Journal d’un écriveur

(depuis 1995  -  mise à jour régulière) 1934 pages

2020

           Dimanche 5 avril

           Loin de moi l’idée de remettre en cause la priorité pour le personnel soignant concernant les protections utiles contre ce virus venu de Chine. Néanmoins, lorsque je me rends dans un supermarché, je constate qu’il y a des personnes, sans doute du personnel issu du secteur de la santé, venir faire leurs emplettes avec gants bleus et masques chirurgicaux ou autres, alors que nous, quidams, sommes obligés de nous y rendre sans rien, comme si nous étions finalement de la chair à canon et dommages collatéraux. Il y a une disproportion entre le discours tenu par les autorités, prétendant que les masques ne servent à rien pour les gens qui ne sont pas atteint par le virus, et la pratique d’une catégorie de gens qui ont accès aux matériels efficaces et recommandés. Preuve que l’accès à cette protection minimale devrait être accessible à tous. À mon humble avis, on peut dire qu’il y a dans cette position officielle de l’État Belgique une forme d’irresponsabilité et d’une discrimination de la part de ces responsables politiques, qui tentent de dissimuler la foireuse gestion basée sur des économies à-tout-va ; au point de ne pas avoir remplacé les millions de masques détruits en 2019 (achetés en 2009 lors de la grippe H1N1) et qui pourrissaient depuis des années dans un dépôt humide, faute de les avoir stockés au sec. Et on parle bien ici du « stock stratégique de la Belgique » ! Alors quand l’actuel ministre libéral déclare que ce n’est pas au fédéral de gérer ce matériel, mais à chaque centre hospitalier, il y a bien là un déni coupable et même criminel pour fuir sa responsabilité.

 

           Jeudi 2 mars

           Le beau-livre De Verviers et d’ailleurs qui était sorti en 2008 (épuisé) est désormais disponible sur Amazon, une seconde édition actualisée, sous un nouveau format.

 

           Mardi 30 mars

           Il faudrait alléger le confinement strict, un peu comme si de rien n’était, puisque l’économie du pays doit continuer à engraisser la chaine du capital. C’est bien ce qui fut suggéré par la N-VA, non ? Vous savez, ce parti extrémiste qui refuse au Parlement une forme d’union nationale pour sortir du merdier qu’il a lui-même créé et qui par-dessus le marché contraient la Belgique (embourbée dans un système politique régional de merde provoqué depuis des décennies par des flamingants nationalistes) à s’abstenir lors d’un vote à l’Union Européenne. Et voilà que l’un des membres de cette clique de facho est lui-même victime du virus et parle de l’enfers d’où il est revenu. Ben, j’espère bien qu’il en tira des conclusions !

 

           Tout comme j’espère que la plupart des gens finiront enfin par comprendre que la désastreuse gestion du Ministère de la Santé est la conséquence directe de l’ultralibéralisme prôné par des politiques que ne vivent que pour la privatisation des soins et de la sécurité sociale. Une dame ministre, elle-même médecin, qui ment ouvertement au média pour ne pas avouer son incapacité et surtout qu’elle a décommandé à une société belge des masques de protection sans pour autant en faire une commande ailleurs. Résultat, il n’y a pas de masque. Et suite à mon passé pulmonaire, à mon asthme, mon médecin traitant m’a prescrit une boite afin de pouvoir me permettre de faire mes emplettes alimentaires sous protection. Mais que dalle ! Pour cette flamingante non déclarée, je peux crever, cela fera sans doute une future pension en moins à payer ; son collègue libéral des pensions, lui aussi médecin, n’y verra sans doute que tout bénéfice.

 

           Et que dire lorsque sur le chemin de la boucherie ou de la pharmacie on se trébuche sur quantité de gants en caoutchouc jetés sur les trottoirs ; comme jadis durant la guerre 40-45 les gens se trébuchaient sur les capotes anglaise abandonnées par les soldats. C’est la guerre… ! Et cela se voit, avec des gens envoyés au front sans la moindre protection, comme de la chair à canon. Et puis la sélection des blessés à l’entrée des hôpitaux, les trop vieux et trop malade délaissés en faveur de ceux qui ont une chance de s’en sortir, s’il y a encore de quoi les soigner. Au niveau de la responsabilités politique, il y aura des comptes à rendre.

 

           Jeudi 26 mars

           Le silence est total… Pas une âme dans la rue…  Pas un avion dans le ciel azuré, juste les oiseaux qui chantent le bonheur de retrouver l’exclusivité de leur territoire. Etrange sensation d’être comme une île au milieu de la ville. Seul un lien avec le monde virtuel rappelle qu’il y a encore de la vie ailleurs. Tout est réduit au minimum nécessaire, un retour à l’essentiel, à la source, même à la réapparition de la solidarité. Cela ressemble à un monde plus idéal, à une forme de paradis. Mais finalement n’est-ce pas une illusion ? Car parfois « on se retrouve par hasard et tu n’as pas changé », chantait Mike Brant. Mais le temps à parfois fait son œuvre, on ne reconnait plus celui qui nous a quitté un soir. Á l’époque on partageait les mots justice, équité. Une fameuse déception ! Désormais, dehors cela peut devenir l’enfers, le passeport pour rencontrer le diable ; des malotrus et des idiots qui mettent le bordel, des égoïstes qui font la « razzia » de certains produits dans les supermarchés, contraignant l’Etat à devoir bientôt organiser le rationnement. On peut encore admettre que transgresser l’ordre de rester chez soi est un acte irresponsable, puisque favorable à la propagation du virus, mais en arriver qu’un bourgmestre vienne à encourager de dénoncer ceux qui enfreignent les règles de confinement, il y a de nouveau un pas de franchi. Le Président français Macron a parlé de guerre pour combattre le virus et voilà qu’on retrouve aussi les travers des salauds !

 

           Lundi 23 mars

           Il y peu, je lisais l’intervention d’un homme qui ironisait sur l’égoïsme des gens qui achetaient une quantité démesurée de papiers toilettes dans les supermarchés. Pourtant quelques jours plus tard, suite à un article dans un journal décrivant la possible pénurie de paracétamol dans les pharmacies, ce même individu admettait avoir acheté 240 comprimés de manière à avoir un stock suffisant pour lui. La paille dans l’œil de l’autre est plus grosse que la poutre dans le sien.

 

           L’Histoire le démontre, la mémoire de l’homme est très courte. Après chaque tragédie ou catastrophe, il jure tous les grands Dieux avoir reçu la leçon et qu’on ne l’y reprendra plus. Et pourtant quelques décennies plus tard, il reprend ses plus mauvais travers, il redevient ce loup sanguinaire qui croque dans tout ce qu’il peut pour son profit personnel, il redevient à la fois délateur et prédateur. Pas sûr que dans la durée, il y aura vraiment un avant et un après coronavirus. Oh, ce ne sera pas faute de bonne volonté, d’avoir néanmoins eu de bonne intention de la part des autorités en prenant des mesures drastiques pour faire entrer dans la cervelle des gens qu’il doit y avoir une entraide commune pour sortir gagnant du combat ! Mais au regard de l’hystérie et de l’inconsciences des uns et des comportement irresponsables des radicaux, des extrémistes nationalistes qui tentent d’utiliser cyniquement la situation pour avancer masquer vers le séparatisme, que l’un de ces membres bourgmestre viole sciemment l’interdiction de se réunir pour ne pas propager le virus, en organisant une fête pour son anniversaire dans un bar de sa commune, on est encore loin de voir le monde devenir adulte, plus équitable, ou le social et le bien être des gens seraient la priorité absolu, le véritable sens d’une société équilibrée.

 

           Samedi 21 mars

L’épreuve des amants

Je tourne en rond, il est vrai

Néanmoins pas besoin de sortir

Et par le temps qui court

Pas trop envie non plus

Nul désir de croiser l’hystérie

Dans les allées d’un supermarché

Il y a encore chez moi de quoi tenir

De bidouiller des recettes maisons

Revenir à la base des fourneaux

Un art que ma maman pratiquait

Et que l’école hôtelière me sauve

 

Je tourne en rond, il est vrai

Je fixe la fenêtre pour m’évader

Pour m’envoler avec le merle chanteur

Je lui confie une secrète mission

Celle de remettre un message là-bas

Á celle qu’il m’est interdit de voir

Puisque le silence radio s’impose

Au profit de la paix des ménages

Mais au soudain retour de l’oiseau

Tête inclinée et de son œil triste

De son gossier aucune réponse.

 

Si tu connaissais ma peine

Il t’arriverait un jour peut-être

Loin des tabous et de cette peur

Venir tambouriner mon cœur

Á l’heure du pas feutré du loup

Nous émerveillés enlacés

Á regarder le monde autrement

Dès le danger une fois loin

Qui nous aurait épargné du mal

Une épreuve révélatrice du lien

De sa force ou de sa faiblesse

© Christian Janssen-Déderix – 21 mars 2020

 

           Jeudi 19 mars

           Le doc m'avait prévenu, un vaccin contre la fièvre jaune en prévision d'un voyage, une fièvre peut surgir au bout de 8 jours. C'est normal dans 20% des cas. Eh ben elle est là ! Et pourrais-je le faire ce voyage ? Une interdiction n'est pas à exclure.

           Bien sûr, que dans les temps qui court, ce n'est pas idéal, on s'interroge quand même sur l'origine de cette température. Cela dit, pas de toux, ni de maux de gorge, ni de nez qui coule, ni de diarrhée... Une chance, car question stock pq c'est misère ! Et je suis à l'écart du monde depuis huit jours, porte fermée à double tours.

           Question boustifaille, je pourrai sans doute encore tenir 5 ou 6 jours, en vidant le congélateur et surtout les armoires, des trucs planqués dans le fond que j'ai un peu oublié, comme des boites de conserve, semoule, flocon d'avoine. Une soupe de lait tenez, comme quand j'étais gosse ; la différence est que le lait ne vient pas direct du pis de la vache que mon père, front sur la panse de la bête, trayait a la main matin et soir.

           En ces temps de confinement, me voilà nostalgique et je pense à eux, les anciens qui se réfugiaient dans les caves. Certes, un autre confinement, mais ce coronavirus nous rappelle que nous ne sommes rien et que les priorités sont ailleurs que dans le fric à-tout-va. Mais il est clair que dans ce pays, des politiques ont choisi le camp du pire.

 

           Mardi 17 mars

           Bref, finalement on peut dire que par le drame de la pandémie suite au coronavirus, il y a un effet révélateur, celui que la N-VA est bien un parti extrémiste qui se fiche bien de la santé de la population, même celle de Flandre, puisque sa seule préoccupation est de s'accaparer cyniquement le pouvoir dans le seul et unique but indépendantiste et économique. Quid de la santé, du social et de la solidarité. Un égoïsme criminel.

