Le taux de dépressifs dans la population générale résidant en Europe serait de 4,9% en 1995-96, taux supérieur de 50% à celui observé en 1980-81.
Les femmes sont plus souvent dépressives que les hommes avec 6,7% contre 2,6% et la fréquence maximale s'observe, aussi bien pour les femmes que pour les hommes, entre 60 et 80 ans.
Plusieurs critères socio-économiques semblent être liés à la dépression ; la mise en évidence de ces liens se fait après élimination de l'influence de l'âge. La prévalence de la dépression est plus forte :
- chez les divorcés et les veufs ;
- chez les personnes vivant seules ;
- chez les inactifs pour raison de santé et chez les chômeurs ;
- chez les employés ;
- chez les personnes résidant dans de grandes agglomérations ;
- chez les personnes disposant de faibles revenus.
Les dépressifs déclarent 7 maladies par personne tandis que les non dépressifs n'en déclarent que 3. L'indicateur de morbidité à deux dimensions, risque vital et invalidité, indique un état de santé très altéré chez les dépressifs. L'âge morbide, calculé à partir de l'âge calendaire et de l'indicateur de morbidité, permet de parler de vieillissement prématuré chez les dépressifs.
77% des dépressifs ont eu recours à au moins un soin pendant les 3 mois d'enquête pour traiter leur dépression. Près de 75% ont été au moins consommateurs de pharmacie pendant l'enquête : avant tout de produits de la classe des hypnotiques ou des psychotropes, et loin derrière de sédatifs, d'anti-anémiques et de fortifiants. 41% des dépressifs ont vu au moins une fois un généraliste en 3 mois, et seulement 14% un spécialiste des maladies mentales. Le taux d'hospitalisation en 3 mois pour dépression n'est que de 1,5%.
En France le coût du traitement de la dépression s'élève à 797 francs(français) par dépressif en 3 mois, à peine plus qu'en 1980-81 (765 francs français 1991). Mais on retiendra la modification en 10 ans de la structure de soins : la part de la dépense consacrée aux soins ambulatoires (58%) est plus importante en 1990-91 que la part consacrée aux hospitalisations (42%), ce qui est l'inverse de ce que l'on observait en 1980-81. A la polypathologie des dépressifs s'associe bien évidemment une consommation médicale élevée, elle est trois fois plus importante que celle des non dépressifs.
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