Journal d’un écriveur

(depuis 1995  -  mise à jour régulière) 1934 pages

2020

           Vendredi 7 août

           J’avouée ne pas comprendre les interventions qui pullulent sur les sites sociaux et dans certains médias, de la part de ceux qui contestent la nécessité de préserver la santé publique de la dangerosité du Covid19 - virus contagieux au même titre que peut l’être la lèpre ou le choléra - qui se propage à l’insu de chacun. On sait bien que la faim et que d’autres causes de maladie sont mortelles, mais on ne peut pas comparer ce qui n’est pas contagieux à celui qui peut l’être au moment où l’on croise une personne dans la rue ou dans un magasin, il s’agit là d’un amalgame flirtant avec la malhonnêteté intellectuelle. Il se dit encore que porter un masque ne sert à rien, puisque de toute façon lorsqu’on fait un pet, odorant ou non, tout est traversé, le pli des fesses, le slip, le pantalon, la veste ; par conséquent un simple masque ne peut pas faire mieux. Cette idiotie n’est même pas risible.

 

           Oui, le nombre de cas à réduit comparativement au mois de mars, sans aucun doute grâce au confinement, ensuite au port du masque obligatoire (trop tardif suite aux cafouillages désastreux, à la mauvaise gestion des responsables politique). Par contre, ce qui me chagrine aujourd’hui, c’est l’argument de dire que les cas déclarés actuellement sont la conséquence de l’augmentation des tests. À mon sens, c’est bien la preuve que depuis le mois de mars, il y a des gens qui se trimballent et qui refilent le virus à leur insu. Par conséquent, à l’époque le nombre de contaminé comptabiliser était bien en dessous de la réalité et que sans le confinement et l’obligation du port du masque, il serait encore plus important. Et c’est la preuve supplémentaire qu’à ce jour, il y a toujours des gens qui sont contaminés sans le savoir et qui peuvent refiler le virus à une personne qui peut y laisser sa peau, jeune ou vieux. Arrivé à ce point de ma réflexion, là encore quelque chose me dépasse. Il serait devenu admissible de ne pas se protéger pour une prétendue « liberté individuelle », de contaminer les vieux sans souci, car cela serait statistiquement négligeable, parce qu’ils sont vieux, parce de toute façon ils ne sont pas loin de l’article de la mort. Vis-à-vis de la loi, vieux ou pas, on peut estimer qu’il s’agit d’un empoisonnement prémédité, un acte condamnable. Alors, elle se situe où la liberté individuelle ?

 

           Cela dit, il est évident que la pandémie ne donne nullement un blanc-seing au gouvernement pour établir des lois qui ne respectent pas le chemin du droit et que dans ce cas, il est utile de revenir à la base.

 

           Mercredi 29 juillet

           Certes, le rôle de la presse est de commenter, de critiquer, d’analyser, de dénoncer le contres vérités, les mensonges, les abus de toute sorte, les arnaques… Bref un quatrième pouvoir utile dans toute démocratie. Mais quand il s’agit de santé publique, que suite aux tergiversations des autorités coupables de peu de cohérence dans la gestion de la pandémie, que de surcroit il y a au sein de la population une vague de déni sur la dangerosité du virus qui pousse les gens à dénigrer l’utilité du port du maque, là je prétends que les médias sont coupables d’alimenter ce déni.

 

           En effet, leurs titres et leurs articles quotidiens aux accents d’interrogations sur le oui ou non de l’utilité du port du masque et du confinement, sur la virulence actuelle du Covid 19, donc moins criminel, sur la comparaison des chiffres du mois mars à ceux d’aujourd’hui qui seraient tout bonnement erronés, voire manipulé pour créer la peur au sein de la population face à un virus qui selon certains ne tuerait presque plus personne. Bref, l’idée du complot se conforte ainsi dans la petite tête de monsieur tout le monde qui se prend pour un médecin spécialiste. C’est donc ainsi que l’on se retrouve face à des gens qui n’ont aucun respect pour les autres. Hier je me suis écarté d’un homme qui promenait son chien de 40 kilos et qui m’a dit que sa bestiole n’était pas dangereuse, ce à quoi je lui ai répondu que je n’avais pas peur de son chien mais de lui. Le type m’a regardé un rien effaré avant que la pièce ne tombe au bon endroit.

 

           Du coup, je me suis demandé ce qu’il fallait à ces gens-là pour comprendre que ce virus est mortel et ravageur. Leur faut-il donc le décès d’un proche ? Il suffit pourtant de regarder les dégâts dans les pays des Amériques, des dizaines de milliers de morts. Est-ce parce que j’ai de nombreuses informations qui me viennent du Brésil, que je suis moins enclin à me laisser convaincre par les petits Bolsonaristes ou Trumpistes de ce pays qui squattent les sites sociaux ? J’ai des amis brésiliens qui ont des proches emportés par le virus. Donc, non, il ne s’agit pas d’une « grippette » mais d’un immense fléau. Et le fléau du déni pour favoriser l’économie et le bisness est tout autant criminel.

 

           Dimanche 26 juillet

           Que n’entends-je sans cesse seriner par une grande partie de la jeunesse qu’il faut arrêter de penser à la Belgique de papa, que celle-ci est morte avec les grands-parents traumatisés par les vieilles Histoires du passé et qui de nos jours n’ont plus lieu d’être, qu’il faut aller de l’avant. Tu parles… ! Tout au moins, la jeunesse flamande reprend aujourd’hui les mêmes codes que celles du grand-père Adolphe, avec le scoutisme comme base de formation de la jeunesse aux idées fascistes, arborant le drapeau flamingant lors des camps de vacances et, qui plus est, en envahissant le territoire du voisin pour diffuser leur propagande nauséabonde. Et quelle est aussi la différence entre cette jeunesse embrigadée par les thèmes de l’extrême droite et les groupuscules flamingants, jadis emmenés par des individus qui se retrouvent aujourd’hui au gouvernement de ce pays, et qui allaient se promener dans les Fourons en brandissant d’une main leur drapeau indépendantiste et de l’autre main un gourdin pour se farcir du Wallon ? Aucune ! Ce ne sont rien d’autre que des bébés biberonnés au fascisme à longueur d’année par leurs géniteurs et lobotomisés par des gourous admiratifs devant les cendres d’un malade mental Autrichien. Des nostalgiques qui refusent la condamnation de leur aïeux pour trahison à l’État Belge et qui n’ont que la haine comme moteur politique.

 

           Samedi 25 juillet

           En 1998, un avocat ayant reçu mandat pour remettre un document auprès de l’Office National pour l’Emploie, ne fit pas son travail et je fus exclu de mes droits sociaux durant 4 ans. Il refusa de reconnaitre son erreur. Corporatisme oblige, le bâtonnier couvrit son collègue. Mieux, ne trouvant donc aucun avocat pour entreprendre une procédure judiciaire pour réclamer réparation, je dus entreprendre seul la plainte auprès des tribunaux, qui me méprisèrent et me regardèrent comme un huluberlu. Malgré les preuves matérielles de la faute professionnelle qui allait forcément avoir une répercussion sur ma pension future - puisque je ne cotisais plus pour la sécurité sociale - les tribunaux refusèrent d'admettre mon préjudice et la responsabilité de l'avocat. Résultat, je fu condamné à payer les frais de justice de la partie adverse pour cause de procédure téméraire. Oui, oui… ! Et aujourd'hui, alors que je reçois les documents pour ma pension, je vois bien qu’il y a un trou de 4 ans de cotisation et qui me porte préjudice. À l’époque, tout le monde me prenait pour un fou ! Mais pardi, qui avait raison dans ce combat pour le droit que l’on m’a nié de bout en bout, avec le sourire en coin d’un magistrat lors de ma plaidoirie. Salaud d'avocat, salope de Justice !

 

           Dimanche 19 juillet

           Il fallait bien un jour que cela sorte… Mais quoi donc ? Pardi, ma colère devant la mauvaise foi des uns et des autres, les manipulations et les mensonges à répétition qui finissent par donner aux gens l’impression d’être grugé lorsque chaque jour on leur donne des versions autres de celle de la veille au soir, voire du matin au soir. La confusion donne ainsi du crédit à un complotisme d’État et sanitaire. Des acharnés du port du masque jadis pas obligatoire finissent par délaisser la prévention en estimant désormais que l’obligation actuelle est de la foutaise, juste une question d’économie pour vendre des masques et, malgré tout, sans le dire, pousser les gens à consommer, à voyager…

           Ils rejoignent ainsi les discours de Trump et de Bolsonaro, ces septiques du Covid19, ceux qui qualifient de grippette le virus qui est en train de dévaster leur pays avec des dizaines de milliers de morts. Les États-Unis, compte pourtant deux fois plus de décès que de tuer lors de la guerre au Vietnam ; laquelle mobilisa les Américains pour réclamer le retrait des troupes ! Mais ici, non… Il faut bien mourir un jour, ai-je entendu ! En quelques sorte, c’est l’acceptation d’être la chair à canon au profit de l’économie mondialisée.

           Sans l’avouer, puisque ce sont principalement les vieux qui passent l’arme à gauche, cela soulage les caisses publiques. Ce monde est pourri par la rentabilité des affaires publiques et privées qui parfois se confondent et instaurent des conflits d’intérêts. Des doubles discours qui ne font que renforcer la population de n’être qu’une marionnette à qui on exige de voter, puis basta, circuler y a rien à voir… Le reste ne sont que des affaires décidées dans les hémicycles feutrés, où les perdants avides de pouvoir deviennent des gagnants capables de s’allier avec la peste brune pour conserver les clefs.

           Et n’ai-je pas lu avec effarement un humoriste Belge vivant le plus souvent à Paris dire que cela valait mieux que le système présidentiel à la française, où le pouvoir est concentré dans une seule main. Prétendre qu’un système fagoté par des extrémistes, ne permettant pas de former un gouvernement dans un délai de quelques semaines, est mieux que celui de la France, cela relève de la psychiatrie. Bref, tout cela pour dire que peu à peu, à force de pourrissement, de propos contradictoires, parallèle un révisionnisme quotidien, le peuple nage dans le marasme sans plus savoir qui croire et, fatigué, le cerveau lavé, il finit par digérer l’inacceptable.

 

           Jeudi 9 juillet

           La Belgique est gangrénée par le communautarisme. D’abord au niveau Fédéral, piégé par la radicalisation d’une région vis-à-vis d’autre, une guerre linguistique qui traine depuis des décennies, aggravée par la crise économique et les exigences des radicaux flamands sortis tout droit de l’extrême droite fascisante, qui accusent les wallons d’être la cause de tous les maux économiques du pays. Ensuite au niveau local… Le meilleur exemple vient d’éclater à la ville de Verviers. Une guerre non déclarée comme telle, mais qui, sans le dire, suite le communautaire et le racisme. Le Conseil Communal est désormais scindé en deux avec d’une part, ce qu’il se dit dans la population, le clan de ceux qui sont blanc et qui portent un nom « de bien chez nous », donc les « Belges » et puis le clan des « émigrés » tout au moins de ceux qui ont un nom à consonnance exotique. Un élu et échevin du MR ne m’a-t-il dit, lorsque je l’ai croisé dans un petit chemin avec son chien, que les élus Turcs de la ville allait prendre leurs ordres à la mosquée et haranguer leur communauté pour prendre le pouvoir de la ville. Voilà bien un discours qui rappelle celui de l’extrême droite flamande de la N-VA et du Vlaams Belang. Et comme par ignorance la plupart du monde devient fou, ce même élu du MR ultralibéral fut traité de « sale juif » par les adeptes du clan des « émigrés ». Bref, tout cela sent mauvais et profite directement aux extrêmes de tout bord.