           Mon vœu est sans doute trop pieu, mais j'ose espérer que les flamands et les wallons séduits par la thèse radicale de ce parti comprennent qu'ils sont en train de se fourvoyer.

 

           Lundi 16 mars

           Cher monsieur,

           Nous avons examiné avec attention votre manuscrit…. Malheureusement, il ne correspond pas aux orientations actuelles de nos collections. Nous espérons néanmoins qu’il saura intéresser un autre éditeur. Des solutions alternatives de publication existent. Vous pouvez choisir de publier votre ouvrage en auto-édition via Librinova et le tester auprès d'un large public. En vous recommandant de nous grâce au code PDC19 (à déclarer au moment du paiement sur www.librinova.com), nous pourrons ainsi être tenus informés de l’accueil de votre livre par les lecteurs et de vos éventuels futurs projets.

 

           Il ne faut quand même pas me prendre pour une bécasse ! Voici mon retour de courriel :

           Excusez-moi, ce n’est pas du tout de la rancœur de ma part, mais un navrant constat. Cela me ferme définitivement votre porte, mais je m’en fou.

           En fait, vous n’êtes plus un éditeur, mais un rabatteur pour alimenter un commerce à l’auto édition avec des tarifs exorbitants. Enfin, je vois que vous êtes comme des opportunistes, vous allez quand même parfois plonger dans le catalogue pour en éditer quelques-uns.

           Finalement, chez vous il y a deux revenus, le premier via Librinova et le second par une prétendue traditionnelle édition à compte d’éditeur, puisque finalement l’auteur aura déjà payé les frais via Libranova, via le code PDC19.

           Et vous vous fichez bien du reste, sauf si par un heureux hasard cela marche, c’est pour vous “in ze poket” à chaque livre vendu. Par contre pour l’auteur, à concurrence de 10% (sinon 8%) sur le prix de vente, il devra au moins en vendre un bon millier pour espérer récupérer sa mise. Et à tout cassé vous tirerez peut-être 800 exemplaires.

           Alors dites-moi… Si par hasard on met l’argent sur votre bureau, l’équivalent de la totalité des prix affichés sur le site Librinova, qu’elle est la différence ? Vous sauvez votre honneur en vous affichant comme une maison à compte d’éditeur alors, que vous faites de l’édition à compte d’auteur ?

Allez, je m’arrête là... Bien à vous.

 

           Vendredi 13 mars

           Bon, il n’est pas encore minuit, donc la chance peut encore arriver ! Gardons le moral. Ne jamais baisser les bras, même si tout vous pousse à la morosité. Car on ne peut pas dire que l’avenir, tout au moins immédiat, soit au beau fixe. Oui, je sais, l’actualité de la semaine… ! Mais il n’y a pas que ce satané virus arrivé de Chine qui fait chiez son monde au point de paralyser des pays entiers. Il y a aussi la connerie de gens ! Et là, le panel est large sur plus d’un point. Il y a les égoïstes qui dévalisent les supermarchés, avec leur seconde fournée, leurs caddies bourrés à craquer alors que leur coffre de voitures déborde déjà ; à croire que demain il va y avoir un bombardement et une pénurie d’aliment. Dans les rayons il n’y a plus sel, plus de farine, plus de pâtes… La psychose rend le peuple fou.

 

           Il y a ce pays en panne de gouvernement effectif depuis des mois. Là surgit alors des individus malfaisants qui surfent sur ce fameux virus pour accréditer que ce pays est foutu de manière à imposer leur politique séparatiste et fascisante. Les pestiférés n’y voient que propagande ultralibérale où seul compte le profit pécunier au détriment de la santé et tant pis s’il peut y avoir quelques dommages collatéraux, c’est-à-dire une floppée de vie en moins.

 

           Et dernière observation, qui n’a rien à voir avec le virus. Je suis arrivé par hasard sur la page Facebook d’une personne d’origine brésilienne, qui vit en Belgique depuis une trentaine d’années. Elle connait le système de la démocratie incluant la constitution d’un Parlement et d’un Sénat (ce qui est encore d’application au Brésil). Mais voilà, elle haït tellement Lula et le PT, qu’elle est en faveur des putschistes qui destituèrent Dilma Roussef, alors que la justice vient de l’innocenter du crime de maquillage des comptes, ce qui lui valut pourtant d’être destituée. Et elle est en faveur de Bolsonaro, du Juge Moro (que la presse nationale démontre noir sur blanc qu’il a falsifié les dossiers d’accusation pour condamner Lula sans la moindre preuve matérielle et obtenir la récompense en devenant le ministre de la Justice de l’extrême droite). Elle remplit sa page de « fake new » et de messages haineux envers Lula qui aurait volé 3 milliards, le tout créé par des « trolls » à la botte de Bolsonaro. Car des trois milliards prétendument détournés, le « justicier Moro, le sauveur du Brésil » malgré les millions de budget nécessaire à l’enquête, n’a jamais pu déterrer ne fut-ce qu’un seul iota de ladite fraude. Et enfin, à la demande de Bolsonaro, ce 15 mars elle manifestera dans la rue en faveur de la suppression du Parlement et du Sénat, autrement dit pour l’instauration de la dictature militaire.

 

           Entendons-nous bien, ce qui suit n’est pas une accusation de vouloir profiter de la sécurité sociale, mais ce qui est quand-même hallucinant dans ce portrait, est de savoir que cette personne a toujours bénéficié du système social de la Belgique, un système inexistant au Brésil, que Lula et le PT a initié durant leurs mandats, tout ce que Bolsonaro est en train de détruire. Si elle vivait au Brésil elle n’aurait droit à rien, elle serait une SDF. Merde… !  De quoi m’écœurer.

 

           Dimanche 1er mars

           Il va falloir un jour m’expliquer comment on peut avoir été en fervent mitterrandien, un socialiste convaincu, critiquer les agressions policières ordonnées par Macron contre les gilets jaunes et, dans le même temps, être ennemi des syndicats qui défendent les petites gens, donné son soutien inconditionnel à Marine Le Pen, à la N-VA, à tout ce qui suite l’extrême droite. Puis, encore être en faveur de l’application d’un article qui fait passer en force, contre l’avis du Parlement, la loi sur les pensions à point qui ne fera qu’appauvrir les pensionnés et cela faute d’une carrière complète. Puisque la flexibilité du travail, qui n’est rien d’autre que des mi-temps, des quarts-temps, des journaliers à la merci de l’ultralibéralisme, c’est un prélude au retour de Germinal pour les générations futurs. Il faut croire que pour bon nombre de personnes arrivées aujourd’hui au crépuscule de leur vie, ceux qui ont le plus bénéficiés des avancées sociales grâce aux combats des syndicats, ils se fichent désormais bien du futur. C’est : « J’ai eu la panse bien pleine, la liberté, un salaire confortable pour m’offrir maison, bagnole, de bonnes vacances au soleil… Et maintenant que le climat économique est maussade, au risque de voir peut-être ma propre pension menacée, je suis contre les protestations populaires qui font perdre du temps et de l’argent à l’État, je suis pour les méthodes fortes qui peuvent garantir mon petit confort de bourge. » Écœurant.

 

           Jeudi 27 février

           Voilà, c’est bien ce que j’écrivais ce 15 février sur ma page Facebook : Comme je le dis depuis le début de l'avènement de Bolsonaro, les militaires prennent placent aux plus hautes fonctions de l'Etat. Une dictature militaire s'installe donc à petit pas. Dans 3 ans, il n'y aura sans doute plus aucun civil au pouvoir et pas sûr qu'il y aura des élections. Car objectif déjà évoqué : Supprimer le Sénat.

 

           Hier, le fanfaron du Palais Présidentielle a « convoqué » le peuple dans la rue pour le 15 mars de manière à populariser la fermeture pure et simple du Parlement et du Sénat. Bref, instaurer la dictature militaire pour sauver la tête de ses trois fils élus, membres des milices qui assassinent à-tout-va, tout aussi empêtrés dans des détournements de biens sociaux.

           Le machiavélisme de la manœuvre est on ne peut plus cynique, puisque accompagnés de ses complices putschistes, en 2017, il utilisa ces institutions - qu’il veut aujourd’hui abolir - pour destituer Dilma Roussef en l’accusant d’avoir violé la Constitution. Comme l’écrit le journaliste Reinaldo Azevedo du journal Folha de São Paulo à l’adresse du vice-président, un militaire qui prétend ne pas vouloir participer une l’instauration d’une dictature : « Alors démissionnez et rentrez à la maison, votre aventure a mal tourné et cela finira mal. Selon la Constitution, la tâche de l’armée est la défense de la patrie, non celle de gouverner. L'illusion est terminée. Chaque jour que les militaires restent dans le gouvernement Bolsonaro, les forces armées, en tant qu'institution, se dégradent. Ils se salissent avec la boue idéologique dans laquelle la direction s'enfonce. Au lieu de l'amour pour leur patrie, c’est un pistolet de 9 mm ; au lieu de l'hymne national, c’est un 45 ; au lieu du patriotisme, c’est la haine - que certains prétendent racheter - pour la démocratie. »

 

           Jeudi 20 février

           Calmes-toi Christian, me dit-on ! Mais comment se calmer quand on est plus en phase avec cette société qui bafoue la règle minimum de vie, le droit, où l’irrespect et le vol impuni sont devenus la norme.

           Vous faites la file devant un guichet et une jeune femme se permet de la couper devant tout le monde. Comme personne n’ose protester, je lui demande si elle est prioritaire et tout en se retournant elle me répond que oui avec une pierre dans la main, m’accusant d’être agressif. Car madame à l’audace de se sentir menacée devant ma question. Et voilà qu’une bande de copine arrive à sa rescousse en m’assaillant d’insultes. Je suis à Molenbeek Saint-Jean. Je vous le dis tout net, ce sont des gens comme eux qui poussent une partie de la population à voter pour l’extrême droite ! Ces femmes au cerveau réduit ne se rendent pas compte qu’elles participent à la montée du racisme et du fascisme !

           Je lis ensuite le journal et je vois que le plagiaire de mon manuscrit sur l’histoire de la Belgique sort un nouveau roman chez l’éditeur qui lui avait commandé le plagiat. J’accuse, persiste et signe. Mon sang ne fait qu’un tour, je peste. La malhonnêteté paye, voilà le constat. Les salauds poursuivent leur petit bonhomme de chemin alors que la victime reste sur le carreau, voire dénigrée par une presse à la botte du réseau littéraire connu et reconnu.

           Et enfin, dans le même temps, les promesses restent des promesses, à chaque rentrée littéraire je vois sortir les textes des autres, mon téléphone reste muet et ma boite mail ne reçoit que du courrier publicitaire. J’ai envie de tout passer à la déchiqueteuse et qu’on en parle plus. Et d’ici peu de temps pensionné, basta, tchao, allez-vous faire foutre, finir ma vie sous des cieux plus ensoleillés, peut-être au Portugal.

