Journal d’un écriveur

(depuis 1995  -  mise à jour régulière)

2024

Mercredi 10 avril

Bien sûr, je ne suis pas sourd ou point de ne pas entendre ce qui passe dans l’actualité. Certes il y a les guerres, celle en Ukraine qui se bat contre un despote jusqu’auboutisme qui préférera mettre l’Europe à feu et sang pour satisfaire son ego. Du côté de la Palestine avec Israël, ce n’est pas mieux. Sans le dire, il y a le désir d’annexer la bande de Gaza. Puis chez nous, l’extrémisme monte comme en 1938, avec des discours racistes qui font froid dans le dos, séduisant une bonne partie de la population. Ce matin j’ai assisté aux funérailles d’une tante et lors de l’hommage, il fut dit que lorsqu’elle avait 5 ans, une partie de la maison dans laquelle elle vivait avec ses parents avait été occupée par les nazis, qui avaient placé sur le mur du corridor un tableau de Hitler, devant lequel elle passait chaque jour et que son frère à peine âgé de 8 ans crachait dessus ! J’ai le triste sentiment que les Européens ont tellement été convaincus qu’il n’y aurait jamais plus de guerre chez nous grâce l’OTAN, que nous refusons de voir ce qui se prépare.

 

           Mardi 9 avril

           Il est vrai que je n’ai pas été très assidu à ce journal et je m’en excuse auprès de celui ou de ceux qui auraient pu s’inquiéter de ne plus avoir une information au sujet de mes réflexions, de mes coups de sang ou de mon activité littéraire. À vrai dire, c’est justement cette dernière qui m’a beaucoup occupé et fatigué. Le 7 mars, j’ai sorti mon cinquième roman, « Au-delà de Madrid les oliveraies disparaissent » que j’ai distribué dans 39 librairies à travers la Wallonie et Bruxelles. Puis j’ai enchaîné avec la médiatisation, quelques séances de dédicaces dans les librairies, des week-ends avec des foires du livre à Tournai, à Wavre, à Hamoir et 5 jours à Bruxelles. Cette dernière fut la plus épuisante, mais fructueuse au niveau médiatique et vente. Le merdreci 3 avril, le Journal Télévisé de 19h30 de la RTBF à réalisé un reportage sur l’ouverture de la foire du livre et m’a consacré une petite place. Une autre émission littéraire cette fois est passée me voir. La radio Première a parlé de la sortie de mon roman. Même un média espagnol a fait écho à cette sortie. Sans oublier la rencontre littéraire de 50 minutes sur une scène installée en pleine foire du livre où était assise une bonne trentaine de personnes pour y assister. Que du bonus. Mais bon, tout cela reste quand même éphémère. Une actualité chasse l’autre. Cela étant dit, je me satisfais de constater que des médias offrent une certaine reconnaissance à mon travail, ce qui n’est pas encore le cas de quelques individus au sein d’une administration culturelle qui persiste à m’ignorer. Et pour clore ce chapitre littéraire, ce samedi c’est encore dédicace à Huy, la semaine prochaine week-end à Modave, etc. en mai, en juin, en juillet…

 

           Lundi 4 mars

           Mesdames et Messieurs les politiques et journalistes, voilà ce qui devait arriver ! À force de minimiser l’impact fasciste du parti politique N-VA, alors que tout le monde sait que ce mouvement est fondé sur les mêmes thèses extrémistes de la droite pure et dure flamingante, en l’ayant réduit à un parti nationaliste d’une droite classique plus affirmée, il a fait le lit de son abominable géniteur Vlaams Belang & Cie. Celui-ci crédité de plus de 27 % en Flandre, pour sûr que la N-VA finira par réintégrer les rangs de la maison mère. Ils peuvent donc remercier Charle Michel et le MR dans son ensemble de leur avoir mis le pied à l’étrier du pouvoir ! Et ils peuvent aussi remercier Alexandre De Croo qui avait débranché la prise et qui avait ainsi créé le chaos durant plus de 2 ans, amenant ainsi les fachos dans un gouvernement. Il ne faut pas se voiler la face ou piquer la tête dans le sable. À force de s’habituer aux propos violents de ses orateurs qui assassinent les symboles de la démocratie, un jour on se retrouve avec le fascisme devant sa porte. 

 

           Mercredi 21 février

           Il est vrai que donner son opinion sur ce qui se passe dans l’actualité guerrière à deux endroits du globe, il y a le risque de se faire lyncher par les uns ou par les autres. Ma question est de savoir combien de temps encore les responsables des Nations ayant un poids politique vont attendre pour mettre le holà à ce que l’on peut appeler une préparation à la guerre mondiale par un malade mental russe et une hécatombe dans une bande nommée Gaza ! Un journaliste brésilien estime que le Lula a fait une erreur de comparer l’extermination des juifs avec les bombardements sur le peuple palestinien, puisque la proportion en nombre de victimes est autre. Mais est-ce le nombre de victimes qui importe ou est-ce la manière dont les choses s’organisent en ciblant un peuple. Les nazis ont regroupé les gens dans des camps en vue de les exterminer. Mais les autorités israéliennes ne poussent-elles pas des millions de gens dans un coin de la bande de Gaza, empêchant le ravitaillement de victuaille pour les affamer et les acculer derrière des barbelés, dans l’impossibilité de fuir, pour mieux les bombarder et en finir avec le peuple palestinien ? Il faut quand même garder les yeux en face des trous. Alors oui, la comparaison n’est pas dénuée de tout fondement ! Quant à Poutine, il faut se rendre à l’évidence, il n’y a aucune solution politique possible avec lui, seule la force aura raison de ses vélites.

 

           Dimanche 18 février

           Un week-end fructueux au cours de la foire du livre Walivre, avec de belles rencontres et une bonne vente. Samedi fut la meilleure journée, car dimanche le public avait préféré rester chez lui à l’abri de la pluie.

 

           Vendredi 9 février

           Bonne nouvelle, à l’occasion de la sortie de mon nouveau roman « Au-delà de Madrid les oliveraies disparaissent » la Foire du livre de Bruxelles a retenu ma proposition de débat autour du thème « Immigration, amour et diversité », animé par Guy Delhasse, en présence de Pie Tshibanda et de votre serviteur. Vendredi 5 avril 2024 à 16h00.

 

             Mercredi 7 février

           Dans le documentaire sur la Cour Pénale internationale diffusé par la télévision Arte, la déclaration d’un magistrat m’a paru tellement évidente sur la technique de propagande des despotes.

« Hermann Goering a dit qu’il suffisait de dire au peuple qu’il était menacé pour obtenir le soutien d’une population en faveur de la guerre et d’accuser les pacifistes comme étant les ennemis du pays. »

           C’est exactement les déclarations de propagande des vas-t’en-guerre actuelle. Mais pas que… ! Les partis d’extrême droite utilisent les mêmes propos pour obtenir l’adhésion d’une population en faveur de leur programme raciste, fasciste, séparatiste dans le but d’exclure son voisin qui serait l’ennemi de leur bien-être, le poids mort empêchant la prospérité, coupable de la ruine économique, celui qui ne fait pas honneur au drapeau ou encore à un hymne identitaire.

 

           Mardi 6 février

           Oh la… ! Lors de la Foire du livre à Tournai, j’ai découvert que dans la province du Hainaut, au sein de la population, il y a une forte revendication d’identité. En présentant mon roman « Au-delà de Madrid les oliveraies disparaissent » lorsque j’expliquais aux tournaisiens que les 2/3 du roman se déroulent dans le Borinage, nombreux m’ont répondu qu’ils n’étaient pas Borains, mais Picardiens, sous-entendu que cela ne les concernait pas, puisque l’intrigue ne se passe pas dans leur région. Oui oui, 30 ou 40 km à côté ! Je suis tombé de ma chaise !

 

           Dimanche 21 janvier

           Ce n’est pas la première fois que l’on me dit que je suis courageux. On me l’a soufflé deux fois dans l’oreille en l’espace de quelques jours. Mais à quel propos ? De mon obstination à poursuivre contre vent et marée mon aventure éditoriale. Plus on cherche à discréditer ma démarche, à salir ma réputation d’homme faute de trouver un argument à redire sur mes textes, plus on me méprise pour tenter de me faire baisser les bras, plus on cherche à me blesser, plus j’ai la rage et la volonté de poursuivre ma route. Un homme blessé est plus redoutable et plus fort ! Vous savez, même une personne qui connaît bien le milieu de l’édition m’a demandé pourquoi je publie les textes moi-même au lieu de me faire publier par un tiers. Pardi, tout simplement parce que je n’ai trouvé aucun éditeur ! Oui, 20, 30 éditeurs, et même 40 pour un texte, ont décliné ma proposition. Alors, à un moment donné, j’ai dit « basta » ! En 2018, quand au bout d’une année, l’un d’entre eux n’avait pas eu le courage de me dire en face qu’il ne publierait pas La lignée Dorval, je lui avais répondu que si ce n'était pas lui, cela ne serait personne. Il n’avait pas eu l’air de comprendre. Étant donné que personne ne voulait me publier pour des raisons diverses et parfois peu avouables, le mieux était donc de le faire moi-même. Évidemment le corporatisme du secteur du livre, éditorial et médiatique, n’aime pas les trouble-fêtes, les trublions qui pointent du doigt ce qu’ils ne veulent pas que cela se sache. On me le fait bien comprendre. Heureusement, des organisateurs de salon, de foire du livre, libraires et bibliothécaires ne comprennent pas cette position de rejet envers des auteurs indépendants et ils les soutiennent comme ils le peuvent !

 

           Samedi 6 janvier

           Santana éditeur, votre serviteur, est l’exception qui abolit la règle de l’a priori négatif littéraire d’un livre édité par son auteur. Les textes sont soumis à plusieurs lecteurs, corrigés, relus, recorrigés avant toute mise en page, l’élaboration de la couverture et remis à un imprimeur de la région de Charleroi, sans la moindre aide financière extérieure. Ici, on ne fait pas imprimer à l’étranger tout en ayant obtenu un subside d’une fédération de l’État ! C’est le contraire de l’amateurisme que des individus attachés au système actuel colportent à l’envi pour discréditer le travail éditorial de celui qui ne marche pas selon leur musique.

 

           Je pose la question : alors qu’aujourd’hui tout le monde chante en faveur du circuit court pour les produits de bouche et même pour l’artisanat, c'est-à-dire des producteurs aux clients, via des commerces locaux, en mettant en avant la fraîcheur ou la qualité des produits, pourquoi alors en est-il autrement pour les livres sous prétexte qu’il n’y a pas des filtres qui écrèment la création de manière à ne retenir que les textes méritants ? Les agents de presse, les diffuseurs et les distributeurs ne sont en rien des filtres pour la qualité d’un texte, ils sont juste des commerciaux pour la promotion au service de l’éditeur. La qualité littéraire est du seul ressort de l’auteur et de l’éditeur ! Les produits de bouche sont-ils moins bons parce qu’ils ont évité les intermédiaires qui ont empoché une commission ? Pourquoi en matière du livre, ils devraient tous obligatoirement passer par cette sacro-sainte chaîne du livre (fermée aux prétendus autoédités) alors que celle-ci n'apporte rien de plus au contenu littéraire ; excepté celui d’encaisser plus de cinquante pour cent au passage, au détriment de la plupart des auteurs qui se retrouvent avec huit à neuf pour cent sur le prix d’un livre. Quand on sait que dans ce pays - coupé en deux - nonante-cinq pour cent des auteurs s’estiment heureux d’avoir vendu 300 ou 400 exemplaires ! Faites le compte ?

