Journal d’un écriveur

(depuis 1995  -  mise à jour régulière) 1934 pages

2021

           Vendredi 9 avril

           « Arrête d’être comme ton grand-père, à éplucher chaque jour les journaux et les commentaires, cela te fait du mal ! » Ne devrais-je plus m’informer pour ne pas pester devant les aberrations, les âneries, l’ignorance, la mauvaise foi et les propos indignes de certains lecteurs. Le bonheur serait-il logé dans un cloitre où la rumeur du monde ne traverserait pas les murs ? Peut-être. Mais sonder les travers de la société pour la dénoncer, modestement, à son petit niveau, me semble quand même utile.

 

           Ne l’ai-je pas jadis écrit : « Une société qui ne respecte pas les anciens, est une société déshumanisée. » Et l’épreuve de la pandémie qui fait sauter les plombs des uns ou des autres ne peut pas être une excuse pour que tout soit pardonner. La crise sanitaire réduit à contre cœur les libertés, c’est un fait. Par contre est-ce acceptable de dire que les vieux feraient mieux de penser à la jeunesse sacrifiée de manière à lui permettre de braver les règles pour jouir des joies de la vie, que les vieux devraient moins penser à leur propre vie, puisque celle-ci est quand même derrière eux, que ce sont des fossiles « suces pension. » Oui, vous lisez bien ! Là, je me dis qu’on rejoint l’ignoble discours hitlérien, au même titre que celui de l’extermination des Juifs, des estropiés, des malades mentaux, car ils empêchaient la prospérité du peuple arien, beau, grand et fort, de la belle Allemagne, de l’Europe idéalisée sous un drapeau à Croix gammée. Le Covid réveille les salauds, les ordures, les délateurs, les vieux démons qui conduisent au pire. Autrement dit, que les seuls à avoir le droit de vivre devrait être les organisateurs de cette pensée inique, ceux qui s’imaginent être invincibles.

 

             Samedi 3 avril

           Voilà mes interrogations avec l’espoir de ne pas recevoir une volée de bois verts:

 

           Me manquerait-il quelques neurones pour saisir le phénomène auquel j’assiste ces derniers jours ?

           Y aurait-il une autre vérité que celle de vouloir protéger les êtres humains touchés par un virus mortel ?

           L’avenir serait-il celui de narguer le mal en le protestant sans avoir les moyens de le combattre ?

           La solution viendra-t-elle par une revendication de liberté tout en organisant une désobéissance guerrière ?

           N’est-ce pas une jeunesse qui réclame la liberté de consommer à côté d’une autres qui n’en a pas les moyens ?

           Est-ce aussi celle de se regrouper par millier en favorisant une contamination et une surcharge hospitalière ?

           Faudra-t-il en arriver à voir les soignants tellement épuiser au point de ne plus avoir la force de soigner ?

           N’est-on pas parvenu à un point de non-retour au regard du déni affirmé par une poignée d’irréductible ?

           Ne serait-il pas aussi urgent de trouver un remède capable de rétablir quelques circuits électriques du cerveau ?

           Liberté, culture veulent-ils dire que l’égoïsme doit passer avant la sécurité sanitaire de ses voisins ?

           Un meilleur refinancement des hôpitaux devrait-il être dans le but de pouvoir augmenter le nombre de contaminer ?

           N’y a-t-il donc pas dans cette anarchie des arguments pour le moins irréfléchis et qui se contredisent ?

           Est-il difficile de comprendre que les responsables politiques ne sont ni des devins ni des Dieux ?

           Et enfin, les contestataires ont-ils à leur tour apporté la solution miracle pour éradiquer la pandémie ? 

 

           Jeudi 25 mars

           Oh non, je ne suis ni gâteux, ni un âne qui court derrière la carotte ! Les personnes qui me connaissent savent que je suis loin d’être un conformiste. On me désigne plutôt comme un individu qui marche hors de clous, rarement en accord avec l’establishment, mais pas non plus toujours à contre courent par principe d’être contre, souvent sur un chemin traverse qui peut parfois être en parallèle. Car, pourquoi faudrait-il être en permanence contre une décision qui a une logique et un sens vis-à-vis du bien public ?

          

           Maintenant, à ce stade, se pose la question de la recherche du chao systématique pour empêcher la réussite d’une démarche, l’irresponsabilité d’un groupe décidé à saper les initiatives afin de prouver le bien-fondé de leur théorie, comme celui de couper le tuyau d’huile des freins d’une auto pour provoquer l’accident afin de pourvoir affirmer que le conducteur n’était pas apte à la conduite. Cette politisation à outrance dans le but de radicaliser ou de flatter un électorat, voire de raviver une rancœur ou une haine, cela ne fait que fortifier la nécessité à l’anarchie, dans laquelle chacun avance sa théorie contradictoire et décide de faire ce qui lui plait, pourvu d’être en opposition. Il y a peu, après une réunion dite de concertation des parties durant laquelle furent présentés une décision collégiale, certains participants se sont empressés de déclarer qu’ils n’avaient pas appuyé la décision et qu’ils allaient prendre leur responsabilité, c’est-à-dire aller à l’encontre de la décision collégiale. Autant dire que sous le couvert de l’égalité non discriminatoire, il y a la stratégie des uns et des autres de marquer leur territoire, sciant ainsi le pied de la chaise pour mettre à mal la stabilité décisionnelle. Du coup, cela donne du grain à moudre à ceux qui prétendent que l’on joue avec les pieds de la population. Et cela fonctionne, puisque l’on voit ci et là des regroupements d’individus non protégés, moteur de transmission du virus.

 

           Mercredi 24 mars

           Savez-vous qu’au cours de l’enquête sur l’ex Président du Brésil, le juge avait reconnu ne pas avoir de preuve, mais qu’il était en train d’en chercher. Comme il n’en trouvait pas, il utilisa alors les ragots récurents de la télévision Globo et ses filiales de la presse écrite. Ce juge ripou puisa donc ses arguments dans les reportages et les articles pour forger une convistion de culpabilité et condamner Lula.

 

           Alors, j’en viens à la comparaison inversée sur le jugement du tribunal de Paris concernant ma plainte pour plagiat ! Pour ne pas admettre le bien fondé de l’accusation, en violation de l’article 445 et 4 du code de procédure civile, le juge n’a pas répondu aux conclusions, il a ensuite dénaturé la plainte, puis en violation de l’article 32-1 du même code, il a utilisé le contenu des articles de presse me présentant comme un misérable désireux de profiter de la notoriété d’un auteur pour se faire un nom et gagner de l’argent. Résultat, il jugea mon action téméraire. Un juge à la botte quoi !

 

           Samedi 20 mars

           Croyez-moi, je n’ai qu’un seul souhait, celui de ne pas être contraint de me vendre comme une prostituée, de faire le pied grue devant les portes des rédactions de manière à espérer une chronique, un papier, une interview. Ce n’est pas mon truc, ni ma vocation de distribuer un dossier de presse pour vanter mon travail - question de crédibilité aussi, que bons nombres argumentent pour me disqualifier. Il y a des agents de presse pour cela, pour mettre des auteurs en lumière. Pour cela, faut-il encore en trouver un qui, malgré une rémunération, accepte d’ouvrir son carnet d’adresse et de mettre son expérience au service d’un auteur et d’un éditeur artisanal. Certes, mon cas n’est pas simple, j’ai osé accuser une grande maison d’édition et un auteur, ce qui m’a valu les foudres de guerre de quelques plumes médiatiques. Honte à eux ! Puisque c’est justement ce qui devrait motiver ces prétendus gardiens de la littérature, dénoncer les faussaires au lieu de les défendre. Je ne regrette rien ! Au nom de la vérité, je remets souvent le couvert. Cela dit, mon doux souhait serait tout de même ne pas devoir trop apparaitre, que seuls mes textes soient mis en avant, qu’ils aient leur propre vie sans avoir besoin d’un avocat, qu’ils puissent se suffire à eux-mêmes.

 

           Samedi 13 mars

           Qu'avais-je écrit dans ce même Journal d’un écriveur ce 5 mars 2021 ?

 

           « Que va-t-il rester de tout cela ? Rien de bon ! Au lieu de souder les opinions autour du même combat, contre un virus capable d’éteindre la vie de tout un chacun, jeune ou vieux, il y a une rivalité de tranchée entre deux clans, un fossé creusé qui suinte le radicalisme. Le Covid19 est devenu politique, il sacralise des contestations sur des thèmes divers et qui n’ont aucun rapport entre eux. »

 

           Je persiste, je signe et je les complète. Il y a sur les réseaux sociaux et même dans des médias une telle vague de propos conspirationnistes, incitatifs à la révolte de la part de diverses personnes adultes, parfois irresponsables, que l'on finit par voir des jeunes désœuvrés s'organiser en bande pour mettre au physique la violence des propos qu'ils ont lu à l'encontre de tout ce qui représente les autorités politiques.

 

           Bien sûr, aucune violence de la part de certains policiers n'est acceptable. Mais cela justifie t-il le chaos qui ne profite qu'aux extrêmes ?

 

           Mercredi 10 mars

           Brésil : L’annulation des condamnations de Lula n’est pas ce que l’on croit, les poursuites ne sont pas abandonnées ! L’un des juges de la Cour Suprême, qui prit seul la décision, est d’un incroyable machiavélisme pour protéger le juge Moro – celui qui condamna Lula – d’une éventuelle poursuite judiciaire pour avoir monté un faux dossier de preuves avec intention politique. Ce juge a commis un putsch judiciaire pour mettre ses collègues membres de l’assemblée collégiale devant un fait accompli.

 

           L’annulation ne porte pas sur les mensonges repris dans le dossier pour faire condamner Lula, mais sur l’incompétence territoriale du juge Moro, puisque le fruit des prétendus faits de corruption sont situés dans un autre État que celui du juge. Du coup, le dossier d’accusation reste bien ouvert et il devrait être transmis à la compétence Fédérale. Cela signifie un autre procès. L’inéligibilité de Lula pourrait ainsi être de nouveau remise sur le tapis.

 

           Mais voilà, le lendemain un autre juge de la Cour Suprême ouvre une procédure collégiale, de manière à poursuivre le Juge Moro, lequel a créé un dossier d’accusations sur base de fausses preuves de manière à influencer le processus électoral et devenir Ministre de la Justice. Au cours de l’audience ayant eu lieu hier, le juge qui annula la condamnation de Lula tenta de s’opposer à cette procédure et, n’y parvenant pas, il a voté contre les poursuites envers Moro ! Un aveu de complicité.

 

           Le plus incroyable est de constaté la mauvaise foi des juges de la Cours Suprême, qui prétendent désormais ne pas avoir constaté plus tôt les violations du juge Moro, alors que deux ans plus tôt, ils ont confirmé la condamnation de Lula, puis augmenté les années de prison ordonnée par le juge Moro. Cette mauvaise saga dévoile les violations du droit commis par des magistrats et le non-respect de l’impartialité, malgré les preuves écrites et les audios dans lesquelles en entend des magistrats ripoux comploter pour faire condamner Lula. Pire, des juges de la dernières Instances complotent encore pour conserver sous le coude un dossier d’accusation bidon afin de pouvoir le ressortir lors de la compagne électorale de la présidence en 2022. Car il faut le savoir, s’il se dégage une majorité au Collège du Tribunal Suprême pour admettre que le juge Moro est coupable de crime, celui d’avoir inventé des accusations, l’entièreté du dossier contre Lula passe au feu et il n’y a plus de procédure possible.

