Journal d’un écriveur

(depuis 1995  -  mise à jour régulière) 1934 pages

2019

           Samedi 9 novembre

           C’est promis, je clôture momentanément la grande parenthèse sur le Brésil; j’ai écrit un roman qui aborde en autre le sujet via un personnage et j’espère bien le voir l’an prochain mis à disposition des lecteurs. Mais quelques précisions sont utiles : Le Suprême Tribunal Fédéral a voté 6 voix contre 5 pour permettre à Lula de retrouver une liberté provisoire. Une toute petite victoire donc, car cela veut dire que presque la moitié de cette cour suprême est toujours en faveur de la violation de la Constitution et des lois appliquées par le juge (entre-temps devenu ministre de la Justice) qui emprisonna Lula. L’un des juges à même argumenté qu’il fallait écouter la voix du peule (donc l’élection de Bolsonaro) en balayant d’une main l’entièreté des articles de loi qui donnait à Lula (ce qui revient à dire à tout un chacun) le droit de bénéficier de sa liberté, car il y avait le « Risque Lula » ; autrement dit un emprisonnement en toute violation du droit, mais légitime au regard de l’individu politique.

 

           Sa libération ne clos pas l’affaire, puisqu’il doit désormais démontrer devant le tribunal d’appel, avec les révélations de certains journaux d’investigations et reconnues comme vraies par la Police Fédéral et des magistrats, que l’accusation de corruption fut montée de toutes pièces, via des échanges de courriels et de sms, en toute complicité, avec le procureur dans son rôle d’accusateur et le juge, en principe dans un rôle d’impartialité. Leur ambitions politiques en faveur de la droite extrémiste les ont conduites à condamner un homme sans la moindre preuve matériel pour obtenir en récompense, pour l’un le portefeuille de ministre de la Justice et pour l’autre le secret espoir de devenir le Président du Suprême Tribunal Fédéral. Un complot qui plonge le Brésil dans un chao dictatorial.

 

           Jeudi 7 novembre

           Je pleure… Vous me direz que je pleure beaucoup en ce moment… ! Mais quand on est touché parce que l’on aime, parce ce qui nous atteint d’une manière ou d’une autre, les émotions montent à la surface. Certains prétendrons sans doute que je suis un perpétuel dépressif, un pessimiste récurant, que je regarde le monde avec une loupe déformante… Je crois plutôt que je le perçois selon un angle de vue que la plupart refusent de se positionner, par facilité, par paresse ou tout simplement parce qu’il lui convient tel qu’il est, malgré toutes les injustices et les dérives.

 

           Je pleure même de honte devant le spectacle que nous offre les politiques de mon pays, devant cette montée du radicalisme d’une Région qui s’arc-boute sur l’idée de devoir s’allier avec une clique de fasciste de manière à donner le coup de grâce à l’existence d’une Nation. Que celle-ci soit imparfaite ou non, la seule idée de saboter la formation d’un gouvernement est du niveau de la traîtrise.

 

           Je pleure quand j’entends le méprit d’une jeune éditorialiste française, d’une revue de l’extrême droite, estimer que lorsqu’une femme divorcée ayant deux enfants se retrouve sans emploi, sans argent suffisant, c’est parce qu’elle n’a sans doute pas fait l’offert d’étudier quand elle était jeune, qu’elle n’a pas su garder son travail, pas su assurer ses arrières et, pour achever sa diatribe fielleuse, qu’elle ne devait pas divorcer. Un discours en ligne direct de Marion Le Pen et Éric Zemmour.

 

           Je pleure toujours devant ce feuilleton macabre qui se joue au Brésil. Je viens d’apprendre que le pouvoir aux mains d’une bande de déséquilibré mentaux, avec à leur tête un nostalgique de la dictature et un ex-juge marron devenu Ministre de la Justice avait lancé (heureusement en vain) un mandat d’arrêt à l’encontre de l’ex-présidente Dilma Roussef, alors qu’elle n’est impliquée dans aucune enquête ni aucun jugement. L’objectif de cette manœuvre est spécifiquement politique, dans le seul objectif d’écarter pour les prochaine élections les deux autres leaders du parti PT, puisque cette même tentative fut déjà faite à l’encontre de l’ancien candidat Haddad sous prétexte de corruption.

 

           Mercredi 6 novembre

           Brésil. Une histoire vraie. Au moment de la destitution de Dilma Roussef (que même Michel Temer admet aujourd’hui qu’il s’agissait d’un putsch pour discréditer le PT et atteindre Lula), le prix de la bouteille de gaz était de 15 reais. Une fois Michel Temer au pourvoir, le prix grimpa tout de suite à 30 réais.

 

           C’est là que débuta la discussion avec un brésilien qui n’avait même pas de quoi vivre et qui allait régulièrement manger chez ses parents. Pour lui, Lula était le plus grand des voleurs que le Brésil n’avait jamais connus ; à ses dire, Fernando de Collor qui fut destitué pour avoir détourner l’argent de l’Etat en faveur de sa propre famille ne fut qu’un voleur de poule. Et Dilma Roussef du même parti de Lula ne valait pas mieux que ce dernier. Pour lui les putschistes et l’extrême droite étaient la solution pour redresser le Brésil.

 

           Du coup, je lui avais demandé s’il ne préférait pas payer sa bouteille de gaz deux fois moins cher sous Dilma Rousef que le double sous Michel Temer. De même que pour le prix de l’eau qui avait aussi doublé, comme celui du carburant qui était passé de 1 à 3 réais ? La propagande anti Lula et Dilma Roussef lui avait tellement lavé le cerveau, qu’il ne réalisait même pas qu’il était en train de perdre son pouvoir d’achat, qu’il devenait encore plus pauvre et que son salaire minimum demeurait bloqué. Aujourd’hui la bouteille de gaz est à 76 reais au lieu de 30 reais. Les augmentations des prix lui bouffent tout son salaire, mais il continue à déverser son fiel sur le PT qui lui offrait une meilleure vie et à glorifier Bolsonaro.

 

           Puis arrive le décès de son père, les frais de succession concernant la part des enfants, puisque la maman vit toujours. Il est tellement pauvre, qu’il n’a pas de quoi payer les frais. Ce sont ses frères et ses sœurs qui vont lui payer sa part. L’idiot n’a encore rien compris.

 

           Mardi 5 novembre

           Ma réflexion n’est pas neuve ! Est-ce la demande qui fait l’offre ou est-ce l’inverse ? Si je passe sur une route, que je vois une prostituée dans la rigole, je risque peut-être de m’arrêter, sinon irais-je fourrer l’arbre qui se trouve à côté ? Á mon humble avis, c’est plus souvent l’offre qui crée une demande qui n’existe pas ou plus. Qui avait réclamé de boire de l’eau en bouteille venu des glaciers du Groenland avant qu’un petit malin ne le propose ? Personne. Et pourtant il y en a qui achète ce type de produit débile. Le principe est je crois d’application pour la plupart des idéologies politiques qui ont un relent d’extrémisme. Proposez la haine, le racisme et l’exclusion et vous trouverez toujours une clientèle qui se sentira concernée, réconfortée dans sa rancœur envers ceux qu’ils estiment être la cause de leurs malheurs, de leur misère, de leur ruine, de leur complexe. Plus la crise perdure, plus ce sentiment grandi auprès de ceux qui au départ n’auraient jamais imaginer soutenir une thèse radicale qui fut parfois la cause du désastre de leurs propres aïeux. La mémoire courte, souvent faute d’avoir réussi à purger ce qui devait l’être dans leur propre famille, d’avoir curer leurs cicatrices et d’avoir régler, une bonne fois pour toute, leur honte devant l’Histoire. Le déni de groupe comme moyen de refuser de faire le mea culpa de sa communauté ou de son peuple.

 

           Dimanche 3 novembre

           Voilà donc un membre de ce parti né du CVP, l'un des premiers empoisonneur de la démocratie du pays, avec sa série de Premier Ministre flamingant qui ont prôné des décennies durant le "régionalisme" qui ne nous voulait pas dire son nom de "nationalisme flamand - AVV VVK", qui avait déjà pour objectif de se débarrasser des socialiste wallons qui ne convenaient pas à leur but final, celle d'une Flandre droite, catholique et fervente devant la croix de Dixmude, autrement dit, en accord tacite avec les nostalgiques de la SSWaffen condamné pour collaboration avec les nazis (Volksunie, Vlaams Block, et autre VMO). Cela c'est l'Histoire, la vraie, par celle qui est revisionnée par le petit-fils d'un collabo condamné qui veut réhabiliter son salopard de grand-père en ayant créé la N-VA sous le doux regard du CD&V (CVP), tout content que quelqu'un fasse le sale boulot à leur place.


           Et le plus incroyable est de lire que si aujourd'hui la situation est dans l'impasse, elle serait la faute des imbéciles qui peuple la "Walbanie" en votant pour la PS et la gauche, qui refusent de gouverner avec cette clique de fasciste flamingant qui n'a qu'une seule idée en tête, celle de nous rayer de la carte après avoir été le moteur du pays pendant plus de 120 ans, alors qu'ils n'étaient que, et là je me lâche, des gueux au milieu de leur champs de patate. Certes, le monde tourne, mais il y a aujourd'hui un révisionnisme immonde charrié par une ribambelle de politicard, qui dissimule une Croix de Fer sous leur chemise, et qui mériterait de passer devant un tribunal pour trahison.


           Car voilà donc à quoi ces traîtres à l'unité nationale en arrivent à proposer, après avoir torpiller la démocratie du pays pour le bien de tous, pour le mettre à genoux au seul profit de la finance, VOKA & Co, du Dieu pognon, de la rentabilité à tout va, du citoyen vache à lait... pardon, du client vache à lait, suggérer la privatisation même de l'Etat, de son gouvernement, comme cela se passe dans les républiques bananières. Mon écœurement est grand de voir qu'une partie de la population soit à ce point lobotomisé qu'elle ne voit même plus qu'elle est menée comme jadis par voie de chemin fer vers une destination qui présage sa propre finalité.

 

           Vendredi 1er novembre

           Le jour des morts c’est demain, mais je crois bien que nous allons pouvoir honorer cette journée avec la nouvelle qui vient de paraître dans l’actualité politique. Car voyez-vous, dans ce pays, quand un homme décide contre plus de 80% de sa communauté de s’allier avec des extrémistes flamingants qui n’ont qu’un seul l’objectif, celui de faire disparaitre le Royaume de Belgique, en torpillant toute ce qui peut unir le peuple en faveur d’un nationalisme qui suinte la peste, puis qu’après avoir foiré son gouvernement de fachos avant le terme du mandat, ouvrant ainsi la porte aux extrémistes de droites les plus radicaux de Flandre lors des dernières élections,  au point de n’avoir aucune issue pour former un gouvernement fédéral, ce bonhomme au allure de pleutre prend la poudre d’escampette avant terme en laissant derrière lui le chao, pour se réfugier dans une cage dorée de l’institution européenne…  Eh ben le roi de ce pays ne trouve rien de mieux à faire que d’accorder à ce goujat un titre honorifique de Ministre d’Etat.

 

           Jeudi 31 octobre

           Le temps n'efface rien et j'aimerais que pour une fois, de là-haut, mes ancêtres soient fier de moi, en voyant enfin publier mon roman qui brossent en partie leur vie, au travers de toute l'histoire du pays. Le plagiat de mon roman pourri ma vie depuis 7 ans, empêchant sa publication, et je ne vis que pour voir ce malotrus de salopard de fumier avec son éditeur reconnu publiquement comme des voleurs. Car là sur la tombe, je ne peux retenir mes larmes.

