Journal d’un écriveur

(depuis 1995  -  mise à jour régulière) 1934 pages

2021

 

             Vendredi 15 janvier

           Comment ne pas s’énerver devant le mépris, les aprioris négatifs et la mauvaise foi d’un commerçant qui vous regard de haut en estimant que votre production ne se vend pas et d’une certaine manière, qu’elle fait tâche dans sa boutique ? Il y a 12 ans déjà, lorsque j’avais placé chez lui le beau-livre « De Verviers et d’ailleurs » il avait rangé la caisse fermée sous une table et deux mois plus tard, cette caisse était toujours là, fermée. Donc, il acceptait le dépôt, mais refusait de vendre ? Tandis que le commerçant voisin avait vendu plus de 120 exemplaires !

           Certes, le temps avait passé et je me suis dit que, peut-être, il avait changé et qu’avec la sortie des deux romans cela serait différent. Que nenni. En il avait pris 6 exemplaires de « La Lignée Dorval », il en a vendu 1, qu’on lui a demandé, m’a-t-il dit (et je sais qui fut l’acheteur, puisque c’est moi qui lui avais conseillé d’aller là). Seulement voilà, il avait placé les livres sur les rayons vides, situés au niveau du sol, invisibles pour le public, à deux endroits différents, sans doute pour donner illusion d’une boutique bien fournie. Déduction faite, il accepte les dépôts des productions locales pour remplir ces rayons où jamais personne n’ira ramper sur le sol pour choisir un livre. Et pompon, il a le culot de lancer « que le livre ne se vend pas ». Ce à quoi, je lui rétorque que c’est lui qui n’en vend pas (ou plutôt qu’il ne veut pas en vendre), puisque son conçurent située à 100 mètres, l’expose aux yeux des clients et il m’a demandé à trois reprises de le réapprovisionner. Qu’il s’en vend aussi à Theux, à Battice, à Herve, à Visé, à Huy, à Liège, à Namur, à Bastogne… Renfrogné derrière son comptoir, avec dédain il me rend les 5 exemplaires de « La lignée Dorval », puis il suggère de lui laisser 1 exemplaire de « Gâteaux de lune » ; Autant dire qu’il n’en veut pas. « Qui a édité ? Vous ». Sous-entendu un produit médiocre qu’il cachera également dans les rayons du bas. Conclusion… Eh ben non, je ne laisse rien !

 

           Vendredi 1er janvier

           Ce matin, via ma page Facebook, j’ai reçu une volée de bois verts de la part d’une personne anonyme, qui pointa du doigts deux erreurs ortographiques concernant un message de bonne fin d’année. Je ne nie pas les erreurs, mais c’est le ton dénigrant qui dévoile les intentions de nuire.

           Je sais que je suis un lamentable écrivailleur distrait qui ne voit pas ses fautes quand je modifie et remodifie à l’en-vi un texte de manière à trouver la musique qui plait à mes oreilles, laissant ainsi en rade les accords nécessaires pour poursuivre mon idée. Je sais aussi que ce défaut est un fameux handicap dans le milieu des Lettres. Néanmoins, en principe tout texte édidé par n’importe lequel des éditeurs, petit ou grand, passe sous le regard minimum d’un correcteur. Et c’est bien ce que je fais lorque je publie un texte, celui-ci est d’abord lu par des lecteurs et il passe ensuite chez un correcteur.

           Sans vouloir dédouaner mes lacunes, venant d’où je viens, je peux vous dire que personne ne pourrait presque y croire ! Toute proportion gardée, je suis comme nombres de poètes des pays lointain qui ont une culture orale, mais qui sont dans l’incapacité de transcrire ce qu’ils viennent de déclamer ou de chanter. Pour ma part, je parviens quand même à coucher mes idées sur papier sans trop de difficulté, en travaillant et retravaillant le texte bien entendu, mais je dois batailler contre mes démons, qu’ils soient ortographiques, dislexiques et la distratction. Pour sûr, mes textes sont rédigés de ma propre main et non d’une secrétaire qui les transcrit en écoutant un dictaphone. « Je ne vais pas vous suggérer de prendre un nègre, m’a dit un jour un éditeur, vous avez la capacité de rédiger vos textes. Ce qui compte, c’est le contenu, la musique qui s’y dégage, pas vos fautes qui se corrigent. » D’ailleurs, un auteur populaire édité dans les plus grandes maisons d’édition n’a jamais caché ses lacunes ; Mais lui, il il est un descendant d’une famille respectable dans le milieu des Lettres parisiennes.

 

 

2020

           Mercredi 30 décembre

            Comme un cadeau de fin d’année… ! Hier arrivaient les exemplaires du roman Gâteaux de lune et ce jour la Sabam a versé la bourse d’aide à l’édition, au moment où j’expédiais par voie postale les exemplaires destinés à la presse. J’espère que celle-ci sera plus généreuse avec la sortie de ce roman, car on ne peut pas dire qu’elle a été attentive à la sortie de La lignée Dorval. Oh, il ne faut pas avoir le QI d’Einstein pour en deviner la raison ; Il n’y a que les hypocrites qui refusent d’admettre les aprioris négatifs. Et il n’est pas bon de donner ouvertement la cause, au risque de recevoir une volée de bois verts, être accusé d’un délirant complotiste. Peut-être qu’avec le roman Gâteaux de lune, un texte qui ne pèche pas d’avoir été victime d’un pillage, soutenu par une société bien connue par les artistes, que les omnipotents critiques n’y trouveront pas une bonne raison de le bouder.

 

           Mercredi 23 décembre

           En ces temps qui courent, dans cette région du monde, il n'y a malheureusement pas qu'un seul virus qui nous frappe - certes moins dangereux que le Covid 19 - il y en a d'autres qui viennent nécroser le langage quotidien. Il y a le "clik & collect", le free shop", le "take away", "home office" et bien d’autres raccourcis anglais qui ont leur équivalent dans la langue française. Serait-ce la paresse de devoir prononcer une syllabe ou deux en plus ? On encore serait-ce tout simplement cette vielle école de l’internationalisation à-tout-va, alors que le courant pousse plutôt à revenir au bercail, sans pour autant promouvoir le repli sur soi prôné par les extrêmes politiques.    

           Actuellement, il y a le slogan « Lisez-vous le belge » afin de pour promouvoir les Lettres francophones. Je crois qu'il serait aussi utile de lancer le slogan "le franglais discrimine", puisqu'il fracture et ne permet plus à tous de comprendre ce yaourt langagier. Le courrier publicitaire en provenance des banques, les séminaires et autres réunions d’entreprises sont devenus à moitié incompréhensibles tant ils sont truffés d’un d’anglicisme. Et la contamination touche aussi la presse, au point que les présentateurs du Journal Télévisé finissent par oublier qu’il existe les équivalents dans la langue française. La modernité n’est pas celle de suivre des modes réductrices qui passent et qui bien souvent affaiblissent un savoir.

 

           Jeudi 10 décembre

           Je ne vais pas tout dévoiler, mais je viens officiellement de remettre au cabinet du Ministre de la Culture, une proposition de modification, ou plutôt une adaptation de manière à coller à la réalité éditoriale actuelle, aux petites structures reconnues avec un numéro d’éditeur et qui respectent les conditions de choix littéraire, de qualité de l’ouvrage et de diffusion. Cela concerne spécifiquement deux points de la charte établissant ce que doivent être des éditeurs professionnels et la diffusion des livres ; Des règles actuellement établies par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui ne sont plus dans l’aire de l’Internet, mais encore de la proximité et de la demande des clients auprès des libraires. Un artisanat littéraire en somme, un auto-entrepreneur, un auteur à la fois éditeur et le circuit court, qui fournit directement le libraire, étant donné que les diffuseurs-distributeurs existants verrouillent leurs portes. Simplement permettre au petit d’exister en dehors de cette chaîne du Livre vieillissante mise en place après la seconde guerre mondiale.

 

             Samedi 5 décembre

           Jamais content me direz-vous… ! Deux mois et demi après avoir remis au médias nationaux 30 exemplaires du roman La lignée Dorval et des centaines de courriels et autres messages via les sites sociaux à destination des personnes susceptibles d’en faire écho, voilà un article sur un quotidien locale. Pas une critique littéraire ! Pensez bien… Juste l’annonce qu’un écrivain du coin a écrit et publié un bouquin qui raconte une saga familiale qui traverse la Belgique. Et que dire de son emplacement, dans la rubrique d’un village, comme si on annonçait la découverte d’une vache crevée dans la prairie d’un fermier ! La rédaction a fait le choix de réduire ce roman qui conte l’Histoire de la Belgique à un évènement mineur et ultra local, comme si seuls les habitants de ce village étaient concernés. Vous exprimez mon incompréhension devant ce mépris est peux dire ! Puisque dans le même temps, le roman est présenté dans la librairie Wallonie Bruxelles à Paris en face du Centre Pompidou. Et sur base d’une sélection, dans la cadre de Sabam For Culture, la Société des droits d’auteurs accorde une bourse à l’édition pour publier un second roman intitulé Gâteaux de lune.

 

           Dimanche 22 novembre

           Maintenant, les conneries cela suffit ! Comment les grands spécialistes en virologie et autres stratèges complotistes qui répandent leur savoir anxiogène sur les sites sociaux peuvent contester la nécessité de respecter un minimum les conseils sanitaires émis par les Centres de Santés Publics, puisque même confiné chez soi, en respectant la distanciation sociale avec un masque et un gel hydroalcoolique, en allant une fois sur quinze jours faire ses emplettes au supermarché et la boulangerie, on se choppe quand même le virus ? Dans ces conditions, qui peut encore prôner la méthode Suédoise, c'est-à-dire de faire comme si de rien n’était. Imaginez un peu le nombre de gens infectés qui se retrouveraient alors amassés dans les couloirs des hôpitaux sans pouvoir être soignés.

 

           Comment, avec un minimum d’intelligence on peut en arriver à cette conclusion, celle de relayer une propagande qui incite à braver toutes les consignes sanitaires et de bon sens, juste pour paraître un intellectuel intelligent et opposé à toute idée de réduire, je dis bien réduire, son champ de liberté afin de tenter de protéger ne fut-ce que soi-même et son voisin. Selon moi, quand la protestation met en danger la santé publique de toute une population, elle est une forme lavée d’un génocide qui ne dit pas son nom, puisqu’elle planifie consciemment la probable létalité d’un nombre de personnes répertoriées comme fragiles.

 

           Bien sûr, on ne reste pas non plus indifférent à la fragilité psychologique et au suicide ! On ne va tout de même pas s’amuser à échafauder des hypothèses, avec un hypothétique décompte de morts du Covid19 et des suicides, si telle ou telle méthode était appliquée pour tenter d’enrayer la pandémie. Il faut rester humble, se dire que de toute manière il y a (aurait) des victimes d’un côté comme de l’autre, que dans l’attente d’un remède, personne n’a encore la solution miracle pour faire face à la hauteur du drame. Puis que dire sur l’utilité d’une économie ? Elle n’est qu’un désert sans la vie derrière pour la faire tourner.

