Journal d’un écriveur

(depuis 1995  -  mise à jour régulière) 1934 pages

2019

           Vendredi 20 septembre

           La politique n'est pas là comme marchepied pour permettre à des élus de s'infiltrer via des mandats cumulés dans des structures financières dans le but de s'enrichir en détournant les bijoux de familles à son profit personnel. S'attribuer un salaire allant jusqu'à 900.000 euros en est exemple édifiant. Et l'excuse du talent de gestionnaire de la personne élue que l'on compare aux salaires des Top Manager engagés dans le privé est irrecevable. Soit on est un politique avec sa rémunération, soit on va dans le privé. Et il encore moins acceptable d'avoir un pied dans le public et l'autre dans le privé qui est partenaire avec le service public dans lequel on est soi-même administrateur.

 

           D'ailleurs, il devrait y avoir une évaluation des biens privés à l'entrée du mandat public et un contrôle à la fin, permettant de voir si l'élu à utiliser son statut d’élu pour s'enrichi anormalement au regard de son indemnité et de ses acquis privés de départ.

 

           Lundi 16 septembre

           Á mon humble avis, les incessantes attaques et moqueries envers François Hollande, ancien Président de la France, ne sont rien d’autre que cette mode actuelle de dénigrer tout ce qui a la couleur sociale de la gauche.

 

           Car si on prend le bilan de Sarkozy, finalement après avoir pomper les électeurs du Front National, dès le début de son mandat, il n’a fait que diviser le peuple avec sa politique identitaire, tant raciale que sociale. Était-ce une surprise ? Non, il était bien de cette droite à la Charles Pasqua.

 

           Macron a lui prétendu n’être ni de gauche ni de droite, mais depuis le début, il pratique et utilise toutes les méthodes et les pratiques du libéralisme au profit de la finance, d’où il est sorti. Et lui aussi divise le peuple avec ces multiples déclarations méprisantes sur la classe sociale inférieure et défavorisée. Son pragmatisme revendiqué, qui a séduit ceux qui croyaient au Père Noël, finit par se révéler être au seul profit des entreprises, non aux petits salaires. Il a trompé son monde.

 

           Quant à Hollande donc, il faut rendre à César ce qui lui appartient, il n’a jamais tenu une position qui divisait. C’était à la fois sa force mais surtout sa faiblesse. Ses opposants, même à l’intérieur de son propre parti, ont stigmatisé cette apparence mollesse en ne lui attribuant aucun mérite, même quand il avançait. On lui a collé à la peau l’image d’un type qui portait la poisse (par exemple sous la pluie). Hollande ne fut certainement pas plus mauvais que ses prédécesseurs. Et le bilan de son successeur ne sera pas meilleur, soyez en sûr.

 

           Lundi 9 septembre

           Et si je vous disais que je ne supporte plus de voir un article de journal avec la photo d’un des membres du parti MR, qu’a chaque fois j’en attrape de l’urticaire ! Car voilà un parti qui arrive second derrière le PS en Région Wallonne avec à peine 20% et qui est le seul dans toutes les combinaisons nationales et européennes… ! Quelque chose ne tourne donc pas rond dans cette prétendue démocratie où la parité et l’équilibre est le fondement d’une Nation en bonne santé. Mais dès que l’un des membres finit par faire cavalier seul au détriment de sa propre communauté, le déséquilibre alimentaire provoque des maladies, il implante une anémie et même le cancer. Par la même occasion, il offre les clefs de la Nation à son voisin, un boulevard pour la propagande nationaliste, une couverture médiatique pour la diffusion des propos révisionnistes teinté de haine envers sa propre communauté. Et le pire se révèle maintenant : Le MR ne se sent pas concerné par ces propos infames envers les wallons, puisqu’il s’estime au-dessus de la mêlée, collaborant au dénigrement de la politique wallonne de gauche, accusée de communisme ! N’est-ce pas le fidèle portrait de Léon Degrelle, qui se croyait investit d’une mission et qui collabora avec les nazis en estimant que lui n’était pas dans le viseur de la politique destructrice d’Hitler ? Pauvre et dangereux naïf qui sema derrière lui la peste et la misère.

 

           Lundi 2 septembre

           La rentrée littéraire… Ce samedi soir, j’ai assisté à une émission sur France2. Trois auteurs invités, qui ont composé toute leur œuvre en allant puiser dans l’histoire chaotique de leur propre famille ou de leur existence, ce qui implique toujours des proches mécontents du portrait romancé, qui conduit à la rupture des relations. Maintenant, quand l’auteur prétend avoir transcrit la réalité, reste à savoir si cela est vrai, ou si finalement, il n’a pas transformé les évènements en sa faveur pour passer pour une victime, par exemple. Un auteur, ayant eu un énorme succès pendant des années, a fini par admettre que tout ce qu’il prétendait être la vérité sur les évènements de sa famille, n’était que mensonge et invention depuis le début. Dans ces conditions, le lecteur estime à juste titre avoir été abusé. Certes, on devine bien que les auteurs s’inspirent toujours de leur vie et de leur entourage, mais il y a une marge entre affirmer que tout est biographique, autobiographie, ou  qu’il y a des bribes de sa vie arrangées pour le besoin de la fiction.

 

           Dimanche 1er septembre

           Chaque année c’est le même manège, en fin de matinée il y a le ballet des millionnaires dans les airs de la ville de Verviers. Que dis-je, une débauche d’hélicoptère en provenance du Nord-Ouest, direction Spa-Francorchamps. Une bonne dizaine, en seulement trente minutes. Puis en fin d’après-midi, une fois le Grand Prix de Formule1 terminé, retour du spectacle, dans l’autre sens bien entendu.

 

                        Jeudi 29 août

           Je dois bien avouer que devant les nouvelles de ce monde radicaliser répandu un peu partout à travers le monde, aux mains de quelques despotes et déments, ce mois d’août me fut pénible. Que de tristesse de voir des proches et des amis se laisser aller à des réjouissances devant la montée inexorable des idées les plus répugnantes de l’extrémisme, celle de donner des bonnes raisons au pire, à l’exclusion, aux propos haineux envers les actions sociales, sous prétexte qu’il y a ci et là des politiques véreux ! Comme si l’ultralibéralisme était en train d’étendre un tapis de fleur, avec sa hargne à vouloir abolir un équilibre entre les diverses classes de la société. Le plus incompréhensible est de voir que des gens soutiennent cette politique de privatisation à-tout-va, que toutes les charges obligatoires qui incombent en principe à un État digne d’une démocratique avancée devraient disparaître. Ils sont favorables à la réduction de toutes les aides sociales, la prolongation du temps travail, la limite drastique des interventions concernant les soins de santé, la sélection discriminatoire des bourses d’étude… Pourtant, ils sont les bénéficiaires directs des batailles syndicales jadis menées avec courage par les anciens. L’aberration devient totale quand on constate que la plupart soutiennent cette thèse radicale qui a le vent en poupe à travers le monde, alors que dans le même temps, certains d’entre eux bénéficient à moins de 60 ans, soit d’un logement et d’un revenu social, soit d’une pension de la mutuelle. Sans compter que parfois, de son côté leur enfant reçoit une aide d’intégration pour poursuivre des études. Je l’avoue, mon intelligent n’est pas assez développé pour décoder ces choix contradictoires. Ou alors, est-ce tout bonnement le produit d’une propagande rondement menée, qui finit par les convaincre que celui qui les soutiens depuis des années n’est qu’un vil manipulateur responsable de leurs malheurs ?

 

           Vendredi 9 août

           Eh ben voilà… ! C’est en lisant un article sur l’homme qui traversa la Manche sur son Flyboard Air que je découvre le symptôme de la dysorthographie, dont l’auteur est atteint. Aujourd’hui donc, je peux donné un terme exacte à ma difficultés permanente de la maitrise de l’orthographe, de mon dysfonctionnement de l'écriture dû à un trouble d'apprentissage persistant à l’acquisition et à la maîtrise de l'orthographe, appelé aussi trouble de l'acquisition de l'expression écrite (altération de l'écriture spontanée ou de l'écriture sous dictée).

 

           La dysorthographie apparaît chez l’individu qui ne présente pas de déficit intellectuel, sensoriel ou de trouble majeur de la personnalité et qui est (a été) normalement scolarisé. Lors de ma scolarité, les symptômes non diagnostiqués étaient les suivant – et ils restent aujourd’hui récurrents :

 - Fautes d'orthographe, de conjugaison, de grammaire et d'analyse ;

 - Difficultés à l'écrit semblables à celles du dysgraphique (un bégaiement qui apparut à la suite d’un enferment dans une cave)

 - Erreurs de copies et des découpages arbitraires.

 - Economies de syllabes, des omissions et des mots soudés.

 - Erreurs visuelles (chemin-chenin...),

 - Inversions des lettres (sept-step...),

 - Erreurs d'homophones (a/à, vert/vers...),

 - Confusion entre catégories grammaticales (pour les nourrir- pour les nourrires...)

 - Mauvaise mémorisation de l'orthographe, même pour des mots familiers.

 - Et forcément, une estime de soi diminuée.

 

On distingue le trouble du développement à la suite d'une lésion du système nerveux ; on utilise le terme d'agraphie -comme un bégaiement – apparu chez moi à la suite d’un enferment dans une cave.

 

           L’individu atteint de dysorthographie fournit beaucoup plus de travail que les autres pour arriver à des résultats moins convaincants. Bref, que des inconvénients dans la vie sociale, dans laquelle on vous pointe parfois du doigt. A l’âge de 25 ans, un producteur de cinéma m’a qualifié d’analphabète devant une autre personne. Mais au lieu de me cacher dans un trou, j’ai écumé les bibliothèques avec l’espoir de sortir de ce statut dégradant.

 

           Jeudi 8 août

           Voilà des décennies que les partis politiques ont charcuté la Belgique en créant des niveaux de pouvoir prétendument indépendants les uns des autres… Mais à quoi cela rime-t-il, si les partis exigent de faire partie du pouvoir Régional pour accepter de participer un gouvernement fédéral ?


L’objectif premier des indépendantistes flamands (CVP) étaient bien de pouvoir permettre aux partis régionaux de gérer leur propre Région sans que son voisin vienne y mettre son nez et, dans un premier temps, sans pour autant devoir faire partie du gouvernement Fédéral, non ?

 

Seulement voilà, avec le temps, les partis ont fini par comprendre qu’ils avaient inventé un monstre ingérable et pour contourner cette difficulté, ils violent leurs propres lois et les règles initiaux, en argumentant que le nombre d’électeurs au niveau régional doit être aussi respecté au niveau Fédéral. Une hérésie mathématique, puisque celui qui fait 30 % au niveau Régional, n’est pas pour autant indispensable pour former un gouvernement Fédéral. Voilà où se niche l’hypocrise bien dissimulée derrière une prétendue volonté du peuple. Que dis-je, une digne perversité des élus qui rend les électeurs cocus.

 

La preuve : Quand un parti menace de ne pas faire partie d’un gouvernement fédéral s’il est exclu du niveau régional, je me demande alors à quoi peuvent servir ces niveaux de pouvoir, si c’est quand-même pour faire la même politique partout sur le territoire ?

