Les troubles obsessionnels-compulsifs

 

2% de la population sont touchés par des troubles où se retrouve le besoin irrépressible d'accomplir sans cesse un même rituel. Divers traitements sont possibles.

 

Le terme obsessionnel fait partie du langage familier, et l'on dit par exemple en souriant: C'est mon côté obsessionnel, lorsque l'on est surpris à ranger trop consciencieusement les objets dispersés sur son bureau avant de se mettre au travail.

 

Mais, lorsque l'on parle d'un trouble obsessionnel au sens d'une maladie, on décrit quelque chose de très différent, caractérisé par le besoin irrépressible de répéter sans cesse un rituel, souvent bizarre (compulsion).

La vie professionnelle, familiale et sociale peut être gravement menacée. Les pensées obsessionnelles sont des pensées absurdes. La personne qui en souffre les ressent elle-même comme telles, mais ne parvient pas à s'en débarrasser malgré ses efforts. Le trouble obsessionnel-compulsif est loin d'être rare, bien que l'on en parle peu, car la plupart de ceux qui en souffrent ont tendance à cacher leur maladie. Sa prévalence, c'est-à-dire la proportion de personnes qui en souffrent à un moment donné de leur vie, est estimée à 2% de la population.

 

Plusieurs manifestations

Il y a, par exemple, les vérificateurs, ils consacrent tout leur temps à contrôler les lumières, les portes, le gaz; les collectionneurs: ils ramènent chez eux tous les papiers qu'ils trouvent dans la rue; les laveurs: ils passent leurs journées à leur toilette, telle cette jeune personne qui n'en finissait pas de frotter la peau de son visage avec une pierre ponce afin de le rendre parfaitement lisse et propre. Elle était également terrifiée à l'idée d'être infectée par des microbes et ne pouvait toucher quoi que ce soit sans porter des gants stériles, d'autres ne peuvent poser le pied sur les lignes séparant les dalles de béton des trottoirs, etc.

 

Les troubles obsessionnels-compulsifs existent également chez l'enfant, et l'on sait que la plupart des adultes qui en souffrent ont présenté leurs premières idées fixes ou leur premier rituel déjà dans leur jeunesse.

 

Approches thérapeutiques

 

Parmi les traitements disponibles, mentionnons certains médicaments de la famille des antidépresseurs, tels que la clomipramine. Ces médicaments affaiblissent la prégnance des obsessions ou des compulsions, permettent de lutter plus efficacement contre elles et, dans un bon nombre de cas, de sortir de ce cauchemar.

 

Une autre approche est représentée par certaines formes spécifiques de thérapies, appelées comportementales ou cognitivo-comportementales.

 

Ces thérapies s'intéressent au comportement des patients et visent à comprendre les rituels et les obsessions, et à mieux en cerner les manifestations. Elles partent de l'observation qu'il est indispensable d'affronter les symptômes dans la réalité et qu'il ne suffit pas de les évoquer pour parvenir à les dépasser.

 

Il faut y ajouter une autre forme de thérapie relativement peu courante dans notre pays qui consiste en des rencontres entre personnes concernées.

 

La dimension psychologique de ces troubles est importante bien qu'il existe sans doute une base biologique chez un grand nombre de personnes, comme le démontrent les nouvelles techniques d'imagerie cérébrale qui permettent de visualiser les zones du cerveau impliquées, avant tout les lobes frontaux et les ganglions de la base. On est cependant encore très loin d'en comprendre toute la complexité.

 

La souffrance comme critère

 

Il est impossible de tracer une limite précise entre la normalité et un trouble obsessionnel-compulsif médicalement observé, et le critère sans doute le plus pertinent est celui de la souffrance vécue par le patient et par son entourage.

 

Il existe depuis peu une Société suisse des troubles obsessionnels-compulsifs ouverte aux professionnels et aux non-professionnels qui s'est donné comme ambition de faire mieux connaître dans le public l'existence de ces troubles et les thérapeutiques existantes.

 

Obsessive-Compulsive Disorder (OCD)

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Auteur : Professeur François Ferrero | Clinique psychiatrique universitaire - 1008 Prilly/Lausanne.