 

           Et que dire des propositions d’éditeurs qui proposent aux auteurs abandonnés sur le bord de la route, prêtent à franchir le pas de l’autoédition, des suivis d’écriture en leur signalant que leurs textes ne sont certainement pas bons, fautes de professionnalisme, le tout à des tarifs qui ressemblent aux nombreuses éditions à compte d’auteur qui ne sont rien d’autre qu’une tromperie, un miroir aux alouettes aux dépens de ceux qui croient avoir enfin trouvé un éditeur ? Une belle illusion, puisque les tarifs pratiqués financent l’entièreté d’un faible tirage (souvent à la demande), l’éditeur ne prend aucun risque, il n’engage aucune promotion, la distribution se limite à un site Internet, parfois avec quelques points de vente en librairie pour justifier l’engagement d’une distribution et en cas de vente il empoche sa part d’éditeur. En résumé, l’auteur doit se débrouiller au même titre qu’un autoédité, aller voir des libraires de sa région avec le bouquin sous le bras, se voir parfois mal reçu, voire méprisé, humilié lorsqu’on lui montre la porte, et tout cela sans jamais récupérer son investissement.

 

           En principe, quand un livre est d’une qualité équivalente à n’importe laquelle des éditions « traditionnelles », autoédité ou non, les libraires devraient être curieux, consciencieux et conscients de la difficulté des auteurs à trouver un « éditeur ». Voilà pourquoi, nombre d’entre eux finissent par ouvrir leur porte avec sympathie, confiant qu’il y a dans votre démarche un travail éditorial. Certes, cela prend un certain temps, car il n’y a pas derrière vous un matraquage médiatique réservé à une poignée de personnages ayant accès aux rédactions de tout bord, télévisions, journaux et magazines à grand tirage. Néanmoins, on peut trouver une petite place, participer aux salons et foires du livre à travers le pays, rencontrer un lectorat ravi de découvrir des auteurs méconnus et qui revient plus tard pour acquérir un d'autres titres.

 

2023

 

           Dimanche 31 décembre

           C’est facile de dire aux autres qu’il faut oublier quand une décennie plus tard vous subissez toujours l’exclusion d’une poignée d’individus qui vous ont discrédité en verrouillant les portes d’entrée parce que vous avez osé dénoncer un voleur qui fait partie d’un clan de privilégié.

 

           Je viens justement de lire un article du Huffpost concernant un célèbre acteur qui, devant une caméra, a tenu des propos pour le moins vulgaires et qualifiés de harcèlement sexuel et qui, face à une réaction de dégoût provoqué par une partie de la population (accusée de médiocre), constate que 50 artistes connus signent une tribune pour défend le génie du comédien. Mais le sujet n’est pas de savoir si dans son art l’artiste en question est un génie ou non ! Il s’agit du comportement d’un homme en dehors de ses rôles ! Et l’article constate à juste titre que les 50 signataires sont des artistes d’un âge certain qui font partie de l’élite du cinéma sur lesquels l’accusé a beaucoup moins d’ascendants et que, dans les signataires, il n’y a aucune petite main ni de jeunes actrices. En résumé, il s’agit d’une bande de privilégiées bloquée dans une époque qui défend leur entre-soi en se croyant au-dessus des lois.

 

           Alors, vous allez me dire que je fais un amalgame qui n’a pas lieu d’être. Mais détrompez-vous, puisque le principe est identique. Quand un auteur connu s’autorise à plagier un auteur inconnu, et que ce dernier l’accuse publiquement, que se passe-t-il ? La classe privilégiée du monde du livre se ligue pour accuser l’inconnu d’être un médiocre, jaloux, désireux d’avoir un peu de publicité. Et quand 10 ans plus tard la victime publie ses textes, il est confronté à une résistance de ces mêmes individus : pas d’agent de presse, pas de diffuseur, pas de distributeur, pas de reconnaissance des autorités culturelles, boycotté ci et là… Pour m’encourager, un proche me signale que la popularité d’un individu se mesure à la quantité de ses ennemis. Admettons ! Mais dans mon cas, suite à ma plainte, je me suis fait de nombreux ennemis. Alors malgré la publication de mes autres textes, difficile de leur démontrer que je ne suis pas celui qu’ils croient, un médiocre qui cherche à se faire mousser en publiant des daubes.

 

D’ailleurs, pour organiser une proposition de débat à l’occasion de la Foire du livre de Bruxelles 2024, malgré le thème d’actualité sur l’immigration, les invitations lancées à de nombreux animateurs du monde du livre restent lettre morte. Bien sûr, je ne baisse pas les bras, la proposition est remise avec la participation d’auteurs de qualité.

 

           Dimanche 24 décembre

           En regardant le portrait de Robert Redford qui créa un centre pour soutenir des cinéastes rejetés par les producteurs de Hollywood et promouvoir le cinéma indépendant, je me demande si un jour il y aura un grand et célèbre écrivain qui aura le courage de créer un centre pour soutenir les auteurs rejetés par les éditeurs membres d’une association, afin de mettre en lumière la littérature artisanale et indépendante !

 

           Samedi 23 décembre

           Si un ami raconte une infamie, je lui dis que ce n’est pas bien et je ne renierai pas mes valeurs pour le défendre aveuglément, conte tout bon sens.

           Et quand un individu me diffame pour me nuire, qu’il soit connu ou non, je ne reste pas bouche bé sous prétexte que la canaille n’en vaut pas la peine ou que c’est « le pot de fer contre le pot de terre ». Plutôt mourir les armes à la main que d’avaler des couleuvres et de subir l’injustice.

 

           Mercredi 20 décembre

           Un auteur du coin vient d’apprendre à ses dépens qu’il n’aurait pas dû dévoiler le titre de son prochain roman à un collègue auteur. Celui-ci vient de publier un recueil de poèmes en s’appropriant le titre.

           À mes dépens, j’ai appris qu’il ne faut pas dévoiler son agenda pour la sortie de mon nouveau roman à un autre auteur, puisque ce dernier très connu a proposé la même date à l’organisateur pour la sortie du sien.

 

           Lundi 11 décembre

           Entartrons entartrons, disait un certain Noël Godin ! J’indiquerai bien quelques individus épris d’orgueil et de prétention à goûter une crème fraîche pimentée à la dérision. Comme l’écrivit un lecteur qui semble suivre mon parcours, les insultes et les attaques à peine voilées démontrent que mettre le doigt sur ce qui fait mal provoque non seulement l’ire de ceux qui se voient concernés, mais encore réveille un sentiment de jalousie.

Bref, je fais mon petit bonhomme de chemin et lorsque je suis dans les librairies ou dans les foires, personne ne vient m’insulter sous prétexte que je serais méprisable. On me complimente souvent pour mon enthousiasme, mes plaisanteries qui font rire. Cela permet de belles ventes. Ce fut aussi le cas au dernier Marché de Noël de Verviers. Contrairement à ce que certains prétendent pour justifier le refus d’un dépôt, les lecteurs verviétois sont en demande d’auteurs de la région et ravis de les rencontrer.

 

           Samedi 9 décembre

           Est-il encore permis d’exprimer aujourd’hui dans les médias ou les sites sociaux une opinion sociétale sans se voir clouer au pilori par des individus estimant que seules leurs points de vue et opinions sont acceptables ou diffusables ? Des exécutions sommaires, sans procès qui s’apparentent à des régimes dictatoriaux ! Chacun a le droit d’aimer ou non ce qui est exprimé, sans pour autant être à la manoeuvre d’attaques personnelles qui n’ont rien à voir avec le contenu des propos repris. C’est le « je ne t’aime pas » parce que tu ne penses pas comme moi, donc je te détruis, je te sabotte, je t’éradique via des propos mensongés. Et quand il s’agit d’un individu qui a du pouvoir sur du personnel, celui-ci tombe sous le joug de ses volontés au risque de perdre leur place ! Cela me fait penser au parton d’une entreprise au Brésil qui contraignait son personnel à porter le tshirt à l’éfigie de Bolsonnaro, sinon on lui indiquait la porte. Comme le dit une formule populaire, les petits malfaisants locaux finissent un jour ou l’autre par redessendre de leur pied d’estale.

 

           Vendredi 8 décembre

           Rassuré question santé… ! Puis comme je l’ai écrit sur ma page Face de bouk… Meta… sur une même journée, je fus aimé et détesté. Deux personnes ayant achetées l’un ou l’autre de mes romans dans une foire du livre m’écrivent pour savoir où elles peuvent trouver d’autres de mes titres. Puis un individu me fait savoir qu’il me trouve tellement détestable au regard de mes posts sur Face de bouk - car selon lui j’insulte des auteurs (?) et je crâche sur mes contemporains (?) au point qu’il refuse de commander pour un client l’un de mes romans. Et il achève sa poésie de caniveau en me priant de ne plus jamais le contacter. Comme quoi, faute d’un argument sur le travail éditorial et littéraire, on cible la personne pour le discréditer ; une méthode rodée par les radicaux et les prétentieux méprisants qui se croient au-dessus de la mêlée.

 

           Mercredi 29 novembre

           Nous ne sommes pas grand-chose et c’est bien vrai. Il suffit parfois de devoir passer sur le billard pour une « petite » opération et vous voilà plongé entre les deux mondes.  Vous êtes dans la salle de réveil, vous entendez les « bip… bip… » des uns est des autres, le vôtre aussi, sans pour autant pouvoir distinguer les vôtres, puis tout à coup les « bip… bip… « de l’un d’entre eux s’espacent de plus en plus et vous vous sentez peu à peu partir dans un nuage de coton, votre corps semble s’enfoncer dans le matelas. À ce moment-là, vous percevez un brouhaha autour de vous, des ombres qui s’agitent, trois, quatre ou cinq… Une voix vous demande de rester avec eux, une autre dit que « on est en train de le perdre ». La pulsation cardiaque chute à 35, puis à 25… Votre bras gauche commence à chauffer à la suite d’un produit qu’on vous injecte, une fois…, deux fois… trois fois… On colle des ventouses sur votre poitrine. Vous vous voyez partir doucement, sans aucune souffrance. Vous tutoyez un peu les anges. Vous penser au futur de votre épouse sans vous… La vie ne tient qu’à un fil, un tout petit fil. Puis tout à coup les « bip… bip » reviennent de manière moins espacée et peu à peu vous revenez de loin.   

 

           Dimanche 26 novembre

Droit de réponse :

Suite à la promotion de mes livres sur Facebook, un individu de la région de Mons, dont je taire le nom pour ne pas lui faire de la pub, écrivain et chroniqueur à la revue Le Carnet et les Instants (revue officielle de la Fédération Wallonie Bruxelles, qui a pour principe de mépriser les auteurs et éditeurs indépendants, même quand il reçoivent un prix littéraire) au lieu de commettre une critique sur les textes, n'ayant aucun arguments à avancer sur le travail littéraire, foule aux pieds toutes déontologies de manière à réduire une structure éditoriale à un amateurisme primaire, dénigrant ainsi la promotion des romans publiés, qu'il n'a évidemment pas lu. Mais pire encore, il s’attaque à la personne. C'est tout bonnement indigne.