 

           Jeudi 2 juillet

           On dit toujours qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Alors se jeter des fleurs lorsque personne ne vous en jette, est-ce du narcissisme, un manque de modestie ? Quand vous faites face à de gens butés et méprisants qui vous toisent du haut de leur statut de « professionnel du livre », est-ce de l’arrogance de leur rappeler qu’une moitié de leur production vaux parfois que dalle, que leur seaux estampillés « pro » est souvent un jeu de l’entre-soi aux odeurs de complaisance, de revoit d’ascenseur, de courbettes, de compliments artificiels.

 

Voyez-vous, en 2010 lors de la Foire du Livre à Bruxelles, il me fut dit par une dame de Namur, alors que je lui proposais la saga familiale qui traverse toute l’Histoire de la Belgique, que cela ne servait à rien de lui remettre le texte, qu’elle n’allait pas le lire parce que, et je la cite : « Vous ne faites pas partie de mon sérail » ! Elle se prétendit une éditrice et au final elle ne fut qu’une vulgaire marchande de papier qui foula aux pieds la notion première d’un éditeur digne de ce nom. Bien sûr, il y en a d’autres tout aussi fermés, qui ne veulent rien savoir lorsqu’un quidam n’est pas auréolé d’une quelconque notoriété, fut-ce même n’ayant rien à voir avec la littérature, pourvu de fourguer sa camelote.

 

Un libraire vient de me répondre qu’il se fichait bien de savoir si le texte est bon, pour lui sa priorité était de présenter de livres distribués par des diffuseurs professionnels. À chacun de vous rappeler que vous n’êtes rien d’autre qu’un amateur, probablement un médiocre qui désire côtoyer le firmament littéraire.

 

Oui, je le dis, car personne ne lira pour moi (enfin si quelques amis anonymes), mon roman La lignée Dorval touche du doigt sa part d’humanité, un excellent roman qui mérite sa place dans le paysage culturel. Et que tous individus désireux de démontrer le contraire, aient la décence de le lire et de développer noir sur blanc leurs arguments ; contrairement à ce que firent en 2012 au moment de mon accusation de plagiat, des journalistes qui se contentèrent de dénigrer comme des vulgaires snipers, dans le seul but de défendre le « professionnel » afin de renvoyer « le médiocre à son anonymat ».

 

Ah oui, je n’oublie rien ! La vengeance est un plat qui se mange froid. Allez savoir, peut-être même que je finirais par défoncer cette putain de porte fermée à double le tour lorsque je serai froid à mon tour.

 

             Vendredi 26 juin

           Quand un prestataire de service dans l’édition se fait passer pour un éditeur, voilà ce que cela donne :

 

           « Après l'étude attentive de votre manuscrit, notre maison a le plaisir de vous annoncer qu'il a retenu notre attention. Afin d'en permettre la publication, nous vous invitons à découvrir nos différentes propositions de collaboration… »

Donc ça tourne mal avec ce qui suit :

Cout : 3370 euros pour 300 exemplaires

 

           Déjà, je refuse de payer pour être édité. Mais étant un peu avisé sur l’édition, par curiosité je fais un rapide petit calcul selon leurs conditions :

 

- Cout de l’impression de 300 livres : 900  

- 50 ex. pour moi qu’il présente comme gratuit alors que je serai le client ! C’est moi qui paye !

- Admettons encore qu’il y aurait 30 exemplaires pour les médias, le dépôt légal et autres.

- Il resterait 220 exemplaires à vendre au prix de 18,80 , avec 27% pour moi, un équivalent de 5 X 220 = 1.100

- Admettons encore que je puisse vendre les 50 exemplaires (gratuit ?) à 18,80 , cela me ferait 940

- Si par hasard je vendais tout, le total serait de 1100 + 940 = 2040 . De n’importe quelle manière, je serais déficitaire de 1330 euros. Un pigeon quoi !

- En plus, si je voulais des livres supplémentaires, je devrais les acheter à moitié prix, alors que je financerais l’opération, le coéditeur en quelques sorte; lui, n’étant qu’un exécutant qui utilise son réseau d’impression et de diffusion pour lequel il serait payé.

 

Et le prétendu éditeur recevrait 3370

- moins le coût de l’impressions : 900

- moins (à peu près) 500 ou 600 de gestion

- Il conserverait environ 1900 euros, que le livre se vende ou pas.

- Si par hasard le livre se vendait : il toucherait environ 3,8 par exemplaire ; 17,80 HTVA – 5 pour moi – 9 pour le distributeur et les libraires.

- Dans cette hypothèse, il empocherait 836 des ventes + les 1870 qu’il n’aurait pas dépensé = 2706

 

Cette pratique pour le nom d’escroquerie.

 

           Samedi 20 juin

           Admettons que ce sondage soit significatif… ! Face à la démagogie des partis flamands formant le gouvernement provisoire avec à sa tête le MR désireux de former à tout prix une coalition avec l’extrême droite flamande, comment s’étonner que les deux partis adeptes du radicalisme fascisant se retrouvent toujours avec 48 % d’intention de vote. L’Open VLD, le CD&V et le MR nourrissent bien l’extrême droite flamande depuis plus de 6 ans.

 

           Le plus aberrant est de constater que le MR flirtant avec la N-VA conserve malgré tout sa position, ce qui signifie que les électeurs formant le noyau dure du libéralisme sont toujours dans le déni face à la dérive droitière de ce parti. Quant à la popularité de Willems, mettez un canasson à la tête du gouvernement et vous le rendez populaire ; tous les Premiers Ministres le sont devenus et ils ont tous caracolés en tête des sondages ! Le peuple est généralement aveuglé par la notoriété et ils votent comme des papillons attirés par la lumière.

 

           Le plus inquiétant est de constater un léger recul du PS. Certes, il est la tête de la Région Wallonne, mais il est toutefois en coalition avec les libéraux qui cautionnent la politique menée. Contrairement au MR, Magnette est aussi celui qui propose la formation d’un gouvernement fédéral le plus au centre, excluant les extrêmes de droite comme de gauche. Le radicalisme gagne donc les électeurs ; ceux-ci tombent soit dans le piège des discours populistes du PTB, soit ils restent accrochés à ce miroir aux alouettes du MR qui ne nie pas sont désir de rejoindre l’extrême droite de la N-VA.

 

           Mardi 16 juin

           Sans doute n’ai-je pas été assez complet ce dimanche 14 juin concernant la colonisation du Congo.

 

           Oui, l’État Belge est tout aussi coupable que Léopold II au sujet des violences commises au Congo.

 

           D’abord, pour financer sa colonie privée, le roi demanda un prêt au gouvernement de l’époque, qui eut la faiblesse de lui accorder. Ensuite, au décès du monarque, la Belgique reçut la colonie en guise de remboursement de la dette ; le roi n’avait jamais rendu l’argent, malgré la fortune amassée. En fait, l’État fut un peu comme une banque qui saisit le bien du mauvais payeur. Et que ce passa-t-il par la suite ? Durant des années, l’État ne changea rien au système mis en place et cela avec la complicité de la Général de Belgique toute puissante et autres investisseurs industriels.

 

           Oui, le roi Baudoin a aussi sa responsabilité en ayant donné son feu vert pour assassiner Lumumba, parce que celui-ci avait eu l’audace de pointer du doigt les exactions des colons lors du discours de l’indépendance du Congo. Et qui fut placé sur le trône ? Un dictateur tout aussi sanguinaire que ne furent les colons.

 

           Il n’est donc pas question de nier l’évidence au regard des nombreuses études scientifique ; les responsabilités des uns et des autres sont très claires : la colonie engendra aussi des massacres pour un enrichissement après le décès de Léopold II.

 

           Oui, il y avait déjà à l’époque du roi des carricatures et des articles dans les journaux qui dénonçaient des actes commis dans la colonie, une opposition politique, par contre elle était minoritaire, peu relayée, pas entendue par la population, niée par ceux qui détenaient les manettes du pouvoir politique et financier. Même l’Eglise à travers ses religieux le savait, mais l’omerta était de mise afin de ne pas remettre en cause la mission d’évangélisation.

 

           Les années 1950-1960… Comme de nombreux enfants du village, j’ai été un enfant de chœur. Quelques familles avaient en leur sein un religieux, un Père Blanc de passage durant quelques semaines et nous étions honorés de les servir lors des offices ; même si parfois ils se montraient dominateurs. Après l’indépendance du Congo, l’ignorance était toujours de mise au sein de la population, ces hommes étaient admirés, car il se disait dans les chaumières qu’ils faisaient le bien pour « les petits africains ». Finalement, c’était l’une des seules images de la colonie véhiculées, des Pères Blancs qui par leur tenue blanche dégageait une aura. Sans oublier encore la fameuse publicité banania qui montrait un homme noir tout sourire. Du coup, il est assez simple d’imaginer comment cette colonie pouvait être perçue par le petit peuple en 1900 !

 

           Voilà, voilà… De tout temps, il y a bel et bien une époque que « les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre » et qui explique les raisons pour lesquelles il est malsain de regarder l’Histoire des civilisations avec un œil plus contemporain, particulièrement celui d’aujourd’hui, où tout est diffusé dans l’immédiat par les uns et les autres à travers le monde.

 

           Dimanche 14 juin

           L’indéfendable radicalisation de part et d’autre.

 

           A-t-on encore le droit de s’insurger devant tant de positions contradictoires qui flirtent avec la malhonnêteté intellectuelle, voire une radicalisation de part et d’autre ?

 

           Personne ne peut le nier… Même sans-y-avoir jamais mis les pieds, le second roi des Belges reste l’initiateur de la colonisation et l’organisateur de ce qui se passait sur place. Nier qu’il ne savait rien, revient à mettre la tête dans le sable ; à cette époque Léopold II était l’un des monarques le mieux informé au monde. Accuser les Anglais ou un auteur Américain d’avoir inventé une légende sanguinaire pour se venger de ne pas avoir réussi à s’accaparer la riche colonie privée est tout aussi ridicule. L’Histoire des colonies est ce qu’elle fut à une époque bien donnée et à travers le monde, aucune ne fut sans massacre et on ne peut la réparer qu’avec une reconnaissance des faits. Oui, Léopold II est coupable de crime comme le sont tous les colons, de Christophe Colomb à Charles De Gaule !