 

           Mardi 9 mars

           Ils apprennent de leur erreur, disent désormais bon nombre de brésilien, aujourd’hui placé devant la vérité qu’ils ont refusé de voir, alors que la terre entière leur hurlait dans les oreilles qu’ils étaient en train de mettre leur démocratie par terre. Mais ils ne firent pas une seule erreur, ils en firent trois, coup sur coup !

 

1.        À l’époque de la destitution de Dilma Roussef, je me souviens avoir entendu dire que je ne pouvais pas comprendre ni juger ce qui se passait au Brésil étant donné que je n’y vivais pas. Pour sûr, je n’étais pas matraqué par la propagande destinée à convaincre la population de la nécessité de faire un putsch pour libérer le Brésil du prétendu communisme. Avoir le nez collé sur un tableau ne permet peu d’avoir la bonne distance pour visualiser la perspective.

2.        Mais rien ne pouvait plus leur faire changer d’avis une fois que Lula fut menotté et jeté en prison. La crédibilité des accusations était mise à mal, puisque la prétendue corruption du Président portait sur la valeur d’un appartement au profit de la compagnie pétrolière qui allait pour sa part gagner des dizaines de milliards ? C’est un palais ou une île qu’il aurait offert ! Malgré les évidences du montage judiciaire perpétrer par un juge à la botte de l’extrême droite, les brésiliens ont sombré dans le déni et réclamèrent la prison à vie pour celui qui avait sorti un peuple hors d’une extrême pauvreté. Ils applaudirent son inéligibilité.

3.        Ils crurent le Juge politisé que le Brésil était gangrené par la seule corruption du parti politique de Lula. Ils vouèrent une telle haine envers ce parti, qu’ils finirent par soutenir un extrémiste de droite, un nostalgique de la dictature militaire qui clamait haut et fort que l’erreur du passé était de ne pas avoir éliminé les opposants communistes, comme Dilma Roussef et qu’il laisserait pourrir Lula en prison. Ils votèrent pour ce malade mental notoirement incompétent.

Non, ils ne commirent pas une seule erreur, ce fut trois, coup sur coup ; Et ce ne fut pourtant pas faute de les prévenir. Mais ils n’ont rien voulu savoir. Puis aujourd’hui, ils pleurent sur le lait versé.

 

           Vendredi 5 mars

           Que va-t-il rester de tout cela ? Rien de bon ! Au lieu de souder les opinions autour du même combat, contre un virus capable d’éteindre la vie de tout un chacun, jeune ou vieux, il y a une rivalité de tranchée entre deux clans, un fossé creusé qui suinte le radicalisme. Le Covid19 est devenu politique, il sacralise des contestations sur des thèmes divers et qui n’ont aucun rapport entre eux. Les mesures mises en place pour tenter d’enrayer la calamité sanitaire sont sujet à échafauder un complot destiné à réduire la liberté du citoyen. Pour assoir cette thèse, ils présentent le projet du carnet de vaccination comme un outil de contrôle. Ah, que la mémoire est courte ! Ou alors il s’agit d’ignorance, puisque le carnet de santé existe depuis des décennies. Déjà dans les années d’après-guerre, il reprenait les vaccinations reçues : Tétanos, oreillons, variole, polio, rougeole, coqueluche, diphtérie… Pas nouveau non plus, car pour voyager dans certaines régions tropicales du monde, le carnet de vaccination est obligatoire. Puis il y a le confinement… ! Il serait destiné à empêcher les gens de se réunir pour contester le pouvoir, pour étouffer la Cuture, cette source de réflexion qui permet au peuple de se forger une opinion détachée de la propagande des politiques. À cela vient s’ajouter l’ultralibéralisme des banques qui réduisent le nombre des distributeurs des billets de banque, le tout en faveur du paiement électronique, preuve matérielle qu’il y a désormais la volonté de brider le peuple à la guise des États, de couper le robinet financier en cas de besoin, d’être à la merci de l’élite politique.

 

           Il y a pourtant plus de 50 ans que le système sociétal est organisé de manière à pouvoir suivre un individu à la trace, jadis avec les retraits d’argents à un guichet, avec les chèques, les virements bancaires, puis à un distributeur ou le paiement électronique dans un supermarché, à une pompe à essence... Puis par le biais des souches de la mutuelle, les ordonnances médicales remise chez le pharmacien et sur lesquelles étaient apposés la vignette, etc… Impossible de se rendre quelque part s’en être sous l’objectif d’une caméra…

 

           Alors, est-ce qu’un confinement pour des raisons sanitaires peut être comparé à celui d’un couvre-feu décrété pour des raisons militaires ou à la suite de la radicalisation politique ? Voilà la question à laquelle il faut raison garder ! Est-ce intellectuellement raisonnable de se dire que parce que dans le passé il y eut des pandémies qui ont décimé la moitié de la population, qu’il ne faut pas aujourd’hui préserver la population la plus fragile, sous prétexte que cela ne représente qu’un pourcent de la mortalité mondiale, touchant le plus souvent les « vieux » qui vont de toute façon mourir un jour ou l’autre ? Quand un philosophe estime que les mesures de protections ne sont pas raisonnables au regard de l’économie, sous prétexte que désormais cette société est dans le déni de la mort des vieux depuis le prolongement de l’espérance de vie de ces dernières décennies, je prétends qu’il est corrompu par une pensée libérale, où seule compte la mathématique, la rentabilité, la perte et profit devenu le moteur du monde. Une société qui abandonnerait les anciens face à une maladie alors qu’elle possède la science et les moyens pour la combattre, serait une société à la dérive morale, en voie de disparition !

 

           Lundi 1er mars

           Ma question est de savoir pourquoi le vaccin AstraZeneca deviendrait subitement autorisé pour les personnes de plus de 55 ans, alors qu'à travers l'Europe il est estimé non adapté pour les personnes étant au-delà de cet âge ?

 

           Ma crainte légitime est que pour palier à un approvisionnement déficient des vaccins Pfizer et Moderna, il soit autorisé, tout en sachant très bien qu'il est moins efficace.

 

           D'ailleurs, il a été dit que si ce vaccin était susceptible de causer davantage de réaction chez les individus vaccinés, il empêchait toutefois l'hospitalisation et la morbidité.

 

           Là, me semble-t-il, on est dans la malhonnêteté intellectuelle... ! Un vaccin est administré pour ne pas être malade, non pas pour seulement éviter l'hospitalisation ou la mort !

 

           Du coup, de mon point de vue non scientifique, cette possible autorisation ne serait donc prise que pour faire baisser les chiffres hospitaliers, quitte à voir une tranche de la population, la plus fragile, en difficulté en dehors des hôpitaux ? Si tel est le cas, cette décision serait politiquement une tromperie et coupable.

 

           Cela étant dit, je ne remets pas en cause la nécessité des règles sanitaires, la distanciation et autres précautions utiles pour éviter une hécatombe comme on peut le constater au Brésil, faute justement de règles strictes et d'une conscientisation de la population. Mais une partie des Belges et Européens sont-ils plus conscients... ? Pas sûr.

 

           J'avoue, même si je comprends bien le désarroi de certains secteurs, je ne saisi pas très bien cette accusation de privation de liberté et de dictature quand il s'agit de santé publique (pour tous, pas seulement pour les jeunes). Des décisions qui sont quand même prises par des élus démocratiquement élus, dans un cadre de débat entre scientifiques et responsables de l'Etat, des responsables que l'on pourra ne pas réélire. Même si cette démocratie n'est pas parfaite, elle reste la moins pire.

 

           Mercredi 23 février

           Une journaliste est décédée… Paix à son âme.! Mais « Le plagiat se dégonfle », c’est elle. Il est écrit en son hommage : « ….elle ne pouvait pas découvrir le travail d’un artiste sans le désosser intégralement pour forger son avis et vous le livrer, avec une remarquable et incroyable précision. Sauf si, évidemment, il n’en valait pas la peine à ses yeux. »

 

           Le 5 septembre 2010, à 18h00, cette dame me téléphona. Elle n’avait lu aucun des deux textes, ni La lignée Dorval, ni l’autre, qui font ensemble 800 pages. De plus, elle n’était pas en possession de ces textes, ni du mien (que je lui expédie par courriel), ni de l’autre, quelle me dit devoir aller l’acheter en librairie le lendemain matin. Mais miracle, son œil bionique lui permit de tout lire et de pondre un article assassin publié le lendemain 6 septembre à 4h15 du matin !

 

           Elle n’a donc rien « désosser », elle tout simplement sucé ce qui était déjà écrit dans un autre journal, pas plus objectif qu’elle ! Il suffit de lire les deux, c’est assez édifiant.

 

           Elle a écrit que comme « La Ligne Dorval n’a jamais pu trouver d’éditeur, que le manuscrit étant simplement déposé à la Sabam », j’avais juste le droit de fermer ma gueule, de me laisser piller sans protester, car pas de plagiat. Pour elle, un texte déposé à la Sabam ne vaut pas preuve de paternité, par conséquent il est permis de plagier celui qui « n’en valait pas la peine à ses yeux », cela avec la bénédiction de certains critiques littéraires. Une malhonnêteté intellectuelle qui, aujourd’hui encore, me porte préjudice.

 

           Que cela soit dit.

 

           Lundi 1er février

           Coup d’État en Birmanie… ! Tiens donc… ! Et Aung San Suu Kyi arrêtée. Moi je croyais, aux dires d’un nombres de gens, qu’elle ne mérite pas son prix Nobel suite à sa gestion concernant les musulmans rohingyas, parce que selon eux, elle avait les plein pouvoir dans son pays. Voilà la preuve que non. Jamais elle n’eut la totale liberté de ses déclarations et la liberté d’appliquer ce qu’elle aurait pu faire. Elle a toujours été sous l’œil de l’armée dictatoriale, limitée dans son action, selon ce que les généraux lui autorisaient. En voilà donc bien la preuve : Trop populaire, trop bien réélue, l’armée putschiste reprend la main.

 

           Sans transition… À Bruxelles, le tunnel Léopold II va être débaptisé pour glisser sous le tapis l’Histoire tragique de la colonisation. À force de vouloir effacer de l’espace public ce roi despote, je crois plutôt que dans ce pays on finira par oublier tout court ce qui ne doit jamais l’être. Mais que vois-je comme proposition pour rebaptiser le tunnel ? Des noms de personnes étrangères ! Il n’y a rien de discriminatoire ni de racisme dans mon propos, c’est juste une constatation de cette fâcheuse maladie nationale de toujours vouloir exister et obtenir une reconnaissance via le truchement d’un autre pays. Comme me l’a dit une amie : « Les Belges n’ont aucun sens de l’amour pour leur pays. » Pour preuve, quand le jour de la Fête Nationale un premier ministre comme Yves Leterme se mit à chanter la Marseillaise au lieu de la Brabançonne, tout est dit. Pire, dans n’importe lequel des pays au monde cela serait l’objet d’une démission sur le champ. Ici, non, on s’en amuse comme s’il s’agissait d’une farce ! Il n’y a ni fierté, ni amour propre. Et proposer un nom pour simplement présenter le contre-pied de la colonisation, ce n’est pas non plus très intelligent.