 

           Mercredi 19 février

           Désolé de m’énerver, mais face aux attaques répétées et dénigrantes d’un lobotomisé du bulbe, il faut que cela sorte !

           Un buté ultralibéral ne comprend donc pas qu'il n'y a pas que le fric qui compte dans une société. Certes, il en faut, mais ce n'est pas l'unique curseur de la bonne santé d'un État démocratique. Il y a avant tout le respect des régions pauvres ou riches qui forment un pays, le respect des minorités, le respect des plus fragiles, le respect de celui qui ne pense pas forcément comme l’autre, la solidarité des peuples… Non à cette satanée exclusion prônée par des partis extrémistes flamingants qui oublient que 1830 à 1970, c'est la Flandre qui était sous perfusion avec le fric des industries wallonnes, avec le travail des wallons et de travailleurs flamands, ce qui a permis d'organiser les fameuses compensations avec 60% pour la Flandre lui ayant ainsi donné les moyens de sortir de sa pauvreté centennale. Ah que la mémoire courte est coupable d’ingratitude !

           Cet individu est tellement buté, il éprouve tellement de haine envers les socialistes et les syndicats, qu’il ne se rend pas compte que chaque jour il profite des avantages sociaux, comme le salaire minimum, les congés payés, les soins de santé, etc., (désormais mis à mal par ce dernier gouvernement), qu’il le doit aux combats des syndicats et aux hommes qui y sont morts lors des grèves et sur lesquels, il crache dessus. Franchement, il n'y a même plus un mot assez fort pour le qualifier ! J'ai honte pour lui.

 

           Dimanche 9 février

           Envoyer une enveloppe de poudre blanche au chef de file des nationalistes d’extrême droite nommé N-VA, ce n'est vraiment pas une bonne idée, ni une bonne méthode pour discréditer la politique de ce parti. Au contraire, la victimisation ne fera que renforcer l'idée chez les adeptes conditionnés, sans doute un peu faibles d'esprit, que la N-VA est dans le vrai puisqu’on veut l'atteindre via une forme de terrorisme - forcément en provenance d'un gaucho communiste. Comme tous les partis d'extrême droite, il adore surfer sur la victimisation pour doper son électorat. Cela dit, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas : Qu'il s'est envoyé la lettre !

           Bien sûr, on m’a rétorqué que « gnagnagna » en janvier 2018 Elio Di Rupo et « gnagnagna », donc pas non plus une bonne méthode. Á la différence près que le PS, tout comme les autres partis non extrémistes, ne surfent jamais sur la victimisation. On ne compte plus le nombre de fois que la N-VA a pleurniché de n’être pas conviée au Palais Royale après les élections, avant que le Roi Philippe ne décide de briser le cordon sanitaire que ses aïeux avaient eu soin de ne jamais cédé au chantage.

Il y a une chose à retenir : "Celui qui soutient l'extrémisme est extrémiste, tout comme celui qui appuie le fascisme est fasciste." (Ze de Abreu, comédien populaire qui se proclama sous forme d’humour Président du Brésil)

 

           Mercredi 29 janvier

           Je partage en tout point l’avis du journaliste Reinaldo Azevedo, du journal Folha de São Paulo, qui regarde de près la politique de son pays. Il existe bien aujourd’hui une vision insensible de l’Etat à devenir, une perception bureaucratique du système politique, une idéologie erronée sur son rôle. Un État ne doit pas être un ennemi du petit peuple, comme jadis la politique libérale le percevait. Le libéralisme moderne doit inclure sa part sociale et non la rejeter. Un État est là pour réguler les différences, pour rapprocher les régions, malgré les langues et les traditions. Créer les problèmes à ce sujet est une antique vision du monde qui n’a plus sa place. Bien sûr que l’Etat à sa nécessité, mais ce n’est pas à lui d’être le parton qui finance les industries, ni d’être le gardien des banques. Il est là pour l’éducation, la culture et le soutient des plus fragiles via une solidarité. Les élus ayant un brin de sens de leur devoir devraient tourner le dos à ceux qui veulent diviser le peuple, comme cela se faisait jadis, quand il y avait d’un côté les gueux et de l’autre les notables.

 

           Mardi 28 janvier

           Qu’importe qu’il soit roi ou quidam, riche ou pauvre, là n’est pas le sujet. Et qu’importe que l’enfant soit ce qu’il est, avec ses défauts et ses qualités, là aussi ce n’est pas le sujet. Comment ne pas comprendre les raisons d’une quête en reconnaissance filiale. Je lis et j’entends les critiques, pour ne pas dire les insultes envers l’enfant, certes aujourd’hui adulte, qui réclame à raison la vérité sur son origine génétique. Le déni du géniteur royal est quand même encensé, puisqu’il était bien le seul à nier. Prêter encore des intentions vénales à l’enfant est ridicule, puisque l’époux de sa mère qui l’avait jadis reconnu, pour sauver son honneur, est milliardaire, alors que le géniteur ne pourra que lui léguer « quelques malheureux » millions d’euros. Le désaveu de paternité de ce père de substitution qui fut demandé par l’enfant, la déshérite du milliard. Puis, aucun titre royal ne peut lui être attribué. Dès lors, il est où ce bénéfice matériel ou honorifique qu’on lui prête ? Celui de porter le nom du père biologique qui n’est pas tellement plus prestigieux que celui du milliardaire ? Tout enfant à le droit d’être reconnu par ceux qui lui ont donner la vie. Point barre. Et le reste n’est que dénigrement. Personne ne sort gagnant d’une telle bataille juridique dans laquelle la vie privée est mise sur la place publique !

 

           Vendredi 24 janvier

           Après la déclaration d’un jeune politique libéral (que je n’apprécie pas du tout) concernant son idéal d’un État unitaire (que je partage), je lui donnerais bien cette fois-ci le bénéfice du doute sur sa sincérité. Suite à cette déclaration, j’entends alors des protestations en provenance de tous les partis et de la presse du Nord comme du Sud, estimant qu’un Etat unitaire c’est « le pays de papa » voire un retour au 19ème siècle. On nage en plein délire ! Car c’est quoi « un pays de papa » ? C’est par exemple la France, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, pourvu qu’ils ne soient pas scindés en morceau ? C’est cela la prétendue modernité, dépecer la bête et se la partager ? Le pays de papa c’est comme une industrie crée et développée par les aïeux, que les héritiers finissent par dilapider ; donc comme dans ce pays on aime bien les mots qui se termine en « eur » comme informateur, démineur et autre formateur, il y eut en premier les fondateurs de l’État, puis les consolidateurs, ensuite les enfants gâtés devenus des dilapidateurs et aujourd’hui nous sommes avec les pourris fossoyeurs.

 

             Mercredi 22 janvier

           Après la découverte d’un petit bateau occupé par des migrants et qui a finit par chavirer en mer du Nord à hauteur de La Panne, il y eut sur les réseaux sociaux un déferlement de propos racistes. Et les politiques flamands ont protester en chœur que « ce n’est pas ma Flandre ».

 

           Mais finalement, tous ces politiques flamands ne sont-ils pas dans le déni, dans le refus d'admettre que "leur Flandre" est contaminée par le racisme en tout genre, l'extrémisme de droite, au point d'y compter 48 % de vote pour le fascisme. Car jusqu'à ce jour, je n'entends aucun d'entre eux condamner fermement les positions pestilentielles des partis radicaux, je ne vois personne se dresser devant le potentat d'Anvers pour lui dire qu'il ne passera pas. Bien au contraire, ils alimentent tous la possibilité de s’allier avec lui, ce qui ne peut qu’accréditer l’acceptabilité du pire auprès de la population. Autrement dit, ils sont les responsables de ce qu'ils dénoncent aujourd'hui.

 

           Jeudi 16 janvier

           Entendu ce jour dans une librairie lors d’une conversation entre trois clients:

- On a volé mes échelles et je les ai retrouvées abandonnées dans une rue pas loin de mon chantier.

- Peut-être des jeunes qui les ont prises simplement pour aller voler…

- Ou simplement après avoir fait pari, style « tu n’es pas capables de le faire. »

 - On ne peut plus faire justice soi-même, mais si je mets la main dessus, ils ne le raconteront pas.

En moi, dans ma tête, sans m’exprimer : Oh là, messieurs, a-t-on jamais pu faire justice soi-même ?

- Avec ces jeunes chômeurs et ces migrants qui n’ont rien à faire, sans argent et qui deviennent des délinquants. Et à côté cela, il y a moins de policier.

- On s’étonne alors qu’on a envie de voter pour l’extrême droite, pour que le ménage soit fait.

 

Bref, une conversation de bistro qui en dit long sur la mentalité radicale qui s’installe peu à peu dans nos régions.

 

           Mercredi 15 janvier

           On ne doit jamais juger une œuvre, bonne ou mauvaise, même si son auteur est une crapule ou qu’il défraye la chronique judicaire. Par contre, un crime d’abus sexuelle commis par un auteur, célèbre ou non, lui n’est pas excusable, indépendamment d’une carrière prestigieuse. Et il n’y a pas non plus d’excuse sous prétexte que les mœurs étaient différentes à une certaine époque, puisque le crime reste, même si un milieu de privilégié fermait les yeux.

 

           J’entends aussi que l’on pointe du doigt un certain nombres d’artistes connus pour les mêmes faits et qu’il faut tous les boycotter. Là, je suis plus nuancé ! Je crois qu’il faut savoir faire la différence entre un auteur qui a commis un crime sans l’avoir conté ni utilisé pour créer son œuvre et celui qui a construit sa carrière sur la base de ses déviances sexuelles. Si l’un et l’autre méritent toutefois une poursuite judiciaire pour leurs actes, la différence doit être faite au niveau artistique. Par conséquent, le retrait des œuvres de celui qui a établi sa réputation sur ses déviances sexuelles est totalement justifié et cela malgré les années passées dans l’impunité.

 

             Mercredi 8 janvier

           Je me suis rendu ce matin dans une sandwicherie et lors de m’a commande, la serveuse ma demandé : « Avec cruauté ? »

Je lui ai répondu : « Surtout pas ». Avant d’enchaîner : « C’est un lapsus… ! J’imagine que vous vous adressez à quelqu’un, là ! » Et la dame de me regarder un peu gênée, alors que sa collègue s’écroulait de rire derrière le comptoir.

 

           Lundi 6 janvier

           Quelle confusion ce dernier dimanche lorsque j’ai dit à une personne que je « paressais » toute le journée… Elle m’a demandé où je « paraissais ». Du coup, je me suis vraiment interrogé si le verbe « paresser » existait. Eh ben oui ! Il est vrai que suite à une prononciation un rien aléatoire, il y a de quoi donner une mauvaise interprétation.