 

           Mardi 29 octobre

           A mon grand regret, tout comme à mon humble avis, si on garde la même ligne de conduite imposée par une volonté de chao, il n'y a plus de solution dans ce bric à brac institutionnel peu à peu mis en place depuis les années 1960 par des ennemis de l'Etat Belgique. Il faut dire la vérité, des nationalistes flamingants de la première heure, infiltrés dans les partis de Flandre, ont utilisé leur supériorité numérique pour contraindre l'autre partie du pays, mollement représentée, à accepter le morcellement des pouvoirs, à vider l'Etat pour qu'il tombe en morceau et justifier une inexistence historique du pays. C'est exactement le discours du nationaliste Bart de Wever. Diviser, diviser et diviser au point où plus rien de tient debout.

 

           Aujourd'hui nous en sommes là! Qui pourrait accepter de se mettre en ménage avec celui qui tue l'Etat et veut votre mort. Il n'y a que le MR qui s'y est aventurer, comme jadis le naïf Degrelle avec Hitler. Il ne peut pas y avoir de compromis avec des traitres de la nation. La bande à De Wever et le VB ne sont que des individus toxiques à la vraie démocratie, des révisionnistes qui donnent à croire que leurs thèses fascistes est acceptable.

 

           Tant que la population se laissera hypnotisée par des tribuns qui serinent sans cesse que leur malheur vient des autres, qu’elle ne décidera pas de faire table rase en boutant dehors à coup de pied au cul ses malins pestilentielles, ces politiques qui entretiennent la division au lieu de travailler à une réunification des peuples, des partis et de la solidarité, je crois que rien ne sera plus possible.

 

           Mardi 22 octobre

           En allant faire mes provisions au Colruyt et au Delhaize, je me suis vu proposer les filets réutilisables pour emporter fruits et légumes. Certes, je ne suis pas contre ce système de réutilisation. Seulement voilà où se dissimule un peu l’arnaque des grandes surfaces au nom de l’écologie !

 

           Actuellement au Colruyt on nous offre 5 filets qui pèse chacun 30 gr - le paquet de 5 est au prix de 5 euros dans certains magasins. Donc à chaque fois que nous rangerons les achats dans le filet, il y aura 30 gr de plus que le poids de la marchandise = 0.10 . En moyenne, selon le prix du produit, au bout de 50 achats, de 10 semaines, vous aurez payé les filets. Á ma question, le responsable m’a répondu qu’il déduisait le poids. Mon œil, car comment la balance va faire la différence entre le produit sans filet et avec filet lorsque le numéro de la marchandise est encodé.

 

           Au Delhaize, le filet est payant (0,75 ) et il pèse 20 gr. Idem donc pour la pesée. Alors, si j’achète par exemple des tomates cœur de bœuf, le prix supplémentaire pour le filet est de 0,08. Donc, en plus d’acheter le filet et ils me le font repayer à l’usage. Au bureau d’information, ils m’ont fait remarquer que le sachet en papier disponible pesait 12 gr, que par conséquent je le payais aussi. Mais ils ont omis de préciser que le sachet papier était gratuit et que dans ce cas il était un peu logique que son poids soit compté avec le produit.

 

           Samedi 12 octobre

           Le plus dangereux est de se conformer aux vagues à la mode ou aux propagandes des lobbies et des populistes, soit en conservant le silence par facilité, par crainte de représailles administratives, soit par adhérence à une marche forcée qui chante les bienfaits d’un mouvement ou d’un ordre autoritaire et capitaliste, un monde dans lequel les minorités, les voix dissonantes et les démunis n’ont pas leur place. On constate un dénigrement gratuit qui déferle sur les réseaux sociaux à l’encontre de ceux qui ne chantent pas en chœur avec ce qui est mis au gout du jour par une presse d’opinion, laquelle parfois n’ose pas ou ne veut pas dire ouvertement qu’il faut garder raison. Il serait bon de revenir les pieds sur terre, cesser de s’enflammer à la moindre botte de paille qui s’affiche ci et là à travers la planète. Par exemple, ne pas nier que le pays est déjà sous la coupe de l’extrême droite depuis plus de 5 ans, car publier une carte du monde y en coloriant en noir les pays ayant basculé vers l’extrême droite sans y inclure la Belgique, c’est tout bonnement un déni coupable de collaboration, une banalisation de la peste. Tout le monde hurle à l’idée de voir arriver à la tête de la France Marine Le Pen, alors que notre maison est déjà entièrement infestée par le pire. Idem concernant l’écologie ! Ne peut-on pas y être en faveur, y avoir voter pour, faire sa part de citoyen, dénoncer les climato-septiques de tous poils, sans pour autant sombrer dans un évangélisme béat ou un catastrophisme manipulateur orchestré par des lobbies ?

 

           Jeudi 10 octobre

           J’avais envisagé de participer ce soir à la présentation du nouveau livre de Jean-Pierre Otte. Seulement voilà, je ne suis pas du tout d’humeur à me farcir les bouchons causés par les travaux du tram à Liège. Vous me direz qu’il y a le train, mais en fin de soirée, j’ai une obligation dans cette région qui m’oblige à circuler avec un autre moyen de locomotion. Et puis quelques évènements décourageants m’attristent ; il ne s’agit pas, enfin pas encore, d’un refus de l’un de mes textes. Puis pourquoi le nier, divers paramètres interviennent dans ma léthargie, cette phase de mélancolie, mon actuel vague à l’âme, face aux songes inassouvis, au constat d’inachèvement, aux sentiments refoulés que je retiens malgré moi avec un lasso depuis toujours.

 

           Mardi 1er octobre

           Le monde semble s’enfoncer lentement mais surement, avec une apparente insouciance et une effrayante désinvolture, dans les limbes obscurs d’un noir d’encre.

 

           Il fut un temps pas si lointain où tout le monde sans exception sortit de sa maison, si elle n’avait pas été détruite, pour se réjouir de la fin d’une période tragique, des fleurs à la main pour remercier ceux qui avaient réduit à néant les aspirations totalitaires d’une bande de criminelle. Si dans d’autres parties du globe, ces réjouissances prirent un peu plus de temps, elles finirent toutefois par arriver devant la volonté d’individus courageux ayant parfois payer de leur vie ou de leur jeunesse pour conscientiser le peuple et renvoyer les persécuteurs dans leurs casernes. Il y eut donc une parenthèse où l’apaisement était devenue pour beaucoup la ligne de conduite à tenir. Des murs étaient même tombés, les ennemis d’hier se serraient les mains et il était encore envisagé une paix planétaire ; même s’il y avait toujours ci et là des incendies à éteindre, car les erreurs du passé remontaient régulièrement à la surface. Les rancœurs n’avaient pas encore été apurées. Mais l’optimisme régnait. La globalisation était la panacée pour tous. Plus de frontière pour les finances et les marchandises, les peuples pouvaient boire et manger ce qui poussait à l’autre bout de la terre. Les fortunes se faisait en une poignée d’année au lieu d’une vie de labeur. L’appât du gain devint la religion. La productivité à bas prix poussa à sous-payer la main-d’œuvre, tant ici qu’à l’étranger, à robotiser à tout va. La religion de l’ultralibéralisme revint au galop. Les acquis sociaux de jadis relégués aux oubliettes. Afin de faire face à cette productivité effrénée, la guerre des énergies revint à son tour, mais ce fut aussi la guerre tout court là où les produits se trouvent. La panacée pour les armuriers. Frileux, les financiers préféraient alors miser sur la bourse, faire du fric avec du fric, acheter et revendre un produit sans le déplacer, ni le transformer, juste le refourguer plus cher cinq minutes plus tard. Ils inventèrent aussi des produits financiers qui s’afférèrent une escroquerie à l’échelle de la terre, des bulles financières qui éclatèrent et qui mirent tout le monde par terre. Patatras, faillites en cascades, plus d’exportation, plus de bénéfice, plus de travail, des chômeurs à la pelle à travers le monde. Et que dire les responsables de cette merdouille libérale qui détruisit l’économie? Ben que c’était la faute à la politique sociale de la gauche qui exigeait des salaires décents, une couverture sociale digne, un accueil humanitaire des gens qui ont fui les guerres, que les financiers ont provoquées là-bas pour mettre la main sur les ressources pétrolière. Du coup, le repli identitaire redevient à la mode. Retour de la vieille recette qui fait peur, celle du sécuritaire, de la gauche démocratique accusée d’être communiste, qui va taxer et même saisir les biens acquis pour les redistribuer aux pauvres. Le mensonge, le révisionnisme, la propagande, le lavage de cerveau, la haine de l’autre, l’égoïsme, le racisme dans toute ses formes, la délation. Et puis la division au sein des familles qui finissent par se déchirer. Dans un document filmé, j’entendis un ancien jadis embrigadé de la jeunesse hitlérienne, dire que ses parents lui avaient avouer, après le conflit, avoir eu peur qu’il les dénonce à la gestapo parce qu’ils écoutaient clandestinement radio Londres !

          

           Pour l’heure, nous en sommes de nouveau là, les opposants de cette droite prétendument décomplexée sont mis à l’index de la vindicte populaire, ils sont accusés de tout, même à des tenir des positions contradictoires, comme être à la fois favorable au communisme stalinien, malgré les horreurs des goulags, et à l’immigration des djihadistes, à l’islam radicale, à la charia. Pour eux, être favorable à l’équité sociale dans un monde où il n’y a pas de travail pour tous et avoir un revenu minimum correspondant au coûte de la vie actuelle, c’est promouvoir le chômage, la clientèle entretenue par les partis de gauche, voire aussi du centre. Les finances publiques dans le rouge, le taux de chômage et le poids de la sécurité sociale, c’est la faute aux fainéants, aux faux malades, aux seuls politiques de gauche corrompus... Que nenni, ce n’est pas à cause de la fraude fiscale, ou cette optimisation fiscale, une fraude légale de plusieurs milliards d’euros par an, mise sur pied par des partis de droite afin de permettre aux fortunés, aux banques, aux entreprises, même aux politiques, d’échapper à l’impôt et de plaquer leurs magots dans les paradis fiscaux.

 

           La tâche d’huile de la radicalisation grandi à travers le monde. L’apogée de ce phénomène fascisant est l’avènement au pouvoir de plusieurs extrémistes à travers l’Europe et dans les Amériques. Mon pays y est contaminé depuis plus de six ans, même si les médias nationaux minimisent, comme un déni, la présence au sein des gouvernements nationaux et régionaux d’un parti notoirement fasciste. L’apogée du pire est arrivé au Brésil, un nostalgique de la dictature militaire, élu par un peuple ayant été manipulé par une procès judicaire monté de toute pièce par des magistrats politisés afin de condamner un homme populaire. Mais six mois plus tard, le Brésil est en train de vivre sa plus grande tragédie de son histoire. Les putschistes d’extrême droite qui ont fomentés la destitution d’une présidente et la condamnation illégale d’un ex-président, finissent par se déchirer et se trahir les uns les autres, au point que l’un des magistrats envisagea d’exécuter d’une belle dans la tête l’un de ses collèges au cours d’une séance plénière. Les langues se délient et il s’avère que la tragédie est en train de ruiner une nation. Comme toujours, la peste fait son œuvre. Et pour sûr, elle le fera ailleurs, chez nous, dans l’admiration de ceux qui croient au mirage d’un ordre nouveau, autoritaire, de ceux qui ne veulent rien voir, ni rien comprendre, ou chaussés de pantoufles, silencieux, ou même par orgueil, enfoncés dans le déni.