 

           Samedi 21 novembre

           Peut-on me reprocher ce quelque chose qui expliquerait que, même dans ma propre région, ma propre ville, il y a comme une volonté de passer sous silence l'existence d'un roman, dont le champ d'action se passe pour grande partie à Verviers ?

           Ai-je eu le tort par exemple de ne pas épargner la gestion de la ville depuis les années 1970, ou de décrire le théâtre qui tombe en ruine ? Aurais-je dû mentir, embellir la vérité, en faire une description artificielle pour plaire à l'establishment ? Il semblerait que désormais, il n'est pas de bon ton de relater ce qui saute aux yeux, car il faut positiver, dire que tout va bien, puisqu'il y aurait quand même du positif à défendre. Aimer sa ville et son pays c'est aussi pouvoir dire ce qu'il ne va pas !

           Personne ne peut prétendre que je n'aime pas cette ville en désuétude ? En 2008, j'y ai consacré un livre de photos "De Verviers et d'ailleurs". Une déclaration d'amour fut-il écrit. Dans un recueil de poésie édité cette année, j'y consacre aussi un poème dans lequel je déclame ma tristesse.

           Un dicton dit que lorsqu'on veut se débarrasser de son chien qui aboie de trop, on l'accuse d'avoir la gale.

 

           Lundi 16 novembre

           Pour info... La procédure judiciaire pour plagiat de mon roman La lignée Dorval entamée en juin 2013 est toujours en cours, à la cour de cassation (enfin en principe), car je ne nous vous raconte pas la pantomime avec un avocat payé 2500 euros et qui ne s'est pas présenté à l'audience fixée en 2018 (par conséquent une faute professionnelle), ce qui a permis à la partie adverse de demander la radiation du pourvoi. J'espère que la procédure a pu être réinscrite comme la loi l'autorise (le délai arrive à son terme)... ! Je dis bien j'espère, puisque c'est le silence radio de la part de cet avocat. Ma confiance est très limitée, pour ne pas dire nulle !

Pourtant, en 2018 il avait bien déposé le pourvoi à la cour de cassation ! Ci-dessous : Extrait:

 

1° Alors que le défaut de réponse à conclusions équivaut à un défaut de motifs ; qu'en jugeant que la contrefaçon n'était pas démontrée, sans répondre aux conclusions de M. Janssen selon lesquelles la SA Grasset et Fasquelle, en lui reprochant d'avoir manipulé les données du tableau comparatif des deux ouvrages pour en provoquer artificiellement la concordance, avait nécessairement, mais implicitement reconnu que cette concordance était réelle, la cour d'appel a violé l'article 455 du Code de procédure civile;

 

2° Alors que le juge est tenu de ne pas dénaturer les conclusions des parties ; qu'en l'espèce, pour rejeter la demande de M. Janssen fondée sur la concurrence déloyale et le parasitisme, l'arrêt affirme que « l'idée d'un personnage qui parcourt l'histoire est déjà présente dans de nombreuses œuvres littéraires et cinématographiques et son utilisation ne peut faire l'objet d'une appropriation, que ce soit à travers le droit d'auteur ou par le biais d'une action en concurrence déloyale et parasitaire» ; qu'en statuant ainsi alors que Monsieur Y..., au terme de ses conclusions d'appel, reprochait aux défendeurs des appropriations bien plus précises, écrivant que« Nous sommes dans des contextes romanesques identiques, un lieu identique, le même opéra... Les héros évoluent dans le même décorum, avec aussi une mère sur la scène, au cours de la même représentation théâtrale. Le développement, la structure et les descriptions sont les mêmes, et énième coïncidence, la scène se finalise par un quatrain... ! », la Cour d'appel a dénaturé lesdites;

 

3° Alors que la condamnation pour procédure abusive ne peut être fondée sur le comportement adopté par une partie en-dehors de la procédure et indépendamment d'elle ; qu'en condamnant M. Janssen à verser 3000 euros à titre de dommages et intérêts à la SA Grasset et Fasquelle et à M. Roegiers au motif qu'il avait été « à l'initiative de multiples articles publiés dans la presse », la cour d'appel a violé l'article 32-1 du Code de procédure civile par fausse application.

 

I. - Dans ses dernières conclusions d'appel (page 8), M. Janssen démontre que la société Grasset et Fasquelle a implicitement reconnu les similitudes entre les textes La lignée Dorval et Le bonheur des Belges. En effet, dans ses propres écritures, l'éditeur porte contre M. Janssen l'accusation d'avoir manipulé son texte pour le faire ressembler à celui de M. Roegiers. Cette accusation est infondée, mais elle est révélatrice. En accusant M. Janssen d'avoir maquillé l'une des colonnes du tableau comparatif pour aboutir à des ressemblances, l'éditeur admet que ressemblance il y a.

Dès lors, M. Janssen pouvait conclure « [... ] à partir du moment où il n'est pas contesté que les éléments avancés par le concluant résultent de son œuvre et concordent, de manière flagrante, avec le texte de M. Roegiers, qui lui est postérieur, la contrefaçon est reconnue implicitement, mais certainement ».

En jugeant que la contrefaçon n'était pas démontrée, tout en laissant les conclusions de M. Janssen sans réponse sur ce point, la cour d'appel a violé l'article 455 du Code de procédure civile. La cassation est encourue de ce chef.

 

II. Pour rejeter la demande de M. Janssen fondée sur la concurrence déloyale et le parasitisme, l'arrêt affirme que « l'idée d'un personnage qui parcourt l'histoire est déjà présente dans de nombreuses œuvres littéraires et cinématographiques et son utilisation ne peut faire l'objet d'une appropriation, que ce soit à travers le droit d'auteur ou par le biais d'une action en concurrence déloyale et parasitaire ».

Ce disant, la cour d'appel prête à M. Janssen des arguments qui n'ont jamais été les siens. S'il est évident que le concept très vague de « personnage qui parcourt l'histoire » ne peut faire l'objet d'aucune protection, M. Janssen faisait état de reprises beaucoup plus précises. À la page 26 de ses dernières conclusions, il écrit ainsi :

« Nous sommes dans des contextes romanesques identiques, un lieu identique, le même opéra... Les héros évoluent dans le même décorum, avec aussi une mère sur la scène, au cours de la même représentation théâtrale. Le développement, la structure et les descriptions sont les mêmes, et énième coïncidence, la scène se finalise par un quatrain... ! ».

En reformulant l'argumentation de M. Janssen pour la priver de tout caractère sérieux, la cour d'appel a dénaturé ses conclusions et, ce faisant, méconnu les termes du litige, en violation des dispositions de l'article 4 du Code de procédure civile. La cassation est à nouveau encourue.

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           Donc voilà, plus de langue de bois... Je peste, je réclame à corps et cri la vraie Justice, pas celle des copains qui protègent une institution éditoriale de Paris, laquelle fut, peu avant ma procédure, condamnée 3 fois pour plagiat et malfaçon.

          

           Oui, je n'ai pas peur de le dire, je suis 3 fois victimes, en premier lieu suite au plagiat, en second lieu suite au refus d'éditeurs craignant de publier ce texte, puis suite au mépris d'une classe qui refuse de reconnaitre et de faire écho de l'existence de ce roman.

 

           Jeudi 12 novembre

           Quand des intellectuels, comme par exemple des gens de Lettres, se hissent au haut de l’échelle avec la prétention de rejoindre une élite politique et sociale qui ne comprend plus les appels des gens d’en bas, il y a de quoi s’inquiéter sur la démocratie. Il y a peu, il se disait que les informations étaient trop confuses, trop complexes, trop compliquées pour que la population puisse respecter les consignes. Aujourd’hui, alors que le message est descendu au niveau du peuple, certes avec une apparence infantile, il est dénigré par ceux qui ne semblent pas saisir le second degré et l’humour qui s’y cache. Et même si les trois-quarts du pays ne fêtent pas la Saint-Nicolas, parce que « gnagnagna »… Et alors ! Ne faut-il pas avoir un esprit chagrin pour tout mettre à plat de manière à réduire en cendre ce que nous sommes, d’où nous venons ? L’infantilisation ou le paternalisme ne vient pas d’un discours aux accents naïfs adressé à Saint-Nicolas. Si le peuple, à l’abord instruit, n’est plus apte à saisir de cette nuance et cette subtilité destinées à « souder l’équipe » afin de sortir ensemble du cauchemar, il y a vraiment de quoi d’espérer.

 

           Dimanche 8 novembre

           Hier je regardais l’interview de ce médecin français prénommé Raoul et je me suis dit que sous ses airs d’honnête homme, par ses déclarations souvent un rien alambiquées, il alimentait les idées des complotistes. Je veux bien admettre que la principale transmission du virus Covid19 se fait par le biais des mains ! Mais comment les particules de ce virus arrivent-ils là, si ce n’est qu’en provenance de la bouche, du nez et même par les selles au moment de tirer la chasse d’eau ? Donc, lui, le symbole mondial de la contestation, l’argument favori des antis-masques, pourquoi ne le dit-il pas haut et fort afin de mettre un peu la pendule à l’heure ? D’autant plus qu’il admet qu’en milieu hospitalier l’usage du masque est obligatoire pour éviter la contamination et qu’un confinement strict serait la meilleure solution pour réduire la propagation et les effets dévastateurs de plusieurs vagues. Dès lors, la faille laissée ouvertes par ce bonhomme permet aux négationnistes d’accuser les États de vouloir réduire et contrôler les libertés. Du coup, quoi que peuvent prétendre ceux qui s’obstinent à nier les nécessités sanitaires, leur comportement influencent directement la courbe des contaminations. Et estimer que les médias sont désormais à la botte du pouvoir pour manipuler le peuple afin de le brider, me semble plus proche d’un délire collectif que celui de la raison.

 

           Samedi 7 novembre

           Avec les élections aux États-Unis, on se rend compte que le déni peut faire dire des horreurs comme celui de suggérer de planter une tête au-dessus d’un pic, de tordre la vérité pour démontrer qu’il y a un complot incluant toute la presse afin de voler la victoire. Et quand un présentateur afro-américain fond en larme à l’annonce du résultat des élections, voilà que déferle l’accusation de partisannerie des médias, accusés de presse d’opinion et non d’information. Mais dans quel pays existe-t-il une presse à l’étendue nationale qui n’est pas d’opinion ? Même les magazines en papier glacé le sont sans en avoir l’air ; il suffit de comptabiliser le nombre d’articles consacrés à l’un ou l’autre personnage ayant une préférence politique pour obtenir la réponse. Puis pour finir, depuis toujours aux États-Unis c’est la presse qui récolte les résultats électoraux de chaque État et qui est chargée d’annoncer le nom du nouveau Président. Alors les critiques accusant la presse de désigner le vainqueur ne sont pas du tout fondées, puisque les rédactions ne font que relayer les dépouillements transmis par les États.

