| En septembre dernier, le violoniste et ingénieur
du son Rainer Arndt lançait son label « Solal ». Ce
disque-ci du label, consacré à la musique américaine
pour piano, en constitue la première référence et
elle vaut le détour. Jumelles dans la vie, les surs Bugod
le sont aussi au clavier, tant leurs quatre mains se complètent,
se répondent, s 'épousent. Ph. M. American Piano Music. Les « Danses de West Side Story », la « Rhapsody in blue » et des « Souvenirs » de Barber interprétés avec un bel entrain par les surs Bugod.
Sil est des personnalités qui au cours du siècle passé ont inlassablement uvré pour donner une authentique musique aux Etats-Unis, ce sont bien les trois compositeurs retenus pour ce beau programme sollicitant deux pianos. Tous ont pensé leur musique comme de vrais américains désireux doffrir à leur culture des uvres immortelles et indépendantes, autant que faire se peut, de leurs ancêtres et devanciers européens. Tous ont souhaité participer à la constitution dune mémoire culturelle propre pour lavenir. Gershwin ne pouvait être oublié tant sa Rhapsodie in Blue (1924), jouée ici dans la version originale du compositeur, est devenue emblématique dune Amérique à la découverte delle-même. Les thèmes sont merveilleusement dessinés, les rythmes toujours aussi engagés et le déroulement infailliblement entraînant sous les doigts galopants des jumelles Irène et Yvonne Bugod. Elles excellent dautant plus dans ce registre quelles se consacrent exclusivement aux uvres pour quatre mains. Lapport exceptionnel de Léonard Bernstein paraît quelque peu sous-estimé bien quil ait proposé dinnombrables pages à proprement parler « américaines ». On reconnaîtra toutefois que les multiples influences qui ont alimenté son art musical nont pas toujours débouché sur une résultante idéalement originale et novatrice. Cependant, son nom restera attaché à lhistoire de son pays avec en premier lieu les Danses Symphoniques de linoubliable West Side Story (1957), ici jouées dans un arrangement pour deux pianos de John Musto. Toute la saveur de la partition nous semble toutefois mieux rendue dans la version orchestrale. Enfin, moins connu mais fécond et souvent très intéressant, la participation de Samuel Barber immortalisé par son célèbre et réussi Adagio pour cordes et surtout son chef-duvre quest le Concerto pour violon. Ces Souvenirs de 1952, dans un arrangement pour deux pianos, proche nous dit-on, de la propre version du compositeur, révèlent un créateur délicat, mélodieux et inspiré ici par des rythmes de danses (six au total) où dominent le charme et lélégance, avec parfois aussi des aspects plus virils. Le jeu des surs Bugod simpose, précis, fidèle, enjoué et, somme toute, heureux dinviter lauditeur à entreprendre ce périple typiquement américain. Jean-Luc Caron
Après Ramée, le violoniste Rainer Arndt lance Solal, nouveau label à vocation grand public consacré à de la musique plus tardive. Premier disque : un excellent duo de pianistes belges, les surs Irène et Yvonne Bugod, qui proposent un beau menu de musique américaine du XXe siècle : la version originale pour deux pianos de la « Rhapsody in Blue » de Gershwin, et des arrangements des danses symphoniques de « West Side Story » de Bernstein et des « Souvenirs » op. 28 de Barber. On appréciera la technique impeccable, la cohésion parfaite et surtout cette façon - rare chez d'autres duos de pianos - de ne pas en faire trop. Nicolas Blanmont
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