 

Et si on prend le problème dans l’autre sens, il y a cette même perversité qui conduit un parti exclu du régional à accepter de former un gouvernement qui ne représente que 20% de sa propre communauté. Puisque là, il ne faut pas non plus tout mélanger et trahir l’équilibre de représentativité des régions. Que chaque communauté forme une alliance pour former une majorité, c’est bien cela l’idée. Mais quand dans un gouvernement fédéral un parti représente à peine 20% dans sa communauté, contre 80% dans l’autre, il y a une distorsion qui bafoue le fondement même de la démocratie avec le respect des communautés. On appelle cela un autoritarisme.

 

Pour aller plus loin dans cette réflexion, on peut même aussi affirmer que ces niveaux de pouvoir ont été jadis inventé pour pouvoir placer les copains et copines qui avaient échoué aux élections nationales. Alors, en ses début, inventer un petit mandat régional rémunéré, même si le pouvoir n’était que symbolique, c’était mieux que rien. Mais la créature est devenue un monstre qui détruit son inventeur.

 

           Mercredi 7 août

           Bien sûr, on ne peut pas tout savoir, on peut se tromper ou être trompé, émettre une opinion erronée face à un évènement ou à l’initiative d’une personne, émettre un premier sentiment devant une actualité qui vous interpelle ! Il ne fut jamais un crime d’ouvrir la bouche et d’interpeller le monde quand une chose vous titille les méninges et semble à vos yeux être une absurdité, une injustice, une tromperie, une manipulation, une arnaque intellectuelle ou financière, une propagande destinée à vous enrôler dans un mouvement que vous n’avez jamais souhaité adhérer. On dit souvent que mieux vaut ne pas ouvrir son clapet plutôt que de sortir une ânerie ! Mais vaut-il mieux se taire par peur d’être jugé ou de dire une vérité qui dérange ? Parfois, sans avoir la connaissance approfondie des choses, il y a en vous un régulateur de la conscience, du juste et de l’injuste, du vrai et du faux, une voix intérieure qui vous suggère de libérer votre opinion. Et puis face à vous, il y a ceux qui qui croient que leur grille de lecture est une bible sans appel, qui prétendent posséder la science infuse, absolue, les moralistes, les petits juges, les matamores qui assènent leurs vérités comme un couperet en vous faisant passer pour un inculte ou un débile enferré dans des certitudes que vous n’avez jamais prétendues. Se tromper ne donne pour autant pas toujours raison aux autres, qui se lancent bien souvent dans un réquisitoire tout aussi farfelu qu’inexact. La sincérité des uns et des autres ne peut qu’apporter la richesse du savoir si on le partage sans l’humiliation. La grandeur d’un homme se mesure à son humilité, à admettre que ses propos peuvent ne pas être forcément judicieux, justes et vrais.

 

           Et pourquoi donc j’en arrive aujourd’hui à cette réflexion ? Parce que par ignorance, j’ai partagé sur un site social une fausse information concernant l’exécution du poète espagnol Federico Garcia Lorca, lequel fut exécuté sur le bord d’une route par des rebelles anti-communiste et non dans une prison par la « Guarda civil » de Franco. Si le résultat politique est comparable, l’étymologie des mots on leur importance.

 

           Et justement… Lors d’une visite accompagnée par un professeur d’Histoire à l’Abbaye de Maredsous, je me suis rendu compte que je ne connaissais absolument rien sur la racine des mots que nous utilisons au quotidien. Que l’on soit croyant ou athée, là n’est pas le propos. On n’imagine pas l’apport des religieux, toutes congrégations confondues, ayant contribués aux langues usitées de par le monde. Et le nombre de choses aujourd’hui encore utilisées et fabriquées ayant une origine qui viennent de leur créativité et de leurs activités économiques. Au XIIe siècle, à Cluny la puissance de l’église était si grande qu’elle régnait sur toutes les activités économiques dans le monde, comme aujourd’hui les multinationales. D’où leur influence sur le développement de la fabrication, la gastronomie, les alcools, la dénomination des objets, les arts, etc. Mais sa puissance la rendit inique et injuste et elle s’effondra, tout comme Nero avec Rome. Bref, en connaître plus sur l’Histoire permet aussi de nous situer, de comprendre ce que nous devons aux anciens, mais aussi en tirer des leçons. Celles-ci seraient bien nécessaire pour ceux qui croient que tout ce qui est passé est révolu, démodé, des trucs de vieux grincheux ayant leurs nez dans le livres poussiéreux et que la modernité est tout bonnement de jeter tout cela aux orties afin d’aller de l’avant en ignorant que tout se répète un jour faute de savoir.

 

           Vendredi 2 août

           Face à la disparition d’un très proche, même si on la rencontrait plus ou moins chaque deux ans, parce qu’un océan qui nous séparait, il n’y a jamais assez de mots pour exprimer sa douloureuse tristesse.

           Et quand dans le même temps une amie s’en va… !

 

           Mercredi 31 juillet

           Chaque jour, j’ai envie d’aborder un sujet plus léger avec une touche d’humour parfois, pour me moquer des excès bien souvent ridicules des uns et des autres… Seulement voilà, au fil du temps qui a passé, je crois que j’ai perdu cette dérision qui plaisait un peu à mes rares lecteurs de ce journal. Certes, on peut rire de tout - pas avec tout le monde - Coluche ou Desproges, je ne sais plus -, mais chaque matin mon envie de plaisanterie s’envole devant la dramatique actualité. Comme donc rire devant l’agissement de cette police française aux ordres de Macron, qui se comporte comme celles des régimes extrémistes ? Diffuser du gaz lacrymogène en acculant des manifestants le long d'un fleuve, ce n'est en aucun cas une volonté de disperser une foule, puisque la seule échappatoire qui restait au gens pour pouvoir encore respirer, c'était de se jeter à l'eau. C’est criminel, il n’y a aucune excuse possible. Et la déclaration du Premier Ministre qui cherche à dédouaner l’Etat, revient à une parfaire illustration du régime macronien, qui n’accepte aucune critique sur sa politique et qui chaque jour apporte son lot de matraquage, de mort et de blessure corporelle sur sa propre population.

 

Ma paralysie actuelle m’empêche donc de prendre un peu de recul face aux nouvelles de mon pays, tout comme celle qui me parviennent du Brésil que je connais assez bien et qui me pèse terriblement. Je vois le monde s’échouer dans un océan pollué par la tyrannie et le despotisme, au même titre que les mers de glace s’évanouissent dans les eaux des pôles.

 

           Que de critiques acerbes lorsqu’on ose s’opposer avec franchise aux vieilles idées recyclées qui se répandent comme une trainée de poudre à travers le monde, ces idées sorties des égouts de l’Histoire présentées comme celle de la modernité et de l’avenir, alors que dans le même temps, on vous accuse de ressasser le passer pour dénoncer l’imposture.

 

           Hier encore une dame m’a conseillé d’écrire ce que j’ai sur le cœur, non pas pour me lancer dans un règlement compte stérile avec cette société -bien qu’elle le mériterait peut-être-, mais pour permettre à quelques personnes seulement -cela serait déjà beaucoup - de prendre conscience de ce qui se trame peu à peu, des objectifs réels d’une poignée d’individus qui tissent une toile pour s’accaparer un pouvoir absolu et par de là les richesses du monde, au détriment d’un peuple qui perd tous les acquis sociaux obtenus par une solidarité aujourd’hui perdue. Et si par hasard un soubresaut de solidarité se manifeste, il est aussitôt criminalisé par ceux qui ne veulent plus ni voir ni écouter une opposition. L’idée de cette dame me flatte, mais qui suis-je pour espérer voir mes réflexions dans un média national, susceptibles d’éveiller une interrogation auprès de quelques lecteurs ?

 

           Mercredi 24 juillet

           Depuis le début, quelques choses me dit qu’il y a anguille sous roche avec cette adolescente du nord prénommée Greta. Certes, Jeanne d’Arc n’avait aussi que 15 ans et une voix l’avait guidée sur les chemins guerriers, une épée à la main ; tout comme plus tard d’autres adolescents(tes) qui furent les portes paroles de la Vierge Marie, porteuse d’un message pour l’Humanité. Alors, Greta est-elle ce nouvelle égérie ayant reçu pour mission de sauver la planète terre d’un cataclysme écologique ? D’où lui vient cette science infuse que même des docteurs es ne parviennent même pas à se mettre d’accords sur des rapports scientifiques ? Ici, on est pourtant bien au-delà de la compétence intellectuelle de Jeanne d’Arc, puisque celle-ci n’a jamais révélé que la terre était ronde et constater que les vaches émettent des gaz à effet de serre ! Bref, comment expliquer son savoir, sinon que par des voix anonymes qui lui souffle dans l’oreille ce qui est bon de révéler au monde, lequel est tombé sous le charme d’une enfant prétendument venue du ciel pour nous sauver du désastre. Si la parole était portée par le souffleur du théâtre, sans doute n’aurait-elle pas le même écho dans les médias, ni chez les politiques prompts à prendre le train qui leur apportera des voix aux prochaines élections.

Aujourd’hui, la religion de l’écologie balaye celle de la sécurité sociale des années 1960, laquelle est désormais mise en pièce. Le bisness vert à pris le dessus en nous incitant à consommer intelligent. Ah, mais tout le monde le veut bien, à condition qu’on lui donne les moyens financiers, ce qui est loin d’être le cas pour les trois-quarts de la population devant se contenter d’un salaire au rabais. Aliments bios, panneaux solaires et voiture électrique ne sont que pour ceux-ci un catalogue sur papier glacé, des produits inaccessibles. D’ailleurs, au-delà de cela, que dire de la production de l’électricité à base de charbon comme en Allemagne ou la dépollution inexistante des batteries… ? Imaginons même qu’une fois le soir venu, le monde entier recharge sa voiture, le réseau électrique y résisterait-il ? Greta s’est-elle jamais posée la question ? Sans doute que non, puisqu’on pense pour elle, on lui suggère de dire ce qui est bien pour la planète, le doigt levé en guise de remontrance à destination des adultes. Bien sûr que ceux-ci ont merdé comme jamais par avidité du lucre et du pouvoir, mais où est la crédibilité de cette gamine sans expérience de vie, avec son embryon de formation. Je crois qu’elle est tout simplement un porte-voix téléguidé par des industrielles qui l’utilisent comme moyen de propagande afin de promouvoir leurs produits prétendument écologiques. Mais je peux me tromper.

 

             Lundi 15 juillet

           « Je ne fais pas campagne à gauche, je fais campagne en bas », dit Alexandria Ocasio-Cortez, représentante de New York à la Chambre des Représentants.

           Je fais cette déclaration mienne, non pas comme un homme politique, mais comme simple citoyen et humble observateur. Défendre ce qui me semble juste, dénoncer les injustices, les travers, les mensonges, l’hypocrisie, les privilèges qui exclus, peu importe la couleur politique. Si mes interventions me valent souvent d’être qualifié par les uns d’extrémiste de gauche et par les autres radicale de droite, parfois insulté et dénigré, peu m’importe. Je me dis que la grille de lecture des partisans est si étroite qu’ils finissent par ne plus savoir objectiver et mettre l’essentiel du bien commun au centre des priorités. Certes, chacun vote selon son intérêt, sa conscience, en faveur des idées proches des siennes… Moi aussi. Mais quand celui qui a reçu mes faveurs renie ses paroles, trahi son électorat et sombre dans la mauvaise foi, je ne peux en aucun cas le soutenir aveuglement par simple orgueil. Autrement dit, « être en bas » ou « être en haut » ne signifie pas qu’il faille obligatoirement accepter tout ce qui est ensuite décidé par celui qui a prétendu lors de sa campagne électorale représenté vos aspirations. L’essentiel est « d’être en bas » et de savoir y rester malgré son élection, continuer à représenter ceux qui vous ont élus. Ne pas oublier d’où l’on vient ! Résister à la tentation de cracher dans la soupe.