 

           Vendredi 6 novembre

           Alors que les États-Unis attentent depuis 3 jours le résultat des élections présidentielles, dans son petit fief situé au beau milieu de l’Europe, la Belgique touchée de plein fouet par le Covid19, comptabilise le nombre de personne contaminée et décédée. Chacun retient son souffle dans l’espoir de ne pas être le suivant inscrit sur la triste liste. Le plus affligeant est des constater que malgré les preuves de la propagation du virus, alors que chacun connait l’une ou l’autre victime, un nombre croissant de gens poursuivent leur propagande en faveur de la liberté de circuler sans protection en s’enfonçant dans le déni. Bien sûr, on peut admettre que l’industrie de la Culture souffre, par contre prétendre que dans le sens de la création la Culture est étouffée et privée de ses voix, ce n’est pas très honnête. Que je sache, on interdit toujours personnes de critiquer le système ! Et puis, que vaut-il mieux, un artiste en mode d’attente, avec toutes les difficultés, ou un artiste décédé à cause du virus ? Oui, il y en a bien des morts et les rêveurs d’un autre monde ne seront plus là au moment de la libération pour enchanter un public moins nombreux, puisque celui-ci aura aussi disparu du plancher des vaches. Se sauver les uns les autres, voilà la perspective à tenir, quitte à accepter momentanément de vivre autrement. Mais voilà, ce n’est que mon opinion.

 

           Lundi 2 novembre

           Demain, élections aux États-Unis et je m’interroge toujours sur la notion de la prétendue et célèbre grande démocratie, avec ce système des grands électeurs. Il me semble que la clef n’est pas dans les mains du peuple, puisque ce n’est pas celui qui obtient le plus de suffrage en provenance des bureaux de vote qui est élu. Si au début du siècle passé ce système se justifiait, étant donné que tout le monde ne savait pas ou ne pouvait pas voter, compte tenu de l’éloignement d’un bon nombre d’habitants, il est aujourd’hui insensé de maintenir ce système. D’autant plus que celui-ci est désormais manipulé pour empêcher une catégorie de gens d’accéder aux bureaux de vote ! Dans les 3 ou 4 Etats comptant le plus grand nombre de grands électeurs, les villes à majorité blanche acquises au Républicain ouvrent souvent 2 à 3 fois plus de bureau de vote que dans les cités à majorité noire, laquelle se trouve privée de voter, faute de pouvoir accéder aux urnes. Cette pratique est une fraude organisée pour favoriser un candidat. Et que dire des propagandes mensongères des uns et des autres qui suintent les pratiques mafieuses. Non, je ne suis absolument pas en admiration devant cette forme de politique spectacle, du fric et du bisness qui cachent une tout autre réalité, celle du petit peuple en difficulté.

 

           Dimanche 1er novembre

           C’est la première fois qu’en ce jour de la Toussaint, je ne me rends pas sur la tombe de mes parents ! Oh, il m’arrive parfois de leur rendre visite pour tailler une bavette, leur dire que je ne les oublie pas, pour leur conter mes bobos et mes déceptions, comme je le faisais du temps de leur vivant ! Certes, ils ne me répondent jamais… J’ai souvenance que ma maman me disait toujours que malheureusement elle n’avait aucun moyen de m’aider dans mes affaires, ni par relation ni financier, juste le désir de me soutenir. Quant à mon père il ne me disait rien, tout aussi impuissant. L’un et l’autre était peu au fait de la culture littéraire, même si un jour quelqu’un leur avait dit que mes textes n’étaient pas à jeter au panier. Bref, ils espéraient bien que la chance finisse par m’arriver ! Puis plus tard, quand ils sont partis là-haut, ils en ont profité pour voir s’il y avait une personne capable de me débarrasser de la guigne qui me poursuit depuis mon adolescence. Faut croire qu’ils ne rencontrent toujours personne, rien n’a changé !

 

           Samedi 31 octobre

           N'ayons pas peur des mots, La lignée Dorval est L'UN des grands et excellents romans de cette année en Belgique, écrit en 2010, mais scandaleusement ignoré par une bonne partie de ceux qui devraient faire honnêtement leur boulot en faveur de la seule littérature. Et celui qui me jettera la pierre parce que je défends mon travail ne sera pas digne d'intérêt.

           Car accuse-t-on les fabricants de poudre à lessiver d'être immodeste lorsqu'ils disent que leur produit est le meilleur sur le marché ? Certes, me désirez-vous, il ne faut pas tout mélanger, mais pourquoi un auteur ne pourrait-il pas estimer avoir commis un bon roman, sans être qualifié de vaniteux ? Car il y a bien plus hypocrite, comme la fausse modestie avec l'espoir de se voir tresser des lauriers.

 

           Mercredi 28 octobre

           Ce n’est pas une critique, mais un petit rappel à ceux qui l’ont oublié… ! L’éthique du journalisme devrait être celle de toujours se mettre en quête de la vérité, tout au moins la plus proche possible, ce qui peut parfois remettre les pendules à l’heure ! L’honnêteté intellectuelle devrait surtout être la règle, conserver son libre arbitre et non se contenter de rédiger, même de recopier un article complaisant selon les influences ou les indications d’un agent de presse avec lequel il entretient depuis longtemps des relations professionnelles. Il ne devrait pas, en principe, lui offrir systématiquement la primeur de la promotion, bien souvent au détriment d’autres œuvres qu’il s’empresse d’ignorer, faute de temps dira-t-il pour s’excuser. La saine curiosité est une valeur qui devrait caractériser ce métier, sans jamais y avoir un apriori négatif sur l’identité d’un inconnu repris sur une œuvre, fut-ce même si celle-ci réveille une controverse. C’est à ce moment-là que doit entrer en jeu l’impartialité nécessaire à la bonne santé de la vraie presse au service de l’information, de la critique, de l’investigation, loin de celle du copinage, de l’industrie, du donnant-donnant ou de son intérêt personnel. Aller au-delà des apparences. Sinon, il y a conflit d’intérêt et une coupable partialité.

 

           Samedi 24 octobre

           On ne va pas se mentir, on peut être un héritier du siècle des Lumières, sans pour autant en être une, en particulier lorsqu’il s’agit de la science médicale ! Cela dit, on peut quand même avoir un peu de bon sens. Instruction ne veut pas dire intelligence et inversement. Il y a des domaines dans lesquels on ne peut pas forcément avoir toujours un avis, quel qu’il soit. Bien souvent, la partialité aboutit à des réflexions tronquées, loin de la réalité des événements devant lesquels on ne peut que tenter l’impossible. On peut comprendre les déceptions des uns et des autres, la crainte de voir toute une vie de son travail s’avanouir. Mais que vaut-il mieux, la ruine ou la vie ? Voilà le choix devant lequel aujourd’hui on est confronté.

 

           On sait que nombres de personnes sont prêtes à jouer à la roulette russe pour grapiller quelques sous. Comme l’écrivit La Fontaine dans sa fable : « Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés. » Si la médecine d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui, tout comme les mœurs de la société, comparaison n’est pas raison. Idem pour le nombre de décès à la suite d’accidents de la route, du cancer et autres maladies non transmissibles, non contagieuses. La propagande et les faux arguments font exception à la règle, surtout quand il s’agit de déni, de possible complot, de supputation et de probable manipulation, en particulier quand les sources et les avis divergent, faute de ne pas connaître une solution devant un phénomène inconnu. On peut dire que ce virus chinois a bon dos pour permettre aux uns et aux autres d’échafauder le pire des scénarios politique.

 

           Qu’importe, dit-on, s’il y a des morts, puisque c’est la vie de s’en aller un jour bouffer les pissenlits par la racine. Même si malheureusement c’est un peu plus tôt que prévu, faut bien y passer, en espérant surtout que cela soit d’abord son voisin. Puis que diable, dans ce cas-là, vive les économies, cela permettra d’assurer le paiement ma pension ; ce n’est pas négligeable. D’autant plus qu’on n’est pas non plus des bêtes sauvages et égoïstes, la pratique médicale permet désormais de réduire le nombre de décès, alors, que signifie cette poignée de gens au préalable fragiles ne résistant pas à « cette forte grippe », de toute manière ils allaient rendre leur âme à Dieu. Par conséquent, on ne va pas arrêter de vivre pour ces quelques vies sacrifiées, puisque pour ma part je crois pouvoir y échapper, je suis invincible, certes peut-être contaminé, à la fois contaminateur, mais pas en danger, alors, alors…

 

           Et puis, dites donc, je suis encore moins égoïste, je pense à mes enfants qui subissent ces restrictions, car soyons de bon compte, ils sont les victimes de la mort de ces vieux qui partent certes trop tôt. Mais que voulez-vous, place aux jeunes ! Vivons à 1000 à l’heure, allons le plus loin possible avec insouciance, le temps est compté, tant pis pour celui qui me croisera et, si je me pète la gueule contre un arbre ou sous un respirateur, salut les amis, j’aurai bien vécu.

 

Seulement voilà, il n’y a pas que les jeunes qui balancent la sagesse par-dessus leurs épaules. Tralala, bas les masques, à 70 ans ont fait la fête, on ripaille, on tape les cartes, on danse joue contre joue et advienne que pourra. Résultat, croyant entrer direct au paradis grâce à une vie bien vécue, Saint-Pierre leur indique l’enfers ou le purgatoire.

 

           Peut-être est-ce de ma part une réflexion de « vieux », mais je pense à mes parents alors âgés de 9 ou 10 ans, à mes grands-parents, qui durant 5 ans, le soir venu devaient occulter les fenêtres avec du papier journal pour que l’aviation allemande ne puisse pas avoir de repère, s’éclairer à la bougie, écouter clandestinement la radio avec l’oreille collée au diffuseur par peur d’être pris en flagrant délit par la gestapo. Puis passé des heures dans une cave, la peur au ventre quand ils entendaient l’aviation allemande raser le toit des maisons et les bombes qui éclataient ci et là. Comparaison n’est pas raison, ai-je écrit ci-dessus ! Pourtant, je me pose vraiment la question de savoir comment on peut dire aujourd’hui que l’on sacrifie la jeunesse pour protéger tout le monde, les anciens, avec le port d’un masque, un couvre-feu temporaire, un confinement chez soi avec un Internet, Smartphone, PC, TV, Netflix, etc… ? N’y a-t-il pas le dépassement d’une indécence à estimer que la vie, ne fut-ce que d’un seul être humain, ne justifie pas un effort collectif ?

