Taux de Criminalité

 

Proportion des infractions commises par rapport à une population donnée.

L'analyse chiffrée et statistique des infractions est essentielle pour observer l'évolution du phénomène de la criminalité, tant au niveau quantitatif qu'au niveau qualitatif. En effet, les statistiques criminelles évaluent le nombre et le type d'infractions commises (crimes, délits) pendant une période donnée et dans un espace de référence. L'étude statistique de la criminalité permet également la comparaison avec d'autres phénomènes (sociologiques, culturels, politiques ou économiques) observés dans un pays ou bien au niveau mondial.

Le développement de la criminalité au niveau international oblige les États à coopérer et à mettre en œuvre des mécanismes d'observation par le biais d'Interpol, une organisation dont le rôle est précisément de rassembler et de traiter les informations fournies par les États membres sur la criminalité. Il est extrêmement difficile pour les autorités nationales d'obtenir des chiffres précis sur la criminalité, car un État ne peut répertorier toutes les infractions effectivement commises. En outre, de nombreuses infractions ne sont jamais portées à la connaissance des services de police ou de gendarmerie. C'est pourquoi les statistiques divisent la criminalité en trois catégories.

L'ensemble des infractions effectivement commises correspond à ce que l'on appelle la criminalité réelle, par opposition à la criminalité apparente. Cette dernière constitue l'ensemble des infractions portées à la connaissance des autorités de police, par le dépôt de plainte ou la dénonciation. Les infractions de très faible gravité, ne donnant lieu qu'à une « main courante » et non à un procès-verbal, ne sont pas prises en compte dans la criminalité apparente. La différence entre les chiffres de la criminalité réelle (que les services de police peuvent supposer) et la criminalité apparente est appelée le « chiffre noir »: il ne peut jamais être défini avec certitude. Enfin, les autorités judiciaires fournissent également des statistiques sur la criminalité judiciaire, qui prennent seulement en compte les infractions soumises à la justice pénale des tribunaux, c'est-à-dire les infractions portées à la connaissance du Parquet, celles ayant fait l'objet de poursuites pénales et enfin, celles ayant fait l'objet d'une condamnation. Cet ensemble constitue la criminalité légale.

Le taux de criminalité ne peut être calculé que sur la base de la criminalité apparente, ou de la criminalité légale, qui apportent des chiffres certains. Les taux des crimes et délits sont généralement établis à partir d'une population de 1000habitants.

La France se caractérise par un accroissement constant de la criminalité légale, depuis 1955 jusqu'en 1985. Une augmentation de 500p.100 a été observée ; le taux des crimes et délits est passé de 15,05p.1000 à 66,95p.1000habitants pendant ces trente années. Entre 1985 et 1988, le pourcentage des crimes et délits est passé de 67,14p.1000 à 56p.1000. La criminalité apparente note un retour à la progression (+ 4,27p.100) depuis 1989. En 1992, le taux de criminalité était de 66,63p.1000 ; en 1993, une augmentation de 1,69p.100 a été observée. À ces chiffres quantitatifs correspondent des taux reflétant l'aspect qualitatif de la criminalité. Ainsi, la grande criminalité (infractions les plus graves) est passée de 0,34p.1000 en 1973 à 1,07p.1000 en 1987 (date à laquelle la typologie a cessé de diviser grande et moyenne criminalité). La moyenne criminalité est passée de 4,46p.10000 à 9,43p.10000 ; enfin, la délinquance est passée de 28,88p.1000 à 46,63p.1000 au cours de la même période, ce qui suscite de nombreuses inquiétudes.

 

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"Criminalité, taux de", Encyclopédie Microsoft(R) Encarta(R) 98. (c) 1993-1997 Microsoft Corporation. Tous droits réservés.