 

             Dimanche 24 janvier

           Le ragot du jour.

 

           Il était une fois dans une ville réputée, un libraire bien connu qui reçut un jour la visite d’un auteur anonyme, venu présenter son travail. La réaction du commerçant fut de répondre, qu’il est débordé par la masse de bouquin et qu’il ne peut pas tout accepter.

 

           Tout en présentant néanmoins son livre, l’auteur résume l’histoire et avance ses arguments afin de convaincre le bonhomme de jeter un œil sur les premières pages. Dos du livre dans une main et le pouce de l’autre main à l’opposé, le libraire fait défiler les feuilles en disant « que voulez-vous que je face avec ça ? Je ne vous connais pas, qui est cet éditeur ? »

 

           L’auteur conte la nouvelle structure respectant les critères de qualité éditoriale, une initiative locale, le tout fabriqué en Wallonie, textes lus par des lecteurs et correcteurs avant publication. Et que pour avoir une idée de la qualité littéraire, il est utile de lire.

 

           Le libraire lève les bras au plafond en disant qu’il lui est impossible de tout lire. Qu’il fait sa sélection en fonction de ce que les représentants des diffuseurs lui disent, car il y a un climat de confiance, puisqu’il y a toute une sélection de qualité en amont, avec un éditeur, un diffuseur, un agent de presse payé par l’éditeur, des critiques littéraires, le retour des lecteurs… Tandis qu’avec lui, quidam inconnu, il n’y a rien de tout cela, lequel peut même lui dire n’importe quoi sur la qualité du texte, un argument forcément non crédible. Et que peut-être, il n’est pas qui il prétend être.

 

           Voyez-vous cela… L’auteur pourrait être un usurpateur qui ferait croire que le livre présenté ne remplit pas toutes les promesses annoncées. Puisque selon lui, quand un auteur réputé est « invité » dans les médias (disons plutôt qu’il se fait inviter via un agent de presse payé par l’éditeur) où il va vendre sa soupe, il y a de la crédible littéraire et une promesse de vente. Du coup, il s’intéresse aux textes que les diffuseurs lui ont fourgué à coup de matraquage promotionnel et il y applique même sur la couverture ce « petit mot du libraire » tant aimé des acheteurs. Mieux, il le place parfois sur le comptoir prêt du Bancontact.

 

           L’auteur a ainsi en face à lui un boutiquier bourré d’aprioris négatifs, qui accepte de présenter sur ses tables ce que l’industrie du livre lui vante être la crème de la littérature, dénigrant tout ce qui ne sort pas de cette filière. Pour ce bonhomme, pas d’artisan local qui tienne en ce domaine, puisque forcément médiocre faute d’avoir franchi « ce filtre professionnel » ; Sauf bien sûr, s’il s’agit d’une autoédition d’un individu ni connu d’Ève ou d’Adam, sans diffuseur, mais copain de la caissière ! Lui, il est lu, affublé du coup de cœur du patron et placé en pille là où tout le monde va le voir, à la caisse. Résultat :16 exemplaires de vendus en quelques jours.

 

           Naïveté ? Je ne crois pas. Hypocrisie ? Sans doute. Ce commerçant mérite-t-il son titre de libraire qu’il prétend vouloir être de proximité ? Pas du tout. Il refuse de découvrir les auteurs méconnus de la région. Il méprise ce qui ne vient pas de cette filière commerciale inventée dans les années cinquante et qui a inculqué l’idée que tout ce qui n’est pas issu de ce filon, cela n’est pas digne d’être exposé en librairie. Un mensonge qui perdure, puisque voilà, avant d’arriver dans une librairie, toute la chaine de fabrication d’un bouquin est sous le contrôle et verrouillée par quelques grands groupes éditoriaux.

 

           Quantité d’éditeurs sont sous la houlette des multinationales de l’édition. Donc, un éditeur du groupe choisi un titre - certains d’entre eux sont commandés à des auteurs qui font parfois le plagiat d'un manuscrit - il fabrique le livre, lequel est placé chez le diffuseur-distributeur qui fait partie du même groupe et le représentant commerciale visite les libraires pour vanter le travail de l’auteur, avec en prime la campagne médiatique orchestrée par l’éditeur, via un agent de presse payé par l’éditeur et qui fait le tour des médias toutes ouille aux chants des sirènes. Voilà en résumé où est la prétendue crédibilité d’un texte, le filtre professionnel tant vanté et qui garantit, selon « la filière », l’intérêt du bouquin. En vérité, tout est fabriqué et vendu par une seule et même source, avec des employés à la botte, au même titre qu’un artisan fait tout lui-même avec soin et passion, en défendant son travail.

 

           Certes, il y a des petits éditeurs indépendants diffusés par ces grands groupes de diffusion qui ont le monopole, mais pour y être accepté, il est utile d’avoir déjà travaillé avec eux soit, via une structure éditoriale existante, soit avoir un pied dans la presse. Par contre, si vous ne venez de nulle part, la porte est fermée. Et quand cette porte est fermée, celle de certains libraires l’est aussi, non pas toujours de manière brutale, mais en douce, avec un délai de dépôt de livre qui n’est pas d’usage, ou encore le livre est tout bonnement dissimulé à la vue des clients, jamais suggéré, seulement vendu s’il est demandé.

 

           Il était donc une fois, un auteur entrant dans une librairie pour présenter son travail. Un libraire intéressé lui demanda de quoi il s’agissait. L’auteur se lança dans un résumé… un long résumé et le libraire l’interrompit…. « Ne me dites pas tout, sinon je ne le lirai pas ! » Et l’auteur de s’étonner : « Ah bon, vous allez le lire, vous ! » Le bonhomme enchaîna : « Evidemment, si je ne le lis pas et que je ne place pas un petit mot, personne ne l’achètera. C’est cela le rôle du libraire, découvrir les nouveautés et conseiller. » L’auteur en resta bouche bée, car lors de ses tournées des librairies, il eut plutôt le sentiment que beaucoup de commerçant ne désiraient pas le lire, qu’ils se contentaient de placer le livre sans y apporter un intérêt particulier, avant de le déplacer un peu plus tard dans l’arrière-boutique, où ils éprouvent souvent toutes les difficultés à le retrouver.

 

             Vendredi 15 janvier

           Comment ne pas s’énerver devant le mépris, les aprioris négatifs et la mauvaise foi d’un commerçant qui vous regard de haut en estimant que votre production ne se vend pas et d’une certaine manière, qu’elle fait tâche dans sa boutique ? Il y a 12 ans déjà, lorsque j’avais placé chez lui le beau-livre « De Verviers et d’ailleurs » il avait rangé la caisse fermée sous une table et deux mois plus tard, cette caisse était toujours là, fermée. Donc, il acceptait le dépôt, mais refusait de vendre ? Tandis que le commerçant voisin avait vendu plus de 120 exemplaires !

 

           Certes, le temps avait passé et je me suis dit que, peut-être, il avait changé et qu’avec la sortie des deux romans cela serait différent. Que nenni. En il avait pris 6 exemplaires de « La Lignée Dorval », il en a vendu 1, qu’on lui a demandé, m’a-t-il dit (et je sais qui fut l’acheteur, puisque c’est moi qui lui avais conseillé d’aller là). Seulement voilà, il avait placé les livres sur les rayons vides, situés au niveau du sol, invisibles pour le public, à deux endroits différents, sans doute pour donner illusion d’une boutique bien fournie. Déduction faite, il accepte les dépôts des productions locales pour remplir ces rayons où jamais personne n’ira ramper sur le sol pour choisir un livre. Et pompon, il a le culot de lancer « que le livre ne se vend pas ». Ce à quoi, je lui rétorque que c’est lui qui n’en vend pas (ou plutôt qu’il ne veut pas en vendre), puisque son conçurent située à 100 mètres, l’expose aux yeux des clients et il m’a demandé à trois reprises de le réapprovisionner. Qu’il s’en vend aussi à Theux, à Battice, à Herve, à Visé, à Huy, à Liège, à Namur, à Bastogne… Renfrogné derrière son comptoir, avec dédain il me rend les 5 exemplaires de « La lignée Dorval », puis il suggère de lui laisser 1 exemplaire de « Gâteaux de lune » ; Autant dire qu’il n’en veut pas. « Qui a édité ? Vous ». Sous-entendu un produit médiocre qu’il cachera également dans les rayons du bas. Conclusion… Eh ben non, je ne laisse rien !

 

           Vendredi 1er janvier

           Ce matin, via ma page Facebook, j’ai reçu une volée de bois verts de la part d’une personne anonyme, qui pointa du doigts deux erreurs ortographiques concernant un message de bonne fin d’année. Je ne nie pas les erreurs, mais c’est le ton dénigrant qui dévoile les intentions de nuire.

 

           Je sais que je suis un lamentable écrivailleur distrait qui ne voit pas ses fautes quand je modifie et remodifie à l’en-vi un texte de manière à trouver la musique qui plait à mes oreilles, laissant ainsi en rade les accords nécessaires pour poursuivre mon idée. Je sais aussi que ce défaut est un fameux handicap dans le milieu des Lettres. Néanmoins, en principe tout texte édidé par n’importe lequel des éditeurs, petit ou grand, passe sous le regard minimum d’un correcteur. Et c’est bien ce que je fais lorque je publie un texte, celui-ci est d’abord lu par des lecteurs et il passe ensuite chez un correcteur.

 

           Sans vouloir dédouaner mes lacunes, venant d’où je viens, je peux vous dire que personne ne pourrait presque y croire ! Toute proportion gardée, je suis comme nombres de poètes des pays lointain qui ont une culture orale, mais qui sont dans l’incapacité de transcrire ce qu’ils viennent de déclamer ou de chanter. Pour ma part, je parviens quand même à coucher mes idées sur papier sans trop de difficulté, en travaillant et retravaillant le texte bien entendu, mais je dois batailler contre mes démons, qu’ils soient ortographiques, dislexiques et la distratction. Pour sûr, mes textes sont rédigés de ma propre main et non d’une secrétaire qui les transcrit en écoutant un dictaphone. « Je ne vais pas vous suggérer de prendre un nègre, m’a dit un jour un éditeur, vous avez la capacité de rédiger vos textes. Ce qui compte, c’est le contenu, la musique qui s’y dégage, pas vos fautes qui se corrigent. » D’ailleurs, un auteur populaire édité dans les plus grandes maisons d’édition n’a jamais caché ses lacunes ; Mais lui, il il est un descendant d’une famille respectable dans le milieu des Lettres parisiennes.