 

           Oui, les colonisations ont enrichi l’Europe au détriment des populations locales, avec le sang versé sur les terres fertiles, l’extraction des sous-sols, un cambriolage du coffre-fort. À l’époque, avant la colonisation, les locaux ignoraient aussi toutes les richesses que contenaient leur terre. Cela dit, rien n’est justifié : Voler avec violence, reste voler avec violence. Notre regard est horrifié sur cette période. Par contre, le regard des hommes de cette époque était tout autre, pas très humaniste envers les habitants des autres continents. Alors, puisqu’on en est là, occupé à juger les actes passés, va-t-on avoir à notre tour le courage de nous condamner (nous-même) pour les exactions commises par nos aïeux celtiques en furie qui traversèrent le Rhin vêtus des culottes en forme de sac à patate (dit les Belges) et qui décapitaient à-tout-va les habitants de ce territoire qui fuirent en Angleterre ? Pas de quoi être fière de nos origines ancestrales - si tant est que nous sommes de cette « race pure » ! Demandons pardon aux Anglais.

 

           Les décolonisations à l’ancienne (car il reste les colonies économiques) sont évidemment salvatrices pour les populations, sauf quand ce sont des dictateurs du cru qui émergent avec la complicité des ex-colons. Que l’indépendance de ses territoires soit mieux ou moins bien après de départ des colons, la question n’est pas là. Le sujet est celui de savoir s’il faut déboulonner les hommes de cette époque qui ont organisé et participé à ce qui était présenté comme des missions civilisatrices et chrétiennes pour sauver ce peuple de l’enfer, tout en s’appropriant les richesses. De tout temps, l’homme est vénal, il regarde toujours s’il ne peut gonfler son portefeuille tout en présentant ses actes comme humanitaires. À ce jour, aucun pays n’intervient ci et là dans le monde sans avoir en toile de fond un intérêt financier. Rien n’a changé.

 

           Les opinions des uns et des autres qui se diffusent actuellement, surtout de certains intellectuels, sont pour le moins inquiétantes. Par exemple, il est malhonnête de comparer un colonisateur comme Léopold II à Hitler, Staline ou Pinochet. Si le premier est bien coupable d’avoir extorqué par la violence les richesses de sa colonie, il n’a jamais exterminé sa propre population pour s’imposer au pouvoir, ce qui fit Hitler avec les Juifs Allemands, Staline avec le goulag et Pinochet avec les opposants à son régime militaire. Donc, argumenter que s’il n’y a pas de statue de Hitler en Allemagne, il ne doit pas y avoir chez nous celle de Léopold II est un non-sens, pour ne pas dire une position politique, anti-monarchique au regard de la Constitution actuelle. Léopold II fut un roi certes mégalomane, estimant que la Belgique était trop petite pour son ego démesuré, voulant être à la hauteur des grandes puissances, responsable d’une colonisation violente, par contre il ne détruisit rien en Belgique, ni son peuple, ni son patrimoine, ni la mémoire de ses habitants par des actes de révisionnismes. Par conséquent, il a sa place dans l’Histoire du pays, là où d’autres statues trônent au coin des rues.

 

           La vague de cette perte de sens critique et de radicalisation actuelle est causée par l’ignorance, la faute du savoir, la réduction de l’enseignement concernant l’Histoire. On réduit tout en slogan sur les réseaux sociaux sans approfondir un sujet, ni même en le remettant dans son contexte. Et le phénomène se produit autant de la part de ceux qui dénoncent à juste titre le racisme et les exactions de jadis (utile pour un devoir de mémoire), que les radicaux de l’extrême droite qui passent la main dans les cheveux de ceux qui ont commis des actes répréhensibles au regard de l’Histoire. Finalement, les uns nourrissent les autres par leur idéologie incompatible.

 

           Jeudi 11 juin

           Au sujet du Brésil, de l’extrémiste Bolsonaro et du soutien qu’il reçoit encore de la part d’une partie de la population qui n’a encore rien comprise, un ami se déclara déçu du peuple brésilien. Bien sûr, je partage son avis. Seulement voilà, peut-on en Europe leur donner une leçon ? La dictature fut abolie là-bas en 1984, une bonne partie de la population la connue et pour certains la regrettent, transmettant ainsi leur nostalgie à leurs enfants. Chez nous, la guerre du fasciste teuton est terminée depuis 75 ans et s’il reste certes quelques témoins directs en âge de se souvenir, la plupart des gens ne l’ont pas connue ou ils ne se souviennent de rien dû à leur trop jeune âge. Les récits transmis ne sont donc que par des témoignages indirects et il y a toujours des adeptes du fascisme qui tendent le bras devant une Croix gammée. Plus de la moitié d’une Région a voté pour l’extrémisme de droite. La Belgique a ses Bolsonaro en plus softs ; ne soyons pas naïf, le fascisme est déjà au pouvoir chez nous depuis plus de 5 ans. Il y a quelques années à peine, au Portugal dont la dictature s’est achevée en 1974 avec la révolution des œillets, le personnage du siècle choisi par la population était le dictateur Salazar. En Espagne le retrait de la dépouille de Franco conservé dans son mausolée a vu grandir une contestation de nombreux nostalgique. C’est triste et regrettable de constater que la peste brune n’est pas encore éradiquée, qu’elle renait de ses cendres… !

 

           Jeudi 11 juin

           Sachez-le, puis dites-le une bonne fois pour toute autour de vous, amusez-vous, répétez-le, écrivez-le, partagez-le… Et après, foutez-moi la paix.

 

           Oui, je suis un dyslexique orthographique et lorsque je rédige un texte, je commets des fautes à la pelle, j’orthographie de travers et je ne les vois pas en me relisant.

 

           Oui, je fais corriger mes textes qui sont en principe destinés à prendre la forme d’un livre et à voir un jour les yeux d’un lecteur.

 

           Oui, je suis un rêveur et je m’évade dans une littérature qui est la mienne, avec ses défauts sans doute et peut-être ses qualités et je me dis que mes travaux mériteraient néanmoins d’être accepté comme ils se présentent et non comme le lecteur voudrait qu’il soit lorsqu’il s’agit d’un auteur qui n’est pas encore publié.

 

           Oui, je suis un autodidacte reclus dans mon fief, loin de l’entre-soi et des courbettes en usage dans un monde qui n’est pas le mien et dans lequel je ne me sens pas non plus à ma place.

 

           Oui, je refuse de payer un éditeur quel qu’il soit, les faux qui ne sont que des imprimeurs, les escrocs, puis les prétendus à compte d’éditeur qui attendent que vous déposiez une liasse sur leur bureau pour accepter votre texte.

 

           Oui, j’ai eu en horreur l’école, le jour où j’ai mis le pieds dans la cour et que j’ai entendu que « voilà le fils du blabla » de celui qui a vu ensuite son commerce partir à la ruine.

 

           Oui, j’étais considéré comme un cancre qui s’est vu affliger des punitions casi quotidienne, à devoir rédiger 20 fois un verbe à toutes les personnes du tableau grammatical, un exercice qui m’a poussé à détester la matière, à refuser le bagne.

 

           Oui, ma scolarité fut un désastre peu enviable, mon seul fait d’arme est peut-être d’avoir eu un jour à l’âge de 11 ans, le courage de me dresser devant l’instituteur pour lui dire non, de ne plus accepter cette persécution et de quitter la classe en plein cours pour rentrer chez moi.

 

           Oui, faute d’une réussite scolaire, j’ai eu en horreur ce que l’on a voulu faire de moi, un carrossier ou un tourneur, sans doute une détestation traumatique à tout ce qui avait un rapport avec la mécanique, la sidérurgie, la graisse et le cambouis.

 

           Oui, durant longtemps je ne sus pas ce que je voulais devenir, ma vie d’adolescent fut un long chemin stérile et chaotique.

 

           Oui, je bégaie quand je m’énerve - le phénomène était plus important lorsque j’étais enfant - et cela depuis le jour, pour me punir, à l’âge de 2 ans ma maman (elle l’a toujours regretté) m’avait enfermé dans la cave, dans le noir, hurlant de peur, j’avais dévalé les escaliers en béton, ce qui me causa une bosse sur le crâne.

 

           Voilà, c’est dit une bonne fois pour toute et qu’on arrête de pointer du doigt mes défauts, mes lacunes, mes lubies, mes espoirs et mes rêves un peu fous. Je les connais très bien, pas besoin de me les ressasser dans le seul but de dénigrer ou de mépriser un homme qui malgré tout est resté debout. Vous n’aurez pas ma peau

 

           Mercredi 10 juin

           Je lis sur un site social que l’on a déboulonné à Anvers une statue de Léopold II, sans conteste un monarque esclavagiste et mégalo, un despote comme ils l’étaient tous à la même période, puis un professeur d’Histoire s’aventure dans une comparaison avec le président Vaclav Havel, comme tout le monde le sait un président de notre époque où les colonisations ne sont plus d’actualité. Ce à quoi, je lui fais remarquer que comme prof d’Histoire, il ne doit jamais porter un jugement d’une époque avec la mentalité d’aujourd’hui. Et sa réaction fut édifiante : « T’es prof toi ? » Un tutoiement de vacher qui en dit long. Et comme sur les Smartphones il y a ce satané correcteur qui vous transforme automatiquement les mots et les accords sans vous demander votre avis, dans le feu de l’action vous postez… Et la suite est une critique sur la forme, pas sur le fond, ce qui est toujours l’argument de ceux qui n’en ont pas. Une époque de radicalisation qui se retrouve aussi chez les quidams qui squattent les sites sociaux.

 

           Vendredi 5 juin

           Je ne me l’imaginais pas comme cela, ce coup de bambou sur le crâne à l’instant où je découvris dans ma boîte aux lettres cette belle et grande enveloppe contenant le compte à rebours de ma prétendue vie active pour celle d’un congé à perpétuité.

 

           Je ne me l’imaginais pas aussi brutal ce rappel qui vient te dire que déjà tu vas bientôt passer un cap de non-retour, celui d’une douce retraite qui, l’air de rien, te mène pas à pas sur un chemin chaotique de plus en plus escarper et étroit.

 

           Je ne me l’imaginais pas aussi tenance et récurrent mon regard attristé posé sur ma vie boiteuse, sans éclat ni fait d’arme digne d’être rapportée pour mériter une salve d’applaudissement, une litanie de compliments suivis de joyeux hourras.

 

           Je ne me l’imaginais pas ainsi, hébété dans la solitude de ce maudit confinement causé par un virus venu d’ailleurs, le regard perdu à travers la fenêtre baignée par le soleil printanier, comme s’il s’agissait du dernier tronçon à parcourir.

 

           Je ne me l’imagine toujours pas… Mort aux vaches et aux couillons, pour sûr je vais m’en aller quelque part, les mains fourrées dans mes poches trouées, le nez au vent, le front battu par la brise iodée, tel un fugitif saltimbanque.

 

             Mercredi 27 mai

           Histoire vraie :

- Dis-moi, tu veux bien lire l'un de mes textes pour me donner ton avis avant publication ?