 

           Jeudi 11 juillet

           Il y a en effet un déferlement de révélation, de violation et de scandale de la part des personnages politiques à travers le monde ! Et que vois-je sur les sites sociaux, sur les forums et dans les médias, quantité de personnes à l’abord modestes qui défendent les voleurs, les cumulards, les escrocs, les racistes, les extrémistes, les fascistes… L’indéfendable en somme et qui foulent aux pieds les bases élémentaires de l’équité du vivre ensemble. Ils ont finalement basculé de l’autre côté de la ligne, conditionné par l’appât du pouvoir, de l’argent et du paraître. Pour eux, la fin justifie les moyens, tout leur parait acceptable : le détournement de bien public, le révisionnisme, le déni, la mauvaise foi, le dénigrement, les insultes, Ken Loach, cinéaste anglais auteur du film « Moi, Daniel Blake » palme d’Or à Canne, dit que les riches soutiennent le fascisme quand ils sentent que leur argent est menacé.  Autrement dit, quand la classe supérieure voit ses privilèges s’amenuiser, elle se tourne toujours vers le radicalisme. Et ceux qui croient faire un peu partie de cette élite sociale, se mettent comme des chiens de garde devant ceux qui les méprisent du haut de leur balcon, espérant sans doute obtenir quelques miettes. Ah, ces petites mains à la solde des nantis qui les sacrifieront une fois leurs privilèges de nouveau assurés !

 

           Mardi 9 juillet

           On prétend souvent qu’une fois la rédaction d’un roman achevé, il y a une phase de dépression, comme une mère qui voit son enfant prendre le large, voguer de ses propres ailes. Il y a l’attente de savoir si tout va bien dans sa nouvelle vie, s’il rend l’autre heureux, s’il n’est pas violenté ou maltraité, peut-être même humilié, au point de perdre sa dignité et de se croire inutile, en déduire que sa place est dans une corbeille. On dit que « pas de nouvelle, bonne nouvelle », mais l’attente fait mourir la flamme qui porte l’espoir. Pendant un certain temps, on se couche le soir avec la certitude que le lendemain ne sera pas totalement funeste, même si au fond de soi l’espérance s’est peu à peu amenuisée.

 

           Lundi 8 juillet

           Un fameux gout amer dans la bouche à la lecture d’une déclaration du bourgmestre de Verviers, qui ne voit pas ce qu’on lui reproche après une nomination comme conseillère chez un producteur privé d’électricité ! Du coup, je lui envoie le message suivant :

           En fait, vous êtes dans le déni Mme Targnion, vous vous mentez au point de croire que vous êtes dans votre bon droit moral, vous fonctionnez exactement comme celui qui crèche à Ans, comme les cumulards avides de pouvoir et d'argent qui refusent de comprendre l'indécence de leur comportement vis-à-vis de la population et de leurs électeurs. Comprenez que quoi que vous en pensiez, vous devenez une obligée des décisions majoritaires de Luminus qui compte plus de 50% de part privée. Vous êtes élue pour être assise à l'Hôtel de ville comme bourgmestre à temps plein et non pour vous permettre de trouver ci et là un siège d'administrateur ou de conseiller dans des entreprises aux capitaux majoritairement privé. Cela vaut pour tout le monde, il faut savoir choisir son plan de carrière avant de se présenter sur la liste d'un parti politique avec l'espoir de gérer une grande ville : car soit on fait de la politique, soit du bizness. Les deux à la fois ne font jamais bon ménage et discrédite la probité d'un engagement prétendument social. Mais voilà, avez-vous jamais été sociale ou simplement avez-vous embrayez dans un parti politique avec des dents qui rayent le parquet uniquement pour vous permettre de monter une échelle et vous mettre à l'abri des besoins, un peu comme si la politique était une startup permettant de s’enrichir ? Certes, personne ne peut blâmer quelqu'un de vouloir faire son beurre, mais tout dépend de la manière d'y arriver et que cela ne soit au détriment de quiconque. Et à mon humble avis, c'est au détriment de la ville, de vos électeurs, voire même de votre propre morale. Et si après cela vous continuez à bien dormir, je me dis que là vous devez changer de métier. Si pour autant que la politique en soit un ? Philosophiquement parlant ce ne l'est pas ; la base de l'engagement politique est comparable à une mission pour le bien de tous, une forme de sacerdoce, non un marchepied.

 

           Samedi 6 juillet

           J’aimerais parfois comprendre le mécanisme intellectuel de certaines personnes, qui à l’abord semblent sociables, sensées, équilibrées, mais une fois qu’elles commentent un évènement qui a trait de près ou de loin à la politique, voilà soudainement qu’elles se révèlent d’un racisme social, à la limite radicales, dénigrantes envers ceux qui osent mettre en avant et dénoncer les scandales et les dérives. Comment peut-on en arriver par exemple à insulter des journalistes d’investigation qui ont permis à la justice de poursuivre des politiques véreux. Comment peut-on en arriver ensuite à adhérer aux thèses populistes pour soutenir les bandits et cracher son fiel sur les premières victimes de ses malversation et détournement de bien public. Comment peut-on encore en arriver à estimer que les pauvres le sont de leur propre faute, car il y aurait de leur part la « culture de l’excuse » pour justifier leur détresse ? Comme si le fait de ne pas être bien né dans une famille aisée, d’avoir perdu son emploi, ses droits sociaux pour certains et peut-être même vu son mariage partir à-vau-l’eau, que tout cela est de leur faute, de leur décision de sombrer dans la rue. Il faut vraiment rester dans le déni de la réalité du monde, ne pas admettre que celui-ci est à l’image d’une pâte feuilletée, regarder de sa confortablement couche sociale celui qui se trouve à l’étage inférieure, refuser de le croiser, de le rencontrer et de le comprendre. Bref, le mépriser du haut de sa tour ou lui faire une leçon de morale, le culpabiliser sans le moindre remord, applaudir la criminalisation de la misère et le soir venu fermer sa porte pour mieux dormir.

 

           Jeudi 27 juin

           Pourquoi ai-je le sentiment d’être un peu seul, comme un mammouth disparu, dans la défense de la langue française. Hier soir, je me promenais non loin de chez moi et en passant devant l’hôpital public, sur le haut du bâtiment je vis une enseigne qui, une fois de plus, me fit tourner le sang en une fraction de seconde :

CRF Verviers – EAST BELGIUM.

Certes, je l’avais déjà vu auparavant et cela m’avait déjà dérangé : Pourquoi AEST BELGIUM ? Sommes-nous dans un pays anglophone ? Je ne sais pas pourquoi, mais hier je me fis l’avocat du diable sur un réseau social. Et je reçu une explication qui me fais davantage réagir. Que la Belgique soit composée de trois Régions et de trois langues nationales, le flamand, le français et l’allemand, et que l’une des Régions intègrent la communauté germanophone, je veux bien, mais cela ne donne toujours pas une bonne raison d’y inscrire sur un bâtiment public situé dans une ville francophone une enseigne en anglais. Et que l’hôpital de Verviers soit celui de référence pour l’Est du pays et qu’il y ait un partenariat avec lui et la communauté germanophone, que je sache, ni l’un ni l’autre ne sont anglophone. Et même dans l’hypothèse d’un partenariat avec quelqu’un qui parlerait anglais, cela justifierait-il de sacrifier la langue de sa région pour la nécroser avec celle de son partenaire ? Non. Comme je l’ai déjà écrit à diverses reprises, à force d’abandonner sa langue maternelle au profit d’une autre, on y perd ses racines, sa culture, sa manière spécifique de réfléchir et on entre de pleins pieds dans une forme de pensée unique. Celui qui ne comprends pas cela, se laisser embarquer aveuglément vers une soi-disant modernité mondiale. C’est la diversité qui fait la richesse du monde. S’adonner un une monoculture c’est la perte de ses propres richesses locales, tant du point de vue linguistique, culturel et même agricole. Même si peu à peu certains reviennent désormais aux fondamentaux, pour d’autres il y a encore l’illusion que pour faire partie du monde il est nécessaire de se fondre dans la masse dominante.

 

           Jeudi 20 juin

           C’est quoi la démocratie ? Est-ce parce que des gens votent pour un parti extrême qui cautionne le racisme, la division des peuples, l’exclusion de son voisin qui ne parle pas la même langue que la sienne et l’exterminations des poids morts de la Nation, que les élus de ce parti entrent dans la cadre de la démocratie ? Le baromètre de la démocratie est-il variable selon la popularité d’un tribun qui aboie sa haine sur tout ce qui ne lui ressemble pas ? Non plus. Et c’est justement ce à quoi s’attelle la NV-A (qui fut adoubée par le MR pendant 5 ans), celui d’habiller le fascisme en costume et cravate en lui donnant une apparence acceptable, pour le rendre moins pire, en l’affublant du terme « droite décomplexée », manière d’intégrer dans l’esprit des gens que le fascisme d’aujourd’hui n’est plus celui de Hitler, mais une nouvelle politique qui entre dans la notion de la démocratie. Mais c’est quoi alors démocratie ? C’est avoir un projet de société équitable, n’exclure personne, rassembler et non diviser, respecter les droits humains, la Constitution et les droits de chacun pour le bien de l’ensemble du peuple, malgré les différences pouvant exister d’une région a une autre. Tout le contraire de la NV-A et du Vlaams Belang.

           Seulement voilà, j’ai le sentiment que certaines personnes font un amalgame entre l’idée de « démocratie » et celle des « affaires », des « scandales » et autres dérives de certains politiques de tout bord d’ailleurs, au point de se dire que les partis concernés par ces affaires ne sont pas des mouvements ayant un programme de société démocratique. Mais par contre, deux partis flamingants qui prétendent exterminer ces pratiques illicites aux lances flammes en éradiquant son voisin et une région entière pour ne plus avoir à faire avec eux, serait quant à eux vêtus de démocratie.

 

Lundi 17 juin

 

           Qu’écrivais-je le vendredi 10 août 2018 (allez voir en gras dans le texte ci-dessous))

 

Le Brésil d’avant le PT, de Lula et d’aujourd’hui

 

           Les voyages à travers le monde forgent l’opinion, à condition de ne pas se ferrer dans un complexe hôtelier au bord d’une piscine, de ne voir que les attractions touristiques. Il faut entrer en contact avec la population, créer un dialogue afin de humer le climat social et politique… Bien sûr, celui qui part 15 jours dans le seul but de changer d’air et de fuir son quotidien parfois morose, ce n’est pas du tout son objectif ; lui il veut trouver un coin de paradis, une oasis, même si celle-ci est en plein milieu de la misère, qu’il ne verra même pas, puisque les tours opérateurs éviteront à son client de traverser les quartiers défavorisés.

 

           Certes, je ne prétends pas être devenu un spécialiste de la politique du Brésil, mais suite aux informations que je me procure depuis des années et aux multiples amitiés que j’ai tissées avec la population, des gens de diverses classes sociales, des plus aisées à la plus démunie, je peux me permettre de dresser un petit portrait de ce pays, sans jamais m’aventurer dans une comparaison douteuse et déraisonnable avec le mien, la Belgique. Aujourd’hui, avec la NV-A entrée au pouvoir, il n’y a pas de quoi se vanter et s’autoriser à donner une leçon.