 

           Mardi 20 octobre

           Lettre ouverte, suite à une réponse du Service Général des Lettres et du Livres de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

           Votre réponse est discriminatoire, puisque même si vous prétendez ne pas juger de la qualité littéraire du texte, vous le laissez sous-entendre en mettant en cause la partie éditoriale autre que celle établie selon vos critères de sélection et qui selon vous n’est pas digne de figurer dans le tableau national de la littérature.

 

           En fait, vous faites fi du contenu, de sa qualité, du respect éditorial et de sa diffusion dans les librairies indépendantes ; Car ces derniers sont heureusement moins restrictifs que votre administration, puisque la plupart d’entre eux a ouvert leurs tables.

 

           Votre veto est indigne du rôle que vous prétendez tenir pour promouvoir la littérature de ce pays, qu’elle soit à compte d’éditeur ou que l’auteur lui-même crée sa propre structure éditoriale avec un numéro d’éditeur, en respectant toutes les conditions de qualité éditoriale exigée. Vous ne répondez que sur l’impact financier du monde éditorial. Vous affichez « Promotion des Lettres Belges », alors que vous faites d’abord la promotion de l’industrie qui tourne autour de l’auteur. Moi je vous parle LITTÉRATURE !!!!! Promotion des Lettres !!!  Et malgré tout avec moi, les libraires belges, l’imprimeur de Charleroi (Crousse Graphic), Bpost ont aussi leur part. Dans mon cas, je n’enrichis pas l’industrie française, ce que vous faites à longueur d’années.

 

           Et ce n’est pas faute d’avoir cherché un diffuseur pour le placement en librairie ; Ils ont tous refusés, n’ont pas en raison de la qualité du texte, mais parce qu’il s’agissait actuellement d’un seul ouvrage. Alors s’ils ne veulent pas prendre leur part du gâteau, c’est leur choix, mais ne venez pas me le reprocher et m’exclure face à la décision de ces commerçants.

 

           Et que dire d’un agent de presse spécialisé en littérature qui, après avoir laisser entendre faire la promotion de ce titre, au bout de trois semaines, de me dire « qu’il ne peut pas prendre le risque de perdre ses clients », et je cite : « Les maisons d’édition qui me font vivre, qui remplissent mon frigo pour nourrir mes enfants… Je suis maqué par les éditeurs avec qui j’ai un contrat » Oui le mot « maqué » !!! Autant dire qu’on lui a interdit de faire la promotion de mon travail. Et un ami journaliste (sportif) de me signaler qu’il ne trouve personne dans une rédaction qui accepte de jouer le rôle d’agent de presse. Là aussi c’est leur choix de ne pas accepter 1500 euros pour le travail.

 

           Santana éditeur a un numéro d’éditeur qui n’est pas moins valable qu’un autre ! Pour vous, il y a donc deux sortes d’éditeurs, ceux qui méritent toute votre attention et les autres, négligeables, à reléguer aux oubliettes, malgré un tirage à 300 exemplaires, référencé à la Banque du Livre, diffusé dans les librairies de Wallonie et Bruxelles avec remise de 30%, de 40 % à la Fnac (voir liste ci-dessous), 30 exemplaires remis aux médias nationaux (journaux, revues, radio, TV), site internet et sites sociaux pour la promotion. Et le mépris de certains libraires et même le silence des médias est peut-être bien dû aussi à votre refus de référencer cette édition, à nier son existence.

 

           Je conteste votre position… ! Vous participez à anéantir 10 ans de travail nécessaires pour écrire un texte qui traverse l’Histoire de ce pays, vous participez à discréditer une œuvre qui vaut bien des dizaines d’autres que vous soutenez aveuglement sans connaître leur contenu, sous prétexte d’une édition à compte d’éditeur. Quand Hubert Nyssen (auteur que j’apprécie) publiait ses textes dans sa structure Acte Sud, vous ne lui avez pas fermé la porte. Le principe est identique. La Fédération ferme-t-elle aussi la porte aux frères Dardenne parce que leurs films sont autoproduits par leur propre structure Les Film du Fleuve ? Non. Alors pourquoi cette différence quand il s’agit de l’édition d’un livre ? Oui, j’accuse : Discrimination.

 

           Ayez donc un peu la dignité de prendre connaissance de ce travail qui n’a eu qu’un seul objectif, celui de dresser avec amour et critique le portrait de mon pays, texte achevé et déposé à la Sabam en 2010, présenté à des éditeurs, donc bien avant la parution d’autres textes qui n’ont fait que reprendre la route que j’avais dressée (dit par un éditeur), pour ne pas dire plus…  Permettrez-moi d’exprimer ma colère, mon indignation, ma tristesse… Vous excluez avec partialité et aveuglément une publication sur base d’un préjugé négatif, administratif, un apriori qui serait susceptible de porter préjudice à la réputation des Lettres Belges. Vous faites fausse route.

 

Liste des librairies :

Aywaille

La Montagne sauvage

Bastogne

Croisy

Battice

Boutique du Centre

Brugge

De Reyghere Boekhandel

Bruxelles

Fnac Toison d’Or

Bruxelles

Tropismes

Charleroi

Fnac

Charleroi

Librairie Molière

Herve

L’tits bouquins

Huy

La Dérive

Libramont

Le temps de lire

Liège

Fnac

Liège

Livres aux Trésors

Liège

Pax

Louvain la Neuve

Fnac

Malmedy

L’aventure

Marche-en-Famenne

Livre’s

Namur

Furet du Nord

Namur

Papyrus

Namur

Point Virgule

Neufchateau

L’Oxygène

Theux

De Perron

Verviers

La Traversée

Verviers

Les Augustins

Visé

L’oiseau lire

           Samedi 17 octobre

           Moi ceci, moi cela, moi tout savoir… Tous des génies de la gestion sanitaire, des lumières scientifiques sorti tout droit des universités du théâtre, du cinéma, des maisons d’éditions, de Facebook, d’Instagram ou de Twitter !

 

           Ce qui me sidère, c’est l’incrédulité d’un nombre croissant de personnes qui, face à la réalité de l’existence d’un tueur nommé Covid-19, poursuivent leurs thèses de désinformation en prônant une forme de résistance sous le fallacieux prétexte d’une privation de leur liberté ! Bien souvent, ces mêmes personnes contesteraient la désobéissance civile s’il s’agissait de défendre les plus démunis face à un gouvernement qui sape dans les revenus de remplacement au point de mettre les gens dans une précarité abyssale, au profit du libéralisme.

 

           En France aussi des énergumènes médiatisés enfoncés dans leur privilège social aiment ouvrir leur clapet pour défendre leur bisness au détriment de la raison collective. Au regard de leur statut, ces individus portent une responsabilité sur le déni grandissant comme une tâche d’huile ; laissant sous-entendre que les mesures prônées par un collectif sont stupides, inefficaces, sans la moindre raison scientifique. En réalité, des parasites de l’info qui se donnent de l’audience, tout en se faisant passer auprès de leurs courtisans pour des statisticiens, des puits de science en matière médicale et sociale. Des contributeurs aux thèses complotistes si chères aux extrêmes qui drainent un électorat favorable au chao et qui se complaint à une perpétuelle opposition dans le seul but d’exister.

 

           Jamais dans une société civilisée, à toute époque, la gestion d’une pandémie ne fut gérée de manière à laisser courir le virus au gré des écervelés, de ne pas dresser un frein pour tenter de l’endiguer. Il faut en arriver à ce siècle pour entendre dire que la liberté et l’économie est au-dessus de la santé publique, des jeunes comme des vieux. Ce qui ne veux pas dire que l’on ne comprend pas le désespoir des gens touchés par les restrictions et les fermetures. Mais faut-il laisser venir une hécatombe pour autant?

 

           Jeudi 15 octobre

Ah les chiffres des uns et des autres, ils s’accumulent et on leur fait dire ce que l’on veut, selon l’option choisie, c’est-à-dire « les pros » ou « les antis » masque ! Alors voilà, j’ai vu un tableau sur une page Facebook et il m’a fait dire tout de go que celui qui prétend que cela ne justifie pas les mesures de sécurité avait besoin de revoir sa copie. En effet, de nos jours en Belgique, tout comme les pays voisins, l'espérance de vie moyenne est de 80 à 81 ans (source ONU 2007). Et le tableau présenté indiquait que le taux de mortalité causé par le Covid-19 des personnes de 65 à 83 ans est de 40%. Donc il me semble tout bonnement impensable de minimiser la dangerosité de ce virus, de comparer ce chiffre avec celui de la simple grippe qui peut néanmoins se guérir, de prôner une immunisation collective avec ce truc que personne ne connait le remède, ni la solution ; sauf celui de jouer à la roulette russe et de se dire que « advienne que pourra » pour les vieux. C’est ruiner cette espérance de cette vie acquise. Abominable position. Une société qui table sur l’avenir en ayant dans les yeux que des chiffres, du fric et le bisness est voué à disparaitre sous le poids de son égoïsme et son inhumanité.

 

           Dimanche 4 octobre

           L’injustice n’a aucune limite… Suite à la publication de mon roman La lignée Dorval, il m’est venu d’un internaute le lien vers un article de journal qui avait été écrit au moment de mon accusation pour plagiat. Et je relis « que parce que mon roman n’avait pas trouvé un éditeur, que parce qu’il avait seulement était déposé à la Société des droits d’auteur (Sabam), eh ben que je n’avais aucune légitimité à accuser un écrivain, ni son éditeur (qui l’avait reçu 2 ans plus tôt) d’avoir pillé mon texte pour en faire un prétendu chef-d’œuvre. »

           C’est dingue de constater qu’un journaliste peu sombrer dans la malhonnêteté intellectuelle pour défendre un bonhomme intégré dans ce petit milieu littéraire qu’il croit appartenir. Il n’est qu’un valet. Et l’article ne s’arrête pas là, puisque pour lui, je suis un médiocre idiot n’ayant pas lu l’entièreté du livre commis par le voleur. Je me serais lancé dans une accusation sans fondement, juste pour sortir de l’anonymat. Quid de la réalité textuelle ! Car quiconque ayant lu mon texte- ce qu’il n’a pas fait - achevé en 2010, il lui suffit de lire le 4ème de couverture du texte sorti en 2012, pour comprend qu’il y a un souci.

           D’ailleurs, à la lecture complète du texte, un imbécile constate la malfaçon pour camoufler le plagiat. Il suffit de lire le premier chapitre de mon texte et les pages 60 à 75 de l’autre. Sans compter les cailloux parsemés ci et là comme le petit poucet !