           Voilà ces propos – textuel avec sa coquille :

« Si ce n'est pas de l'auto-édition, ça, je n'y connais rien. Le problème avec ce genre de démarche, c'est que l'autocongratulation remplace l'autocritique. Quant à l'autopromomotion... Non, décidément, je n'aime pas l'autocentrisme. »



           Je le renvoie donc à la critique de Lucile Poulin RTBF :
https://www.rtbf.be/auvio/detail_la-lignee-dorval-christian-janssen-dederix?id=2730597&jwsource=em, puis au prix littéraire Saga Café pour « La lignée Dorval » et à la bourse d'aide à l'édition de la Sabam pour « Gâteaux de lune ».


           Serait-il aussi méprisant et violent envers un acteur qui produit son propre spectacle ou son film dans lequel il tient un rôle et qui y placarde sa binette sur l'affiche pour promouvoir la représentation ? Le fut-il aussi envers Joël Dicker ou Eric Zemmour qui autopublient leurs livres et se voient inviter partout ? Non. Voilà où mène le snobisme de ces quelques personnes de Lettres qui se prennent pour les garants de la littérature de ce pays, réduisant en bloc des auteurs qu'ils estiment être des prétentieux médiocres incapables d’avoir à la fois un sens critique sur leurs textes, sans imaginer une seconde qu’avant toute impression, il y a un vrai travail éditorial, c’est-à-dire des lecteurs et des correcteurs extérieurs. Cet individu mérite-t-il le titre de chroniqueur ? Quant au reste, je lui laisse le choix de sa conscience.

 

           Samedi 11 novembre

           Je marchais sur les traces de mon enfance où chaque année il y avait le souvenir de mon grand-père maternel au garde-à-vous devant la stèle dressée en souvenir du premier soldat abattu par l’envahisseur. Et je me suis dit que je n’avais pas le droit d’oublier le sacrifice de sa jeunesse dans les tranchées de l’Yser avant d’être capturé et fait prisonnier dans un camp situé au milieu du territoire ennemi. C’est peut-être bien pour lui que j’ai rédigé un roman qui parle d’amour pour le pays et que j’y ai trouvé le ridicule de ce complexe d’infériorité au regard d’un voisin, à donner un sens à la revendication de ce que nous sommes, à notre particularité qui n’appartient qu’à nous, à la fierté de nos créations culturelles et à nos arts pour lesquelles nous n’avons pas à rougir. Pourquoi toujours avoir le réflexe de porter un préjugé négatif de ce qui se fait chez nous et encenser tout ce qui se produit à l’extérieur. Pour une majorité de Belges, le slogan « c’est du Belge » ou « lisez le Belge » est plutôt un repoussoir. Même des libraires ne jurent secrètement que pour ce qui est français, sans oser admettre que pour eux la littéraire belge publiée en Belgique est un patient sous respirateur financé à coup de subside. Autrement dit, une littérature de second choix, sans intérêt pour le grand public. Et ce préjugé de médiocrité est encore plus fort si un auteur s’aventure dans la voie de l’artisanat. Je l’ai vu dans l’œil dubitatif d’un homme lorsque je lui ai dit qu’il devrait lire un texte qui dépeint les valeurs historiques et culturelles du pays, afin de découvrir la richesse qui se trouve sur le seuil de sa porte. La glaise qui colle à nos semelles n’est pas plus ingrate qu’ailleurs, ni plus honteuse au point de la renier. Il y avait tout bonnement de la dignité dans le garde-à-vous de mon grand-père.

 

           Vendredi 10 novembre

           Hier c’était la remise du prix littéraire liégeois Saga Café 2023 à Lucas Belvaux pour son roman « Les tourmentés ». Quelques semaines auparavant, lors d’une foire du livre, j’avais rencontré un auteur repris dans la sélection finale et il ne croyait pas du tout à ses chances face à Lucas Belvaux. Ce à quoi, je lui avais dit que les jurys de ce prix sont d’une grande probité, d’une totale liberté de choix face aux éditeurs et aux auteurs, ce qui n’est pas toujours le cas pour la plupart des prix. Pour preuve, l’année dernière ils m’avaient accordé le prix « souvenez-vous 2020 », alors que je ne suis ni connu, sans éditeur ni distributeur. Certes, le résultat est bien ce qu’il avait pensé, mais je suis convaincu que la notoriété du lauréat n'est pas la raison du couronnement. Car comme toujours, les Liégeois sont des rebelles, ils ne font jamais rien comme les autres et c’est bien ainsi. Même la Fnac de Liège même une gestion qui n’en fait qu’à sa tête en ouvrant ses portes aux auteurs locaux.

 

           Dimanche 29 octobre

           Afin de préparer la sortie de mon nouveau roman en mars 2024, il est déjà utile de s’inscrire aux salons et autres foires du livre qui se dérouleront du printemps à l’automne. Par acquit de conscience, j’ai aussi relancé mes demandes auprès des agents de presse et des distributeurs, mais aucune réponse. Répondre n'est quand même pas une sinécure ! Personne ne pourra me dire ensuite que je n’ai rien demandé. Bref, le livre est en production chez un imprimeur de Charleroi. Moi, je fais imprimer en Belgique, pas à l’étranger ! Une fois réceptionné d’ici deux ou trois semaines, je préparerai les exemplaires à envoyer aux médias ; même si je sais que la plupart d’entre eux, à peine reçus, le jetteront aussi vite dans la corbeille. Mais là aussi, c’est par acquit de conscience, pour qu’on ne puisse pas me renvoyer l’argument de n’avoir rien reçu. Je posterai les 40 exemplaires courant de la seconde moitié du mois de janvier 2024, avec le mince espoir de sortir ces messieurs et ces dames de leur bulle à exclure de ce qui n’est pas issu de leur cercle habituel et du médiocre confort dans lequel il se sont installés par facilité. Car il est plus confortable de rédiger un papelard sur la nouveauté d’un écrivain installé plutôt que de prendre position sur un auteur méconnu sorti de sa grotte et de surcroît sans un éditeur qu’il leur est familier.

 

           Dimanche 22 octobre

           Je vais dire la même chose que le compositeur Saint-Saëns ! En 2012 on m’a blâmé d’avoir écrit une daube qui méritait juste de me renvoyer dans l’anonymat d’où j’étais sorti, ensuite on m’a blâmé d’avoir publié « le navet » via une structure artisanale, aussitôt qualifiée d’être une autoédition, d’un amateurisme désolant. On m’a aussi blâmé par le biais du mépris de la part d’individus qui se considèrent comme les gardiens de la littérature, un mépris qui se poursuit malgré l’obtention d’une récompense littéraire spéciale organisée par le prix liégeois Saga Café, décerné en 2022. Un prix littéraire pourtant reconnu puisque la proclamation est diffusée par les autorités de ce pays et les médias. Mais pour moi, que nenni, silence radio ! On me blâme parce que je ne suis pas représenté par un agent de presse, un éditeur estampillé selon leurs critères ou issu du moule établi selon la charte du secteur du livre.

 

           Ils me blâment… Non même pas… Ceux-là, je dis bien ceux-là, ils se reconnaîtront sans doute, simulent d’ignorer mon existence, mes textes, mes sollicitations pour des raisons bassement inavouables. Pour eux, ma faute, ma très grande faute fut d’avoir revendiqué en justice la paternité de la « daube », d’avoir osé accuser leur ami ou leur copain ou que sais-je encore. Voilà des années que l’on me conseille de me taire, d’attendre le jour où « ceux-là » finiront par revoir leur copie ! Mais voilà, à un âge où l’on commence à décompter le temps, pourquoi devrais-je me taire face à ce qui m’insupporte : l’injustice, la mesquinerie, l’hypocrisie, le snobisme, les faux-culs…

 

           Si mon vocable est sans concession, il n’est que le résultat des incessants coups du butoir qui m’ont abîmé.  Probablement qu’il me permet d’être en phase avec l’homme que je suis devenu, lequel se fiche bien des quolibets qui se trame derrière mon dos et qui constate son exclusion ci et là dans les activités littéraires ou les médias. Un jour, un proche m’a déclaré que je semblais être indestructible, que je ne craignais plus rien, pas même l’au-delà. Pourtant, je ne suis qu’un homme parmi les hommes de chaire et de sang, avec un cœur qui bat, avec ses peines et ses joies, pas insensible face à la médiocrité, mais en paix avec ma conscience.

 

           Jeudi 12 octobre

           Voilà un sujet sur lequel on ne peut pas dire la vérité au risque d’être accusé de toute part, soit d’être antisémite, soit d’être en faveur du terrorisme ! Et Dieu sait que j’ai horreur des deux ! Mais je pose quand même la question de savoir s’il y a l’épaisseur d’une feuille à cigarette entre le l’extrémisme armé du Hamas et la politique extrémiste de droite radicale des partis aux pouvoirs en Israël depuis des décennies ? Peut-on se demander pourquoi le Hamas a fini par s’implanter en Palestine ? Se poser la question n’est-elle déjà pas une partie de la réponse.

 

           Depuis longtemps aussi, je me demande comment les mots utilisés pour qualifier le territoire et le sort des palestiniens ne sautent pas aux yeux du monde. On parle toujours de « camps » et de « territoires occupés ». Voilà des termes qui rappellent une époque sombre ou des gens étaient cloîtrés, privés de liberté et affamés pour les exterminer à petit feu. Et comme cela n’allait pas assez vite, on les emmenait prendre une douche sans la moindre goutte d’eau. Dans notre tradition hypocrite, on prétend qu’un prisonnier politique est en droit de s’évader de sa prison ou du camp dans lequel il est retenu. Par contre, s’il tente quoi que cela soit pour créer le chao dans l’organisation de son geôlier, qui n’a qu’une seule idée en tête, celle de l’éradiquer de la carte pour se sentir en sécurité, il est qualifié de terroriste. On peut donc s’évader à condition de ne pas toucher atteinte au bien et aux personnes qui vous retiennent. En clair, la porte doit être ouverte comme une invitation à sortir ! Et dans ce cas, je ne crois pas que le geôlier ait l’intention d’ouvrir la porte ni celle de lui donner les clefs pour se sentir enfin chez lui, sans la surveillance d’un maton, indépendant et libre d’aller où il le souhaite. Tant qu’il y a aura une position de refus de reconnaître un territoire indépendant pour un peuple, il y aura un conflit qui favorisera la haine et l’extrémisme de part et d’autre.

 

           Mardi 10 octobre

           Dans ma tête il y a encore les paroles d’une personne qui maintenait que les Ukrainiens sont des barbares parce qu’ils bombardent son propre pays et la population qui s’y trouve ! Comme quoi, la propagande russe réussit à rendre coupable celui qui se défend contre l’envahisseur, lequel occupe les territoires du Donbass depuis des années !

           Je n’ai pas pu m’empêcher de lui demander ce qu’il pensait des alliés en 1914-1918 et 1940-1945 qui bombardèrent le territoire belge et français pour repousser l’armée allemande. Était-ce aussi bombarder le peuple comme il le prétend pour les Ukrainiens victimes du conflit ? Sa réponse ne fut que des « Euh… Euh… » Ben oui, il faut réfléchir avant de mener campagne en faveur d’un envahisseur, un criminel de guerre.