 

           J’ai eu l’occasion de faire douze voyages au Brésil, le premier en 1988, peu de temps après la dictature militaire. Le dernier séjour fut cette année. Trente ans d’observation, de quoi être le témoin de la transformation et l’évolution politique, sociale et économique. Trente années… Un pays au départ plongé dans une sorte de quart monde, soudain sorti d’une longue léthargie en l’an 2002, pour enfin entrer dans le monde des affaires mondiales, dans le fameux G7, celui des pays les mieux cotés de la planète. Mais voilà que depuis deux ans, il replonge peu à peu dans le marasme politique, la démocratie foulée au pieds par des putschistes biberonnés par la nostalgie de la droite héritière de la dictature militaire, de cette oligarchie qui n’accepte pas d’avoir perdu les quatre dernières élections présidentielles en faveur de la gauche.

 

           A la fin de la dictature militaire, se sont effectivement les participants de cette dictature qui furent élus lors des premières élections démocratiques. Mais à cette époque, qu’elle était la notion de la démocratie, où il n’y avait pas d’opposition à la droite ? La démocratie se résumait à des camions bourrés de sachets de riz et de haricots séchés, que les candidats distribuaient à la population 8 jours avant les élections. Sans oublier, le t-shirt à l’effigie du candidat et du parti politique ! L’analphabétisation désirée par le pouvoir faisait le reste ; les gens votaient pour celui qui leur avait permis de manger jusqu’au jour du vote. Après, la faim était de nouveau le lot quotidien jusqu’aux prochaines élections.

 

           Ce mécanisme politique, celui de laisser le peuple dans la misère sans aucune aide sociale, obligeait les enfants à travailler pour aider la famille à survivre, à les contraindre à demeurer sans scolarité. Et un adulte sans instruction est à la merci de la classe possédante qui l’exploite et qui fera ce qu’on lui dira de faire dans les urnes, puisque justement les politiques sont issus de cette classe qui détient toute la richesse, des fortunes colossales, des propriétés équivalentes à un département de France, des industries qui appartiennent aux grandes familles originaires du Portugal, des anciens colons. Les grands médias sont dans les mains de cinq familles multimilliardaires.

 

           De 1985 jusqu’à la fin de l’an 2002, les présidents furent tous issus de ces familles dont les fortunes étaient incalculables, avec une débouche de distribution de vive pour obtenir les faveurs des miséreux, qui votaient les yeux fermés. Et dans le même temps, il y avait un syndicaliste populaire qui se présentait à chaque fois aux élections sans jamais avoir le droit à une invitation dans les médias. Son nom était seulement cité pour le dénigrer, le traiter d’idiot, d’analphabète nordestin, de le caricaturer avec sa main de 4 doigts suite à un accident de travail dans la sidérurgie. Il avait créé le syndicat PT avant d’en faire un parti politique, tout comme Lech Walesa l’avait fait en Pologne avec Solidarnosé. Et comme lui, il a été mis en prison pour l’empêcher de devenir un homme politique populaire, aimé pour son combat en faveur des plus pauvres.

 

           S’il y a effectivement une certaine similitude entre les deux syndicats, Solidarnosc était toutefois soutenu par l’église contre un régime dictatorial communiste, alors que le PT de Lula était désigné par les pouvoirs de droite comme un syndicat communiste venant de Cuba, qu’il fallait aussi éradiquer.

 

           Un jour, un Président milliardaire nommé Fernando Collor de Mello ne désira pas habiter dans le Palais Présidentielle, préférant continuer à vivre chez lui. Pour ce faire, au frais du contribuable, il fit transformer sa majestueuse villa en Palais Présidentiel avec un héliport. Il faisait régulièrement la navette entre son habitation et la capitale Brasilia, quelques 1200 kilomètres, toujours au frais du contribuable. Non content, il détourna encore l’argent de l’Etat, le tout au nom de sa propre famille, femme, enfants, neveux, etc. Les faits furent avérés, il fut poursuivi, destitué, inéligible durant des années, mais sans la moindre incarcération. Et il conserva précieusement sa demeure aux allures de « Palais Présidentiel ». Pour la petite histoire, alors que les années d’inéligibilité ont pris fin, sans la moindre honte, il présente de nouveau sa candidature à la Présidence du pays. Et des gens sont prêts à voter pour lui !

 

           Lors de mon second voyage, en 1995, je me souviens très bien des infrastructures routières par exemple, cette fameuse route national BR101 qui traverse le Brésil du Nord au Sud sur près de 5000 kilomètres (comme la route 66 aux Etats-Unis), emprunté par tous les transports routiers et les bus du pays. Cette route était un véritable gruyère, dans un état lamentable, des tronçons de plusieurs kilomètres en terre battues défoncées par les pluies, de vrais bourbiers. Il était presqu’impossible de dépasser un camion sans risquer sa vie. Des milliers de morts par an, avec des épaves calcinées et des morceaux de bagnoles écrasés par les poids lourds sur les bas-côtés… Bref, un pays qui donnait l’image de se trouver au bord de la ruine. Un parc automobile qui se limitait à de vieilles autos des années 1970-1980, des épaves sur roues. Par contre, la classe privilégiée pouvait se permettre d’éviter ce calvaire en utilisant les transports aériens.

 

           Et que dire de la vie quotidienne de la plupart de la population qui vivait dans des conditions à la limite de la grande pauvreté. Elle n’avait pas les moyens de s’acheter un appartement, un électroménager, une voiture, fut-ce même une épave sur roue. Ils n’avaient rien, excepté de quoi se nourrir pauvrement. Une partie d’entre elle n’avait même pas de quoi manger une fois par jour. Des femmes abandonnaient leurs bébés pour les offrir en adoption, faute de pouvoir subvenir à leurs besoins vitaux. Et dans le même temps, 5% de la population s’enrichissait davantage avec la bénédiction des Présidents milliardaires qui s’enrichissaient lui-même avec ses propres exploitations et le système de corruption des marchés publics. Et toujours dans le même temps, alors qu’il y avait une dette faramineuse auprès du FMI, dette contractée par la dictature militaire pour construire le pont Niteroi, la ville de Brasília et la réputée Transamazonienne, redevenue depuis longtemps un bourbier infranchissable, les gouvernements de droite continuaient à emprunter au FMI, sans rembourser les intérêts de leurs propres emprunts. Le tout allait de leur propre poche. Voilà pourquoi, lors des campagnes électorales, le PT de Lula menaçait de ne pas rembourser la dette du FMI, ce qui évidement ne plaisait à personne, ni aux américains ni aux responsables du FMI qui forcément appuyaient toujours un candidat de droite, manière d’avoir un moyen de pression pour s’accaparer les richesses de l’Amazonie. D’une certaine manière, le remboursement se faisait par un autre biais, sans pour autant annuler la dette. D’un côté c’était misère à perpétuité et de l’autre côté, il y avait une poignée de familles qui avait toujours dans ses rangs l’un de ses membres élus au Parlement, qui protégeait leurs affaires, leurs bisness et leur immunité face à des accusations de corruptions.

 

           Qui connait un peu le Brésil d’avant l’an 2002, à l’exception bien sûr du carnaval de Rio, les nanas à moitié nues sur les chars, la plage de Copacabana envahie par un « cheptel » de femme en string et au popotin rebondissant qui fait fantasmer le gente masculine, puis les favelas et sa violence avec les barons de la drogue ? Cette image carte postale et les faits divers sanglants étaient l’unique information reprise à travers le monde par les médias, qui se focalisaient sur la partie croustillante du pays.

 

           Puis un jour, à force de rester esclave d’une misère interminable et de devoir s’endormir chaque soir le ventre creux, une grande majorité des gens a entendu un homme, celui qui était toujours désigné par le pouvoir et les médias comme l’ennemi du peuple, affirmer qu’avec lui, les plus pauvres auront de quoi se sustenter tous les jours et pas seulement 8 jours avant une élection. Il avait aussi modifié son discours jadis radical, celui de ne pas rembourser le FMI, manière de calmer les oppositions américaines, les industriels et les privilégiés, leur promettant de ne pas les étrangler pour subvenir au besoin des plus démunis, c'est-à-dire en instaurant une bourse familiale, qui permettrait aussi aux enfants de se rendre à l’école au lieu de travailler pour aider leurs parents. Eradiquer la faim, permettre l’éducation et les soins de santé faisaient partie de ses priorités. Un programme humaniste qui ne pouvait que séduire à côté des autres candidats qui ne proposaient rien d’autre que la poursuite suicidaire ultra libérale en laissant sur le bas-côté plus des trois-quarts de la population. Les intellectuelles soutinrent donc cet homme venu du Nordeste, issu d’une petite maison en terre battue, d’une famille sans instruction, lui-même sans études. Et l’opposition de ricaner sur la formation de ce sidérurgiste analphabète, certes devenu charismatique avec les années de lutte, mais aux côtés de tous ses universitaires avec des titres de doctorat, comment cet ouvrier pouvait-il prétendre vouloir prendre les manettes d’un pays grand comme un continent et réussir là où tous les autres avaient échoué ?

 

           Seulement voilà, tous ces prétentieux universitaires qui avaient été en charge de l’Etat depuis la dictature, n’avaient jamais bougés leur popotin du siège en cuir de leur palais présidentiel, se contentant donc de gérer les affaires courantes intérieures, puisque finalement, la popote interne de l’oligarchie brésilienne et la vente de concession de l’Amazonie aux américains leur fournissait richesse, corruption et compte en banque à l’étranger. Pour le reste, il fallait juste maintenir la gestion nationale et la situation en l’état, tout en ménageant la police et l’armée, manière de les avoir sous leur coupe. Quand dans les villes il y avait une galerie commerciale, seuls les riches avaient les moyens de consommer dans la boutique. Les pauvres devaient se contenter de s’y rendre le dimanche après-midi pour lécher les vitrines et rêver.

 

           Après 3 échecs, début 2003 Luiz Ignacio Lula da Silva prêta enfin serment pour la Présidence. Une bouffée d’oxygène envahit le pays. Car ce petit bonhomme à la voix rauque, à la gouaille du petit peuple, au parlé vrai, qui embrasse les gens, les enlace, qui manie un humour populaire sans être vulgaire, est mille fois plus intelligent que ses prédécesseurs. Il décida de faire le tour de monde, de vanter la richesse du pays, de présenter les capacités industriels et les produits de qualité, le savoir-faire technologique en matière aéronautique, médicale et agricole ; car le Brésil regorge de technicité. Il fut reçu dans le monde entier par les plus hautes autorités. Et cette diplomatie paya, puisque deux ans plus tard, les exportations des produits explosèrent, les investisseurs affluèrent et les devises entrèrent au Brésil comme jamais dans son Histoire. Le miracle brésilien, disait-on ! Mais ce n’était pas un miracle, c’était le fruit de l’intelligence de ce sidérurgiste jadis moqué par tous. Et que fit Lula avec ce pactole qui rentrait par milliards, il instaura la bourse familiale, la pharmacie populaire avec des bas prix, il réduisit de moitié la pauvreté, le petit peuple accéda au pouvoir d’achat, pouvant acheter un petit appartement, une voiture, un ordinateur, un téléphone portable… Du coup, la production nationale se portait mieux. D’une seule galerie commerciale, ils en vinrent d’autres, avec des supermarchés ouverts jour et nuit. Les vieilles voitures (comme les VW Coccinelle) disparurent en deux ans à peine. Les concessionnaires automobiles de toutes les marques européennes s’installèrent… Et ils vendent ! La fameuse route national BR101 devinrent sur des milliers de kilomètres une route à double bande. Le Brésil pauvre des années 1995 a disparu pour laisser place à la modernité et à la consommation.