 

           Donc oui, je paressais, chez moi. Peut-être même bien qu’il s’agît d’un découragement, un temps de réflexion pour savoir s’il ne serait pas préférable d’envoyer tout valdinguer par-dessus bord, de ventiler mes neurones en me débarrassant de ces poids qui me pèsent et qui m’épuisent. M’arrêter et puis basta ! Une sorte de « advienne que pourra » de mon destin, du temps qui me reste. Soit la misère dans mes vieux jours ou une consécration trop tardive pour m’en réjouir. Car à chaque cap de mon existence, je me souviens avoir cru à une certaine délivrance. Juste après une notice de la part d’une personne très influent, pour mes 40 ans, il y eut même un gâteau en forme de livre. Á mes 50 ans, âge souvent présenté comme celui de l’expérience et du sérieux, je me disais que cela serait celui du départ. Á mes 60 ans, celui de la sagesse combinée avec l’expérience de la vie et du savoir, une analyse sans concession et la justesse du propos, porte et fenêtre allaient devoir s’ouvrir, comme l’heure de la révélation. Que nenni. Cela dit, quelques choses me pousse pourtant à ne pas me résigner, à ne pas donner raison à ceux qui ne croient plus en rien, qui sont finalement déjà mort avant l’heure.

 

2019

           Mardi 31 décembre

           L’an neuf se présente et puis quoi ? On se souhaite les uns et les autres une bonne année, que nos vœux soient exaucés, une bonne santé et patati et patata… On fait semblant de croire que tout sera fantastique le premier jour du mois de janvier, on place même une grosse pièce de monnaie sous son assiette de choucroute et puis… Et puis… Eh ben rien n’a changé ! Les promesses ne restent que des promesses ; j’ai une très grande expérience en la matière. L’unique certitude pour l’an neuf sont les tracas du quotidien et un voyage au bout du monde pour tout oublier le temps d’un moment, voire aussi pour tout jeter dans le grand fleuve qui traverse le pays visité. Et si par hasard… Et si par hasard… Surgissait un miracle, une promesse tenue… !

 

           Vendredi 27 décembre        

           Il est quand même hallucinant de lire dans la presse que des politiques semblent tomber des nues qu’une somme pour indemnité sortie de la caisse de Nethys n’est pas toute tombée entièrement dans la poche de l’ex-administrateur viré pour abus de biens sociaux, puisqu’il s’agissait du brut et non du net. Ce qui veut dire désormais, que pour récupérer dans sa totalité la somme versée indument, la société va devoir aussi réclamer la part versée aux impôts. Une autre histoire !

 

           Jeudi 26 décembre

           Sur le chemin de retour après un séjour en France, à Berck-sur-mer, arrêt dans la ville de Lens, où est situé le musée Petit Louvre. Arrivé vers 11h30… Début de la visite jusque 14h00. Un petit creux à l’estomac, direction la cafétaria, où il n’y a plus rien à manger, excepté deux ou trois viennoiseries. Renseignement pris, directions deux tavernes situées à deux minutes à pied. Que dalle pour ma dalle… Les services sont terminés. Où alors ? Á cette heure-ci, vous ne trouverez plus rien, même au centre-ville. Ah bon, à Lens, à proximité du musée nommé le second Louvre ouvert de 10h00 à 18h00, c’est la misère alimentaire de 14h00 jusqu’à 18h00 ! Furieux, décision prise, retour maison et arrêt dans une station-service située au bord de l’autoroute, où il a de quoi casser un peu la croûte. Merde alors !

 

           Dimanche 15 décembre

           Je ne suis guère un admirateur de Laurent Ruquier, cet animateur sur France 2, pourtant lors de son émission de ce samedi soir, il a émis une réflexion que l’on ne peut que partager. En effet, les politiques libéraux ne cessent de nous rabattre les oreilles que l’espérance de vie augmente et qu’il est logique d’augmenter la vie active de quelques années avant d’accéder à la pension. Mais quand l’espérance de vie atteignait à peine 55 ou 60 ans, pour ces mêmes libéraux qui était toujours au gouvernement, la pension était bien fixée à 65 ans et non à 50 ans, en rien du tout adaptée selon cette fameuse espérance de vie qu’ils nous rabâchent à l’envi.  Une belle hypocrisie ! Car finalement, ils ne font que repousser le problème de deux ou trois ans, avec l’espoir malsain qu’entre-temps la grande faucheuse aura fait son œuvre pour une partie de la population.

 

           Vendredi 13 décembre

           Je lisais hier que la Poste avait accepté un contrat rémunéré par le Ministère des pensions (géré par un ministre MR) pour que les facteurs dénoncent les pensionnés percevant la Grapa (ce complément social permettant de ne pas être en-dessous du seuil légal de pauvreté) et qui séjournent régulièrement à l’étranger. Tout cela me rappelle une époque douloureuse où la délation légalisée était un système mis en place par un pouvoir qui ne sent pas bon.

           Et je lisais aussi que sous un prétexte d’efficacité, des gens cautionnaient cette pratique parce que, selon eux, c’est une manière de conserver de l’emploi au sein de la Poste et de faire une pierre deux coups, de lutter contre la fraude fiscale et sociale ; ne voyant donc pas du tout où est la délation dans ce genre de contrôle.

           Misère, ce que la propagande du libéralisme décomplexé peut ramollir les cerveaux ! La fonction de la Poste n’est pas de faire des contrôles judiciaires, de rendre des rapports à un quelconque service administratif de l’Etat. Il s’agit bien ici d’une délation rémunérée, puisque le facteur n'a ni le mandat ni le pouvoir qui lui permet de dresser un procès-verbal qui officialise la constatation de la fraude. Face à sa hiérarchie, il se retrouve ainsi contrait de pratiquer une vulgairement dénonciation à l'administration concernée, laquelle envoi un inspecteur qui dresse procès-verbal. C'est immoral. D'autant plus que dans cette pratique il y a une discrimination sociale. Car le facteur est-il aussi "mandaté" pour dénoncer la fraude des entreprises qui envoient les milliards dans les paradis fiscaux ? Non. Pour eux, il n'y a plus personne. Ce n’est nullement défendre la fraude, c’est une question d'éthique, de principe et de droit. La dénonciation organisée par un pouvoir quel qu’il soit n'est pas digne d'un pays démocratique. Et celui qui la cautionne est complice de cette coupable dérive.

 

           Jeudi 12 décembre

           L’abominable Brésil sous l'ère Bolsonaro. Lors d’un concours de chant, un propriétaire et présentateur d’une télévision a changé la règle du jeu en retirant à une jeune femme de couleur noire, le prix pourtant choisi par le public, parce que, a-t-il dit, il y a une candidate plus belle, qui se trouve être blanche. Ce présentateur, dont je tais le nom pour ne pas lui faire honneur, est accusé (à raison) de racisme par les utilisateurs des réseaux sociaux lorsqu'il contesta la victoire de la femme noire.

           Et dans le même registre de l’abominable, un chirurgien flamand invité à l’université de Gand par une association d’étudiant extrémiste, à déclarer ce qui suit :

« Les femmes veulent les privilèges de la protection masculine et de l’argent, mais elles ne veulent par contre plus ouvrir les jambes ».

Et de poursuive : « On leur a donné des machines à laver, des lave-vaisselles, des femmes de ménage… tout. Jusqu’à ce qu’elles soient devenues inutiles ».

Voilà le fruit de la dérive radicale serinée chaque jour par des politiques rétrogrades et néfastes. L’extrémisme est un cancer qui s’étend non seulement dans la population flamande, mais il contamine aussi certains wallons.

 

           Mardi 10 décembre

           « La France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer. » Silvain Tesson.

           A mon humble avis, si on peut comprendre ce qu'il dit, admettre que la France est mieux lotie que de nombreux pays à travers le monde, je crois toutefois qu'il a une perception sociale de sa France avec une cuillère en argent dans la bouche, un privilégié déconnecté qui ne comprend pas que dans "sa France au climat tempéré " il y a des gens qui n'ont pas assez d'argent, avec des salaires de misère, pour payer la facture du chauffage et des vêtements d'hivers.

Comparer un pays à un autre, par exemple situé en Afrique, en ne tenant pas compte des impératifs sociaux et du coût de la vie de chaque pays, est une forme de malhonnêteté intellectuelle. Car chacun vit dans la réalité économique et climatique qui l'entoure et jamais dans celle d'un autre. Donc, monsieur Tesson, l'enfer peut-être partout, à Paris pour celui qui se les gèlent dans les rues, faute d’un revenu et d'un logement. Dans ce cas, le paradis est perdu.

 

           Lundi 9 décembre

Le temps passe, mais il n’efface rien

De jour comme de nuit dans les rêves

Un impossible aveu qui tourmente

Une absence au relent douloureux

Au désir secret d’avouer sans harceler

Dévasté par la crainte de l’échec

Celui de provoquer une haine féroce

Parfois décelée dans un regard sévère

Chimère réussite à enlacer cet amour

Qui fint par anéantir toute espérence

© Christian Janssen-Déderix

 

           Dimanche 8 décembre

Mon nom est Chêne
De nationalité américaine
Á cours de l’automne
Ma coiffe devient rouge
Certes de belle allure
Mais on me dit migrant
Sans le moindre intérêt
Qui envahi les espaces
En glandant à foison
Au milieu d’une place
Qui rappelle une ville
Du Sud de la France
J’attire tous les regards
Depuis des décennies
Mais peu m’importe
Otage de la pollution
On m’a laissé malade
Et je vais bientôt mourir
Sous la lame d’une scie
Exécuté devant un public
Qui me regrettera peut-être

© Christian Janssen-Déderix

 

           Dimanche 24 novembre

           Suite à un article du journal Le Soir, à mon avis, mettre des guillemets à « gilets jaune » ou « Gilets jaune », cela cache une forme de négation du mouvement de protestation sociale dont l'origine est la paupérisation du petit peuple, de ceux d'en bas. C'est prétendre encore que derrière ce mouvent social spontané appelé "gilets jaune", il y a une intention maléfique organisée par des anarchistes, des extrémistes, des casseurs, manière de discrédité le fond du malaise d'une population à bout de souffle. C'est aussi étouffé les voix qui demandent un peu d'équité. C'est ce que font encore nombres de médias et autres personnages populaires en faveur du pouvoir bien libéral de Macron, des soixante-huitards embourgeoisés.

 

           L'écrire sans les guillemets en lettre minuscule, donc gilets jaune, c'est aussi une manière de banaliser le mouvement en le rendant ordinaire, pas très significatif au regard de la société. Ecrire gilet jaune comme on écrirait col blanc (exemple donné dans l'article) c'est aussi une manière de le réduire à rien, ou du moins sans importance, voire péjoratif.