           Quant au reste, on ne refait pas l’Histoire en estimant que l’Ukraine c’est la Russie ! Dans ces conditions, la Belgique c’est la France, ou la Hollande ou voire l’Autriche.

 

           Lundi 9 octobre

           Au cours d’une foire du livre, forcément on rencontre un peu de monde et on discute aussi avec d’autres exposants. On sympathise parfois avec l’un d’entre eux. D’autres préfèrent en rester à la présentation, évitant le dialogue. Puis il y a aussi des petits éditeurs recroquevillés derrière leur table et qui ne cherchent même pas à découvrir si, par hasard, il n’y aurait pas dans la salle un auteur qui a publié lui-même son travail et qui serait susceptible d’intégrer son catalogue. Par contre ils participent en petit comité, entre collègues, pour se gausser de leur professionnalisme et clamer en cœur que la plupart des textes auto-édités sont médiocres, mal écrits, un amateurisme dans la présentation éditoriale. En fait, j’entends le discours aligné selon la charte établie par la FWB et que l’ADEB reprend à l’envi. Mais alors, je me demande ce qu’ils font dans ce genre de petite foire où les 8/10 des tables sont occupées par des auteurs qui publient eux-mêmes leur travail !

 

           Et les libraires ? Bien sûr, ils ne sont pas tous fermés comme une huître à l’édition artisanale. Ceux-là privilégient le plus souvent les auteurs de leur région ; ce qui est logique quand il s’agit d’un texte adressé à la clientèle du coin. Mais quand il s’agit d’un écrit littéraire sans frontière régionale ni nationale, d’un auteur méconnu dans la région du libraire, le livre est bien souvent relégué dans un rayon, parfois au niveau du parquet. Pourquoi, géographiquement parlant, mettre au premier plan dans leur boutique le livre des auteurs stars, le plus souvent étrangers, et placer les méconnus du pays à l’arrière-plan, alors que le client qui entre dans sa librairie pour acheter les livres promotionnés, vu et revu dans les médias, ira jusqu’au fond du local pour les prendre, même jusque dans les toilettes s’il le faut, ce qu’il ne fera pas pour découvrir des auteurs du pays. Je trouve cela bien triste.

 

           Mercredi 4 octobre

           Pour Santana Éditeur, nouvelle adresse courriel: santanaediteur@santanaediteur.be

Cela dit, l’adresse  santanaediteur@scarlet.be ou gmail.com sont toujours disponibles.

Quant à mon adresse personnelle c’est toujours christianjanssen@scarlet.be

 

           Mercredi 27 septembre

           Miracle, mon adresse mail santanaediteur@scarlet.be est réactivée !

           Sans transition… Le sujet du roman que je cogite depuis un certain temps ne me semble pas encore encore assez mûr pour passer à la rédaction. De toute manière, ma tête est plutôt concentrée à préparer la sortie du cinquième roman en février 2024. Ma préoccupation est de trouver le moyen de susciter la curiosité des médias à la sortie du livre. Cette époque est propice au thème du roman avec la montée du radicalisme au sujet de l’immigration. Mais cela ne suffit pas, puisque je ne suis pas dans le circuit traditionnel avec un agent de presse capable de convaincre un critique littéraire de faire un papier. Et je n’ai ni le contact ni le moyen, comme le fit jadis Marcel Proust, et comme cela se pratique encore de nos jours, de quoi financer un article publicitaire sous la forme d’une critique favorable, rédigée par une rédaction de réputation nationale. « Au-delà de Madrid les oliveraies disparaissent » mérite de rencontrer un large lectorat, tout comme mes autres textes. Je demande simplement aux personnes du secteur du livre de ne pas exclure un travail éditorial sur la base d’un a priori négatif.

 

           Lundi 25 septembre

           Voilà trois mois que mon mail santanaediteur@scarlet.be est bloqué par le serveur suite à des spams. Voilà trois mois que je demande à réactiver mon adresse et à ce jour toujours pas de solution et cela malgré ma plainte auprès du médiateur. Certes, Scarlet a téléphoné à la suite de ma plainte et prétend travailler pour me rendre l’adresse mail, mais pour l’heure, je ne vois rien venir. Si j’avais un esprit complotiste, je pourrais me dire que c’est du sabotage.

          

           Samedi 23 septembre

           Ce matin j’ai participé à l’émission « Destins 49,10 » de la radio locale de Theux. Le principe était de conter le parcours de sa vie au départ de 5 chansons qui ont compté. Mes choix furent le suivant :

- Roses blanches des Sunlingts

- Le royaume de Siam de Gérard Manset

- Qualquer jeito de Katia

- Révolution de Christian Janssen-Dédérix

- African tour de Françis Cabrel

 

           Mercredi 20 septembre

           Si une personne me téléphone pour savoir s'il peut passer chez moi et que je lui réponds qu'il est le bienvenu, lorsqu'il est sur mon seuil, je ne le laisse pas dehors sous prétexte qu'il y a désormais trop de monde chez moi.

           C'est pourtant ce que viennent de faire les organisateurs d'une Foire du Livre. C'est manquer à leurs paroles. Et cela porte préjudice, puisqu'une date fut annulée ailleurs pour être présent chez eux.

 

           Mercredi 13 septembre

           Lors de la Foire du livre à Verviers sous en beau soleil qui inondait la rue, un couple se présenta devant moi, presque admiratif. « Vous faites le plus beau métier du monde », m’a dit l’homme. Puis il laissa sa compagne choisir un livre. Et sans hésiter, elle posa la main sur un titre : « Celui-là ! » Ce couple semblait être venu pour me voir, pour acquérir l’un de mes textes. Après la dédicace adressée à madame, d’une voix presque émue et confidentielle, l’homme me complimenta de nouveau.

           Un peu plus tard, une jeune femme hésita entre deux livres. Elle se mit à lire quelques lignes de l’un, puis de l’autre. Elle me dit que, pour elle, cela doit être des textes faciles à lire, pas avec des mots savants qu’il lui faudrait aller sans cesse dans le dictionnaire. Sans doute avait-elle des difficultés avec le vocabulaire. Elle a choisi celui qui lui semblait le plus abordable. N’est-il pas rassurant de voir une personne acheter un livre alors que visiblement elle se bat avec la langue ?   

 

           Mardi 5 septembre

           À demi-mot, confirmation de Laurent Moosen, directeur du service des Lettres de la Fédération Wallonie-Bruxelles, il y a des auteurs et des auteurs à demi, c'est-à-dire ceux qui ont un contrat avec un éditeur reconnu et référencé par leur instance politique et ceux qui publient de manière artisanale, exclus du référencement, même s’ils respectent la chartre professionnelle établie par la Fédération. Donc ces auteurs à demi ne peuvent pas être sélectionnés pour intégrer une assemblée de la Fédération ni obtenir un quelconque soutien. Hypocrite, il prétend que ces auteurs ne sont pas méprisés, puisque la raison est qu’ils ne rentrent pas dans leur cadre politique. Néanmoins, ils ont le droit d’exister, sans leur soutien pour une meilleure diffusion. Selon lui, la qualité littéraire officielle du pays est à ce prix. Le voilà de plain-pied dans l’a priori négatif, puisque sans même avoir lu une ligne d’un texte publié hors circuit officiel, il est probablement douteux. Le délit de sale gueule quoi ! Il tentera bien de dire que parfois il y a des exceptions, mais que voilà, c’est leur choix politique. Finalement, la FWB cherche des auteurs pour intégrer un comité, mais selon leur critère qui perpétuera leur système de castre. Ils sont loin à ouvrir la porte à des auteurs en marge qui mériteraient toute leur attention au regard de la qualité des textes. Sous le prétexte de mettre en lumière la littérature du pays, leur préoccupation première reste, ni plus ni moins, le marché, le business du livre.

 

Cela dit, mon intention n’était pas de postuler. Je voulais juste savoir si cette institution était prête à soutenir tous les auteurs, sans exclusion. Et la réponse sqt que non. Enfin, je réponds à la personne qui a dit comprendre la frustration : Il ne s’agit pas de frustration, mais celui du constat d’un système politique culturel qui méprise.

 

           Mardi 15 août

           Retour au pays et mise à jour à parti de fin juin du Journal d’un écriveur, puisqu’il m’était impossible de le faire au départ du Brésil. Le serveur Scarlet ne le permet pas ; une forme de moyen-âge informatique finalement ! Tout comme pour réactivité une adresse courriel victime de spams et que Scarlet a supprimée; trois semaines et pas toujours réactivé !

 

           Lundi 7 août

           Lors d’une conversation avec un homme pensionné depuis pas mal de temps, géologue de formation ayant travaillé pour une société d’exploitation minière en Amazonie, je me suis rendu compte que son travail l’avait amené, comme jadis les colons le faisaient, à donner des cadeaux aux indigènes pour les amadouer de manière est les attirer dans une civilisation industrielle. Pour résumer sa pensée, les indigènes ne pensent qu’à pêcher et chasser, c’est tout. Et si par exemple on leur donne un bout de terre pour cultiver (comme si les réserves destinées à protéger le mode de vie des tribus ne leur appartenaient plus, mais qu’elles étaient devenues les propriétés des exploitants miniers), ils laisseraient revenir la forêt. Et je le cite : « Les indigènes n’ont pas d’ambition ! »

Alors, je l’ai longuement regardé avant de lui demander :

« Mais pourquoi les indigènes devraient avoir de l’ambition, votre ambition, celle de produire pour gagner de l’argent. Ils ne veulent pas cela eux. Leur souhait est juste de conserver leur forêt pour pouvoir y vivre à leur gré, ni plus ni moins, sans vouloir ce que vous avez. Pourquoi vouloir leur imposer un mode de vie qui ne correspond pas à leur souhait. Vous aurez ainsi dévasté leur foret et eux qu’auront-ils ? Ils finiront dans le désœuvrement au sein d’une société qui ne leur corresponde pas. Et par delà, vous perdrez leur savoir en matière de survie et de plante médicinale. »

Il m’a regardé en silence avec un petit sourire aux coins des lèvres, bouche bé. J’y ai vu une réflexion à laquelle il n’avait peut-être jamais pensé, comme une pièce de monnaie qui tombe là elle doit se retrouver.

 

           Dimanche 6 août

           Vous allez me dire que c’est une drôle d’idée de visiter le cimetière d’Aracaju, mais j’accompagnais ma femme qui souhaitait se rendre sur les tombes de son papa et de ses tantes décédé(es) dans le courant des 3 dernières années. Faute de vol durant 2 ans à destination du Brésil suite à la pandémie du Covid, il lui fallait faire son deuil, se rendre bien compte que les noms repris sur les pierres tombales était bien des membres de sa famille qu’elle chérissait.

 

           Mon attention fut portée sur le fait que désormais dans les villes, les sépultures sont toutes identiques, à l’américaine, une simple plaque portant un numéro posé sur le sol et les noms des défunts. Aucun monument qui puisse indiquer une différence sociale, comme cela est le cas chez nous. J’y ai vu par hasard le nom célèbre d’un homme qui avait une grande compagnie d’autobus à travers le pays et sa sépulture ne se différenciait pas d’un quidam. Identique dans la mort me suis dis-je, tout en sachant très bien qu’au Brésil, les soins de santé ne sont pas identiques pour tous, selon le plan de santé individuel, donc du statut social. La prise en charge n’est pas la même ni la médication. Il y a ici un privilège des soins que nous ne retrouvons pas vraiment en Belgique, que cela soit dans une chambre individuelle ou commune. Maintenant, que l’attention soit plus portée lorsqu’il s’agit du Roi des Belges, sûrement. Mais la base des soins et la médication restent tout de même comparables pour tout le monde.