 

           Et la dette du FMI ? Lula et sa successeur Dilma Roussef disent qu’ils ont entièrement remboursé les intérêts et la dette ? Les opposants ricanent et hurlent aux mensonges. La vérité est que tout a bien été remboursé, selon le règlement et la charte du FMI, c'est-à-dire que tout emprunt contracté par une dictature ne doit pas être payé par un nouveau régime démocratique, mais bien de manière personnelle par le dictateur. Donc le PT a remboursé tout ce qui avait était emprunté à partir de 1985, années de la démocratie. Mais cela, personne ne veut l’entendre.

 

           Bien sûr, sur les quatre-vingt millions de pauvres, tout le monde n’est pas sorti des difficultés et à l’intérieur des terre, nombres de pistes sont toujours en terre battue. Malheureusement pour eux, cela ne risque pas de s’améliorer, depuis la destitution de la Présidente Dilma Roussef, accusée par l’opposition de droite (qui n’accepta jamais la quatrième défaite successive électorale) d’avoir transféré juste avant les élections une somme d’argent d’un Ministère vers celui de la Famille, afin d’assurer le paiement de la bourse familiale ? Selon la loi, elle aurait dû demander l’autorisation au Parlement ; ce qui aurait pris 6 mois avant d’obtenir une décision, ce qui était évidemment impossible. Donc Dilma Roussef utilisa l’art 5 de la Constitution qui lui permettait en cas d’urgence de faire cette opération. Mais comme l’opposition estima qu’elle fit cette manœuvre pour assurer sa réélection et que son partenaire de majorité (de droite qui n’avait pas gagné les élections), fit un accord avec les opposants pour prendre le pouvoir, le Parlement désormais majoritairement à droite, la destitua sans la condamner à une inéligibilité ; tout un symbole. Et c’est le vice-Président Michel Temir, l’un des organisateurs du putsch, qui devint Président, lequel est lui-même condamné à une inéligibilité de 9 ans pour corruption au cours de cette même législature, une condamnation sans une incarcération et seulement applicable après le mandat en cours.

 

           La crise financière au Brésil débuta après 2008 au moment de l’escroquerie de Bernard Madoff, derrière lequel on trouva plus tard l’implication de toute les banques du monde dans des montages financiers douteux, des produits toxiques qui avaient aussi créé une bulle financière artificielle qui explosa. Comme partout dans le monde, le Brésil fut victime de cette crise et vit ses exportations chutées en flèche, au point de mettre la gestion du pays et ses engagements en difficulté. Du pain béni pour l’opposition, qui accusa la gestion du PT, lequel serait l’auteur de la crise dans le pays, suite à une gestion communiste, qui a distribué sans compter les richesses aux pauvres, au point de mettre le pays au bord du gouffre. Á croire que la crise n’avait touché que le Brésil et que le reste du monde en était épargné. Les médias toujours aux mains de 5 familles multimilliardaires, toujours aux ordres de la droite possédante, entreprirent pendant plus de 2 ans une propagande anti PT, en réclamant la tête de Dilma Roussef, pour atteindre la tête du leader du PT, c’est-à-dire Lula. Le peuple branché en permanence sur la télévision Globo pour assister aux télénovelas et aux informations répétées à l’envi que le PT était le mal du pays, des voleurs qui vidaient les caisses, eut fini par adhérer à cette thèse. Donc les pauvres et la nouvelle classe moyenne qui avaient pourtant bénéficié de la politique du PT en obtenant une meilleure vie, finirent par demander la destitution de la Présidente et accusèrent Lula de corruption.

 

           Le plus incroyable est que dans le même temps, ces mêmes médias taisent les informations concernant les faits de malversation des dizaines d’élus de droites qui ont soutenus le renversement de Dilma Roussef. On découvrit chez certains d’entre eux des valises bourrées de billets de banques contenant des millions de dollars, parfois même dans un avion privé ou un hélicoptère, fruit d’un trafic de drogue. Un autre fut encore pris en flagrant délit de transport avec des millions de réais au nom de Michel Temer, (le putschiste Président), une somme à remettre à son complice putschiste Cunha (architecte de la destitution de Dilma Roussef), condamné aussi pour corruption, afin que ce dernier garde le silence sur les affaires. Le putsch institutionnel a effectivement été organisé dans le but de mettre la main sur la Justice avec la complicité de hauts magistrats, afin de stopper les poursuites engagées sous la présidence de Dilma Roussef. Un élu politique de droite avait même déclaré dans un journal, qu’il valait mieux monter de toute pièce un dossier de destitution plutôt que de l’assassiner. Véridique ! Il faut savoir que c’est sous la présidence du PT que débuta les premières poursuites des élus corrompus, en premier lieu ceux du PT, manière de donner l’exemple et ne pas être accusé de faire la chasse à l’opposition.

 

           Une fois Dilma Roussef destituée, sans raison de corruption ni d’accusation de vol pour son propre compte ou même pour sa famille, les élections présidentielles approchant, il fallait donc s’attaquer à quiconque du PT capable de se porter candidat à la présidence, en particulier Lula, immensément populaire. Alors les putschistes et leurs complices de la Justice ont décidé de mettre tout en œuvre pour les éliminer. Un juge de Première Instance de l’Etat du Paraná, un certain Moro, fils du fondateur du parti politique de Fernando Henrique Cardoso (ancien Président du Brésil et à la fois putschiste) membre du parti, époux d’une avocate qui défend le parti, fut donc mis à la tâche pour trouver une accusation de corruption envers Lula à l’époque où ce dernier était encore président. Il trouva le directeur d’une société pétrolière qui prétend avoir offert à Lula un appartement triplex avec piscine (laquelle n’est pas plus grande qu’une dizaine de baignoires) à Guarujá, dans l’Etat de São Paulo et cela contre des avantages pour la société. Or, le prétendu triplex confortable mais pas suffisamment luxueux pour prétendre corrompre un Président de la République, appartenait toujours à une société immobilière et la justice avait même déjà mis le veto pour liquidation de la société. Pourtant, le juge Moro s’obstina à l’accuser sans jamais apporter la preuve matérielle, par le biais de l’acte de propriété au nom de Lula, ou de sa femme ou d’un membre de sa famille, prouvant que le triplex fut le fruit d’une corruption. Avant de le condamner à 9 ans de prison, il disait même qu’il n’avait pas de preuve, mais qu’il en cherchait. Il n’en a jamais trouvé. Prétendument accusé d’être le chef suprême d’un réseau de corruption, il y aurait encore dit-on quelques 270 dossiers à charge, toujours sans le moindre indice matériel… Ce chiffre à lui tout seul est risible, s’il ne s’agissait pas de la vie d’un homme !

 

           Lula contesta ce jugement, au premier niveau, devant un Tribunal Fédéral à Brasília. Record absolu, alors que dans ce pays les décisions prennent toujours des années, en quelques semaines le tribunal express augmenta la condamnation à 12 ans et 1 mois. Du coup, le juge Moro décerna un mandat d’arrêt pour l’incarcérer. Le Haut Tribunal de Brasília rejeta la contestation d’incarcération avant que Lula ne puisse interjeter appel du jugement sur le fond de l’affaire devant le tribunal d’un autre Etat. Ce qui n’est pas la règle dans une instance civile, Lula fut donc emprisonné sans preuve et traité différemment aux usages de la loi. Âgé de 71 ans, devenu veuf il y a un an à peine, Lula est isolé sans le moindre contact avec d’autre prisonnier. Soigné depuis longtemps pour un cancer, on interdit même à son médecin de le voir pour appliquer le traitement qui devrait l’être ; une manière hypocrite des putschistes de le laisser mourir à petit feu sans se voir accuser d’exécution ou d’assassinat.

 

           Voilà la démonstration que le Brésil est devenu une dictature judicaire, aux ordres des usurpateurs du pouvoir. Le tribunal de Seconde Instance du quatrième niveau de l’Etat du Rio Grande do Sul, avant de prendre une décision sur le fond du dossier, estima que Lula était incarcéré à tort, de manière arbitraire, puisque dans une affaire civile comme celle-ci, qui n’est pas un crime de sang, qu’il n’y a pas de risque de voir Lula fuir le pays, étant donné qu’il se bat, qu’il est candidat à la présidence, et que la décision sur le fond n’est pas encore définitivement tranchée, le juge d’Appel ordonna la libération de Lula.

 

           Que nenni… Le juge Moro, juge de la Première Instance en vacances au Portugal, donc plus en charge du dossier, lequel est dans les mains de son remplaçant, dossier pourtant transmis à une Instance Supérieure, il téléphona simplement au directeur de la prison et à ses complices du Haut Tribunal à Brasília, pour exiger de ne pas laisser appliquer la décision de justice supérieure à la sienne. Et le directeur de la prison s’exécuta. Car, si par hasard Lula avait été libéré, il pouvait être candidat, faire campagne avant que la décision définitive de la justice ne soit tranchée, les élections présidentielles auraient eu lieu et Lula probablement élu ; puisqu’au regard des sondages il a plus de 20 % d’avance sur les autres. Il serait devenu Président ! Pour les putschistes et toutes droites confondues, incluant l’extrême-droite pointée en seconde position avec un candidat « trumpiste » favorable à la libération des armes, ce scénario est inconcevable. Et pour justifier le non-respect de la décision de justice, il fut décrété qu’il ne s’agissait pas dans sa forme pleine d’un jugement de l’Instance Supérieure, mais bien d’une décision personnelle prise par un « pétiste », partisan de Lula.

 

           Lula est un prisonnier politique, sous une dictature judicaire orchestrée par les partis de droite ; dont la plupart des élus en poste au gouvernement sont repris dans la liste des plus corrompus. On peut carrément estimer que ceux-ci éliminent judiciairement et même physiquement par des assassinats les candidats potentiels de gauche, comme par exemple Marielle Franco de Rio de Janeiro exécutée le 14 mars 2018 par la police militaire, juste après le carnaval de Rio, durant lequel une effigie du putschiste Michele Temer était apparue sous la forme du diable et qui fut aussitôt interdite par les autorités. Ou encore deux décès suspects de politiques du PT juste après un jogging et prétendument décédés de mort naturelle. Et au mois de mai 2018, José Dirceu, co-fondateur du PT et bras droit de Lula, condamné pour corruptions à 30 ans d’incarcération.

 

           Objectif : Créer le vide dans la gauche pour qu’il n’y que des hommes de droite bien choisis pouvant être élu de manière prétendument démocratique. La vérité est que la célèbre procédure judiciaire « Lava Jato » (lavage rapide) mise en place par le Juge Moro pour éliminer la corruption dans le pays, n’est rien d’autre qu’un écran de fumée pour éliminer toute la gauche du paysage politique au Brésil.