 

           C'est pourquoi, je crois qu'il faut l'écrire avec une Majuscule : Gilets jaunes. Car c'est un mouvement qui en train de marquer l'Histoire sociale dans une époque qui en train de sombrer dans la radicalisation et l'extrémisme. Et puis une protestation qui dure désormais plus 50 semaines, avec ces hauts et ses bas, on ne peut plus appelé cela une grogne passagère, face à une politique ultralibérale.

 

           Maintenant, que des black blocs y viennent pourrir le mouvement pour le récupérer, cela est une évidence. Mais cela n'enlève en rien la réalité et le fond de la protestation surgie d'une population paupérisée.

 

           Samedi 23 novembre

           Supprimer le Sénat en faveur d’une participation citoyenne. Dans le passé, il y eu un applaudissement général d'une floppée de gens et des insultes envers le PS qui n'y était pas favorable. Puis aucun commentaire dénigrant, du style : « Ouai, qui seront les citoyens, des apparatchiks gauchistes qui pullulent dans les associations, ONG, plates formes et autres... » Ah ben non ! Puisque cela aurait été des porteurs de drapeau à l'effigie du lion avec ses griffes bien noires, c'était merveilleux !

 

           Aujourd'hui, un membre du parti socialiste reprend l'idée pour tendre une main à cette Flandre contaminée par l'extrémisme de droite et on en revient néanmoins au même dénigrement cité ci-dessus. "Ouai... Gnagnagna.... tout profit pour les socialos qui mettront leurs hommes de paille...." Bref, un déferlement d'imbécilité.

 

           Maintenant, un pays sans une institution comme le Sénat est à mon humble avis une Nation pas du tout saine, qui serait sans contrôle envers un gouvernement qui pourrait faire ce que bon lui semble. N’est-ce pas justement l'objectif des nationalistes, anéantir des institutions et créer des coquilles vides pour justifier l'abolition. Un piège dans lequel tombe une fois de plus les wallons. Soyez en sûr, par la suite cela sera la révocation de l'assemblée citoyenne sous prétexte que celle-ci ne sert à rien non plus. Comme s’exclama une amie : Mais alors c’est la dictature. Eh ben oui !

 

           Jeudi 21 novembre

      Je crois qu'il y a de nombreux artistes de renommées internationales qui ne sont en aucun cas des individus fréquentables dans leur vie privées, mais qui se sont inscrit dans l'histoire de la culture tant au cinéma, qu'au théâtre, dans la chanson, la littérature, la peinture ou la sculpture. Dès lors, faut-il boycotter les œuvres pour protester la conduite dérivante de celui qui les a créés ? Dans ce cas, il y a des grands classiques qui devraient alors se retrouver aux rebus.

 

           Ne faut-il pas savoir faire la différence entre l'homme et l’œuvre ? Dans ce cas, je pense que les gens vont voir "l'affaire Dreyfus" qui a marqué l'Histoire et non le film d'un homme qui est accusé de viol. Prétendre que le spectateur qui assite au film, cautionne les viols et serait d'une certaine manière complice de l'auteur d'un crime, est à mon humble avis une malhonnêteté intellectuelle. Et cela ne veut pas dire que le viol n’est pas un acte répréhensible et punissable.

 

           Dimanche 17 novembre

           Au fond du désespoir, l’Homme va souvent chercher une force ailleurs pour espérer garder la tête hors de l’eau. Il prie, parfois il ne sait pas quoi, mais il prie. « Que Dieu soit avec moi », finalement, convaincu qu’il existe quelque part une justice divine, que tout finit par se payer avant d’aller manger les pissenlits par la racine. Prier, supplier, espérer, garder confiance malgré les revers, voilà les diverses manières de résister, de se battre contre un sort qui s’acharne. « Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir », disait mon père, anéanti, humilié et rongé par les coups durs. Il ne s’est jamais relevé ! Mais il conservait un sourire de façade pour dissimuler sa honte et surtout pour ne pas donner la moindre satisfaction à ceux qui se réjouissaient de sa descente aux enfers. Il avait l’orgueil de se montrer plus fort que les réjouissances fondées sur la haine ; son combat fut celui-là, tout le restant de sa vie. Les deux genoux à terre, sans jamais l’afficher. Son arme de diversion était deux de ses enfants ayant monté leur propre groupe qui aimait des soirées dansantes ; ce qui réveilla sans cesse les animosités de ceux qui avaient contribué à sa ruine.

 

           Comparaison n’est pas raison ! Mon père avait bel et bien des ennemis sans scrupules, dénigrant et agissant à visage découvert ; mais cela se déroulait dans les années 1960 dans un petit village où le garde-champêtre et la gendarmerie du coin étaient des pleutres qui ne désiraient nullement se mettre les puissants sur le dos. Résultat, les plaintes étaient classées sans suite. Pire, ils estimaient que les dégradation punissables commises par ces gens-là, bien connus, n’étaient qu’affabulations de mes parents poussés par le désespoir.

 

           Soixante ans plus tard… Les ennemis sont pour la plupart invisibles, sans visage, tapis dans des bureaux, à des postes décisionnaires ou juchés sur l’estrade d’une salle d’audience. Deux décennies de bataille pour ne même pas avancer, ni progresser, ni obtenir la moindre chose, manière de marquer quelques points au tableau, voire pour l’honneur, mais tout simplement pour ne pas sombrer définitivement, corps et âmes, pour ne pas devenir une île déserte engloutie au milieu d’un océan d’indifférence. Certes, nous ne sommes rien ! Avec ou sans honneurs, après avoir cru être existé, le monde tourne bien sans nous. Cependant, pour quelqu’un qui est de chair et de sang, l’indifférence générale sur son sort au sein d’une société égoïste, déshumanisée, méprisante envers ceux qui sont resté pour diverses raisons sur le quai de la gare, est aussi lourde à porter que la croix d’un condamné.

 

           Vendredi 15 novembre

           Certes, j’avais promis, mais l’actualité me pousse à revenir un instant sur ma parole. Bien sûr, je ne suis pas informé de tout ce qui se publie dans les médias… ! Ce que je puis néanmoins constater, c’est le silence des principaux canaux sur certaines informations. Quand il fut question d’annoncer une seconde condamnation d’un ex-président, ce fut un raz-de-marée, par contre c’est le silence absolu pour annoncer que cette même condamnation est définitivement annulée, non pas pour faute de procédure, mais parce qu’elle reposait sur un copier-coller de la première condamnation, sur une falsification en somme, en y ayant simplement modifier (sauf un fois dans l’arrêt du jugement) le bien immobilier prétendument reçu en corruption. En effet, cette seconde condamnation impliquait une propriété à la campagne, mais le juge (qui remplaça le premier entre temps devenu ministre) copia-colla (plagiat) le premier jugement en oubliant de modifier le nom de la propriété et laissa inscrit celui d’un appartement, objet de la première condamnation. Et pour compléter, il y eut jadis une troisième accusation tout aussi farfelue qui avait été rejetée par un juge faute de preuve. Mais comme le bonhomme est désormais innocenté pour le second dossier, libre et en marche de démontrer le complot pour le premier, le ministère publique fédéral vient de reformuler l’accusation du troisième dossier, laquelle est de nouveau rejetée pour la même raison. Le harcèlement continue. Une preuve supplémentaire que les accusations à l’encontre de cet ex-président ne sont que politique.

 

           Samedi 9 novembre

           C’est promis, je clôture momentanément la grande parenthèse sur le Brésil; j’ai écrit un roman qui aborde en autre le sujet via un personnage et j’espère bien le voir l’an prochain mis à disposition des lecteurs. Mais quelques précisions sont utiles : Le Suprême Tribunal Fédéral a voté 6 voix contre 5 pour permettre à Lula de retrouver une liberté provisoire. Une toute petite victoire donc, car cela veut dire que presque la moitié de cette cour suprême est toujours en faveur de la violation de la Constitution et des lois appliquées par le juge (entre-temps devenu ministre de la Justice) qui emprisonna Lula. L’un des juges à même argumenté qu’il fallait écouter la voix du peule (donc l’élection de Bolsonaro) en balayant d’une main l’entièreté des articles de loi qui donnait à Lula (ce qui revient à dire à tout un chacun) le droit de bénéficier de sa liberté, car il y avait le « Risque Lula » ; autrement dit un emprisonnement en toute violation du droit, mais légitime au regard de l’individu politique.

 

           Sa libération ne clos pas l’affaire, puisqu’il doit désormais démontrer devant le tribunal d’appel, avec les révélations de certains journaux d’investigations et reconnues comme vraies par la Police Fédéral et des magistrats, que l’accusation de corruption fut montée de toutes pièces, via des échanges de courriels et de sms, en toute complicité, avec le procureur dans son rôle d’accusateur et le juge, en principe dans un rôle d’impartialité. Leur ambitions politiques en faveur de la droite extrémiste les ont conduites à condamner un homme sans la moindre preuve matériel pour obtenir en récompense, pour l’un le portefeuille de ministre de la Justice et pour l’autre le secret espoir de devenir le Président du Suprême Tribunal Fédéral. Un complot qui plonge le Brésil dans un chao dictatorial.

 

           Jeudi 7 novembre

           Je pleure… Vous me direz que je pleure beaucoup en ce moment… ! Mais quand on est touché parce que l’on aime, parce ce qui nous atteint d’une manière ou d’une autre, les émotions montent à la surface. Certains prétendrons sans doute que je suis un perpétuel dépressif, un pessimiste récurant, que je regarde le monde avec une loupe déformante… Je crois plutôt que je le perçois selon un angle de vue que la plupart refusent de se positionner, par facilité, par paresse ou tout simplement parce qu’il lui convient tel qu’il est, malgré toutes les injustices et les dérives.

 

           Je pleure même de honte devant le spectacle que nous offre les politiques de mon pays, devant cette montée du radicalisme d’une Région qui s’arc-boute sur l’idée de devoir s’allier avec une clique de fasciste de manière à donner le coup de grâce à l’existence d’une Nation. Que celle-ci soit imparfaite ou non, la seule idée de saboter la formation d’un gouvernement est du niveau de la traîtrise.

 

           Je pleure quand j’entends le méprit d’une jeune éditorialiste française, d’une revue de l’extrême droite, estimer que lorsqu’une femme divorcée ayant deux enfants se retrouve sans emploi, sans argent suffisant, c’est parce qu’elle n’a sans doute pas fait l’offert d’étudier quand elle était jeune, qu’elle n’a pas su garder son travail, pas su assurer ses arrières et, pour achever sa diatribe fielleuse, qu’elle ne devait pas divorcer. Un discours en ligne direct de Marion Le Pen et Éric Zemmour.