 

           Dimanche 29 septembre

           Il parait qu’il faut chaque jour occuper la place pour avoir une chance de sortir du lot, qu’à force de persévérance on finira par vous accepter. Mais pas sûr que cela marche pour tout.

 

           Certes, les plus optimistes des auteurs se sont vu recalés durant des années avant de voir s’entrouvrir une porte ? Par contre, combien y sont restés ad vitam aeternam devant une porte de bois ? Serait-ce un mensonge de dire que « un pour dix milles » finit par voir un rayon de soleil ? Je me souviens avoir entendu que tout ce qui est de qualité ne finit pas forcément sur la table d’une librairie. Qu’il y a une forme d’injustice et beaucoup de partialité dans le choix des décideurs. Il n’y a pas que le contenu, mais le moment, l’actualité, les modes, le « qu’est-ce qu’elle a ma gueule », le contexte social… Bref, des impératifs cumulés qui n’ont rien à voir avec un contenu.

 

           On pourrait fort bien transposer cette analyse au sujet de la vie privée et sentimentale. Certes, si « non, c’est non », que ce n’est pas un « non » qui veut dire « oui » pour faire languir le ou la prétendant(e), combien toutefois ont d’abord refusé les avances avant de se laisser passer la bague au doigt ? Autour de moi, la majorité de mes oncles et de mes tantes, des cousins, des amis. Ma mère ne souhaitait pas voir mon futur père en peinture, elle ne le trouvait ni beau ni à son gout ni raffiné. Puis un jour patatras, elle a dit oui. Elle n’a jamais su expliquer pourquoi ; car ce n’était pas faute de prétendant. C’était une autre époque me direz-vous, d’autres mœurs. Cela dit, aucun d’entre eux ne furent violenté ou persécuté, tous ont fêté leurs 40 ans de mariage. On peut admettre qu’entre la séduction et le harcèlement la frontière est parfois mince, mais il ne faut pas toujours sombrer dans la psychose.

 

           Comme pour l’une ou pour l’autre situation décrites, à mon humble avis, le problème commence vraiment quand le refus pousse celui qui est recalé à adopter une attitude agressive, à pister, à poursuivre, à pourchasser, à dénigrer, à s’immiscer dans les affaires ou dans l’intimité de l’autre sans son autorisation.

 

           Mercredi 25 septembre

           Le prix Nobel de la Paix… ! En voilà une bataille pour désigner celui qui mériterait de le recevoir. Chacun y va de son candidat ou de sa candidate. On sort du chapeau des noms qui n’ont pas encore pérennisé leur action civique ou politique.

 

           Personne ne peut le nier, l’actualité primordiale et utile du moment est le climat. Mais est-ce être climato septique que d’estimer qu’il est prématuré de proposer une enfant de 15 ans nommé Greta Thunberg, voire encore déplacer au regard du prestige de ce prix ? Attendons toujours de voir ce que demain sera fait. Par exemple, Mandela ne l’a reçu qu’après avoir été prisonnier toute sa vie pour son combat politique.

 

           J’entends parler de Donald Trump, l’homme qui profère des menaces de guerre à tout va, même à la tribune de l’ONU, qui instaure un climat délétère, une sorte de guerre froide et qui se présente ensuite comme un homme de dialogue et de paix, en allant serrer la main de celui qu’il a injurié et pointé du doigt « son plus gros bouton » de l’arme nucléaire. Un individu qui dresse des murs et qui qualifie de « sale porc » ses voisins d’Amérique Latine.

 

           En parallèle, on avance aussi le nom de Raoni Metuktire (mais pour 2020), ce vieil indigène d’Amazonie, qui lutte depuis des décennies contre la déforestation, ayant déjà fait deux fois le tour de la planète pour sensibiliser le monde du danger de la disparition de ce poumon vert et des tribus indigènes… Cela donne tout de même un autre relief à la candidature.

 

           Le nom de Lula, ex-président du Brésil, actuellement le prisonnier politique le plus célèbre de la planète. Son parcours de vie est digne d’un roman. Né dans une famille très pauvre dans la région du nordeste du Brésil, il devient tourneur à Sao Paulo avant de fonder le syndicat des travailleurs. Emprisonné une première fois par les militaires pour son combat contre la dictature. La démocratie de retour, il transforme le syndicat en parti politique. Trois fois candidat malheureux aux élections présidentielles. Puis enfin Président, huit années durant lesquelles il créa le programme « faim zéro », la bourse des familles pour permettre aux enfants pauvres de se scolariser jusqu’à l’université, les pharmacies populaires, la sécurité des travailleurs, quarante millions de pauvres sortis de la misère noire grâce à sa politique du marché international… Ensuite victime d’une condamnation judiciaire sans preuve matérielle orchestré par des magistrats politisés qui l’accuse de corruption, emprisonné illégalement afin de l’écarter des urnes lors des élections présidentielles. Malgré les multiples révélations des journalistes d’investigations démontrant l’innocence de Lula, avec les preuves à l’appui et le complot mis en place depuis plus de 5 ans par des putschistes dans le but de mettre au pouvoir l’extrême droite, Lula est toujours en prison.

 

           Faites donc votre choix du plus méritant.

 

           Vendredi 20 septembre

           La politique n'est pas là comme marchepied pour permettre à des élus de s'infiltrer via des mandats cumulés dans des structures financières dans le but de s'enrichir en détournant les bijoux de familles à son profit personnel. S'attribuer un salaire allant jusqu'à 900.000 euros en est exemple édifiant. Et l'excuse du talent de gestionnaire de la personne élue que l'on compare aux salaires des Top Manager engagés dans le privé est irrecevable. Soit on est un politique avec sa rémunération, soit on va dans le privé. Et il encore moins acceptable d'avoir un pied dans le public et l'autre dans le privé qui est partenaire avec le service public dans lequel on est soi-même administrateur.

 

           D'ailleurs, il devrait y avoir une évaluation des biens privés à l'entrée du mandat public et un contrôle à la fin, permettant de voir si l'élu à utiliser son statut d’élu pour s'enrichi anormalement au regard de son indemnité et de ses acquis privés de départ.

 

           Lundi 16 septembre

           Á mon humble avis, les incessantes attaques et moqueries envers François Hollande, ancien Président de la France, ne sont rien d’autre que cette mode actuelle de dénigrer tout ce qui a la couleur sociale de la gauche.

 

           Car si on prend le bilan de Sarkozy, finalement après avoir pomper les électeurs du Front National, dès le début de son mandat, il n’a fait que diviser le peuple avec sa politique identitaire, tant raciale que sociale. Était-ce une surprise ? Non, il était bien de cette droite à la Charles Pasqua.

 

           Macron a lui prétendu n’être ni de gauche ni de droite, mais depuis le début, il pratique et utilise toutes les méthodes et les pratiques du libéralisme au profit de la finance, d’où il est sorti. Et lui aussi divise le peuple avec ces multiples déclarations méprisantes sur la classe sociale inférieure et défavorisée. Son pragmatisme revendiqué, qui a séduit ceux qui croyaient au Père Noël, finit par se révéler être au seul profit des entreprises, non aux petits salaires. Il a trompé son monde.

 

           Quant à Hollande donc, il faut rendre à César ce qui lui appartient, il n’a jamais tenu une position qui divisait. C’était à la fois sa force mais surtout sa faiblesse. Ses opposants, même à l’intérieur de son propre parti, ont stigmatisé cette apparence mollesse en ne lui attribuant aucun mérite, même quand il avançait. On lui a collé à la peau l’image d’un type qui portait la poisse (par exemple sous la pluie). Hollande ne fut certainement pas plus mauvais que ses prédécesseurs. Et le bilan de son successeur ne sera pas meilleur, soyez en sûr.

 

           Lundi 9 septembre

           Et si je vous disais que je ne supporte plus de voir un article de journal avec la photo d’un des membres du parti MR, qu’a chaque fois j’en attrape de l’urticaire ! Car voilà un parti qui arrive second derrière le PS en Région Wallonne avec à peine 20% et qui est le seul dans toutes les combinaisons nationales et européennes… ! Quelque chose ne tourne donc pas rond dans cette prétendue démocratie où la parité et l’équilibre est le fondement d’une Nation en bonne santé. Mais dès que l’un des membres finit par faire cavalier seul au détriment de sa propre communauté, le déséquilibre alimentaire provoque des maladies, il implante une anémie et même le cancer. Par la même occasion, il offre les clefs de la Nation à son voisin, un boulevard pour la propagande nationaliste, une couverture médiatique pour la diffusion des propos révisionnistes teinté de haine envers sa propre communauté. Et le pire se révèle maintenant : Le MR ne se sent pas concerné par ces propos infames envers les wallons, puisqu’il s’estime au-dessus de la mêlée, collaborant au dénigrement de la politique wallonne de gauche, accusée de communisme ! N’est-ce pas le fidèle portrait de Léon Degrelle, qui se croyait investit d’une mission et qui collabora avec les nazis en estimant que lui n’était pas dans le viseur de la politique destructrice d’Hitler ? Pauvre et dangereux naïf qui sema derrière lui la peste et la misère.

 

           Lundi 2 septembre

           La rentrée littéraire… Ce samedi soir, j’ai assisté à une émission sur France2. Trois auteurs invités, qui ont composé toute leur œuvre en allant puiser dans l’histoire chaotique de leur propre famille ou de leur existence, ce qui implique toujours des proches mécontents du portrait romancé, qui conduit à la rupture des relations. Maintenant, quand l’auteur prétend avoir transcrit la réalité, reste à savoir si cela est vrai, ou si finalement, il n’a pas transformé les évènements en sa faveur pour passer pour une victime, par exemple. Un auteur, ayant eu un énorme succès pendant des années, a fini par admettre que tout ce qu’il prétendait être la vérité sur les évènements de sa famille, n’était que mensonge et invention depuis le début. Dans ces conditions, le lecteur estime à juste titre avoir été abusé. Certes, on devine bien que les auteurs s’inspirent toujours de leur vie et de leur entourage, mais il y a une marge entre affirmer que tout est biographique, autobiographie, ou  qu’il y a des bribes de sa vie arrangées pour le besoin de la fiction.

 

           Dimanche 1er septembre

           Chaque année c’est le même manège, en fin de matinée il y a le ballet des millionnaires dans les airs de la ville de Verviers. Que dis-je, une débauche d’hélicoptère en provenance du Nord-Ouest, direction Spa-Francorchamps. Une bonne dizaine, en seulement trente minutes. Puis en fin d’après-midi, une fois le Grand Prix de Formule1 terminé, retour du spectacle, dans l’autre sens bien entendu.

