Eutrophisation
Accueil Hydrographie Vie et eau Matière organique Physico-chimie Milieux aquatiques Station d'épuration Impacts humains Qualité des eaux

 

Pollution des nappes
Chenaux-Barrages
Rejets urbains
Eutrophisation
Nutriments-sources

Les augmentations de concentrations en nutriments

 

La concentration en phosphates (PO4-3), provenant essentiellement de sources ponctuelles (rejets urbains) diminue avec la dilution quand les débits augmentent.

A l’inverse, la concentration en nitrates, (NO3-) et en ammoniac (NH4+), proviennent de sources diffuses (lessivage des engrais et rejets domestiques, respectivement) et augmentent avec le débit. En effet, le lessivage croît avec les précipitations.

Remarque : Les concentrations en nitrates sont plus importantes pour les cultures par les apports en engrais chimiques que pour les prairies.

Les concentrations en silice SiO2 sont, quant-à-elles, liées à la composition rocheuse des Bassins Versants.

 

L’eutrophisation

 

L’eutrophisation est un processus d’enrichissement en éléments nutritifs qui stimulent la production primaire aquatique et se manifeste par une accumulation algale.

 

L’eutrophisation en réseau hydrographique

 

Dans un réseau hydrographique, on observe dans un premier temps (pour les niveaux d’ordre 2 à 5), l’augmentation de l’eutrophisation et de la production primaire autotrophe(photosynthétiques) avec l’augmentation de la pollution organique. Ensuite, avec la pollution organique et la profondeur croissante (pour les niveau d’ordres supérieurs), le milieu redevient de plus en plus hétérotrophe.

La comparaison des figures ci-dessous permet de visualiser l’effet anthropique par eutrophisation sur l’équilibre entre production primaire et hétérotrophe.

Respiration en fonction de la Photosynthèse dans la Nature.jpg (88791 octets) Respiration versus photosynthèse en fonction des facteurs anthropique.jpg (124430 octets)
Production primaire en fonction de la respiration dans un réseau hydrographique naturel (cours de M Servais (ULB)

Effet des activités humaines sur la production primaire et la respiration dans un réseau hydrographique

 

L’eutrophisation en zones côtières :

 

L’eutrophisation entraîne les nuisances suivantes :

-         détérioration de la qualité de l’eau avec déstabilisation des chaînes trophiques

-         diminution de la valeur commerciale de l’aquaculture et de la pêche

-         toxicité et risques chroniques ou intermittents pour la santé

-         diminution de la valeur esthétique et récréative des eaux affectées.

Mécanisme de l’eutrophisation :

 

Dans un milieu non eutrophe, la floraison aquatique de printemps est dominée par les Diatomées (phytoplancton siliceux) qui constitue la nourriture principale du zooplancton herbivore. L’excès d’azote et de phosphore provenant essentiellement des effluents urbains et agricoles provoque un excès en matières organiques suivi d’une dégradation bactérienne excessive. C’est au printemps que l’augmentation de l’effectif phytoplanctonique est principal grâce aux conditions propices en température, lumière et nutriments.

Durant l’hiver, la rupture de la « thermocline » (ligne de séparation des eaux chaudes et froides en zone côtière) favorise le mélange des eaux profondes riches en nutriments avec les couches de surface plus pauvres.

La matière organique non consommée par les organismes des niveaux trophiques supérieurs sédimente et est dégradée par les bactéries lors de sa chute en profondeur. Ce mécanisme entraîne un enrichissement en nutriments des eaux profondes ainsi qu’une diminution des concentrations en oxygène dissous pouvant entraîner une anoxie (absence d’oxygène) et la production de méthane.

 

Les schémas ci dessous illustrent les mécanismes de remontée des nutriments depuis les eaux profondes (vents et courants marins à l’origine des upwellings en Mauritanie et au Pérou) et par effets d’entraînement des fleuves.

 Upwelling.jpg (113967 octets)Schémas à partir du cour de M. Servais (ULB)

Conséquences de l’eutrophisation :

 

En zone côtière, l’effet majeur de l’eutrophisation consiste en une altération de la structure et du fonctionnement de l’écosysthème côtier.

Les déséquilibres en apports entre azote, phosphore et silicium (plus spécifiquement entre silicium et azote ou entre silicium et phosphore) provoquent des modifications quantitatives et qualitatives sur les communautés planctoniques. Des espèces phytoplanctoniques, (algues microscopiques) normalement dominantes (diatomées, phytoplancton siliceux qui constituent la nourriture principale du zooplancton herbivore) se marginalisent au profit d’espèces habituellement minoritaires (ex : organismes flagellés de type : Phacosystis qui explosent démographiquement. Celles-ci sont impropres à la consommation par le zooplancton herbivore vu leur taille trop importante.

 

Cette prolifération des Phacosystis provoque des mousses nauséabondes sur les plages de la Mer du Nord. On a aussi remarqué de manière plus globale, que le rapport entre Diatomées et Phacosystis était corrélé avec les pluies hivernales en augmentation suite aux émissions de sulfures diméthyl.

 

Les marées rouges :

Certaines algues dinophycées encore appelées Péridiniens (protistes flagellés ou unicellulaires munis d’un flagel) prolifèrent grâce aux apports anthropogéniques en nutriments en zone côtière et sont à l’origine des « marées rouges » le long de certaines côtes. Ces organismes sont toxiques et provoquent des empoisonnements.

            Détérioration de l’écosystème en Mer Noire

 

La Mer Noire est une mer presque fermée et très perturbée par les activité humaines. Deux facteurs ont contribué à la détérioration de son écosystème entre 1960 et 1980 : la surpêche et l’eutrophisation. L’importation accidentelle d’une méduse carnivore en provenance des Etats-Unis a encore aggravé ce phénomène. L’augmentation de la biomasse par eutrophisation a augmenté la turbidité responsable de la régression des herbiers benthiques qui jouaient un rôle important pour les poissons. Leur disparition a accentué la croissance des méduses.

 

A partir de 1988, le déclin économique des pays de l’Est a entraîné une diminution de l’utilisation des fertilisants et une baisse de la pêche permettant aux populations juvéniles de poissons de croître à nouveau.

 

Le cas de la Mer Noire est exemplaire pour illustrer les interactions entre facteur multiples à l’origine de détériorations écologiques.