Journal d’un écriveur

(depuis 1995  -  mise à jour régulière) 1934 pages

2020

           Jeudi 16 janvier

           Entendu ce jour dans une librairie lors d’une conversation entre trois clients:

- On a volé mes échelles et je les ai retrouvées abandonnées dans une rue pas loin de mon chantier.

- Peut-être des jeunes qui les ont prises simplement pour aller voler…

- Ou simplement après avoir fait pari, style « tu n’es pas capables de le faire. »

 - On ne peut plus faire justice soi-même, mais si je mets la main dessus, ils ne le raconteront pas.

En moi, dans ma tête, sans m’exprimer : Oh là, messieurs, a-t-on jamais pu faire justice soi-même ?

- Avec ces jeunes chômeurs et ces migrants qui n’ont rien à faire, sans argent et qui deviennent des délinquants. Et à côté cela, il y a moins de policier.

- On s’étonne alors qu’on a envie de voter pour l’extrême droite, pour que le ménage soit fait.

 

Bref, une conversation de bistro qui en dit long sur la mentalité radicale qui s’installe peu à peu dans nos régions.

 

           Mercredi 15 janvier

           On ne doit jamais juger une œuvre, bonne ou mauvaise, même si son auteur est une crapule ou qu’il défraye la chronique judicaire. Par contre, un crime d’abus sexuelle commis par un auteur, célèbre ou non, lui n’est pas excusable, indépendamment d’une carrière prestigieuse. Et il n’y a pas non plus d’excuse sous prétexte que les mœurs étaient différentes à une certaine époque, puisque le crime reste, même si un milieu de privilégié fermait les yeux.

 

           J’entends aussi que l’on pointe du doigt un certain nombres d’artistes connus pour les mêmes faits et qu’il faut tous les boycotter. Là, je suis plus nuancé ! Je crois qu’il faut savoir faire la différence entre un auteur qui a commis un crime sans l’avoir conté ni utilisé pour créer son œuvre et celui qui a construit sa carrière sur la base de ses déviances sexuelles. Si l’un et l’autre méritent toutefois une poursuite judiciaire pour leurs actes, la différence doit être faite au niveau artistique. Par conséquent, le retrait des œuvres de celui qui a établi sa réputation sur ses déviances sexuelles est totalement justifié et cela malgré les années passées dans l’impunité.

 

             Mercredi 8 janvier

           Je me suis rendu ce matin dans une sandwicherie et lors de m’a commande, la serveuse ma demandé : « Avec cruauté ? »

Je lui ai répondu : « Surtout pas ». Avant d’enchaîner : « C’est un lapsus… ! J’imagine que vous vous adressez à quelqu’un, là ! » Et la dame de me regarder un peu gênée, alors que sa collègue s’écroulait de rire derrière le comptoir.

 

           Lundi 6 janvier

           Quelle confusion ce dernier dimanche lorsque j’ai dit à une personne que je « paressais » toute le journée… Elle m’a demandé où je « paraissais ». Du coup, je me suis vraiment interrogé si le verbe « paresser » existait. Eh ben oui ! Il est vrai que suite à une prononciation un rien aléatoire, il y a de quoi donner une mauvaise interprétation.

 

           Donc oui, je paressais, chez moi. Peut-être même bien qu’il s’agît d’un découragement, un temps de réflexion pour savoir s’il ne serait pas préférable d’envoyer tout valdinguer par-dessus bord, de ventiler mes neurones en me débarrassant de ces poids qui me pèsent et qui m’épuisent. M’arrêter et puis basta ! Une sorte de « advienne que pourra » de mon destin, du temps qui me reste. Soit la misère dans mes vieux jours ou une consécration trop tardive pour m’en réjouir. Car à chaque cap de mon existence, je me souviens avoir cru à une certaine délivrance. Juste après une notice de la part d’une personne très influent, pour mes 40 ans, il y eut même un gâteau en forme de livre. Á mes 50 ans, âge souvent présenté comme celui de l’expérience et du sérieux, je me disais que cela serait celui du départ. Á mes 60 ans, celui de la sagesse combinée avec l’expérience de la vie et du savoir, une analyse sans concession et la justesse du propos, porte et fenêtre allaient devoir s’ouvrir, comme l’heure de la révélation. Que nenni. Cela dit, quelques choses me pousse pourtant à ne pas me résigner, à ne pas donner raison à ceux qui ne croient plus en rien, qui sont finalement déjà mort avant l’heure.

 

2019

           Mardi 31 décembre

           L’an neuf se présente et puis quoi ? On se souhaite les uns et les autres une bonne année, que nos vœux soient exaucés, une bonne santé et patati et patata… On fait semblant de croire que tout sera fantastique le premier jour du mois de janvier, on place même une grosse pièce de monnaie sous son assiette de choucroute et puis… Et puis… Eh ben rien n’a changé ! Les promesses ne restent que des promesses ; j’ai une très grande expérience en la matière. L’unique certitude pour l’an neuf sont les tracas du quotidien et un voyage au bout du monde pour tout oublier le temps d’un moment, voire aussi pour tout jeter dans le grand fleuve qui traverse le pays visité. Et si par hasard… Et si par hasard… Surgissait un miracle, une promesse tenue… !

 

           Vendredi 27 décembre        

           Il est quand même hallucinant de lire dans la presse que des politiques semblent tomber des nues qu’une somme pour indemnité sortie de la caisse de Nethys n’est pas toute tombée entièrement dans la poche de l’ex-administrateur viré pour abus de biens sociaux, puisqu’il s’agissait du brut et non du net. Ce qui veut dire désormais, que pour récupérer dans sa totalité la somme versée indument, la société va devoir aussi réclamer la part versée aux impôts. Une autre histoire !

 

           Jeudi 26 décembre

           Sur le chemin de retour après un séjour en France, à Berck-sur-mer, arrêt dans la ville de Lens, où est situé le musée Petit Louvre. Arrivé vers 11h30… Début de la visite jusque 14h00. Un petit creux à l’estomac, direction la cafétaria, où il n’y a plus rien à manger, excepté deux ou trois viennoiseries. Renseignement pris, directions deux tavernes situées à deux minutes à pied. Que dalle pour ma dalle… Les services sont terminés. Où alors ? Á cette heure-ci, vous ne trouverez plus rien, même au centre-ville. Ah bon, à Lens, à proximité du musée nommé le second Louvre ouvert de 10h00 à 18h00, c’est la misère alimentaire de 14h00 jusqu’à 18h00 ! Furieux, décision prise, retour maison et arrêt dans une station-service située au bord de l’autoroute, où il a de quoi casser un peu la croûte. Merde alors !

 

           Dimanche 15 décembre

           Je ne suis guère un admirateur de Laurent Ruquier, cet animateur sur France 2, pourtant lors de son émission de ce samedi soir, il a émis une réflexion que l’on ne peut que partager. En effet, les politiques libéraux ne cessent de nous rabattre les oreilles que l’espérance de vie augmente et qu’il est logique d’augmenter la vie active de quelques années avant d’accéder à la pension. Mais quand l’espérance de vie atteignait à peine 55 ou 60 ans, pour ces mêmes libéraux qui était toujours au gouvernement, la pension était bien fixée à 65 ans et non à 50 ans, en rien du tout adaptée selon cette fameuse espérance de vie qu’ils nous rabâchent à l’envi.  Une belle hypocrisie ! Car finalement, ils ne font que repousser le problème de deux ou trois ans, avec l’espoir malsain qu’entre-temps la grande faucheuse aura fait son œuvre pour une partie de la population.

 

           Vendredi 13 décembre

           Je lisais hier que la Poste avait accepté un contrat rémunéré par le Ministère des pensions (géré par un ministre MR) pour que les facteurs dénoncent les pensionnés percevant la Grapa (ce complément social permettant de ne pas être en-dessous du seuil légal de pauvreté) et qui séjournent régulièrement à l’étranger. Tout cela me rappelle une époque douloureuse où la délation légalisée était un système mis en place par un pouvoir qui ne sent pas bon.

           Et je lisais aussi que sous un prétexte d’efficacité, des gens cautionnaient cette pratique parce que, selon eux, c’est une manière de conserver de l’emploi au sein de la Poste et de faire une pierre deux coups, de lutter contre la fraude fiscale et sociale ; ne voyant donc pas du tout où est la délation dans ce genre de contrôle.

           Misère, ce que la propagande du libéralisme décomplexé peut ramollir les cerveaux ! La fonction de la Poste n’est pas de faire des contrôles judiciaires, de rendre des rapports à un quelconque service administratif de l’Etat. Il s’agit bien ici d’une délation rémunérée, puisque le facteur n'a ni le mandat ni le pouvoir qui lui permet de dresser un procès-verbal qui officialise la constatation de la fraude. Face à sa hiérarchie, il se retrouve ainsi contrait de pratiquer une vulgairement dénonciation à l'administration concernée, laquelle envoi un inspecteur qui dresse procès-verbal. C'est immoral. D'autant plus que dans cette pratique il y a une discrimination sociale. Car le facteur est-il aussi "mandaté" pour dénoncer la fraude des entreprises qui envoient les milliards dans les paradis fiscaux ? Non. Pour eux, il n'y a plus personne. Ce n’est nullement défendre la fraude, c’est une question d'éthique, de principe et de droit. La dénonciation organisée par un pouvoir quel qu’il soit n'est pas digne d'un pays démocratique. Et celui qui la cautionne est complice de cette coupable dérive.

 

           Jeudi 12 décembre

           L’abominable Brésil sous l'ère Bolsonaro. Lors d’un concours de chant, un propriétaire et présentateur d’une télévision a changé la règle du jeu en retirant à une jeune femme de couleur noire, le prix pourtant choisi par le public, parce que, a-t-il dit, il y a une candidate plus belle, qui se trouve être blanche. Ce présentateur, dont je tais le nom pour ne pas lui faire honneur, est accusé (à raison) de racisme par les utilisateurs des réseaux sociaux lorsqu'il contesta la victoire de la femme noire.

           Et dans le même registre de l’abominable, un chirurgien flamand invité à l’université de Gand par une association d’étudiant extrémiste, à déclarer ce qui suit :

« Les femmes veulent les privilèges de la protection masculine et de l’argent, mais elles ne veulent par contre plus ouvrir les jambes ».

