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Ma belgitude

Avec ma belgitude
Si loin de cette terre
Que je l'aimais si belle
Elle me faisait danser

Sur une piste d'étoile
Une simple farandole
Où chavirait mon âme
De cette terre mienne

Elle était la première
Riche et fière de sa laine
Cette Vesdre rivière
Et de son cœur prospère

Elle payait pas de mine
Mais je l'aimais quand même
Verviers ma douce ville
Ma tendre belgitude

Je me souviens bien d'elle
Je me souviens très bien
Je me souviens bien d'elle
Je me souviens très bien

Quelques marchands du temple
S'invitèrent à la table
Le gâteau en partage
De cette terre mienne



Un beau gâchis quand même
L'élu était un traître
A défaut de requête
C'était la fin de la fête.

Ma belgitude en tête
Si loin de cette terre
Cette Vesdre rivière
Au quai de ma colère

Garde dans la mémoire
La courbe poétique
Le clapotis de l'eau
La musique des cloches

Je me souviens bien d'elle
Je me souviens très bien
Je me souviens bien d'elle
Je me souviens très bien

Verviers ma douce ville
Ne te fais pas de bile
Ne lâche rien à rien
Chiens ne méritent rien.

Elle payait pas de mine
Mais je l'aimais si belle
Blottie dans la vallée
La berge de la Vesdre



Si loin de cette terre
De cette ville mienne
Que je l'aimais si belle
Comme une belle perle

Si loin de cette terre
Je me souviens bien d'elle
Verviers ma douce ville
Ma tendre belgitude…

Je me souviens bien d'elle
Sous une pluie d'automne
Je me souviens bien d'elle
La brume monotone

Si loin de cette terre
Elle chavirait mon âme
Je me souviens bien d'elle
Verviers ma belgitude…

L'homme ne pourrait-il
pas créer une poésie
avec le monde ?

Génération de mes entrailles

Génération de mes entrailles
Que laisserais-je en héritage
Si ce n'est que toutes mes peurs
Terre dévastée par erreur
Sans jamais changer de cap
Vérité attendant le clap
Belle utopie sous intox
Sous les répétés coups de boxe

Puisque ce monde a l'air d'aimer…
Puisque ce monde a l'air d'aimer,
de croire et de prendre toutes
les vessies pour des lanternes.
Puisque ce monde a l'air d'aimer,
de croire et de prendre toutes
Les canailles pour des héros.

Je suis du Nord à l'hémisphère
Dégoulinant de ma richesse
Pollueur et sus arrogant
Telle la leçon d'un marchand
D'un vendeur de belle misère
Des éclats d'émeraude verts
A mon voisin de l'hémisphère
Du Sud écrasé par les guerres

Puisque ce monde a l'air d'aimer…
Puisque ce monde a l'air d'aimer
De croire et de prendre toutes
Les fadaises pour argent comptant

A l'aube de la nuit froide
Quand la lune revêt sa cape
Lorsque la lumière s'éveille
Le chérubin attend merveille
Mais il n'en est plus rien cette fois
La planète terre se meurt ma foi
Mentir pour cacher sa faute
Lui dire qu'il n'y a pas faute



Puisque ce monde a l'air d'aimer…
Puisque ce monde a l'air d'aimer
De croire et de prendre toutes
Les infos pour vérité vraie
Puisque ce monde a l'air d'aimer…
de croire et de prendre toutes
les vessies pour des lanternes.

Un jour jaillira sans doute
De la bouche le mensonge
La vérité scientifique
Les trois coups de théâtre
Une nouvelle comédie
Une explication arrondie
Rien de plus normal sur terre
Tout va bien même sans lumière

Puisque ce monde a l'air d'aimer…
Puisque ce monde a l'air d'aimer,
de croire et de prendre toutes
les lanternes pour mirages
Puisque ce monde a l'air d'aimer…
de croire et de prendre toutes
les vessies pour des lanternes.

Génération de mes entrailles…

National danger

Je suis né d'un père incertain
D'un lieu maudit et inconnu
Pataugeant dans une misère
En vendant du chiche aux noirs
Pour survivre à mon désespoir
De ma tronche dans le miroir
Chaque matin y a mon pain noir
Saveur chaussette du café noir

Le programme du lendemain
Etait celui passer la main
Sur les perles de mon front
Causée par la peur du front
Bataille perdue d'avance
Face à la terrible carence
Du socle de ma pauvre vie
De ce monde qui me nie

Extrême national danger
Extrême national danger

De l'hiver né opacité
Six heures avaient à peine sonné
Coup de boutoir avait claqué
Craque la porte il fallut fuir
V'la la force du désespoir
Il me fallait bien résister
J'allais pas comme ça dégager
Pour le bon plaisir de pépé



Désolé Monsieur le Président
Ma faute à moi est d'être né
Là-bas d'une mère abusée
Sur le chemin de son exil
Sur le bas côté de la route
Couleur dorée de ma peau
Elle ne vous plait guère je crois
Extrême nationale danger.