 

           Je pleure toujours devant ce feuilleton macabre qui se joue au Brésil. Je viens d’apprendre que le pouvoir aux mains d’une bande de déséquilibré mentaux, avec à leur tête un nostalgique de la dictature et un ex-juge marron devenu Ministre de la Justice avait lancé (heureusement en vain) un mandat d’arrêt à l’encontre de l’ex-présidente Dilma Roussef, alors qu’elle n’est impliquée dans aucune enquête ni aucun jugement. L’objectif de cette manœuvre est spécifiquement politique, dans le seul objectif d’écarter pour les prochaine élections les deux autres leaders du parti PT, puisque cette même tentative fut déjà faite à l’encontre de l’ancien candidat Haddad sous prétexte de corruption.

 

           Mercredi 6 novembre

           Brésil. Une histoire vraie. Au moment de la destitution de Dilma Roussef (que même Michel Temer admet aujourd’hui qu’il s’agissait d’un putsch pour discréditer le PT et atteindre Lula), le prix de la bouteille de gaz était de 15 reais. Une fois Michel Temer au pourvoir, le prix grimpa tout de suite à 30 réais.

 

           C’est là que débuta la discussion avec un brésilien qui n’avait même pas de quoi vivre et qui allait régulièrement manger chez ses parents. Pour lui, Lula était le plus grand des voleurs que le Brésil n’avait jamais connus ; à ses dire, Fernando de Collor qui fut destitué pour avoir détourner l’argent de l’Etat en faveur de sa propre famille ne fut qu’un voleur de poule. Et Dilma Roussef du même parti de Lula ne valait pas mieux que ce dernier. Pour lui les putschistes et l’extrême droite étaient la solution pour redresser le Brésil.

 

           Du coup, je lui avais demandé s’il ne préférait pas payer sa bouteille de gaz deux fois moins cher sous Dilma Rousef que le double sous Michel Temer. De même que pour le prix de l’eau qui avait aussi doublé, comme celui du carburant qui était passé de 1 à 3 réais ? La propagande anti Lula et Dilma Roussef lui avait tellement lavé le cerveau, qu’il ne réalisait même pas qu’il était en train de perdre son pouvoir d’achat, qu’il devenait encore plus pauvre et que son salaire minimum demeurait bloqué. Aujourd’hui la bouteille de gaz est à 76 reais au lieu de 30 reais. Les augmentations des prix lui bouffent tout son salaire, mais il continue à déverser son fiel sur le PT qui lui offrait une meilleure vie et à glorifier Bolsonaro.

 

           Puis arrive le décès de son père, les frais de succession concernant la part des enfants, puisque la maman vit toujours. Il est tellement pauvre, qu’il n’a pas de quoi payer les frais. Ce sont ses frères et ses sœurs qui vont lui payer sa part. L’idiot n’a encore rien compris.

 

           Mardi 5 novembre

           Ma réflexion n’est pas neuve ! Est-ce la demande qui fait l’offre ou est-ce l’inverse ? Si je passe sur une route, que je vois une prostituée dans la rigole, je risque peut-être de m’arrêter, sinon irais-je fourrer l’arbre qui se trouve à côté ? Á mon humble avis, c’est plus souvent l’offre qui crée une demande qui n’existe pas ou plus. Qui avait réclamé de boire de l’eau en bouteille venu des glaciers du Groenland avant qu’un petit malin ne le propose ? Personne. Et pourtant il y en a qui achète ce type de produit débile. Le principe est je crois d’application pour la plupart des idéologies politiques qui ont un relent d’extrémisme. Proposez la haine, le racisme et l’exclusion et vous trouverez toujours une clientèle qui se sentira concernée, réconfortée dans sa rancœur envers ceux qu’ils estiment être la cause de leurs malheurs, de leur misère, de leur ruine, de leur complexe. Plus la crise perdure, plus ce sentiment grandi auprès de ceux qui au départ n’auraient jamais imaginer soutenir une thèse radicale qui fut parfois la cause du désastre de leurs propres aïeux. La mémoire courte, souvent faute d’avoir réussi à purger ce qui devait l’être dans leur propre famille, d’avoir curer leurs cicatrices et d’avoir régler, une bonne fois pour toute, leur honte devant l’Histoire. Le déni de groupe comme moyen de refuser de faire le mea culpa de sa communauté ou de son peuple.

 

           Dimanche 3 novembre

           Voilà donc un membre de ce parti né du CVP, l'un des premiers empoisonneur de la démocratie du pays, avec sa série de Premier Ministre flamingant qui ont prôné des décennies durant le "régionalisme" qui ne nous voulait pas dire son nom de "nationalisme flamand - AVV VVK", qui avait déjà pour objectif de se débarrasser des socialiste wallons qui ne convenaient pas à leur but final, celle d'une Flandre droite, catholique et fervente devant la croix de Dixmude, autrement dit, en accord tacite avec les nostalgiques de la SSWaffen condamné pour collaboration avec les nazis (Volksunie, Vlaams Block, et autre VMO). Cela c'est l'Histoire, la vraie, par celle qui est revisionnée par le petit-fils d'un collabo condamné qui veut réhabiliter son salopard de grand-père en ayant créé la N-VA sous le doux regard du CD&V (CVP), tout content que quelqu'un fasse le sale boulot à leur place.


           Et le plus incroyable est de lire que si aujourd'hui la situation est dans l'impasse, elle serait la faute des imbéciles qui peuple la "Walbanie" en votant pour la PS et la gauche, qui refusent de gouverner avec cette clique de fasciste flamingant qui n'a qu'une seule idée en tête, celle de nous rayer de la carte après avoir été le moteur du pays pendant plus de 120 ans, alors qu'ils n'étaient que, et là je me lâche, des gueux au milieu de leur champs de patate. Certes, le monde tourne, mais il y a aujourd'hui un révisionnisme immonde charrié par une ribambelle de politicard, qui dissimule une Croix de Fer sous leur chemise, et qui mériterait de passer devant un tribunal pour trahison.


           Car voilà donc à quoi ces traîtres à l'unité nationale en arrivent à proposer, après avoir torpiller la démocratie du pays pour le bien de tous, pour le mettre à genoux au seul profit de la finance, VOKA & Co, du Dieu pognon, de la rentabilité à tout va, du citoyen vache à lait... pardon, du client vache à lait, suggérer la privatisation même de l'Etat, de son gouvernement, comme cela se passe dans les républiques bananières. Mon écœurement est grand de voir qu'une partie de la population soit à ce point lobotomisé qu'elle ne voit même plus qu'elle est menée comme jadis par voie de chemin fer vers une destination qui présage sa propre finalité.

 

           Vendredi 1er novembre

           Le jour des morts c’est demain, mais je crois bien que nous allons pouvoir honorer cette journée avec la nouvelle qui vient de paraître dans l’actualité politique. Car voyez-vous, dans ce pays, quand un homme décide contre plus de 80% de sa communauté de s’allier avec des extrémistes flamingants qui n’ont qu’un seul l’objectif, celui de faire disparaitre le Royaume de Belgique, en torpillant toute ce qui peut unir le peuple en faveur d’un nationalisme qui suinte la peste, puis qu’après avoir foiré son gouvernement de fachos avant le terme du mandat, ouvrant ainsi la porte aux extrémistes de droites les plus radicaux de Flandre lors des dernières élections,  au point de n’avoir aucune issue pour former un gouvernement fédéral, ce bonhomme au allure de pleutre prend la poudre d’escampette avant terme en laissant derrière lui le chao, pour se réfugier dans une cage dorée de l’institution européenne…  Eh ben le roi de ce pays ne trouve rien de mieux à faire que d’accorder à ce goujat un titre honorifique de Ministre d’Etat.

 

           Jeudi 31 octobre

           Le temps n'efface rien et j'aimerais que pour une fois, de là-haut, mes ancêtres soient fier de moi, en voyant enfin publier mon roman qui brossent en partie leur vie, au travers de toute l'histoire du pays. Le plagiat de mon roman pourri ma vie depuis 7 ans, empêchant sa publication, et je ne vis que pour voir ce malotrus de salopard de fumier avec son éditeur reconnu publiquement comme des voleurs. Car là sur la tombe, je ne peux retenir mes larmes.

 

           Mardi 29 octobre

           A mon grand regret, tout comme à mon humble avis, si on garde la même ligne de conduite imposée par une volonté de chao, il n'y a plus de solution dans ce bric à brac institutionnel peu à peu mis en place depuis les années 1960 par des ennemis de l'Etat Belgique. Il faut dire la vérité, des nationalistes flamingants de la première heure, infiltrés dans les partis de Flandre, ont utilisé leur supériorité numérique pour contraindre l'autre partie du pays, mollement représentée, à accepter le morcellement des pouvoirs, à vider l'Etat pour qu'il tombe en morceau et justifier une inexistence historique du pays. C'est exactement le discours du nationaliste Bart de Wever. Diviser, diviser et diviser au point où plus rien de tient debout.

 

           Aujourd'hui nous en sommes là! Qui pourrait accepter de se mettre en ménage avec celui qui tue l'Etat et veut votre mort. Il n'y a que le MR qui s'y est aventurer, comme jadis le naïf Degrelle avec Hitler. Il ne peut pas y avoir de compromis avec des traitres de la nation. La bande à De Wever et le VB ne sont que des individus toxiques à la vraie démocratie, des révisionnistes qui donnent à croire que leurs thèses fascistes est acceptable.

 

           Tant que la population se laissera hypnotisée par des tribuns qui serinent sans cesse que leur malheur vient des autres, qu’elle ne décidera pas de faire table rase en boutant dehors à coup de pied au cul ses malins pestilentielles, ces politiques qui entretiennent la division au lieu de travailler à une réunification des peuples, des partis et de la solidarité, je crois que rien ne sera plus possible.

 

           Mardi 22 octobre

           En allant faire mes provisions au Colruyt et au Delhaize, je me suis vu proposer les filets réutilisables pour emporter fruits et légumes. Certes, je ne suis pas contre ce système de réutilisation. Seulement voilà où se dissimule un peu l’arnaque des grandes surfaces au nom de l’écologie !

 

           Actuellement au Colruyt on nous offre 5 filets qui pèse chacun 30 gr - le paquet de 5 est au prix de 5 euros dans certains magasins. Donc à chaque fois que nous rangerons les achats dans le filet, il y aura 30 gr de plus que le poids de la marchandise = 0.10 . En moyenne, selon le prix du produit, au bout de 50 achats, de 10 semaines, vous aurez payé les filets. Á ma question, le responsable m’a répondu qu’il déduisait le poids. Mon œil, car comment la balance va faire la différence entre le produit sans filet et avec filet lorsque le numéro de la marchandise est encodé.