Et de poursuive : « On leur a donné des machines à laver, des lave-vaisselles, des femmes de ménage… tout. Jusqu’à ce qu’elles soient devenues inutiles ».

Voilà le fruit de la dérive radicale serinée chaque jour par des politiques rétrogrades et néfastes. L’extrémisme est un cancer qui s’étend non seulement dans la population flamande, mais il contamine aussi certains wallons.

 

           Mardi 10 décembre

           « La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer. » Silvain Tesson.

           A mon humble avis, si on peut comprendre ce qu'il dit, admettre que la France est mieux lotie que de nombreux pays à travers le monde, je crois toutefois qu'il a une perception sociale de sa France avec une cuillère en argent dans la bouche, un privilégié déconnecté qui ne comprend pas que dans "sa France au climat tempéré " il y a des gens qui n'ont pas assez d'argent, avec des salaires de misère, pour payer la facture du chauffage et des vêtements d'hivers.

Comparer un pays à un autre, par exemple situé en Afrique, en ne tenant pas compte des impératifs sociaux et du coût de la vie de chaque pays, est une forme de malhonnêteté intellectuelle. Car chacun vit dans la réalité économique et climatique qui l'entoure et jamais dans celle d'un autre. Donc, monsieur Tesson, l'enfer peut-être partout, à Paris pour celui qui se les gèlent dans les rues, faute d’un revenu et d'un logement. Dans ce cas, le paradis est perdu.

 

           Lundi 9 décembre

Le temps passe, mais il n’efface rien

De jour comme de nuit dans les rêves

Un impossible aveu qui tourmente

Une absence au relent douloureux

Au désir secret d’avouer sans harceler

Dévasté par la crainte de l’échec

Celui de provoquer une haine féroce

Parfois décelée dans un regard sévère

Chimère réussite à enlacer cet amour

Qui fint par anéantir toute espérence

© Christian Janssen-Déderix

 

           Dimanche 8 décembre

Mon nom est Chêne
De nationalité américaine
Á cours de l’automne
Ma coiffe devient rouge
Certes de belle allure
Mais on me dit migrant
Sans le moindre intérêt
Qui envahi les espaces
En glandant à foison
Au milieu d’une place
Qui rappelle une ville
Du Sud de la France
J’attire tous les regards
Depuis des décennies
Mais peu m’importe
Otage de la pollution
On m’a laissé malade
Et je vais bientôt mourir
Sous la lame d’une scie
Exécuté devant un public
Qui me regrettera peut-être

© Christian Janssen-Déderix

 

           Dimanche 24 novembre

           Suite à un article du journal Le Soir, à mon avis, mettre des guillemets à « gilets jaune » ou « Gilets jaune », cela cache une forme de négation du mouvement de protestation sociale dont l'origine est la paupérisation du petit peuple, de ceux d'en bas. C'est prétendre encore que derrière ce mouvent social spontané appelé "gilets jaune", il y a une intention maléfique organisée par des anarchistes, des extrémistes, des casseurs, manière de discrédité le fond du malaise d'une population à bout de souffle. C'est aussi étouffé les voix qui demandent un peu d'équité. C'est ce que font encore nombres de médias et autres personnages populaires en faveur du pouvoir bien libéral de Macron, des soixante-huitards embourgeoisés.

 

           L'écrire sans les guillemets en lettre minuscule, donc gilets jaune, c'est aussi une manière de banaliser le mouvement en le rendant ordinaire, pas très significatif au regard de la société. Ecrire gilet jaune comme on écrirait col blanc (exemple donné dans l'article) c'est aussi une manière de le réduire à rien, ou du moins sans importance, voire péjoratif.

 

           C'est pourquoi, je crois qu'il faut l'écrire avec une Majuscule : Gilets jaunes. Car c'est un mouvement qui en train de marquer l'Histoire sociale dans une époque qui en train de sombrer dans la radicalisation et l'extrémisme. Et puis une protestation qui dure désormais plus 50 semaines, avec ces hauts et ses bas, on ne peut plus appelé cela une grogne passagère, face à une politique ultralibérale.

 

           Maintenant, que des black blocs y viennent pourrir le mouvement pour le récupérer, cela est une évidence. Mais cela n'enlève en rien la réalité et le fond de la protestation surgie d'une population paupérisée.

 

           Samedi 23 novembre

           Supprimer le Sénat en faveur d’une participation citoyenne. Dans le passé, il y eu un applaudissement général d'une floppée de gens et des insultes envers le PS qui n'y était pas favorable. Puis aucun commentaire dénigrant, du style : « Ouai, qui seront les citoyens, des apparatchiks gauchistes qui pullulent dans les associations, ONG, plates formes et autres... » Ah ben non ! Puisque cela aurait été des porteurs de drapeau à l'effigie du lion avec ses griffes bien noires, c'était merveilleux !

 

           Aujourd'hui, un membre du parti socialiste reprend l'idée pour tendre une main à cette Flandre contaminée par l'extrémisme de droite et on en revient néanmoins au même dénigrement cité ci-dessus. "Ouai... Gnagnagna.... tout profit pour les socialos qui mettront leurs hommes de paille...." Bref, un déferlement d'imbécilité.

 

           Maintenant, un pays sans une institution comme le Sénat est à mon humble avis une Nation pas du tout saine, qui serait sans contrôle envers un gouvernement qui pourrait faire ce que bon lui semble. N’est-ce pas justement l'objectif des nationalistes, anéantir des institutions et créer des coquilles vides pour justifier l'abolition. Un piège dans lequel tombe une fois de plus les wallons. Soyez en sûr, par la suite cela sera la révocation de l'assemblée citoyenne sous prétexte que celle-ci ne sert à rien non plus. Comme s’exclama une amie : Mais alors c’est la dictature. Eh ben oui !

 

           Jeudi 21 novembre

      Je crois qu'il y a de nombreux artistes de renommées internationales qui ne sont en aucun cas des individus fréquentables dans leur vie privées, mais qui se sont inscrit dans l'histoire de la culture tant au cinéma, qu'au théâtre, dans la chanson, la littérature, la peinture ou la sculpture. Dès lors, faut-il boycotter les œuvres pour protester la conduite dérivante de celui qui les a créés ? Dans ce cas, il y a des grands classiques qui devraient alors se retrouver aux rebus.

 

           Ne faut-il pas savoir faire la différence entre l'homme et l’œuvre ? Dans ce cas, je pense que les gens vont voir "l'affaire Dreyfus" qui a marqué l'Histoire et non le film d'un homme qui est accusé de viol. Prétendre que le spectateur qui assite au film, cautionne les viols et serait d'une certaine manière complice de l'auteur d'un crime, est à mon humble avis une malhonnêteté intellectuelle. Et cela ne veut pas dire que le viol n’est pas un acte répréhensible et punissable.

 

           Dimanche 17 novembre

           Au fond du désespoir, l’Homme va souvent chercher une force ailleurs pour espérer garder la tête hors de l’eau. Il prie, parfois il ne sait pas quoi, mais il prie. « Que Dieu soit avec moi », finalement, convaincu qu’il existe quelque part une justice divine, que tout finit par se payer avant d’aller manger les pissenlits par la racine. Prier, supplier, espérer, garder confiance malgré les revers, voilà les diverses manières de résister, de se battre contre un sort qui s’acharne. « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir », disait mon père, anéanti, humilié et rongé par les coups durs. Il ne s’est jamais relevé ! Mais il conservait un sourire de façade pour dissimuler sa honte et surtout pour ne pas donner la moindre satisfaction à ceux qui se réjouissaient de sa descente aux enfers. Il avait l’orgueil de se montrer plus fort que les réjouissances fondées sur la haine ; son combat fut celui-là, tout le restant de sa vie. Les deux genoux à terre, sans jamais l’afficher. Son arme de diversion était deux de ses enfants ayant monté leur propre groupe qui aimait des soirées dansantes ; ce qui réveilla sans cesse les animosités de ceux qui avaient contribué à sa ruine.

 

           Comparaison n’est pas raison ! Mon père avait bel et bien des ennemis sans scrupules, dénigrant et agissant à visage découvert ; mais cela se déroulait dans les années 1960 dans un petit village où le garde-champêtre et la gendarmerie du coin étaient des pleutres qui ne désiraient nullement se mettre les puissants sur le dos. Résultat, les plaintes étaient classées sans suite. Pire, ils estimaient que les dégradation punissables commises par ces gens-là, bien connus, n’étaient qu’affabulations de mes parents poussés par le désespoir.

 

           Soixante ans plus tard… Les ennemis sont pour la plupart invisibles, sans visage, tapis dans des bureaux, à des postes décisionnaires ou juchés sur l’estrade d’une salle d’audience. Deux décennies de bataille pour ne même pas avancer, ni progresser, ni obtenir la moindre chose, manière de marquer quelques points au tableau, voire pour l’honneur, mais tout simplement pour ne pas sombrer définitivement, corps et âmes, pour ne pas devenir une île déserte engloutie au milieu d’un océan d’indifférence. Certes, nous ne sommes rien ! Avec ou sans honneurs, après avoir cru être existé, le monde tourne bien sans nous. Cependant, pour quelqu’un qui est de chair et de sang, l’indifférence générale sur son sort au sein d’une société égoïste, déshumanisée, méprisante envers ceux qui sont resté pour diverses raisons sur le quai de la gare, est aussi lourde à porter que la croix d’un condamné.

 

           Vendredi 15 novembre

           Certes, j’avais promis, mais l’actualité me pousse à revenir un instant sur ma parole. Bien sûr, je ne suis pas informé de tout ce qui se publie dans les médias… ! Ce que je puis néanmoins constater, c’est le silence des principaux canaux sur certaines informations. Quand il fut question d’annoncer une seconde condamnation d’un ex-président, ce fut un raz-de-marée, par contre c’est le silence absolu pour annoncer que cette même condamnation est définitivement annulée, non pas pour faute de procédure, mais parce qu’elle reposait sur un copier-coller de la première condamnation, sur une falsification en somme, en y ayant simplement modifier (sauf un fois dans l’arrêt du jugement) le bien immobilier prétendument reçu en corruption. En effet, cette seconde condamnation impliquait une propriété à la campagne, mais le juge (qui remplaça le premier entre temps devenu ministre) copia-colla (plagiat) le premier jugement en oubliant de modifier le nom de la propriété et laissa inscrit celui d’un appartement, objet de la première condamnation. Et pour compléter, il y eut jadis une troisième accusation tout aussi farfelue qui avait été rejetée par un juge faute de preuve. Mais comme le bonhomme est désormais innocenté pour le second dossier, libre et en marche de démontrer le complot pour le premier, le ministère publique fédéral vient de reformuler l’accusation du troisième dossier, laquelle est de nouveau rejetée pour la même raison. Le harcèlement continue. Une preuve supplémentaire que les accusations à l’encontre de cet ex-président ne sont que politique.