 

 

2020

           Mercredi 30 décembre

            Comme un cadeau de fin d’année… ! Hier arrivaient les exemplaires du roman Gâteaux de lune et ce jour la Sabam a versé la bourse d’aide à l’édition, au moment où j’expédiais par voie postale les exemplaires destinés à la presse. J’espère que celle-ci sera plus généreuse avec la sortie de ce roman, car on ne peut pas dire qu’elle a été attentive à la sortie de La lignée Dorval. Oh, il ne faut pas avoir le QI d’Einstein pour en deviner la raison ; Il n’y a que les hypocrites qui refusent d’admettre les aprioris négatifs. Et il n’est pas bon de donner ouvertement la cause, au risque de recevoir une volée de bois verts, être accusé d’un délirant complotiste. Peut-être qu’avec le roman Gâteaux de lune, un texte qui ne pèche pas d’avoir été victime d’un pillage, soutenu par une société bien connue par les artistes, que les omnipotents critiques n’y trouveront pas une bonne raison de le bouder.

 

           Mercredi 23 décembre

           En ces temps qui courent, dans cette région du monde, il n'y a malheureusement pas qu'un seul virus qui nous frappe - certes moins dangereux que le Covid 19 - il y en a d'autres qui viennent nécroser le langage quotidien. Il y a le "clik & collect", le free shop", le "take away", "home office" et bien d’autres raccourcis anglais qui ont leur équivalent dans la langue française. Serait-ce la paresse de devoir prononcer une syllabe ou deux en plus ? On encore serait-ce tout simplement cette vielle école de l’internationalisation à-tout-va, alors que le courant pousse plutôt à revenir au bercail, sans pour autant promouvoir le repli sur soi prôné par les extrêmes politiques.    

           Actuellement, il y a le slogan « Lisez-vous le belge » afin de pour promouvoir les Lettres francophones. Je crois qu'il serait aussi utile de lancer le slogan "le franglais discrimine", puisqu'il fracture et ne permet plus à tous de comprendre ce yaourt langagier. Le courrier publicitaire en provenance des banques, les séminaires et autres réunions d’entreprises sont devenus à moitié incompréhensibles tant ils sont truffés d’un d’anglicisme. Et la contamination touche aussi la presse, au point que les présentateurs du Journal Télévisé finissent par oublier qu’il existe les équivalents dans la langue française. La modernité n’est pas celle de suivre des modes réductrices qui passent et qui bien souvent affaiblissent un savoir.

 

           Jeudi 10 décembre

           Je ne vais pas tout dévoiler, mais je viens officiellement de remettre au cabinet du Ministre de la Culture, une proposition de modification, ou plutôt une adaptation de manière à coller à la réalité éditoriale actuelle, aux petites structures reconnues avec un numéro d’éditeur et qui respectent les conditions de choix littéraire, de qualité de l’ouvrage et de diffusion. Cela concerne spécifiquement deux points de la charte établissant ce que doivent être des éditeurs professionnels et la diffusion des livres ; Des règles actuellement établies par la Fédération Wallonie-Bruxelles qui ne sont plus dans l’aire de l’Internet, mais encore de la proximité et de la demande des clients auprès des libraires. Un artisanat littéraire en somme, un auto-entrepreneur, un auteur à la fois éditeur et le circuit court, qui fournit directement le libraire, étant donné que les diffuseurs-distributeurs existants verrouillent leurs portes. Simplement permettre au petit d’exister en dehors de cette chaîne du Livre vieillissante mise en place après la seconde guerre mondiale.

 

             Samedi 5 décembre

           Jamais content me direz-vous… ! Deux mois et demi après avoir remis au médias nationaux 30 exemplaires du roman La lignée Dorval et des centaines de courriels et autres messages via les sites sociaux à destination des personnes susceptibles d’en faire écho, voilà un article sur un quotidien locale. Pas une critique littéraire ! Pensez bien… Juste l’annonce qu’un écrivain du coin a écrit et publié un bouquin qui raconte une saga familiale qui traverse la Belgique. Et que dire de son emplacement, dans la rubrique d’un village, comme si on annonçait la découverte d’une vache crevée dans la prairie d’un fermier ! La rédaction a fait le choix de réduire ce roman qui conte l’Histoire de la Belgique à un évènement mineur et ultra local, comme si seuls les habitants de ce village étaient concernés. Vous exprimez mon incompréhension devant ce mépris est peux dire ! Puisque dans le même temps, le roman est présenté dans la librairie Wallonie Bruxelles à Paris en face du Centre Pompidou. Et sur base d’une sélection, dans la cadre de Sabam For Culture, la Société des droits d’auteurs accorde une bourse à l’édition pour publier un second roman intitulé Gâteaux de lune.

 

           Dimanche 22 novembre

           Maintenant, les conneries cela suffit ! Comment les grands spécialistes en virologie et autres stratèges complotistes qui répandent leur savoir anxiogène sur les sites sociaux peuvent contester la nécessité de respecter un minimum les conseils sanitaires émis par les Centres de Santés Publics, puisque même confiné chez soi, en respectant la distanciation sociale avec un masque et un gel hydroalcoolique, en allant une fois sur quinze jours faire ses emplettes au supermarché et la boulangerie, on se choppe quand même le virus ? Dans ces conditions, qui peut encore prôner la méthode Suédoise, c'est-à-dire de faire comme si de rien n’était. Imaginez un peu le nombre de gens infectés qui se retrouveraient alors amassés dans les couloirs des hôpitaux sans pouvoir être soignés.

 

           Comment, avec un minimum d’intelligence on peut en arriver à cette conclusion, celle de relayer une propagande qui incite à braver toutes les consignes sanitaires et de bon sens, juste pour paraître un intellectuel intelligent et opposé à toute idée de réduire, je dis bien réduire, son champ de liberté afin de tenter de protéger ne fut-ce que soi-même et son voisin. Selon moi, quand la protestation met en danger la santé publique de toute une population, elle est une forme lavée d’un génocide qui ne dit pas son nom, puisqu’elle planifie consciemment la probable létalité d’un nombre de personnes répertoriées comme fragiles.

 

           Bien sûr, on ne reste pas non plus indifférent à la fragilité psychologique et au suicide ! On ne va tout de même pas s’amuser à échafauder des hypothèses, avec un hypothétique décompte de morts du Covid19 et des suicides, si telle ou telle méthode était appliquée pour tenter d’enrayer la pandémie. Il faut rester humble, se dire que de toute manière il y a (aurait) des victimes d’un côté comme de l’autre, que dans l’attente d’un remède, personne n’a encore la solution miracle pour faire face à la hauteur du drame. Puis que dire sur l’utilité d’une économie ? Elle n’est qu’un désert sans la vie derrière pour la faire tourner.

 

           Samedi 21 novembre

           Peut-on me reprocher ce quelque chose qui expliquerait que, même dans ma propre région, ma propre ville, il y a comme une volonté de passer sous silence l'existence d'un roman, dont le champ d'action se passe pour grande partie à Verviers ?

           Ai-je eu le tort par exemple de ne pas épargner la gestion de la ville depuis les années 1970, ou de décrire le théâtre qui tombe en ruine ? Aurais-je dû mentir, embellir la vérité, en faire une description artificielle pour plaire à l'establishment ? Il semblerait que désormais, il n'est pas de bon ton de relater ce qui saute aux yeux, car il faut positiver, dire que tout va bien, puisqu'il y aurait quand même du positif à défendre. Aimer sa ville et son pays c'est aussi pouvoir dire ce qu'il ne va pas !

           Personne ne peut prétendre que je n'aime pas cette ville en désuétude ? En 2008, j'y ai consacré un livre de photos "De Verviers et d'ailleurs". Une déclaration d'amour fut-il écrit. Dans un recueil de poésie édité cette année, j'y consacre aussi un poème dans lequel je déclame ma tristesse.

           Un dicton dit que lorsqu'on veut se débarrasser de son chien qui aboie de trop, on l'accuse d'avoir la gale.

 

           Lundi 16 novembre

           Pour info... La procédure judiciaire pour plagiat de mon roman La lignée Dorval entamée en juin 2013 est toujours en cours, à la cour de cassation (enfin en principe), car je ne nous vous raconte pas la pantomime avec un avocat payé 2500 euros et qui ne s'est pas présenté à l'audience fixée en 2018 (par conséquent une faute professionnelle), ce qui a permis à la partie adverse de demander la radiation du pourvoi. J'espère que la procédure a pu être réinscrite comme la loi l'autorise (le délai arrive à son terme)... ! Je dis bien j'espère, puisque c'est le silence radio de la part de cet avocat. Ma confiance est très limitée, pour ne pas dire nulle !

Pourtant, en 2018 il avait bien déposé le pourvoi à la cour de cassation ! Ci-dessous : Extrait:

 

1° Alors que le défaut de réponse à conclusions équivaut à un défaut de motifs ; qu'en jugeant que la contrefaçon n'était pas démontrée, sans répondre aux conclusions de M. Janssen selon lesquelles la SA Grasset et Fasquelle, en lui reprochant d'avoir manipulé les données du tableau comparatif des deux ouvrages pour en provoquer artificiellement la concordance, avait nécessairement, mais implicitement reconnu que cette concordance était réelle, la cour d'appel a violé l'article 455 du Code de procédure civile;

 

2° Alors que le juge est tenu de ne pas dénaturer les conclusions des parties ; qu'en l'espèce, pour rejeter la demande de M. Janssen fondée sur la concurrence déloyale et le parasitisme, l'arrêt affirme que « l'idée d'un personnage qui parcourt l'histoire est déjà présente dans de nombreuses œuvres littéraires et cinématographiques et son utilisation ne peut faire l'objet d'une appropriation, que ce soit à travers le droit d'auteur ou par le biais d'une action en concurrence déloyale et parasitaire» ; qu'en statuant ainsi alors que Monsieur Y..., au terme de ses conclusions d'appel, reprochait aux défendeurs des appropriations bien plus précises, écrivant que« Nous sommes dans des contextes romanesques identiques, un lieu identique, le même opéra... Les héros évoluent dans le même décorum, avec aussi une mère sur la scène, au cours de la même représentation théâtrale. Le développement, la structure et les descriptions sont les mêmes, et énième coïncidence, la scène se finalise par un quatrain... ! », la Cour d'appel a dénaturé lesdites;

 

3° Alors que la condamnation pour procédure abusive ne peut être fondée sur le comportement adopté par une partie en-dehors de la procédure et indépendamment d'elle ; qu'en condamnant M. Janssen à verser 3000 euros à titre de dommages et intérêts à la SA Grasset et Fasquelle et à M. Roegiers au motif qu'il avait été « à l'initiative de multiples articles publiés dans la presse », la cour d'appel a violé l'article 32-1 du Code de procédure civile par fausse application.