 

           Au Delhaize, le filet est payant (0,75 ) et il pèse 20 gr. Idem donc pour la pesée. Alors, si j’achète par exemple des tomates cœur de bœuf, le prix supplémentaire pour le filet est de 0,08. Donc, en plus d’acheter le filet et ils me le font repayer à l’usage. Au bureau d’information, ils m’ont fait remarquer que le sachet en papier disponible pesait 12 gr, que par conséquent je le payais aussi. Mais ils ont omis de préciser que le sachet papier était gratuit et que dans ce cas il était un peu logique que son poids soit compté avec le produit.

 

           Samedi 12 octobre

           Le plus dangereux est de se conformer aux vagues à la mode ou aux propagandes des lobbies et des populistes, soit en conservant le silence par facilité, par crainte de représailles administratives, soit par adhérence à une marche forcée qui chante les bienfaits d’un mouvement ou d’un ordre autoritaire et capitaliste, un monde dans lequel les minorités, les voix dissonantes et les démunis n’ont pas leur place. On constate un dénigrement gratuit qui déferle sur les réseaux sociaux à l’encontre de ceux qui ne chantent pas en chœur avec ce qui est mis au gout du jour par une presse d’opinion, laquelle parfois n’ose pas ou ne veut pas dire ouvertement qu’il faut garder raison. Il serait bon de revenir les pieds sur terre, cesser de s’enflammer à la moindre botte de paille qui s’affiche ci et là à travers la planète. Par exemple, ne pas nier que le pays est déjà sous la coupe de l’extrême droite depuis plus de 5 ans, car publier une carte du monde y en coloriant en noir les pays ayant basculé vers l’extrême droite sans y inclure la Belgique, c’est tout bonnement un déni coupable de collaboration, une banalisation de la peste. Tout le monde hurle à l’idée de voir arriver à la tête de la France Marine Le Pen, alors que notre maison est déjà entièrement infestée par le pire. Idem concernant l’écologie ! Ne peut-on pas y être en faveur, y avoir voter pour, faire sa part de citoyen, dénoncer les climato-septiques de tous poils, sans pour autant sombrer dans un évangélisme béat ou un catastrophisme manipulateur orchestré par des lobbies ?

 

           Jeudi 10 octobre

           J’avais envisagé de participer ce soir à la présentation du nouveau livre de Jean-Pierre Otte. Seulement voilà, je ne suis pas du tout d’humeur à me farcir les bouchons causés par les travaux du tram à Liège. Vous me direz qu’il y a le train, mais en fin de soirée, j’ai une obligation dans cette région qui m’oblige à circuler avec un autre moyen de locomotion. Et puis quelques évènements décourageants m’attristent ; il ne s’agit pas, enfin pas encore, d’un refus de l’un de mes textes. Puis pourquoi le nier, divers paramètres interviennent dans ma léthargie, cette phase de mélancolie, mon actuel vague à l’âme, face aux songes inassouvis, au constat d’inachèvement, aux sentiments refoulés que je retiens malgré moi avec un lasso depuis toujours.

 

           Mardi 1er octobre

           Le monde semble s’enfoncer lentement mais surement, avec une apparente insouciance et une effrayante désinvolture, dans les limbes obscurs d’un noir d’encre.

 

           Il fut un temps pas si lointain où tout le monde sans exception sortit de sa maison, si elle n’avait pas été détruite, pour se réjouir de la fin d’une période tragique, des fleurs à la main pour remercier ceux qui avaient réduit à néant les aspirations totalitaires d’une bande de criminelle. Si dans d’autres parties du globe, ces réjouissances prirent un peu plus de temps, elles finirent toutefois par arriver devant la volonté d’individus courageux ayant parfois payer de leur vie ou de leur jeunesse pour conscientiser le peuple et renvoyer les persécuteurs dans leurs casernes. Il y eut donc une parenthèse où l’apaisement était devenue pour beaucoup la ligne de conduite à tenir. Des murs étaient même tombés, les ennemis d’hier se serraient les mains et il était encore envisagé une paix planétaire ; même s’il y avait toujours ci et là des incendies à éteindre, car les erreurs du passé remontaient régulièrement à la surface. Les rancœurs n’avaient pas encore été apurées. Mais l’optimisme régnait. La globalisation était la panacée pour tous. Plus de frontière pour les finances et les marchandises, les peuples pouvaient boire et manger ce qui poussait à l’autre bout de la terre. Les fortunes se faisait en une poignée d’année au lieu d’une vie de labeur. L’appât du gain devint la religion. La productivité à bas prix poussa à sous-payer la main-d’œuvre, tant ici qu’à l’étranger, à robotiser à tout va. La religion de l’ultralibéralisme revint au galop. Les acquis sociaux de jadis relégués aux oubliettes. Afin de faire face à cette productivité effrénée, la guerre des énergies revint à son tour, mais ce fut aussi la guerre tout court là où les produits se trouvent. La panacée pour les armuriers. Frileux, les financiers préféraient alors miser sur la bourse, faire du fric avec du fric, acheter et revendre un produit sans le déplacer, ni le transformer, juste le refourguer plus cher cinq minutes plus tard. Ils inventèrent aussi des produits financiers qui s’afférèrent une escroquerie à l’échelle de la terre, des bulles financières qui éclatèrent et qui mirent tout le monde par terre. Patatras, faillites en cascades, plus d’exportation, plus de bénéfice, plus de travail, des chômeurs à la pelle à travers le monde. Et que dire les responsables de cette merdouille libérale qui détruisit l’économie? Ben que c’était la faute à la politique sociale de la gauche qui exigeait des salaires décents, une couverture sociale digne, un accueil humanitaire des gens qui ont fui les guerres, que les financiers ont provoquées là-bas pour mettre la main sur les ressources pétrolière. Du coup, le repli identitaire redevient à la mode. Retour de la vieille recette qui fait peur, celle du sécuritaire, de la gauche démocratique accusée d’être communiste, qui va taxer et même saisir les biens acquis pour les redistribuer aux pauvres. Le mensonge, le révisionnisme, la propagande, le lavage de cerveau, la haine de l’autre, l’égoïsme, le racisme dans toute ses formes, la délation. Et puis la division au sein des familles qui finissent par se déchirer. Dans un document filmé, j’entendis un ancien jadis embrigadé de la jeunesse hitlérienne, dire que ses parents lui avaient avouer, après le conflit, avoir eu peur qu’il les dénonce à la gestapo parce qu’ils écoutaient clandestinement radio Londres !

          

           Pour l’heure, nous en sommes de nouveau là, les opposants de cette droite prétendument décomplexée sont mis à l’index de la vindicte populaire, ils sont accusés de tout, même à des tenir des positions contradictoires, comme être à la fois favorable au communisme stalinien, malgré les horreurs des goulags, et à l’immigration des djihadistes, à l’islam radicale, à la charia. Pour eux, être favorable à l’équité sociale dans un monde où il n’y a pas de travail pour tous et avoir un revenu minimum correspondant au coûte de la vie actuelle, c’est promouvoir le chômage, la clientèle entretenue par les partis de gauche, voire aussi du centre. Les finances publiques dans le rouge, le taux de chômage et le poids de la sécurité sociale, c’est la faute aux fainéants, aux faux malades, aux seuls politiques de gauche corrompus... Que nenni, ce n’est pas à cause de la fraude fiscale, ou cette optimisation fiscale, une fraude légale de plusieurs milliards d’euros par an, mise sur pied par des partis de droite afin de permettre aux fortunés, aux banques, aux entreprises, même aux politiques, d’échapper à l’impôt et de plaquer leurs magots dans les paradis fiscaux.

 

           La tâche d’huile de la radicalisation grandi à travers le monde. L’apogée de ce phénomène fascisant est l’avènement au pouvoir de plusieurs extrémistes à travers l’Europe et dans les Amériques. Mon pays y est contaminé depuis plus de six ans, même si les médias nationaux minimisent, comme un déni, la présence au sein des gouvernements nationaux et régionaux d’un parti notoirement fasciste. L’apogée du pire est arrivé au Brésil, un nostalgique de la dictature militaire, élu par un peuple ayant été manipulé par une procès judicaire monté de toute pièce par des magistrats politisés afin de condamner un homme populaire. Mais six mois plus tard, le Brésil est en train de vivre sa plus grande tragédie de son histoire. Les putschistes d’extrême droite qui ont fomentés la destitution d’une présidente et la condamnation illégale d’un ex-président, finissent par se déchirer et se trahir les uns les autres, au point que l’un des magistrats envisagea d’exécuter d’une belle dans la tête l’un de ses collèges au cours d’une séance plénière. Les langues se délient et il s’avère que la tragédie est en train de ruiner une nation. Comme toujours, la peste fait son œuvre. Et pour sûr, elle le fera ailleurs, chez nous, dans l’admiration de ceux qui croient au mirage d’un ordre nouveau, autoritaire, de ceux qui ne veulent rien voir, ni rien comprendre, ou chaussés de pantoufles, silencieux, ou même par orgueil, enfoncés dans le déni.

 

           Dimanche 29 septembre

           Il parait qu’il faut chaque jour occuper la place pour avoir une chance de sortir du lot, qu’à force de persévérance on finira par vous accepter. Mais pas sûr que cela marche pour tout.

 

           Certes, les plus optimistes des auteurs se sont vu recalés durant des années avant de voir s’entrouvrir une porte ? Par contre, combien y sont restés ad vitam aeternam devant une porte de bois ? Serait-ce un mensonge de dire que « un pour dix milles » finit par voir un rayon de soleil ? Je me souviens avoir entendu que tout ce qui est de qualité ne finit pas forcément sur la table d’une librairie. Qu’il y a une forme d’injustice et beaucoup de partialité dans le choix des décideurs. Il n’y a pas que le contenu, mais le moment, l’actualité, les modes, le « qu’est-ce qu’elle a ma gueule », le contexte social… Bref, des impératifs cumulés qui n’ont rien à voir avec un contenu.

 

           On pourrait fort bien transposer cette analyse au sujet de la vie privée et sentimentale. Certes, si « non, c’est non », que ce n’est pas un « non » qui veut dire « oui » pour faire languir le ou la prétendant(e), combien toutefois ont d’abord refusé les avances avant de se laisser passer la bague au doigt ? Autour de moi, la majorité de mes oncles et de mes tantes, des cousins, des amis. Ma mère ne souhaitait pas voir mon futur père en peinture, elle ne le trouvait ni beau ni à son gout ni raffiné. Puis un jour patatras, elle a dit oui. Elle n’a jamais su expliquer pourquoi ; car ce n’était pas faute de prétendant. C’était une autre époque me direz-vous, d’autres mœurs. Cela dit, aucun d’entre eux ne furent violenté ou persécuté, tous ont fêté leurs 40 ans de mariage. On peut admettre qu’entre la séduction et le harcèlement la frontière est parfois mince, mais il ne faut pas toujours sombrer dans la psychose.