 

           Pour faire simple, en Belgique tout le monde est soigné de la même manière, mais la différence se fait dans la mort. Au Brésil, la différence se fait dans les soins et la chambre, mais pas dans la mort. Dans les deux pays, il y a la fosse commune. Nous sommes aussi des numéros. Au Brésil tout fonctionne avec le numéro du CPF, en Belgique avec le numéro national.

 

Une constatation qui m’amena à penser au fameux tatouage des bagnards et par la suite, l’inhumanisation du nazisme. Un numéro. En réalité, nous ne sommes rien d’autre, même si certains finissent par s’imaginer être au-dessus du lot parce qu’ils ont « réussi » dans la vie ! Mais c’est quoi la réussite ? Où place-t-on le curseur ? Est-ce celui de la célébrité, de l’argent, de la famille, de l’héritage… ? Justement, c’est quoi un héritage, celui des biens matériels, celui de la transmission des valeurs humaines, d’une œuvre artitisque ou spirituelle ? J’ai rencontré un homme qui, dans sa jeunesse, avait été mis à la rue par son père analphabète, et qui croisa un personnage ayant consacré sa vie à autrui, lequel lui avait transmis non seulement sa générosité, sa bonté, mais surtout qu’il lui avait ouvert les portes du savoir par l’instruction. Il est devenu professeur à l’université et bien souvent avant le repas, il lui arrive de ne pas oublier la sagesse de cet homme. Comme il le dit lui-même, il a une part de lui en moi. Face aux étudiants qui suivent son enseignement littéraire, il y a cet héritage de bienveillance et de sagesse.

 

           Samedi 5 août

           Franchement, on ne peut pas dire que le service de Scarlet soit le meilleur quand on rencontre un souci lorsqu’on se retrouve à l’étranger. Voilà 15 jours que mon adresse mail de ma structure éditoriale Santana éditeur est bloquée suite à des spams. Malgré mes nombreux appels par Skype au service technique, rien n’est résolu. Ah, des promesses, dans 24 heures, dans 48 heures… ! On vous rappellera ! Non, pas me rappeler au numéro en Belgique, je ne suis pas là ! Appelez-moi par Watsapp… Ce n’est pas possible… Ah bon ! Écrivez-moi alors à mon autre adresse… Oui, on fera cela… Ben j’attends toujours ! Car évidemment, il a téléphoné au numéro en Belgique, puisque je vois un appel en absence…   Entretemps, impossible de recréer une nouvelle boîte avec la même adresse ! Une galère infernale, puisqu’il y a justement une promotion en cours et des rendez-vous fixés pour des dédicaces. Il va donc falloir que je sois rentré au pays pour espérer solutionner le problème. 

 

           Samedi 29 juillet

           Bonnes questions posées par un brésilien : Qu’est-ce qui vous irrite le plus souvent ?

Réponse : Le snobisme en littérature de gens qui apparaissent en se proclamant spécialistes et qui s’accrochent comme des tiques en se croyant indispensables à la création littéraire. Des crédules bonimenteurs qui s’imaginent être sur le même pied d’égalité que ceux qui les utilisent. Se faire prendre en photo en compagnie de quelqu’un ne veut pas dire qu’il est comme lui.

Question : Il y a des gens comme cela autour de vous ?

Réponse : Non, puisque selon eux je ne suis pas assez connu ni célèbre, donc être sur une photo avec moi ne les intéresse pas puisque cela les rendrait tout aussi inexistants. Mais heureusement, il y des lecteurs qui ne posent pas les mêmes impératifs.

 

           Vendredi 28 juillet

           Revenons un peu sur mes dernières interventions au sujet des territoires qui, selon les bolsonaristes, Lula serait en train de vouloir faire voter une loi pour confisquer des propriétés au bénéfice de ceux qui non rien. Avant du hurler au loup communiste, il est utile de savoir de quoi il s’agit et qu’elles sont les propriétés concernées.

 

Le propriétaire de son habitation n'est en rien concerné, même s’il possède plusieurs maisons. Et c’est bien souvent ceux-là qui hurlent après avoir entendu des politiques qui tiennent des discours raccourcis (fake news) sans la moindre explication rationnelle.

Il s’agit en fait des grands propriétaires terriens sans foi ni loi qui, jadis, ont acquis des territoires soit par usucapion soit en expulsant de leurs terres des pauvres gens qui n’ont pas su se défendre, voire en les ayant massacrés. Des propriétés grandes comme des départements français qui ne laissent rien aux habitants, lesquels sont en réalité sous le joug d’un despote qui fait sa loi et qui interdit à la population de cultiver un bout de terrain qui n’est même pas exploité.

La loi que Lula aimerait faire appliquer est celle de rendre au peuple ce que les grands propriétaires terriens ont acquis par la loi de la terreur ou la loi du talion, soit une toute petite partie de ses propriétés indécentes de plusieurs centaines de milliers d’hectares.

Mais là, les bolsonaristes sont sourds comme des pots. Beaucoup s’imaginent qu’au regard des fake news qui circulent, que demain Lula aura le pouvoir de les mettre hors de chez eu pour loger un sans-abri.

 

           Mercredi 19 juillet

           "La dévastation des terres indigènes a augmenté de 41 fois entre 2016 et 2021, selon MapBiomas".

Il faut savoir que c'est en 2016 que le putsch eut lieu pour destituer Dilma Roussef en faveur de la droite, qui prépara le terrain des extrémistes et de Bolsonaro, qui dura jusqu'au 31 décembre 2022. Alors, prétendre qu'il n'y a pas eu un effet dramatique suite aux déclarations de Bolsonaro qui donnèrent une impunité judiciaire à ceux qui brûlaient la forêt et aux chercheurs d'or qui tuaient les indigènes, c'est de la mauvaise foi.

           Ce qui me fait le plus de peine, est de parler à un homme très intelligent, plein de talent, il écrit, il chante comme un Dieu, mais il répète les fake news des adeptes de Bolsonaro qui envahissent les sites sociaux, des analyses tronquées, des mensonges et des thèses à dormir debout.

 

           Lundi 17 juillet

           Selon les rumeurs qui circulent au Brésil, j'ai la triste nouvelle à vous annoncer que Macron est communiste parce qu'il a reçu Lula à l'Élysée, que l'ex-Présidente Dilma Roussef est une criminelle qui a tué des dizaines de personnes, que Lula a tué sa femme (pourtant morte d'un cancer alors qu'il était illégalement mis e prison par des putschistes) pour épouser une autre (celle qui visite actuellement la Belgique). Que ce ne sont pas les propriétaires terriens qui mettent le feu à la forêt Amazonienne pour agrandir les pâturages et qui tuent les indigènes qui résistent, mais que c'est le contraire; puisque de toute façon les indigènes n'ont qu'à s'installer ailleurs puisque la réserve est assez grande pour cela. Et enfin, que sous le régime de Lula, le Brésil va devenir comme le Venezuela et Cuba. Et surtout que Lula ne finira pas son mandat... Mais dans quelle condition ? Là, le silence laisse craindre le pire, quand on sait qu'il y eut la tentative du coup d'État le 8 janvier 2023.

Bref, je suis le cul par terre devant tant la haine et cette montagne d'absurdités qui circulent dans le pays. Le lavage cérébral qui débuta à la destitution de Dilma Roussef Roussef jusqu'à l'innocence de Lula, déclarée par la Justice, continue à faire des ravages.

 

           Samedi 1er juillet

           Ce qui n’est pas toujours le cas, parfois la Justice du Brésil rend la justice avec impartialité lorsqu’il s’agit d’un politique. Mais pour cela, aura-t-il fallu l’épisode Lula condamné sans la moindre preuve, sur la base d’un dossier monté de toute pièce, pour ouvrir les yeux des magistrats, qu’une telle dérive mettait la démocratie du Brésil en danger ? J’ai le sentiment qu’au sein de la haute magistrature, il y a eu un électrochoc devant les violations répétées des règles de la démocratie par un nostalgique de la dictature, ayant invité les Ambassadeurs au Palais Présidentiel pour leur expliquer que la seule voie démocratique du Brésil était d’interdire le vote électronique pour empêcher « les communistes » de trafiquer les élections. Puis, le jour des élections, avoir organisé de longs contrôles routiers afin d’empêcher les électeurs de la région du Nordeste favorable à Lula d’arriver à temps au bureau de vote. Enfin, avoir incité à un soulèvement par des partisans du désordre et d’avoir surtout planifié un putsch, en envahissant le Palais Présidentiel pour renverser le nouveau Président élu.

           Reste maintenant à voir si cette même Justice finira un jour par faire le ménage concernant d’autres élus délinquants qui coulent des jours heureux dans leur propriété alors qu’ils ont été pris la main dans le sac de la corruption, dans le trafic de la drogue ou complice d’assassinat.

 

           Vendredi 30 juin

           Il est quand même étrange de voir tout à coup une flambée médiatique pour une édition qui était pour le moins discrète, cela depuis la publication d’un livre signé par un journaliste de la télévision. Et quelqu’un me dira que c’est un hasard !

 

           Lundi 19 juin

           Les corrections du roman à paraître en février 2024 sont finalisées. Si rien ne perdurbe le programme, il ne restera plus qu’à… ! Entretemps, il y a les vacances toutes proches, alors soupirer un peu, loin du train train quotidien, ne devrait pas faire de tort.

 

           Dimanche 18 juin

           Oui, diront les uns et les autres, commémorer l’appel à la résistance contre le nazisme est obsolète. Eh ben non ! Quand on voit en Italie la réaction de nombreux Italien suite à la mort de Silvio Berlusconi, il y a de quoi se dire que la bête n’est pas morte. Tout comme aux États-Unis, au Brésil, les adeptes de la peste ont de l’imagination pour faire perdurer l’illusion d’un paradis perdu. Le mensonge et la négation des faits sont leurs fonds de commerce. Du statut de crapule notoire face à la réalité des évènements, ils en font des héros de la Nation, des victimes du complot communiste. Ils collectent même des fonds pour financer leur défense en Justice. Bref, il y a chez ces gens-là, un aveuglement qui les conditionnent au point de nier jusqu’au bout leur position radicale. Leurs héros peuvent tout se permettre : détourner les biens publics, transgresser les lois et la Constitution, comploter un putcht pour abolir la démocratie, abandonner leur mandat, fuir le pays et même devenir fugitif… Ils applaudissent à tout rompre. À vrai dire, je me demande ce que je vais trouver sur place en passant de l’autre côté de l’Atlantique ? Il va me falloir mordre la chique pour ne pas déballer toute ma déception et ce j’ai sur le cœur.

