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Les zones estuariennes et côtières Ces
zones, intermédiaires entre les eaux douces et marines, jouent le rôle de
filtre pour les apports du Bassin
Versant. Ce
sont des interfaces entre les milieux terrestres, atmosphériques et marins car
ils récoltent les apports fluviaux, atmosphériques et côtiers provoquant une
intense activité biologique et physico-chimique. La
zone côtière peut être subdivisée en sous
compartiments : plateau continental intérieur
et extérieur, estuaire,
littoral chacun étant le
siège de processus physiques et biologiques particuliers. Shéma redessiné d'après cours de M.Servais (ULB) Les estuaires sont soumis à des flux en eau douces provenant de la rivière et en
eaux salées de la mer, variables dans le temps. Le flux de la rivière varie au
cours des saisons, celui des marées varie quotidiennement. L’estuaire peut être
subdivisé en plusieurs tronçons à dominance douce ou salée. Ces eaux ont des
caractéristiques physico-chimiques très différentes. Leur mélange provoque
une floculation (sédimentation) importante ainsi qu’une forte activité bactérienne
liée aux apports nutritifs abondants. Le delta est
un type d’embouchure caractérisé par la division de la rivière en plusieurs
bras interconnectés. Sa morphologie dépend des forces du fleuve et de
la mer. On y observe une grande diversité de milieux tels que :
bassins de rétention, petits lacs, bras morts qui favorisent l’activité
biologique. La
zone côtière couvre seulement 15% de la surface
océanique mais subit une intense activité car du fait de sa faible profondeur,
elle constitue le réceptacle de beaucoup de nutriments : elle concentre 18
à 33% de la production primaire des océans, 80%
de la matière organique enfouie, 90% de la minéralisation
benthique, 75 à 90% des matières en suspension
apportées par les rivières mais aussi des polluants ! Ces dépôts
organiques sont le siège d’activité bactérienne produisant des gaz (méthane,
sulfure, hydrogène…) provoquant des conditions anoxiques (pauvres en oxygène)
comme dans les boues et vases de la Mer Noire et de la Mer Baltique. La zone côtière subit des conditions environnementales variées marquées par le cycle
des marées, des apports en eaux douces et en matières en suspension, par la météo
qui conditionne la lumière, la température, la salinité, la turbidité…Des
processus importants y prennent place : sédimentation et courants
upwellings qui jouent un grand rôle dans l’apport en nutriments des
organismes côtiers. Cette zone très importante pour les apports en nutriments est également très fragile car fortement influencée par les activité humaines telles que tourisme, densités de populations élevées le long des côtes, activité portuaire, industrielle, transports maritimes et pêche. L’impact
humain sur les zones côtières prend différentes formes : -contamination
en métaux lourds, en produits de synthèse tels
que PCB, pesticides, solvants, -perturbations
mécaniques qui modifient la morphologie côtière et perturbent la vie
benthique (dragueurs et chalutiers). Ces
perturbations sont interconnectées. Il faut les étudier dans leur ensemble.
Lors de l’étude d’un site contaminé, il sera tenu compte des
concentrations en contaminants dissous dans l’eau, dans les sédiments et dans
les organismes vivants présents dans le milieu étudié. Pour
évaluer la qualité du milieu, on utilise des bioindicateurs.
Il s’agit d’organismes que l’on trouve en de nombreux endroits, dont les
populations fixes et abondantes ne subissent pas de trop grandes fluctuations et
sont faciles à échantillonner : ex : la moule. |