           Tout fut détaillé dans le dossier d’accusation reprenant la partie fictionnelle de mon texte que l’on retrouve comme par magie dans l’autre. Mais bizarrement, le tribunal de Paris n’a rien vu, aveugle comme une taupe, une cécité qui suinte la partialité. Elle en devient évidente lorsque les deux jugements ne répondent jamais aux multiples éléments de plagiat présents dans le dossier, mais se contentent d’affirmer que l’Histoire de la Belgique ne m’appartient pas, point barre ; Ce que je ne n’ai jamais revendiqué bien sûr ! Il y a une telle complaisance envers celui qui a volé le travail d’un autre pour le compte d’un grand éditeur, que cela en devient indécent et malsain pour l’image de la Justice.

           Alors de grâce, ne me demandez jamais de me conformer, d’oublier parce que la vie est courte et que la santé est majeure, de poursuivre alors mon petit bonhomme de chemin en me contentant d’être quelques fois humilié par certains libraires, qui m’indiquent la porte de sortie lorsque je vais proposer, en dépôt, le fruit de mon travail que je publie moi-même, sans un support médiatique. Jamais.

 

           Jeudi 10 septembre

           Christian, la vérité n’est pas toujours bonne à dire, me dit-on souvent. La taire est pourtant une forme de complicité avec ceux qui ne veulent surtout pas qu’elle apparaisse au grand jour. Entre les deux, il y a l’omission ; dire sans dire, arranger le récit, occulter ce qui pourrait justement révéler cette vérité. Le but est de ne pas se retrouver sur le banc, exclus d’un petit monde qui tourne sur lui-même, qui s’attribue des privilèges, des prix, des récompenses, des subsides, des contrats, la notoriété. L’exemple éloquent est celui de ces académiciens qui ne pouvaient pas participer au concours organisé par l’Académie à laquelle ils étaient membres et qui, chaque année, chacun à leur tour, l’un d’entre eux se mettaient en congé pour pouvoir y participer et remporter le prix attribuer par leurs collègues.

 

           Est-ce une délation de révéler que lors de la publication d’un texte littéraire financé par l’auteur, qui respecte la charte de la qualité éditoriale, avec le tirage légal à 300 exemplaires, référencé à la Banque du Livre, l’information numérique via Internet et site sociaux, la remise des exemplaires à la presse pour la médiatisation, la présence du livre dans les librairies, un numéro d’éditeur attribué par la Bibliothèque Royale, le dépôt légal, etc, une revue littéraire éditée par la Communauté Wallonie-Bruxelles refuse de référencer l’ouvrage, ce qui pourrait permettre aux bibliothèques du pays et aux divers organismes de l’Education, d’être informé de la publication ? Mais non, une vraie discrimination, puisque le texte n’existe officiellement pas, donc pas de reconnaissance ni d’accès au réseau public. Une fois la protestation argumentée, la seconde réponse ne relève pas le niveau, puisqu’il me fut écrit qu’il m’aurait fallu obtenir une aide à l’édition « classique », c'est-à-dire demandée par « un vrai éditeur » afin de pouvoir apparaître dans la revue. En résumé, celui qui suce à la tétine de l’Etat est privilégié ! Ai-je demandé l’aide ? Non ! Car elle m’aurait été refusée, faute d’un contrat avec un auteur autre que l’éditeur lui-même. Mais oui, l’hypocrisie ne s’arrête pas là !

 

           Jadis, quand un écrivain reconnu créa sa boite dans le Sud de la France et qu’il se publia chez lui, on lui déroula le tapis. Quand un directeur littéraire et à la fois éditeur d’une maison d’édition réputée publie dans sa propre structure, on ne l’accuse pas de s’autoéditer. Ah ben non, me dit-on, ne faut pas tout mélanger, la maison à sa réputation ! Deux poids et deux mesures.

 

           Dans un autre domaine : Quand des cinéastes créent leur propre société de production pour réaliser leurs propres films, la commission de Wallonie Bruxelles ne leur répond pas qu’ils n’ont droit à rien, pas droit aux subsides, puisqu’il est question d’une autoproduction. Idem au théâtre lorsqu’un comédien monte sa pièce faute de trouver du travail. Personne ne discrimine les humoristes qui débutent en se produisant ; on les prétend courageux et méritants. Mais pour un écrivain, c’est « niet » à la reconnaissance administrative et médiatique.

 

           Lundi 31 août

           La pandémie politique prendrait-elle fin en ce dernier jour d’été ? Serait-on devant un miracle ? Une lumière serait-elle enfin apparue dans les esprits de ceux qui s’égaraient dans les ténèbres du radicalisme ? J’aimerais bien le croire ! Pourtant, quelque chose me dit qu’il ne s’agit que du dernier sursaut du patient. Vous savez, ce phénomène hospitalier bien connu, ces mourants qui reviennent à la vie durant quelques heures avant de tirer leur révérence, métastasés jusqu’à la moelle. Et il n’y a vraiment pas de bol ! Compliqué de s’en remettre à Dieu, d’organiser un petit pèlerinage dans un sanctuaire du pays, de Banneux ou de Beauraing, ils sont fermés pour cause de Covid 19 ! La Vierge Marie pleine de Grâce est elle aussi confinée. Aucune flamme allumée au bout d’un cierge pour éclairer le tunnel ; d’ailleurs, s’il y en avait une, l’Histoire nous apprend qu’il y a toujours quelqu’un pour la souffler afin de retrouver le chao qui lui permet d’exister.

 

           Lundi 24 août

           Le monde tourne de nouveau travers avec cette vague de radicalisme qui rappelle une époque que l’on croyait révolue. Mais tout n’est qu’un éternel recommencement. S’il y a bien sûr les nostalgiques de la chicotte dictatoriale, il y a surtout le phénomène d’une mémoire qui s’estompent, en particulier chez les jeunes n’ayant connu aucun témoin direct, gâtés par la vie, par le monde de consommation directe, où tout est à portée de main, suffit de cliquer sur un clavier informatique pour obtenir l’objet de son désir. Alors pour laver le cerveau des jeunes, voire aussi leur parents, les propagandistes et les complotistes passent par cette technologie. Très actifs et dans ce monde d’agressivité verbale, ils diffusent sans cesses de fausses informations, ils revisitent l’Histoire, ils idéalisent ce qui n’a jamais été autre chose que la soumission à une autorité radicale. Ils arrivent même à faire croire que la décision d’un gouvernement concernant une urgence pour la santé publique est du même niveau qu’un complot favorisant la restriction des libertés individuelles. Même pas peur de la contradiction idéologique ! La liberté n’est pas celle d’avoir le droit de tout faire par égoïsme, de bafouer une règle sociétale destinée au bien commun, même si parfois les décisions se contredisent faute d’une connaissance approfondie du sujet. Nier le danger sous prétexte qu’il y a d’autres cause de létalité revient à dire qu’il ne faut plus mettre sa ceinture de sécurité parce que des gens meurt du cancer. Voilà le niveau du discours diffusé et relayé par une partie de la population fatiguée de s’interroger sur le bien-fondé des recommandations. L’extrémisme s’est engouffré dans la brèche pour discréditer non seulement les spécialistes mais surtout la totalité des politiques. Degrelle disait qu’il fallait balayer tout le monde, car tous pourris. Et c’est bien ce qui se chante aujourd’hui.

 

            Et pour finir… « Parce que Elio Di Rupo a vécu la misère dans un baraquement, il veut que tout le monde y soit. » En lisant cela, je ne peux m’empêcher de bondir. Loin de moi l’idée de défendre quiconque, mais il faut mettre les choses à leur place historique. L’auteur de cette diatribe ne peut être qu’un crétin inculte qui se trompe de cible ! Sans le PS et les revendications syndicales qui le lient, oui, des gens seraient toujours logés dans des baraquements de la seconde guerre mondiale, sans droit ni sécurité sociale, tout ce que le libéralisme refusait d’accorder afin de conserver une main-d’œuvre bon marché, malléable à merci ; en quelque sorte, ce que l’ultralibéralisme actuel recrée, un réservoir de gueux.

 

           Mardi 18 août

           Ah, mon beau village natal Clermont-sur-Berwinne vient d’être élu « plus beau village de Wallonie » ! Je l’ai quitté en 1966 alors que j’avais 10 ans pour celui de Thimister, juste à la limite du territoire. J’y ai achevé ma désastreuse scolarité primaire. Puis en 1969, j’ai bien sûr suivi mes parents qui n’avaient plus d’autre choix que de s’en aller voir ailleurs si l’air social n’était pas plus respirable ; Car à cette époque, pourtant pas si lointaine, la faillite commerciale d’un homme ayant tout perdu, le reléguait au rang des pestiférés. Plus personnes ne voulait lui louer une habitation. Donc, direction Verviers de manière à entrer dans l’anonymat social de la ville pour tenter d’y construire une nouvelle vie.

           Mais voilà, malgré tout mon cœur y est toujours attaché, il y a là tous mes souvenirs d’enfance, cette période de joie et d’innocence qui furent malheureusement tout à coup brisées. C’est la terre de toute ma famille. Je l’ai pérennisée dans une partie de mon roman La lignée Dorval qui va bientôt paraître (si tout va bien en septembre), une saga familiale qui traverse toute l’Histoire de la Belgique.

 

           Jeudi 13 août

           Les choses se précisent… ! Les fichiers numériques pour l’impression du roman La lignée Dorval vient d’être remis à l’imprimeur. Livraison prévue le 31 août. Évidemment, côtés diffuseurs et distributeurs c’est silence total. Néanmoins, la Fnac Belgique accepte de placer le livre dans leurs rayons. Il sera bien sûr aussi sur Amazon. Entre-temps j’espère encore dégotter un agent de presse pour la promotion. L’idéal serait de pourvoir programmer la date de sortie le 17 ou le 24 septembre. Première semaine de septembre remise aux médias, seconde semaine dépôt dans les librairies. Cette aventure est sans doute une folie ! Je ne suis ni attendu, ni en odeur de sainteté vis-à-vis de quelques personnes qui m’ont qualifié de médiocre. Mon espoir repose sur la seule qualité du texte qui devrait surprendre les plus sceptiques. Par exemple, un journaliste du Soir et de la Libre Belgique ; Dresseront-ils une critique acide manière de ne pas admettre qu’ils ont craché sur moi pour défendre un plagiaire ? Ou mieux encore, garderont-ils le silence pour me mépriser, pour me laisser « là où est ma place », comme ils l’avaient jadis écrit.

