Chapitre I : Origine de la maladie
Beaucoup de jeunes filles désirent maigrir pour se sentir mieux dans leur corps et commencent ainsi un régime suivi souvent par une diététicienne. Seulement, certaines pratiquent cette restriction alimentaire sans avoir de but précis et ne s’arrêtent donc jamais.
Dans ce cas, bien souvent, elles tombent dans l’infernale maladie qu’est l’anorexie.
Voici donc les principales causes qui entraînent une anorexie :
L’anorexique peut tout simplement avoir envie de ressembler à l’une de ses idoles particulièrement maigres (exemple : Ally McBeal ci-dessous). Ou bien, dans le sport qu’elle pratique il est préférable d’avoir une taille relativement fine et elle commence donc un régime sans avoir un poids final en tête (c’est souvent le cas des jeunes danseuses ou gymnastes). Parfois, elle désire tout simplement ne pas ressembler à une personne qu’elle connaît qui est assez ronde. Certaines personnes peuvent également tomber dans l’anorexie suite à leur intégration dans une secte.
Nous rencontrons également de plus en plus de jeunes filles qui après une déception amoureuse se retournent contre la nourriture et s’en privent continuellement. Certaines peuvent sombrer dans ce trouble alimentaire suite à un traumatisme sexuel. D’autres se privent de toute alimentation après un conflit familial ce qui blesse très fort la mère de famille.

Les adolescentes anorexiques tentent de freiner leur puberté car elles refusent de grandir, ne veulent pas voir leur corps évoluer. Elles recherchent une féminité différente par une esthétique plus affinée, plus spiritualisée. Elles veulent être minces et non maigres dans la quête d’une féminité d’autant plus exquise que sophistiquée. Elles espèrent des formes indécises d’une adolescence qui prétendrait durer et défier le temps, en arrêtant les transformations.
Celles ci ont une répudiation de la condition féminine plus que de la condition humaine, ce serait lié au rejet de la sexualité dans son expression corporelle, elles refuseraient d’être traitées en objet au gré du désir des hommes.
1.1. Une origine sociale
Certaines études épidémiologiques de l’anorexie mentale ont constaté, pour des adolescentes de 16 à 18 ans, une incidence plus élevée d’anorexie mentale dans des écoles privées fréquentées par des milieux plus aisés que dans les écoles publiques. Les attentes plus exigeantes de réussite scolaire mais aussi le souci plus marqué de l’apparence physique et la valorisation de la minceur dans les classes sociales favorisées pourraient contribuer à y expliquer la plus grande fréquence de l’anorexie.
1.2. Une origine ethnique
Il était classique de souligner que l’anorexie surgit presque exclusivement dans la race blanche. Elle est plus rare dans les pays de l’Est et en Amérique latine du fait probablement de la conjonction de facteurs économiques et culturels.
1.3. Une origine socio-culturelle
§ La société culturelle montre une capacité diminuée à offrir des valeurs d’espoir et de statuts aux adolescents qui peuvent se sentir écrasés par l’exigence de ces demandes. Ils peuvent éprouver un sentiment d’altération de l’estime de soi parce qu’ils sont maintenus dans une dépendance aux parents souvent prolongée par les études et les difficultés d’insertion, doutant d’accéder à un statut d’adulte intégré socio professionnellement. L’anorexie peut permettre de croire devenir un être extraordinaire, en affirmant dramatiquement son individualité, en refusant de suivre la voie de la réussite imposée. Des divers facteurs liés à l’évolution familiale participent à accroître l’insécurité et la dépendance des adolescents et peuvent contribuer au déterminisme des désordres alimentaires. La réduction, maintenant habituelle, de la famille au noyau formé par les parents et les enfants, l’affaiblissement de la barrière des générations augmentent la dépendance et les conflits d’autonomie. L’instabilité accrue des couples et la fréquence des divorces, la dépréciation sociale du père sont des facteurs d’insécurité comme le laxisme des parents qui, manquant de confiance dans leurs valeurs et les objectifs éducatifs à poursuivre, peuvent en venir à éviter les conflits au lieu de les assumer privant l’adolescent de limites, de repères et de modèles rassurants.
§ L’approche féministe a incriminé, dans le déterminisme des désordres alimentaires, la condition des femmes dans une société dominée par les hommes. Le conditionnement social des filles leur apprend que leur rôle est de pourvoir aux besoins des autres au détriment des leurs. L’anorexie mentale, par sa répudiation des besoins personnels, peut représenter l’intériorisation exacerbée du rejet sociale des besoins des femmes. A ce rôle traditionnel féminin de passivité, de dépendance, de soumission aux besoins des autres et de sacrifices personnels s’ajoutent maintenant des exigences contradictoires de réussite et d’indépendance. L’anorexie mentale peut apparaître comme un moyen de résoudre les conflits liés à ces attentes contraires qu’elle peut permettre de satisfaire simultanément : l’anorexique devient spéciale et extraordinaire mais aussi faible et dépendante.
§ L’exploitation du corps féminin par la publicité le réduit à un objet de consommation : les femmes, identifiées à leur corps en sont alors dépossédées.
§ Les anorexiques vivent un conflit entre le désir de manger avivé et facile à satisfaire et l’idéal de minceur, elles réagissent en se raidissant dans une attitude de refus alimentaire.
§ L’anorexique veut dissocier l’esprit du corps car elle nie les besoins de ce dernier. Le corps est pour elle le témoin de la maîtrise de soi. La minceur à l’image générale de la femme devient leur moyen d’expression de la révolte et de l’insoumission.