 

           Et comment va le pays depuis la destitution de Dilma Roussef, de Lula prisonnier politique et des usurpateurs ? Dès le lendemain du renversement du pouvoir, la première décision fut de supprimer le Ministère de la Culture… ! Un tollé général des intellectuelles et des artistes évidemment favorables au PT qui fit quand même abolir cette décision. Puis ce fut la suppression de la bourse familiale, des pharmacies populaires, des subsides à la recherche scientifique, des bourses d’études pour les étudiants à l’étranger (faute de moyens la plupart d’entre eux durent interrompre leur doctorat et rentrer au pays). Actuellement dans le secteur des énergies, le pouvoir a vendu les parts aux américains qui sont devenus majoritaires, du coup les prix ont doublé. Si le pétrole brut provient bien du sous-sol brésilien, que la raffinerie est pratiquée dans le pays, le tout en monnaie brésilienne, une fois que le carburant quitte la raffinerie pour la station d’essence, le prix est doublé parce que dolarisé, comme un carburant exporté. Pour sûr, le gaz et l’eau ont aussi presque doublé de prix. Tout ce qui est dans la main du pouvoir est devenu beaucoup plus chère. Par contre sur les marchés populaires, les prix sont plus ou moins assez stables. Les aliments de bases ont un peu augmenté, mais le salaire minimum aussi. Donc c’est l’abolition systématique de la politique sociale mise en place par le PT qui renvoi les petites gens de là où ils viennent, il y a 15 ans, dans la pauvreté et la misère. Par contre, le pouvoir en place vient de réévaluer le salaire des magistrats de la Haute Cour de Justice à Brasilia, pour service rendu.

 

Quant à la modernisation de la route national BR101 en double bande, j’ai constaté que les travaux n’ont plus avancé depuis deux ans. Certains tronçons de plusieurs dizaines de kilomètres sont asphaltés depuis des années, avec le marquage au sol, mais tout se qui concerne la sécurité n’est toujours pas installé, donc les véhicules roulent toujours sur la vielle route nationale BR101, par contre les motos et les chevaux utilisent avec bonheur la toute nouvelle infrastructure.

 

           Et que disent les petites gens pas toujours très instruits et sortis de la misère ou de la pauvreté grâce à la politique du PT ? Ils répètent ce qui se dit à la télévision Globo juste avant la sacrée télénovela du soir. « On veut conserver ce que nous avons obtenu et non le perdre, donc comme Lula nous a donné pour mieux nous voler ensuite et que désormais il n’y a plus d’argent pour nous, on soutient les putschistes qui vont nous permettre de garder notre nouveau monde de vie. » Finalement manipulés, ils crachent sur celui qui leur a donné une dignité en leur permettant de manger tous les jours, d’entrer dans le monde du petit pouvoir d’achat et à la fois, ils aident leurs bourreaux à les remettre d’où ils sont sortis.

 

           Simple observation sur la partie humaine de l’histoire cette fois, sur la répercussion des années durant lesquelles le Parti des Travailleurs était au pouvoir… Au début de mon intervention, je raconte que dans les années 1980 et 1990, de nombreuses femmes offraient leurs bébés en adoption faute de moyens de subsistance pour subvenir à leurs besoins vitaux. Par exemple, dans la région d’Arapiraca, située dans l’Etat d’Alagoas, particulièrement dans les villages de Lagoa da Canoa et de Craíbas, les abandons se faisaient par dizaines. Ces enfants adoptés en Belgique, ont aujourd’hui entre vingt-cinq et trente-deux ans. Devenus parents eux-mêmes, certains d’entre-eux souhaitent retrouver leurs racines biologiques. Il m’arrive donc souvent de m’en aller au Brésil avec quelques dossiers sous le bras pour tenter de chercher leurs racines. Toutes les femmes retrouvées, je dis bien toutes les femmes, n’ont jamais abandonné leur enfant de gaîté de cœur. Au contraire, la misère était si grande qu’elles n’avaient jamais eu d’autres choix que celui de l’abandonner… Que dis-je, celui de lui sauver la vie… ! Et il n’y a pas de mots assez forts pour décrire le déchirement et la culpabilité qui habitent ces femmes ; toutefois heureuses de savoir que son sacrifice fut une chance pour que cet enfant soit toujours en vie. Cette expérience vaut tout l’argent du monde ! Et aujourd’hui, ces mêmes femmes que j’ai eu la chance de retrouver, ont de nouveau enfantés dans les années 2000 et aucune d’entre-elle n’a jamais plus eu la contrainte de devoir les abandonner, tant leur niveau de vie leur permettent désormais de fonder une famille avec dignité, dans une habitation décente ; car jadis certaines d’entre elles vivaient dans la rue. Avant son élection fin 2012, n’était-ce pas la promesse de Lula : Une famille, une maison, trois repas par jours, la scolarité et les soins de santé ?

 

             Vendredi 14 juin

           Bon, il va quand-même falloir un peu raison garder ! Il y a depuis quelques années désormais, un nombre important de wallons et de francophones, contaminés par la haine de la gauche venue de la Flandre extrémiste, qui sont prêt à épauler le triste dessein des nationalistes flamingants, à mettre le pays par terre, en accusant le PS, tout en criant victoire en faveur de son bourreau. Il y a en effet une bande de loups pestiférés qui est prête à collaborer avec les ennemis de l’État nommé Belgique, pourvu d’avoir la peau du socialisme ! Il faut le dire et le dénoncer à haute voix, même s’il y a des menaces voilées et un dénigrement permanent de la part d’individus dotés de réaction primaire.

           Au dire des uns et des autres, que cela soit d’un côté ou de l’autre de cette frontière linguistique, ce satané poison injecté dans les veines du pays dans les années 1960, la montée de la peste brune serait causée par un seul parti wallon qui rejette l’idée d’une alliance avec les extrémistes, ce qui provoquerait la montée du populisme. Avez-vous déjà vu qu’un honnête homme rendait un salaud notoire plus populaire parce qu’il refusait de lui serrer la main ? C’est bien cette version qui est déversée au quotidien afin de faire admettre à la masse peu aux faits de la politique que le pire est désormais acceptable. Cette manipulation des esprits n’est rien d’autre qu’un crime, puisqu’elle influe sur le comportement des gens, sur ceux qui sont désormais convaincus qu’ils sont investis d’une mission pour le bien de la Nation et qui commettent alors des actes de violence, en estimant avoir obtenu du parti extrémiste une totale impunité.

 

Lundi 10 juin

La dernière ligne droite se présente enfin pour l’achèvement de mon dernier roman, les dernières corrections arrivent et fin de cette semaine, je vais pouvoir le remettre à un lecteur avisé.

 

           Lundi 27 mai

           Le vrai visage de la Flandre fasciste est résumé sur trois photos : Le Pen avec Léon Degrelle, Le Pen avec Bart du Wever de la NV-A, Le Pen avec le président du Vlaams Belang. Et ce n'est pas parce le peuple a voté pour la peste que cela la rend respirable. Mémoire courte : Hitler fut aussi élu et on sait où cela a mené.

           A force de rester dans le déni en estimant au MR et dans les médias que la NV-A est un parti ordinaire de droite, alors que ce parti fut créé au départ des membres du Vlaams Belang et que le dit Francken ne se cachait même plus pour dire qu'il s'inspirait de Vlaams Belang, il faut constater aujourd'hui que les fascistes font leurs retrouvailles.

           Et je suis horrifié de voir des personnes autour de moi se réjouir de l'avènement de l'extrémisme tant en Belgique qu'en France, en clamant que la démocratie est respectée, alors que le programme de ces adeptes de la Croix de Fer est celui d'abolir la démocratie en usant du chantage comme le font les salauds, en excluant toute forme de solidarité sociale.

           Est-ce une insulte de dire à un assassin qu'il est un assassin ? Non. Alors est-ce une insulte de dire que toutes les personnes qui ont voté pour ces partis héritiers de la Volksunie, VMO, Voorpost, Vlaams Block, sont des fascistes, manipulé ou non ? Non plus. Et que l’on ne vient pas me dire que j'insulte le peuple, coupable de collaborer à la diffusion de la maladie, puisque je réponds que ce sont ces gens-là qui insultent et foulent aux pieds ceux qui ont laissé leur vie pour notre liberté et la démocratie dans le sens le plus noble.

           L'ultralibéralisme et l'égoïsme ont dévoyé la notion de respect de l'autre et mis sur pied une machine à exclure, à éradiquer en organisant des "razzias", des "rafles", des vols "air Francken" tous ces mots ignobles qui ne sont qu'un vocabulaire d'individus qui marchent dans le caniveau de l'Histoire. Il faut oser le dire et ne pas avoir peur des représailles, quelles qu'elles soient.

 

           Dimanche 15 mai

           Voilà, je crois que la rédaction de mon nouveau roman est achevée (enfin je l’espère). J’attends maintenant en retour les corrections demandées ; car j’ai toujours besoin d’avoir un regard extérieur, détaché du texte. L’auteur est bien souvent son plus mauvais lecteur et correcteur, puisque trop absorbé par son histoire. D’autant plus que pour ma part, je ne me suis toujours pas réconcilié avec l’orthographe ; sans oublier ma dyslexie et mes autres problèmes d’inattentions. Un problème récurrent qui me pourri la vie. Comme je le disais récemment à une personne : vous ne pouvez pas savoir comme je m’en veux de ne pas voir ce qui est pourtant évident et basique, puisque de surcroit je le sais, mais que je ne les vois que lorsque quelqu’un souligne les erreurs.

 

         Dimanche 5 mai

         C'est très simple, tant que la peste brune ne passe pas la frontière régionale, que les flamingants ont tant voulu dresser pour être seuls dans leur puanteur extrémiste, ils peuvent même mettre Adolphe sur le trône, je m'en fiche. Et tant pis, si jadis j'aimais me rendre à Ostende, à Brugge ou à Gand, je ne remettrai pas de sitôt les pieds chez eux. Je boycotte. Et quand des amis étrangers viennent chez moi, fini de les emmener là-bas pour visiter.

         Par contre, comme le chantait Jacques Brel, je leur interdis de nous les pomper, par-delà leur satanée frontière linguistique qu'ils aiment tant revendiquer, avec leur discours nationaliste fascisants et haineux dans l'espoir de contaminer le reste du pays.

         Certes, il y a en Wallonie des Judas qui embrassent la peste, des nostalgiques de Léon Degrelle qui n'aiment pas être montré du doigt, qui accusent alors les autres d'être des névrosés, des idiots de service en faveur du communiste, signer avec des insultes dénigrantes qui révèlent leur niveau, mais comme le chantait encore Brel, "je vous emmerde".

 

           Jeudi 25 avril

           S’il y a pays qui sait ce que fut la dictature, c’est bien le Portugal ! Dès lors, je me demande pourquoi une université de Lisbonne a alors invité pour un débat sur la corruption, l’ex juge brésilien Moro qui s’évertua à condamner Lula sans la moindre preuve matérielle avant de devenir le Ministre de la Justice du Président d’extrême droite Bolsonaro, lequel vient de commémorer la dictature militaire de 1964 au Brésil ! Au cours d’une interview à la télévision portugaise, en faisant la comparaison avec le « Lava Jata » au Brésil et la commission Marqués au Portugal qui emprisonna 9 mois l’ancien Premier Ministre portugais Jose Sócrates, qui n’est toujours pas jugé- l’inqualifiable juge Moro a répondu qu’il « ne débattait pas avec un criminel » - José Socrate avait déclaré avec raison que Moro « est un activiste politique déguisé en juge ».