 

           Samedi 9 novembre

           C’est promis, je clôture momentanément la grande parenthèse sur le Brésil; j’ai écrit un roman qui aborde en autre le sujet via un personnage et j’espère bien le voir l’an prochain mis à disposition des lecteurs. Mais quelques précisions sont utiles : Le Suprême Tribunal Fédéral a voté 6 voix contre 5 pour permettre à Lula de retrouver une liberté provisoire. Une toute petite victoire donc, car cela veut dire que presque la moitié de cette cour suprême est toujours en faveur de la violation de la Constitution et des lois appliquées par le juge (entre-temps devenu ministre de la Justice) qui emprisonna Lula. L’un des juges à même argumenté qu’il fallait écouter la voix du peule (donc l’élection de Bolsonaro) en balayant d’une main l’entièreté des articles de loi qui donnait à Lula (ce qui revient à dire à tout un chacun) le droit de bénéficier de sa liberté, car il y avait le « Risque Lula » ; autrement dit un emprisonnement en toute violation du droit, mais légitime au regard de l’individu politique.

 

           Sa libération ne clos pas l’affaire, puisqu’il doit désormais démontrer devant le tribunal d’appel, avec les révélations de certains journaux d’investigations et reconnues comme vraies par la Police Fédéral et des magistrats, que l’accusation de corruption fut montée de toutes pièces, via des échanges de courriels et de sms, en toute complicité, avec le procureur dans son rôle d’accusateur et le juge, en principe dans un rôle d’impartialité. Leur ambitions politiques en faveur de la droite extrémiste les ont conduites à condamner un homme sans la moindre preuve matériel pour obtenir en récompense, pour l’un le portefeuille de ministre de la Justice et pour l’autre le secret espoir de devenir le Président du Suprême Tribunal Fédéral. Un complot qui plonge le Brésil dans un chao dictatorial.

 

           Jeudi 7 novembre

           Je pleure… Vous me direz que je pleure beaucoup en ce moment… ! Mais quand on est touché parce que l’on aime, parce ce qui nous atteint d’une manière ou d’une autre, les émotions montent à la surface. Certains prétendrons sans doute que je suis un perpétuel dépressif, un pessimiste récurant, que je regarde le monde avec une loupe déformante… Je crois plutôt que je le perçois selon un angle de vue que la plupart refusent de se positionner, par facilité, par paresse ou tout simplement parce qu’il lui convient tel qu’il est, malgré toutes les injustices et les dérives.

 

           Je pleure même de honte devant le spectacle que nous offre les politiques de mon pays, devant cette montée du radicalisme d’une Région qui s’arc-boute sur l’idée de devoir s’allier avec une clique de fasciste de manière à donner le coup de grâce à l’existence d’une Nation. Que celle-ci soit imparfaite ou non, la seule idée de saboter la formation d’un gouvernement est du niveau de la traîtrise.

 

           Je pleure quand j’entends le méprit d’une jeune éditorialiste française, d’une revue de l’extrême droite, estimer que lorsqu’une femme divorcée ayant deux enfants se retrouve sans emploi, sans argent suffisant, c’est parce qu’elle n’a sans doute pas fait l’offert d’étudier quand elle était jeune, qu’elle n’a pas su garder son travail, pas su assurer ses arrières et, pour achever sa diatribe fielleuse, qu’elle ne devait pas divorcer. Un discours en ligne direct de Marion Le Pen et Éric Zemmour.

 

           Je pleure toujours devant ce feuilleton macabre qui se joue au Brésil. Je viens d’apprendre que le pouvoir aux mains d’une bande de déséquilibré mentaux, avec à leur tête un nostalgique de la dictature et un ex-juge marron devenu Ministre de la Justice avait lancé (heureusement en vain) un mandat d’arrêt à l’encontre de l’ex-présidente Dilma Roussef, alors qu’elle n’est impliquée dans aucune enquête ni aucun jugement. L’objectif de cette manœuvre est spécifiquement politique, dans le seul objectif d’écarter pour les prochaine élections les deux autres leaders du parti PT, puisque cette même tentative fut déjà faite à l’encontre de l’ancien candidat Haddad sous prétexte de corruption.

 

           Mercredi 6 novembre

           Brésil. Une histoire vraie. Au moment de la destitution de Dilma Roussef (que même Michel Temer admet aujourd’hui qu’il s’agissait d’un putsch pour discréditer le PT et atteindre Lula), le prix de la bouteille de gaz était de 15 reais. Une fois Michel Temer au pourvoir, le prix grimpa tout de suite à 30 réais.

 

           C’est là que débuta la discussion avec un brésilien qui n’avait même pas de quoi vivre et qui allait régulièrement manger chez ses parents. Pour lui, Lula était le plus grand des voleurs que le Brésil n’avait jamais connus ; à ses dire, Fernando de Collor qui fut destitué pour avoir détourner l’argent de l’Etat en faveur de sa propre famille ne fut qu’un voleur de poule. Et Dilma Roussef du même parti de Lula ne valait pas mieux que ce dernier. Pour lui les putschistes et l’extrême droite étaient la solution pour redresser le Brésil.

 

           Du coup, je lui avais demandé s’il ne préférait pas payer sa bouteille de gaz deux fois moins cher sous Dilma Rousef que le double sous Michel Temer. De même que pour le prix de l’eau qui avait aussi doublé, comme celui du carburant qui était passé de 1 à 3 réais ? La propagande anti Lula et Dilma Roussef lui avait tellement lavé le cerveau, qu’il ne réalisait même pas qu’il était en train de perdre son pouvoir d’achat, qu’il devenait encore plus pauvre et que son salaire minimum demeurait bloqué. Aujourd’hui la bouteille de gaz est à 76 reais au lieu de 30 reais. Les augmentations des prix lui bouffent tout son salaire, mais il continue à déverser son fiel sur le PT qui lui offrait une meilleure vie et à glorifier Bolsonaro.

 

           Puis arrive le décès de son père, les frais de succession concernant la part des enfants, puisque la maman vit toujours. Il est tellement pauvre, qu’il n’a pas de quoi payer les frais. Ce sont ses frères et ses sœurs qui vont lui payer sa part. L’idiot n’a encore rien compris.

 

           Mardi 5 novembre

           Ma réflexion n’est pas neuve ! Est-ce la demande qui fait l’offre ou est-ce l’inverse ? Si je passe sur une route, que je vois une prostituée dans la rigole, je risque peut-être de m’arrêter, sinon irais-je fourrer l’arbre qui se trouve à côté ? Á mon humble avis, c’est plus souvent l’offre qui crée une demande qui n’existe pas ou plus. Qui avait réclamé de boire de l’eau en bouteille venu des glaciers du Groenland avant qu’un petit malin ne le propose ? Personne. Et pourtant il y en a qui achète ce type de produit débile. Le principe est je crois d’application pour la plupart des idéologies politiques qui ont un relent d’extrémisme. Proposez la haine, le racisme et l’exclusion et vous trouverez toujours une clientèle qui se sentira concernée, réconfortée dans sa rancœur envers ceux qu’ils estiment être la cause de leurs malheurs, de leur misère, de leur ruine, de leur complexe. Plus la crise perdure, plus ce sentiment grandi auprès de ceux qui au départ n’auraient jamais imaginer soutenir une thèse radicale qui fut parfois la cause du désastre de leurs propres aïeux. La mémoire courte, souvent faute d’avoir réussi à purger ce qui devait l’être dans leur propre famille, d’avoir curer leurs cicatrices et d’avoir régler, une bonne fois pour toute, leur honte devant l’Histoire. Le déni de groupe comme moyen de refuser de faire le mea culpa de sa communauté ou de son peuple.

 

           Dimanche 3 novembre

           Voilà donc un membre de ce parti né du CVP, l'un des premiers empoisonneur de la démocratie du pays, avec sa série de Premier Ministre flamingant qui ont prôné des décennies durant le "régionalisme" qui ne nous voulait pas dire son nom de "nationalisme flamand - AVV VVK", qui avait déjà pour objectif de se débarrasser des socialiste wallons qui ne convenaient pas à leur but final, celle d'une Flandre droite, catholique et fervente devant la croix de Dixmude, autrement dit, en accord tacite avec les nostalgiques de la SSWaffen condamné pour collaboration avec les nazis (Volksunie, Vlaams Block, et autre VMO). Cela c'est l'Histoire, la vraie, par celle qui est revisionnée par le petit-fils d'un collabo condamné qui veut réhabiliter son salopard de grand-père en ayant créé la N-VA sous le doux regard du CD&V (CVP), tout content que quelqu'un fasse le sale boulot à leur place.


           Et le plus incroyable est de lire que si aujourd'hui la situation est dans l'impasse, elle serait la faute des imbéciles qui peuple la "Walbanie" en votant pour la PS et la gauche, qui refusent de gouverner avec cette clique de fasciste flamingant qui n'a qu'une seule idée en tête, celle de nous rayer de la carte après avoir été le moteur du pays pendant plus de 120 ans, alors qu'ils n'étaient que, et là je me lâche, des gueux au milieu de leur champs de patate. Certes, le monde tourne, mais il y a aujourd'hui un révisionnisme immonde charrié par une ribambelle de politicard, qui dissimule une Croix de Fer sous leur chemise, et qui mériterait de passer devant un tribunal pour trahison.


           Car voilà donc à quoi ces traîtres à l'unité nationale en arrivent à proposer, après avoir torpiller la démocratie du pays pour le bien de tous, pour le mettre à genoux au seul profit de la finance, VOKA & Co, du Dieu pognon, de la rentabilité à tout va, du citoyen vache à lait... pardon, du client vache à lait, suggérer la privatisation même de l'Etat, de son gouvernement, comme cela se passe dans les républiques bananières. Mon écœurement est grand de voir qu'une partie de la population soit à ce point lobotomisé qu'elle ne voit même plus qu'elle est menée comme jadis par voie de chemin fer vers une destination qui présage sa propre finalité.