 

           Vendredi 7 août

           J’avouée ne pas comprendre les interventions qui pullulent sur les sites sociaux et dans certains médias, de la part de ceux qui contestent la nécessité de préserver la santé publique de la dangerosité du Covid19 - virus contagieux au même titre que peut l’être la lèpre ou le choléra - qui se propage à l’insu de chacun. On sait bien que la faim et que d’autres causes de maladie sont mortelles, mais on ne peut pas comparer ce qui n’est pas contagieux à celui qui peut l’être au moment où l’on croise une personne dans la rue ou dans un magasin, il s’agit là d’un amalgame flirtant avec la malhonnêteté intellectuelle. Il se dit encore que porter un masque ne sert à rien, puisque de toute façon lorsqu’on fait un pet, odorant ou non, tout est traversé, le pli des fesses, le slip, le pantalon, la veste ; par conséquent un simple masque ne peut pas faire mieux. Cette idiotie n’est même pas risible.

 

           Oui, le nombre de cas à réduit comparativement au mois de mars, sans aucun doute grâce au confinement, ensuite au port du masque obligatoire (trop tardif suite aux cafouillages désastreux, à la mauvaise gestion des responsables politique). Par contre, ce qui me chagrine aujourd’hui, c’est l’argument de dire que les cas déclarés actuellement sont la conséquence de l’augmentation des tests. À mon sens, c’est bien la preuve que depuis le mois de mars, il y a des gens qui se trimballent et qui refilent le virus à leur insu. Par conséquent, à l’époque le nombre de contaminé comptabiliser était bien en dessous de la réalité et que sans le confinement et l’obligation du port du masque, il serait encore plus important. Et c’est la preuve supplémentaire qu’à ce jour, il y a toujours des gens qui sont contaminés sans le savoir et qui peuvent refiler le virus à une personne qui peut y laisser sa peau, jeune ou vieux. Arrivé à ce point de ma réflexion, là encore quelque chose me dépasse. Il serait devenu admissible de ne pas se protéger pour une prétendue « liberté individuelle », de contaminer les vieux sans souci, car cela serait statistiquement négligeable, parce qu’ils sont vieux, parce de toute façon ils ne sont pas loin de l’article de la mort. Vis-à-vis de la loi, vieux ou pas, on peut estimer qu’il s’agit d’un empoisonnement prémédité, un acte condamnable. Alors, elle se situe où la liberté individuelle ?

 

           Cela dit, il est évident que la pandémie ne donne nullement un blanc-seing au gouvernement pour établir des lois qui ne respectent pas le chemin du droit et que dans ce cas, il est utile de revenir à la base.

 

           Mercredi 29 juillet

           Certes, le rôle de la presse est de commenter, de critiquer, d’analyser, de dénoncer le contres vérités, les mensonges, les abus de toute sorte, les arnaques… Bref un quatrième pouvoir utile dans toute démocratie. Mais quand il s’agit de santé publique, que suite aux tergiversations des autorités coupables de peu de cohérence dans la gestion de la pandémie, que de surcroit il y a au sein de la population une vague de déni sur la dangerosité du virus qui pousse les gens à dénigrer l’utilité du port du maque, là je prétends que les médias sont coupables d’alimenter ce déni.

 

           En effet, leurs titres et leurs articles quotidiens aux accents d’interrogations sur le oui ou non de l’utilité du port du masque et du confinement, sur la virulence actuelle du Covid 19, donc moins criminel, sur la comparaison des chiffres du mois mars à ceux d’aujourd’hui qui seraient tout bonnement erronés, voire manipulé pour créer la peur au sein de la population face à un virus qui selon certains ne tuerait presque plus personne. Bref, l’idée du complot se conforte ainsi dans la petite tête de monsieur tout le monde qui se prend pour un médecin spécialiste. C’est donc ainsi que l’on se retrouve face à des gens qui n’ont aucun respect pour les autres. Hier je me suis écarté d’un homme qui promenait son chien de 40 kilos et qui m’a dit que sa bestiole n’était pas dangereuse, ce à quoi je lui ai répondu que je n’avais pas peur de son chien mais de lui. Le type m’a regardé un rien effaré avant que la pièce ne tombe au bon endroit.

 

           Du coup, je me suis demandé ce qu’il fallait à ces gens-là pour comprendre que ce virus est mortel et ravageur. Leur faut-il donc le décès d’un proche ? Il suffit pourtant de regarder les dégâts dans les pays des Amériques, des dizaines de milliers de morts. Est-ce parce que j’ai de nombreuses informations qui me viennent du Brésil, que je suis moins enclin à me laisser convaincre par les petits Bolsonaristes ou Trumpistes de ce pays qui squattent les sites sociaux ? J’ai des amis brésiliens qui ont des proches emportés par le virus. Donc, non, il ne s’agit pas d’une « grippette » mais d’un immense fléau. Et le fléau du déni pour favoriser l’économie et le bisness est tout autant criminel.

 

           Dimanche 26 juillet

           Que n’entends-je sans cesse seriner par une grande partie de la jeunesse qu’il faut arrêter de penser à la Belgique de papa, que celle-ci est morte avec les grands-parents traumatisés par les vieilles Histoires du passé et qui de nos jours n’ont plus lieu d’être, qu’il faut aller de l’avant. Tu parles… ! Tout au moins, la jeunesse flamande reprend aujourd’hui les mêmes codes que celles du grand-père Adolphe, avec le scoutisme comme base de formation de la jeunesse aux idées fascistes, arborant le drapeau flamingant lors des camps de vacances et, qui plus est, en envahissant le territoire du voisin pour diffuser leur propagande nauséabonde. Et quelle est aussi la différence entre cette jeunesse embrigadée par les thèmes de l’extrême droite et les groupuscules flamingants, jadis emmenés par des individus qui se retrouvent aujourd’hui au gouvernement de ce pays, et qui allaient se promener dans les Fourons en brandissant d’une main leur drapeau indépendantiste et de l’autre main un gourdin pour se farcir du Wallon ? Aucune ! Ce ne sont rien d’autre que des bébés biberonnés au fascisme à longueur d’année par leurs géniteurs et lobotomisés par des gourous admiratifs devant les cendres d’un malade mental Autrichien. Des nostalgiques qui refusent la condamnation de leur aïeux pour trahison à l’État Belge et qui n’ont que la haine comme moteur politique.

 

           Samedi 25 juillet

           En 1998, un avocat ayant reçu mandat pour remettre un document auprès de l’Office National pour l’Emploie, ne fit pas son travail et je fus exclu de mes droits sociaux durant 4 ans. Il refusa de reconnaitre son erreur. Corporatisme oblige, le bâtonnier couvrit son collègue. Mieux, ne trouvant donc aucun avocat pour entreprendre une procédure judiciaire pour réclamer réparation, je dus entreprendre seul la plainte auprès des tribunaux, qui me méprisèrent et me regardèrent comme un huluberlu. Malgré les preuves matérielles de la faute professionnelle qui allait forcément avoir une répercussion sur ma pension future - puisque je ne cotisais plus pour la sécurité sociale - les tribunaux refusèrent d'admettre mon préjudice et la responsabilité de l'avocat. Résultat, je fu condamné à payer les frais de justice de la partie adverse pour cause de procédure téméraire. Oui, oui… ! Et aujourd'hui, alors que je reçois les documents pour ma pension, je vois bien qu’il y a un trou de 4 ans de cotisation et qui me porte préjudice. À l’époque, tout le monde me prenait pour un fou ! Mais pardi, qui avait raison dans ce combat pour le droit que l’on m’a nié de bout en bout, avec le sourire en coin d’un magistrat lors de ma plaidoirie. Salaud d'avocat, salope de Justice !

 

           Dimanche 19 juillet

           Il fallait bien un jour que cela sorte… Mais quoi donc ? Pardi, ma colère devant la mauvaise foi des uns et des autres, les manipulations et les mensonges à répétition qui finissent par donner aux gens l’impression d’être grugé lorsque chaque jour on leur donne des versions autres de celle de la veille au soir, voire du matin au soir. La confusion donne ainsi du crédit à un complotisme d’État et sanitaire. Des acharnés du port du masque jadis pas obligatoire finissent par délaisser la prévention en estimant désormais que l’obligation actuelle est de la foutaise, juste une question d’économie pour vendre des masques et, malgré tout, sans le dire, pousser les gens à consommer, à voyager…

           Ils rejoignent ainsi les discours de Trump et de Bolsonaro, ces septiques du Covid19, ceux qui qualifient de grippette le virus qui est en train de dévaster leur pays avec des dizaines de milliers de morts. Les États-Unis, compte pourtant deux fois plus de décès que de tuer lors de la guerre au Vietnam ; laquelle mobilisa les Américains pour réclamer le retrait des troupes ! Mais ici, non… Il faut bien mourir un jour, ai-je entendu ! En quelques sorte, c’est l’acceptation d’être la chair à canon au profit de l’économie mondialisée.

           Sans l’avouer, puisque ce sont principalement les vieux qui passent l’arme à gauche, cela soulage les caisses publiques. Ce monde est pourri par la rentabilité des affaires publiques et privées qui parfois se confondent et instaurent des conflits d’intérêts. Des doubles discours qui ne font que renforcer la population de n’être qu’une marionnette à qui on exige de voter, puis basta, circuler y a rien à voir… Le reste ne sont que des affaires décidées dans les hémicycles feutrés, où les perdants avides de pouvoir deviennent des gagnants capables de s’allier avec la peste brune pour conserver les clefs.

           Et n’ai-je pas lu avec effarement un humoriste Belge vivant le plus souvent à Paris dire que cela valait mieux que le système présidentiel à la française, où le pouvoir est concentré dans une seule main. Prétendre qu’un système fagoté par des extrémistes, ne permettant pas de former un gouvernement dans un délai de quelques semaines, est mieux que celui de la France, cela relève de la psychiatrie. Bref, tout cela pour dire que peu à peu, à force de pourrissement, de propos contradictoires, parallèle un révisionnisme quotidien, le peuple nage dans le marasme sans plus savoir qui croire et, fatigué, le cerveau lavé, il finit par digérer l’inacceptable.

 

           Jeudi 9 juillet

           La Belgique est gangrénée par le communautarisme. D’abord au niveau Fédéral, piégé par la radicalisation d’une région vis-à-vis d’autre, une guerre linguistique qui traine depuis des décennies, aggravée par la crise économique et les exigences des radicaux flamands sortis tout droit de l’extrême droite fascisante, qui accusent les wallons d’être la cause de tous les maux économiques du pays. Ensuite au niveau local… Le meilleur exemple vient d’éclater à la ville de Verviers. Une guerre non déclarée comme telle, mais qui, sans le dire, suite le communautaire et le racisme. Le Conseil Communal est désormais scindé en deux avec d’une part, ce qu’il se dit dans la population, le clan de ceux qui sont blanc et qui portent un nom « de bien chez nous », donc les « Belges » et puis le clan des « émigrés » tout au moins de ceux qui ont un nom à consonnance exotique. Un élu et échevin du MR ne m’a-t-il dit, lorsque je l’ai croisé dans un petit chemin avec son chien, que les élus Turcs de la ville allait prendre leurs ordres à la mosquée et haranguer leur communauté pour prendre le pouvoir de la ville. Voilà bien un discours qui rappelle celui de l’extrême droite flamande de la N-VA et du Vlaams Belang. Et comme par ignorance la plupart du monde devient fou, ce même élu du MR ultralibéral fut traité de « sale juif » par les adeptes du clan des « émigrés ». Bref, tout cela sent mauvais et profite directement aux extrêmes de tout bord.