 

I. - Dans ses dernières conclusions d'appel (page 8), M. Janssen démontre que la société Grasset et Fasquelle a implicitement reconnu les similitudes entre les textes La lignée Dorval et Le bonheur des Belges. En effet, dans ses propres écritures, l'éditeur porte contre M. Janssen l'accusation d'avoir manipulé son texte pour le faire ressembler à celui de M. Roegiers. Cette accusation est infondée, mais elle est révélatrice. En accusant M. Janssen d'avoir maquillé l'une des colonnes du tableau comparatif pour aboutir à des ressemblances, l'éditeur admet que ressemblance il y a.

Dès lors, M. Janssen pouvait conclure « [... ] à partir du moment où il n'est pas contesté que les éléments avancés par le concluant résultent de son œuvre et concordent, de manière flagrante, avec le texte de M. Roegiers, qui lui est postérieur, la contrefaçon est reconnue implicitement, mais certainement ».

En jugeant que la contrefaçon n'était pas démontrée, tout en laissant les conclusions de M. Janssen sans réponse sur ce point, la cour d'appel a violé l'article 455 du Code de procédure civile. La cassation est encourue de ce chef.

 

II. Pour rejeter la demande de M. Janssen fondée sur la concurrence déloyale et le parasitisme, l'arrêt affirme que « l'idée d'un personnage qui parcourt l'histoire est déjà présente dans de nombreuses œuvres littéraires et cinématographiques et son utilisation ne peut faire l'objet d'une appropriation, que ce soit à travers le droit d'auteur ou par le biais d'une action en concurrence déloyale et parasitaire ».

Ce disant, la cour d'appel prête à M. Janssen des arguments qui n'ont jamais été les siens. S'il est évident que le concept très vague de « personnage qui parcourt l'histoire » ne peut faire l'objet d'aucune protection, M. Janssen faisait état de reprises beaucoup plus précises. À la page 26 de ses dernières conclusions, il écrit ainsi :

« Nous sommes dans des contextes romanesques identiques, un lieu identique, le même opéra... Les héros évoluent dans le même décorum, avec aussi une mère sur la scène, au cours de la même représentation théâtrale. Le développement, la structure et les descriptions sont les mêmes, et énième coïncidence, la scène se finalise par un quatrain... ! ».

En reformulant l'argumentation de M. Janssen pour la priver de tout caractère sérieux, la cour d'appel a dénaturé ses conclusions et, ce faisant, méconnu les termes du litige, en violation des dispositions de l'article 4 du Code de procédure civile. La cassation est à nouveau encourue.

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           Donc voilà, plus de langue de bois... Je peste, je réclame à corps et cri la vraie Justice, pas celle des copains qui protègent une institution éditoriale de Paris, laquelle fut, peu avant ma procédure, condamnée 3 fois pour plagiat et malfaçon.

          

           Oui, je n'ai pas peur de le dire, je suis 3 fois victimes, en premier lieu suite au plagiat, en second lieu suite au refus d'éditeurs craignant de publier ce texte, puis suite au mépris d'une classe qui refuse de reconnaitre et de faire écho de l'existence de ce roman.

 

           Jeudi 12 novembre

           Quand des intellectuels, comme par exemple des gens de Lettres, se hissent au haut de l’échelle avec la prétention de rejoindre une élite politique et sociale qui ne comprend plus les appels des gens d’en bas, il y a de quoi s’inquiéter sur la démocratie. Il y a peu, il se disait que les informations étaient trop confuses, trop complexes, trop compliquées pour que la population puisse respecter les consignes. Aujourd’hui, alors que le message est descendu au niveau du peuple, certes avec une apparence infantile, il est dénigré par ceux qui ne semblent pas saisir le second degré et l’humour qui s’y cache. Et même si les trois-quarts du pays ne fêtent pas la Saint-Nicolas, parce que « gnagnagna »… Et alors ! Ne faut-il pas avoir un esprit chagrin pour tout mettre à plat de manière à réduire en cendre ce que nous sommes, d’où nous venons ? L’infantilisation ou le paternalisme ne vient pas d’un discours aux accents naïfs adressé à Saint-Nicolas. Si le peuple, à l’abord instruit, n’est plus apte à saisir de cette nuance et cette subtilité destinées à « souder l’équipe » afin de sortir ensemble du cauchemar, il y a vraiment de quoi d’espérer.

 

           Dimanche 8 novembre

           Hier je regardais l’interview de ce médecin français prénommé Raoul et je me suis dit que sous ses airs d’honnête homme, par ses déclarations souvent un rien alambiquées, il alimentait les idées des complotistes. Je veux bien admettre que la principale transmission du virus Covid19 se fait par le biais des mains ! Mais comment les particules de ce virus arrivent-ils là, si ce n’est qu’en provenance de la bouche, du nez et même par les selles au moment de tirer la chasse d’eau ? Donc, lui, le symbole mondial de la contestation, l’argument favori des antis-masques, pourquoi ne le dit-il pas haut et fort afin de mettre un peu la pendule à l’heure ? D’autant plus qu’il admet qu’en milieu hospitalier l’usage du masque est obligatoire pour éviter la contamination et qu’un confinement strict serait la meilleure solution pour réduire la propagation et les effets dévastateurs de plusieurs vagues. Dès lors, la faille laissée ouvertes par ce bonhomme permet aux négationnistes d’accuser les États de vouloir réduire et contrôler les libertés. Du coup, quoi que peuvent prétendre ceux qui s’obstinent à nier les nécessités sanitaires, leur comportement influencent directement la courbe des contaminations. Et estimer que les médias sont désormais à la botte du pouvoir pour manipuler le peuple afin de le brider, me semble plus proche d’un délire collectif que celui de la raison.

 

           Samedi 7 novembre

           Avec les élections aux États-Unis, on se rend compte que le déni peut faire dire des horreurs comme celui de suggérer de planter une tête au-dessus d’un pic, de tordre la vérité pour démontrer qu’il y a un complot incluant toute la presse afin de voler la victoire. Et quand un présentateur afro-américain fond en larme à l’annonce du résultat des élections, voilà que déferle l’accusation de partisannerie des médias, accusés de presse d’opinion et non d’information. Mais dans quel pays existe-t-il une presse à l’étendue nationale qui n’est pas d’opinion ? Même les magazines en papier glacé le sont sans en avoir l’air ; il suffit de comptabiliser le nombre d’articles consacrés à l’un ou l’autre personnage ayant une préférence politique pour obtenir la réponse. Puis pour finir, depuis toujours aux États-Unis c’est la presse qui récolte les résultats électoraux de chaque État et qui est chargée d’annoncer le nom du nouveau Président. Alors les critiques accusant la presse de désigner le vainqueur ne sont pas du tout fondées, puisque les rédactions ne font que relayer les dépouillements transmis par les États.

 

           Vendredi 6 novembre

           Alors que les États-Unis attentent depuis 3 jours le résultat des élections présidentielles, dans son petit fief situé au beau milieu de l’Europe, la Belgique touchée de plein fouet par le Covid19, comptabilise le nombre de personne contaminée et décédée. Chacun retient son souffle dans l’espoir de ne pas être le suivant inscrit sur la triste liste. Le plus affligeant est des constater que malgré les preuves de la propagation du virus, alors que chacun connait l’une ou l’autre victime, un nombre croissant de gens poursuivent leur propagande en faveur de la liberté de circuler sans protection en s’enfonçant dans le déni. Bien sûr, on peut admettre que l’industrie de la Culture souffre, par contre prétendre que dans le sens de la création la Culture est étouffée et privée de ses voix, ce n’est pas très honnête. Que je sache, on interdit toujours personnes de critiquer le système ! Et puis, que vaut-il mieux, un artiste en mode d’attente, avec toutes les difficultés, ou un artiste décédé à cause du virus ? Oui, il y en a bien des morts et les rêveurs d’un autre monde ne seront plus là au moment de la libération pour enchanter un public moins nombreux, puisque celui-ci aura aussi disparu du plancher des vaches. Se sauver les uns les autres, voilà la perspective à tenir, quitte à accepter momentanément de vivre autrement. Mais voilà, ce n’est que mon opinion.

 

           Lundi 2 novembre

           Demain, élections aux États-Unis et je m’interroge toujours sur la notion de la prétendue et célèbre grande démocratie, avec ce système des grands électeurs. Il me semble que la clef n’est pas dans les mains du peuple, puisque ce n’est pas celui qui obtient le plus de suffrage en provenance des bureaux de vote qui est élu. Si au début du siècle passé ce système se justifiait, étant donné que tout le monde ne savait pas ou ne pouvait pas voter, compte tenu de l’éloignement d’un bon nombre d’habitants, il est aujourd’hui insensé de maintenir ce système. D’autant plus que celui-ci est désormais manipulé pour empêcher une catégorie de gens d’accéder aux bureaux de vote ! Dans les 3 ou 4 Etats comptant le plus grand nombre de grands électeurs, les villes à majorité blanche acquises au Républicain ouvrent souvent 2 à 3 fois plus de bureau de vote que dans les cités à majorité noire, laquelle se trouve privée de voter, faute de pouvoir accéder aux urnes. Cette pratique est une fraude organisée pour favoriser un candidat. Et que dire des propagandes mensongères des uns et des autres qui suintent les pratiques mafieuses. Non, je ne suis absolument pas en admiration devant cette forme de politique spectacle, du fric et du bisness qui cachent une tout autre réalité, celle du petit peuple en difficulté.

 

           Dimanche 1er novembre

           C’est la première fois qu’en ce jour de la Toussaint, je ne me rends pas sur la tombe de mes parents ! Oh, il m’arrive parfois de leur rendre visite pour tailler une bavette, leur dire que je ne les oublie pas, pour leur conter mes bobos et mes déceptions, comme je le faisais du temps de leur vivant ! Certes, ils ne me répondent jamais… J’ai souvenance que ma maman me disait toujours que malheureusement elle n’avait aucun moyen de m’aider dans mes affaires, ni par relation ni financier, juste le désir de me soutenir. Quant à mon père il ne me disait rien, tout aussi impuissant. L’un et l’autre était peu au fait de la culture littéraire, même si un jour quelqu’un leur avait dit que mes textes n’étaient pas à jeter au panier. Bref, ils espéraient bien que la chance finisse par m’arriver ! Puis plus tard, quand ils sont partis là-haut, ils en ont profité pour voir s’il y avait une personne capable de me débarrasser de la guigne qui me poursuit depuis mon adolescence. Faut croire qu’ils ne rencontrent toujours personne, rien n’a changé !

 

           Samedi 31 octobre

           N'ayons pas peur des mots, La lignée Dorval est L'UN des grands et excellents romans de cette année en Belgique, écrit en 2010, mais scandaleusement ignoré par une bonne partie de ceux qui devraient faire honnêtement leur boulot en faveur de la seule littérature. Et celui qui me jettera la pierre parce que je défends mon travail ne sera pas digne d'intérêt.

           Car accuse-t-on les fabricants de poudre à lessiver d'être immodeste lorsqu'ils disent que leur produit est le meilleur sur le marché ? Certes, me désirez-vous, il ne faut pas tout mélanger, mais pourquoi un auteur ne pourrait-il pas estimer avoir commis un bon roman, sans être qualifié de vaniteux ? Car il y a bien plus hypocrite, comme la fausse modestie avec l'espoir de se voir tresser des lauriers.