 

           Vendredi 1er novembre

           Le jour des morts c’est demain, mais je crois bien que nous allons pouvoir honorer cette journée avec la nouvelle qui vient de paraître dans l’actualité politique. Car voyez-vous, dans ce pays, quand un homme décide contre plus de 80% de sa communauté de s’allier avec des extrémistes flamingants qui n’ont qu’un seul l’objectif, celui de faire disparaitre le Royaume de Belgique, en torpillant toute ce qui peut unir le peuple en faveur d’un nationalisme qui suinte la peste, puis qu’après avoir foiré son gouvernement de fachos avant le terme du mandat, ouvrant ainsi la porte aux extrémistes de droites les plus radicaux de Flandre lors des dernières élections,  au point de n’avoir aucune issue pour former un gouvernement fédéral, ce bonhomme au allure de pleutre prend la poudre d’escampette avant terme en laissant derrière lui le chao, pour se réfugier dans une cage dorée de l’institution européenne…  Eh ben le roi de ce pays ne trouve rien de mieux à faire que d’accorder à ce goujat un titre honorifique de Ministre d’Etat.

 

           Jeudi 31 octobre

           Le temps n'efface rien et j'aimerais que pour une fois, de là-haut, mes ancêtres soient fier de moi, en voyant enfin publier mon roman qui brossent en partie leur vie, au travers de toute l'histoire du pays. Le plagiat de mon roman pourri ma vie depuis 7 ans, empêchant sa publication, et je ne vis que pour voir ce malotrus de salopard de fumier avec son éditeur reconnu publiquement comme des voleurs. Car là sur la tombe, je ne peux retenir mes larmes.

 

           Mardi 29 octobre

           A mon grand regret, tout comme à mon humble avis, si on garde la même ligne de conduite imposée par une volonté de chao, il n'y a plus de solution dans ce bric à brac institutionnel peu à peu mis en place depuis les années 1960 par des ennemis de l'Etat Belgique. Il faut dire la vérité, des nationalistes flamingants de la première heure, infiltrés dans les partis de Flandre, ont utilisé leur supériorité numérique pour contraindre l'autre partie du pays, mollement représentée, à accepter le morcellement des pouvoirs, à vider l'Etat pour qu'il tombe en morceau et justifier une inexistence historique du pays. C'est exactement le discours du nationaliste Bart de Wever. Diviser, diviser et diviser au point où plus rien de tient debout.

 

           Aujourd'hui nous en sommes là! Qui pourrait accepter de se mettre en ménage avec celui qui tue l'Etat et veut votre mort. Il n'y a que le MR qui s'y est aventurer, comme jadis le naïf Degrelle avec Hitler. Il ne peut pas y avoir de compromis avec des traitres de la nation. La bande à De Wever et le VB ne sont que des individus toxiques à la vraie démocratie, des révisionnistes qui donnent à croire que leurs thèses fascistes est acceptable.

 

           Tant que la population se laissera hypnotisée par des tribuns qui serinent sans cesse que leur malheur vient des autres, qu’elle ne décidera pas de faire table rase en boutant dehors à coup de pied au cul ses malins pestilentielles, ces politiques qui entretiennent la division au lieu de travailler à une réunification des peuples, des partis et de la solidarité, je crois que rien ne sera plus possible.

 

           Mardi 22 octobre

           En allant faire mes provisions au Colruyt et au Delhaize, je me suis vu proposer les filets réutilisables pour emporter fruits et légumes. Certes, je ne suis pas contre ce système de réutilisation. Seulement voilà où se dissimule un peu l’arnaque des grandes surfaces au nom de l’écologie !

 

           Actuellement au Colruyt on nous offre 5 filets qui pèse chacun 30 gr - le paquet de 5 est au prix de 5 euros dans certains magasins. Donc à chaque fois que nous rangerons les achats dans le filet, il y aura 30 gr de plus que le poids de la marchandise = 0.10 . En moyenne, selon le prix du produit, au bout de 50 achats, de 10 semaines, vous aurez payé les filets. Á ma question, le responsable m’a répondu qu’il déduisait le poids. Mon œil, car comment la balance va faire la différence entre le produit sans filet et avec filet lorsque le numéro de la marchandise est encodé.

 

           Au Delhaize, le filet est payant (0,75 ) et il pèse 20 gr. Idem donc pour la pesée. Alors, si j’achète par exemple des tomates cœur de bœuf, le prix supplémentaire pour le filet est de 0,08. Donc, en plus d’acheter le filet et ils me le font repayer à l’usage. Au bureau d’information, ils m’ont fait remarquer que le sachet en papier disponible pesait 12 gr, que par conséquent je le payais aussi. Mais ils ont omis de préciser que le sachet papier était gratuit et que dans ce cas il était un peu logique que son poids soit compté avec le produit.

 

           Samedi 12 octobre

           Le plus dangereux est de se conformer aux vagues à la mode ou aux propagandes des lobbies et des populistes, soit en conservant le silence par facilité, par crainte de représailles administratives, soit par adhérence à une marche forcée qui chante les bienfaits d’un mouvement ou d’un ordre autoritaire et capitaliste, un monde dans lequel les minorités, les voix dissonantes et les démunis n’ont pas leur place. On constate un dénigrement gratuit qui déferle sur les réseaux sociaux à l’encontre de ceux qui ne chantent pas en chœur avec ce qui est mis au gout du jour par une presse d’opinion, laquelle parfois n’ose pas ou ne veut pas dire ouvertement qu’il faut garder raison. Il serait bon de revenir les pieds sur terre, cesser de s’enflammer à la moindre botte de paille qui s’affiche ci et là à travers la planète. Par exemple, ne pas nier que le pays est déjà sous la coupe de l’extrême droite depuis plus de 5 ans, car publier une carte du monde y en coloriant en noir les pays ayant basculé vers l’extrême droite sans y inclure la Belgique, c’est tout bonnement un déni coupable de collaboration, une banalisation de la peste. Tout le monde hurle à l’idée de voir arriver à la tête de la France Marine Le Pen, alors que notre maison est déjà entièrement infestée par le pire. Idem concernant l’écologie ! Ne peut-on pas y être en faveur, y avoir voter pour, faire sa part de citoyen, dénoncer les climato-septiques de tous poils, sans pour autant sombrer dans un évangélisme béat ou un catastrophisme manipulateur orchestré par des lobbies ?

 

           Jeudi 10 octobre

           J’avais envisagé de participer ce soir à la présentation du nouveau livre de Jean-Pierre Otte. Seulement voilà, je ne suis pas du tout d’humeur à me farcir les bouchons causés par les travaux du tram à Liège. Vous me direz qu’il y a le train, mais en fin de soirée, j’ai une obligation dans cette région qui m’oblige à circuler avec un autre moyen de locomotion. Et puis quelques évènements décourageants m’attristent ; il ne s’agit pas, enfin pas encore, d’un refus de l’un de mes textes. Puis pourquoi le nier, divers paramètres interviennent dans ma léthargie, cette phase de mélancolie, mon actuel vague à l’âme, face aux songes inassouvis, au constat d’inachèvement, aux sentiments refoulés que je retiens malgré moi avec un lasso depuis toujours.

 

           Mardi 1er octobre

           Le monde semble s’enfoncer lentement mais surement, avec une apparente insouciance et une effrayante désinvolture, dans les limbes obscurs d’un noir d’encre.

 

           Il fut un temps pas si lointain où tout le monde sans exception sortit de sa maison, si elle n’avait pas été détruite, pour se réjouir de la fin d’une période tragique, des fleurs à la main pour remercier ceux qui avaient réduit à néant les aspirations totalitaires d’une bande de criminelle. Si dans d’autres parties du globe, ces réjouissances prirent un peu plus de temps, elles finirent toutefois par arriver devant la volonté d’individus courageux ayant parfois payer de leur vie ou de leur jeunesse pour conscientiser le peuple et renvoyer les persécuteurs dans leurs casernes. Il y eut donc une parenthèse où l’apaisement était devenue pour beaucoup la ligne de conduite à tenir. Des murs étaient même tombés, les ennemis d’hier se serraient les mains et il était encore envisagé une paix planétaire ; même s’il y avait toujours ci et là des incendies à éteindre, car les erreurs du passé remontaient régulièrement à la surface. Les rancœurs n’avaient pas encore été apurées. Mais l’optimisme régnait. La globalisation était la panacée pour tous. Plus de frontière pour les finances et les marchandises, les peuples pouvaient boire et manger ce qui poussait à l’autre bout de la terre. Les fortunes se faisait en une poignée d’année au lieu d’une vie de labeur. L’appât du gain devint la religion. La productivité à bas prix poussa à sous-payer la main-d’œuvre, tant ici qu’à l’étranger, à robotiser à tout va. La religion de l’ultralibéralisme revint au galop. Les acquis sociaux de jadis relégués aux oubliettes. Afin de faire face à cette productivité effrénée, la guerre des énergies revint à son tour, mais ce fut aussi la guerre tout court là où les produits se trouvent. La panacée pour les armuriers. Frileux, les financiers préféraient alors miser sur la bourse, faire du fric avec du fric, acheter et revendre un produit sans le déplacer, ni le transformer, juste le refourguer plus cher cinq minutes plus tard. Ils inventèrent aussi des produits financiers qui s’afférèrent une escroquerie à l’échelle de la terre, des bulles financières qui éclatèrent et qui mirent tout le monde par terre. Patatras, faillites en cascades, plus d’exportation, plus de bénéfice, plus de travail, des chômeurs à la pelle à travers le monde. Et que dire les responsables de cette merdouille libérale qui détruisit l’économie? Ben que c’était la faute à la politique sociale de la gauche qui exigeait des salaires décents, une couverture sociale digne, un accueil humanitaire des gens qui ont fui les guerres, que les financiers ont provoquées là-bas pour mettre la main sur les ressources pétrolière. Du coup, le repli identitaire redevient à la mode. Retour de la vieille recette qui fait peur, celle du sécuritaire, de la gauche démocratique accusée d’être communiste, qui va taxer et même saisir les biens acquis pour les redistribuer aux pauvres. Le mensonge, le révisionnisme, la propagande, le lavage de cerveau, la haine de l’autre, l’égoïsme, le racisme dans toute ses formes, la délation. Et puis la division au sein des familles qui finissent par se déchirer. Dans un document filmé, j’entendis un ancien jadis embrigadé de la jeunesse hitlérienne, dire que ses parents lui avaient avouer, après le conflit, avoir eu peur qu’il les dénonce à la gestapo parce qu’ils écoutaient clandestinement radio Londres !