 

                        Jeudi 29 août

           Je dois bien avouer que devant les nouvelles de ce monde radicaliser répandu un peu partout à travers le monde, aux mains de quelques despotes et déments, ce mois d’août me fut pénible. Que de tristesse de voir des proches et des amis se laisser aller à des réjouissances devant la montée inexorable des idées les plus répugnantes de l’extrémisme, celle de donner des bonnes raisons au pire, à l’exclusion, aux propos haineux envers les actions sociales, sous prétexte qu’il y a ci et là des politiques véreux ! Comme si l’ultralibéralisme était en train d’étendre un tapis de fleur, avec sa hargne à vouloir abolir un équilibre entre les diverses classes de la société. Le plus incompréhensible est de voir que des gens soutiennent cette politique de privatisation à-tout-va, que toutes les charges obligatoires qui incombent en principe à un État digne d’une démocratique avancée devraient disparaître. Ils sont favorables à la réduction de toutes les aides sociales, la prolongation du temps travail, la limite drastique des interventions concernant les soins de santé, la sélection discriminatoire des bourses d’étude… Pourtant, ils sont les bénéficiaires directs des batailles syndicales jadis menées avec courage par les anciens. L’aberration devient totale quand on constate que la plupart soutiennent cette thèse radicale qui a le vent en poupe à travers le monde, alors que dans le même temps, certains d’entre eux bénéficient à moins de 60 ans, soit d’un logement et d’un revenu social, soit d’une pension de la mutuelle. Sans compter que parfois, de son côté leur enfant reçoit une aide d’intégration pour poursuivre des études. Je l’avoue, mon intelligent n’est pas assez développé pour décoder ces choix contradictoires. Ou alors, est-ce tout bonnement le produit d’une propagande rondement menée, qui finit par les convaincre que celui qui les soutiens depuis des années n’est qu’un vil manipulateur responsable de leurs malheurs ?

 

           Vendredi 9 août

           Eh ben voilà… ! C’est en lisant un article sur l’homme qui traversa la Manche sur son Flyboard Air que je découvre le symptôme de la dysorthographie, dont l’auteur est atteint. Aujourd’hui donc, je peux donné un terme exacte à ma difficultés permanente de la maitrise de l’orthographe, de mon dysfonctionnement de l'écriture dû à un trouble d'apprentissage persistant à l’acquisition et à la maîtrise de l'orthographe, appelé aussi trouble de l'acquisition de l'expression écrite (altération de l'écriture spontanée ou de l'écriture sous dictée).

 

           La dysorthographie apparaît chez l’individu qui ne présente pas de déficit intellectuel, sensoriel ou de trouble majeur de la personnalité et qui est (a été) normalement scolarisé. Lors de ma scolarité, les symptômes non diagnostiqués étaient les suivant – et ils restent aujourd’hui récurrents :

 - Fautes d'orthographe, de conjugaison, de grammaire et d'analyse ;

 - Difficultés à l'écrit semblables à celles du dysgraphique (un bégaiement qui apparut à la suite d’un enferment dans une cave)

 - Erreurs de copies et des découpages arbitraires.

 - Economies de syllabes, des omissions et des mots soudés.

 - Erreurs visuelles (chemin-chenin...),

 - Inversions des lettres (sept-step...),

 - Erreurs d'homophones (a/à, vert/vers...),

 - Confusion entre catégories grammaticales (pour les nourrir- pour les nourrires...)

 - Mauvaise mémorisation de l'orthographe, même pour des mots familiers.

 - Et forcément, une estime de soi diminuée.

 

On distingue le trouble du développement à la suite d'une lésion du système nerveux ; on utilise le terme d'agraphie -comme un bégaiement – apparu chez moi à la suite d’un enferment dans une cave.

 

           L’individu atteint de dysorthographie fournit beaucoup plus de travail que les autres pour arriver à des résultats moins convaincants. Bref, que des inconvénients dans la vie sociale, dans laquelle on vous pointe parfois du doigt. A l’âge de 25 ans, un producteur de cinéma m’a qualifié d’analphabète devant une autre personne. Mais au lieu de me cacher dans un trou, j’ai écumé les bibliothèques avec l’espoir de sortir de ce statut dégradant.

 

           Jeudi 8 août

           Voilà des décennies que les partis politiques ont charcuté la Belgique en créant des niveaux de pouvoir prétendument indépendants les uns des autres… Mais à quoi cela rime-t-il, si les partis exigent de faire partie du pouvoir Régional pour accepter de participer un gouvernement fédéral ?


L’objectif premier des indépendantistes flamands (CVP) étaient bien de pouvoir permettre aux partis régionaux de gérer leur propre Région sans que son voisin vienne y mettre son nez et, dans un premier temps, sans pour autant devoir faire partie du gouvernement Fédéral, non ?

 

Seulement voilà, avec le temps, les partis ont fini par comprendre qu’ils avaient inventé un monstre ingérable et pour contourner cette difficulté, ils violent leurs propres lois et les règles initiaux, en argumentant que le nombre d’électeurs au niveau régional doit être aussi respecté au niveau Fédéral. Une hérésie mathématique, puisque celui qui fait 30 % au niveau Régional, n’est pas pour autant indispensable pour former un gouvernement Fédéral. Voilà où se niche l’hypocrise bien dissimulée derrière une prétendue volonté du peuple. Que dis-je, une digne perversité des élus qui rend les électeurs cocus.

 

La preuve : Quand un parti menace de ne pas faire partie d’un gouvernement fédéral s’il est exclu du niveau régional, je me demande alors à quoi peuvent servir ces niveaux de pouvoir, si c’est quand-même pour faire la même politique partout sur le territoire ?

 

Et si on prend le problème dans l’autre sens, il y a cette même perversité qui conduit un parti exclu du régional à accepter de former un gouvernement qui ne représente que 20% de sa propre communauté. Puisque là, il ne faut pas non plus tout mélanger et trahir l’équilibre de représentativité des régions. Que chaque communauté forme une alliance pour former une majorité, c’est bien cela l’idée. Mais quand dans un gouvernement fédéral un parti représente à peine 20% dans sa communauté, contre 80% dans l’autre, il y a une distorsion qui bafoue le fondement même de la démocratie avec le respect des communautés. On appelle cela un autoritarisme.

 

Pour aller plus loin dans cette réflexion, on peut même aussi affirmer que ces niveaux de pouvoir ont été jadis inventé pour pouvoir placer les copains et copines qui avaient échoué aux élections nationales. Alors, en ses début, inventer un petit mandat régional rémunéré, même si le pouvoir n’était que symbolique, c’était mieux que rien. Mais la créature est devenue un monstre qui détruit son inventeur.

 

           Mercredi 7 août

           Bien sûr, on ne peut pas tout savoir, on peut se tromper ou être trompé, émettre une opinion erronée face à un évènement ou à l’initiative d’une personne, émettre un premier sentiment devant une actualité qui vous interpelle ! Il ne fut jamais un crime d’ouvrir la bouche et d’interpeller le monde quand une chose vous titille les méninges et semble à vos yeux être une absurdité, une injustice, une tromperie, une manipulation, une arnaque intellectuelle ou financière, une propagande destinée à vous enrôler dans un mouvement que vous n’avez jamais souhaité adhérer. On dit souvent que mieux vaut ne pas ouvrir son clapet plutôt que de sortir une ânerie ! Mais vaut-il mieux se taire par peur d’être jugé ou de dire une vérité qui dérange ? Parfois, sans avoir la connaissance approfondie des choses, il y a en vous un régulateur de la conscience, du juste et de l’injuste, du vrai et du faux, une voix intérieure qui vous suggère de libérer votre opinion. Et puis face à vous, il y a ceux qui qui croient que leur grille de lecture est une bible sans appel, qui prétendent posséder la science infuse, absolue, les moralistes, les petits juges, les matamores qui assènent leurs vérités comme un couperet en vous faisant passer pour un inculte ou un débile enferré dans des certitudes que vous n’avez jamais prétendues. Se tromper ne donne pour autant pas toujours raison aux autres, qui se lancent bien souvent dans un réquisitoire tout aussi farfelu qu’inexact. La sincérité des uns et des autres ne peut qu’apporter la richesse du savoir si on le partage sans l’humiliation. La grandeur d’un homme se mesure à son humilité, à admettre que ses propos peuvent ne pas être forcément judicieux, justes et vrais.

 

           Et pourquoi donc j’en arrive aujourd’hui à cette réflexion ? Parce que par ignorance, j’ai partagé sur un site social une fausse information concernant l’exécution du poète espagnol Federico Garcia Lorca, lequel fut exécuté sur le bord d’une route par des rebelles anti-communiste et non dans une prison par la « Guarda civil » de Franco. Si le résultat politique est comparable, l’étymologie des mots on leur importance.

 

           Et justement… Lors d’une visite accompagnée par un professeur d’Histoire à l’Abbaye de Maredsous, je me suis rendu compte que je ne connaissais absolument rien sur la racine des mots que nous utilisons au quotidien. Que l’on soit croyant ou athée, là n’est pas le propos. On n’imagine pas l’apport des religieux, toutes congrégations confondues, ayant contribués aux langues usitées de par le monde. Et le nombre de choses aujourd’hui encore utilisées et fabriquées ayant une origine qui viennent de leur créativité et de leurs activités économiques. Au XIIe siècle, à Cluny la puissance de l’église était si grande qu’elle régnait sur toutes les activités économiques dans le monde, comme aujourd’hui les multinationales. D’où leur influence sur le développement de la fabrication, la gastronomie, les alcools, la dénomination des objets, les arts, etc. Mais sa puissance la rendit inique et injuste et elle s’effondra, tout comme Nero avec Rome. Bref, en connaître plus sur l’Histoire permet aussi de nous situer, de comprendre ce que nous devons aux anciens, mais aussi en tirer des leçons. Celles-ci seraient bien nécessaire pour ceux qui croient que tout ce qui est passé est révolu, démodé, des trucs de vieux grincheux ayant leurs nez dans le livres poussiéreux et que la modernité est tout bonnement de jeter tout cela aux orties afin d’aller de l’avant en ignorant que tout se répète un jour faute de savoir.

 

           Vendredi 2 août

           Face à la disparition d’un très proche, même si on la rencontrait plus ou moins chaque deux ans, parce qu’un océan qui nous séparait, il n’y a jamais assez de mots pour exprimer sa douloureuse tristesse.

           Et quand dans le même temps une amie s’en va… !

 

           Mercredi 31 juillet

           Chaque jour, j’ai envie d’aborder un sujet plus léger avec une touche d’humour parfois, pour me moquer des excès bien souvent ridicules des uns et des autres… Seulement voilà, au fil du temps qui a passé, je crois que j’ai perdu cette dérision qui plaisait un peu à mes rares lecteurs de ce journal. Certes, on peut rire de tout - pas avec tout le monde - Coluche ou Desproges, je ne sais plus -, mais chaque matin mon envie de plaisanterie s’envole devant la dramatique actualité. Comme donc rire devant l’agissement de cette police française aux ordres de Macron, qui se comporte comme celles des régimes extrémistes ? Diffuser du gaz lacrymogène en acculant des manifestants le long d'un fleuve, ce n'est en aucun cas une volonté de disperser une foule, puisque la seule échappatoire qui restait au gens pour pouvoir encore respirer, c'était de se jeter à l'eau. C’est criminel, il n’y a aucune excuse possible. Et la déclaration du Premier Ministre qui cherche à dédouaner l’Etat, revient à une parfaire illustration du régime macronien, qui n’accepte aucune critique sur sa politique et qui chaque jour apporte son lot de matraquage, de mort et de blessure corporelle sur sa propre population.

 

Ma paralysie actuelle m’empêche donc de prendre un peu de recul face aux nouvelles de mon pays, tout comme celle qui me parviennent du Brésil que je connais assez bien et qui me pèse terriblement. Je vois le monde s’échouer dans un océan pollué par la tyrannie et le despotisme, au même titre que les mers de glace s’évanouissent dans les eaux des pôles.