 

           Mercredi 28 octobre

           Ce n’est pas une critique, mais un petit rappel à ceux qui l’ont oublié… ! L’éthique du journalisme devrait être celle de toujours se mettre en quête de la vérité, tout au moins la plus proche possible, ce qui peut parfois remettre les pendules à l’heure ! L’honnêteté intellectuelle devrait surtout être la règle, conserver son libre arbitre et non se contenter de rédiger, même de recopier un article complaisant selon les influences ou les indications d’un agent de presse avec lequel il entretient depuis longtemps des relations professionnelles. Il ne devrait pas, en principe, lui offrir systématiquement la primeur de la promotion, bien souvent au détriment d’autres œuvres qu’il s’empresse d’ignorer, faute de temps dira-t-il pour s’excuser. La saine curiosité est une valeur qui devrait caractériser ce métier, sans jamais y avoir un apriori négatif sur l’identité d’un inconnu repris sur une œuvre, fut-ce même si celle-ci réveille une controverse. C’est à ce moment-là que doit entrer en jeu l’impartialité nécessaire à la bonne santé de la vraie presse au service de l’information, de la critique, de l’investigation, loin de celle du copinage, de l’industrie, du donnant-donnant ou de son intérêt personnel. Aller au-delà des apparences. Sinon, il y a conflit d’intérêt et une coupable partialité.

 

           Samedi 24 octobre

           On ne va pas se mentir, on peut être un héritier du siècle des Lumières, sans pour autant en être une, en particulier lorsqu’il s’agit de la science médicale ! Cela dit, on peut quand même avoir un peu de bon sens. Instruction ne veut pas dire intelligence et inversement. Il y a des domaines dans lesquels on ne peut pas forcément avoir toujours un avis, quel qu’il soit. Bien souvent, la partialité aboutit à des réflexions tronquées, loin de la réalité des événements devant lesquels on ne peut que tenter l’impossible. On peut comprendre les déceptions des uns et des autres, la crainte de voir toute une vie de son travail s’avanouir. Mais que vaut-il mieux, la ruine ou la vie ? Voilà le choix devant lequel aujourd’hui on est confronté.

 

           On sait que nombres de personnes sont prêtes à jouer à la roulette russe pour grapiller quelques sous. Comme l’écrivit La Fontaine dans sa fable : « Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés. » Si la médecine d’hier n’est pas celle d’aujourd’hui, tout comme les mœurs de la société, comparaison n’est pas raison. Idem pour le nombre de décès à la suite d’accidents de la route, du cancer et autres maladies non transmissibles, non contagieuses. La propagande et les faux arguments font exception à la règle, surtout quand il s’agit de déni, de possible complot, de supputation et de probable manipulation, en particulier quand les sources et les avis divergent, faute de ne pas connaître une solution devant un phénomène inconnu. On peut dire que ce virus chinois a bon dos pour permettre aux uns et aux autres d’échafauder le pire des scénarios politique.

 

           Qu’importe, dit-on, s’il y a des morts, puisque c’est la vie de s’en aller un jour bouffer les pissenlits par la racine. Même si malheureusement c’est un peu plus tôt que prévu, faut bien y passer, en espérant surtout que cela soit d’abord son voisin. Puis que diable, dans ce cas-là, vive les économies, cela permettra d’assurer le paiement ma pension ; ce n’est pas négligeable. D’autant plus qu’on n’est pas non plus des bêtes sauvages et égoïstes, la pratique médicale permet désormais de réduire le nombre de décès, alors, que signifie cette poignée de gens au préalable fragiles ne résistant pas à « cette forte grippe », de toute manière ils allaient rendre leur âme à Dieu. Par conséquent, on ne va pas arrêter de vivre pour ces quelques vies sacrifiées, puisque pour ma part je crois pouvoir y échapper, je suis invincible, certes peut-être contaminé, à la fois contaminateur, mais pas en danger, alors, alors…

 

           Et puis, dites donc, je suis encore moins égoïste, je pense à mes enfants qui subissent ces restrictions, car soyons de bon compte, ils sont les victimes de la mort de ces vieux qui partent certes trop tôt. Mais que voulez-vous, place aux jeunes ! Vivons à 1000 à l’heure, allons le plus loin possible avec insouciance, le temps est compté, tant pis pour celui qui me croisera et, si je me pète la gueule contre un arbre ou sous un respirateur, salut les amis, j’aurai bien vécu.

 

Seulement voilà, il n’y a pas que les jeunes qui balancent la sagesse par-dessus leurs épaules. Tralala, bas les masques, à 70 ans ont fait la fête, on ripaille, on tape les cartes, on danse joue contre joue et advienne que pourra. Résultat, croyant entrer direct au paradis grâce à une vie bien vécue, Saint-Pierre leur indique l’enfers ou le purgatoire.

 

           Peut-être est-ce de ma part une réflexion de « vieux », mais je pense à mes parents alors âgés de 9 ou 10 ans, à mes grands-parents, qui durant 5 ans, le soir venu devaient occulter les fenêtres avec du papier journal pour que l’aviation allemande ne puisse pas avoir de repère, s’éclairer à la bougie, écouter clandestinement la radio avec l’oreille collée au diffuseur par peur d’être pris en flagrant délit par la gestapo. Puis passé des heures dans une cave, la peur au ventre quand ils entendaient l’aviation allemande raser le toit des maisons et les bombes qui éclataient ci et là. Comparaison n’est pas raison, ai-je écrit ci-dessus ! Pourtant, je me pose vraiment la question de savoir comment on peut dire aujourd’hui que l’on sacrifie la jeunesse pour protéger tout le monde, les anciens, avec le port d’un masque, un couvre-feu temporaire, un confinement chez soi avec un Internet, Smartphone, PC, TV, Netflix, etc… ? N’y a-t-il pas le dépassement d’une indécence à estimer que la vie, ne fut-ce que d’un seul être humain, ne justifie pas un effort collectif ?

 

           Mardi 20 octobre

           Lettre ouverte, suite à une réponse du Service Général des Lettres et du Livres de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

 

           Votre réponse est discriminatoire, puisque même si vous prétendez ne pas juger de la qualité littéraire du texte, vous le laissez sous-entendre en mettant en cause la partie éditoriale autre que celle établie selon vos critères de sélection et qui selon vous n’est pas digne de figurer dans le tableau national de la littérature.

 

           En fait, vous faites fi du contenu, de sa qualité, du respect éditorial et de sa diffusion dans les librairies indépendantes ; Car ces derniers sont heureusement moins restrictifs que votre administration, puisque la plupart d’entre eux a ouvert leurs tables.

 

           Votre veto est indigne du rôle que vous prétendez tenir pour promouvoir la littérature de ce pays, qu’elle soit à compte d’éditeur ou que l’auteur lui-même crée sa propre structure éditoriale avec un numéro d’éditeur, en respectant toutes les conditions de qualité éditoriale exigée. Vous ne répondez que sur l’impact financier du monde éditorial. Vous affichez « Promotion des Lettres Belges », alors que vous faites d’abord la promotion de l’industrie qui tourne autour de l’auteur. Moi je vous parle LITTÉRATURE !!!!! Promotion des Lettres !!!  Et malgré tout avec moi, les libraires belges, l’imprimeur de Charleroi (Crousse Graphic), Bpost ont aussi leur part. Dans mon cas, je n’enrichis pas l’industrie française, ce que vous faites à longueur d’années.

 

           Et ce n’est pas faute d’avoir cherché un diffuseur pour le placement en librairie ; Ils ont tous refusés, n’ont pas en raison de la qualité du texte, mais parce qu’il s’agissait actuellement d’un seul ouvrage. Alors s’ils ne veulent pas prendre leur part du gâteau, c’est leur choix, mais ne venez pas me le reprocher et m’exclure face à la décision de ces commerçants.

 

           Et que dire d’un agent de presse spécialisé en littérature qui, après avoir laisser entendre faire la promotion de ce titre, au bout de trois semaines, de me dire « qu’il ne peut pas prendre le risque de perdre ses clients », et je cite : « Les maisons d’édition qui me font vivre, qui remplissent mon frigo pour nourrir mes enfants… Je suis maqué par les éditeurs avec qui j’ai un contrat » Oui le mot « maqué » !!! Autant dire qu’on lui a interdit de faire la promotion de mon travail. Et un ami journaliste (sportif) de me signaler qu’il ne trouve personne dans une rédaction qui accepte de jouer le rôle d’agent de presse. Là aussi c’est leur choix de ne pas accepter 1500 euros pour le travail.

 

           Santana éditeur a un numéro d’éditeur qui n’est pas moins valable qu’un autre ! Pour vous, il y a donc deux sortes d’éditeurs, ceux qui méritent toute votre attention et les autres, négligeables, à reléguer aux oubliettes, malgré un tirage à 300 exemplaires, référencé à la Banque du Livre, diffusé dans les librairies de Wallonie et Bruxelles avec remise de 30%, de 40 % à la Fnac (voir liste ci-dessous), 30 exemplaires remis aux médias nationaux (journaux, revues, radio, TV), site internet et sites sociaux pour la promotion. Et le mépris de certains libraires et même le silence des médias est peut-être bien dû aussi à votre refus de référencer cette édition, à nier son existence.

 

           Je conteste votre position… ! Vous participez à anéantir 10 ans de travail nécessaires pour écrire un texte qui traverse l’Histoire de ce pays, vous participez à discréditer une œuvre qui vaut bien des dizaines d’autres que vous soutenez aveuglement sans connaître leur contenu, sous prétexte d’une édition à compte d’éditeur. Quand Hubert Nyssen (auteur que j’apprécie) publiait ses textes dans sa structure Acte Sud, vous ne lui avez pas fermé la porte. Le principe est identique. La Fédération ferme-t-elle aussi la porte aux frères Dardenne parce que leurs films sont autoproduits par leur propre structure Les Film du Fleuve ? Non. Alors pourquoi cette différence quand il s’agit de l’édition d’un livre ? Oui, j’accuse : Discrimination.

 

           Ayez donc un peu la dignité de prendre connaissance de ce travail qui n’a eu qu’un seul objectif, celui de dresser avec amour et critique le portrait de mon pays, texte achevé et déposé à la Sabam en 2010, présenté à des éditeurs, donc bien avant la parution d’autres textes qui n’ont fait que reprendre la route que j’avais dressée (dit par un éditeur), pour ne pas dire plus…  Permettrez-moi d’exprimer ma colère, mon indignation, ma tristesse… Vous excluez avec partialité et aveuglément une publication sur base d’un préjugé négatif, administratif, un apriori qui serait susceptible de porter préjudice à la réputation des Lettres Belges. Vous faites fausse route.