          

           Pour l’heure, nous en sommes de nouveau là, les opposants de cette droite prétendument décomplexée sont mis à l’index de la vindicte populaire, ils sont accusés de tout, même à des tenir des positions contradictoires, comme être à la fois favorable au communisme stalinien, malgré les horreurs des goulags, et à l’immigration des djihadistes, à l’islam radicale, à la charia. Pour eux, être favorable à l’équité sociale dans un monde où il n’y a pas de travail pour tous et avoir un revenu minimum correspondant au coûte de la vie actuelle, c’est promouvoir le chômage, la clientèle entretenue par les partis de gauche, voire aussi du centre. Les finances publiques dans le rouge, le taux de chômage et le poids de la sécurité sociale, c’est la faute aux fainéants, aux faux malades, aux seuls politiques de gauche corrompus... Que nenni, ce n’est pas à cause de la fraude fiscale, ou cette optimisation fiscale, une fraude légale de plusieurs milliards d’euros par an, mise sur pied par des partis de droite afin de permettre aux fortunés, aux banques, aux entreprises, même aux politiques, d’échapper à l’impôt et de plaquer leurs magots dans les paradis fiscaux.

 

           La tâche d’huile de la radicalisation grandi à travers le monde. L’apogée de ce phénomène fascisant est l’avènement au pouvoir de plusieurs extrémistes à travers l’Europe et dans les Amériques. Mon pays y est contaminé depuis plus de six ans, même si les médias nationaux minimisent, comme un déni, la présence au sein des gouvernements nationaux et régionaux d’un parti notoirement fasciste. L’apogée du pire est arrivé au Brésil, un nostalgique de la dictature militaire, élu par un peuple ayant été manipulé par une procès judicaire monté de toute pièce par des magistrats politisés afin de condamner un homme populaire. Mais six mois plus tard, le Brésil est en train de vivre sa plus grande tragédie de son histoire. Les putschistes d’extrême droite qui ont fomentés la destitution d’une présidente et la condamnation illégale d’un ex-président, finissent par se déchirer et se trahir les uns les autres, au point que l’un des magistrats envisagea d’exécuter d’une belle dans la tête l’un de ses collèges au cours d’une séance plénière. Les langues se délient et il s’avère que la tragédie est en train de ruiner une nation. Comme toujours, la peste fait son œuvre. Et pour sûr, elle le fera ailleurs, chez nous, dans l’admiration de ceux qui croient au mirage d’un ordre nouveau, autoritaire, de ceux qui ne veulent rien voir, ni rien comprendre, ou chaussés de pantoufles, silencieux, ou même par orgueil, enfoncés dans le déni.

 

           Dimanche 29 septembre

           Il parait qu’il faut chaque jour occuper la place pour avoir une chance de sortir du lot, qu’à force de persévérance on finira par vous accepter. Mais pas sûr que cela marche pour tout.

 

           Certes, les plus optimistes des auteurs se sont vu recalés durant des années avant de voir s’entrouvrir une porte ? Par contre, combien y sont restés ad vitam aeternam devant une porte de bois ? Serait-ce un mensonge de dire que « un pour dix milles » finit par voir un rayon de soleil ? Je me souviens avoir entendu que tout ce qui est de qualité ne finit pas forcément sur la table d’une librairie. Qu’il y a une forme d’injustice et beaucoup de partialité dans le choix des décideurs. Il n’y a pas que le contenu, mais le moment, l’actualité, les modes, le « qu’est-ce qu’elle a ma gueule », le contexte social… Bref, des impératifs cumulés qui n’ont rien à voir avec un contenu.

 

           On pourrait fort bien transposer cette analyse au sujet de la vie privée et sentimentale. Certes, si « non, c’est non », que ce n’est pas un « non » qui veut dire « oui » pour faire languir le ou la prétendant(e), combien toutefois ont d’abord refusé les avances avant de se laisser passer la bague au doigt ? Autour de moi, la majorité de mes oncles et de mes tantes, des cousins, des amis. Ma mère ne souhaitait pas voir mon futur père en peinture, elle ne le trouvait ni beau ni à son gout ni raffiné. Puis un jour patatras, elle a dit oui. Elle n’a jamais su expliquer pourquoi ; car ce n’était pas faute de prétendant. C’était une autre époque me direz-vous, d’autres mœurs. Cela dit, aucun d’entre eux ne furent violenté ou persécuté, tous ont fêté leurs 40 ans de mariage. On peut admettre qu’entre la séduction et le harcèlement la frontière est parfois mince, mais il ne faut pas toujours sombrer dans la psychose.

 

           Comme pour l’une ou pour l’autre situation décrites, à mon humble avis, le problème commence vraiment quand le refus pousse celui qui est recalé à adopter une attitude agressive, à pister, à poursuivre, à pourchasser, à dénigrer, à s’immiscer dans les affaires ou dans l’intimité de l’autre sans son autorisation.

 

           Mercredi 25 septembre

           Le prix Nobel de la Paix… ! En voilà une bataille pour désigner celui qui mériterait de le recevoir. Chacun y va de son candidat ou de sa candidate. On sort du chapeau des noms qui n’ont pas encore pérennisé leur action civique ou politique.

 

           Personne ne peut le nier, l’actualité primordiale et utile du moment est le climat. Mais est-ce être climato septique que d’estimer qu’il est prématuré de proposer une enfant de 15 ans nommé Greta Thunberg, voire encore déplacer au regard du prestige de ce prix ? Attendons toujours de voir ce que demain sera fait. Par exemple, Mandela ne l’a reçu qu’après avoir été prisonnier toute sa vie pour son combat politique.

 

           J’entends parler de Donald Trump, l’homme qui profère des menaces de guerre à tout va, même à la tribune de l’ONU, qui instaure un climat délétère, une sorte de guerre froide et qui se présente ensuite comme un homme de dialogue et de paix, en allant serrer la main de celui qu’il a injurié et pointé du doigt « son plus gros bouton » de l’arme nucléaire. Un individu qui dresse des murs et qui qualifie de « sale porc » ses voisins d’Amérique Latine.

 

           En parallèle, on avance aussi le nom de Raoni Metuktire (mais pour 2020), ce vieil indigène d’Amazonie, qui lutte depuis des décennies contre la déforestation, ayant déjà fait deux fois le tour de la planète pour sensibiliser le monde du danger de la disparition de ce poumon vert et des tribus indigènes… Cela donne tout de même un autre relief à la candidature.

 

           Le nom de Lula, ex-président du Brésil, actuellement le prisonnier politique le plus célèbre de la planète. Son parcours de vie est digne d’un roman. Né dans une famille très pauvre dans la région du nordeste du Brésil, il devient tourneur à Sao Paulo avant de fonder le syndicat des travailleurs. Emprisonné une première fois par les militaires pour son combat contre la dictature. La démocratie de retour, il transforme le syndicat en parti politique. Trois fois candidat malheureux aux élections présidentielles. Puis enfin Président, huit années durant lesquelles il créa le programme « faim zéro », la bourse des familles pour permettre aux enfants pauvres de se scolariser jusqu’à l’université, les pharmacies populaires, la sécurité des travailleurs, quarante millions de pauvres sortis de la misère noire grâce à sa politique du marché international… Ensuite victime d’une condamnation judiciaire sans preuve matérielle orchestré par des magistrats politisés qui l’accuse de corruption, emprisonné illégalement afin de l’écarter des urnes lors des élections présidentielles. Malgré les multiples révélations des journalistes d’investigations démontrant l’innocence de Lula, avec les preuves à l’appui et le complot mis en place depuis plus de 5 ans par des putschistes dans le but de mettre au pouvoir l’extrême droite, Lula est toujours en prison.

 

           Faites donc votre choix du plus méritant.

 

           Vendredi 20 septembre

           La politique n'est pas là comme marchepied pour permettre à des élus de s'infiltrer via des mandats cumulés dans des structures financières dans le but de s'enrichir en détournant les bijoux de familles à son profit personnel. S'attribuer un salaire allant jusqu'à 900.000 euros en est exemple édifiant. Et l'excuse du talent de gestionnaire de la personne élue que l'on compare aux salaires des Top Manager engagés dans le privé est irrecevable. Soit on est un politique avec sa rémunération, soit on va dans le privé. Et il encore moins acceptable d'avoir un pied dans le public et l'autre dans le privé qui est partenaire avec le service public dans lequel on est soi-même administrateur.

 

           D'ailleurs, il devrait y avoir une évaluation des biens privés à l'entrée du mandat public et un contrôle à la fin, permettant de voir si l'élu à utiliser son statut d’élu pour s'enrichi anormalement au regard de son indemnité et de ses acquis privés de départ.

 

           Lundi 16 septembre

           Á mon humble avis, les incessantes attaques et moqueries envers François Hollande, ancien Président de la France, ne sont rien d’autre que cette mode actuelle de dénigrer tout ce qui a la couleur sociale de la gauche.

 

           Car si on prend le bilan de Sarkozy, finalement après avoir pomper les électeurs du Front National, dès le début de son mandat, il n’a fait que diviser le peuple avec sa politique identitaire, tant raciale que sociale. Était-ce une surprise ? Non, il était bien de cette droite à la Charles Pasqua.

 

           Macron a lui prétendu n’être ni de gauche ni de droite, mais depuis le début, il pratique et utilise toutes les méthodes et les pratiques du libéralisme au profit de la finance, d’où il est sorti. Et lui aussi divise le peuple avec ces multiples déclarations méprisantes sur la classe sociale inférieure et défavorisée. Son pragmatisme revendiqué, qui a séduit ceux qui croyaient au Père Noël, finit par se révéler être au seul profit des entreprises, non aux petits salaires. Il a trompé son monde.