Extrême national danger
Extrême national danger

Mon père était de nulle part
Grand-mère de la Martinique
Fruit toujours du peuple banni
Sous la bannière des sans terre
Ni droite ni gauche ni centre
Extrême national danger
Cœur en écharpe tricolore
De larmes et de sang sillon

Extrême national danger
Extrême national danger

Sortie de secours

Il me venait l'idée d'un rêve
Les yeux fermés sur mes trêves
Dans le dédale  de mes ténèbres
Cachée  au bout de la drève
Sous un bel arbre à prière
Un mini faisceau de lumière
Au reflet d'argent d'une rivière
A l'ombre de la lisière
Le furtif battement d'ailes
D'un papillon dans les airs
Cette sensation d'avoir l'air
Pressé de fuir le bois du cerf
Se précipiter comme un sourd
Vers la sortie de secours

Dans mon grenier à peine éclairé
Aux murs de pierres chaulées
Blanche jaunie par les années
Une table bancale poudrée
De poussière accumulée
Faute d'être utilisée

Dans mon grenier à peine éclairé
Une tabatière brisée
La verrière éclatée
La charpente affaissée
Une chaise de bois rongée
Par la vermine affamée



Dans mon grenier à peine éclairé
J'en ai bavé des années
A écrire des contes de fées
Des histoires enchantées
De ma pauvre vie libérée
Que j'ai toujours vu refusée

Dans mon grenier à peine éclairé
Il me venait de drôles d'idées
Réduire mes textes en fumée
Telle une fuite organisée
En apothéose saluée
De cette planète ravagée

Dans mon grenier à peine éclairé
Le son d'une cloche éloignée
Rappela mon âme écorchée
Aigri par une carrière ratée
Inspirant une plume acérée
Jusqu à la formule épuisée

Dans mon grenier à peine éclairé
L' heure dernière écoulée
Faute d'une liane trop usée
La tentative fut avortée
L'espérance sitôt ruinée
C'était perpétuelle nuitée



Il me venait l'idée d'un rêve
Les yeux fermés sur mes trêves
Dans le dédale  de mes ténèbres
Cachée  au bout de la drève
Sous un bel arbre à prière
Un mini faisceau de lumière
Au reflet d'argent d'une rivière
A l'ombre de la lisière
Le furtif battement d'ailes
D'un papillon dans les airs
Cette sensation d'avoir l'air
Pressé de fuir le bois du cerf
Se précipiter comme un sourd
Vers la sortie de secours

Tout le monde le sait

Tout le monde le sait déjà
Pour camoufler la vérité
Que cette époque a révélée
L'usage du débat truqué
Simplement pour ne pas dire
Que la mer est devenue  blonde
Que le ciel tombe sur nos têtes
Mais il faut surtout pas le dire
Puisque le monde entier se ment
Pour vendre son âme au diable
La terre a toujours été plate
Voilà pourquoi sans nul doute
Nous sommes au bord de l'abysse
Si près de Dieu et de l'enfer
Vers un aller sans un retour
Perdu dans les limbes obscurs

Tout le monde le sait déjà
Un jour le soleil s'éteindra
La glace figera la Terre
Elle emporta avec elle
L'imposture créée par  l'homme
Son pieux mensonge collectif
Celui de se persuader
Que le ciel et la mer sont bleus
Que la Terre tourne sur elle-même
Suspendue en apesanteur
Et qu'il représente à lui seul
L'avenir de l'humanité
Alors que la misère grandi
Dans cette indifférence
Au bénéfice d'un profit
A chaque jour plus aveuglant



Tout  le monde le sait déjà
Nous sommes au bout de notre route
Va bien falloir changer de cap
Amadouer dame nature
Lui implorer notre pardon
Réparer l'irréparable
Attester de notre amour
Le prouver chaque jour
Anéantir  les frontières
Laver le mensonge de l'âme
Etre digne de son accueil
Voir ce que d'autre ne voient plus
L'essentiel de notre vie
De notre bonheur arraché
Par la quête de l'égoïsme
Et qu'après moi y'a les mouches