 

           Comme pour l’une ou pour l’autre situation décrites, à mon humble avis, le problème commence vraiment quand le refus pousse celui qui est recalé à adopter une attitude agressive, à pister, à poursuivre, à pourchasser, à dénigrer, à s’immiscer dans les affaires ou dans l’intimité de l’autre sans son autorisation.

 

           Mercredi 25 septembre

           Le prix Nobel de la Paix… ! En voilà une bataille pour désigner celui qui mériterait de le recevoir. Chacun y va de son candidat ou de sa candidate. On sort du chapeau des noms qui n’ont pas encore pérennisé leur action civique ou politique.

 

           Personne ne peut le nier, l’actualité primordiale et utile du moment est le climat. Mais est-ce être climato septique que d’estimer qu’il est prématuré de proposer une enfant de 15 ans nommé Greta Thunberg, voire encore déplacer au regard du prestige de ce prix ? Attendons toujours de voir ce que demain sera fait. Par exemple, Mandela ne l’a reçu qu’après avoir été prisonnier toute sa vie pour son combat politique.

 

           J’entends parler de Donald Trump, l’homme qui profère des menaces de guerre à tout va, même à la tribune de l’ONU, qui instaure un climat délétère, une sorte de guerre froide et qui se présente ensuite comme un homme de dialogue et de paix, en allant serrer la main de celui qu’il a injurié et pointé du doigt « son plus gros bouton » de l’arme nucléaire. Un individu qui dresse des murs et qui qualifie de « sale porc » ses voisins d’Amérique Latine.

 

           En parallèle, on avance aussi le nom de Raoni Metuktire (mais pour 2020), ce vieil indigène d’Amazonie, qui lutte depuis des décennies contre la déforestation, ayant déjà fait deux fois le tour de la planète pour sensibiliser le monde du danger de la disparition de ce poumon vert et des tribus indigènes… Cela donne tout de même un autre relief à la candidature.

 

           Le nom de Lula, ex-président du Brésil, actuellement le prisonnier politique le plus célèbre de la planète. Son parcours de vie est digne d’un roman. Né dans une famille très pauvre dans la région du nordeste du Brésil, il devient tourneur à Sao Paulo avant de fonder le syndicat des travailleurs. Emprisonné une première fois par les militaires pour son combat contre la dictature. La démocratie de retour, il transforme le syndicat en parti politique. Trois fois candidat malheureux aux élections présidentielles. Puis enfin Président, huit années durant lesquelles il créa le programme « faim zéro », la bourse des familles pour permettre aux enfants pauvres de se scolariser jusqu’à l’université, les pharmacies populaires, la sécurité des travailleurs, quarante millions de pauvres sortis de la misère noire grâce à sa politique du marché international… Ensuite victime d’une condamnation judiciaire sans preuve matérielle orchestré par des magistrats politisés qui l’accuse de corruption, emprisonné illégalement afin de l’écarter des urnes lors des élections présidentielles. Malgré les multiples révélations des journalistes d’investigations démontrant l’innocence de Lula, avec les preuves à l’appui et le complot mis en place depuis plus de 5 ans par des putschistes dans le but de mettre au pouvoir l’extrême droite, Lula est toujours en prison.

 

           Faites donc votre choix du plus méritant.

 

           Vendredi 20 septembre

           La politique n'est pas là comme marchepied pour permettre à des élus de s'infiltrer via des mandats cumulés dans des structures financières dans le but de s'enrichir en détournant les bijoux de familles à son profit personnel. S'attribuer un salaire allant jusqu'à 900.000 euros en est exemple édifiant. Et l'excuse du talent de gestionnaire de la personne élue que l'on compare aux salaires des Top Manager engagés dans le privé est irrecevable. Soit on est un politique avec sa rémunération, soit on va dans le privé. Et il encore moins acceptable d'avoir un pied dans le public et l'autre dans le privé qui est partenaire avec le service public dans lequel on est soi-même administrateur.

 

           D'ailleurs, il devrait y avoir une évaluation des biens privés à l'entrée du mandat public et un contrôle à la fin, permettant de voir si l'élu à utiliser son statut d’élu pour s'enrichi anormalement au regard de son indemnité et de ses acquis privés de départ.

 

           Lundi 16 septembre

           Á mon humble avis, les incessantes attaques et moqueries envers François Hollande, ancien Président de la France, ne sont rien d’autre que cette mode actuelle de dénigrer tout ce qui a la couleur sociale de la gauche.

 

           Car si on prend le bilan de Sarkozy, finalement après avoir pomper les électeurs du Front National, dès le début de son mandat, il n’a fait que diviser le peuple avec sa politique identitaire, tant raciale que sociale. Était-ce une surprise ? Non, il était bien de cette droite à la Charles Pasqua.

 

           Macron a lui prétendu n’être ni de gauche ni de droite, mais depuis le début, il pratique et utilise toutes les méthodes et les pratiques du libéralisme au profit de la finance, d’où il est sorti. Et lui aussi divise le peuple avec ces multiples déclarations méprisantes sur la classe sociale inférieure et défavorisée. Son pragmatisme revendiqué, qui a séduit ceux qui croyaient au Père Noël, finit par se révéler être au seul profit des entreprises, non aux petits salaires. Il a trompé son monde.

 

           Quant à Hollande donc, il faut rendre à César ce qui lui appartient, il n’a jamais tenu une position qui divisait. C’était à la fois sa force mais surtout sa faiblesse. Ses opposants, même à l’intérieur de son propre parti, ont stigmatisé cette apparence mollesse en ne lui attribuant aucun mérite, même quand il avançait. On lui a collé à la peau l’image d’un type qui portait la poisse (par exemple sous la pluie). Hollande ne fut certainement pas plus mauvais que ses prédécesseurs. Et le bilan de son successeur ne sera pas meilleur, soyez en sûr.

 

           Lundi 9 septembre

           Et si je vous disais que je ne supporte plus de voir un article de journal avec la photo d’un des membres du parti MR, qu’a chaque fois j’en attrape de l’urticaire ! Car voilà un parti qui arrive second derrière le PS en Région Wallonne avec à peine 20% et qui est le seul dans toutes les combinaisons nationales et européennes… ! Quelque chose ne tourne donc pas rond dans cette prétendue démocratie où la parité et l’équilibre est le fondement d’une Nation en bonne santé. Mais dès que l’un des membres finit par faire cavalier seul au détriment de sa propre communauté, le déséquilibre alimentaire provoque des maladies, il implante une anémie et même le cancer. Par la même occasion, il offre les clefs de la Nation à son voisin, un boulevard pour la propagande nationaliste, une couverture médiatique pour la diffusion des propos révisionnistes teinté de haine envers sa propre communauté. Et le pire se révèle maintenant : Le MR ne se sent pas concerné par ces propos infames envers les wallons, puisqu’il s’estime au-dessus de la mêlée, collaborant au dénigrement de la politique wallonne de gauche, accusée de communisme ! N’est-ce pas le fidèle portrait de Léon Degrelle, qui se croyait investit d’une mission et qui collabora avec les nazis en estimant que lui n’était pas dans le viseur de la politique destructrice d’Hitler ? Pauvre et dangereux naïf qui sema derrière lui la peste et la misère.

 

           Lundi 2 septembre

           La rentrée littéraire… Ce samedi soir, j’ai assisté à une émission sur France2. Trois auteurs invités, qui ont composé toute leur œuvre en allant puiser dans l’histoire chaotique de leur propre famille ou de leur existence, ce qui implique toujours des proches mécontents du portrait romancé, qui conduit à la rupture des relations. Maintenant, quand l’auteur prétend avoir transcrit la réalité, reste à savoir si cela est vrai, ou si finalement, il n’a pas transformé les évènements en sa faveur pour passer pour une victime, par exemple. Un auteur, ayant eu un énorme succès pendant des années, a fini par admettre que tout ce qu’il prétendait être la vérité sur les évènements de sa famille, n’était que mensonge et invention depuis le début. Dans ces conditions, le lecteur estime à juste titre avoir été abusé. Certes, on devine bien que les auteurs s’inspirent toujours de leur vie et de leur entourage, mais il y a une marge entre affirmer que tout est biographique, autobiographie, ou  qu’il y a des bribes de sa vie arrangées pour le besoin de la fiction.

 

           Dimanche 1er septembre

           Chaque année c’est le même manège, en fin de matinée il y a le ballet des millionnaires dans les airs de la ville de Verviers. Que dis-je, une débauche d’hélicoptère en provenance du Nord-Ouest, direction Spa-Francorchamps. Une bonne dizaine, en seulement trente minutes. Puis en fin d’après-midi, une fois le Grand Prix de Formule1 terminé, retour du spectacle, dans l’autre sens bien entendu.

 

                        Jeudi 29 août

           Je dois bien avouer que devant les nouvelles de ce monde radicaliser répandu un peu partout à travers le monde, aux mains de quelques despotes et déments, ce mois d’août me fut pénible. Que de tristesse de voir des proches et des amis se laisser aller à des réjouissances devant la montée inexorable des idées les plus répugnantes de l’extrémisme, celle de donner des bonnes raisons au pire, à l’exclusion, aux propos haineux envers les actions sociales, sous prétexte qu’il y a ci et là des politiques véreux ! Comme si l’ultralibéralisme était en train d’étendre un tapis de fleur, avec sa hargne à vouloir abolir un équilibre entre les diverses classes de la société. Le plus incompréhensible est de voir que des gens soutiennent cette politique de privatisation à-tout-va, que toutes les charges obligatoires qui incombent en principe à un État digne d’une démocratique avancée devraient disparaître. Ils sont favorables à la réduction de toutes les aides sociales, la prolongation du temps travail, la limite drastique des interventions concernant les soins de santé, la sélection discriminatoire des bourses d’étude… Pourtant, ils sont les bénéficiaires directs des batailles syndicales jadis menées avec courage par les anciens. L’aberration devient totale quand on constate que la plupart soutiennent cette thèse radicale qui a le vent en poupe à travers le monde, alors que dans le même temps, certains d’entre eux bénéficient à moins de 60 ans, soit d’un logement et d’un revenu social, soit d’une pension de la mutuelle. Sans compter que parfois, de son côté leur enfant reçoit une aide d’intégration pour poursuivre des études. Je l’avoue, mon intelligent n’est pas assez développé pour décoder ces choix contradictoires. Ou alors, est-ce tout bonnement le produit d’une propagande rondement menée, qui finit par les convaincre que celui qui les soutiens depuis des années n’est qu’un vil manipulateur responsable de leurs malheurs ?