 

           Quant à Hollande donc, il faut rendre à César ce qui lui appartient, il n’a jamais tenu une position qui divisait. C’était à la fois sa force mais surtout sa faiblesse. Ses opposants, même à l’intérieur de son propre parti, ont stigmatisé cette apparence mollesse en ne lui attribuant aucun mérite, même quand il avançait. On lui a collé à la peau l’image d’un type qui portait la poisse (par exemple sous la pluie). Hollande ne fut certainement pas plus mauvais que ses prédécesseurs. Et le bilan de son successeur ne sera pas meilleur, soyez en sûr.

 

           Lundi 9 septembre

           Et si je vous disais que je ne supporte plus de voir un article de journal avec la photo d’un des membres du parti MR, qu’a chaque fois j’en attrape de l’urticaire ! Car voilà un parti qui arrive second derrière le PS en Région Wallonne avec à peine 20% et qui est le seul dans toutes les combinaisons nationales et européennes… ! Quelque chose ne tourne donc pas rond dans cette prétendue démocratie où la parité et l’équilibre est le fondement d’une Nation en bonne santé. Mais dès que l’un des membres finit par faire cavalier seul au détriment de sa propre communauté, le déséquilibre alimentaire provoque des maladies, il implante une anémie et même le cancer. Par la même occasion, il offre les clefs de la Nation à son voisin, un boulevard pour la propagande nationaliste, une couverture médiatique pour la diffusion des propos révisionnistes teinté de haine envers sa propre communauté. Et le pire se révèle maintenant : Le MR ne se sent pas concerné par ces propos infames envers les wallons, puisqu’il s’estime au-dessus de la mêlée, collaborant au dénigrement de la politique wallonne de gauche, accusée de communisme ! N’est-ce pas le fidèle portrait de Léon Degrelle, qui se croyait investit d’une mission et qui collabora avec les nazis en estimant que lui n’était pas dans le viseur de la politique destructrice d’Hitler ? Pauvre et dangereux naïf qui sema derrière lui la peste et la misère.

 

           Lundi 2 septembre

           La rentrée littéraire… Ce samedi soir, j’ai assisté à une émission sur France2. Trois auteurs invités, qui ont composé toute leur œuvre en allant puiser dans l’histoire chaotique de leur propre famille ou de leur existence, ce qui implique toujours des proches mécontents du portrait romancé, qui conduit à la rupture des relations. Maintenant, quand l’auteur prétend avoir transcrit la réalité, reste à savoir si cela est vrai, ou si finalement, il n’a pas transformé les évènements en sa faveur pour passer pour une victime, par exemple. Un auteur, ayant eu un énorme succès pendant des années, a fini par admettre que tout ce qu’il prétendait être la vérité sur les évènements de sa famille, n’était que mensonge et invention depuis le début. Dans ces conditions, le lecteur estime à juste titre avoir été abusé. Certes, on devine bien que les auteurs s’inspirent toujours de leur vie et de leur entourage, mais il y a une marge entre affirmer que tout est biographique, autobiographie, ou  qu’il y a des bribes de sa vie arrangées pour le besoin de la fiction.

 

           Dimanche 1er septembre

           Chaque année c’est le même manège, en fin de matinée il y a le ballet des millionnaires dans les airs de la ville de Verviers. Que dis-je, une débauche d’hélicoptère en provenance du Nord-Ouest, direction Spa-Francorchamps. Une bonne dizaine, en seulement trente minutes. Puis en fin d’après-midi, une fois le Grand Prix de Formule1 terminé, retour du spectacle, dans l’autre sens bien entendu.

 

                        Jeudi 29 août

           Je dois bien avouer que devant les nouvelles de ce monde radicaliser répandu un peu partout à travers le monde, aux mains de quelques despotes et déments, ce mois d’août me fut pénible. Que de tristesse de voir des proches et des amis se laisser aller à des réjouissances devant la montée inexorable des idées les plus répugnantes de l’extrémisme, celle de donner des bonnes raisons au pire, à l’exclusion, aux propos haineux envers les actions sociales, sous prétexte qu’il y a ci et là des politiques véreux ! Comme si l’ultralibéralisme était en train d’étendre un tapis de fleur, avec sa hargne à vouloir abolir un équilibre entre les diverses classes de la société. Le plus incompréhensible est de voir que des gens soutiennent cette politique de privatisation à-tout-va, que toutes les charges obligatoires qui incombent en principe à un État digne d’une démocratique avancée devraient disparaître. Ils sont favorables à la réduction de toutes les aides sociales, la prolongation du temps travail, la limite drastique des interventions concernant les soins de santé, la sélection discriminatoire des bourses d’étude… Pourtant, ils sont les bénéficiaires directs des batailles syndicales jadis menées avec courage par les anciens. L’aberration devient totale quand on constate que la plupart soutiennent cette thèse radicale qui a le vent en poupe à travers le monde, alors que dans le même temps, certains d’entre eux bénéficient à moins de 60 ans, soit d’un logement et d’un revenu social, soit d’une pension de la mutuelle. Sans compter que parfois, de son côté leur enfant reçoit une aide d’intégration pour poursuivre des études. Je l’avoue, mon intelligent n’est pas assez développé pour décoder ces choix contradictoires. Ou alors, est-ce tout bonnement le produit d’une propagande rondement menée, qui finit par les convaincre que celui qui les soutiens depuis des années n’est qu’un vil manipulateur responsable de leurs malheurs ?

 

           Vendredi 9 août

           Eh ben voilà… ! C’est en lisant un article sur l’homme qui traversa la Manche sur son Flyboard Air que je découvre le symptôme de la dysorthographie, dont l’auteur est atteint. Aujourd’hui donc, je peux donné un terme exacte à ma difficultés permanente de la maitrise de l’orthographe, de mon dysfonctionnement de l'écriture dû à un trouble d'apprentissage persistant à l’acquisition et à la maîtrise de l'orthographe, appelé aussi trouble de l'acquisition de l'expression écrite (altération de l'écriture spontanée ou de l'écriture sous dictée).

 

           La dysorthographie apparaît chez l’individu qui ne présente pas de déficit intellectuel, sensoriel ou de trouble majeur de la personnalité et qui est (a été) normalement scolarisé. Lors de ma scolarité, les symptômes non diagnostiqués étaient les suivant – et ils restent aujourd’hui récurrents :

 - Fautes d'orthographe, de conjugaison, de grammaire et d'analyse ;

 - Difficultés à l'écrit semblables à celles du dysgraphique (un bégaiement qui apparut à la suite d’un enferment dans une cave)

 - Erreurs de copies et des découpages arbitraires.

 - Economies de syllabes, des omissions et des mots soudés.

 - Erreurs visuelles (chemin-chenin...),

 - Inversions des lettres (sept-step...),

 - Erreurs d'homophones (a/à, vert/vers...),

 - Confusion entre catégories grammaticales (pour les nourrir- pour les nourrires...)

 - Mauvaise mémorisation de l'orthographe, même pour des mots familiers.

 - Et forcément, une estime de soi diminuée.

 

On distingue le trouble du développement à la suite d'une lésion du système nerveux ; on utilise le terme d'agraphie -comme un bégaiement – apparu chez moi à la suite d’un enferment dans une cave.

 

           L’individu atteint de dysorthographie fournit beaucoup plus de travail que les autres pour arriver à des résultats moins convaincants. Bref, que des inconvénients dans la vie sociale, dans laquelle on vous pointe parfois du doigt. A l’âge de 25 ans, un producteur de cinéma m’a qualifié d’analphabète devant une autre personne. Mais au lieu de me cacher dans un trou, j’ai écumé les bibliothèques avec l’espoir de sortir de ce statut dégradant.

 

           Jeudi 8 août

           Voilà des décennies que les partis politiques ont charcuté la Belgique en créant des niveaux de pouvoir prétendument indépendants les uns des autres… Mais à quoi cela rime-t-il, si les partis exigent de faire partie du pouvoir Régional pour accepter de participer un gouvernement fédéral ?


L’objectif premier des indépendantistes flamands (CVP) étaient bien de pouvoir permettre aux partis régionaux de gérer leur propre Région sans que son voisin vienne y mettre son nez et, dans un premier temps, sans pour autant devoir faire partie du gouvernement Fédéral, non ?

 

Seulement voilà, avec le temps, les partis ont fini par comprendre qu’ils avaient inventé un monstre ingérable et pour contourner cette difficulté, ils violent leurs propres lois et les règles initiaux, en argumentant que le nombre d’électeurs au niveau régional doit être aussi respecté au niveau Fédéral. Une hérésie mathématique, puisque celui qui fait 30 % au niveau Régional, n’est pas pour autant indispensable pour former un gouvernement Fédéral. Voilà où se niche l’hypocrise bien dissimulée derrière une prétendue volonté du peuple. Que dis-je, une digne perversité des élus qui rend les électeurs cocus.

 

La preuve : Quand un parti menace de ne pas faire partie d’un gouvernement fédéral s’il est exclu du niveau régional, je me demande alors à quoi peuvent servir ces niveaux de pouvoir, si c’est quand-même pour faire la même politique partout sur le territoire ?

 

Et si on prend le problème dans l’autre sens, il y a cette même perversité qui conduit un parti exclu du régional à accepter de former un gouvernement qui ne représente que 20% de sa propre communauté. Puisque là, il ne faut pas non plus tout mélanger et trahir l’équilibre de représentativité des régions. Que chaque communauté forme une alliance pour former une majorité, c’est bien cela l’idée. Mais quand dans un gouvernement fédéral un parti représente à peine 20% dans sa communauté, contre 80% dans l’autre, il y a une distorsion qui bafoue le fondement même de la démocratie avec le respect des communautés. On appelle cela un autoritarisme.

 

Pour aller plus loin dans cette réflexion, on peut même aussi affirmer que ces niveaux de pouvoir ont été jadis inventé pour pouvoir placer les copains et copines qui avaient échoué aux élections nationales. Alors, en ses début, inventer un petit mandat régional rémunéré, même si le pouvoir n’était que symbolique, c’était mieux que rien. Mais la créature est devenue un monstre qui détruit son inventeur.