 

           Que de critiques acerbes lorsqu’on ose s’opposer avec franchise aux vieilles idées recyclées qui se répandent comme une trainée de poudre à travers le monde, ces idées sorties des égouts de l’Histoire présentées comme celle de la modernité et de l’avenir, alors que dans le même temps, on vous accuse de ressasser le passer pour dénoncer l’imposture.

 

           Hier encore une dame m’a conseillé d’écrire ce que j’ai sur le cœur, non pas pour me lancer dans un règlement compte stérile avec cette société -bien qu’elle le mériterait peut-être-, mais pour permettre à quelques personnes seulement -cela serait déjà beaucoup - de prendre conscience de ce qui se trame peu à peu, des objectifs réels d’une poignée d’individus qui tissent une toile pour s’accaparer un pouvoir absolu et par de là les richesses du monde, au détriment d’un peuple qui perd tous les acquis sociaux obtenus par une solidarité aujourd’hui perdue. Et si par hasard un soubresaut de solidarité se manifeste, il est aussitôt criminalisé par ceux qui ne veulent plus ni voir ni écouter une opposition. L’idée de cette dame me flatte, mais qui suis-je pour espérer voir mes réflexions dans un média national, susceptibles d’éveiller une interrogation auprès de quelques lecteurs ?

 

           Mercredi 24 juillet

           Depuis le début, quelques choses me dit qu’il y a anguille sous roche avec cette adolescente du nord prénommée Greta. Certes, Jeanne d’Arc n’avait aussi que 15 ans et une voix l’avait guidée sur les chemins guerriers, une épée à la main ; tout comme plus tard d’autres adolescents(tes) qui furent les portes paroles de la Vierge Marie, porteuse d’un message pour l’Humanité. Alors, Greta est-elle ce nouvelle égérie ayant reçu pour mission de sauver la planète terre d’un cataclysme écologique ? D’où lui vient cette science infuse que même des docteurs es ne parviennent même pas à se mettre d’accords sur des rapports scientifiques ? Ici, on est pourtant bien au-delà de la compétence intellectuelle de Jeanne d’Arc, puisque celle-ci n’a jamais révélé que la terre était ronde et constater que les vaches émettent des gaz à effet de serre ! Bref, comment expliquer son savoir, sinon que par des voix anonymes qui lui souffle dans l’oreille ce qui est bon de révéler au monde, lequel est tombé sous le charme d’une enfant prétendument venue du ciel pour nous sauver du désastre. Si la parole était portée par le souffleur du théâtre, sans doute n’aurait-elle pas le même écho dans les médias, ni chez les politiques prompts à prendre le train qui leur apportera des voix aux prochaines élections.

Aujourd’hui, la religion de l’écologie balaye celle de la sécurité sociale des années 1960, laquelle est désormais mise en pièce. Le bisness vert à pris le dessus en nous incitant à consommer intelligent. Ah, mais tout le monde le veut bien, à condition qu’on lui donne les moyens financiers, ce qui est loin d’être le cas pour les trois-quarts de la population devant se contenter d’un salaire au rabais. Aliments bios, panneaux solaires et voiture électrique ne sont que pour ceux-ci un catalogue sur papier glacé, des produits inaccessibles. D’ailleurs, au-delà de cela, que dire de la production de l’électricité à base de charbon comme en Allemagne ou la dépollution inexistante des batteries… ? Imaginons même qu’une fois le soir venu, le monde entier recharge sa voiture, le réseau électrique y résisterait-il ? Greta s’est-elle jamais posée la question ? Sans doute que non, puisqu’on pense pour elle, on lui suggère de dire ce qui est bien pour la planète, le doigt levé en guise de remontrance à destination des adultes. Bien sûr que ceux-ci ont merdé comme jamais par avidité du lucre et du pouvoir, mais où est la crédibilité de cette gamine sans expérience de vie, avec son embryon de formation. Je crois qu’elle est tout simplement un porte-voix téléguidé par des industrielles qui l’utilisent comme moyen de propagande afin de promouvoir leurs produits prétendument écologiques. Mais je peux me tromper.

 

             Lundi 15 juillet

           « Je ne fais pas campagne à gauche, je fais campagne en bas », dit Alexandria Ocasio-Cortez, représentante de New York à la Chambre des Représentants.

           Je fais cette déclaration mienne, non pas comme un homme politique, mais comme simple citoyen et humble observateur. Défendre ce qui me semble juste, dénoncer les injustices, les travers, les mensonges, l’hypocrisie, les privilèges qui exclus, peu importe la couleur politique. Si mes interventions me valent souvent d’être qualifié par les uns d’extrémiste de gauche et par les autres radicale de droite, parfois insulté et dénigré, peu m’importe. Je me dis que la grille de lecture des partisans est si étroite qu’ils finissent par ne plus savoir objectiver et mettre l’essentiel du bien commun au centre des priorités. Certes, chacun vote selon son intérêt, sa conscience, en faveur des idées proches des siennes… Moi aussi. Mais quand celui qui a reçu mes faveurs renie ses paroles, trahi son électorat et sombre dans la mauvaise foi, je ne peux en aucun cas le soutenir aveuglement par simple orgueil. Autrement dit, « être en bas » ou « être en haut » ne signifie pas qu’il faille obligatoirement accepter tout ce qui est ensuite décidé par celui qui a prétendu lors de sa campagne électorale représenté vos aspirations. L’essentiel est « d’être en bas » et de savoir y rester malgré son élection, continuer à représenter ceux qui vous ont élus. Ne pas oublier d’où l’on vient ! Résister à la tentation de cracher dans la soupe.

 

           Jeudi 11 juillet

           Il y a en effet un déferlement de révélation, de violation et de scandale de la part des personnages politiques à travers le monde ! Et que vois-je sur les sites sociaux, sur les forums et dans les médias, quantité de personnes à l’abord modestes qui défendent les voleurs, les cumulards, les escrocs, les racistes, les extrémistes, les fascistes… L’indéfendable en somme et qui foulent aux pieds les bases élémentaires de l’équité du vivre ensemble. Ils ont finalement basculé de l’autre côté de la ligne, conditionné par l’appât du pouvoir, de l’argent et du paraître. Pour eux, la fin justifie les moyens, tout leur parait acceptable : le détournement de bien public, le révisionnisme, le déni, la mauvaise foi, le dénigrement, les insultes, Ken Loach, cinéaste anglais auteur du film « Moi, Daniel Blake » palme d’Or à Canne, dit que les riches soutiennent le fascisme quand ils sentent que leur argent est menacé.  Autrement dit, quand la classe supérieure voit ses privilèges s’amenuiser, elle se tourne toujours vers le radicalisme. Et ceux qui croient faire un peu partie de cette élite sociale, se mettent comme des chiens de garde devant ceux qui les méprisent du haut de leur balcon, espérant sans doute obtenir quelques miettes. Ah, ces petites mains à la solde des nantis qui les sacrifieront une fois leurs privilèges de nouveau assurés !

 

           Mardi 9 juillet

           On prétend souvent qu’une fois la rédaction d’un roman achevé, il y a une phase de dépression, comme une mère qui voit son enfant prendre le large, voguer de ses propres ailes. Il y a l’attente de savoir si tout va bien dans sa nouvelle vie, s’il rend l’autre heureux, s’il n’est pas violenté ou maltraité, peut-être même humilié, au point de perdre sa dignité et de se croire inutile, en déduire que sa place est dans une corbeille. On dit que « pas de nouvelle, bonne nouvelle », mais l’attente fait mourir la flamme qui porte l’espoir. Pendant un certain temps, on se couche le soir avec la certitude que le lendemain ne sera pas totalement funeste, même si au fond de soi l’espérance s’est peu à peu amenuisée.

 

           Lundi 8 juillet

           Un fameux gout amer dans la bouche à la lecture d’une déclaration du bourgmestre de Verviers, qui ne voit pas ce qu’on lui reproche après une nomination comme conseillère chez un producteur privé d’électricité ! Du coup, je lui envoie le message suivant :

           En fait, vous êtes dans le déni Mme Targnion, vous vous mentez au point de croire que vous êtes dans votre bon droit moral, vous fonctionnez exactement comme celui qui crèche à Ans, comme les cumulards avides de pouvoir et d'argent qui refusent de comprendre l'indécence de leur comportement vis-à-vis de la population et de leurs électeurs. Comprenez que quoi que vous en pensiez, vous devenez une obligée des décisions majoritaires de Luminus qui compte plus de 50% de part privée. Vous êtes élue pour être assise à l'Hôtel de ville comme bourgmestre à temps plein et non pour vous permettre de trouver ci et là un siège d'administrateur ou de conseiller dans des entreprises aux capitaux majoritairement privé. Cela vaut pour tout le monde, il faut savoir choisir son plan de carrière avant de se présenter sur la liste d'un parti politique avec l'espoir de gérer une grande ville : car soit on fait de la politique, soit du bizness. Les deux à la fois ne font jamais bon ménage et discrédite la probité d'un engagement prétendument social. Mais voilà, avez-vous jamais été sociale ou simplement avez-vous embrayez dans un parti politique avec des dents qui rayent le parquet uniquement pour vous permettre de monter une échelle et vous mettre à l'abri des besoins, un peu comme si la politique était une startup permettant de s’enrichir ? Certes, personne ne peut blâmer quelqu'un de vouloir faire son beurre, mais tout dépend de la manière d'y arriver et que cela ne soit au détriment de quiconque. Et à mon humble avis, c'est au détriment de la ville, de vos électeurs, voire même de votre propre morale. Et si après cela vous continuez à bien dormir, je me dis que là vous devez changer de métier. Si pour autant que la politique en soit un ? Philosophiquement parlant ce ne l'est pas ; la base de l'engagement politique est comparable à une mission pour le bien de tous, une forme de sacerdoce, non un marchepied.

 

           Samedi 6 juillet

           J’aimerais parfois comprendre le mécanisme intellectuel de certaines personnes, qui à l’abord semblent sociables, sensées, équilibrées, mais une fois qu’elles commentent un évènement qui a trait de près ou de loin à la politique, voilà soudainement qu’elles se révèlent d’un racisme social, à la limite radicales, dénigrantes envers ceux qui osent mettre en avant et dénoncer les scandales et les dérives. Comment peut-on en arriver par exemple à insulter des journalistes d’investigation qui ont permis à la justice de poursuivre des politiques véreux. Comment peut-on en arriver ensuite à adhérer aux thèses populistes pour soutenir les bandits et cracher son fiel sur les premières victimes de ses malversation et détournement de bien public. Comment peut-on encore en arriver à estimer que les pauvres le sont de leur propre faute, car il y aurait de leur part la « culture de l’excuse » pour justifier leur détresse ? Comme si le fait de ne pas être bien né dans une famille aisée, d’avoir perdu son emploi, ses droits sociaux pour certains et peut-être même vu son mariage partir à-vau-l’eau, que tout cela est de leur faute, de leur décision de sombrer dans la rue. Il faut vraiment rester dans le déni de la réalité du monde, ne pas admettre que celui-ci est à l’image d’une pâte feuilletée, regarder de sa confortablement couche sociale celui qui se trouve à l’étage inférieure, refuser de le croiser, de le rencontrer et de le comprendre. Bref, le mépriser du haut de sa tour ou lui faire une leçon de morale, le culpabiliser sans le moindre remord, applaudir la criminalisation de la misère et le soir venu fermer sa porte pour mieux dormir.