 

           Lundi 12 juin

      Lors des foires et des journées du livre, il y a toute sorte de visiteurs, ceux qui viennent pour s’informer et parfois acheter un bouquin et les curieux qui vous font perdre votre temps en obstruant l’accès à la table, vous demandant de parler de vos livres et qui finissent par vous dirent qu’ils ont trop de livres en attente d’être lu ou que leur bibliothèque déborde ou bien ils demandent une carte pour les acheter sur Internet ou vous le commander. Puis certains finissent par jeter la carte un peu plus loin. Ma question est de savoir ce qu’ils viennent faire là ? Bref, hier une personne m’ayant tenu dix minutes, je lui ai répondu que je ne souhaitais pas lui donner une carte, que si elle avait le désir de découvrir l’un de mes textes, c’était maintenant ou alors qu’il lui suffisait de passer son chemin.

 

      Cela me rappelait un fait d’une vingtaine d’années à la Foire du livre de Bruxelles. Yves Berger m’avait invité à m’asseoir à ses côtés derrière la table, chaise sur laquelle Bernard-Henri Levis allait bientôt s’asseoir après une conférence (jour où il fut entartré). Un visiteur passa, regarda le carton sur lequel était repris le nom de BHL et s’approcha pour me demander une dédicace. Là, Yves Berger sortit de sa réserve, lui disant que s’il était vraiment intéressé par les œuvres de BHL, il aurait constaté que je n’étais BHL et que, pour cette raison, il ne méritait ni un livre ni un autographe de cet auteur et qu’il devait passer son chemin.

 

           Vendredi 26 mai

           J’ai regardé le reportage sur la rivalité et le déchirement à mort entre les hommes forts du parti républicain en France. J’en conclus que sous des apparences de requin, finalement ils ne sont que des gens de peu, des nains, de menteurs, des bandits, des escrocs en cols blancs, des coupables de faux et d’usages de faux qui utilisent la politique à leur fin personnelle, estimant que leur position peut tout leur permettre. La rivalité jusqu’à la jalousie et la haine comme moteur de leur ambition. À côté d’eux, il y a les courtisans, des roublards qui fricotent avec les dictateurs et les faux amis qui leur tentent des pièges et les trahissent. Une vraie fosse à fumier. Un privé ferait le dixième du quart de ce que ces gens-là se permettent de magouiller, il regarderait le ciel au carré pendant des années.

 

           Dimanche 21 mai

           Lula, si tu condamnes la Russie pour avoir déclaré la guerre à son voisin, tu ne peux pas dire dans le même temps que l'agressé ne devrait pas recevoir des armes pour se défendre, sous prétexte qu'il faut négocier pour obtenir la paix. Puis éviter de rencontrer la victime quand il est en face de toi. Autant lui dire qu'il devrait capituler pour arrêter la guerre. Tout le monde sait que Poutine ne veut pas négocier, il veut toute l'Ukraine. Et l'Histoire démontre que lorsqu'un pays a capitulé ou qu'il a été contraint de voir sa territorialité réduite, la rancœur reconduit à la guerre des années plus tard. La preuve est là avec Poutine qui n'accepta pas la fin de l'URSS, laquelle n'était qu'une construction artificielle après la guerre 40-45.

           Lula, la paix que tu imagines en étant de l'autre côté de l'océan ne serait que temporaire. Soit un président qui reste du côté des victimes, comme tu l'es au Brésil du côté des pauvres!

 

           Vendredi 19 mai

           Pour changer un peu… Quelques nouvelles du Brésil. Vous vous souvenez, ou pas, qu’en 2016 Dilma Roussef avait été renversée par un coup d’État institutionnel pour laisser la place aux putschistes qui, deux ans plus tard, ont soutenu l’élection de l’extrémiste Bolsonaro et que, parmi eux, il y avait un procureur nommé Delta Dallagnol et un juge nommé Sergio Moro, lesquels avaient échafaudé des accusions de corruption pour condamner Lula de manière à l’empêcher de se présenter aux élections présidentielles ? Eh ben quelques années plus tard, toutes ces accusions et condamnations furent anéantis par le Suprême Tribunal Fédéral qui, à l’époque, avait pourtant suivi les condamnations émises par les deux magistrats aux ordres de l’extrême droite.

 

Mais aujourd’hui, les deux ripoux de la magistrature sont à leur tour poursuivis et condamnés, non pas directement sur les affaires Lula, mais pour fraude électorale, étant donné que sachant ce qui les attendait à la suite de leur complot pour éliminer Lula de la scène politique, afin de se faire élire député dans le but d’obtenir l’immunité parlementaire, ils ont violé une loi pour pouvoir être en conformité avec l’exigence d’une autre loi, qui exige que des magistrats doivent avoir démissionné de leur poste un certain nombre d’années avant de pouvoir de présenter. Ce qui n’est pas le cas ni pour l’un ni pour l’autre. Résultat, l’un d'entre eux vient de voir son mandat cassé sur le champ, avec condamnation à la clef et le second ripou va bientôt suivre dans les semaines à venir.

 

           Et pour couronner le tout, Bolsonaro est aussi poursuivi pour avoir tenté de détourner à son profit les cadeaux d’État d’une valeur de plusieurs millions de dollars, cadeaux offerts par L’Arabie Saoudite, mais encore il est poursuivi pour faux et usage de faux au sujet du carnet de vaccination de la Covid. Négationniste, refusant le vaccin, il avait fait fabriquer un faux document au sein du palais présidentiel pour pouvoir voyager dans les pays exigeant la vaccination. D’abord, l’exemplarité que doit donner un chef d’État est ici foulée aux pieds, mais il constitue aussi un crime.

 

           Lundi 16 mai

           Finalement, entre un libraire de Bruxelles que je n’avais jamais rencontré et qui m’avait lancé en pleine face, sans avoir lu une ligne de mes textes, que ça ne l’intéressait pas parce que je venais de Verviers et un second libraire établi à Verviers ayant pourtant déjà vendu une bonne vingtaine de mes titres et qui désormais me répond en me tournant le dos que « ça ne m’intéresse pas » de faire une séance de dédicace avec moi, parce que… ben parce que… peut-être ne suis-je pas assez bruxellois, ou suis-je trop verviétois, ou pas assez populaire, ou prétentieux, ou pas référencé par le dictat du secteur, ou pas assez médiatisé, ou que sais-je encore… Bref, je me demande si je ne préfère pas l’attitude raciste du premier parce que lui, au moins, il ne me connaissait pas, ce qui n’est pas le cas du second !

 

           Cela me rappelle le comportement d’un directeur littéraire d’une maison d’édition qui refusa de me parler, alors que j’allais le voir sous les conseils et à la suite d’un entretien avec son célèbre prédécesseur ! Et c’est ce même personnage qui était en place lorsque j’ai découvert le plagiat de l’un de mes textes. Un salaud.

 

           Dérangerais-je certaines personnes ancrées dans le secteur du livre au point d’influencer des commerçants ? La question mérite d’être posée ; celle-ci ne vient pas de moi, mais d’une personne extérieure !

 

           Comme je déteste l’injustice, le corporatisme, les ragots du petit milieu, des fonctionnaires et des courtisans qui sucent à la tétine de la culture en s’imaginant être aussi au même titre que celui qui produit une œuvre… Pour sûr, leur réputation ne dépassera jamais le temps de leur mandat ou de leur activité. Et tant pis si je suis honni par ces gens de peu de chose !

 

           Jeudi 11 mai

           Comment comprendre le raisonnement d’une banque qui accorde une carte de débit de 2000 euros avec remboursement fixe échelonné mensuellement, carte que vous ne pouvez pas utiliser à l’étranger pour louer une voiture et qui refuse une carte Visa de 1250 euros pour remplacer l’autre, voire de 2500 euros liés à un crédit échelonnant le remboursement ? Déjà qu’on ait reçu comme devant une porte de prison avec des fonctionnaires tirant la tronche et vous menace en plus d’être exclus de la banque pour suspicion de blanchiment d’argent parce, que pour dépanner à un ami ayant la double nationalité et actuellement à l’étranger, vous transférez via votre compte par un site de transferts sécurisé son argent obtenu légalement par la caisse des pensions, argent déposé sur son compte bancaire légal dans le pays où il se trouve. Le blanchiment d’argent débute quand l’origine des fonds est inconnue, pas quand il provient de la caisse fédérale des pensions ! La personne fait quand même ce qu’elle veut avec son pognon légalement gagné et l’ami de confiance n’a pas à subir d’un rond de cuire la suspicion d’être membre d’une association de malfaiteurs. J’appelle cela de l’exclusion et de la diffamation !

 

           Mardi 9 mai

           Jadis, ce jour était férié pour commémorer la fin de la guerre en 1945. Mais pour une basse raison économique, il fut décidé de ne conserver que le 7 novembre, armistice de la première Grande Guerre ; comme pour faire d’une pierre deux coups. Seulement voilà, la symbolique du 9 mai n’est pas la même que celle du 11 novembre. La première est la victoire sur le nazisme, le néofascisme, les camps de concentration, l’extermination des juifs, le racisme comme thème politique, l’extrême droite dans tout ce qu’il y a de plus vil. Et de nos jours, cette philosophie abjecte renaît plus que jamais de ses cendres. Des partis politiques surfent sur cette vague, le rejet de l’autre, le nationalisme qui exclut celui qui n’est pas du cru. Avoir supprimé l’armistice du 9 mai a donc participé à l’oubli de ce qui se disait encore il y a 30 ans : « Jamais plus cela ». Quelle erreur ! Partout dans le monde, le fascisme et les despotes révisionnistes parcourent allègrement les allées du pouvoir et trônes parfois sur les sièges suprêmes des États. Les peuples du monde ont fini par intégrer la violence dans leur vie quotidienne au point de la normaliser et de n’y voir aucun obstacle à voter pour des individus qui flirtent avec des thèses que ne renierait le Fürher.

 

           Mardi 2 mai

           C’est merveilleux de voir que la plupart des réponses sont issues du même moule. « Malheureusement notre programme est complet pour les deux ou les trois années à venir. »

           Bizarre toutefois de constater leurs contradictions quand ils viennent à invoquer l’actualité littéraire ou médiatique. Ce n’est pas du tout avec un délai deux ou trois années là, c’est  peine quelques semaines. D’autres usent d’un argument plus inquiétant, celui que les débats ne se font qu’entre les membres, entre eux, sur des sujets qui les lient socialement et économiquement, le tout enrobé d’envolées philosophiques sur l’humanitaire et l’international. Une manière de racheter sa conscience en se montrant généreux à l’étranger, à défaut de l’être dans sa région, dans son quartier, pour son voisin ! Autrement dit, il évite les troublions littéraires susceptibles de leur mettre sous le nez leur sentiment de supériorité qui les poussent au mépris, à l’entre-soi, à l’exclusion sociale.

 

           Lundi 1er mai

           Le jour de la fête du Travail, personne ne travaille... ! Enfin, c’est le principe. Car les secteurs médicaux et touristiques ne chôment pas. Idem les instances syndicales, les politiciens. Pour ces derniers, c’est l’heure de faire leur marché aux voix, de rameuter les troupes. Qu’ils soient de gauche ou de droite, aujourd’hui, ils sont devenus les défenseurs et les avocats des prolétaires. Juchés sur des podiums improvisés ou non, ils revendiquent le droit aux respects des travailleurs, l’abolition d’un esclavage déguisé par la flexibilité à tout-va, aux droits sociaux lorsque le malheur frappe. Et demain tout sera oublié, retour à la case de la productivité, peu importe la manière d’y arriver, pourvu de faire tourner l’économie au profit des investisseurs, le pilier bancaire.