 

           Mercredi 7 août

           Bien sûr, on ne peut pas tout savoir, on peut se tromper ou être trompé, émettre une opinion erronée face à un évènement ou à l’initiative d’une personne, émettre un premier sentiment devant une actualité qui vous interpelle ! Il ne fut jamais un crime d’ouvrir la bouche et d’interpeller le monde quand une chose vous titille les méninges et semble à vos yeux être une absurdité, une injustice, une tromperie, une manipulation, une arnaque intellectuelle ou financière, une propagande destinée à vous enrôler dans un mouvement que vous n’avez jamais souhaité adhérer. On dit souvent que mieux vaut ne pas ouvrir son clapet plutôt que de sortir une ânerie ! Mais vaut-il mieux se taire par peur d’être jugé ou de dire une vérité qui dérange ? Parfois, sans avoir la connaissance approfondie des choses, il y a en vous un régulateur de la conscience, du juste et de l’injuste, du vrai et du faux, une voix intérieure qui vous suggère de libérer votre opinion. Et puis face à vous, il y a ceux qui qui croient que leur grille de lecture est une bible sans appel, qui prétendent posséder la science infuse, absolue, les moralistes, les petits juges, les matamores qui assènent leurs vérités comme un couperet en vous faisant passer pour un inculte ou un débile enferré dans des certitudes que vous n’avez jamais prétendues. Se tromper ne donne pour autant pas toujours raison aux autres, qui se lancent bien souvent dans un réquisitoire tout aussi farfelu qu’inexact. La sincérité des uns et des autres ne peut qu’apporter la richesse du savoir si on le partage sans l’humiliation. La grandeur d’un homme se mesure à son humilité, à admettre que ses propos peuvent ne pas être forcément judicieux, justes et vrais.

 

           Et pourquoi donc j’en arrive aujourd’hui à cette réflexion ? Parce que par ignorance, j’ai partagé sur un site social une fausse information concernant l’exécution du poète espagnol Federico Garcia Lorca, lequel fut exécuté sur le bord d’une route par des rebelles anti-communiste et non dans une prison par la « Guarda civil » de Franco. Si le résultat politique est comparable, l’étymologie des mots on leur importance.

 

           Et justement… Lors d’une visite accompagnée par un professeur d’Histoire à l’Abbaye de Maredsous, je me suis rendu compte que je ne connaissais absolument rien sur la racine des mots que nous utilisons au quotidien. Que l’on soit croyant ou athée, là n’est pas le propos. On n’imagine pas l’apport des religieux, toutes congrégations confondues, ayant contribués aux langues usitées de par le monde. Et le nombre de choses aujourd’hui encore utilisées et fabriquées ayant une origine qui viennent de leur créativité et de leurs activités économiques. Au XIIe siècle, à Cluny la puissance de l’église était si grande qu’elle régnait sur toutes les activités économiques dans le monde, comme aujourd’hui les multinationales. D’où leur influence sur le développement de la fabrication, la gastronomie, les alcools, la dénomination des objets, les arts, etc. Mais sa puissance la rendit inique et injuste et elle s’effondra, tout comme Nero avec Rome. Bref, en connaître plus sur l’Histoire permet aussi de nous situer, de comprendre ce que nous devons aux anciens, mais aussi en tirer des leçons. Celles-ci seraient bien nécessaire pour ceux qui croient que tout ce qui est passé est révolu, démodé, des trucs de vieux grincheux ayant leurs nez dans le livres poussiéreux et que la modernité est tout bonnement de jeter tout cela aux orties afin d’aller de l’avant en ignorant que tout se répète un jour faute de savoir.

 

           Vendredi 2 août

           Face à la disparition d’un très proche, même si on la rencontrait plus ou moins chaque deux ans, parce qu’un océan qui nous séparait, il n’y a jamais assez de mots pour exprimer sa douloureuse tristesse.

           Et quand dans le même temps une amie s’en va… !

 

           Mercredi 31 juillet

           Chaque jour, j’ai envie d’aborder un sujet plus léger avec une touche d’humour parfois, pour me moquer des excès bien souvent ridicules des uns et des autres… Seulement voilà, au fil du temps qui a passé, je crois que j’ai perdu cette dérision qui plaisait un peu à mes rares lecteurs de ce journal. Certes, on peut rire de tout - pas avec tout le monde - Coluche ou Desproges, je ne sais plus -, mais chaque matin mon envie de plaisanterie s’envole devant la dramatique actualité. Comme donc rire devant l’agissement de cette police française aux ordres de Macron, qui se comporte comme celles des régimes extrémistes ? Diffuser du gaz lacrymogène en acculant des manifestants le long d'un fleuve, ce n'est en aucun cas une volonté de disperser une foule, puisque la seule échappatoire qui restait au gens pour pouvoir encore respirer, c'était de se jeter à l'eau. C’est criminel, il n’y a aucune excuse possible. Et la déclaration du Premier Ministre qui cherche à dédouaner l’Etat, revient à une parfaire illustration du régime macronien, qui n’accepte aucune critique sur sa politique et qui chaque jour apporte son lot de matraquage, de mort et de blessure corporelle sur sa propre population.

 

Ma paralysie actuelle m’empêche donc de prendre un peu de recul face aux nouvelles de mon pays, tout comme celle qui me parviennent du Brésil que je connais assez bien et qui me pèse terriblement. Je vois le monde s’échouer dans un océan pollué par la tyrannie et le despotisme, au même titre que les mers de glace s’évanouissent dans les eaux des pôles.

 

           Que de critiques acerbes lorsqu’on ose s’opposer avec franchise aux vieilles idées recyclées qui se répandent comme une trainée de poudre à travers le monde, ces idées sorties des égouts de l’Histoire présentées comme celle de la modernité et de l’avenir, alors que dans le même temps, on vous accuse de ressasser le passer pour dénoncer l’imposture.

 

           Hier encore une dame m’a conseillé d’écrire ce que j’ai sur le cœur, non pas pour me lancer dans un règlement compte stérile avec cette société -bien qu’elle le mériterait peut-être-, mais pour permettre à quelques personnes seulement -cela serait déjà beaucoup - de prendre conscience de ce qui se trame peu à peu, des objectifs réels d’une poignée d’individus qui tissent une toile pour s’accaparer un pouvoir absolu et par de là les richesses du monde, au détriment d’un peuple qui perd tous les acquis sociaux obtenus par une solidarité aujourd’hui perdue. Et si par hasard un soubresaut de solidarité se manifeste, il est aussitôt criminalisé par ceux qui ne veulent plus ni voir ni écouter une opposition. L’idée de cette dame me flatte, mais qui suis-je pour espérer voir mes réflexions dans un média national, susceptibles d’éveiller une interrogation auprès de quelques lecteurs ?

 

           Mercredi 24 juillet

           Depuis le début, quelques choses me dit qu’il y a anguille sous roche avec cette adolescente du nord prénommée Greta. Certes, Jeanne d’Arc n’avait aussi que 15 ans et une voix l’avait guidée sur les chemins guerriers, une épée à la main ; tout comme plus tard d’autres adolescents(tes) qui furent les portes paroles de la Vierge Marie, porteuse d’un message pour l’Humanité. Alors, Greta est-elle ce nouvelle égérie ayant reçu pour mission de sauver la planète terre d’un cataclysme écologique ? D’où lui vient cette science infuse que même des docteurs es ne parviennent même pas à se mettre d’accords sur des rapports scientifiques ? Ici, on est pourtant bien au-delà de la compétence intellectuelle de Jeanne d’Arc, puisque celle-ci n’a jamais révélé que la terre était ronde et constater que les vaches émettent des gaz à effet de serre ! Bref, comment expliquer son savoir, sinon que par des voix anonymes qui lui souffle dans l’oreille ce qui est bon de révéler au monde, lequel est tombé sous le charme d’une enfant prétendument venue du ciel pour nous sauver du désastre. Si la parole était portée par le souffleur du théâtre, sans doute n’aurait-elle pas le même écho dans les médias, ni chez les politiques prompts à prendre le train qui leur apportera des voix aux prochaines élections.

Aujourd’hui, la religion de l’écologie balaye celle de la sécurité sociale des années 1960, laquelle est désormais mise en pièce. Le bisness vert à pris le dessus en nous incitant à consommer intelligent. Ah, mais tout le monde le veut bien, à condition qu’on lui donne les moyens financiers, ce qui est loin d’être le cas pour les trois-quarts de la population devant se contenter d’un salaire au rabais. Aliments bios, panneaux solaires et voiture électrique ne sont que pour ceux-ci un catalogue sur papier glacé, des produits inaccessibles. D’ailleurs, au-delà de cela, que dire de la production de l’électricité à base de charbon comme en Allemagne ou la dépollution inexistante des batteries… ? Imaginons même qu’une fois le soir venu, le monde entier recharge sa voiture, le réseau électrique y résisterait-il ? Greta s’est-elle jamais posée la question ? Sans doute que non, puisqu’on pense pour elle, on lui suggère de dire ce qui est bien pour la planète, le doigt levé en guise de remontrance à destination des adultes. Bien sûr que ceux-ci ont merdé comme jamais par avidité du lucre et du pouvoir, mais où est la crédibilité de cette gamine sans expérience de vie, avec son embryon de formation. Je crois qu’elle est tout simplement un porte-voix téléguidé par des industrielles qui l’utilisent comme moyen de propagande afin de promouvoir leurs produits prétendument écologiques. Mais je peux me tromper.

 

             Lundi 15 juillet

           « Je ne fais pas campagne à gauche, je fais campagne en bas », dit Alexandria Ocasio-Cortez, représentante de New York à la Chambre des Représentants.

           Je fais cette déclaration mienne, non pas comme un homme politique, mais comme simple citoyen et humble observateur. Défendre ce qui me semble juste, dénoncer les injustices, les travers, les mensonges, l’hypocrisie, les privilèges qui exclus, peu importe la couleur politique. Si mes interventions me valent souvent d’être qualifié par les uns d’extrémiste de gauche et par les autres radicale de droite, parfois insulté et dénigré, peu m’importe. Je me dis que la grille de lecture des partisans est si étroite qu’ils finissent par ne plus savoir objectiver et mettre l’essentiel du bien commun au centre des priorités. Certes, chacun vote selon son intérêt, sa conscience, en faveur des idées proches des siennes… Moi aussi. Mais quand celui qui a reçu mes faveurs renie ses paroles, trahi son électorat et sombre dans la mauvaise foi, je ne peux en aucun cas le soutenir aveuglement par simple orgueil. Autrement dit, « être en bas » ou « être en haut » ne signifie pas qu’il faille obligatoirement accepter tout ce qui est ensuite décidé par celui qui a prétendu lors de sa campagne électorale représenté vos aspirations. L’essentiel est « d’être en bas » et de savoir y rester malgré son élection, continuer à représenter ceux qui vous ont élus. Ne pas oublier d’où l’on vient ! Résister à la tentation de cracher dans la soupe.