 

           Jeudi 2 juillet

           On dit toujours qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Alors se jeter des fleurs lorsque personne ne vous en jette, est-ce du narcissisme, un manque de modestie ? Quand vous faites face à de gens butés et méprisants qui vous toisent du haut de leur statut de « professionnel du livre », est-ce de l’arrogance de leur rappeler qu’une moitié de leur production vaux parfois que dalle, que leur seaux estampillés « pro » est souvent un jeu de l’entre-soi aux odeurs de complaisance, de revoit d’ascenseur, de courbettes, de compliments artificiels.

 

Voyez-vous, en 2010 lors de la Foire du Livre à Bruxelles, il me fut dit par une dame de Namur, alors que je lui proposais la saga familiale qui traverse toute l’Histoire de la Belgique, que cela ne servait à rien de lui remettre le texte, qu’elle n’allait pas le lire parce que, et je la cite : « Vous ne faites pas partie de mon sérail » ! Elle se prétendit une éditrice et au final elle ne fut qu’une vulgaire marchande de papier qui foula aux pieds la notion première d’un éditeur digne de ce nom. Bien sûr, il y en a d’autres tout aussi fermés, qui ne veulent rien savoir lorsqu’un quidam n’est pas auréolé d’une quelconque notoriété, fut-ce même n’ayant rien à voir avec la littérature, pourvu de fourguer sa camelote.

 

Un libraire vient de me répondre qu’il se fichait bien de savoir si le texte est bon, pour lui sa priorité était de présenter de livres distribués par des diffuseurs professionnels. À chacun de vous rappeler que vous n’êtes rien d’autre qu’un amateur, probablement un médiocre qui désire côtoyer le firmament littéraire.

 

Oui, je le dis, car personne ne lira pour moi (enfin si quelques amis anonymes), mon roman La lignée Dorval touche du doigt sa part d’humanité, un excellent roman qui mérite sa place dans le paysage culturel. Et que tous individus désireux de démontrer le contraire, aient la décence de le lire et de développer noir sur blanc leurs arguments ; contrairement à ce que firent en 2012 au moment de mon accusation de plagiat, des journalistes qui se contentèrent de dénigrer comme des vulgaires snipers, dans le seul but de défendre le « professionnel » afin de renvoyer « le médiocre à son anonymat ».

 

Ah oui, je n’oublie rien ! La vengeance est un plat qui se mange froid. Allez savoir, peut-être même que je finirais par défoncer cette putain de porte fermée à double le tour lorsque je serai froid à mon tour.

 

           Vendredi 26 juin

           Quand un prestataire de service dans l’édition se fait passer pour un éditeur, voilà ce que cela donne :

 

           « Après l'étude attentive de votre manuscrit, notre maison a le plaisir de vous annoncer qu'il a retenu notre attention. Afin d'en permettre la publication, nous vous invitons à découvrir nos différentes propositions de collaboration… »

Donc ça tourne mal avec ce qui suit :

Cout : 3370 euros pour 300 exemplaires

 

           Déjà, je refuse de payer pour être édité. Mais étant un peu avisé sur l’édition, par curiosité je fais un rapide petit calcul selon leurs conditions :

 

- Cout de l’impression de 300 livres : 900  

- 50 ex. pour moi qu’il présente comme gratuit alors que je serai le client ! C’est moi qui paye !

- Admettons encore qu’il y aurait 30 exemplaires pour les médias, le dépôt légal et autres.

- Il resterait 220 exemplaires à vendre au prix de 18,80 , avec 27% pour moi, un équivalent de 5 X 220 = 1.100

- Admettons encore que je puisse vendre les 50 exemplaires (gratuit ?) à 18,80 , cela me ferait 940

- Si par hasard je vendais tout, le total serait de 1100 + 940 = 2040 . De n’importe quelle manière, je serais déficitaire de 1330 euros. Un pigeon quoi !

- En plus, si je voulais des livres supplémentaires, je devrais les acheter à moitié prix, alors que je financerais l’opération, le coéditeur en quelques sorte; lui, n’étant qu’un exécutant qui utilise son réseau d’impression et de diffusion pour lequel il serait payé.

 

Et le prétendu éditeur recevrait 3370

- moins le coût de l’impressions : 900

- moins (à peu près) 500 ou 600 de gestion

- Il conserverait environ 1900 euros, que le livre se vende ou pas.

- Si par hasard le livre se vendait : il toucherait environ 3,8 par exemplaire ; 17,80 HTVA – 5 pour moi – 9 pour le distributeur et les libraires.

- Dans cette hypothèse, il empocherait 836 des ventes + les 1870 qu’il n’aurait pas dépensé = 2706

 

Cette pratique pour le nom d’escroquerie.

 

           Samedi 20 juin

           Admettons que ce sondage soit significatif… ! Face à la démagogie des partis flamands formant le gouvernement provisoire avec à sa tête le MR désireux de former à tout prix une coalition avec l’extrême droite flamande, comment s’étonner que les deux partis adeptes du radicalisme fascisant se retrouvent toujours avec 48 % d’intention de vote. L’Open VLD, le CD&V et le MR nourrissent bien l’extrême droite flamande depuis plus de 6 ans.

 

           Le plus aberrant est de constater que le MR flirtant avec la N-VA conserve malgré tout sa position, ce qui signifie que les électeurs formant le noyau dure du libéralisme sont toujours dans le déni face à la dérive droitière de ce parti. Quant à la popularité de Willems, mettez un canasson à la tête du gouvernement et vous le rendez populaire ; tous les Premiers Ministres le sont devenus et ils ont tous caracolés en tête des sondages ! Le peuple est généralement aveuglé par la notoriété et ils votent comme des papillons attirés par la lumière.

 

           Le plus inquiétant est de constater un léger recul du PS. Certes, il est la tête de la Région Wallonne, mais il est toutefois en coalition avec les libéraux qui cautionnent la politique menée. Contrairement au MR, Magnette est aussi celui qui propose la formation d’un gouvernement fédéral le plus au centre, excluant les extrêmes de droite comme de gauche. Le radicalisme gagne donc les électeurs ; ceux-ci tombent soit dans le piège des discours populistes du PTB, soit ils restent accrochés à ce miroir aux alouettes du MR qui ne nie pas son désir de rejoindre l’extrême droite de la N-VA.

 

           Mardi 16 juin

           Sans doute n’ai-je pas été assez complet ce dimanche 14 juin concernant la colonisation du Congo.

 

           Oui, l’État Belge est tout aussi coupable que Léopold II au sujet des violences commises au Congo.

 

           D’abord, pour financer sa colonie privée, le roi demanda un prêt au gouvernement de l’époque, qui eut la faiblesse de lui accorder. Ensuite, au décès du monarque, la Belgique reçut la colonie en guise de remboursement de la dette ; le roi n’avait jamais rendu l’argent, malgré la fortune amassée. En fait, l’État fut un peu comme une banque qui saisit le bien du mauvais payeur. Et que ce passa-t-il par la suite ? Durant des années, l’État ne changea rien au système mis en place et cela avec la complicité de la Général de Belgique toute puissante et autres investisseurs industriels.

 

           Oui, le roi Baudoin a aussi sa responsabilité en ayant donné son feu vert pour assassiner Lumumba, parce que celui-ci avait eu l’audace de pointer du doigt les exactions des colons lors du discours de l’indépendance du Congo. Et qui fut placé sur le trône ? Un dictateur tout aussi sanguinaire que ne furent les colons.

 

           Il n’est donc pas question de nier l’évidence au regard des nombreuses études scientifique ; les responsabilités des uns et des autres sont très claires : la colonie engendra aussi des massacres pour un enrichissement après le décès de Léopold II.

 

           Oui, il y avait déjà à l’époque du roi des carricatures et des articles dans les journaux qui dénonçaient des actes commis dans la colonie, une opposition politique, par contre elle était minoritaire, peu relayée, pas entendue par la population, niée par ceux qui détenaient les manettes du pouvoir politique et financier. Même l’Eglise à travers ses religieux le savait, mais l’omerta était de mise afin de ne pas remettre en cause la mission d’évangélisation.

 

           Les années 1950-1960… Comme de nombreux enfants du village, j’ai été un enfant de chœur. Quelques familles avaient en leur sein un religieux, un Père Blanc de passage durant quelques semaines et nous étions honorés de les servir lors des offices ; même si parfois ils se montraient dominateurs. Après l’indépendance du Congo, l’ignorance était toujours de mise au sein de la population, ces hommes étaient admirés, car il se disait dans les chaumières qu’ils faisaient le bien pour « les petits africains ». Finalement, c’était l’une des seules images de la colonie véhiculées, des Pères Blancs qui par leur tenue blanche dégageait une aura. Sans oublier encore la fameuse publicité banania qui montrait un homme noir tout sourire. Du coup, il est assez simple d’imaginer comment cette colonie pouvait être perçue par le petit peuple en 1900 !

 

           Voilà, voilà… De tout temps, il y a bel et bien une époque que « les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre » et qui explique les raisons pour lesquelles il est malsain de regarder l’Histoire des civilisations avec un œil plus contemporain, particulièrement celui d’aujourd’hui, où tout est diffusé dans l’immédiat par les uns et les autres à travers le monde.

 

           Dimanche 14 juin

           L’indéfendable radicalisation de part et d’autre.

 

           A-t-on encore le droit de s’insurger devant tant de positions contradictoires qui flirtent avec la malhonnêteté intellectuelle, voire une radicalisation de part et d’autre ?

 

           Personne ne peut le nier… Même sans-y-avoir jamais mis les pieds, le second roi des Belges reste l’initiateur de la colonisation et l’organisateur de ce qui se passait sur place. Nier qu’il ne savait rien, revient à mettre la tête dans le sable ; à cette époque Léopold II était l’un des monarques le mieux informé au monde. Accuser les Anglais ou un auteur Américain d’avoir inventé une légende sanguinaire pour se venger de ne pas avoir réussi à s’accaparer la riche colonie privée est tout aussi ridicule. L’Histoire des colonies est ce qu’elle fut à une époque bien donnée et à travers le monde, aucune ne fut sans massacre et on ne peut la réparer qu’avec une reconnaissance des faits. Oui, Léopold II est coupable de crime comme le sont tous les colons, de Christophe Colomb à Charles De Gaule !