 

             Mercredi 26 avril

            J’ai regardé le documentaire « Libération juin 43 » sur Arte et ce qui m’a le plus frappé, c’est l’attitude méprisante de De Gaule qui s’approprie toute la victoire au détriment de membres de la résistance qui ont œuvré aux sabotages et organiser des combats au centre de Paris, en mettant leur vie en danger. Quand il défile dans la rue, il exige que ceux qui ont libéré Paris marchent un pas derrière lui. Il démontre un mécontentement quand il voit la signature d’un membre de la résistance apposée sur l’acte de reddition des Allemands, estimant que seule la signature du Maréchal Leclerc devait s’y trouver. Bref, pour De Gaule la résistance ne fut qu’un moyen à son service de manière à s’approprier les mérites et le pouvoir. Cela me rappelle ce que j’ai écrit dans mon roman La lignée Dorval au sujet de la révolution en Belgique du 27 septembre 1830 :  […] Au plus fort des combats acharnés, non seulement il y stagna de terribles odeurs de poudre et de sang, mais aussi, des fumées épaisses capables de noircir le visage des courageux anonymes, étant donné que l’éloquente noblesse avait déjà déserté, tels des pleutres, les terrains de bataille ; ce qui fit dire à bon nombre de valeureux blessés que ce n’étaient ni les Rogier, Chazal, Van der Meere, de Mérode, Gendebien et consorts, qui avaient gagné l’Indépendance.

 

           Samedi 22 avril

           On peut être à la fois satisfait du retour de Lula à la présidence du Brésil, mais ne pas être d’accord sur sa position au sujet de la guerre en Ukraine. Estimer que les USA et les européens favorisent la guerre sur le territoire ukrainien, tout en condamnant la Russie de l’avoir envahi, c’est quand même vouloir faire un grand écart intellectuel qui n’est pas réaliste. Tout le monde sait que Poutine n’arrêtera pas la guerre même si les pays amis de l’Ukraine ne fournissent plus des armes ! Alors, qu’il ne veuille pas se mettre à dos des pays avec qui il y a commerce, je le comprendre, mais il est utile de rester objectif et de ne pas rejeter des fautes sur un pays envahi, pour rester dans les bonnes grâces des despotes. Certes, il prend une position pour les intérêts du Brésil, mais il ne devrait quand même pas afficher une position ambiguë qui donne l’impression d’être en faveur des dictatures dites à encore communistes. Lula n’est point communiste, dans le sens du Stalinisme, du Maoiste ou du Castrisme ; il est d’une gauche affirmée construite face à la dictature militaire de son pays et aux ingérences politiques en provenance des USA, lesquels ont comploté avec les putschistes brésiliens et des magistrats ripoux pour l’accuser de corruption et le mettre en prison. On peut donc comprendre que Lula voit les USA comme la peste. Mais du point de vue international, au regard de sa fonction, il devrait se placer politiquement au-dessus du règlement de compte envers ses bourreaux.

 

         Mardi 11 avril

         Ce matin, j’entendais à la radio un juge à la retraite et une avocate qui contestaient la possibilité de plaider coupable au moment de l’ouverture des débats, car ils estimaient que cela perturbait la procédure en cours et la lecture du dossier. Donc, selon eux, un accusé ne devrait plus avoir le droit de revenir sur sa version à l’ouverture du procès parce que cela bouscule le ministre public et la défense. Mais si l’accuser n’a pas dit la vérité à son avocat et au cours de l’instruction, c’est leur problème, car que sache, un accusé à le droit de mentir ou de revenir sur ses déclarations !

 

         Et il y a donc cet ancien juge aujourd’hui en politique qui donne des leçons sur la procédure ! Je vais vous dire ce qu’est le fameux respect de la procédure de la Justice. Tout citoyen est en droit de se défendre lui-même, en particulier qu’en il ne trouve pas un avocat pour le défendre ; puisque sache-le, le corporatisme du barreau existe. Et une fois en audience, les juges préfèrent regarder les oiseaux par la fenêtre lorsque le citoyen expose les faits. Pour eux, c’est : Cause toujours ! Le mépris se voit dans leur comportement et sur leur visage. Lors de la Premire Instance et en Appel, il est tout de suite évident que l’on vous entend, mais que vous n’êtes en rien écouté. Et au cours de la Cassation, cela donne quoi ? Une date est fixée, puis à l’ouverture de l’audience, les trois juges vous disent que votre dossier n’a pas été traité… Oui oui… Et que par conséquent, les conclusions n’ont pas été remises, permettant une réponse. Alors pour balayer l’affaire, ils vous proposent d’attendre une heure dans la salle des pas perdus avant de reprendre l’audience, qui vous enverra dans les cordes d’un revers de la main. C’est cela la Justice pour les petites gens.

 

En résumé, soyez un délinquant sans col blanc ou une victime sans avocat (faute d’en trouver un) et vous n’avez droit qu’au mépris, sous prétexte que vous encombrez les Tribunaux. Ou bien on estime qu’en modifiant votre défense vous cherchez à mettre le juge dans une position de faiblesse et de vouloir retarder le procès. Par contre, pour d’autres, tout est possible, même la transaction financière pour éviter le procès. Donc pour eux, cela n’est pas une manière de passer outre, par les mailles du filet, avec l’approbation du juge qui ne dénoncera pas cette pratique . Ah, la fable de La Fontaine !

 

           Samedi 8 avril

           Quand un journaliste de la RTBF a un jour parlé du mépris en y diffusant la musique du film de Godard, cela a fait du bruit. Mais quand un auteur ose parler du mépris de la FWB et de certains responsables de la rubrique littéraire des journaux dans lesquels ils travaillent, il y a un silence assourdissant. Pourquoi par exemple le Carnet et les Instants refuse de reprendre dans la liste des prix littéraires attribués en 2022, un roman ayant été honoré par des lettrés reconnus par eux ? Où est le problème ? Leur refus d'admettre que le mode d'édition n'est que secondaire au regarde de la qualité du texte, démontre bien que finalement ce n'est pas la littérature qui prime, mais le business qui tourne autour, cet entre-soi pour préserver leurs intérêts.

 

           Lundi 3 avril

           Ma participation comme éditeur et auteur à la Foire du livre de Bruxelles s’est achevée avec satisfaction ce 2 avril, en particulier grâce à la rencontre organisée sur la scène Malpertuis, dont le thème proposé était « La création romanesque au service de l’Histoire de la Belgique ». Un débat animé par trois journalistes liégeois qui m’ont fait l’honneur d’accepter l’invitation. Je ne m’attendais pas à découvrir une file de gens devant mon stand avec dans leur main mon livre La lignée Dorval, attendant patiemment mon arrivée pour obtenir une dédicace. Une belle satisfaction après tant de galères. J’ai découvert que toutes ces personnes étaient des habitants de la capitale, là où la majorité des libraires ont refusé le dépôt de ce même livre sous prétexte qu’il n’intéresserait pas les Bruxellois parce que j’habite à Verviers, parce qu’il s’agit d’une édition non reconnue par la Fédération Wallonie Bruxelles et encore parce qu’il est refusé par les distributeurs-diffuseurs ! Bref, un total général de 84 de mes livres vendus durant ces 4 jours.

           Et belle satisfaction encore des récents retours de lecteurs ayant découvert mes textes dans des librairies indépendantes. Ces résultats me ravissent et me donnent à penser que ma démarche d’artisan littéraire n’est pas veine.

 

           Dimanche 12 mars

           Ma petite structure éditoriale « Santana Éditeur – L’artisan littéraire » sera donc présente à la Foire du livre de Bruxelles de cette année. On pourra la trouver au stand 204, côté jardin, peu avant la sortie. Chaque jour il y aura des séances de dédicaces. Cela dit, lorsque je serai sur place et qu’un visiteur aura la bonne idée d’acheter l’un de mes livres, à la demande je ne rechignerai pas à y écrire un petit mot. Dimanche 2 avril à 16h00 je participerai aussi à une rencontre animée par deux journalistes et critiques littéraires. Le thème proposé et retenu par les organisateurs est « La création romanesque au service de l’Histoire de la Belgique ». Le sujet débordera sans doute un peu sur l’Histoire d’autres pays qui sont présents dans mes romans. Car il y a toujours une empreinte historique dans mes textes. Je ne puis pas m’en empêcher, c’est plus fort de moi ! Bref, j’expliquerai la raison et le pourquoi. En principe cela se déroulera sur la scène Malpertuis. Et comme j’aime dire les choses, Malpertuis est un roman de l’écrivain gantois Jean Ray, une œuvre qui fut adaptée au cinéma par le réalisateur anversois Harry Kümel.

 

             Dimanche 26 février

           Lorsque je me regarde dans le miroir, je ne reconnais pas celui que l’on a décrit ni celui que l’on portraitiste à l’envi. Il n’est pas nécessaire de venir d’ailleurs pour être l’étranger, on peut l’être dans le regard des autres même si ses parents sont bien de chez nous. Il suffit pour cela de ne pas venir du même milieu social ou simplement ne pas faire partie d’un cercle fermé, d’un clan de prétentieux intellectuels qui se prennent pour les gardiens du savoir et du talent artistique. « Comment un inconnu venu de nulle part peut-il prétendre avoir écrit ça », fut-il d’abord écrit, puis dit pour discréditer l’étranger, pour celui que ne devrait pas être là, ni exister, celui qui doit disparaître du champ de leur vision.

 

           Parce qu’il a osé se défendre devant une injustice, on l’accuse d’être un raté désireux d’exister, d’avoir inventé une victimisation dans le but de s’attirer les projecteurs, une gloire fut-ce même éphémère. On lui trouve tous les défauts du monde, manière de discréditer ses paroles, ses travaux, son mérite.

 

           Je me vois dans le miroir et je découvre un homme, certes fatigué, mais qui a la conscience en paix, qui est resté honnête à son éducation et à ses principes. Malgré une vie compliquée, celle d’un amour perdu qui l’a plongé en enfers des années durant, une longue dépression qui l’a aussi réduit à rester sur le carreau professionnel, jamais, il n’a failli aux règles de la loi, usé de fausse déclaration pour obtenir ce dont il n’avait pas le droit. Mais là aussi, quand on qualifie de déchet de la société un homme par terre, il devient l’étranger, celui sur lequel on peut tout lui mettre sur le dos. Escroc, profiteur, proxénète… Qu’importe si au regard de la loi et les pièces matérielles disent le contraire, on fait fi des pièces, on réinterprète les articles de la loi en totale contradiction avec l’honnêteté intellectuelle, on falsifie même un document. « Il faut éradiquer la racaille ».

 

           L’étranger clame sans cesse à l’injustice devant les institutions. Il va jusqu’au bout des procédures. Il y va seul, car il ne trouve même plus une personne pour le défendre, en particulier lorsqu’il a constaté que des avocats avaient omis d’assumer les mandats pour lesquels ils avaient été rémunérés. Le corporatisme a contraint l’étranger à devoir se présenter seul devant des juges, qui l’ont méprisé et qui préféraient regarder la fenêtre pour lui faire comprendre qu’il pouvait toujours causer. « On se moque de vous » lui a dit l’avocat de la partie adverse ; car celle-ci avait un avocat !