 

           Jeudi 11 juillet

           Il y a en effet un déferlement de révélation, de violation et de scandale de la part des personnages politiques à travers le monde ! Et que vois-je sur les sites sociaux, sur les forums et dans les médias, quantité de personnes à l’abord modestes qui défendent les voleurs, les cumulards, les escrocs, les racistes, les extrémistes, les fascistes… L’indéfendable en somme et qui foulent aux pieds les bases élémentaires de l’équité du vivre ensemble. Ils ont finalement basculé de l’autre côté de la ligne, conditionné par l’appât du pouvoir, de l’argent et du paraître. Pour eux, la fin justifie les moyens, tout leur parait acceptable : le détournement de bien public, le révisionnisme, le déni, la mauvaise foi, le dénigrement, les insultes, Ken Loach, cinéaste anglais auteur du film « Moi, Daniel Blake » palme d’Or à Canne, dit que les riches soutiennent le fascisme quand ils sentent que leur argent est menacé.  Autrement dit, quand la classe supérieure voit ses privilèges s’amenuiser, elle se tourne toujours vers le radicalisme. Et ceux qui croient faire un peu partie de cette élite sociale, se mettent comme des chiens de garde devant ceux qui les méprisent du haut de leur balcon, espérant sans doute obtenir quelques miettes. Ah, ces petites mains à la solde des nantis qui les sacrifieront une fois leurs privilèges de nouveau assurés !

 

           Mardi 9 juillet

           On prétend souvent qu’une fois la rédaction d’un roman achevé, il y a une phase de dépression, comme une mère qui voit son enfant prendre le large, voguer de ses propres ailes. Il y a l’attente de savoir si tout va bien dans sa nouvelle vie, s’il rend l’autre heureux, s’il n’est pas violenté ou maltraité, peut-être même humilié, au point de perdre sa dignité et de se croire inutile, en déduire que sa place est dans une corbeille. On dit que « pas de nouvelle, bonne nouvelle », mais l’attente fait mourir la flamme qui porte l’espoir. Pendant un certain temps, on se couche le soir avec la certitude que le lendemain ne sera pas totalement funeste, même si au fond de soi l’espérance s’est peu à peu amenuisée.

 

           Lundi 8 juillet

           Un fameux gout amer dans la bouche à la lecture d’une déclaration du bourgmestre de Verviers, qui ne voit pas ce qu’on lui reproche après une nomination comme conseillère chez un producteur privé d’électricité ! Du coup, je lui envoie le message suivant :

           En fait, vous êtes dans le déni Mme Targnion, vous vous mentez au point de croire que vous êtes dans votre bon droit moral, vous fonctionnez exactement comme celui qui crèche à Ans, comme les cumulards avides de pouvoir et d'argent qui refusent de comprendre l'indécence de leur comportement vis-à-vis de la population et de leurs électeurs. Comprenez que quoi que vous en pensiez, vous devenez une obligée des décisions majoritaires de Luminus qui compte plus de 50% de part privée. Vous êtes élue pour être assise à l'Hôtel de ville comme bourgmestre à temps plein et non pour vous permettre de trouver ci et là un siège d'administrateur ou de conseiller dans des entreprises aux capitaux majoritairement privé. Cela vaut pour tout le monde, il faut savoir choisir son plan de carrière avant de se présenter sur la liste d'un parti politique avec l'espoir de gérer une grande ville : car soit on fait de la politique, soit du bizness. Les deux à la fois ne font jamais bon ménage et discrédite la probité d'un engagement prétendument social. Mais voilà, avez-vous jamais été sociale ou simplement avez-vous embrayez dans un parti politique avec des dents qui rayent le parquet uniquement pour vous permettre de monter une échelle et vous mettre à l'abri des besoins, un peu comme si la politique était une startup permettant de s’enrichir ? Certes, personne ne peut blâmer quelqu'un de vouloir faire son beurre, mais tout dépend de la manière d'y arriver et que cela ne soit au détriment de quiconque. Et à mon humble avis, c'est au détriment de la ville, de vos électeurs, voire même de votre propre morale. Et si après cela vous continuez à bien dormir, je me dis que là vous devez changer de métier. Si pour autant que la politique en soit un ? Philosophiquement parlant ce ne l'est pas ; la base de l'engagement politique est comparable à une mission pour le bien de tous, une forme de sacerdoce, non un marchepied.

 

           Samedi 6 juillet

           J’aimerais parfois comprendre le mécanisme intellectuel de certaines personnes, qui à l’abord semblent sociables, sensées, équilibrées, mais une fois qu’elles commentent un évènement qui a trait de près ou de loin à la politique, voilà soudainement qu’elles se révèlent d’un racisme social, à la limite radicales, dénigrantes envers ceux qui osent mettre en avant et dénoncer les scandales et les dérives. Comment peut-on en arriver par exemple à insulter des journalistes d’investigation qui ont permis à la justice de poursuivre des politiques véreux. Comment peut-on en arriver ensuite à adhérer aux thèses populistes pour soutenir les bandits et cracher son fiel sur les premières victimes de ses malversation et détournement de bien public. Comment peut-on encore en arriver à estimer que les pauvres le sont de leur propre faute, car il y aurait de leur part la « culture de l’excuse » pour justifier leur détresse ? Comme si le fait de ne pas être bien né dans une famille aisée, d’avoir perdu son emploi, ses droits sociaux pour certains et peut-être même vu son mariage partir à-vau-l’eau, que tout cela est de leur faute, de leur décision de sombrer dans la rue. Il faut vraiment rester dans le déni de la réalité du monde, ne pas admettre que celui-ci est à l’image d’une pâte feuilletée, regarder de sa confortablement couche sociale celui qui se trouve à l’étage inférieure, refuser de le croiser, de le rencontrer et de le comprendre. Bref, le mépriser du haut de sa tour ou lui faire une leçon de morale, le culpabiliser sans le moindre remord, applaudir la criminalisation de la misère et le soir venu fermer sa porte pour mieux dormir.

 

           Jeudi 27 juin

           Pourquoi ai-je le sentiment d’être un peu seul, comme un mammouth disparu, dans la défense de la langue française. Hier soir, je me promenais non loin de chez moi et en passant devant l’hôpital public, sur le haut du bâtiment je vis une enseigne qui, une fois de plus, me fit tourner le sang en une fraction de seconde :

CRF Verviers – EAST BELGIUM.

Certes, je l’avais déjà vu auparavant et cela m’avait déjà dérangé : Pourquoi AEST BELGIUM ? Sommes-nous dans un pays anglophone ? Je ne sais pas pourquoi, mais hier je me fis l’avocat du diable sur un réseau social. Et je reçu une explication qui me fais davantage réagir. Que la Belgique soit composée de trois Régions et de trois langues nationales, le flamand, le français et l’allemand, et que l’une des Régions intègrent la communauté germanophone, je veux bien, mais cela ne donne toujours pas une bonne raison d’y inscrire sur un bâtiment public situé dans une ville francophone une enseigne en anglais. Et que l’hôpital de Verviers soit celui de référence pour l’Est du pays et qu’il y ait un partenariat avec lui et la communauté germanophone, que je sache, ni l’un ni l’autre ne sont anglophone. Et même dans l’hypothèse d’un partenariat avec quelqu’un qui parlerait anglais, cela justifierait-il de sacrifier la langue de sa région pour la nécroser avec celle de son partenaire ? Non. Comme je l’ai déjà écrit à diverses reprises, à force d’abandonner sa langue maternelle au profit d’une autre, on y perd ses racines, sa culture, sa manière spécifique de réfléchir et on entre de pleins pieds dans une forme de pensée unique. Celui qui ne comprends pas cela, se laisser embarquer aveuglément vers une soi-disant modernité mondiale. C’est la diversité qui fait la richesse du monde. S’adonner un une monoculture c’est la perte de ses propres richesses locales, tant du point de vue linguistique, culturel et même agricole. Même si peu à peu certains reviennent désormais aux fondamentaux, pour d’autres il y a encore l’illusion que pour faire partie du monde il est nécessaire de se fondre dans la masse dominante.

 

           Jeudi 20 juin

           C’est quoi la démocratie ? Est-ce parce que des gens votent pour un parti extrême qui cautionne le racisme, la division des peuples, l’exclusion de son voisin qui ne parle pas la même langue que la sienne et l’exterminations des poids morts de la Nation, que les élus de ce parti entrent dans la cadre de la démocratie ? Le baromètre de la démocratie est-il variable selon la popularité d’un tribun qui aboie sa haine sur tout ce qui ne lui ressemble pas ? Non plus. Et c’est justement ce à quoi s’attelle la NV-A (qui fut adoubée par le MR pendant 5 ans), celui d’habiller le fascisme en costume et cravate en lui donnant une apparence acceptable, pour le rendre moins pire, en l’affublant du terme « droite décomplexée », manière d’intégrer dans l’esprit des gens que le fascisme d’aujourd’hui n’est plus celui de Hitler, mais une nouvelle politique qui entre dans la notion de la démocratie. Mais c’est quoi alors démocratie ? C’est avoir un projet de société équitable, n’exclure personne, rassembler et non diviser, respecter les droits humains, la Constitution et les droits de chacun pour le bien de l’ensemble du peuple, malgré les différences pouvant exister d’une région a une autre. Tout le contraire de la NV-A et du Vlaams Belang.

           Seulement voilà, j’ai le sentiment que certaines personnes font un amalgame entre l’idée de « démocratie » et celle des « affaires », des « scandales » et autres dérives de certains politiques de tout bord d’ailleurs, au point de se dire que les partis concernés par ces affaires ne sont pas des mouvements ayant un programme de société démocratique. Mais par contre, deux partis flamingants qui prétendent exterminer ces pratiques illicites aux lances flammes en éradiquant son voisin et une région entière pour ne plus avoir à faire avec eux, serait quant à eux vêtus de démocratie.