LA QUETE D'UN SOUVERAIN.
Jeudi (6 octobre 1994)
Débat en 1830: la Belgique sera-t-elle une république ou une monarchie ? La monarchie l'a emporté. Mais le Roi était tenu de respecter les lois du peuple belge. La Belgique devenait une monarchie constitutionnelle.
Le courant républicain – à la mode américaine ou française d'avant Napoléon – a tenté d'imposer son point de vue au Congrès national de 1830. Sans succès. Le courant monarchiste était bien plus puissant… et, surtout, soutenu de l'étranger.
La plupart des pays entourant la Belgique sont, alors, des royaumes: la France, les Pays-Bas, la Prusse, l'Angleterre… Le Congrès national n'a, en fait, pas réellement eu le choix. La protection du territoire national ne pouvait être assurée que par un de ces pays qui exigeaient que la Belgique opte pour une
monarchie.
Le Congrès national limite les pouvoirs du Roi. La Belgique devient une « monarchie constitutionnelle ».
LA QUETE D'UN SOUVERAIN
Il ne suffit pas de se définir comme une monarchie, encore faut-il se trouver un Roi. La recherche débute avec une exclusive : il ne peut faire partie de la famille royale néerlandaise.
Le duc de Nemours, fils du Roi de France Louis-Philippe, est proposé par le Congrès. Le Roi de France refuse en vertu d'un accord entre grandes puissances qui craignent une nouvelle domination française.
Faute de trouver immédiatement un Roi, le Congrès national désigne un régent, le baron Surlet de Chokier. Ce qui a permis la reconnaissance internationale de la Belgique, malgré les plaintes hollandaises.
Le candidat « idéal » se profile. Il est allemand, veuf d'une des filles du Roi d'Angleterre, a servi dans l'armée russe, a vécu à Paris… Léopold de Saxe Cobourg Gotha est choisi par le Congrès national. Le 21 juillet 1831, il jure fidélité à la Constitution belge et de maintenir l'intégrité
du territoire.
UNE REINE DES BELGES ?
De Léopold Ier, le premier Roi, à Albert II, le souverain actuel, la dynastie belge ne s'est pas déroulée en ligne directe. La succession était déterminée par le principe de la primogéniture mâle. La Constitution prévoyait même « l'exclusion perpétuelle des femmes et de leur
descendance ». La couronne se passait donc « de mâle en mâle ». Cette restriction a été supprimée de la Constitution en 1991. On pourrait, donc, avoir un jour une Reine des Belges.
Léopold Ier a eu quatre enfants. L'aîné étant décédé très jeune, c'est le second, Léopold, qui monte sur le trône en 1865. Le seul fils de Léopold II est mort à l'âge de 10 ans. Son neveu, Albert, lui a succédé en 1909.
Le fils aîné d'Albert Ier, Léopold, lui succède à sa mort en 1934. Il abdique en 1951. Son fils aîné, Baudouin, monte sur le trône. En 1993, Baudouin décède sans descendance. Son frère, Albert II, lui succède. Il est le Roi actuel et a trois enfants.
Le rôle du Roi est précisé dans la Constitution. Il est le chef de l'État. À ce titre, il a un rôle important de représentation. La Constitution dit que la personne du Roi est inviolable. On ne peut donc attaquer le Roi pour un acte qu'il a commis. Les ministres assument la responsabilité de tous les actes
et discours royaux.
Le Roi joue un rôle important au moment des crises gouvernementales. S'il doit respecter le verdict des élections, il peut, par ses contacts, influencer le choix du Premier ministre et la composition de la coalition.
L'évolution fédérale a toutefois réduit les pouvoirs du Roi. Il n'a pas d'autorité dans les Communautés et les Régions.