 

           Et pendant ce temps au Brésil, le Président Bolsonaro offre 40 millions de réais (10 millions ) à chaque député (prétendument à l’État dont il est responsable) pour que ceux-ci votent sa loi pour la suppression totale de la pension et de la sécurité sociale ; donc plus d’âge limite pour le travail ni de soins de santé gratuits pour les désargentés. Autrement dit, Bolsonaro corrompt les députés pour obtenir leur voix et cela avec l’assentiment du Ministre de la Justice Moro, qui prétend combattre la corruption. A vomir.

 

           Dimanche 22 avril

           En France, certains ont crié aux policiers « suicidez-vous ». Pour sûr, ce n’est pas joli-joli ! Quand l’une ou l’autre brebis malades bêlent au milieu d’un troupeau, est-ce pour autant que le troupeau tout entier a bêlé ? Voilà l’équation que les acharnés opposants à toute forme de protestation sociale ne parviennent pas à résoudre. Car eux, ils sont comparables à une meute de loup, quand l’un d’entre eux se met à hurler, les autres emboitent derechef le pas pour disperser le troupeau afin de se repaitre des brebis les plus faibles.

           Et est-ce donc pour autant que l’ensemble du troupeau est contaminé par un virus venu de l’extérieur, dans le seul but d’affaiblir les bêtes pour mieux les offrir à la meute de loups, éradiquer ainsi les caprinés qui dérangent de trop par leur revendication, celles d’avoir leur parcelle de verdure afin de pouvoir subvenir au besoin nutritionnel de leur agnelet.

           Loin d’être un catho pratiquant, bien au contraire, ayant été éduqué sous la philosophie du partage émise par l’église de Rome, je partage la déclaration du Pape François, lequel a bien vécu en Argentine sous l’une des dictatures les plus sanguinaires qui soient : Être aux côtés des pauvres, c’est être chrétien, pas être communiste. »

           Malheureusement, bons nombres de radicaux bornés (de tout bord) n’ont pas la notion que l’on peut être à la fois pour une équité sociale, sans pour autant vouloir abolir les différences de classes qui existent depuis la nuit des temps pour mettre tout le monde sur le même palier, ni pour vouloir couper la tête des privilégiés pour les déposséder de leurs biens. C’est juste ne pas exploiter le démuni en lui offrant un salaire de misère pour qu’un autre s’enrichisse au centuple, tout en fuyant de plus la prise des impôts légaux via des lois qui ne s’appliquent que pour eux. C’est là que se trouve l’inégalité.

           Bien sûr, ces brebis malades sont issues du groupe anarchiste intitulé Black Bloc, dont l’origine était de s’opposer à la Stasi, cette police secrète de l’ex RDA qui torturait et exécutait à tour de bras. On comprend donc mieux les raisons de son infiltration actuelle dans la protestation des Gilets jaunes, qui se font estropier par la police, qui plus elle sera répressive par la volonté du pouvoir en place, plus les Black Bloc seront actifs. Et c’est justement là l’idée de Macron, plus la violence viendra de la police, plus la riposte d’en face sera dure et plus le discrédit de la protestation des Gilets jaunes fera son chemin. Machiavélique et dégueulasse. Donc, est-ce plus joli ?

 

           Vendredi 19 avril

           Vous me diriez bien pourquoi toute cette campagne de la NV-A me fais penser à la patte du loup qui caresse l’agneau ?

           Peut-être bien que c'est depuis que la NV-A caracole à 30 % en Flandre en tenant des discours anti wallons et francophones, que l'air est devenu moins respirable dans le Nord du pays, avec une population acquise à la thèse révisionniste et aux séparatistes pour cause de wallons fainéants que la Flandre doit entretenir comme un boulet aux pieds.

           Peut-être bien aussi que c'est depuis que je fus un jour victime d'un acte anti-francophone en me voyant refuser l'accès d'une terrasse à moitié vide à Ostende et que deux jours plus tard ce fut une amie (brésilienne à la peau mulâtresse, pouvant paraitre comme une marocaine) qui me rejoignais et qui s’est vu refuser la chambre de l'hôtel qu'elle avait pourtant réservé par Internet.

           Peut-être bien aussi quand on constate qu'une louve flamingante refuse de nommer les bourgmestres francophones démocratiquement élus dans les communes de la périphérie bruxelloise.

           Trois bonnes raisons pour être convaincu que la NV-A n'est rien d'autre qu'un parti nuisible, dangereux, fascisant, à éradiquer de la carte politique et qu'elle fait profil bas en envoyant sur le devant de la scène une "intégrée" manipulée comme un jouet, pour tenter d'amadouer les francophones bruxellois.

 

           Mardi 16 avril

           Ah, Notre-Dame de Paris a brulé ! Une tristesse pour l’Histoire et le Patrimoine. Et loin de moi l’idée de me lancer ensuite dans des amalgames indécents et de discussions de comptoir de bistro.

           Ce ne sont pas les dons en eux-mêmes pour reconstruire la cathédrale qui me choquent, je trouve même cela normal pour celui qui a les moyens, mais c'est le contexte qui interpelle. Voilà des entreprises qui font fabriquer leurs produits à l'étranger avec des salaires moindres, qui ont leurs sièges à l'étranger pour pratiquer l'optimisation fiscale afin d'échapper à l'impôts en France, va des fondations privées et ils attendent qu'un bâtiment soit en ruine pour faire des dons déductibles, alors que l'édifice exigeait des travaux depuis des années. Et quand il n'y a pas d'argent pour payer des employés en France (c'est bien la revendication des Gilets jaunes en somme), en 1 jour ils trouvent des centaines de millions. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond et qui est indécent. Puis ils jouent sur l'émotion pour faire passer leur geste comme un élan de cœur pour la patrie. Mais fuir l'impôt est-ce patriotique ?

           Et cette brésilienne milliardaire qui a financé la campagne électorale du député devenu ministre de Bolsonaro, qui abroge la sécurité sociale et réduit les pensions du petit peuple qui retourne dans la misère. En dehors du Brésil, elle se présente comme une élégante qui a du cœur, elle offre 20 millions pour reconstruire Notre-Dame. Par contre, pas un copeck pour reconstruire le Musée Nationale de Rio qui a aussi brulé. Voilà ce que je réprouve, cette hypocrites, d'une part être un bourreau du peuple et d'une autre part se montrer sensible et généreux pour son propre ego, manière de se faire pardonner par Dieu pour ses actes pendables.

           Il ne faut pas non plus tomber dans la démagogie comme je l'ai lu de la part de l’un ou de l’autre, qui critique ceux qui dénoncent les millions de dons des milliardaires pour la reconstruction de l’édifice, cela sous prétexte que dans ces conditions, il faudrait alors ne plus financer les arts ni voyager pour subvenir aux besoins des pauvres et des miséreux du monde, etc... Une réflexion pour le moins absurde et peu réfléchie. Car l'un n'empêche pas l'autre. Mais dans ce cas-ci, on voit fort bien que la préférence du don va là où il y a la défiscalisation., la pub et l'image de l'ego, à celui qui aura la plus grosse en somme.

 

           Lundi 8 avril

           L'esclavage moderne à la sauce Fédération des Entreprises de Belgique (FEB), c’est-à-dire corvéable à merci, pour une croute de bain avec un bol de bouillon de cube dégraissé. Cela s'appelle le pragmatisme libéral qui transforme l'individu en une machine à bas cout, utilisable jusqu'à l'obsolescence programmée vu son haut rendement à court terme et à sa flexibilité. Durée de vie : 10 ans tout au plus. Dès les premiers symptômes d'usure, de faiblesse et de maladie, pas de pitié ni de reconnaissance pour service rendu, la porte est grande ouverte avec pour tout bagage un corps en morceau, une allocation de chômage, voire même de la mutuelle. S’en suivra la persécution des inspecteurs de tous bords ayant pour objectif de vous exclure et de vous envoyer au diable nommé CPAS. Et si tout va bien, de petit boulot en petit boulot par-ci et par-là, vous vous retrouvez plus tard à un âge qui ne vous donnera jamais une pension complète faute d’une carrière complète, puisque tel est l’objectif de l’ultralibéralisme ; vous maintenir dans une constante paupérisation afin de vous contraindre, même à l’âge de 67 ans pour compléter votre misère, à accepter de boulotter pour une pièce, et cela jusqu’à votre mort. Qui dit mieux ?

 

           Dimanche 7 avril

           La rédaction de mon nouveau texte est achevée. Enfin, reste toutefois les relectures et le serrage des boulots après les corrections et les avis extérieurs. C’est à ce dernier stade qu’il est indispensable de trouver des lecteurs qui soient à la fois correcteurs, car à force d’avoir lu et relu son texte, on ne voit plus ses erreurs. Ces dix dernières années, des personnes de confiances m’épaulaient dans cette tâche, malheureusement l’un d’entre eux est malade, un second est décédé. Il me reste un seul ami apte à cette faire ce travail et qui malgré son âge est toujours vaillant et partant. Mais comme deux avis valent mieux qu’un seul, je « recrute » une personne compétente en orthographe, sérieuse, de confiance et aussi discrète. Voilà voilà… Si vous vous reconnaissez dans le portrait dressé ci-dessus et que vous avez la passion de la littérature, n’hésitez pas à « poser » votre candidature par message privé.

 

           Vendredi 5 avril

           Un bourgmestre, quel qu'il soit, n'est pas asexué politiquement et il est en droit, même dans sa propre commune, de manifester son opposition politique devant un extrémiste fascisant qui vient faire une campagne électorale via la sortie d'un livre. Aucune loi ne lui interdit. Et ce rapport de l'inspection générale (sous l'autorité du ministre Jambon - NV-A) n'est rien d'autre que de la gesticulation électorale qui n'a aucune valeur devant un Tribunal ; sinon il faut la poursuivre.

           D'ailleurs, si les élus étaient interdits de manifester leur opinion politique dans la rue, on n'en verrait jamais aucun devant les cortèges lors des grèves ou des marches blanches.

           Par conséquent, toute critique et accusation de faute ne sont en rien fondées, elles ne sont que des positions partisanes des adeptes du radicalisme, voir même une sorte de haine aveugle envers le socialisme dans toute son entité.

           Je tiens à préciser que je suis bien le premier à déplorer les cumules à tout va des politiques, quels qu’ils soient, comme la nomination de Muriel Targnion à la tête de Enodia.

 

           Samedi 30 mars

           C’est aujourd’hui que le cinglé devenu président au Brésil désirait commémorer la dictature militaire de 1964. Un vœu heureusement avorté, puisque même les militaires ont refusé de suivre cet ordre. Cela démontre bien dans quel délire ce gangster et sa famille mêlée à une milice de truand de Rio de Janeiro est en train de mener le pays. Et détrompez-vous, une majorité de la population qui vota pour lui ne s’en éloigne pas, au contraire, elle continue à l’applaudir. Rien ne les dissuade, même si en trois mois de temps le chômage passe du simple au double, les carburants augmentent d’un tiers du prix, que les pensions sont rabotées, l’enseignement redevenu optionnelle puisque selon sa conception, seuls les riches qui ont les moyens payer peuvent étudier. Il prétend que le salaire des brésiliens est l’un des plus élevé au monde. Il parle sans doute du sien et des juges récompensés pour avoir condamner Lula sans la moindre preuve ! Et aussi de l’augmentation des pensions pour les veuves et les enfants des militaires décédés. Sinon pour le peuple, c’est le retour direct à la misère d’antan. Un peuple encore aveuglé par la propagande haineuse qui fut menée durant des années pour discréditer le parti de gauche emmené par Lula ; lequel leur avait pourtant ouvert les portes d’un système sans doute pas encore parfait (mais existe-t-il ?) mais néanmoins plus équitable, plus social, avec cette rampe permettant de quitter la misère endémique entretenue pendant des décennies par les politiques de droite aujourd’hui revenus aux manettes du pays, grâce à la complicité de leurs victimes.

