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   Le Vif/l'Express, 01-07.12.06

En septembre dernier, le violoniste et ingénieur du son Rainer Arndt lançait son label « Solal ». Ce disque-ci du label, consacré à la musique américaine pour piano, en constitue la première référence et elle vaut le détour. Jumelles dans la vie, les sœurs Bugod le sont aussi au clavier, tant leurs quatre mains se complètent, se répondent, s 'épousent.
Et il en faut, de la chorégraphie manuelle, pour faire swinguer les Danses symphoniques de West Side Story concoctées par Leonard Bernstein, ou l'inévitable Rhapsody in Blue de George Gershwin. Avec, entre les deux compositeurs, une place légitime accordée à Samuel Barber. Ses Souvenirs se parent ici de toute leur expressivité insituable, décalée. Une sorte de tendresse amusée que les jumelles semblent connaître par cœur.

Ph. M.


   Le Soir, 29.11.06 — Coup de Cœur

American Piano Music. Les « Danses de West Side Story », la « Rhapsody in blue » et des « Souvenirs » de Barber interprétés avec un bel entrain par les sœurs Bugod.


   www.resmusica.com, 13.11.06

S’il est des personnalités qui au cours du siècle passé ont inlassablement œuvré pour donner une authentique musique aux Etats-Unis, ce sont bien les trois compositeurs retenus pour ce beau programme sollicitant deux pianos. Tous ont pensé leur musique comme de vrais américains désireux d’offrir à leur culture des œuvres immortelles et indépendantes, autant que faire se peut, de leurs ancêtres et devanciers européens. Tous ont souhaité participer à la constitution d’une mémoire culturelle propre pour l’avenir. Gershwin ne pouvait être oublié tant sa Rhapsodie in Blue (1924), jouée ici dans la version originale du compositeur, est devenue emblématique d’une Amérique à la découverte d’elle-même. Les thèmes sont merveilleusement dessinés, les rythmes toujours aussi engagés et le déroulement infailliblement entraînant sous les doigts galopants des jumelles Irène et Yvonne Bugod. Elles excellent d’autant plus dans ce registre qu’elles se consacrent exclusivement aux œuvres pour quatre mains.

L’apport exceptionnel de Léonard Bernstein paraît quelque peu sous-estimé bien qu’il ait proposé d’innombrables pages à proprement parler « américaines ». On reconnaîtra toutefois que les multiples influences qui ont alimenté son art musical n’ont pas toujours débouché sur une résultante idéalement originale et novatrice. Cependant, son nom restera attaché à l’histoire de son pays avec en premier lieu les Danses Symphoniques de l’inoubliable West Side Story (1957), ici jouées dans un arrangement pour deux pianos de John Musto. Toute la saveur de la partition nous semble toutefois mieux rendue dans la version orchestrale.

Enfin, moins connu mais fécond et souvent très intéressant, la participation de Samuel Barber immortalisé par son célèbre et réussi Adagio pour cordes et surtout son chef-d’œuvre qu’est le Concerto pour violon. Ces Souvenirs de 1952, dans un arrangement pour deux pianos, proche nous dit-on, de la propre version du compositeur, révèlent un créateur délicat, mélodieux et inspiré ici par des rythmes de danses (six au total) où dominent le charme et l’élégance, avec parfois aussi des aspects plus virils. Le jeu des sœurs Bugod s’impose, précis, fidèle, enjoué et, somme toute, heureux d’inviter l’auditeur à entreprendre ce périple typiquement américain.

Jean-Luc Caron


   La Libre Belgique, 27.09.06 3 étoiles

Après Ramée, le violoniste Rainer Arndt lance Solal, nouveau label à vocation grand public consacré à de la musique plus tardive. Premier disque : un excellent duo de pianistes belges, les sœurs Irène et Yvonne Bugod, qui proposent un beau menu de musique américaine du XXe siècle : la version originale pour deux pianos de la « Rhapsody in Blue » de Gershwin, et des arrangements des danses symphoniques de « West Side Story » de Bernstein et des « Souvenirs » op. 28 de Barber. On appréciera la technique impeccable, la cohésion parfaite et surtout cette façon - rare chez d'autres duos de pianos - de ne pas en faire trop.

Nicolas Blanmont