Et en résumé la réponse est :

- Ben non, ça ne m'intéresse pas de lire ta merde qui ne veut rien dire parce que bourrée de fautes de grammaire et "dortograf".

 

           Je constate donc que sans même y avoir jeté un œil, on dénigre, on démoli, on rabaisse à l'amateurisme, sans même imaginer une seconde que ce qui se trouve sur "FacedeBouc" n'est rien d'autre que des interventions au chaud et peu contrôlées, alors que dans la construction d'un roman littéraire, il y a tout un travail de construction, d'élaboration de plusieurs années et, en finalité, comme cela se passe dans toutes maisons d'éditions, il y a un passage obligé du texte sous les yeux des correcteurs professionnels

           Mais voilà, c'est franchement lamentable et cela me désole.

 

           Parce que la vérité, elle est là : Si tu as failli à tes débuts, on te le remettra sur ta gueule des années durant, même s’ils ne connaissent pas les raisons de tes difficultés et même si entre-temps tu as réussi à t’améliorer et à t’élever ! L’idée de ceux qui entretiennent l’entre-soi en s’imaginant être l’élite, la crème de la crème, est celui de te rabaisser de manière à te mettre là où on ne veut pas te voir, là où selon eux est ta place. C’est comme avoir le défaut d’être noir, pauvre, cul-de-jatte ou quidam de nulle part, tu dois être meilleur que les autres, puisque « eux », ils peuvent se permettent d’avoir une lacune, c’est pardonnable, c’est humain : « Ce n’est sans doute pas de sa faute, mais celle de son imprimeur ou de son éditeur ou de son correcteur qui n’a pas vu… »  Par contre toi, « celui qui ferait mieux de faire autre chose », « ce gribouilleur qui s’y croit », « l’écrivain auto-proclamé », « l’artiste » évoqué avec un sourire au coin des lèvres, rien ne lui est pardonné… Rien.

 

           Samedi 23 mai

           Quand je lis ci et là dans la presse que « le parti d’extrême droite » Vlaams Belang « devance le N-VA », à chaque fois les bras m’en tombent devant ce déni collectif des médias. Celles-ci auraient-elles peur de se casser une main ou d'avoir une rage de dent si elles admettaient que la NVA c’est déjà l'extrême droite au pouvoir dans ce pays. Il est de notoriété publique que ce parti est en ligne direct de la Volksunie qui éclata en morceau pour former les Vlaams Block (Jambon), VMO, Taal Actie Komitee, Vlaamse Volksbeweging (VVB) et Vlaams Balang. Rien d’autre qu’un cheval de Troie pour faire admettre que finalement l'extrémisme de droite soft est une solution acceptable en politique.

 

           L'aveuglement ou le manque de courage de ces médias sont une forme de complicité tacite à la diffusion de la peste. A moins que cette presse ait peur des représailles et autres chantages de ces partis qui ne fonctionnent que sur la propagande de la peur.

 

           Le courage est de se dresser pour faire front à celui qui veut votre mort et non celui de plier l'échine pour offrir sa nuque à la hache.

 

           Dimanche 17 mai

           Ça y est, on ne nous le dit pas comme cela, de but en blanc quoi, mais à pas de loup : Le moment est venu de retourner à la vie d’avant ! Aujourd’hui, je vis à la télévision française les conseils sanitaires sur la Covid19 et on peut dire qu’il y a dans la propagande un semblant de continuité depuis des mois, seulement, il y a une subtilité à déceler. Tout est identique, sauf un chiffre ; jadis il était dit 1,5m minimum au sujet de la distance sociale. Aujourd’hui c’est 1m… ! Ben oui, faut bien bourrer le crâne de la populace que désormais le danger est moindre de manière à la faire entrer dans les boutiques, même si dans les files d’attentes le mètre n’est pas dans l’œil du client, cela frôle plutôt le demi-mètre. Mais que cela ne tienne, le commerce reprend. Après c’est alea jacta est, tant pis pour celui qui se le chopera, faut bien faire tourner la planche à billet, surtout à l’approche des vacances. Bref, ce qui m’énerve c’est la pleurnicherie devant un veau d’or qui a certes amaigri, mais qui est loin de mettre la finance bisness par terre. Un exemple parmi d’autres, les assurances autos et les banques se sont frottés les mains comme jamais ; ceux-là même qui pratiquent le plus la fuite des capitaux vers les îles paradisiaques, avec l’assentiment des gouvernements qui ont inventé pour eux une loi faite sur mesure. Des milliards qui pourrait financer toute une sécurité sociale et les coups durs comme celui d’aujourd’hui. Mais que nenni, il est déjà annoncé par des malotrus que c’est le petit peuple qui va devoir boucher le trou causé par le confinement, en se serrant la ceinture, en crachant au bassinet, en apprenant à vivre avec moins de ce qui auparavant lui permettait à peine survivre, en apprenant à s’habituer à la misère, tandis que d’autres boiront en moins une bouteille sortie de la cave des châteaux Pétrus ou Margot.

 

           Samedi 9 mai

           Le confinement rend-il maboule… ? À force de regarder évoluer le comportement de « mon ami » merle noir à bec jaune et de sa femelle, je me suis documenté sur cette espèce d’oiseau. Je les ai longuement observés, faire des aller-retours avec la becquetée pour leur progéniture. Puis durant deux jours, seule la femelle apparut ; elle est plus craintive. Que lui était-il donc arrivé ? Heureusement, cet après-midi, il se montra de nouveau, mais il ne chantait plus. Alors je lui ai demandé si sa nichée allait bien. Et comme demain la réunion des familles est autorisée, je lui ai demandé de vernir présenter « mes petits-enfants ». Voilà, voilà… !

 

           Mercredi 6 mai

           À la veille de mes 64 ans, pourquoi ai-je subitement dressé ce portait que l’on a fait et que certain font encore de moi ? On dit toujours que la marche est propice à la réflexion, à l’introspection, que l’on en ressort transformé. Certes, ce n’est pas le chemin de Compostelle, mais chaque jour une marche d’une heure en solitaire favorise un plongeon dans son existence. Alors, suis-je tout ce l’on peut avoir dit sur moi depuis mon enfance et jusqu’à ce jour ?

           Lors de mon enfance déjà, on m’accusa d’être un voleur et un menteur… Cela va souvent de paires ! Oui, vers l’âge de 8 ans, poussé par un ami plus âgé que moi, j’ai plongé ma main dans la caisse de mes parents pour en ressortir un billet de 1000 francs, pour acheter des bonbons d’une valeur de 1 francs ! Je n’avais aucune notion de la valeur de ce billet ! Cette réputation de voleur au sein de ma propre famille ne me quitta jamais, alors qu’échaudé, plus jamais je n’ai dérobé une pièce. D’autant plus que la misère a sévi des années durant après la faillite commerciale de mon père. Menteur pour ne pas avoir avoué ce vol et surtout pour ne pas avoir avouer plus tard que j’avais éraflé la couleur de la pompe à essence avec le guidon d’un vélo. Imaginez le crime ! Une réputation ruinée à vie pour des faits mineurs d’un gamin de 8 ans.

           Le baudet… Le cancre… Voilà à quoi cela peut tenir de détester l’école dès le premier jour. À peine avais-je mis un pied dans la cour, que j’entendis un élève plus âgé crier à haute voix : « Voilà le fils du blabla ! » À 6 ans, être sans cesses harcelé par deux ou trois salopards qui répétaient tout ce qu’ils entendaient dire par leurs parents, finirent par me donner envie de m’évader ; je regardais vers la fenêtre pour voir passer les oiseaux ! Mes notes volaient moins haut que les hirondelles. Mon curriculum vitae s’étoffait.

           Quand il y a de la misère, le climat familial n’est jamais serein. De tentatives en tentatives qui échouent et qui poussent de plus en plus vers le bas, jusque dans des taudis, avec des disputent quotidiennes… Suis-je celui qui a le moins bien supporté ce climat délétère ? Peut-être ! À 15 ans, il m’a conduit dans un hôpital durant des mois et vers une distanciation non seulement scolaire, mais aussi de la vie sociale. Depuis lors, je crois que j’ai regardé le monde avec une loupe bien différente de mon entourage, ce qui provoquait mon isolement intellectuel. Du coup, on ajouta à mon CV celui de révolté, d’anticonformiste.

           Faute d’une formation scolaire, fin d’étude à 15 ans pour un lit d’hôpital… Lors de mon inscription à Don Bosco, j’avais opté pour la section bois… J’ai toujours aimé sentir les essences des bois… Mais contre ma volonté on me fourra là où je ne voulais pas, la métallurgie. Je déteste tout ce qui est la graisse et les huiles mécanique… J’y ai vu mon père s’esquinter à 8 ou 10 heures du soir pour réparer son camion, son tracteur, ses pneus crevés… Mais voilà, à 13 ans, quand on a foiré ses études, on la ferme et on va là où on veut bien de toi.

           Que veux-tu faire dans la vie ? À 16 ou 17 ans, je n’en savais toujours rien, je n’aimais rien de ce que je voyais autour de moi. Ma maman travaillait en Allemagne, ce fut sa manière de prendre de la distance… Chaque matin tout le monde s’en allait, soit au travail soit à l’école. Moi je faisais le ménage, serpillère et popote. Finalement cela arrangeait tout le monde que je reste à cette place. C’est à ce moment-là que j’ai commencé à écrire. Eh oui, moi qui avais toujours vu la grammaire et la conjugaison comme une torture, je me mettais à écrire… Enfin, plutôt à gribouiller, puisque j’écrivais de manière orale, comme un gosse, sans la moindre règle de la langue française. Je faisais réécrire mes textes par un homme qui, grâce à sa pipe, avait une vague ressemblance à Simenon.

           Un peu de tous les métiers pour essayer de voir si par hasard l’un d’entre eux allait éveiller en moi une vocation. De carrossier à guide touristique dans une grotte, en passant par boucher, cuisinier, étude en programmeur informatique. Et puis une passion pour le cinéma, l’art dramatique, la déclamation, l’écriture, la poésie, le roman. Bref, il se disait que c’était des activités de fainéant, de celui qui ne veut pas travailler, d’un glandeur. Puis une fois l’activité de saison comme guide touristique et le chômage en hivers, avant de se voir fermer la porte de l’entreprise, la galère débuta. Car les activités artistiques cela ne compte pour rien et pour personne.

           Une séparation conjugale n’arrange évidemment rien non plus, surtout quand la situation est particulière et que le statut familial est estimé selon l’analyse personnel du contrôleur du chômage. Jusqu’au jour où un inspecteur contredit cette analyse et ouvre un dossier pour sanction et récupération des allocations trop perçues. L’accusation contesté devant le Tribunal du Travail, me voilà accusé par l’auditeur de « fraudeur et de racaille à éradiquer ». Mon CV s’étoffa encore.