 

           Dimanche 23 mars

           Les adeptes des bruits de botte sévissent encore sur les forums, en cautionnant l'interdiction en France des Gilets Jaunes, de manifester pour contester la politique anti sociale et ultralibérale d'un banquier plongé dans le déni d'une réalité sociale, devenu méprisant et radical, aux seuls services de ceux qui ont financé sa campagne électorale et à qui il doit renvoyer l'ascenseur.

 

           La seule réponse de Macron est l’espoir du pourrissement en poussant les gens à bout, une stratégie indigne d’un responsable. Pire, face à la montée de la colère qui finit dans la violence face à une police qui excite et tire pour mutiler avec la bénédiction du gouvernement, voilà un Président qui cautionne de tirer sur sa propre population au même titre qu'un despote. Abominable. Et celui qui soutient ce genre d'acte dans un pays prétendument démocratique, pays des droits de l'Homme, ne vaut pas mieux.

 

           Et que dire du double discours de cet élu qui prétend qu'en France, il y a le droit de manifester son mécontentement, mais qui dans le même temps, interdit les rassemblements de protestions sociales, refusant d'admettre l’impossibilité de boucler la fin du mois avec 800 ou 1200 . Et que fait-il ? Rien, sauf du blablabla pendant des heures avec des élus choisis pour faire croire qu'il prend le problème à bras le corps, alors qu'au final, il a bien exclu le fond de la revendication des gens plongés dans la pauvreté. Tout aussi abominablement hypocrite.

 

           Quant à l'argument de dire que les Gilets Jaunes sont tous des casseurs extrémistes de tous bords qui veulent seulement casser, des antisémites comme le prétend BHL, c’est dévoyer la base de la revendication, c'est entrer de plein-pieds dans le révisionnisme et c'est aussi "dégueulasse" que de nier les chambres à gaz.

 

           Samedi 22 mars

           Raison de mon long silence sur ce journal en ligne… Aux alentours de minuit, j’ai achevé la rédaction de mon huitième roman. D’abord débuté en février 2016, au bout d’une cinquantaine de pages, je m’étais retrouvé dans une impasse. Puis l’année passée, une rencontre me donna la clef et l’idée d’un sujet nouveau.  Et ce que j’avais jadis écrit n’était pas inutile, au contraire. Certes, il ne serait pas le début du roman mais un paragraphe, totalement intégrée et à sa place. Reste donc encore le toilettage, les corrections du texte. Le titre ? Je n’ose même pas l’écrire, ni même donne un indice sur le sujet, car il serait bien susceptible d’inspirer des individus en mal d’inspiration. Pour sûr, il y en a… !

 

           Mercredi 13 février

           Madame Maggie De Block, Ministre de la Santé public de Belgique, pourriez-vous m’expliquer comment on peut estimer qu’un remède utile pour soulager sa vessie à la suite d’une infection urinaire puisse être considéré comme un médicament de confort, c’est-à-dire non remboursable par la sécurité sociale, prix plein 30 euros la boite de 30 gélules ? A croire que pour vous, soulager sa vessie n’est pas une nécessité utile à la vie, mais un simple luxe de bourgeois, au même titre qu’une pommade anti-ride pour les vieux beaux. C’est tout bonnement scandaleux.

 

           Jeudi 28 février

           « Y a-t-il une place pour un parti de droite franchement affirmé au sud du pays ? La question est longtemps restée rhétorique », écrit l’éditorialiste du Journal Le Soir.

           Déjà ne pas dire qu'un bœuf c'est un bœuf, c'est la mode du soft de ne pas qualifier le bœuf de radical et d'extrême droite.


           « La réponse fut testée sporadiquement de l’intérieur du parti libéral notamment par Jean Gol mais l’essai fut remisé au vestiaire pour (re)faire la place belle au libéralisme social », poursuit-il.

           En clair, tout le monde savait que Jean Gol était bien un adepte de l'extrémisme de droite, mais comme ces politiques sont tous des marchands de tapis, ils vont là où il y a le plus à vendre. Donc le libéralisme sociale (sic) du MR n'est rien d'autre qu'une vitrine derrière laquelle on vend de l'extrémisme.

 

           Et pour finir : « De l’extérieur, les tentatives du Parti Populaire de Modrikamen se sont réduites à un mouvement porté par un petit groupe d’individus qui a rapidement filé vers l’extrême droite. Où s’était déjà enterré le dissident libéral Roger Nols. »

           L'historique des dissidents du MR (PRL) démontre que lorsqu'ils s'en vont ailleurs, c'est toujours plus à droite.

 

           Dimanche 24 février

           C’est l’histoire d’un nazillon flamingant invité à Verviers pour présenter son livre anti-migrant, propagande orchestrée par des extrémistes de droite de la ville, en prévision de la prochaine élection du mois de mai. Le public attendu dans la salle de l’hôtel n’est rien d’autre qu’un ramassis d’admirateur de la Croix de Fer. Ce qui n’était peut-être pas prévu, est cette houleuse protestation d’une centaine de personne devant l’Hôtel pour contester la venue du fasciste notoire. Quelques chaises de terrasse ont volé en direction de l’entrée de l’hôtel, sur la fine fleur des partis populistes et quelques bosses sont apparues sur la voiture de l’auteur du livre, qui décampa aussi vite fait vers sa Flandre natale. Et voilà qu’on accuse la bourgmestre de Verviers d’avoir été présent sur les lieux de la protestation, d’être l’initiatrice des échaux fourrés, voire même d’avoir empêché la police d’intervenir pour contre carré les violences, ce qui est faux, au regard des vidéos existantes. Admettons que son langage a dérapé… Mais voilà que les adversaires politiques réclament sa démission sous prétexte que son statut de maire ne pouvait pas lui permettre d’être au sein de la manifestation, comme si un élu devenait asexué une fois qu’il enfilait une écharpe maïorale, lui interdisant ainsi de manifester son opposition politique. A ce train-là, les politiques ne peuvent plus se mettre en tête d’une manif ou autre marche blanche. Un vrai délire. Certains prétendent même qu’elle aurait dû recevoir son collègue avec révérence, comme s’il s’agissait d’une visite officielle entre deux représentants communaux. Puis apothéose, une plainte est déposée auprès parquet. Quelle fut son délit ? Les chaises envolées et les bosses de la voiture ne sont pas de son propre fait, mais de quelques têtes échauffées. Est-elle responsable des actes commis par d’autres ? La réponse est non. Bref, la campagne électorale se met à racler le caniveau, manière de discréditer cette élue et à la fois donner du crédit aux thèses immondes du flamingant nationaliste, un admirateur de Bob Maes condamné pour collaboration avec les nazis. On peut à la fois ne pas apprécie cette dame, ne pas être d’accord avec sa position politique et garder raison.

 

           Jeudi 21 février

           Bien sûr, devant les propos antisémites tenus à l’encontre d’une personne d’origine juive, philosophe ou pas, provocateur ou non, je condamne sans ménagement. La colère ne justifie pas tout, même si elle peut s’expliquer ; poussé par un sentiment d’injustice sociale, à bout de nerf, après des mois de protestation, constatant un déni général des élus qui instrumentalisent la question juive et extrémiste pour discréditer une contestation. Il faut oser l’admettre, c’est avec l’appui de nombreux médias et quantité d’intellectuelle, pour la plupart des courtisans du pouvoir ! Des propos haineux jetés par une poignée d’individus, éructé à la face de l’un des représentants les plus en vue, lequel est connu pour sa part de provocation, lui-même raciste et qui a toujours réduit à de l’antisémitisme la revendication des Gilets jaunes, qui n’est pourtant que sociale. Je m’interroge toutefois sur le fait de savoir si ces tristes mots auraient été prononcés dans ce contexte de la manifestation, s’il n’y avait pas eu la surdité de l’Etat et cette position négative de nombreux philosophes à toujours tout ramener à l’extrémisme et à leur judéité ? N’y a-t-il pas un contexte général de haine grandissant en Europe envers les nantis qui snobent les revendications sociales et qui finit par exploser à la figure de la première personne croisée dans la rue. Si les manifestants avaient croisé (par hasard sic) le chemin de Bernard Arnault, les insultes n’auraient-elles pas été portées sur des accusations de fraude à l’impôts, de fuite des capitaux vers des paradis fiscaux ? Une cristallisation individualisée en somme.

 

           L’autre pan du problème est aussi l’antisémitisme entretenu par une franche des pays musulmans. Il n’est pas anodin d’avoir entendu le mot « Palestine ». La radicalisation d’Israël flirtant avec une politique d’extrême droite, armée et colonisatrice n’apporte-t-elle pas sa part d’eau au moulin de l’antisémitisme ? Et ne m’accusez pas d’être antisémite sous prétexte que mon interrogation serait une manière habile de rendre coupable le peuple juif des accusations qu’on lui porte. Il ne s’agit pas de savoir s’il est oui ou non juif, ou encore si l’Etat d’Israël a le droit d’exister, mais celui de ces électeurs qui votent pour une politique qui réprime une communauté autre que la sienne, de confession différente pour s’approprier illégalement les territoires, manière de réduire à néant le peuple palestinien. Aucun argument fondé sur la judéité et ses souffrances ne tiennent la route. J’ai le sentiment que rien ne sera jamais possible avec la Nation Israélienne tant qu’elle poursuivra ces colonisations en tout impunité, se focalisant sans cesse sur une victimisation perpétuelle pour justifier aux regards du monde ses actes répréhensifs. Et ma réflexion n’est pas émise pour tenter de minimiser les persécutions récurrentes envers le peuple de confession juive.

 

           En résumé, utiliser l’argumentaire de l’antisémitisme pour jeter l’opprobre sur une revendication sociale issue d’un ras-le-bol général de la population la plus fragile est aussi dégueulasse que l’antisémitisme lui-même.

 

           Mercredi 13 février

           Mais où sont donc passés les adeptes du gouvernement NV-A - MR, qui squattaient la toile des médias pour dénigrer et mordre comme des pitbulls ceux qui pointaient du doigt le radicalisme, le déni et la surdité du laquais de la ville de Wavre ?

           Voilà que les gros malins, sachant mieux que les autres ce que c'était que de gérer un pays, sont subitement tombés dans une longue léthargie, comme anesthésié par la réalité qui les rattrape. Les auto-proclamés (pas écrivain - sic) expert en politique économique et sociale qui donnaient des leçons prétendument capables de mener sur les chemins lumineux du bonheur et de la prospérité pour tous, eh ben les voilà entrés tout droit dans le mur ! D’où la grogne générale (et pas qu'en Belgique), qui aboutit à cette preuve par quatre qu'en écrasant la couche sociale la plus fragile au profit des plus argentés, cela finit toujours par une explosion dans les rues. L’Histoire est là pour le rappeler. Seulement voilà, il y a la mémoire courte, l’ignorance, ou pire encore, le révisionnisme qui lobotomise ces mêmes ignorants.