 

           Jeudi 27 juin

           Pourquoi ai-je le sentiment d’être un peu seul, comme un mammouth disparu, dans la défense de la langue française. Hier soir, je me promenais non loin de chez moi et en passant devant l’hôpital public, sur le haut du bâtiment je vis une enseigne qui, une fois de plus, me fit tourner le sang en une fraction de seconde :

CRF Verviers – EAST BELGIUM.

Certes, je l’avais déjà vu auparavant et cela m’avait déjà dérangé : Pourquoi AEST BELGIUM ? Sommes-nous dans un pays anglophone ? Je ne sais pas pourquoi, mais hier je me fis l’avocat du diable sur un réseau social. Et je reçu une explication qui me fais davantage réagir. Que la Belgique soit composée de trois Régions et de trois langues nationales, le flamand, le français et l’allemand, et que l’une des Régions intègrent la communauté germanophone, je veux bien, mais cela ne donne toujours pas une bonne raison d’y inscrire sur un bâtiment public situé dans une ville francophone une enseigne en anglais. Et que l’hôpital de Verviers soit celui de référence pour l’Est du pays et qu’il y ait un partenariat avec lui et la communauté germanophone, que je sache, ni l’un ni l’autre ne sont anglophone. Et même dans l’hypothèse d’un partenariat avec quelqu’un qui parlerait anglais, cela justifierait-il de sacrifier la langue de sa région pour la nécroser avec celle de son partenaire ? Non. Comme je l’ai déjà écrit à diverses reprises, à force d’abandonner sa langue maternelle au profit d’une autre, on y perd ses racines, sa culture, sa manière spécifique de réfléchir et on entre de pleins pieds dans une forme de pensée unique. Celui qui ne comprends pas cela, se laisser embarquer aveuglément vers une soi-disant modernité mondiale. C’est la diversité qui fait la richesse du monde. S’adonner un une monoculture c’est la perte de ses propres richesses locales, tant du point de vue linguistique, culturel et même agricole. Même si peu à peu certains reviennent désormais aux fondamentaux, pour d’autres il y a encore l’illusion que pour faire partie du monde il est nécessaire de se fondre dans la masse dominante.

 

           Jeudi 20 juin

           C’est quoi la démocratie ? Est-ce parce que des gens votent pour un parti extrême qui cautionne le racisme, la division des peuples, l’exclusion de son voisin qui ne parle pas la même langue que la sienne et l’exterminations des poids morts de la Nation, que les élus de ce parti entrent dans la cadre de la démocratie ? Le baromètre de la démocratie est-il variable selon la popularité d’un tribun qui aboie sa haine sur tout ce qui ne lui ressemble pas ? Non plus. Et c’est justement ce à quoi s’attelle la NV-A (qui fut adoubée par le MR pendant 5 ans), celui d’habiller le fascisme en costume et cravate en lui donnant une apparence acceptable, pour le rendre moins pire, en l’affublant du terme « droite décomplexée », manière d’intégrer dans l’esprit des gens que le fascisme d’aujourd’hui n’est plus celui de Hitler, mais une nouvelle politique qui entre dans la notion de la démocratie. Mais c’est quoi alors démocratie ? C’est avoir un projet de société équitable, n’exclure personne, rassembler et non diviser, respecter les droits humains, la Constitution et les droits de chacun pour le bien de l’ensemble du peuple, malgré les différences pouvant exister d’une région a une autre. Tout le contraire de la NV-A et du Vlaams Belang.

           Seulement voilà, j’ai le sentiment que certaines personnes font un amalgame entre l’idée de « démocratie » et celle des « affaires », des « scandales » et autres dérives de certains politiques de tout bord d’ailleurs, au point de se dire que les partis concernés par ces affaires ne sont pas des mouvements ayant un programme de société démocratique. Mais par contre, deux partis flamingants qui prétendent exterminer ces pratiques illicites aux lances flammes en éradiquant son voisin et une région entière pour ne plus avoir à faire avec eux, serait quant à eux vêtus de démocratie.

 

Lundi 17 juin

 

           Qu’écrivais-je le vendredi 10 août 2018 (allez voir en gras dans le texte ci-dessous))

 

Le Brésil d’avant le PT, de Lula et d’aujourd’hui

 

           Les voyages à travers le monde forgent l’opinion, à condition de ne pas se ferrer dans un complexe hôtelier au bord d’une piscine, de ne voir que les attractions touristiques. Il faut entrer en contact avec la population, créer un dialogue afin de humer le climat social et politique… Bien sûr, celui qui part 15 jours dans le seul but de changer d’air et de fuir son quotidien parfois morose, ce n’est pas du tout son objectif ; lui il veut trouver un coin de paradis, une oasis, même si celle-ci est en plein milieu de la misère, qu’il ne verra même pas, puisque les tours opérateurs éviteront à son client de traverser les quartiers défavorisés.

 

           Certes, je ne prétends pas être devenu un spécialiste de la politique du Brésil, mais suite aux informations que je me procure depuis des années et aux multiples amitiés que j’ai tissées avec la population, des gens de diverses classes sociales, des plus aisées à la plus démunie, je peux me permettre de dresser un petit portrait de ce pays, sans jamais m’aventurer dans une comparaison douteuse et déraisonnable avec le mien, la Belgique. Aujourd’hui, avec la NV-A entrée au pouvoir, il n’y a pas de quoi se vanter et s’autoriser à donner une leçon.

 

           J’ai eu l’occasion de faire douze voyages au Brésil, le premier en 1988, peu de temps après la dictature militaire. Le dernier séjour fut cette année. Trente ans d’observation, de quoi être le témoin de la transformation et l’évolution politique, sociale et économique. Trente années… Un pays au départ plongé dans une sorte de quart monde, soudain sorti d’une longue léthargie en l’an 2002, pour enfin entrer dans le monde des affaires mondiales, dans le fameux G7, celui des pays les mieux cotés de la planète. Mais voilà que depuis deux ans, il replonge peu à peu dans le marasme politique, la démocratie foulée au pieds par des putschistes biberonnés par la nostalgie de la droite héritière de la dictature militaire, de cette oligarchie qui n’accepte pas d’avoir perdu les quatre dernières élections présidentielles en faveur de la gauche.

 

           A la fin de la dictature militaire, se sont effectivement les participants de cette dictature qui furent élus lors des premières élections démocratiques. Mais à cette époque, qu’elle était la notion de la démocratie, où il n’y avait pas d’opposition à la droite ? La démocratie se résumait à des camions bourrés de sachets de riz et de haricots séchés, que les candidats distribuaient à la population 8 jours avant les élections. Sans oublier, le t-shirt à l’effigie du candidat et du parti politique ! L’analphabétisation désirée par le pouvoir faisait le reste ; les gens votaient pour celui qui leur avait permis de manger jusqu’au jour du vote. Après, la faim était de nouveau le lot quotidien jusqu’aux prochaines élections.

 

           Ce mécanisme politique, celui de laisser le peuple dans la misère sans aucune aide sociale, obligeait les enfants à travailler pour aider la famille à survivre, à les contraindre à demeurer sans scolarité. Et un adulte sans instruction est à la merci de la classe possédante qui l’exploite et qui fera ce qu’on lui dira de faire dans les urnes, puisque justement les politiques sont issus de cette classe qui détient toute la richesse, des fortunes colossales, des propriétés équivalentes à un département de France, des industries qui appartiennent aux grandes familles originaires du Portugal, des anciens colons. Les grands médias sont dans les mains de cinq familles multimilliardaires.

 

           De 1985 jusqu’à la fin de l’an 2002, les présidents furent tous issus de ces familles dont les fortunes étaient incalculables, avec une débouche de distribution de vive pour obtenir les faveurs des miséreux, qui votaient les yeux fermés. Et dans le même temps, il y avait un syndicaliste populaire qui se présentait à chaque fois aux élections sans jamais avoir le droit à une invitation dans les médias. Son nom était seulement cité pour le dénigrer, le traiter d’idiot, d’analphabète nordestin, de le caricaturer avec sa main de 4 doigts suite à un accident de travail dans la sidérurgie. Il avait créé le syndicat PT avant d’en faire un parti politique, tout comme Lech Walesa l’avait fait en Pologne avec Solidarnosé. Et comme lui, il a été mis en prison pour l’empêcher de devenir un homme politique populaire, aimé pour son combat en faveur des plus pauvres.

 

           S’il y a effectivement une certaine similitude entre les deux syndicats, Solidarnosc était toutefois soutenu par l’église contre un régime dictatorial communiste, alors que le PT de Lula était désigné par les pouvoirs de droite comme un syndicat communiste venant de Cuba, qu’il fallait aussi éradiquer.

 

           Un jour, un Président milliardaire nommé Fernando Collor de Mello ne désira pas habiter dans le Palais Présidentielle, préférant continuer à vivre chez lui. Pour ce faire, au frais du contribuable, il fit transformer sa majestueuse villa en Palais Présidentiel avec un héliport. Il faisait régulièrement la navette entre son habitation et la capitale Brasilia, quelques 1200 kilomètres, toujours au frais du contribuable. Non content, il détourna encore l’argent de l’Etat, le tout au nom de sa propre famille, femme, enfants, neveux, etc. Les faits furent avérés, il fut poursuivi, destitué, inéligible durant des années, mais sans la moindre incarcération. Et il conserva précieusement sa demeure aux allures de « Palais Présidentiel ». Pour la petite histoire, alors que les années d’inéligibilité ont pris fin, sans la moindre honte, il présente de nouveau sa candidature à la Présidence du pays. Et des gens sont prêts à voter pour lui !

 

           Lors de mon second voyage, en 1995, je me souviens très bien des infrastructures routières par exemple, cette fameuse route national BR101 qui traverse le Brésil du Nord au Sud sur près de 5000 kilomètres (comme la route 66 aux Etats-Unis), emprunté par tous les transports routiers et les bus du pays. Cette route était un véritable gruyère, dans un état lamentable, des tronçons de plusieurs kilomètres en terre battues défoncées par les pluies, de vrais bourbiers. Il était presqu’impossible de dépasser un camion sans risquer sa vie. Des milliers de morts par an, avec des épaves calcinées et des morceaux de bagnoles écrasés par les poids lourds sur les bas-côtés… Bref, un pays qui donnait l’image de se trouver au bord de la ruine. Un parc automobile qui se limitait à de vieilles autos des années 1970-1980, des épaves sur roues. Par contre, la classe privilégiée pouvait se permettre d’éviter ce calvaire en utilisant les transports aériens.

 

           Et que dire de la vie quotidienne de la plupart de la population qui vivait dans des conditions à la limite de la grande pauvreté. Elle n’avait pas les moyens de s’acheter un appartement, un électroménager, une voiture, fut-ce même une épave sur roue. Ils n’avaient rien, excepté de quoi se nourrir pauvrement. Une partie d’entre elle n’avait même pas de quoi manger une fois par jour. Des femmes abandonnaient leurs bébés pour les offrir en adoption, faute de pouvoir subvenir à leurs besoins vitaux. Et dans le même temps, 5% de la population s’enrichissait davantage avec la bénédiction des Présidents milliardaires qui s’enrichissaient lui-même avec ses propres exploitations et le système de corruption des marchés publics. Et toujours dans le même temps, alors qu’il y avait une dette faramineuse auprès du FMI, dette contractée par la dictature militaire pour construire le pont Niteroi, la ville de Brasília et la réputée Transamazonienne, redevenue depuis longtemps un bourbier infranchissable, les gouvernements de droite continuaient à emprunter au FMI, sans rembourser les intérêts de leurs propres emprunts. Le tout allait de leur propre poche. Voilà pourquoi, lors des campagnes électorales, le PT de Lula menaçait de ne pas rembourser la dette du FMI, ce qui évidement ne plaisait à personne, ni aux américains ni aux responsables du FMI qui forcément appuyaient toujours un candidat de droite, manière d’avoir un moyen de pression pour s’accaparer les richesses de l’Amazonie. D’une certaine manière, le remboursement se faisait par un autre biais, sans pour autant annuler la dette. D’un côté c’était misère à perpétuité et de l’autre côté, il y avait une poignée de familles qui avait toujours dans ses rangs l’un de ses membres élus au Parlement, qui protégeait leurs affaires, leurs bisness et leur immunité face à des accusations de corruptions.