 

Liste des librairies :

Aywaille

La Montagne sauvage

Bastogne

Croisy

Battice

Boutique du Centre

Brugge

De Reyghere Boekhandel

Bruxelles

Fnac Toison d’Or

Bruxelles

Tropismes

Charleroi

Fnac

Charleroi

Librairie Molière

Herve

L’tits bouquins

Huy

La Dérive

Libramont

Le temps de lire

Liège

Fnac

Liège

Livres aux Trésors

Liège

Pax

Louvain la Neuve

Fnac

Malmedy

L’aventure

Marche-en-Famenne

Livre’s

Namur

Furet du Nord

Namur

Papyrus

Namur

Point Virgule

Neufchateau

L’Oxygène

Theux

De Perron

Verviers

La Traversée

Verviers

Les Augustins

Visé

L’oiseau lire

           Samedi 17 octobre

           Moi ceci, moi cela, moi tout savoir… Tous des génies de la gestion sanitaire, des lumières scientifiques sorti tout droit des universités du théâtre, du cinéma, des maisons d’éditions, de Facebook, d’Instagram ou de Twitter !

 

           Ce qui me sidère, c’est l’incrédulité d’un nombre croissant de personnes qui, face à la réalité de l’existence d’un tueur nommé Covid-19, poursuivent leurs thèses de désinformation en prônant une forme de résistance sous le fallacieux prétexte d’une privation de leur liberté ! Bien souvent, ces mêmes personnes contesteraient la désobéissance civile s’il s’agissait de défendre les plus démunis face à un gouvernement qui sape dans les revenus de remplacement au point de mettre les gens dans une précarité abyssale, au profit du libéralisme.

 

           En France aussi des énergumènes médiatisés enfoncés dans leur privilège social aiment ouvrir leur clapet pour défendre leur bisness au détriment de la raison collective. Au regard de leur statut, ces individus portent une responsabilité sur le déni grandissant comme une tâche d’huile ; laissant sous-entendre que les mesures prônées par un collectif sont stupides, inefficaces, sans la moindre raison scientifique. En réalité, des parasites de l’info qui se donnent de l’audience, tout en se faisant passer auprès de leurs courtisans pour des statisticiens, des puits de science en matière médicale et sociale. Des contributeurs aux thèses complotistes si chères aux extrêmes qui drainent un électorat favorable au chao et qui se complaint à une perpétuelle opposition dans le seul but d’exister.

 

           Jamais dans une société civilisée, à toute époque, la gestion d’une pandémie ne fut gérée de manière à laisser courir le virus au gré des écervelés, de ne pas dresser un frein pour tenter de l’endiguer. Il faut en arriver à ce siècle pour entendre dire que la liberté et l’économie est au-dessus de la santé publique, des jeunes comme des vieux. Ce qui ne veux pas dire que l’on ne comprend pas le désespoir des gens touchés par les restrictions et les fermetures. Mais faut-il laisser venir une hécatombe pour autant?

 

           Jeudi 15 octobre

Ah les chiffres des uns et des autres, ils s’accumulent et on leur fait dire ce que l’on veut, selon l’option choisie, c’est-à-dire « les pros » ou « les antis » masque ! Alors voilà, j’ai vu un tableau sur une page Facebook et il m’a fait dire tout de go que celui qui prétend que cela ne justifie pas les mesures de sécurité avait besoin de revoir sa copie. En effet, de nos jours en Belgique, tout comme les pays voisins, l'espérance de vie moyenne est de 80 à 81 ans (source ONU 2007). Et le tableau présenté indiquait que le taux de mortalité causé par le Covid-19 des personnes de 65 à 83 ans est de 40%. Donc il me semble tout bonnement impensable de minimiser la dangerosité de ce virus, de comparer ce chiffre avec celui de la simple grippe qui peut néanmoins se guérir, de prôner une immunisation collective avec ce truc que personne ne connait le remède, ni la solution ; sauf celui de jouer à la roulette russe et de se dire que « advienne que pourra » pour les vieux. C’est ruiner cette espérance de cette vie acquise. Abominable position. Une société qui table sur l’avenir en ayant dans les yeux que des chiffres, du fric et le bisness est voué à disparaitre sous le poids de son égoïsme et son inhumanité.

 

           Dimanche 4 octobre

           L’injustice n’a aucune limite… Suite à la publication de mon roman La lignée Dorval, il m’est venu d’un internaute le lien vers un article de journal qui avait été écrit au moment de mon accusation pour plagiat. Et je relis « que parce que mon roman n’avait pas trouvé un éditeur, que parce qu’il avait seulement était déposé à la Société des droits d’auteur (Sabam), eh ben que je n’avais aucune légitimité à accuser un écrivain, ni son éditeur (qui l’avait reçu 2 ans plus tôt) d’avoir pillé mon texte pour en faire un prétendu chef-d’œuvre. »

           C’est dingue de constater qu’un journaliste peu sombrer dans la malhonnêteté intellectuelle pour défendre un bonhomme intégré dans ce petit milieu littéraire qu’il croit appartenir. Il n’est qu’un valet. Et l’article ne s’arrête pas là, puisque pour lui, je suis un médiocre idiot n’ayant pas lu l’entièreté du livre commis par le voleur. Je me serais lancé dans une accusation sans fondement, juste pour sortir de l’anonymat. Quid de la réalité textuelle ! Car quiconque ayant lu mon texte- ce qu’il n’a pas fait - achevé en 2010, il lui suffit de lire le 4ème de couverture du texte sorti en 2012, pour comprend qu’il y a un souci.

           D’ailleurs, à la lecture complète du texte, un imbécile constate la malfaçon pour camoufler le plagiat. Il suffit de lire le premier chapitre de mon texte et les pages 60 à 75 de l’autre. Sans compter les cailloux parsemés ci et là comme le petit poucet !

           Tout fut détaillé dans le dossier d’accusation reprenant la partie fictionnelle de mon texte que l’on retrouve comme par magie dans l’autre. Mais bizarrement, le tribunal de Paris n’a rien vu, aveugle comme une taupe, une cécité qui suinte la partialité. Elle en devient évidente lorsque les deux jugements ne répondent jamais aux multiples éléments de plagiat présents dans le dossier, mais se contentent d’affirmer que l’Histoire de la Belgique ne m’appartient pas, point barre ; Ce que je ne n’ai jamais revendiqué bien sûr ! Il y a une telle complaisance envers celui qui a volé le travail d’un autre pour le compte d’un grand éditeur, que cela en devient indécent et malsain pour l’image de la Justice.

           Alors de grâce, ne me demandez jamais de me conformer, d’oublier parce que la vie est courte et que la santé est majeure, de poursuivre alors mon petit bonhomme de chemin en me contentant d’être quelques fois humilié par certains libraires, qui m’indiquent la porte de sortie lorsque je vais proposer, en dépôt, le fruit de mon travail que je publie moi-même, sans un support médiatique. Jamais.

 

           Jeudi 10 septembre

           Christian, la vérité n’est pas toujours bonne à dire, me dit-on souvent. La taire est pourtant une forme de complicité avec ceux qui ne veulent surtout pas qu’elle apparaisse au grand jour. Entre les deux, il y a l’omission ; dire sans dire, arranger le récit, occulter ce qui pourrait justement révéler cette vérité. Le but est de ne pas se retrouver sur le banc, exclus d’un petit monde qui tourne sur lui-même, qui s’attribue des privilèges, des prix, des récompenses, des subsides, des contrats, la notoriété. L’exemple éloquent est celui de ces académiciens qui ne pouvaient pas participer au concours organisé par l’Académie à laquelle ils étaient membres et qui, chaque année, chacun à leur tour, l’un d’entre eux se mettaient en congé pour pouvoir y participer et remporter le prix attribuer par leurs collègues.

 

           Est-ce une délation de révéler que lors de la publication d’un texte littéraire financé par l’auteur, qui respecte la charte de la qualité éditoriale, avec le tirage légal à 300 exemplaires, référencé à la Banque du Livre, l’information numérique via Internet et site sociaux, la remise des exemplaires à la presse pour la médiatisation, la présence du livre dans les librairies, un numéro d’éditeur attribué par la Bibliothèque Royale, le dépôt légal, etc, une revue littéraire éditée par la Communauté Wallonie-Bruxelles refuse de référencer l’ouvrage, ce qui pourrait permettre aux bibliothèques du pays et aux divers organismes de l’Education, d’être informé de la publication ? Mais non, une vraie discrimination, puisque le texte n’existe officiellement pas, donc pas de reconnaissance ni d’accès au réseau public. Une fois la protestation argumentée, la seconde réponse ne relève pas le niveau, puisqu’il me fut écrit qu’il m’aurait fallu obtenir une aide à l’édition « classique », c'est-à-dire demandée par « un vrai éditeur » afin de pouvoir apparaître dans la revue. En résumé, celui qui suce à la tétine de l’Etat est privilégié ! Ai-je demandé l’aide ? Non ! Car elle m’aurait été refusée, faute d’un contrat avec un auteur autre que l’éditeur lui-même. Mais oui, l’hypocrisie ne s’arrête pas là !

 

           Jadis, quand un écrivain reconnu créa sa boite dans le Sud de la France et qu’il se publia chez lui, on lui déroula le tapis. Quand un directeur littéraire et à la fois éditeur d’une maison d’édition réputée publie dans sa propre structure, on ne l’accuse pas de s’autoéditer. Ah ben non, me dit-on, ne faut pas tout mélanger, la maison à sa réputation ! Deux poids et deux mesures.

 

           Dans un autre domaine : Quand des cinéastes créent leur propre société de production pour réaliser leurs propres films, la commission de Wallonie Bruxelles ne leur répond pas qu’ils n’ont droit à rien, pas droit aux subsides, puisqu’il est question d’une autoproduction. Idem au théâtre lorsqu’un comédien monte sa pièce faute de trouver du travail. Personne ne discrimine les humoristes qui débutent en se produisant ; on les prétend courageux et méritants. Mais pour un écrivain, c’est « niet » à la reconnaissance administrative et médiatique.

 

           Lundi 31 août

           La pandémie politique prendrait-elle fin en ce dernier jour d’été ? Serait-on devant un miracle ? Une lumière serait-elle enfin apparue dans les esprits de ceux qui s’égaraient dans les ténèbres du radicalisme ? J’aimerais bien le croire ! Pourtant, quelque chose me dit qu’il ne s’agit que du dernier sursaut du patient. Vous savez, ce phénomène hospitalier bien connu, ces mourants qui reviennent à la vie durant quelques heures avant de tirer leur révérence, métastasés jusqu’à la moelle. Et il n’y a vraiment pas de bol ! Compliqué de s’en remettre à Dieu, d’organiser un petit pèlerinage dans un sanctuaire du pays, de Banneux ou de Beauraing, ils sont fermés pour cause de Covid 19 ! La Vierge Marie pleine de Grâce est elle aussi confinée. Aucune flamme allumée au bout d’un cierge pour éclairer le tunnel ; d’ailleurs, s’il y en avait une, l’Histoire nous apprend qu’il y a toujours quelqu’un pour la souffler afin de retrouver le chao qui lui permet d’exister.