           Dans la vie d’un couple, il y a évidemment des hauts et des bas et des mensonges débités lors d’une dispute. Quelques années après ma douloureuse séparation, un couple ami m’invita à être le parrain de l’une de leurs jumelles. J’acceptai volontiers. Puis quelques semaines plus tard, en passant devant chez eux vers 20h (eux qui ne vont jamais dormir avant minuit), je m’arrêtai pour saluer la famille et l’époux me refusa l’entrée. Je m’étonnai. Pourquoi ? La réponse arrivera deux jours plus tard par le biais de l’une de mes sœurs. L’époux racontait à qui voulait l’entendre, ses amis et mon entourage, que lorsqu’il était au travail, j’ai voulu coucher avec sa femme, laquelle m’avait mis dehors. Je fus jeté aux chiens pour régler leur querelle. Et comme j’étais célibataire, au sein de mes amis et de ma famille il se disait que cela était plausible. Je prenais le grade de salaud qui avait voulu piquer la femme d’un ami.

           Ecrire des romans et ne pas trouver un éditeur est forcement signe de médiocrité. À ce sujet, il y a une grande ignorance des gens. Pour eux, un texte non édité n’est pas digne d’être lu. Alors quand vous avez cette réflexion au sein même de votre propre entourage, qui ne s’intéresse jamais à votre travail, qui jamais ne demande à lire une ligne de vos textes parce que forcément cela ne peut-être que médiocre, cela est assez douloureux. D’ailleurs, ce qualificatif de raté a été conforté par la presse, puisque lors de la plainte pour le plagiat de l’un de mes textes, il a été écrit que j’étais un médiocre désireux d’exister en créant une accusation erronée et que j’allais retourner aussi vite dans l’anonymat dont j’étais sorti. Une injustice qui ronge mes jours et mes nuits.

           Voilà, au bout de la route, de cette longue la marche, je me pose la question : Qui suis-je vraiment ? Comme l’écrivit Marcel Camus dans son roman L’étranger, celui qui se trouvait dans le box des accusés ne se reconnaissait pas dans le portrait que l’accusateur public dressait de lui.

 

           Lundi 4 mai

           Ne croyez pas que je sois kamikaze, mais me faire arnaquer à la pharmacie pour obtenir un masque chirurgical, je préfère encore mille fois utiliser le masque en tissu qu’une amie a eu la gentillesse de coudre bénévolement. Car payer un masque jetable à 1,30 euros et une boîte à 52 euros, non. En France c'est 6 euros pour 10 masques! En Espagne, il est distribué à l'entrée des transports en commun. Ah, il est beau le libéralisme de cet infame gouvernement, qui après avoir prétendu qu’il n’était pas nécessaire d’en utiliser, voilà qu’il en met maintenant à disposition à des prix d’usurier ! Oui, je n’ai pas pu m’empêcher de dire que je préférais crever du covid19 plutôt que d’enrichir ceux qui veulent désormais me plumer en profitant de la pandémie. La pharmacienne me répondit que je risquais d’enrichir le funérarium... Ce à quoi, je répliquai tout de go que de toute manière j’allais quand même un jour passer par là, tôt ou tard. Ce qui n’est pas pareil ! Rassurez-vous quand même, je souhaite m’y rendre le plus tard possible.

 

           Dimanche 3 mai

           Ici Verviers. Le ciel est occupé par les ennemis.

J’ai peur pour lui, pour mon ami le merle noir au bec orange qui de ma terrasse fait le guet sur son nid, dissimulé dans un lierre rampant sur le mur de ma voisine maison.

           Des journées entières il va et vient sur la rambarde, se pose et gesticule avant de s’envoler vers un jardin voisin, parfois dans le mien, et revenir avec dans son bec, non pas un fromage, mais une pitance pour nourrir sa nichée.

           Il scrute longuement le ciel avant de s’en aller, pas directement à son nid, mais à petit distance, dans un buisson, dans les ronces, au sol sous des feuillages, et puis hop, il disparait dans le feuillage du lierre.

           Des jours entiers à le voir aussi protecteur et dévoué pour sa progéniture m’émeut beaucoup. Le devine-t-il ? Souvent il me regarde, il s’enhardi, il vient quand même se poser là où il garde l’œil sur son nid, à deux mètres de moi.

           Depuis deux trois jours, il semble un peu nerveux, il se cache sous la table, taiseux, il marche, s’arrête, il marche, s’arrête, puis hop, il file droit. Ma question était de savoir pourquoi.

           La réponse est venue ce matin. Un corbeau était posé au poste de guet et j’ai vu mon ami le merle plonger sur lui pour la faire partir de son territoire. Le corbeau se dirigea tout droit vers le nid. Et là, mon ami devint comme un avion de combat pour écarter le prédateur.

           Le spectacle ne s’acheva pas là ! Sans doute alerté par le brouhaha, une pie s’attaqua aussitôt au nid. Le courageux volatile me sembla d’abord désespéré, il chantait à tue-tête, puis il repartit au combat. La pie s’en alla.

           Croyez-le ou non, un pigeon se mêla à son tour à l’affaire. En deux ou trois minutes, ce fut alerte à Pearl Harbor. Impossible de savoir s’il y a des dommages collatéraux. Mais les prédateurs rôdent toujours.

           Pour l’instant, mon ami le merle semble, je dis bien semble, avoir sauver ses petits. Oui, mais j’ai peur pour lui.

 

             Vendredi 1er mai

           Ils peuvent me raconter tout ce qu’ils veulent, mais quand je vois dans la presse les photos de bénévoles affairés derrière leur propre machine à coudre pour confectionner des masques en tissus pour le compte des communes, là je me dis que les politiques sont au niveau zéro, qu’ils ont failli à leurs obligations et qu’ils tentent de nous faire bouffer une panade indigeste que l’on n’est pas encore près de digérer.

 

           Je vais vous raconter une histoire vraie de 1940 qui illustre bien ce qui se passe aujourd’hui. Il suffit d’adapter. C’est un extrait du mon roman La lignée Dorval.

 

           « Tout allait tourner mal. Il n’y avait pas une seule journée sans informations alarmantes à la TSF ou dans les journaux. Les désastreuses préparations de l’armée y étaient dénoncées de long en large. L’inconscience presque collective face au rouleau compresseur qui se préparait en face faisait les gros titres des journaux. Certains gradés jouaient au bridge à la place d’exercer leurs troupes. L’armada de chars et de bombardiers alignés par Hitler allait affronter des véhicules équipés de blindage en bois et des troupes chargées comme des mulets. Á propos de chevaux, des milliers de bêtes étaient abattues faute de soins appropriés, de nourriture suffisante ou encore décimés par une épidémie de gale. Un tract circulait dans quelques unités flamandes : « Nous n’irons pas à Liège pour défendre la Wallonie. » Bref, la description d’une armée du Moyen Age dans laquelle subsistaient de vieilles rancoeurs. Dans le même temps, pour ensoleiller notre futur, nous chantions dans les étables et dans les champs La java bleue. Puis, plus tard arriva Ray Ventura et ses collégiens avec Tout va très bien Madame la Marquise. »

 

           Samedi 25 avril

           Brésil : Reprenons depuis le début…

           En 2016, juste après le putsch qui destitua Dilma Roussef (PT) pour placer Miche Temer au pouvoir, avec sa bande mafieuse de l’Etat du Paraná, le juge Moro a fabriqué un dossier d’accusation de corruption pour faire condamner Lula et empêcher ce dernier de se présenter aux élections présidentielles.

           Aujourd’hui, même le Suprême Tribunal, qui en son temps confirma la condamnation de Lula, admet que les accusations ont été montées de toutes pièces par un juge malhonnête et partial et qu’il a même été manipulé par Moro. Il est aussi admis par tous, députés, ex-président, Temer lui-même et aussi la TV Globo que la destitution de Dilma Roussef fut un putsch pour écarter le PT et mettre illégalement la droite au pouvoir.

           Pour le remercie d’avoir écarté Lula à la course à la Présidence, Bolsonaro nomme le juge Moro au Ministère de la Justice. Mais celui se trompe en croyant devenir le Super Ministre du gouvernement de Bolsonaro. Ce dernier lui rappel sans cesse qu’il n’est que son Ministre. Humilié des dizaines de fois en public lorsque certaines de ces décisions qui empiètent quelques fois sur les prérogatives présidentielles sont annulées. Entre-temps, il y les scandales avec les fils de Bolsonaro, dont certains sont dans le collimateur de la police et de la justice, accusés de détournement et d’avoir aussi commandités l’assassinat de Marielle Franco, une élue à Rio de Janeiro.

           Alors finalement, Bolsonaro décide aujourd’hui de limoger le chef de la police fédéral (grand ami de Moro lui aussi originaire du Paraná et complice pour faire condamner Lula), afin de pouvoir intervenir sur les enquêtes impliquant ses fils. La manouvre de Bolsonaro est de couper le cordon qui permettait à Moro d’être informé sur les enquêtes ; car il est quasi certain que l’ex-juge envisage de se présenter aux prochaines élections et qu’il utilisera les informations judiciaires pour discréditer ou même faire destituer Bolsonaro afin de se faire passer pour un homme vertueux et espérer se faire élire par une population qui aura la mémoire courte.

 

           Jeudi 23 avril

Je crois l'avoir déjà exprimé… Mais vous savez, avec le confinement peut parfois tourner en rond au propre comme au figuré.

A force d'avoir raboté sur tous les budgets relatifs à la santé et à la sécurité sociale, le tout en faveur de l'aide nécessaire pour faire tourner l'économie - entendez par là, les cadeaux fiscaux et autres optimisations qui ne disent pas leurs noms de fraudes légales, pénalisant les plus petites revenus - voilà donc les politiques au pied d'un mur qui les dévoilent tout à coup à la limite d'une incompétence coupable.

Certes, on peut me critiquer en disant que je tire sur l'ambulance, mais j'estime que lorsqu'on se présente sur une liste électorale avec l'ambition de gérer un pays, il faut en avoir les capacités. Et comme on dit chez nous : C'est au pied du mur que l'on voit le maçon ! Et là, on voit que le mur ne tient pas, qu'il s'écroule de toute part.

Chaque jour, il y a un lot de révélation qui nous donne à constater que les politiques actuelles, de chez nous et de Navarre, courent comme des poules sans têtes pour parer au plus pressé et nous racontent des carabistouilles pour dissimuler le chao que la gestion libérale, voir socio-libéral pour cause de coalition, a instauré durant des décennies. Mais c'est la faute Rousseau, donc à personne, si rien n'a été géré en amont. Et on sait pourtant que gérer à ce niveau, c'est prévoir. Et quand par exemple on jette un stock "stratégique" - un mot qui a quand même toute sa signification - ne pas le remplacer apparait comme une faute gravissime.