 

           Qui connait un peu le Brésil d’avant l’an 2002, à l’exception bien sûr du carnaval de Rio, les nanas à moitié nues sur les chars, la plage de Copacabana envahie par un « cheptel » de femme en string et au popotin rebondissant qui fait fantasmer le gente masculine, puis les favelas et sa violence avec les barons de la drogue ? Cette image carte postale et les faits divers sanglants étaient l’unique information reprise à travers le monde par les médias, qui se focalisaient sur la partie croustillante du pays.

 

           Puis un jour, à force de rester esclave d’une misère interminable et de devoir s’endormir chaque soir le ventre creux, une grande majorité des gens a entendu un homme, celui qui était toujours désigné par le pouvoir et les médias comme l’ennemi du peuple, affirmer qu’avec lui, les plus pauvres auront de quoi se sustenter tous les jours et pas seulement 8 jours avant une élection. Il avait aussi modifié son discours jadis radical, celui de ne pas rembourser le FMI, manière de calmer les oppositions américaines, les industriels et les privilégiés, leur promettant de ne pas les étrangler pour subvenir au besoin des plus démunis, c'est-à-dire en instaurant une bourse familiale, qui permettrait aussi aux enfants de se rendre à l’école au lieu de travailler pour aider leurs parents. Eradiquer la faim, permettre l’éducation et les soins de santé faisaient partie de ses priorités. Un programme humaniste qui ne pouvait que séduire à côté des autres candidats qui ne proposaient rien d’autre que la poursuite suicidaire ultra libérale en laissant sur le bas-côté plus des trois-quarts de la population. Les intellectuelles soutinrent donc cet homme venu du Nordeste, issu d’une petite maison en terre battue, d’une famille sans instruction, lui-même sans études. Et l’opposition de ricaner sur la formation de ce sidérurgiste analphabète, certes devenu charismatique avec les années de lutte, mais aux côtés de tous ses universitaires avec des titres de doctorat, comment cet ouvrier pouvait-il prétendre vouloir prendre les manettes d’un pays grand comme un continent et réussir là où tous les autres avaient échoué ?

 

           Seulement voilà, tous ces prétentieux universitaires qui avaient été en charge de l’Etat depuis la dictature, n’avaient jamais bougés leur popotin du siège en cuir de leur palais présidentiel, se contentant donc de gérer les affaires courantes intérieures, puisque finalement, la popote interne de l’oligarchie brésilienne et la vente de concession de l’Amazonie aux américains leur fournissait richesse, corruption et compte en banque à l’étranger. Pour le reste, il fallait juste maintenir la gestion nationale et la situation en l’état, tout en ménageant la police et l’armée, manière de les avoir sous leur coupe. Quand dans les villes il y avait une galerie commerciale, seuls les riches avaient les moyens de consommer dans la boutique. Les pauvres devaient se contenter de s’y rendre le dimanche après-midi pour lécher les vitrines et rêver.

 

           Après 3 échecs, début 2003 Luiz Ignacio Lula da Silva prêta enfin serment pour la Présidence. Une bouffée d’oxygène envahit le pays. Car ce petit bonhomme à la voix rauque, à la gouaille du petit peuple, au parlé vrai, qui embrasse les gens, les enlace, qui manie un humour populaire sans être vulgaire, est mille fois plus intelligent que ses prédécesseurs. Il décida de faire le tour de monde, de vanter la richesse du pays, de présenter les capacités industriels et les produits de qualité, le savoir-faire technologique en matière aéronautique, médicale et agricole ; car le Brésil regorge de technicité. Il fut reçu dans le monde entier par les plus hautes autorités. Et cette diplomatie paya, puisque deux ans plus tard, les exportations des produits explosèrent, les investisseurs affluèrent et les devises entrèrent au Brésil comme jamais dans son Histoire. Le miracle brésilien, disait-on ! Mais ce n’était pas un miracle, c’était le fruit de l’intelligence de ce sidérurgiste jadis moqué par tous. Et que fit Lula avec ce pactole qui rentrait par milliards, il instaura la bourse familiale, la pharmacie populaire avec des bas prix, il réduisit de moitié la pauvreté, le petit peuple accéda au pouvoir d’achat, pouvant acheter un petit appartement, une voiture, un ordinateur, un téléphone portable… Du coup, la production nationale se portait mieux. D’une seule galerie commerciale, ils en vinrent d’autres, avec des supermarchés ouverts jour et nuit. Les vieilles voitures (comme les VW Coccinelle) disparurent en deux ans à peine. Les concessionnaires automobiles de toutes les marques européennes s’installèrent… Et ils vendent ! La fameuse route national BR101 devinrent sur des milliers de kilomètres une route à double bande. Le Brésil pauvre des années 1995 a disparu pour laisser place à la modernité et à la consommation.

 

           Et la dette du FMI ? Lula et sa successeur Dilma Roussef disent qu’ils ont entièrement remboursé les intérêts et la dette ? Les opposants ricanent et hurlent aux mensonges. La vérité est que tout a bien été remboursé, selon le règlement et la charte du FMI, c'est-à-dire que tout emprunt contracté par une dictature ne doit pas être payé par un nouveau régime démocratique, mais bien de manière personnelle par le dictateur. Donc le PT a remboursé tout ce qui avait était emprunté à partir de 1985, années de la démocratie. Mais cela, personne ne veut l’entendre.

 

           Bien sûr, sur les quatre-vingt millions de pauvres, tout le monde n’est pas sorti des difficultés et à l’intérieur des terre, nombres de pistes sont toujours en terre battue. Malheureusement pour eux, cela ne risque pas de s’améliorer, depuis la destitution de la Présidente Dilma Roussef, accusée par l’opposition de droite (qui n’accepta jamais la quatrième défaite successive électorale) d’avoir transféré juste avant les élections une somme d’argent d’un Ministère vers celui de la Famille, afin d’assurer le paiement de la bourse familiale ? Selon la loi, elle aurait dû demander l’autorisation au Parlement ; ce qui aurait pris 6 mois avant d’obtenir une décision, ce qui était évidemment impossible. Donc Dilma Roussef utilisa l’art 5 de la Constitution qui lui permettait en cas d’urgence de faire cette opération. Mais comme l’opposition estima qu’elle fit cette manœuvre pour assurer sa réélection et que son partenaire de majorité (de droite qui n’avait pas gagné les élections), fit un accord avec les opposants pour prendre le pouvoir, le Parlement désormais majoritairement à droite, la destitua sans la condamner à une inéligibilité ; tout un symbole. Et c’est le vice-Président Michel Temir, l’un des organisateurs du putsch, qui devint Président, lequel est lui-même condamné à une inéligibilité de 9 ans pour corruption au cours de cette même législature, une condamnation sans une incarcération et seulement applicable après le mandat en cours.

 

           La crise financière au Brésil débuta après 2008 au moment de l’escroquerie de Bernard Madoff, derrière lequel on trouva plus tard l’implication de toute les banques du monde dans des montages financiers douteux, des produits toxiques qui avaient aussi créé une bulle financière artificielle qui explosa. Comme partout dans le monde, le Brésil fut victime de cette crise et vit ses exportations chutées en flèche, au point de mettre la gestion du pays et ses engagements en difficulté. Du pain béni pour l’opposition, qui accusa la gestion du PT, lequel serait l’auteur de la crise dans le pays, suite à une gestion communiste, qui a distribué sans compter les richesses aux pauvres, au point de mettre le pays au bord du gouffre. Á croire que la crise n’avait touché que le Brésil et que le reste du monde en était épargné. Les médias toujours aux mains de 5 familles multimilliardaires, toujours aux ordres de la droite possédante, entreprirent pendant plus de 2 ans une propagande anti PT, en réclamant la tête de Dilma Roussef, pour atteindre la tête du leader du PT, c’est-à-dire Lula. Le peuple branché en permanence sur la télévision Globo pour assister aux télénovelas et aux informations répétées à l’envi que le PT était le mal du pays, des voleurs qui vidaient les caisses, eut fini par adhérer à cette thèse. Donc les pauvres et la nouvelle classe moyenne qui avaient pourtant bénéficié de la politique du PT en obtenant une meilleure vie, finirent par demander la destitution de la Présidente et accusèrent Lula de corruption.

 

           Le plus incroyable est que dans le même temps, ces mêmes médias taisent les informations concernant les faits de malversation des dizaines d’élus de droites qui ont soutenus le renversement de Dilma Roussef. On découvrit chez certains d’entre eux des valises bourrées de billets de banques contenant des millions de dollars, parfois même dans un avion privé ou un hélicoptère, fruit d’un trafic de drogue. Un autre fut encore pris en flagrant délit de transport avec des millions de réais au nom de Michel Temer, (le putschiste Président), une somme à remettre à son complice putschiste Cunha (architecte de la destitution de Dilma Roussef), condamné aussi pour corruption, afin que ce dernier garde le silence sur les affaires. Le putsch institutionnel a effectivement été organisé dans le but de mettre la main sur la Justice avec la complicité de hauts magistrats, afin de stopper les poursuites engagées sous la présidence de Dilma Roussef. Un élu politique de droite avait même déclaré dans un journal, qu’il valait mieux monter de toute pièce un dossier de destitution plutôt que de l’assassiner. Véridique ! Il faut savoir que c’est sous la présidence du PT que débuta les premières poursuites des élus corrompus, en premier lieu ceux du PT, manière de donner l’exemple et ne pas être accusé de faire la chasse à l’opposition.

 

           Une fois Dilma Roussef destituée, sans raison de corruption ni d’accusation de vol pour son propre compte ou même pour sa famille, les élections présidentielles approchant, il fallait donc s’attaquer à quiconque du PT capable de se porter candidat à la présidence, en particulier Lula, immensément populaire. Alors les putschistes et leurs complices de la Justice ont décidé de mettre tout en œuvre pour les éliminer. Un juge de Première Instance de l’Etat du Paraná, un certain Moro, fils du fondateur du parti politique de Fernando Henrique Cardoso (ancien Président du Brésil et à la fois putschiste) membre du parti, époux d’une avocate qui défend le parti, fut donc mis à la tâche pour trouver une accusation de corruption envers Lula à l’époque où ce dernier était encore président. Il trouva le directeur d’une société pétrolière qui prétend avoir offert à Lula un appartement triplex avec piscine (laquelle n’est pas plus grande qu’une dizaine de baignoires) à Guarujá, dans l’Etat de São Paulo et cela contre des avantages pour la société. Or, le prétendu triplex confortable mais pas suffisamment luxueux pour prétendre corrompre un Président de la République, appartenait toujours à une société immobilière et la justice avait même déjà mis le veto pour liquidation de la société. Pourtant, le juge Moro s’obstina à l’accuser sans jamais apporter la preuve matérielle, par le biais de l’acte de propriété au nom de Lula, ou de sa femme ou d’un membre de sa famille, prouvant que le triplex fut le fruit d’une corruption. Avant de le condamner à 9 ans de prison, il disait même qu’il n’avait pas de preuve, mais qu’il en cherchait. Il n’en a jamais trouvé. Prétendument accusé d’être le chef suprême d’un réseau de corruption, il y aurait encore dit-on quelques 270 dossiers à charge, toujours sans le moindre indice matériel… Ce chiffre à lui tout seul est risible, s’il ne s’agissait pas de la vie d’un homme !