 

           Oui, les colonisations ont enrichi l’Europe au détriment des populations locales, avec le sang versé sur les terres fertiles, l’extraction des sous-sols, un cambriolage du coffre-fort. À l’époque, avant la colonisation, les locaux ignoraient aussi toutes les richesses que contenaient leur terre. Cela dit, rien n’est justifié : Voler avec violence, reste voler avec violence. Notre regard est horrifié sur cette période. Par contre, le regard des hommes de cette époque était tout autre, pas très humaniste envers les habitants des autres continents. Alors, puisqu’on en est là, occupé à juger les actes passés, va-t-on avoir à notre tour le courage de nous condamner (nous-même) pour les exactions commises par nos aïeux celtiques en furie qui traversèrent le Rhin vêtus des culottes en forme de sac à patate (dit les Belges) et qui décapitaient à-tout-va les habitants de ce territoire qui fuirent en Angleterre ? Pas de quoi être fière de nos origines ancestrales - si tant est que nous sommes de cette « race pure » ! Demandons pardon aux Anglais.

 

           Les décolonisations à l’ancienne (car il reste les colonies économiques) sont évidemment salvatrices pour les populations, sauf quand ce sont des dictateurs du cru qui émergent avec la complicité des ex-colons. Que l’indépendance de ses territoires soit mieux ou moins bien après de départ des colons, la question n’est pas là. Le sujet est celui de savoir s’il faut déboulonner les hommes de cette époque qui ont organisé et participé à ce qui était présenté comme des missions civilisatrices et chrétiennes pour sauver ce peuple de l’enfer, tout en s’appropriant les richesses. De tout temps, l’homme est vénal, il regarde toujours s’il ne peut gonfler son portefeuille tout en présentant ses actes comme humanitaires. À ce jour, aucun pays n’intervient ci et là dans le monde sans avoir en toile de fond un intérêt financier. Rien n’a changé.

 

           Les opinions des uns et des autres qui se diffusent actuellement, surtout de certains intellectuels, sont pour le moins inquiétantes. Par exemple, il est malhonnête de comparer un colonisateur comme Léopold II à Hitler, Staline ou Pinochet. Si le premier est bien coupable d’avoir extorqué par la violence les richesses de sa colonie, il n’a jamais exterminé sa propre population pour s’imposer au pouvoir, ce qui fit Hitler avec les Juifs Allemands, Staline avec le goulag et Pinochet avec les opposants à son régime militaire. Donc, argumenter que s’il n’y a pas de statue de Hitler en Allemagne, il ne doit pas y avoir chez nous celle de Léopold II est un non-sens, pour ne pas dire une position politique, anti-monarchique au regard de la Constitution actuelle. Léopold II fut un roi certes mégalomane, estimant que la Belgique était trop petite pour son ego démesuré, voulant être à la hauteur des grandes puissances, responsable d’une colonisation violente, par contre il ne détruisit rien en Belgique, ni son peuple, ni son patrimoine, ni la mémoire de ses habitants par des actes de révisionnismes. Par conséquent, il a sa place dans l’Histoire du pays, là où d’autres statues trônent au coin des rues.

 

           La vague de cette perte de sens critique et de radicalisation actuelle est causée par l’ignorance, la faute du savoir, la réduction de l’enseignement concernant l’Histoire. On réduit tout en slogan sur les réseaux sociaux sans approfondir un sujet, ni même en le remettant dans son contexte. Et le phénomène se produit autant de la part de ceux qui dénoncent à juste titre le racisme et les exactions de jadis (utile pour un devoir de mémoire), que les radicaux de l’extrême droite qui passent la main dans les cheveux de ceux qui ont commis des actes répréhensibles au regard de l’Histoire. Finalement, les uns nourrissent les autres par leur idéologie incompatible.

 

           Jeudi 11 juin

           Au sujet du Brésil, de l’extrémiste Bolsonaro et du soutien qu’il reçoit encore de la part d’une partie de la population qui n’a encore rien comprise, un ami se déclara déçu du peuple brésilien. Bien sûr, je partage son avis. Seulement voilà, peut-on en Europe leur donner une leçon ? La dictature fut abolie là-bas en 1984, une bonne partie de la population la connue et pour certains la regrettent, transmettant ainsi leur nostalgie à leurs enfants. Chez nous, la guerre du fasciste teuton est terminée depuis 75 ans et s’il reste certes quelques témoins directs en âge de se souvenir, la plupart des gens ne l’ont pas connue ou ils ne se souviennent de rien dû à leur trop jeune âge. Les récits transmis ne sont donc que par des témoignages indirects et il y a toujours des adeptes du fascisme qui tendent le bras devant une Croix gammée. Plus de la moitié d’une Région a voté pour l’extrémisme de droite. La Belgique a ses Bolsonaro en plus softs ; ne soyons pas naïf, le fascisme est déjà au pouvoir chez nous depuis plus de 5 ans. Il y a quelques années à peine, au Portugal dont la dictature s’est achevée en 1974 avec la révolution des œillets, le personnage du siècle choisi par la population était le dictateur Salazar. En Espagne le retrait de la dépouille de Franco conservé dans son mausolée a vu grandir une contestation de nombreux nostalgique. C’est triste et regrettable de constater que la peste brune n’est pas encore éradiquée, qu’elle renait de ses cendres… !

 

           Jeudi 11 juin

           Sachez-le, puis dites-le une bonne fois pour toute autour de vous, amusez-vous, répétez-le, écrivez-le, partagez-le… Et après, foutez-moi la paix.

 

           Oui, je suis un dyslexique orthographique et lorsque je rédige un texte, je commets des fautes à la pelle, j’orthographie de travers et je ne les vois pas en me relisant.

 

           Oui, je fais corriger mes textes qui sont en principe destinés à prendre la forme d’un livre et à voir un jour les yeux d’un lecteur.

 

           Oui, je suis un rêveur et je m’évade dans une littérature qui est la mienne, avec ses défauts sans doute et peut-être ses qualités et je me dis que mes travaux mériteraient néanmoins d’être accepté comme ils se présentent et non comme le lecteur voudrait qu’il soit lorsqu’il s’agit d’un auteur qui n’est pas encore publié.

 

           Oui, je suis un autodidacte reclus dans mon fief, loin de l’entre-soi et des courbettes en usage dans un monde qui n’est pas le mien et dans lequel je ne me sens pas non plus à ma place.

 

           Oui, je refuse de payer un éditeur quel qu’il soit, les faux qui ne sont que des imprimeurs, les escrocs, puis les prétendus à compte d’éditeur qui attendent que vous déposiez une liasse sur leur bureau pour accepter votre texte.

 

           Oui, j’ai eu en horreur l’école, le jour où j’ai mis le pieds dans la cour et que j’ai entendu que « voilà le fils du blabla » de celui qui a vu ensuite son commerce partir à la ruine.

 

           Oui, j’étais considéré comme un cancre qui s’est vu affliger des punitions casi quotidienne, à devoir rédiger 20 fois un verbe à toutes les personnes du tableau grammatical, un exercice qui m’a poussé à détester la matière, à refuser le bagne.

 

           Oui, ma scolarité fut un désastre peu enviable, mon seul fait d’arme est peut-être d’avoir eu un jour à l’âge de 11 ans, le courage de me dresser devant l’instituteur pour lui dire non, de ne plus accepter cette persécution et de quitter la classe en plein cours pour rentrer chez moi.

 

           Oui, faute d’une réussite scolaire, j’ai eu en horreur ce que l’on a voulu faire de moi, un carrossier ou un tourneur, sans doute une détestation traumatique à tout ce qui avait un rapport avec la mécanique, la sidérurgie, la graisse et le cambouis.

 

           Oui, durant longtemps je ne savais pas ce que je voulais devenir, ma vie d’adolescent fut un long chemin stérile et chaotique.

 

           Oui, je bégaie quand je m’énerve - le phénomène était plus important lorsque j’étais enfant - et cela depuis le jour, pour me punir, à l’âge de 2 ans ma maman (elle l’a toujours regretté) m’avait enfermé dans la cave, dans le noir, hurlant de peur, j’avais dévalé les escaliers en béton, ce qui me causa une bosse sur le crâne.

 

           Voilà, c’est dit une bonne fois pour toute et qu’on arrête de pointer du doigt mes défauts, mes lacunes, mes lubies, mes espoirs et mes rêves un peu fous. Je les connais très bien, pas besoin de me les ressasser dans le seul but de dénigrer ou de mépriser un homme qui malgré tout est resté debout. Vous n’aurez pas ma peau

 

           Mercredi 10 juin

           Je lis sur un site social que l’on a déboulonné à Anvers une statue de Léopold II, sans conteste un monarque esclavagiste et mégalo, un despote comme ils l’étaient tous à la même période, puis un professeur d’Histoire s’aventure dans une comparaison avec le président Vaclav Havel, comme tout le monde le sait un président de notre époque où les colonisations ne sont plus d’actualité. Ce à quoi, je lui fais remarquer que comme prof d’Histoire, il ne doit jamais porter un jugement d’une époque avec la mentalité d’aujourd’hui. Et sa réaction fut édifiante : « T’es prof toi ? » Un tutoiement de vacher qui en dit long. Et comme sur les Smartphones il y a ce satané correcteur qui vous transforme automatiquement les mots et les accords sans vous demander votre avis, dans le feu de l’action vous postez… Et la suite est une critique sur la forme, pas sur le fond, ce qui est toujours l’argument de ceux qui n’en ont pas. Une époque de radicalisation qui se retrouve aussi chez les quidams qui squattent les sites sociaux.

 

           Vendredi 5 juin

           Je ne me l’imaginais pas comme cela, ce coup de bambou sur le crâne à l’instant où je découvris dans ma boîte aux lettres cette belle et grande enveloppe contenant le compte à rebours de ma prétendue vie active pour celle d’un congé à perpétuité.

 

           Je ne me l’imaginais pas aussi brutal ce rappel qui vient te dire que déjà tu vas bientôt passer un cap de non-retour, celui d’une douce retraite qui, l’air de rien, te mène pas à pas sur un chemin chaotique de plus en plus escarper et étroit.

 

           Je ne me l’imaginais pas aussi tenance et récurrent mon regard attristé posé sur ma vie boiteuse, sans éclat ni fait d’arme digne d’être rapportée pour mériter une salve d’applaudissement, une litanie de compliments suivis de joyeux hourras.

 

           Je ne me l’imaginais pas ainsi, hébété dans la solitude de ce maudit confinement causé par un virus venu d’ailleurs, le regard perdu à travers la fenêtre baignée par le soleil printanier, comme s’il s’agissait du dernier tronçon à parcourir.

 

           Je ne me l’imagine toujours pas… Mort aux vaches et aux couillons, pour sûr je vais m’en aller quelque part, les mains fourrées dans mes poches trouées, le nez au vent, le front battu par la brise iodée, tel un fugitif saltimbanque.