 

         Mardi 21 avril

         Voyez-vous, voilà à quoi on peut passer son temps durant le confinement ! On assiste à un spectacle de la nature et on se met aussitôt à s’interroger. Ce matin, je prenais mon petit déjeuner, quand soudain le couple de merle noir au bec jaune vint se poser sur la rambarde de la terrasse. Un peu distant l’un de l’autre, on aurait qu’ils se faisaient la gueule, pardon, le bec. Ils ne se regardaient pas, ni ne chantaient. Au bout d’un moment, la femelle avec ses plumes irisées sur rua sur le mâle, qui tout de go s’envola. Je me suis demandé si elle ne lui faisait pas comprendre qu’il devait aller au boulot pour nourrir sa nichée ! Elle s’envola à son tour, dans la direction opposée au mâle, vers son nid caché dans un lierre grimpant. Peu après, le mâle revint sur la rambarde, juste le temps de se poser avant de repartir vers le nid. C’est à ce moment-là, que je me suis posé la question suivante : Les oiseaux ont-ils des querelles de ménage et divorce t-ils ? Non non, je n’ai pas de température, tout va bien! 

 

           Lundi 20 avril

           On sait depuis toujours que le genre humain peut à la fois être magnifique mais aussi la pire espèce animale vivante sur cette planète. Et sa responsabilité est immense, puisqu’il est doté d’une intelligence supérieure aux autres, une capacité de réflexion contrairement à l’instinct de survie des animaux. Afin de pérenniser l’espèce, ceux-ci pratiquent effectivement une forme de sélection naturelle, seuls les plus robustes doivent survive et perpétuer la race. Cela débute déjà lors du sevrage ; celui qui ne réussit pas à s’imposer à la tétée est condamné.

           Il me semble donc avoir entendu, il y a quelques jours à peine, le même raisonnement de deux intellectuels, que face à un virus qui tue plus particulièrement les personnes de santé fragiles, tel que les ainés, qui de toute manière vont bientôt mourir, le ridicule est de prendre toute la population d’un pays en otage, car derrière le confinement, il y a toute une économie qui s’effondre, par conséquent, les politiques ne doivent pas trop avoir de scrupule à ce sujet. Finalement n’est-ce pas comme tuer son père et sa mère pour sauver son propre portefeuille et son beau train de vie de consommateur ? Une abominable thèse qui rejoint celle des radicaux et autres ultralibéraux comme des Donald Trump, Jair Bolsonaro, Boris Johnson…

           Il faut se souvenir que pour les nazis, les vieux et les malades étaient les inutiles au besoin de la machine fasciste et qu’ils étaient les premiers à entrer dans les chambres à gaz. Serions-nous donc de nouveau là, avec une classe dominante qui classifie et trie la populace - considérée comme de la chair à canon ou des poids morts du bizness - afin de sauver leur petit cul d’un appauvrissement ? Je crains fort que oui.

 

           Jeudi 9 avril

           Comme je le disais il y a peu de temps, en cette période de « guerre » contre une pandémie et le confinement obligatoire décrété par les autorités, avec amende à la clef pour ceux qui ne respectent pas les consignes, on retrouve donc les trois ou quatre phénomènes récurrents : la solidarité, les délateurs, les escrocs et les inciviques. Alors, on peut estimer que celui qui dérape ne mérite pas le respect, mais quant à devenir un dénonciateur, il y a un pas que je ne franchirai jamais. Plutôt lui dire en face ce que je pense. Selon les médias, le téléphone de la police n’a jamais autant sonné depuis le confinement pour recevoir les confidences des uns et des autres. D’autres s’adonnent au trafic des marchandises les plus prisées pour se faire du pognon. Ce n’est pas plus joli. À chaque « guerre » il y a aussi ceux qui profite du malheur pour s’enrichir. On ne va pas aller jusqu’à dire que les Chinois ont diffusé le virus pour le bisness, mais on peut toutefois constate que certaines industries chinoises tournent à plein pour fournir au monde entier les fameux masques qui font l’objet de détournement, d’une guéguerre et de coup bas entre les États.

           Heureusement, il y a des personnes dévouées s’adonnant au bénévolat pour pallier aux fiascos de l’Etat, à coudre des masques en tissu pour ceux qui ne savent pas et qui n’ont pas le matériel utile. Une amie m’en a procuré.

 

           Dimanche 5 avril

           Loin de moi l’idée de remettre en cause la priorité pour le personnel soignant concernant les protections utiles contre ce virus venu de Chine. Néanmoins, lorsque je me rends dans un supermarché, je constate qu’il y a des personnes, sans doute du personnel issu du secteur de la santé, venir faire leurs emplettes avec gants bleus et masques chirurgicaux ou autres, alors que nous, quidams, sommes obligés de nous y rendre sans rien, comme si nous étions finalement de la chair à canon et dommages collatéraux. Il y a une disproportion entre le discours tenu par les autorités, prétendant que les masques ne servent à rien pour les gens qui ne sont pas atteint par le virus, et la pratique d’une catégorie de gens qui ont accès aux matériels efficaces et recommandés. Preuve que l’accès à cette protection minimale devrait être accessible à tous. À mon humble avis, on peut dire qu’il y a dans cette position officielle de l’État Belgique une forme d’irresponsabilité et d’une discrimination de la part de ces responsables politiques, qui tentent de dissimuler la foireuse gestion basée sur des économies à-tout-va ; au point de ne pas avoir remplacé les millions de masques détruits en 2019 (achetés en 2009 lors de la grippe H1N1) et qui pourrissaient depuis des années dans un dépôt humide, faute de les avoir stockés au sec. Et on parle bien ici du « stock stratégique de la Belgique » ! Alors quand l’actuel ministre libéral déclare que ce n’est pas au fédéral de gérer ce matériel, mais à chaque centre hospitalier, il y a bien là un déni coupable et même criminel pour fuir sa responsabilité.

 

           Jeudi 2 mars

           Le beau-livre De Verviers et d’ailleurs qui était sorti en 2008 (épuisé) est désormais disponible sur Amazon, une seconde édition actualisée, sous un nouveau format.

 

           Mardi 30 mars

           Il faudrait alléger le confinement strict, un peu comme si de rien n’était, puisque l’économie du pays doit continuer à engraisser la chaine du capital. C’est bien ce qui fut suggéré par la N-VA, non ? Vous savez, ce parti extrémiste qui refuse au Parlement une forme d’union nationale pour sortir du merdier qu’il a lui-même créé et qui par-dessus le marché contraient la Belgique (embourbée dans un système politique régional de merde provoqué depuis des décennies par des flamingants nationalistes) à s’abstenir lors d’un vote à l’Union Européenne. Et voilà que l’un des membres de cette clique de facho est lui-même victime du virus et parle de l’enfers d’où il est revenu. Ben, j’espère bien qu’il en tira des conclusions !

 

           Tout comme j’espère que la plupart des gens finiront enfin par comprendre que la désastreuse gestion du Ministère de la Santé est la conséquence directe de l’ultralibéralisme prôné par des politiques que ne vivent que pour la privatisation des soins et de la sécurité sociale. Une dame ministre, elle-même médecin, qui ment ouvertement au média pour ne pas avouer son incapacité et surtout qu’elle a décommandé à une société belge des masques de protection sans pour autant en faire une commande ailleurs. Résultat, il n’y a pas de masque. Et suite à mon passé pulmonaire, à mon asthme, mon médecin traitant m’a prescrit une boite afin de pouvoir me permettre de faire mes emplettes alimentaires sous protection. Mais que dalle ! Pour cette flamingante non déclarée, je peux crever, cela fera sans doute une future pension en moins à payer ; son collègue libéral des pensions, lui aussi médecin, n’y verra sans doute que tout bénéfice.

 

           Et que dire lorsque sur le chemin de la boucherie ou de la pharmacie on se trébuche sur quantité de gants en caoutchouc jetés sur les trottoirs ; comme jadis durant la guerre 40-45 les gens se trébuchaient sur les capotes anglaise abandonnées par les soldats. C’est la guerre… ! Et cela se voit, avec des gens envoyés au front sans la moindre protection, comme de la chair à canon. Et puis la sélection des blessés à l’entrée des hôpitaux, les trop vieux et trop malade délaissés en faveur de ceux qui ont une chance de s’en sortir, s’il y a encore de quoi les soigner. Au niveau de la responsabilités politique, il y aura des comptes à rendre.

 

           Jeudi 26 mars

           Le silence est total… Pas une âme dans la rue…  Pas un avion dans le ciel azuré, juste les oiseaux qui chantent le bonheur de retrouver l’exclusivité de leur territoire. Etrange sensation d’être comme une île au milieu de la ville. Seul un lien avec le monde virtuel rappelle qu’il y a encore de la vie ailleurs. Tout est réduit au minimum nécessaire, un retour à l’essentiel, à la source, même à la réapparition de la solidarité. Cela ressemble à un monde plus idéal, à une forme de paradis. Mais finalement n’est-ce pas une illusion ? Car parfois « on se retrouve par hasard et tu n’as pas changé », chantait Mike Brant. Mais le temps à parfois fait son œuvre, on ne reconnait plus celui qui nous a quitté un soir. Á l’époque on partageait les mots justice, équité. Une fameuse déception ! Désormais, dehors cela peut devenir l’enfers, le passeport pour rencontrer le diable ; des malotrus et des idiots qui mettent le bordel, des égoïstes qui font la « razzia » de certains produits dans les supermarchés, contraignant l’Etat à devoir bientôt organiser le rationnement. On peut encore admettre que transgresser l’ordre de rester chez soi est un acte irresponsable, puisque favorable à la propagation du virus, mais en arriver qu’un bourgmestre vienne à encourager de dénoncer ceux qui enfreignent les règles de confinement, il y a de nouveau un pas de franchi. Le Président français Macron a parlé de guerre pour combattre le virus et voilà qu’on retrouve aussi les travers des salauds !

 

           Lundi 23 mars

           Il y peu, je lisais l’intervention d’un homme qui ironisait sur l’égoïsme des gens qui achetaient une quantité démesurée de papiers toilettes dans les supermarchés. Pourtant quelques jours plus tard, suite à un article dans un journal décrivant la possible pénurie de paracétamol dans les pharmacies, ce même individu admettait avoir acheté 240 comprimés de manière à avoir un stock suffisant pour lui. La paille dans l’œil de l’autre est plus grosse que la poutre dans le sien.

 

           L’Histoire le démontre, la mémoire de l’homme est très courte. Après chaque tragédie ou catastrophe, il jure tous les grands Dieux avoir reçu la leçon et qu’on ne l’y reprendra plus. Et pourtant quelques décennies plus tard, il reprend ses plus mauvais travers, il redevient ce loup sanguinaire qui croque dans tout ce qu’il peut pour son profit personnel, il redevient à la fois délateur et prédateur. Pas sûr que dans la durée, il y aura vraiment un avant et un après coronavirus. Oh, ce ne sera pas faute de bonne volonté, d’avoir néanmoins eu de bonne intention de la part des autorités en prenant des mesures drastiques pour faire entrer dans la cervelle des gens qu’il doit y avoir une entraide commune pour sortir gagnant du combat ! Mais au regard de l’hystérie et de l’inconsciences des uns et des comportement irresponsables des radicaux, des extrémistes nationalistes qui tentent d’utiliser cyniquement la situation pour avancer masquer vers le séparatisme, que l’un de ces membres bourgmestre viole sciemment l’interdiction de se réunir pour ne pas propager le virus, en organisant une fête pour son anniversaire dans un bar de sa commune, on est encore loin de voir le monde devenir adulte, plus équitable, ou le social et le bien être des gens seraient la priorité absolu, le véritable sens d’une société équilibrée.