 

           Lula contesta ce jugement, au premier niveau, devant un Tribunal Fédéral à Brasília. Record absolu, alors que dans ce pays les décisions prennent toujours des années, en quelques semaines le tribunal express augmenta la condamnation à 12 ans et 1 mois. Du coup, le juge Moro décerna un mandat d’arrêt pour l’incarcérer. Le Haut Tribunal de Brasília rejeta la contestation d’incarcération avant que Lula ne puisse interjeter appel du jugement sur le fond de l’affaire devant le tribunal d’un autre Etat. Ce qui n’est pas la règle dans une instance civile, Lula fut donc emprisonné sans preuve et traité différemment aux usages de la loi. Âgé de 71 ans, devenu veuf il y a un an à peine, Lula est isolé sans le moindre contact avec d’autre prisonnier. Soigné depuis longtemps pour un cancer, on interdit même à son médecin de le voir pour appliquer le traitement qui devrait l’être ; une manière hypocrite des putschistes de le laisser mourir à petit feu sans se voir accuser d’exécution ou d’assassinat.

 

           Voilà la démonstration que le Brésil est devenu une dictature judicaire, aux ordres des usurpateurs du pouvoir. Le tribunal de Seconde Instance du quatrième niveau de l’Etat du Rio Grande do Sul, avant de prendre une décision sur le fond du dossier, estima que Lula était incarcéré à tort, de manière arbitraire, puisque dans une affaire civile comme celle-ci, qui n’est pas un crime de sang, qu’il n’y a pas de risque de voir Lula fuir le pays, étant donné qu’il se bat, qu’il est candidat à la présidence, et que la décision sur le fond n’est pas encore définitivement tranchée, le juge d’Appel ordonna la libération de Lula.

 

           Que nenni… Le juge Moro, juge de la Première Instance en vacances au Portugal, donc plus en charge du dossier, lequel est dans les mains de son remplaçant, dossier pourtant transmis à une Instance Supérieure, il téléphona simplement au directeur de la prison et à ses complices du Haut Tribunal à Brasília, pour exiger de ne pas laisser appliquer la décision de justice supérieure à la sienne. Et le directeur de la prison s’exécuta. Car, si par hasard Lula avait été libéré, il pouvait être candidat, faire campagne avant que la décision définitive de la justice ne soit tranchée, les élections présidentielles auraient eu lieu et Lula probablement élu ; puisqu’au regard des sondages il a plus de 20 % d’avance sur les autres. Il serait devenu Président ! Pour les putschistes et toutes droites confondues, incluant l’extrême-droite pointée en seconde position avec un candidat « trumpiste » favorable à la libération des armes, ce scénario est inconcevable. Et pour justifier le non-respect de la décision de justice, il fut décrété qu’il ne s’agissait pas dans sa forme pleine d’un jugement de l’Instance Supérieure, mais bien d’une décision personnelle prise par un « pétiste », partisan de Lula.

 

           Lula est un prisonnier politique, sous une dictature judicaire orchestrée par les partis de droite ; dont la plupart des élus en poste au gouvernement sont repris dans la liste des plus corrompus. On peut carrément estimer que ceux-ci éliminent judiciairement et même physiquement par des assassinats les candidats potentiels de gauche, comme par exemple Marielle Franco de Rio de Janeiro exécutée le 14 mars 2018 par la police militaire, juste après le carnaval de Rio, durant lequel une effigie du putschiste Michele Temer était apparue sous la forme du diable et qui fut aussitôt interdite par les autorités. Ou encore deux décès suspects de politiques du PT juste après un jogging et prétendument décédés de mort naturelle. Et au mois de mai 2018, José Dirceu, co-fondateur du PT et bras droit de Lula, condamné pour corruptions à 30 ans d’incarcération.

 

           Objectif : Créer le vide dans la gauche pour qu’il n’y que des hommes de droite bien choisis pouvant être élu de manière prétendument démocratique. La vérité est que la célèbre procédure judiciaire « Lava Jato » (lavage rapide) mise en place par le Juge Moro pour éliminer la corruption dans le pays, n’est rien d’autre qu’un écran de fumée pour éliminer toute la gauche du paysage politique au Brésil.

 

           Et comment va le pays depuis la destitution de Dilma Roussef, de Lula prisonnier politique et des usurpateurs ? Dès le lendemain du renversement du pouvoir, la première décision fut de supprimer le Ministère de la Culture… ! Un tollé général des intellectuelles et des artistes évidemment favorables au PT qui fit quand même abolir cette décision. Puis ce fut la suppression de la bourse familiale, des pharmacies populaires, des subsides à la recherche scientifique, des bourses d’études pour les étudiants à l’étranger (faute de moyens la plupart d’entre eux durent interrompre leur doctorat et rentrer au pays). Actuellement dans le secteur des énergies, le pouvoir a vendu les parts aux américains qui sont devenus majoritaires, du coup les prix ont doublé. Si le pétrole brut provient bien du sous-sol brésilien, que la raffinerie est pratiquée dans le pays, le tout en monnaie brésilienne, une fois que le carburant quitte la raffinerie pour la station d’essence, le prix est doublé parce que dolarisé, comme un carburant exporté. Pour sûr, le gaz et l’eau ont aussi presque doublé de prix. Tout ce qui est dans la main du pouvoir est devenu beaucoup plus chère. Par contre sur les marchés populaires, les prix sont plus ou moins assez stables. Les aliments de bases ont un peu augmenté, mais le salaire minimum aussi. Donc c’est l’abolition systématique de la politique sociale mise en place par le PT qui renvoi les petites gens de là où ils viennent, il y a 15 ans, dans la pauvreté et la misère. Par contre, le pouvoir en place vient de réévaluer le salaire des magistrats de la Haute Cour de Justice à Brasilia, pour service rendu.

 

Quant à la modernisation de la route national BR101 en double bande, j’ai constaté que les travaux n’ont plus avancé depuis deux ans. Certains tronçons de plusieurs dizaines de kilomètres sont asphaltés depuis des années, avec le marquage au sol, mais tout se qui concerne la sécurité n’est toujours pas installé, donc les véhicules roulent toujours sur la vielle route nationale BR101, par contre les motos et les chevaux utilisent avec bonheur la toute nouvelle infrastructure.

 

           Et que disent les petites gens pas toujours très instruits et sortis de la misère ou de la pauvreté grâce à la politique du PT ? Ils répètent ce qui se dit à la télévision Globo juste avant la sacrée télénovela du soir. « On veut conserver ce que nous avons obtenu et non le perdre, donc comme Lula nous a donné pour mieux nous voler ensuite et que désormais il n’y a plus d’argent pour nous, on soutient les putschistes qui vont nous permettre de garder notre nouveau monde de vie. » Finalement manipulés, ils crachent sur celui qui leur a donné une dignité en leur permettant de manger tous les jours, d’entrer dans le monde du petit pouvoir d’achat et à la fois, ils aident leurs bourreaux à les remettre d’où ils sont sortis.

 

           Simple observation sur la partie humaine de l’histoire cette fois, sur la répercussion des années durant lesquelles le Parti des Travailleurs était au pouvoir… Au début de mon intervention, je raconte que dans les années 1980 et 1990, de nombreuses femmes offraient leurs bébés en adoption faute de moyens de subsistance pour subvenir à leurs besoins vitaux. Par exemple, dans la région d’Arapiraca, située dans l’Etat d’Alagoas, particulièrement dans les villages de Lagoa da Canoa et de Craíbas, les abandons se faisaient par dizaines. Ces enfants adoptés en Belgique, ont aujourd’hui entre vingt-cinq et trente-deux ans. Devenus parents eux-mêmes, certains d’entre-eux souhaitent retrouver leurs racines biologiques. Il m’arrive donc souvent de m’en aller au Brésil avec quelques dossiers sous le bras pour tenter de chercher leurs racines. Toutes les femmes retrouvées, je dis bien toutes les femmes, n’ont jamais abandonné leur enfant de gaîté de cœur. Au contraire, la misère était si grande qu’elles n’avaient jamais eu d’autres choix que celui de l’abandonner… Que dis-je, celui de lui sauver la vie… ! Et il n’y a pas de mots assez forts pour décrire le déchirement et la culpabilité qui habitent ces femmes ; toutefois heureuses de savoir que son sacrifice fut une chance pour que cet enfant soit toujours en vie. Cette expérience vaut tout l’argent du monde ! Et aujourd’hui, ces mêmes femmes que j’ai eu la chance de retrouver, ont de nouveau enfantés dans les années 2000 et aucune d’entre-elle n’a jamais plus eu la contrainte de devoir les abandonner, tant leur niveau de vie leur permettent désormais de fonder une famille avec dignité, dans une habitation décente ; car jadis certaines d’entre elles vivaient dans la rue. Avant son élection fin 2012, n’était-ce pas la promesse de Lula : Une famille, une maison, trois repas par jours, la scolarité et les soins de santé ?

 

             Vendredi 14 juin

           Bon, il va quand-même falloir un peu raison garder ! Il y a depuis quelques années désormais, un nombre important de wallons et de francophones, contaminés par la haine de la gauche venue de la Flandre extrémiste, qui sont prêt à épauler le triste dessein des nationalistes flamingants, à mettre le pays par terre, en accusant le PS, tout en criant victoire en faveur de son bourreau. Il y a en effet une bande de loups pestiférés qui est prête à collaborer avec les ennemis de l’État nommé Belgique, pourvu d’avoir la peau du socialisme ! Il faut le dire et le dénoncer à haute voix, même s’il y a des menaces voilées et un dénigrement permanent de la part d’individus dotés de réaction primaire.

           Au dire des uns et des autres, que cela soit d’un côté ou de l’autre de cette frontière linguistique, ce satané poison injecté dans les veines du pays dans les années 1960, la montée de la peste brune serait causée par un seul parti wallon qui rejette l’idée d’une alliance avec les extrémistes, ce qui provoquerait la montée du populisme. Avez-vous déjà vu qu’un honnête homme rendait un salaud notoire plus populaire parce qu’il refusait de lui serrer la main ? C’est bien cette version qui est déversée au quotidien afin de faire admettre à la masse peu aux faits de la politique que le pire est désormais acceptable. Cette manipulation des esprits n’est rien d’autre qu’un crime, puisqu’elle influe sur le comportement des gens, sur ceux qui sont désormais convaincus qu’ils sont investis d’une mission pour le bien de la Nation et qui commettent alors des actes de violence, en estimant avoir obtenu du parti extrémiste une totale impunité.

 

Lundi 10 juin

La dernière ligne droite se présente enfin pour l’achèvement de mon dernier roman, les dernières corrections arrivent et fin de cette semaine, je vais pouvoir le remettre à un lecteur avisé.