Tout le monde le sait déjà
Notre liberté sous contrôle
C'est le début de notre perte
Un monde à l'avenir sinistre
Des lendemains tentés de sang
Qui seront aussitôt nié
Puisque tout le monde se ment
Pour vendre son âme au diable

Pas comme les autres

Rien ne nous distingue des peuples de la Gaule
Pourtant nous ne sommes pas comme les autres
Jules César salua un jour notre témérité
En l'honneur de notre vaillante fermeté
Pour défendre bec et ongle ce coin de terre
Enclavée dans les brumes venues de la mer
Aux couleurs gris camaïeu de l'automne
Chanté en hivers par un Flamand francophone
Sur une musique d'océan à marrée basse
Et de virtuoses mains sur chandelles de glace
Qui inspirent les joies de l'été dans nos cœurs
Abîmés par des batailles qui nous font peur
Tonner de mille milliards de mille sabords
Va falloir guerroyer une nouvelle fois encore
Dessiner ensemble une carte du ciel
Fabriquer une bière nouvelle au goût de miel
Pour pouvoir faire la fête aux vaillants soldats
Capable de défaire les pièges de Judas
Puisque l'espoir est le moteur de notre vie
Tel un fil d'Ariane qui nous tient et nous lie
Sur le fleuve en crue jette hardiment le pont
Et serre la main du frère  devenu con
Car nous ne sommes pas fait comme les autres
Puisque nous vivons les uns avec les autres
Puisque nous vivons les uns avec les autres



Nous ne serons jamais fait comme les autres
Qui rêves de tout casser en monophonie
Alors que d'autres rêve en quadraphonie
Dans la tradition qui fut toujours la nôtre
Puisque nous ne sommes pas comme les autres
Mon Manneke à moi pisse sur le trottoir
Le bon péquet que Tchantchèt a aimé de boire
Et nos ministres entonnent la Marseillaise
En mangeant une frite moule mayonnaise
Sur l'une des plus belles place du monde
Où le bon roi Dagobert cache sa honte
Derrière une ritournelle surréaliste
Digne d'une célèbre toile de Magritte
Ce caillou en apesanteur à l'horizon
Qui menace d'anéantir notre raison
Ce chaudron d'où jaillit la potion magique
Cet antidote à notre fêlure tragique
Puisque nous rions de tous et de nous même
Mille milliards de mille sabords quand même
Il va falloir se remuer le popotin, fieu
Restaurer le paradis jadis sous nos cieux
Fleurir la mémoire de nos anciens sacrifiés
Panser les plaies des vaincus et des humiliés
Et se dire que rien ne sera jamais vain
Face au pronostique du sage et du devin

Elle Cécile L

Je ne sais presque rien d'elle
Sinon son nom d'elle Cécile L
L comme le village près de chez moi
Comme un boulevard de Bruxelles
C'est écrit sur sa blouse blanche
Mais son nom qu'elle importance
Elle devait soigner ma main malade
Qu'elle prit entre ses doigts de fée
Déterminer la blessure tenace
Un contact de peau à peau crucial
Puisque je sentis monté en moi
Une terrible bouffée de chaleur
Faut croire qu'elle perçu mon émoi
Elle déposa ma main sur le bureau
Jeta un regard furtif vers moi
Et appliqua sa main sur mon bras
Alors je levai la tête vers elle
Elle le bleu turquoise de ses yeux
Je me perdis dans cet océan
Submergé par une émotion grisante
Je n'ai pas osé prendre sa main
Mon interrogation était profonde
Je craignais de me m'éprendre
D'avoir imaginé un tas de choses
Une idylle avec Cécile L
Belle à faire mourir d'envie d'elle
Comme voir Venise et puis mourir
S'évanouir dans sa voix de tabac
Sensuelle  et rauque à la fois
Un court moment d'éternité
Peu à peu rattrapé par la réalité
D'un horaire de consultation
Je vis dans son œil naître sa peur
Suivi d'une longue hésitation
Et dans un sourire intimidé
Elle retira sa main de mon bras
Avant de dire que tout ira bien