 

           Quand je me regarder droit dans les yeux, je crois savoir qui je suis. Pourtant, je sais que même mon entourage ne me connaît pas. Je devine souvent que l’un ou l’autre mettent mes propos en doute, ma version des faits, puisque pour eux, il n’y a pas de fumée sans feu. Mon crédit est à ce point épuisé que cela ne les intéresse pas de savoir ce que j’ai écrit. Pour eux, ma galère ne serait que le résultat de ma médiocrité. Trente-cinq ans de rédaction sans être publiés par un tiers, cela revient à dire que les textes ne valent rien. C’est comme devenir l’étranger dans son propre entourage.

 

           Allez jusqu’au bout du bout par principe, même si je suis moqué, méprisé, raillé. Faire mon petit bonhomme de chemin sans me préoccuper des ignorants ou des gens qui n’ont rien prouvé, sauf celui parfois de nuire quelqu’un quand cela leur chante de défendre celui qui ne le mérite pas. Poursuivre mon propre chemin sans me préoccuper des autres et des modes, des actualités du moment Aller juste où mon cœur me suggère de me rendre. Voilà… L’intemporalité.

 

             Mercredi 22 février

           La guéguerre entre deux Parisiens sur le fond de guerre en Ukraine. Deux fils à papa bien propres sur eux, ayant la même origine juive et qui ne parviennent pas, ni l’un ni l’autre, à se détacher de leur perception du monde dans lequel ils vivent. Certes, l’Histoire est une leçon qu’il ne faut jamais oublier ; à condition de savoir faire la part des choses, de ne pas tout mélanger sur les personnages politiques d’aujourd’hui. L’un cherche à poursuivre l’œuvre de son père sans parvenir à s’en détacher de manière à suivre sa propre voie. L’autre ne réussit jamais à poser un regard sur le monde sans se référer à l’antisémitisme. Alors oui, me direz-vous, ils ont le même combat, celui de dénoncer le fascisme, le nazisme, l’antisémitisme. Pourtant chacun y va de son opinion sur ce qui se passe en Ukraine. Le premier, conditionné par le combat de son père, voit se que Poutine dénonce sur le nazisme ukrainien, comme si Zelenski était le prolongement du bras de Stephan Bandera, un ukrainien nationaliste qui collabora avec les nazis pour se défaire de la Pologne et de la Russie. Le second estimant que Bandera fut emprisonné par les Polonais qu’il combattait, relâché par les nazis avec lesquels il collabora, avant de finir aussi emprisonné par Hitler lorsqu’il se rendit compte de la réalité du régime. Mais entretemps, il avait aidé les nazis. Ce à quoi Poutine se base pour envahir l’Ukraine prétendument nazifiée. Mais le second voit surtout une similitude entre ce pays que Poutine veut éradiquer de la carte et Israël que certains verraient bien aussi rayés du globe. La similitude n’est-elle pas aussi qu’Israël colonise les terres de son petit voisin pour l’étouffer dans un ghetto ? Au regard du résultat des urnes, cela donne quand même à penser que dans ce pays, il y a une volonté politique du plus à la droite de la droite que dans de nombreux pays du Continent européen.

 

           Au bout de 70 ans, est-ce qu’un peuple et son président ne peuvent pas être en total désaccord avec les actes politiques des anciens ? Reprocher à Zelenski de défendre militairement la terre qui est la sienne face à l’agression d’un voisin qui veut s’en accaparer sous un prétexte historique est un non-sens. Serais-je en droit d’envahir la maison de mon voisin sous prétexte que jadis elle appartenait à mes aïeux, lesquels furent ruinés suite à un conflit avec les aïeux du propriétaire actuel ? Ben non !

 

           Que ferions-nous en Belgique si les Hollandais décidaient de rependre militairement, avec l’aide de certains Flamands, ce qui fut jadis leur territoire sous prétexte que la révolution de 1830 fut un putsch organisé par les francophones qui refusaient que la langue néerlandaise soit la seule autorisée dans le pays ? Allez-y, servez-vous, détruisez tout, vous pouvez même me déporter au fin fond des Pays-Bas pour me "hollandiser" ? Ben non.

 

           Dimanche 19 février

           Je m’attelle à préparer la rencontre littéraire qui aura lieu à la Foire du Livre à Bruxelles le 2 avril à 16h00. Ce faisant, je suis tombé sur une interview de Daniel Pennac déclarant que la littérature ne sauve pas le monde, mais qu’elle nous sauve de nous-mêmes. En fait, par optimisme, j’ai le sentiment qu’en nous sauvant de nous-mêmes, elle est aussi susceptible de nous insuffler une perception raisonnable sur le monde à venir ! Ce n’est que mon espoir. D’ailleurs, je termine l’un de mes romans sur cette porte ouverte. Le savoir par la littérature à la rescousse de l’ignorance, n’est-ce pas un chemin vers la paix ? Le thème de la rencontre lors de la Foire du livre sera « L’imaginaire romanesque au service de l’Histoire ». Bref, informer par le biais de la fiction littéraire. Vous êtes les bienvenus.

 

           Samedi 11 février

           Il paraît qu’il y a eu les Victoires de la musique… J’ai cru comprendre qu’il s’agissait de glorifier les boîtes à rythmes, accompagnés de textes insipides, susurrés sans mélodie. Je me demande désormais comment on peut qualifier quelqu’un qui ne gazouille pas avec harmonie, mais qui parlotte des phrases de manière saccadée et sur un bruit répétitif coupé à la hache. Cette uniformité de style et d’interprétation des uns et des autres me donne à penser qu’on est loin de ce que l’on espère en matière musicale.

           Finalement, que cela soit pour la chanson, le cinéma, le théâtre ou la littérature, ce genre de grandes organisations annuelles qui décernent des statuettes ne sont rien d’autre que les petits entre-soi qui servent la soupe au regard du résultat de la médiatisation à tout-va qui a suivi la sortie de l’œuvre. Plus elle a été relayée par l’engouement des médias suite aux efforts des agents de presses et les amis du milieu qui leur ont bourré le crâne, plus l’œuvre a des chances d’être qualifiée d’incontournable avant de recevoir le Graal de la profession. Je n’ai aucun souvenir d’une œuvre totalement passée sous silence par les médias ayant reçu ce genre de statuette !

 

             Mardi 31 janvier

           Je me pose cette question… Quand est-ce que les Brésiliens pro-Bolsonaro vont comprendre ce qu’ils soutiennent depuis plusieurs années ? Il y a peu, je regardais un documentaire sur le procès à Numremberg avec ces criminels de guerre qui niaient le génocide, malgré les films projetés dans la salle d’audience. Aujourd’hui, il y a un gouverneur en faveur de Bolsonaro, responsable des réserves indigènes en Amazonie, qui nie la dénutrition prouvée par les médias du monde entier, prétextant qu’il y a ailleurs au Brésil des enfants qui ont faim. Argument ignominieux. Car la différence qu’il y a entre les deux, c’est qu’en Amazonie la population se décharne à cause de l’exploitation industrielle des ressources naturelles des réserves, en particulier suite à la pollution des eaux, causée par le mercure des chercheurs d’or, à qui Bolsonnaro a donné carte blanche. Ce dernier n’a-t-il pas dit, une fois élu, que les réserves en Amazonie devaient devenir des territoires comme les autres, exploitables à merci, et que ses occupants devaient disparaître. Il a planifié et il a mis son plan à exécution. Un génocide.

 

           Lundi 30 janvier

           Foire du Livre à Bruxelles, 2 avril à 16h00, je participerai à une activité littéraire sous le label Santana Éditeur. Le sujet est « L’imaginaire romanesque au service de l’Histoire ». Une rencontre animée par Régine Kerzmann, journaliste et responsable de la rédaction de la radio RCF Liège. Peut-être aussi avec la présence d’un deuxième animateur, critique littéraire. Le tout est basé sur mes romans publiés. En effet, mes textes sont toujours - peu ou prou - adossés à des faits historiques et politiques, ce qui me permet d’ancrer mes personnages et la fiction dans un contexte réel, dans la réalité du temps.

 

           Dimanche 22 janvier

           C’est la cata, lis-je sur un site social ! Faut croire que dans ce pays, la Belgique, la neige est un phénomène anormal. Le problème n’est évidemment pas la neige, mais c’est l’idée que le temps extérieur devrait être aux ordres des désirs des Hommes avides d’une gestion journalière sans encombre et de rentabilité financière. Il se dit que les bouchons sur les routes causés par la neige provoquent des retards de livraison, des absences au travail, donc des pertes d’argent. Ah, le pognon, toujours le fric avant tout ! Le réchauffement climatique n’est-il pas justement causé par cette fuite en avant, où il n’y a plus que des lunettes par lesquelles on ne voit que défiler le flouze, le pèze, les pépètes, le grisbi… Bref, où tout le reste n’est qu’obstacle au bon fonctionnement de la machine à écu.

           Bien sûr, me direz-vous, tu regardes tout cela par derrière ta fenêtre, bien au chaud (enfin avec le prix des énergies) et puis il y a dehors les sans-abris mourant de froid ! Justement, au lieu de se préoccuper en premier lieu de dégager la neige des routes, la priorité ne serait-elle pas de procurer des logements aux personnes qui dorment dehors.

 

           Vendredi 20 janvier

           C’est une bonne avancée, l’inscription de Santana Editeur à la La Foire du Livre de Bruxelles du 29 mars au 2 avril 2023 est confirmée. Vu le prix demandé, c’est une seule table, mais c’est mieux que d’être absent.

           Autre information, mais ce n’est pas pour tout de suite, en mars 2024 il est prévu un dîner littéraire à la bibliothèque de Marche-en-Famenne. Cela tombe bien, puisque je prévois la sortie d’un cinquième roman en février 2024. Lequel ? On verra ce qu’il y dans l’air du temps.

           Pour les autres participations, c’est en gestation… Mais les clefs sont dans les mains d’autrui, pas dans les miennes.

 

           Vendredi 13 janvier

           Est-ce un jour de chance ? La journée me l’apprendra ! Pour l’heure, confirmation des rencontres littéraire le 27 mai dans les écoles et à la bibliothèque de Châtelet. Mardi dernier, j’ai aussi contacté une quinzaine de bibliothèques du pays et il semblerait que ma démarche ne sera peut-être pas vaine. Même si certaines d’entre elles prétendent ne recevoir que les auteurs régionaux, de leur commune ; faudrait donc croire que leurs rayons n’accueilleraient que des livres écrits par des auteurs de leur fief. Me prennent-ils pour une bécasse ? Persuadé qu’un auteur connu et reconnu leur suggérerait une rencontre dans leur bibliothèque, leur réponse ne serait pas la même, bien au contraire. Je croyais avec naïveté que le régionalisme à la Belge englobait la Wallonie… Eh ben non, dans la petite tête des gens, les frontières sont devenues aussi provinciales ! Et plus restrictives encore, communales.

 

Si, je suis leur raisonnement, forcément un inconnu ne peut avoir écrit qu’un récit régional, sans doute un peu indigeste et qui n’intéressera que les gens de sa ville. D’ailleurs on m’a demandé deux fois : « Vous avez pensé à la bibliothèque de Verviers ? » Pour me poser cette question, il faut me prendre pour un demeuré ! Puis on m’a aussi souhaité un succès dans ma région ; entendez par là, les environs de Verviers.

 

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