocement, permet parfois d'arrêter la multiplication virale. Concernant la prévention, les mesures à conseiller sont similaires aux mesures contre le VIH. Il n'existe pas de vaccin. Profitons-en pour rappeler que le virus de l'hépatite B se transmet de manière similaire à ces deux virus. L'utilisation du préservatif permet aussi d'éviter la transmission sexuelle du virus de l'hépatite B. Le vaccin conte l'hépatite B n'apporte donc de ce point de vue qu'une protection supplémentaire très discutable.

TOP


Les professions à risque...

Concernant certaines profession où le personnel est en contact avec du sang, précisons que lors d'une piqûre accidentelle, chez les personnels médicaux, le risque de contamination est estimé à 0,5% alors que pour l'hépatite B il est supérieur à 20%, et peut-être plus pour l'hépatite C. Cette probabilité de transmission serait même en fait plus proche de zéro si l'on applique les règles d'asepsie universelles. Des recommandations de prudence pourront être conseillées pour d'autres professions, comme par exemple pour les personnes travaillant dans la découpe du verre.

En cas de blessure avec risque de contamination par le VIH (ou les hépatites), on conseille de prélever un peu de sang (pour les examens), de faire saigner, de laver à l'eau et au savon sans brossez, puis de désinfecter. Le VIH étant un virus fragile, le maintien des mesures universelles d'asepsie est donc normalement suffisant : alcool à 70°, ou mieux, avec de l'eau de Javel diluée à 10% (1 volume d'eau de Javel dans 9 volumes d'eau) qui en plus est active sur les virus des hépatites. En cas de contact manuel avec du sang ou des fluides corporels infectés, on doit porter des gants qui devront ensuite être détruits. Le matériel à usage unique mis en contact avec des substances biologiques infectées doit être jeté dans un container rigide prévu à cet effet, notamment les aiguilles de seringues qui ne doivent pas être re-capuchonnées. En cas de risque de projection, comme c'est le cas pour les dentistes, le port d'un masque ou de lunettes est recommandé. Les membres du personnel de santé qui ont des lésions cutanées doivent éviter temporairement le contact avec les personnes infectées par le VIH. Pour la décontamination du matériel médical non jetable, on utilisera des désinfectants à base de glutaraldéhyde (à 2% au moins 10 minutes) ou la chaleur (120° durant 30 minutes). Toutes ces mesure préventives sont valables pour d'autres infections, comme les hépatites.

TOP


Une étude unique au monde, réalisée dans sept hôpitaux suisses sur plus de 5000 porteurs du VIH, confirme les bienfaits des thérapies combinées

Les études américaines l'avaient démontré : les thérapies combinées administrées ces deux dernières années aux patients infectés par le virus du sida font nettement reculer la mortalité due à celui-ci. Aujourd'hui même (7.11.97), le British Medical Journal publie les résultats obtenus par des chercheurs suisses au terme d'une étude unique au monde, car menée durant neuf ans sur plus de 5000 patients. Elle confirme cette tendance synonyme de grands espoirs : on peut, aujourd'hui, vivre avec le virus, le maintenir en inactivité et transformer cet agresseur mortel en ennemi assoupi pou longtemps. En langage chiffré, les responsables de l'étude articulent carrément ce constat : "Si l'on compare la situation avec celle de 1988-1990, on peut dire que les risques de mortalité dus au sida ont, en 1995 et 1996, diminué de plus de 60%."

Tout l'originalité de l'expérience helvétique aboutissant à cette confirmation repose sur son ampleur. Car jamais encore on n'avait rassemblé une aussi importante base de données, donc de dossiers de patients, pour les suivre et les analyser. La fiabilité peut d'ailleurs être estimée excellente, puisque ce sont au moins 45% des séropositifs en Suisse qui ont ainsi prêté leur concours volontaire - mais parfaitement anonyme - à cette étude. Sur les 9000 personnes enrôlées au départ de ce processus d'investigation, beaucoup sont décédées, 5000 ont fait l'objet de l'étude, et 3000 sont encore suivies aujourd'hui. Tous ces patients sont très représentatifs de l'éclectisme de la population, et c'est cela, aussi, qui différencie cette étude de celles effectuées dans d'autres pays sur des groupes sélectionnés, triés et analysés indépendamment des autres milieux.

Ces résultats ne concernent pas l'année 1997, et c'est... encourageant. Car la trithérapie, reconnue comme la combinaison la plus efficace jusqu'à présent, n'a fait son apparition en Suisse qu'en avril 1996. Il faut donc s'attendre à des améliorations encore plus sensibles au cours de ces derniers dix mois, dont il n'a pas été tune compte dans l'étude. Même si - et les chercheurs ne manque pas de le rappeler - la résistance du virus à certains axes du traitement est source de nouvelles préoccupations.

Les chiffres (de moins en moins de morts du sida grâce aux nouvelles thérapies) :

Moins 23% pour les monothérapies;

Moins 31% pour les bithérapies;

Moins 65% pour les trithérapies.

 

Derrière les chiffres :

Si les bithérapies (jusqu'en 1996) puis la trithérapie, c'est-à-dire la combinaison de plusieurs médicaments à prendre dans un ordre et selon une discipline très rigoureux, ont changé en bien le cours des choses, tout le monde ne peut pourtant pas en bénéficier. Et derrière les chiffres qui annoncent la réussite d'un traitement se cachent toujours les échecs, ou les doutes. Ainsi, il y a des intolérances aux médicaments; des impossibilités personnelles à s'adapter au rythme des prises; la résistance du virus. Il y a aussi des questions de fond qui reviennent : faut-il qu'un patient certes porteur, mais en bonne santé, entame une trithérapie ? Ne prend-on pas le risque de le soumettre à un traitement lourd, alors que de médications encore plus efficaces peuvent très bien apparaître bientôt ? On sait par contre, aujourd'hui, que la combinaison de certains médicaments stoppe la multiplication du virus, pis diminue sa présence dan le sang et les tissus. Mieux, puisque le virus n'évolue plus, le système immunitaire se stabilise, voire se restaure partiellement. C'est l'acquis actuel, formidable. Mais il reste beaucoup à faire.

TOP


Classification des stades de l'infection

Le système immunitaire

De l'infection à VIH au Sida

Statistiques des cas dans le monde

Transmission et protection

Les maladies opportunistes

VIH et Sida

Comprendre les actions du VIH

Les traitements du VIH


Statistiques du HIV par continent

Retour à l'accueil

Retour aux affections liées aux toxicomanies

Retour aux soins de santé


Sources : par e-mail dossier constitué par Marc Duclos : Mcd@er.uquam.ca

Le Matin, vendredi 7 novembre 1997, Philippe Dubath.

Le Nouveau Quotidien, Anne Crisinel, avril 1997

Propos recueillis par Philippe Barraud, l'Hebdo, 6 février 1997

Texte tiré de "Articles de l'association POSITIFS", supplément au No 25 du journal "Sida Tout Va Bien", 1996.

Drs J.Avicenne, conseillers médicaux de l'association POSITIFS, BP 230 75865 Paris Cedex 18