 

           Samedi 21 mars

L’épreuve des amants

Je tourne en rond, il est vrai

Néanmoins pas besoin de sortir

Et par le temps qui court

Pas trop envie non plus

Nul désir de croiser l’hystérie

Dans les allées d’un supermarché

Il y a encore chez moi de quoi tenir

De bidouiller des recettes maisons

Revenir à la base des fourneaux

Un art que ma maman pratiquait

Et que l’école hôtelière me sauve

 

Je tourne en rond, il est vrai

Je fixe la fenêtre pour m’évader

Pour m’envoler avec le merle chanteur

Je lui confie une secrète mission

Celle de remettre un message là-bas

Á celle qu’il m’est interdit de voir

Puisque le silence radio s’impose

Au profit de la paix des ménages

Mais au soudain retour de l’oiseau

Tête inclinée et de son œil triste

De son gossier aucune réponse.

 

Si tu connaissais ma peine

Il t’arriverait un jour peut-être

Loin des tabous et de cette peur

Venir tambouriner mon cœur

Á l’heure du pas feutré du loup

Nous émerveillés enlacés

Á regarder le monde autrement

Dès le danger une fois loin

Qui nous aurait épargné du mal

Une épreuve révélatrice du lien

De sa force ou de sa faiblesse

© Christian Janssen-Déderix – 21 mars 2020

 

           Jeudi 19 mars

           Le doc m'avait prévenu, un vaccin contre la fièvre jaune en prévision d'un voyage, une fièvre peut surgir au bout de 8 jours. C'est normal dans 20% des cas. Eh ben elle est là ! Et pourrais-je le faire ce voyage ? Une interdiction n'est pas à exclure.

           Bien sûr, que dans les temps qui court, ce n'est pas idéal, on s'interroge quand même sur l'origine de cette température. Cela dit, pas de toux, ni de maux de gorge, ni de nez qui coule, ni de diarrhée... Une chance, car question stock pq c'est misère ! Et je suis à l'écart du monde depuis huit jours, porte fermée à double tours.

           Question boustifaille, je pourrai sans doute encore tenir 5 ou 6 jours, en vidant le congélateur et surtout les armoires, des trucs planqués dans le fond que j'ai un peu oublié, comme des boites de conserve, semoule, flocon d'avoine. Une soupe de lait tenez, comme quand j'étais gosse ; la différence est que le lait ne vient pas direct du pis de la vache que mon père, front sur la panse de la bête, trayait a la main matin et soir.

           En ces temps de confinement, me voilà nostalgique et je pense à eux, les anciens qui se réfugiaient dans les caves. Certes, un autre confinement, mais ce coronavirus nous rappelle que nous ne sommes rien et que les priorités sont ailleurs que dans le fric à-tout-va. Mais il est clair que dans ce pays, des politiques ont choisi le camp du pire.

 

           Mardi 17 mars

           Bref, finalement on peut dire que par le drame de la pandémie suite au coronavirus, il y a un effet révélateur, celui que la N-VA est bien un parti extrémiste qui se fiche bien de la santé de la population, même celle de Flandre, puisque sa seule préoccupation est de s'accaparer cyniquement le pouvoir dans le seul et unique but indépendantiste et économique. Quid de la santé, du social et de la solidarité. Un égoïsme criminel.

           Mon vœu est sans doute trop pieu, mais j'ose espérer que les flamands et les wallons séduits par la thèse radicale de ce parti comprennent qu'ils sont en train de se fourvoyer.

 

           Lundi 16 mars

           Cher monsieur,

           Nous avons examiné avec attention votre manuscrit…. Malheureusement, il ne correspond pas aux orientations actuelles de nos collections. Nous espérons néanmoins qu’il saura intéresser un autre éditeur. Des solutions alternatives de publication existent. Vous pouvez choisir de publier votre ouvrage en auto-édition via Librinova et le tester auprès d'un large public. En vous recommandant de nous grâce au code PDC19 (à déclarer au moment du paiement sur www.librinova.com), nous pourrons ainsi être tenus informés de l’accueil de votre livre par les lecteurs et de vos éventuels futurs projets.

 

           Il ne faut quand même pas me prendre pour une bécasse ! Voici mon retour de courriel :

           Excusez-moi, ce n’est pas du tout de la rancœur de ma part, mais un navrant constat. Cela me ferme définitivement votre porte, mais je m’en fou.

           En fait, vous n’êtes plus un éditeur, mais un rabatteur pour alimenter un commerce à l’auto édition avec des tarifs exorbitants. Enfin, je vois que vous êtes comme des opportunistes, vous allez quand même parfois plonger dans le catalogue pour en éditer quelques-uns.

           Finalement, chez vous il y a deux revenus, le premier via Librinova et le second par une prétendue traditionnelle édition à compte d’éditeur, puisque finalement l’auteur aura déjà payé les frais via Libranova, via le code PDC19.

           Et vous vous fichez bien du reste, sauf si par un heureux hasard cela marche, c’est pour vous “in ze poket” à chaque livre vendu. Par contre pour l’auteur, à concurrence de 10% (sinon 8%) sur le prix de vente, il devra au moins en vendre un bon millier pour espérer récupérer sa mise. Et à tout cassé vous tirerez peut-être 800 exemplaires.

           Alors dites-moi… Si par hasard on met l’argent sur votre bureau, l’équivalent de la totalité des prix affichés sur le site Librinova, qu’elle est la différence ? Vous sauvez votre honneur en vous affichant comme une maison à compte d’éditeur alors, que vous faites de l’édition à compte d’auteur ?

Allez, je m’arrête là... Bien à vous.

 

           Vendredi 13 mars

           Bon, il n’est pas encore minuit, donc la chance peut encore arriver ! Gardons le moral. Ne jamais baisser les bras, même si tout vous pousse à la morosité. Car on ne peut pas dire que l’avenir, tout au moins immédiat, soit au beau fixe. Oui, je sais, l’actualité de la semaine… ! Mais il n’y a pas que ce satané virus arrivé de Chine qui fait chiez son monde au point de paralyser des pays entiers. Il y a aussi la connerie de gens ! Et là, le panel est large sur plus d’un point. Il y a les égoïstes qui dévalisent les supermarchés, avec leur seconde fournée, leurs caddies bourrés à craquer alors que leur coffre de voitures déborde déjà ; à croire que demain il va y avoir un bombardement et une pénurie d’aliment. Dans les rayons il n’y a plus sel, plus de farine, plus de pâtes… La psychose rend le peuple fou.

 

           Il y a ce pays en panne de gouvernement effectif depuis des mois. Là surgit alors des individus malfaisants qui surfent sur ce fameux virus pour accréditer que ce pays est foutu de manière à imposer leur politique séparatiste et fascisante. Les pestiférés n’y voient que propagande ultralibérale où seul compte le profit pécunier au détriment de la santé et tant pis s’il peut y avoir quelques dommages collatéraux, c’est-à-dire une floppée de vie en moins.

 

           Et dernière observation, qui n’a rien à voir avec le virus. Je suis arrivé par hasard sur la page Facebook d’une personne d’origine brésilienne, qui vit en Belgique depuis une trentaine d’années. Elle connait le système de la démocratie incluant la constitution d’un Parlement et d’un Sénat (ce qui est encore d’application au Brésil). Mais voilà, elle haït tellement Lula et le PT, qu’elle est en faveur des putschistes qui destituèrent Dilma Roussef, alors que la justice vient de l’innocenter du crime de maquillage des comptes, ce qui lui valut pourtant d’être destituée. Et elle est en faveur de Bolsonaro, du Juge Moro (que la presse nationale démontre noir sur blanc qu’il a falsifié les dossiers d’accusation pour condamner Lula sans la moindre preuve matérielle et obtenir la récompense en devenant le ministre de la Justice de l’extrême droite). Elle remplit sa page de « fake new » et de messages haineux envers Lula qui aurait volé 3 milliards, le tout créé par des « trolls » à la botte de Bolsonaro. Car des trois milliards prétendument détournés, le « justicier Moro, le sauveur du Brésil » malgré les millions de budget nécessaire à l’enquête, n’a jamais pu déterrer ne fut-ce qu’un seul iota de ladite fraude. Et enfin, à la demande de Bolsonaro, ce 15 mars elle manifestera dans la rue en faveur de la suppression du Parlement et du Sénat, autrement dit pour l’instauration de la dictature militaire.

 

           Entendons-nous bien, ce qui suit n’est pas une accusation de vouloir profiter de la sécurité sociale, mais ce qui est quand-même hallucinant dans ce portrait, est de savoir que cette personne a toujours bénéficié du système social de la Belgique, un système inexistant au Brésil, que Lula et le PT a initié durant leurs mandats, tout ce que Bolsonaro est en train de détruire. Si elle vivait au Brésil elle n’aurait droit à rien, elle serait une SDF. Merde… !  De quoi m’écœurer.

 

           Dimanche 1er mars

           Il va falloir un jour m’expliquer comment on peut avoir été en fervent mitterrandien, un socialiste convaincu, critiquer les agressions policières ordonnées par Macron contre les gilets jaunes et, dans le même temps, être ennemi des syndicats qui défendent les petites gens, donné son soutien inconditionnel à Marine Le Pen, à la N-VA, à tout ce qui suite l’extrême droite. Puis, encore être en faveur de l’application d’un article qui fait passer en force, contre l’avis du Parlement, la loi sur les pensions à point qui ne fera qu’appauvrir les pensionnés et cela faute d’une carrière complète. Puisque la flexibilité du travail, qui n’est rien d’autre que des mi-temps, des quarts-temps, des journaliers à la merci de l’ultralibéralisme, c’est un prélude au retour de Germinal pour les générations futurs. Il faut croire que pour bon nombre de personnes arrivées aujourd’hui au crépuscule de leur vie, ceux qui ont le plus bénéficiés des avancées sociales grâce aux combats des syndicats, ils se fichent désormais bien du futur. C’est : « J’ai eu la panse bien pleine, la liberté, un salaire confortable pour m’offrir maison, bagnole, de bonnes vacances au soleil… Et maintenant que le climat économique est maussade, au risque de voir peut-être ma propre pension menacée, je suis contre les protestations populaires qui font perdre du temps et de l’argent à l’État, je suis pour les méthodes fortes qui peuvent garantir mon petit confort de bourge. » Écœurant.

 

           Jeudi 27 février

           Voilà, c’est bien ce que j’écrivais ce 15 février sur ma page Facebook : Comme je le dis depuis le début de l'avènement de Bolsonaro, les militaires prennent placent aux plus hautes fonctions de l'Etat. Une dictature militaire s'installe donc à petit pas. Dans 3 ans, il n'y aura sans doute plus aucun civil au pouvoir et pas sûr qu'il y aura des élections. Car objectif déjà évoqué : Supprimer le Sénat.