 

           Lundi 24 août

           Le monde tourne de nouveau travers avec cette vague de radicalisme qui rappelle une époque que l’on croyait révolue. Mais tout n’est qu’un éternel recommencement. S’il y a bien sûr les nostalgiques de la chicotte dictatoriale, il y a surtout le phénomène d’une mémoire qui s’estompent, en particulier chez les jeunes n’ayant connu aucun témoin direct, gâtés par la vie, par le monde de consommation directe, où tout est à portée de main, suffit de cliquer sur un clavier informatique pour obtenir l’objet de son désir. Alors pour laver le cerveau des jeunes, voire aussi leur parents, les propagandistes et les complotistes passent par cette technologie. Très actifs et dans ce monde d’agressivité verbale, ils diffusent sans cesses de fausses informations, ils revisitent l’Histoire, ils idéalisent ce qui n’a jamais été autre chose que la soumission à une autorité radicale. Ils arrivent même à faire croire que la décision d’un gouvernement concernant une urgence pour la santé publique est du même niveau qu’un complot favorisant la restriction des libertés individuelles. Même pas peur de la contradiction idéologique ! La liberté n’est pas celle d’avoir le droit de tout faire par égoïsme, de bafouer une règle sociétale destinée au bien commun, même si parfois les décisions se contredisent faute d’une connaissance approfondie du sujet. Nier le danger sous prétexte qu’il y a d’autres cause de létalité revient à dire qu’il ne faut plus mettre sa ceinture de sécurité parce que des gens meurt du cancer. Voilà le niveau du discours diffusé et relayé par une partie de la population fatiguée de s’interroger sur le bien-fondé des recommandations. L’extrémisme s’est engouffré dans la brèche pour discréditer non seulement les spécialistes mais surtout la totalité des politiques. Degrelle disait qu’il fallait balayer tout le monde, car tous pourris. Et c’est bien ce qui se chante aujourd’hui.

 

            Et pour finir… « Parce que Elio Di Rupo a vécu la misère dans un baraquement, il veut que tout le monde y soit. » En lisant cela, je ne peux m’empêcher de bondir. Loin de moi l’idée de défendre quiconque, mais il faut mettre les choses à leur place historique. L’auteur de cette diatribe ne peut être qu’un crétin inculte qui se trompe de cible ! Sans le PS et les revendications syndicales qui le lient, oui, des gens seraient toujours logés dans des baraquements de la seconde guerre mondiale, sans droit ni sécurité sociale, tout ce que le libéralisme refusait d’accorder afin de conserver une main-d’œuvre bon marché, malléable à merci ; en quelque sorte, ce que l’ultralibéralisme actuel recrée, un réservoir de gueux.

 

           Mardi 18 août

           Ah, mon beau village natal Clermont-sur-Berwinne vient d’être élu « plus beau village de Wallonie » ! Je l’ai quitté en 1966 alors que j’avais 10 ans pour celui de Thimister, juste à la limite du territoire. J’y ai achevé ma désastreuse scolarité primaire. Puis en 1969, j’ai bien sûr suivi mes parents qui n’avaient plus d’autre choix que de s’en aller voir ailleurs si l’air social n’était pas plus respirable ; Car à cette époque, pourtant pas si lointaine, la faillite commerciale d’un homme ayant tout perdu, le reléguait au rang des pestiférés. Plus personnes ne voulait lui louer une habitation. Donc, direction Verviers de manière à entrer dans l’anonymat social de la ville pour tenter d’y construire une nouvelle vie.

           Mais voilà, malgré tout mon cœur y est toujours attaché, il y a là tous mes souvenirs d’enfance, cette période de joie et d’innocence qui furent malheureusement tout à coup brisées. C’est la terre de toute ma famille. Je l’ai pérennisée dans une partie de mon roman La lignée Dorval qui va bientôt paraître (si tout va bien en septembre), une saga familiale qui traverse toute l’Histoire de la Belgique.

 

           Jeudi 13 août

           Les choses se précisent… ! Les fichiers numériques pour l’impression du roman La lignée Dorval vient d’être remis à l’imprimeur. Livraison prévue le 31 août. Évidemment, côtés diffuseurs et distributeurs c’est silence total. Néanmoins, la Fnac Belgique accepte de placer le livre dans leurs rayons. Il sera bien sûr aussi sur Amazon. Entre-temps j’espère encore dégotter un agent de presse pour la promotion. L’idéal serait de pourvoir programmer la date de sortie le 17 ou le 24 septembre. Première semaine de septembre remise aux médias, seconde semaine dépôt dans les librairies. Cette aventure est sans doute une folie ! Je ne suis ni attendu, ni en odeur de sainteté vis-à-vis de quelques personnes qui m’ont qualifié de médiocre. Mon espoir repose sur la seule qualité du texte qui devrait surprendre les plus sceptiques. Par exemple, un journaliste du Soir et de la Libre Belgique ; Dresseront-ils une critique acide manière de ne pas admettre qu’ils ont craché sur moi pour défendre un plagiaire ? Ou mieux encore, garderont-ils le silence pour me mépriser, pour me laisser « là où est ma place », comme ils l’avaient jadis écrit.

 

           Vendredi 7 août

           J’avouée ne pas comprendre les interventions qui pullulent sur les sites sociaux et dans certains médias, de la part de ceux qui contestent la nécessité de préserver la santé publique de la dangerosité du Covid19 - virus contagieux au même titre que peut l’être la lèpre ou le choléra - qui se propage à l’insu de chacun. On sait bien que la faim et que d’autres causes de maladie sont mortelles, mais on ne peut pas comparer ce qui n’est pas contagieux à celui qui peut l’être au moment où l’on croise une personne dans la rue ou dans un magasin, il s’agit là d’un amalgame flirtant avec la malhonnêteté intellectuelle. Il se dit encore que porter un masque ne sert à rien, puisque de toute façon lorsqu’on fait un pet, odorant ou non, tout est traversé, le pli des fesses, le slip, le pantalon, la veste ; par conséquent un simple masque ne peut pas faire mieux. Cette idiotie n’est même pas risible.

 

           Oui, le nombre de cas à réduit comparativement au mois de mars, sans aucun doute grâce au confinement, ensuite au port du masque obligatoire (trop tardif suite aux cafouillages désastreux, à la mauvaise gestion des responsables politique). Par contre, ce qui me chagrine aujourd’hui, c’est l’argument de dire que les cas déclarés actuellement sont la conséquence de l’augmentation des tests. À mon sens, c’est bien la preuve que depuis le mois de mars, il y a des gens qui se trimballent et qui refilent le virus à leur insu. Par conséquent, à l’époque le nombre de contaminé comptabiliser était bien en dessous de la réalité et que sans le confinement et l’obligation du port du masque, il serait encore plus important. Et c’est la preuve supplémentaire qu’à ce jour, il y a toujours des gens qui sont contaminés sans le savoir et qui peuvent refiler le virus à une personne qui peut y laisser sa peau, jeune ou vieux. Arrivé à ce point de ma réflexion, là encore quelque chose me dépasse. Il serait devenu admissible de ne pas se protéger pour une prétendue « liberté individuelle », de contaminer les vieux sans souci, car cela serait statistiquement négligeable, parce qu’ils sont vieux, parce de toute façon ils ne sont pas loin de l’article de la mort. Vis-à-vis de la loi, vieux ou pas, on peut estimer qu’il s’agit d’un empoisonnement prémédité, un acte condamnable. Alors, elle se situe où la liberté individuelle ?

 

           Cela dit, il est évident que la pandémie ne donne nullement un blanc-seing au gouvernement pour établir des lois qui ne respectent pas le chemin du droit et que dans ce cas, il est utile de revenir à la base.

 

           Mercredi 29 juillet

           Certes, le rôle de la presse est de commenter, de critiquer, d’analyser, de dénoncer le contres vérités, les mensonges, les abus de toute sorte, les arnaques… Bref un quatrième pouvoir utile dans toute démocratie. Mais quand il s’agit de santé publique, que suite aux tergiversations des autorités coupables de peu de cohérence dans la gestion de la pandémie, que de surcroit il y a au sein de la population une vague de déni sur la dangerosité du virus qui pousse les gens à dénigrer l’utilité du port du maque, là je prétends que les médias sont coupables d’alimenter ce déni.

 

           En effet, leurs titres et leurs articles quotidiens aux accents d’interrogations sur le oui ou non de l’utilité du port du masque et du confinement, sur la virulence actuelle du Covid 19, donc moins criminel, sur la comparaison des chiffres du mois mars à ceux d’aujourd’hui qui seraient tout bonnement erronés, voire manipulé pour créer la peur au sein de la population face à un virus qui selon certains ne tuerait presque plus personne. Bref, l’idée du complot se conforte ainsi dans la petite tête de monsieur tout le monde qui se prend pour un médecin spécialiste. C’est donc ainsi que l’on se retrouve face à des gens qui n’ont aucun respect pour les autres. Hier je me suis écarté d’un homme qui promenait son chien de 40 kilos et qui m’a dit que sa bestiole n’était pas dangereuse, ce à quoi je lui ai répondu que je n’avais pas peur de son chien mais de lui. Le type m’a regardé un rien effaré avant que la pièce ne tombe au bon endroit.

 

           Du coup, je me suis demandé ce qu’il fallait à ces gens-là pour comprendre que ce virus est mortel et ravageur. Leur faut-il donc le décès d’un proche ? Il suffit pourtant de regarder les dégâts dans les pays des Amériques, des dizaines de milliers de morts. Est-ce parce que j’ai de nombreuses informations qui me viennent du Brésil, que je suis moins enclin à me laisser convaincre par les petits Bolsonaristes ou Trumpistes de ce pays qui squattent les sites sociaux ? J’ai des amis brésiliens qui ont des proches emportés par le virus. Donc, non, il ne s’agit pas d’une « grippette » mais d’un immense fléau. Et le fléau du déni pour favoriser l’économie et le bisness est tout autant criminel.

 

           Dimanche 26 juillet

           Que n’entends-je sans cesse seriner par une grande partie de la jeunesse qu’il faut arrêter de penser à la Belgique de papa, que celle-ci est morte avec les grands-parents traumatisés par les vieilles Histoires du passé et qui de nos jours n’ont plus lieu d’être, qu’il faut aller de l’avant. Tu parles… ! Tout au moins, la jeunesse flamande reprend aujourd’hui les mêmes codes que celles du grand-père Adolphe, avec le scoutisme comme base de formation de la jeunesse aux idées fascistes, arborant le drapeau flamingant lors des camps de vacances et, qui plus est, en envahissant le territoire du voisin pour diffuser leur propagande nauséabonde. Et quelle est aussi la différence entre cette jeunesse embrigadée par les thèmes de l’extrême droite et les groupuscules flamingants, jadis emmenés par des individus qui se retrouvent aujourd’hui au gouvernement de ce pays, et qui allaient se promener dans les Fourons en brandissant d’une main leur drapeau indépendantiste et de l’autre main un gourdin pour se farcir du Wallon ? Aucune ! Ce ne sont rien d’autre que des bébés biberonnés au fascisme à longueur d’année par leurs géniteurs et lobotomisés par des gourous admiratifs devant les cendres d’un malade mental Autrichien. Des nostalgiques qui refusent la condamnation de leur aïeux pour trahison à l’État Belge et qui n’ont que la haine comme moteur politique.