Des témoignages authentiques

Quand Dieu nous parle


            Ce lundi 6 mars 2006 commençait comme une journée bien ordinaire. Nos enfants et petits-enfants venaient de repartir après quelques jours de vacances à STENAY (les Ardennes françaises). Les derniers nous avaient quittés le dimanche matin et nous avions reçu leurs coups de téléphone confirmant leur bonne arrivée à leur domicile en Haute-Savoie et dans la Drôme après un voyage en voiture sans problèmes.

            Comme prévu, nous nous préparions à « descendre » en Ardèche pour passer le prochain W-E auprès de la maman de Claudette, « en fin de vie » sur un lit d’hôpital à LAMASTRE. Mais la conversation téléphonique quotidienne, ce dimanche soir, nous laissait présager qu’elle allait nous quitter bientôt… sa voix et sa respiration devenant de plus en plus laborieuses.

            Entre quelques moments de ménage, lessives, rangements, Claudette venait même de choisir, ce matin-là, les cantiques à proposer au Pasteur pour le culte des obsèques. Et à 11.2hr, durant mes consultations du matin, un coup de téléphone: « Jean-Luc, pourrais-tu venir,... je ne me sens pas bien ». Le temps de traverser la pelouse qui sépare le cabinet médical de notre domicile, je retrouve Claudette assise au bord du lit de notre chambre, à la limite du malaise. Après avoir ressenti l’impression « d’une vibration dans la poitrine », Claudette se plaignait: d’un état de grande faiblesse physique l’empêchant de marcher, d’avoir la tête vide, d’une impression de mort imminente avec nausées, quelques vomissements et surtout présentait de violents battements cardiaques dans le thorax et le cou. Quelques examens sommaires confirmant la gravité de son état, le SAMU de Verdun est demandé d’urgence ainsi que les pompiers-secouristes de Stenay et le service de réanimation mobile (SMUR). C’est alors que notre fille Frédérique nous avertit que Mamie est au plus mal à Lamastre; et ensuite que le frère de Claudette nous annonce à 11.15hr son décès. Claudette n’a pas pu le savoir sur l’instant. Par contre, à leur grande surprise, j’ai pu les informer de ce qui arrivait à Claudette et qu’ils pouvaient désormais organiser les obsèques sans notre présence.  Puis ce fut la prise en charge par les médecins réanimateurs avec tous les examens nécessaires et ensuite par les cardiologues du Centre Hospitalier de Verdun. Ensuite l’annonce du diagnostic précis: dissection aortique de type I, c’est-à-dire déchirure interne de l’aorte thoracique et abdominale sur toute sa longueur (30 à 40 Cm) et surtout la gravité du pronostic vital.

             En fin d’après-midi, le transfert, le plus rapide possible, s’est déroulé sans problème, malgré les tempêtes de neige, vers le service de chirurgie cardio-vasculaire du CHU de Nancy où l’équipe du Pr Villemot était justement d’astreinte cette nuit-là et l’attendait donc pour une longue intervention délicate à pratiquer sans délais. L’intervention s’est déroulée de 22hr à 05hr du matin, nécessitant 2 hr de C.E.C. (cœur artificiel) pour la mise en place d’une prothèse de l’aorte ascendante, suivie d’une réanimation cardio-pulmonaire intense. En résumé, un épouvantable coup de tonnerre dans un ciel serein, suivi de gigantesques cyclones et tornades … Tout cela sans signes annonciateurs ni problèmes de santé antérieurs ou connus.

            Malgré la parfaite réussite de l’intervention, les premières complications postopératoires apparurent dès le 4° jour. C’est en plein désarroi et épuisement, me posant sans cesse de multiples questions, que je me suis tourné dans la solitude de ma chambre vers le Seigneur, lui demandant de me parler - je suis amené à lire la Bible ce jeudi 9 mars (3° jour après l’intervention) dans le livre d’Osée 6.1-4:

Venez, et retournons à l’Éternel, car il a déchiré, mais il nous guérira. Il a frappé mais il pansera nos blessures. Après deux jours il nous a rendu la vie et le troisième jour il nous relèvera et nous vivrons sous son regard. Oui, cherchons l’Éternel, efforçons-nous de le connaître. Sa venue est aussi certaine que celle de l’aurore et il viendra vers nous comme la pluie; comme les ondées du printemps qui arrosent la terre.

            Dieu ne pouvait pas me parler plus clairement, plus précisément à travers les écrits de ce « petit prophète » - chaque mot était extrêmement limpide, exact.  C’était comme le faisceau des rayons du soleil traversant les épais nuages tourmentés et multicolores d’un ciel bouleversé à la fin d’un orage. Et je me suis alors rappelé que notre frère Shenouda avait donné un message à partir d’un passage du livre d’Osée (la vigne et les vignerons) au dernier culte auquel nous avions assisté à Saint-Mard en janvier.  Le livre d’Osée met en évidence la miséricorde et la bonté divines. En paix et réconforté, j’ai transmis aussitôt ces versets par internet à mes enfants, famille, amis et églises.