Je ne sais presque rien d'elle
Sinon son nom d'elle Cécile L
L comme celui de la lune
Ou du cabinet d'un Ministre
Épris d'ivresse devant elle
De me laisser encore le temps
Le temps de la voir se lever
De la deviner sous sa blouse
Et sa robe bleue d'Irlande
Laine tricotée avec finesse
Paré d'un col liseré d'or
Dans sa démarche ondulée
Elle est vraiment très jolie
Que dire de plus je vacille
Ma tête cogne le soleil
Porte ouverte du paradis
Tapis d'ouate immaculé
Au fond des cieux la main de Dieu
Puisque c'est elle que j'attendais
Elle Cécile  L comme lumière
La main à nouveau dans la sienne
Que je lui accorde de bon gré
Elle me la prise avec ardeur
Faut surtout pas la secouer
Encore moins l'abandonner
Il en va de ma destinée
Pour moi la monde à changé
Les océans se sont versés
Et la terre s'est dérobée
Sous mes pieds immobiles
Ne l'abandonnez surtout pas
Non, jamais plus la même peine
Mais dans un sourire intimidé
Elle s'éloigna avec lenteur
Avant de dire que tout ira bien
Qu'il faut pardonner son geste
Un court moment de faiblesse

Aux bonheurs de ses rêves

Petit Pierrot deviendra grand
Mais ne grandi pas trop vite
Devant la folie des hommes
Garde ton âme d'enfant
La tête dans les étoiles
Accroché au croissant de lune
A la ritournelle d'un oiseau
Aux bonheurs de ses rêves

Au pied de la montagne

Tu as les mains dans la terre
Pour remodeler le monde
Sans guerre ni feu de haine
Glaise dans la fournaise
Statufiée pour l'éternité
Comme un vaccin de rappel
A la génération future

Sur le long chemin de pierre
Pieds nus comme un innocent
Tu danses encore et toujours
Devant le Dieux des hommes
Qui se moquent du sacrifice
Du sang laissé sur le bas côté
Mais tu gagneras néanmoins
La mémoire des Justes



Petit Pierrot deviendra grand
Mais ne grandi pas trop vite
Devant la folie des hommes
Garde ton âme d'enfant
La tête dans les étoiles
Accroché au croissant de lune
A la ritournelle d'un oiseau
Aux bonheurs de ses rêves

Accusé de la peste
Des maux de toute la terre
Car faut que le peuple exulte
On greffera sur ton visage
Le nez menteur de Pinocchio
Lynché sur la place publique
Souviens-toi de Gandhi
L'assassin est dans l'oubli

Lacéré par l'aveuglement
La chemise en guenille
Sur un lit de fleurs fraîches
Emmené par les justes
Vers ton dernier voyage
Un nuage cloué dans le ciel
Gronde sa colère noire
Dans un torrent de regret



Petit Pierrot deviendra grand
Mais ne grandi pas trop vite
Devant la folie des hommes
Garde ton âme d'enfant
La tête dans les étoiles
Accroché au croissant de lune
A la ritournelle d'un oiseau
Aux bonheurs de ses rêves

Sandra

Sandra est sortie de mes nuits
De mes nuits les plus sombres
Arrachée un soir à la vie
Dans un salon de beauté
Sous les balles des truands
A Bahia de tous les saints

Peau d'ébène et sourire captif
Morphologie longiligne
Rien ne la privait de sa honte
D'être à la fois négresse
Analphabète et pauvre
Une favelada humiliée

Dans les collines de la ville
Elle s'évadait dans les ruelles
Pour échapper aux raquetteurs
Amis de mauvaises fortunes
Ces capitaines des sables
A qui elle avait vendu son âme

Dans son bidonville mal famé
Elle m'invitait parfois la nuit
Dans les estaminets pour camé
A partager sa double vie
Celle que je ne voulais pas voir
Tant elle me faisait de la peine



Sandra est sortie de mes nuits
De mes nuits les plus sombres
Ma vie et mon cœur sont brisés
Elle était la femme de ma vie
La maman du fruit de ma chaire
Le moteur de mon bonheur

Et qu'importent tous ses défauts
Ils rythmaient le sens de ma vie
Jamais un jour sans surprise
Mais maintenant qu'elle n'est plus là
Pour m'emmener dans son monde
Se présente un vide abyssal

Car même si de ton vivant
Tu l'as bien souvent laissé seul
Edouardo ma chère Sandra
Notre fils te pleure avec moi
Moi si loin de vous en Europe
Jamais nous ne t'oublierons

Sandra est sortie de mes nuits
De mes nuits les plus sombres
Arrachée un soir à la vie
Dans un salon de beauté
Sous les balles des truands
A Bahia de tous les saints