 

           Hier, le fanfaron du Palais Présidentielle a « convoqué » le peuple dans la rue pour le 15 mars de manière à populariser la fermeture pure et simple du Parlement et du Sénat. Bref, instaurer la dictature militaire pour sauver la tête de ses trois fils élus, membres des milices qui assassinent à-tout-va, tout aussi empêtrés dans des détournements de biens sociaux.

           Le machiavélisme de la manœuvre est on ne peut plus cynique, puisque accompagnés de ses complices putschistes, en 2017, il utilisa ces institutions - qu’il veut aujourd’hui abolir - pour destituer Dilma Roussef en l’accusant d’avoir violé la Constitution. Comme l’écrit le journaliste Reinaldo Azevedo du journal Folha de São Paulo à l’adresse du vice-président, un militaire qui prétend ne pas vouloir participer une l’instauration d’une dictature : « Alors démissionnez et rentrez à la maison, votre aventure a mal tourné et cela finira mal. Selon la Constitution, la tâche de l’armée est la défense de la patrie, non celle de gouverner. L'illusion est terminée. Chaque jour que les militaires restent dans le gouvernement Bolsonaro, les forces armées, en tant qu'institution, se dégradent. Ils se salissent avec la boue idéologique dans laquelle la direction s'enfonce. Au lieu de l'amour pour leur patrie, c’est un pistolet de 9 mm ; au lieu de l'hymne national, c’est un 45 ; au lieu du patriotisme, c’est la haine - que certains prétendent racheter - pour la démocratie. »

 

           Jeudi 20 février

           Calmes-toi Christian, me dit-on ! Mais comment se calmer quand on est plus en phase avec cette société qui bafoue la règle minimum de vie, le droit, où l’irrespect et le vol impuni sont devenus la norme.

           Vous faites la file devant un guichet et une jeune femme se permet de la couper devant tout le monde. Comme personne n’ose protester, je lui demande si elle est prioritaire et tout en se retournant elle me répond que oui avec une pierre dans la main, m’accusant d’être agressif. Car madame à l’audace de se sentir menacée devant ma question. Et voilà qu’une bande de copine arrive à sa rescousse en m’assaillant d’insultes. Je suis à Molenbeek Saint-Jean. Je vous le dis tout net, ce sont des gens comme eux qui poussent une partie de la population à voter pour l’extrême droite ! Ces femmes au cerveau réduit ne se rendent pas compte qu’elles participent à la montée du racisme et du fascisme !

           Je lis ensuite le journal et je vois que le plagiaire de mon manuscrit sur l’histoire de la Belgique sort un nouveau roman chez l’éditeur qui lui avait commandé le plagiat. J’accuse, persiste et signe. Mon sang ne fait qu’un tour, je peste. La malhonnêteté paye, voilà le constat. Les salauds poursuivent leur petit bonhomme de chemin alors que la victime reste sur le carreau, voire dénigrée par une presse à la botte du réseau littéraire connu et reconnu.

           Et enfin, dans le même temps, les promesses restent des promesses, à chaque rentrée littéraire je vois sortir les textes des autres, mon téléphone reste muet et ma boite mail ne reçoit que du courrier publicitaire. J’ai envie de tout passer à la déchiqueteuse et qu’on en parle plus. Et d’ici peu de temps pensionné, basta, tchao, allez-vous faire foutre, finir ma vie sous des cieux plus ensoleillés, peut-être au Portugal.

 

           Mercredi 19 février

           Désolé de m’énerver, mais face aux attaques répétées et dénigrantes d’un lobotomisé du bulbe, il faut que cela sorte !

           Un buté ultralibéral ne comprend donc pas qu'il n'y a pas que le fric qui compte dans une société. Certes, il en faut, mais ce n'est pas l'unique curseur de la bonne santé d'un État démocratique. Il y a avant tout le respect des régions pauvres ou riches qui forment un pays, le respect des minorités, le respect des plus fragiles, le respect de celui qui ne pense pas forcément comme l’autre, la solidarité des peuples… Non à cette satanée exclusion prônée par des partis extrémistes flamingants qui oublient que 1830 à 1970, c'est la Flandre qui était sous perfusion avec le fric des industries wallonnes, avec le travail des wallons et de travailleurs flamands, ce qui a permis d'organiser les fameuses compensations avec 60% pour la Flandre lui ayant ainsi donné les moyens de sortir de sa pauvreté centennale. Ah que la mémoire courte est coupable d’ingratitude !

           Cet individu est tellement buté, il éprouve tellement de haine envers les socialistes et les syndicats, qu’il ne se rend pas compte que chaque jour il profite des avantages sociaux, comme le salaire minimum, les congés payés, les soins de santé, etc., (désormais mis à mal par ce dernier gouvernement), qu’il le doit aux combats des syndicats et aux hommes qui y sont morts lors des grèves et sur lesquels, il crache dessus. Franchement, il n'y a même plus un mot assez fort pour le qualifier ! J'ai honte pour lui.

 

           Dimanche 9 février

           Envoyer une enveloppe de poudre blanche au chef de file des nationalistes d’extrême droite nommé N-VA, ce n'est vraiment pas une bonne idée, ni une bonne méthode pour discréditer la politique de ce parti. Au contraire, la victimisation ne fera que renforcer l'idée chez les adeptes conditionnés, sans doute un peu faibles d'esprit, que la N-VA est dans le vrai puisqu’on veut l'atteindre via une forme de terrorisme - forcément en provenance d'un gaucho communiste. Comme tous les partis d'extrême droite, il adore surfer sur la victimisation pour doper son électorat. Cela dit, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas : Qu'il s'est envoyé la lettre !

           Bien sûr, on m’a rétorqué que « gnagnagna » en janvier 2018 Elio Di Rupo et « gnagnagna », donc pas non plus une bonne méthode. Á la différence près que le PS, tout comme les autres partis non extrémistes, ne surfent jamais sur la victimisation. On ne compte plus le nombre de fois que la N-VA a pleurniché de n’être pas conviée au Palais Royale après les élections, avant que le Roi Philippe ne décide de briser le cordon sanitaire que ses aïeux avaient eu soin de ne jamais cédé au chantage.

Il y a une chose à retenir : "Celui qui soutient l'extrémisme est extrémiste, tout comme celui qui appuie le fascisme est fasciste." (Ze de Abreu, comédien populaire qui se proclama sous forme d’humour Président du Brésil)

 

           Mercredi 29 janvier

           Je partage en tout point l’avis du journaliste Reinaldo Azevedo, du journal Folha de São Paulo, qui regarde de près la politique de son pays. Il existe bien aujourd’hui une vision insensible de l’Etat à devenir, une perception bureaucratique du système politique, une idéologie erronée sur son rôle. Un État ne doit pas être un ennemi du petit peuple, comme jadis la politique libérale le percevait. Le libéralisme moderne doit inclure sa part sociale et non la rejeter. Un État est là pour réguler les différences, pour rapprocher les régions, malgré les langues et les traditions. Créer les problèmes à ce sujet est une antique vision du monde qui n’a plus sa place. Bien sûr que l’Etat à sa nécessité, mais ce n’est pas à lui d’être le parton qui finance les industries, ni d’être le gardien des banques. Il est là pour l’éducation, la culture et le soutient des plus fragiles via une solidarité. Les élus ayant un brin de sens de leur devoir devraient tourner le dos à ceux qui veulent diviser le peuple, comme cela se faisait jadis, quand il y avait d’un côté les gueux et de l’autre les notables.

 

           Mardi 28 janvier

           Qu’importe qu’il soit roi ou quidam, riche ou pauvre, là n’est pas le sujet. Et qu’importe que l’enfant soit ce qu’il est, avec ses défauts et ses qualités, là aussi ce n’est pas le sujet. Comment ne pas comprendre les raisons d’une quête en reconnaissance filiale. Je lis et j’entends les critiques, pour ne pas dire les insultes envers l’enfant, certes aujourd’hui adulte, qui réclame à raison la vérité sur son origine génétique. Le déni du géniteur royal est quand même encensé, puisqu’il était bien le seul à nier. Prêter encore des intentions vénales à l’enfant est ridicule, puisque l’époux de sa mère qui l’avait jadis reconnu, pour sauver son honneur, est milliardaire, alors que le géniteur ne pourra que lui léguer « quelques malheureux » millions d’euros. Le désaveu de paternité de ce père de substitution qui fut demandé par l’enfant, la déshérite du milliard. Puis, aucun titre royal ne peut lui être attribué. Dès lors, il est où ce bénéfice matériel ou honorifique qu’on lui prête ? Celui de porter le nom du père biologique qui n’est pas tellement plus prestigieux que celui du milliardaire ? Tout enfant à le droit d’être reconnu par ceux qui lui ont donner la vie. Point barre. Et le reste n’est que dénigrement. Personne ne sort gagnant d’une telle bataille juridique dans laquelle la vie privée est mise sur la place publique !

 

           Vendredi 24 janvier

           Après la déclaration d’un jeune politique libéral (que je n’apprécie pas du tout) concernant son idéal d’un État unitaire (que je partage), je lui donnerais bien cette fois-ci le bénéfice du doute sur sa sincérité. Suite à cette déclaration, j’entends alors des protestations en provenance de tous les partis et de la presse du Nord comme du Sud, estimant qu’un Etat unitaire c’est « le pays de papa » voire un retour au 19ème siècle. On nage en plein délire ! Car c’est quoi « un pays de papa » ? C’est par exemple la France, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, les Pays-Bas, pourvu qu’ils ne soient pas scindés en morceau ? C’est cela la prétendue modernité, dépecer la bête et se la partager ? Le pays de papa c’est comme une industrie crée et développée par les aïeux, que les héritiers finissent par dilapider ; donc comme dans ce pays on aime bien les mots qui se termine en « eur » comme informateur, démineur et autre formateur, il y eut en premier les fondateurs de l’État, puis les consolidateurs, ensuite les enfants gâtés devenus des dilapidateurs et aujourd’hui nous sommes avec les pourris fossoyeurs.

 

             Mercredi 22 janvier

           Après la découverte d’un petit bateau occupé par des migrants et qui a finit par chavirer en mer du Nord à hauteur de La Panne, il y eut sur les réseaux sociaux un déferlement de propos racistes. Et les politiques flamands ont protester en chœur que « ce n’est pas ma Flandre ».

 

           Mais finalement, tous ces politiques flamands ne sont-ils pas dans le déni, dans le refus d'admettre que "leur Flandre" est contaminée par le racisme en tout genre, l'extrémisme de droite, au point d'y compter 48 % de vote pour le fascisme. Car jusqu'à ce jour, je n'entends aucun d'entre eux condamner fermement les positions pestilentielles des partis radicaux, je ne vois personne se dresser devant le potentat d'Anvers pour lui dire qu'il ne passera pas. Bien au contraire, ils alimentent tous la possibilité de s’allier avec lui, ce qui ne peut qu’accréditer l’acceptabilité du pire auprès de la population. Autrement dit, ils sont les responsables de ce qu'ils dénoncent aujourd'hui.