            Les 13 jours pénibles passés en réanimation sous intubation, respiration assistée, perfusions artérielles et veineuses et drains divers ne furent pas sans problèmes: complications cardiaques, hémorragies, insuffisance rénale avec prise de poids de 10 kilos en 24 hr faisant envisager une dialyse, infection broncho-pulmonaire nécessitant une antibiothérapie majeure et aspirations bronchiques … C’est au cours de ces journées épouvantables que nous avons ressenti le soutien de nos sœurs et frères en Christ par leurs prières, leurs messages d’affection et d’encouragement avec en particulier les versets suivants: Exode 17.10-13; Psaumes 22 et 27; 2 Rois 6.16 que je vous invite à lire.

            Au 8° jour de réanimation, je me suis senti libre de demander à Claudette l’autorisation de regagner Stenay et de rouvrir le cabinet médical - j’avais la conviction qu’en faisant ainsi, je lui témoignais ma confiance quant à l’avenir proche. Le lendemain notre fille Barbara m’informait d’une nette amélioration laissant prévoir une désintubation prochaine et une sortie du service de réanimation en fin de 2° semaine. Et c’est ce jour-là précisément que Dieu me parla à nouveau directement et répondit encore à mes questions via la lecture du feuillet des méditations quotidiennes en date du 16.03: Jérémie 18.6: « Ne puis-je pas agir envers vous comme le potier? … Voici, comme l’argile est dans la main du potier, ainsi vous êtes dans ma main, gens d’Israël ».

« Un sculpteur méditait ce verset de la sorte: souvent quand je sculpte un bloc de marbre, je le fais jaillir en éclats. Je lui dis pour le consoler, je te blesse et je te brise, mais c’est pour essayer de te faire éternelle beauté. Eh bien! Il est sculpteur plus grand que moi, que Phidias et Michel Ange, … C’est Dieu: son marbre à lui, c’est l’homme; la douleur est son ciseau. Et lorsque je souffre et sens partir des morceaux de moi-même, je me dis: Voilà que Dieu travaille à mon âme et daigne la faire meilleure. Merci, mon Dieu. » Dieuest souvent comparé au sculpteur qui façonne son œuvre. « Cependant, Ô Éternel, tu es notre père; nous sommes l’argile, et c’est toi qui nous as formés; nous sommes l’ouvrage de tes mains. » Esaïe 67.4. Il est vrai que, sur le moment, lorsque Dieu fait passer le ciseau de l’épreuve pour corriger ce qui a besoin d’être amélioré en nous, cela semble d’abord un sujet de tristesse et non de joie; mais cela produit plus tard, pour ceux qui ont été ainsi excisés, un fruit de paix et de justice (Hébreux 121.11). Courage! Ainsi éprouvés - Dieu sait le pourquoi de toutes choses et veut accomplir son œuvre en nous.

Toutes nos épreuves des jours précédents sont magnifiquement expliquées dans ce feuillet rédigé par L. Clerc.

 

             Qu’elles furent grandes, notre joie et notre reconnaissance lorsque nous avons pu retrouver ce samedi-là Claudette « débranchée », pouvant s’exprimer directement sans l’aide d’une ardoise et d’un crayon, nous racontant avec mille détails ces moments de passage « dans la vallée de l’ombre de la mort » … et pouvant, enfin, boire … un coca-cola! Puis ce fut une longue convalescence de 6 semaines avec séjours en cardiologie puis rééducation cardiaque et motrice où il a fallu tout lui réapprendre: s’asseoir, se lever, manger, marcher … tous les actes ordinaires de la vie quotidienne. De la part des médecins spécialistes et chirurgiens, jusqu’à ce jour, nous n’avons pu avoir aucune explication scientifique quant à l’origine des troubles, malgré leurs hauts savoir, compétence et sagesse. Nous sommes reconnaissants quant à l’efficacité de leurs gestes et soins. Claudette est complètement rétablie, sans séquelles, si ce n’est un léger enrouement la gênant pour chanter aux cultes!

            A travers ces semaines d’épreuves intenses nous avons pu dire au Seigneur que nous ne comprenions pas pourquoi il avait permis ces troubles gravissimes dans la santé de Claudette mais nous lui avons renouvelé notre confiance, nous lui avons demandé de nous parler et il nous a répondu. C’est alors qu’une paix nous a envahis, paix que nous ne pourrions exprimer par des mots tellement elle fut intense. Elle nous a apaisés. Ne cessez pas de faire confiance au Seigneur afin d’être remplis de sa paix là même où l’épreuve est encore vive.

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation. » 2 Corinthiens 1.3 (feuillet de méditations du 08.04.06 - convalescence de Claudette).

Agneau de Dieu

Messager de la grâce

Oh! Fais passer sur mon cœur

Tout ton sang, divin sauveur!

mon côté fut percé,

Et mon sang fut versé;

Dans ce sang, ton passé,

Pêcheur est effacé.

(Sur les ailes de la foi, N° 261 - A. Pelaz - Brahms)

Strophe du cantique préféré de Claudette après sa conversion à l’âge de 11 ans.      

 

Témoignage de C. et J.-L. WAGLER